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COMMENT DIDIER RAOULT A REMIS EN CAUSE L’INTÉGRITÉ DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DEVANT LA COMMISSION PARLEMENTAIRE

Posté par jacques LAUPIES le 26 juin 2020

COMMENT DIDIER RAOULT A REMIS EN CAUSE L’INTÉGRITÉ DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DEVANT LA COMMISSION PARLEMENTAIRE dans POLITIQUE

 
Mercredi, 24 Juin, 2020

COMMENT DIDIER RAOULT A REMIS EN CAUSE L’INTÉGRITÉ DU CONSEIL SCIENTIFIQUE DEVANT LA COMMISSION PARLEMENTAIRE

« Je n’avais pas assez de temps pour participer à des couillonnades. » Auditionné mercredi devant la commission parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, le Pr Didier Raoult a été très critique envers le conseil scientifique. Il a évoqué des conflits d’intérêts et justifié sa démission du comité. Récit.

 

« Vous êtes l’un des visages sanitaires que la France et le monde ont connu pendant cette crise. » C’est ainsi que Brigitte Bourguignon, députée LaREM et présidente de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, sur la gestion de la crise sanitaire, a présenté le Pr Didier Raoult, auditionné mercredi. Les membres de la commission souhaitaient l’entendre sur la fameuse chloroquine, mais aussi sur les tests et sa démission du conseil scientifique.

«  Il y a eu une grande folie sur l’hydroxychloroquine, le temps fera son tri. C’est devenu une espèce de guerre pour/contre avec des mobiles d’une grande complexité. C’est entré dans le contexte d’une autre guerre, aux États-Unis entre démocrates et républicains. Sous peine d’aller en prison et de recevoir une amende, puisque j’ai prêté serment, je vous le dis, je ne connais pas Trump ni Bolsonaro. Ce n’est pas moi qui leur ai dit d’utiliser la chloroquine », s’en est-il amusé.

Le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille (IHUM), d’abord très calme et modeste, a petit à petit retrouvé son verbe et son assurance frôlant l’arrogance, durant ces deux heures d’audition.

« L’ingérance de l’Etat »

S’il n’a d’abord pas souhaité défendre clairement les bienfaits de l’hydroxychloroquine ni les possibles décès qui auraient pu être évités en généralisant son protocole, il a fini par affirmer : «  Oui, nous aurions pu éviter des morts », lorsque le député LR Damien Abad lui a reposé la question. Didier Raoult a alors reproché aux autorités sanitaires, Olivier Véran et l’Agence nationale de sécurité du médicament en tête, d’avoir «  décidé ne pas s’acharner sur le soin. On a même vu des interdictions de médicaments, comme l’hydroxychloroquine et l’azythromycine qui étaient distribués à des milliards de comprimés. Cela a été une faute. On a dit qu’en cas de surdose c’était mortel, mais le Doliprane aussi. » L’infectiologue a fait notamment référence à l’étude publiée dans The Lancet, fin mai, affirmant que la chloroquine serait plus dangereuse qu’efficace contre le Covid-19, avant que ses auteurs ne demandent le retrait de l’article. Entre-temps, le ministre de la Santé avait demandé d’en interdire la prescription à l’hôpital. «  Il y a eu là-dessus une émotion et je pense que le ministre a été mal entouré parce qu’il n’a pas eu de remparts, des gens capables d’analyser les articles scientifiques et ne pas se précipiter », a estimé Didier Raoult. Il a dénoncé une dérive de l’État : « Les malades, c’est à leurs médecins de les soigner. Je ne suis pas d’accord avec l’ingérence de l’État dans la pratique des médecins. Je suis très surpris que l’ordre des médecins ait laissé faire et n‘ai pas démissionné. »

Didier Raoult a en revanche bien démissionné du conseil scientifique d’Emmanuel Macron, le 11 mars, quelques jours après l’avoir intégré. Le rapporteur de la commission, Eric Ciotti a voulu comprendre pourquoi. «  Je considérais que ce n’était pas un conseil scientifique. Un Conseil scientifique, ce n’est pas donner son avis sur des décisions purement politiques dont la science ne peut rien dire. (…) Je n’avais pas assez de temps pour participer à des couillonnades ». Le professeur s’est ensuite lancé dans une tirade sur le besoin de vérifier les conflits d’intérêts de chacun avant de les nommer à ce type de comités… Qui visait-il ? «  Vous n’avez qu’à regarder sur Internet, le site transparence.sante.gouv.fr est fait pour ça », a-t-il répondu aux députés, qui ont insisté.

Selon Marianne, plusieurs membres du conseil auraient des liens étroits avec des laboratoires. Yazdan Yazdapanah, également président du consortium REACTing, qui a dirigé l’essai Discovery, aurait «  bénéficié de 96 178 euros d’avantages en cinq ans » de la part de plusieurs firmes pharmaceutiques, dont Gilead.

« Il faut se poser la question de savoir si c’était un jeu boursier dans le but de faire monter la valeur de Gilead… »
Didier Raoult, à propos de l’insistence du conseil scientifique pour tester le remdésivir, produit par le laboratoire pharmaceutique américain

« Jeu boursier »

Didier Raoult a poursuivi sa critique du conseil scientifique : «  C’est un groupe qui se connaissait, qui avait des idées précises de ce qu’il fallait faire et je n’étais pas d’accord, comme faire des essais sur deux molécules auxquelles je ne croyais pas. »

Il leur a ainsi reproché clairement d’avoir insisté pour tester le remdésivir, produit par le laboratoire Gilead, alors que son inefficacité, du moins pour les cas graves, était selon lui prouvée depuis longtemps. « Il faut se poser la question de savoir si c’était un jeu boursier dans le but de faire monter la valeur de Gilead… »

Il a dénoncé des essais tardifs et une «  faillite totale » des grandes études internationales, comme Discovery, dont les résultats n’ont jamais été publiés. «  Ce n’est pas de ma faute si on ne sait pas diriger des essais dans ce pays… ». L’expression «  faillite totale » avait déjà été utilisée quelques minutes plus tôt pour qualifier le travail du conseil scientifique.

«  Organisation archaïque »

Hormis ces attaques, Didier Raoult a également déploré la politique des tests et l’incapacité de la France à dépister massivement. «  Ce qu’on aurait dû faire, pour identifier les malades mais aussi, tout simplement pour mieux comprendre la maladie. » Selon lui, l’État n’a pas fait ce qui était nécessaire pour permettre un dépistage massif de la population. Il a reproché notamment une «  organisation archaïque », en évoquant le Centre national de référence, à l’institut Pasteur, qui était le seul à pouvoir homologuer les tests et à autoriser les hôpitaux et laboratoires de les faire. «  Au début on m’interdisait de faire des tests, parce que ces centres jouissaient de leur pouvoir. Si on maintient ce système de Centres de références, vous développez des personnalités de niches, des blaireaux dans leurs terriers qui mentent quand on les approche. Ils considèrent que la maladie est leur territoire et c’est dangereux. »

Didier Raoult a donc souhaité que la France engage une large réflexion sur la gestion des épidémies et modifie son organisation, «  en établissant par exemple sept ou huit unités spécialisées dans les épidémies, dans de gros CHU. »

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