La vision des communistes sur la situation actuelle…

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2020

Publié le 15/06/2020 par PCF

CN du 12 juin 2020 – Rapport de Fabien Roussel

Cher·e·s camarades,

Merci à Pierre pour ce message humain et fraternel en hommage à tous nos camarades disparus.

(…)

Christian Picquet reviendra plus en détail sur le texte soumis à notre débat et au vote du Conseil national (ce texte, document national de propositions d’urgence et d’après-crise pour le pays, amendé et voté à l’issue de notre Conseil national, vous sera envoyé en fin de journée).
Je veux le remercier à ce sujet, ainsi que tous les camarades qui se sont mobilisés pour sa réalisation.
Je veux pour ma part m’arrêter sur la situation totalement inédite que nous vivons.

La vision des communistes sur la situation  actuelle... dans POLITIQUE

Entre nous, jamais, à aucun congrès, dans aucune instance, une telle situation n’a été imaginée.
Nous sommes face à des questions totalement nouvelles qui appellent des réponses nouvelles, de l’inventivité et de la créativité, qui appellent à beaucoup d’humilité de la part de chacun et qui appellent aussi à être très ouverts sur tout ce qui se dit, s’écrit, pour ne pas se priver de réflexions qui peuvent être enrichissantes.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai multiplié les contacts avec des représentants syndicaux, ceux du monde économique ou avec des responsables associatifs.
Nos parlementaires, Ian Brossat à l’ANECR, les responsables de commissions, ont eux aussi beaucoup travaillé dans cet état d’esprit et c’est tant mieux.

Car à la crise sanitaire exceptionnelle s’ajoute une crise économique qui avait démarré bien avant.

Et en plus, aujourd’hui s’exprime le cri de colère, justifié, d’une jeunesse qui ne supporte plus d’être discriminée, d’être rejetée, sans perspectives d’avenir. La crise démocratique est là, elle aussi.

Le rejet du racisme et des violences policières, qui sont d’ailleurs deux sujets, qui s’exprime avec force depuis l’assassinat de George Floyd aux États-Unis résonne avec force en France chez toutes celles et ceux qui réclament justice pour Adama Traoré et pour tous les jeunes et moins jeunes victimes de violences policières dans notre pays.

Nous sommes pleinement engagés dans ce mouvement. Ces quatre dernières années, nous avons eu l’occasion de nous exprimer pour exiger la justice, la vérité pour la famille d’Adama Traoré.
Nous avons, à ce titre, dénoncé les dérives racistes, voire fascistes, qui toujours existent dans notre police. Je l’ai redit ces derniers jours. J’ai d’ailleurs rencontré la CGT Police sur ce thème.

Ces dérives, il faut le dire aussi, ne sont pas le fait de la majorité des policiers mais elles existent et elles doivent être sanctionnées, par une instance indépendante, comme par une hiérarchie qui doit faire respecter les lois et les valeurs de notre République.
Surtout, nous avons besoin d’un bon service public de la police, d’une police de proximité, qui ne fasse plus peur mais qui soit respectée, juste, humaine, avec des moyens humains plus importants pour faire respecter les règles de la vie en société.
Nous partageons aussi ce cri de colère et d’espoir d’une jeunesse qui veut pouvoir se projeter, vivre sans peur de l’avenir alors qu’aujourd’hui, beaucoup de nos enfants se trouvent sans perspectives ou contraints à des emplois précaires, pénibles, sous payés.
Les petits boulots sont souvent réservés aux mêmes. Et bien souvent, ce sont les mêmes qui se retrouvent stigmatisés par la police, mais aussi cantonnés aux boulots pénibles, exploités à outrance, mal payés.
Comment voulez-vous que cette jeunesse se sente respectée si la République ne la respecte pas ?

Le mal ronge notre société et ce mal, c’est celui de la domination d’une classe sur une autre.
Un jeune, qu’il soit noir ou blanc, c’est d’abord un enfant de la République, et il doit avoir les mêmes droits !
Ces principes sont ceux qui ont fondé la nation française à l’issue de la Révolution ! Et c’est pourquoi nous y sommes, nous, si fortement attachés.

Voilà pourquoi nous étions présents lors des rassemblements de ces derniers jours, comme nous serons présents à celui de demain samedi, à l’appel du collectif Vérité et Justice pour Adama.

Dans ce contexte, la mobilisation de dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreux jeunes qui exigent la vérité et la justice, constitue un vrai bol d’air frais.

Comme l’est celle des 20 000 personnes à Maubeuge contre la liquidation du site Renault, il y deux semaines, ou ces rassemblements qui se multiplient pour l’hôpital public.

Je salue d’ailleurs les fédérations du parti qui se sont mobilisées, dans le Nord, en Seine-Maritime, dans le Val-de-Marne et dans le Morbihan, contre le plan social de Renault.
Idem à Belfort pour défendre l’emploi à GE Electric, dans le Pas-de-Calais pour Arc International, dans la fédération des Bouches-du-Rhône qui tisse des liens étroits avec le monde du travail, dans la Vienne auprès de la Fonderie du Poitou, dans l’Oise pour soutenir les hospitaliers, en Gironde auprès des salariés de Getrag ou encore pour soutenir les bénévoles des associations qui distribuent l’aide alimentaire comme à Saint-Denis.
Je vais forcément oublier des fédérations mais je voulais donner quelques exemples précis pour montrer que notre parti a été très réactif, très présent dans les luttes ces derniers jours. Qui d’autres en a fait autant ?
Ne rougissons pas de tout cela. Je n’ai pas vu beaucoup d’autres partis sur tous ces terrains où je suis moi-même allé.

Le confinement n’a de toute évidence pas effacé les mois de mobilisation sociale antérieurs à la crise sanitaire, celle des Gilets jaunes, des personnels hospitaliers ou encore de ces millions de salariés en lutte contre la reforme des retraites il y a 6 mois, et c’est tant mieux.

Mais les conditions de notre intervention politique ont évidemment beaucoup changé.

En quelques semaines en effet, les failles d’un système tout entier se sont révélées dans toute leur cruauté.

Cette pandémie a rappelé l’utilité de nos services publics et notamment celui de la santé. Mais elle a pointé aussi ses énormes fragilités. Pendant des mois, les soignants avaient pourtant alerté.

Elle a aussi mis en avant l’importance d’avoir une industrie solide, capable de répondre à nos besoins afin d’être moins dépendants d’autres régions du monde où une part de nos savoir-faire et de notre appareil productif ont été délocalisés.

Elle a pointé la responsabilité de l’État, tellement obnubilé par la baisse de la dépense publique qu’il n’a pas été capable de conserver des stocks de masques, de protéger toutes celles et ceux qui soignaient les personnes infectées comme tous les autres salariés mobilisés pendant le confinement.

Un État incapable de réquisitionner des entreprises, de bloquer des prix ou d’organiser une rentrée scolaire qui soit la même pour tous nos enfants et sur tout le territoire.

Aujourd’hui encore, ce système économique guidé par la rentabilité et par l’effacement des États met en concurrence les grands laboratoires pharmaceutiques pour fabriquer un vaccin contre le COVID-19 et en faire la poule aux œufs d’or, là où le besoin de coopérations internationales n’a jamais été aussi nécessaire.
Pour nous, c’est clair, dès qu’un vaccin sera découvert, il devra devenir un bien commun de l’Humanité et être mis à disposition gratuitement de tous les peuples et notamment ceux de l’hémisphère Sud, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Enfin, cette pandémie a révélé également combien la destruction des écosystèmes, le recul de la forêt favorisent la transmission de virus de l’animal à l’homme. Oui, les enjeux écologiques et la protection de la biodiversité, sont au cœur des priorités à retenir à l’issue de cette crise.

Mais surtout, notre pays risque d’entrer dans une crise sociale extrêmement grave, laquelle va inévitablement se traduire par une crise politique de grande ampleur. Tout est possible, y compris venant du pouvoir. Mesurons l’extrême gravité de la situation.

La colère est forte, mais la peur existe toujours et la sidération peut produire de la résignation ou de l’expectative. La confusion est aujourd’hui très forte, on le voit notamment à gauche où les débats stratégiques ne parviennent pas à se faire jour et où des tentations de fuite en avant se manifestent, comme celle de le recherche illusoire d’une sortie de crise dans le cadre d’un capitalisme vert, comme si cela pouvait être un solution !

Nul ne sait vraiment comment cela peut basculer.
On le voit en ce moment avec l’extrême droite, absente pendant des semaines, mais qui ressurgit maintenant alors que les mobilisations contre le racisme s’amplifient ! Nous avons plutôt intérêt à faire front commun contre l’extrême droite, à rester unis contre toutes les tentatives de division pour ne pas céder aux thèses identitaires de l’extrême droite.

Sans intervention forte du peuple, avec un contenu progressiste, sans réponse politique claire et mobilisatrice, il y a un risque d’aventure.

C’est pour cela qu’il y a besoin d’un parti communiste pleinement dans l’action, à l’initiative, pour nourrir les luttes, de perspectives et d’espoir de conquêtes.
Il y a besoin d’un Parti communiste plus fort auprès de nos concitoyens pour porter une ambition nouvelle pour la France, en rupture avec le système actuel.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons travaillé pendant la période de confinement. Travaillé et produit, à partir des Commissions et du Comité exécutif,
pour répondre à l’urgence de la crise sanitaire et ses conséquences,
pour répondre aux inquiétudes de nos concitoyens et du monde du travail en particulier et en même temps porter des propositions concrètes.

Outre le plan « Covid 19 : protéger les populations, relever les défis de la crise », nous avons engagé ou remis sur pied des batailles pour l’hôpital public et les EHPAD, pour l’école et la réussite de tous les enfants avec notre plan d’urgence éducation.
Nous nous sommes également mobilisés, avec nos parlementaires, nos élus locaux,
• pour la défense des droits des salariés,
• pour leur protection
• pour la défense du pouvoir d’achat des familles avec la pétition pour le blocage des prix et la gratuité des masques.

Sur le terrain, nombre de communistes, de militants et d’ élus, se sont mobilisés pour déployer des actions de solidarité en direction des populations les plus fragilisées, aux côtés des associations.

Les élus locaux ont eux aussi été déterminants et je voudrais ici aussi saluer les élus communistes, dans les villes et les villages de notre pays, en France comme en Outre Mer, qui ont contribué, par leur action, à faire reculer la pandémie, et qui ont assisté les personnes les plus fragiles, aidé nos aînés. Ils sont encore aujourd’hui pleinement mobilisés pour lutter contre la pauvreté, pour organiser la reprise de l’école, pour faire fonctionner les services publics locaux.
Tout cela était indispensable.

*****

Mais, disons-le clairement, nous sommes désormais confrontés à un défi d’une toute autre ampleur, si nous n’empêchons pas, si nous ne résistons pas avec force aux choix réalisés actuellement par le gouvernement et sa majorité.

Oui, la situation pour des millions de nos concitoyens, pour nos jeunes, risque de devenir dramatique dans les semaines et les mois à venir et appelle à une mobilisation très large et donc à une intervention communiste de grande ampleur partout dans le pays.
=> Pourquoi ? Parce que le coronavirus devient le partenaire officiel du Medef et du gouvernement pour accélérer la casse de notre modèle social et finir de dépecer nos services publics et notre industrie pour la soumettre totalement aux marchés financiers.
Certes, quand le PIB recule de manière totalement inédite de 11% sur l’année, c’est d’abord la conséquence du brutal coup d’arrêt de l’activité économique à cause de la pandémie. 12 millions de salariés ont été mis en chômage partiel et beaucoup le sont encore.

Personne n’en est responsable. Il fallait confiner le pays et protéger le monde du travail. Les débats que nous avons eus sur le maintien du 1er tour des élections municipales et sur celui du second montrent bien qu’il fallait prendre ces mesures sévères, dures, de mettre à l’arrêt le pays.
Notre réseau de PME, de TPE a particulièrement souffert, notamment toutes ces entreprises de moins de 10 salariés qui ont été fermées d’office, sans aucune recette durant trois mois. Je pense aux coiffeurs, aux restaurants, aux cafés et à tant d’autres activités qui ne délocalisent jamais et qui sont si importantes dans nos villes et nos villages.

Ces petites boîtes, ces commerçants, ces artisans, ont besoin d’un soutien exceptionnel, inédit, comme l’est cette crise. Nous les défendons et nous avons soutenu les mesures du gouvernement pour ce secteur. Il faudrait même aller plus loin pour éviter qu’une entreprise sur deux ne soit fermée dans les prochaines semaines, comme c’est annoncé.

Idem pour le tourisme, la culture, la presse, l’évènementiel… il y a tant de secteurs comme ceux -là qui doivent bénéficier d’un soutien exceptionnel. Car face au virus, leur activité est fragilisée ou complètement mise à l’arrêt.
C’est particulièrement vrai dans le tourisme et nous avons travaillé aussi à un plan de soutien pour le tourisme social et associatif pour continuer de faire vivre le droit aux vacances pour tous, dès cet été.
=>Mais aujourd’hui, nous constatons dans beaucoup d’endroits, dans de nombreux secteurs, ceux des services publics comme dans de nombreuses filières industrielles, que ce virus va devenir le prétexte pour accélérer des réformes libérales, remettre en cause le droit du travail, mettre la pression sur les salariés, sur les Français et leur faire avaler des couleuvres !
Cette crise serait, pour ceux qui défendent les intérêts du capital, l’occasion de se refaire une santé sur le dos des salariés, sur le dos de notre modèle social qu’ils rêvent de déconstruire depuis des années, sur le dos de notre souveraineté déjà bien mise à mal. Sous couvert de belles paroles, la France risque d’être encore plus vendue à la découpe et soumise aux lois du marchés.

Avec des conséquences humaines, sociales, écologiques absolument dramatiques dont il nous faut prendre la pleine mesure !

Quelques exemples pour illustrer mon propos.

Le cas de Renault est particulièrement symbolique et révélateur : son plan d’économie présenté récemment était déjà dans les cartons en février ! La direction profite de la crise pour annoncer la destruction de 4 600 emplois, pour fermer des usines et poursuivre la logique de rentabilité des actions au détriment du travail en France ! Et il fait appel, ce groupe, à l’aide de l’État pour financer ce plan en profitant de la crise !

5 milliards d’euros d’argent public pour financer un plan social alors que Renault a distribué 4,8 milliards d’euros à ses actionnaires en quelques années.
Si on laisse faire le gouvernement et le groupe, Renault Choisy, Flins, Caudan en Bretagne fermeront rapidement et à plus long terme les sites de Maubeuge et Dieppe restent menacés.

Renault, sous la direction de Carlos Ghosn a choisi de délocaliser la production des citadines, des petites voitures en Roumanie, en Turquie ou en Slovénie.

Ce que nous demandons, ce n’est pas de fermer ces usines et d’enlever le pain de la bouche des travailleurs de ces pays, mais de rapatrier en France au moins la production des voitures vendues en France. C’est bon pour l’emploi et bon pour le climat. Et nous demandons aussi d’investir dans la création de véhicules électriques et hybrides populaires, peu chers, à destination du marché français.

Oui, c’est comme cela qu’il faut utiliser l’argent public : pour que de grands groupes, comme Renault, non seulement ne suppriment pas d’emplois mais surtout pour qu’ils investissent et relocalisent de l’activité en France !
L’argent public doit servir à financer l’emploi, pas le chômage !

C’est pourquoi le choix de Renault et de l’État est indécent, violent, pour les salariés et les élus des territoires concernés.

Nous ne pouvons pas laisser faire ça ! Et nous continuerons à nous mobiliser à leurs côtés, dans les jours et les semaines qui viennent.

Dans l’automobile encore, c’est PSA qui décide de faire venir 531 travailleurs polonais à Sévelnord au prétexte qu’ils coûtent moins cher que de faire travailler les 502 intérimaires de l’usine. L’État verse des aides à l’entreprise, paye le chômage partiel en plus…et le groupe prend une telle décision !!

Comment voulez-vous que la colère n’explose pas ! Opposer des travailleurs de deux pays alors qu’ils souffrent autant les uns et les autres, au nom des exigences de rentabilité des actionnaires d’un même groupe : la Finance n’a vraiment pas d’état d’âme.

Voilà aussi comment naît le racisme dans notre pays et nous le dénonçons avec force, en défendant tous ces salariés, d’où qu’ils viennent, en demandant à l’État de suspendre toutes les aides publiques au groupe PSA tant que le groupe n’est pas revenu sur cette décision.

De la même manière, nous alertons sur la situation du textile avec Camaieu, mais aussi sur celle de Confomara, du secteur de la chimie avec des entreprises comme Famar Lyon toujours menacée, ou encore de l’aéronautique, avec des sous-traitants comme Derichebourg qui demande aux salariés de baisser leur salaires de 250 euros par mois.
Il menace de supprimer quand même la moitié des emplois d’ici la fin de l’année, sans même attendre les annonces du gouvernement sur l’avenir de la filière !

Ces exemples, nombreux, montrent qu’il y a des choix faits dans notre pays pour accompagner la casse sociale dans certains secteurs soumis aujourd’hui à des exigences de rentabilité de court terme, soumis à des fonds d’investissements qui réclament le remboursement de taux d’intérêt de 12%, comme je l’ai expliqué récemment dans une tribune parue dans l’Humanité. Voilà ce qu’est concrètement le coût du capital. Nous ne pouvons pas laisser faire cela.
=> D’autant que le gouvernement et le Medef utilisent la pandémie pour installer un climat de peur, pour tétaniser le monde du travail :
Si le chômage a commencé à exploser, avec
1 million de chômeurs supplémentaires inscrits en catégorie A, en l’espace de deux mois, voilà qu’il nous annonce 800 000 chômeurs de plus à la rentrée !
La Banque de France elle-même annonce la suppression pure et simple de plus d’un million d’emplois dans le pays en 2020.

Et si la Banque mondiale avait estimé en avril que 16 millions de personnes étaient menacées par l’extrême pauvreté, elle table à présent sur une fourchette allant jusqu’à 100 millions d’individus dans la seule zone euro.
Le message est clair : prolétaires de tous les pays, soyez sages, ne manifestez pas, sinon ce sera pire !

Bien sûr, c’est inacceptable et c’est tout l’inverse que nous devons faire !

Des syndicats sont déjà en ordre de bataille et se mobilisent, avec les salariés, dans tous ces secteurs pour empêcher ces mauvais coups. Nous sommes bien-sûr à leurs côtés. La résistance commence, tout doucement, à se mettre en marche.

Mais, pour l’amplifier, nous devons aussi montrer que d’autres choix sont possibles :
• des choix politiques qui privilégient le capital humain plutôt que le capital financier,
• des choix économiques qui visent à sortir notre pays d’une crise économique prévisible,
• des choix budgétaires qui pourraient permettre de nationaliser une banque, et de créer, rapidement, 2 à 3 millions d’emplois pour nos services publics, pour l’industrie, pour la transition écologique ;
• des choix qui nous permettraient de relever le défi climatique, et de partir à la reconquête d’une industrie du 21ème siècle, à l’opposé des annonces qui sont faites en ce moment.

Nous voulons redonner à la France les moyens de se projeter dans le futur et de garantir un avenir à sa jeunesse. Et nous voulons le dire, avec ce projet soumis à la discussion et à l’adoption de notre conseil national.

*****
Le texte que nous devons adopter aujourd’hui participe de cette ambition. Des camarades me demandent : mais quel est le rôle de ce texte, son utilité, à quoi va-t-il servir ?

Il doit nous permettre d’abord et surtout d’agir aujourd’hui, d’être dans l’action dès maintenant et c’est cela la priorité.

Il propose de nous engager dans plusieurs combats très concrets pour nos concitoyens et c’est pour cela qu’il y a un texte plus court qui appelle les communistes à agir pour l’hôpital public, pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat, pour préparer la rentrée scolaire.

Nous devons d’abord être branchés sur ces sujets qui sont ceux du moment, au cœur des inquiétudes de nos concitoyens.

Et c’est maintenant que nous devons non seulement faire reculer le gouvernement mais aussi gagner des avancées, notamment pour notre système de santé publique.

La première grande mobilisation nationale sera d’ailleurs celle du 16 juin prochain. Elle est très importante pour contrer le projet de privatisation de nos hôpitaux publics mais aussi pour obtenir des hausses de salaires et des moyens humains pour renouer avec une médecine publique de proximité dans notre pays.

Ce document va aussi constituer un point d’appui précieux pour nous tourner résolument vers nos concitoyens, pour les appeler à bâtir une société en rupture avec les logiques financières actuelles, une société qui place l’être humain et la planète au cœur de ses choix, une société qui reprend le pouvoir à la finance et fait de la démocratie le levier de tous les possibles.
=>Il doit nous permettre de dire que le communisme reste une idée neuve, généreuse, originale et ce document vise à mettre en débat notre originalité, nos propositions pour un nouveau projet de société.
C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il a aussi vocation à être discuté avec tous les citoyens mais aussi avec le mouvement social, les syndicats, les associations, les ONG, et les forces politiques de gauche, progressistes, qui aspirent aussi à un changement.

Oui, nous avons un programme pour la France, un programme et une ambition pour notre pays et nous avons l’objectif d’unir, de rassembler largement le peuple de France autour du changement de cap nécessaire, d’un autre modèle de développement, qui réponde autant à l’urgence écologique qu’à l’urgence sociale.

« L’union dans l’action », voilà le chemin que je vous propose d’emprunter. Le rassemblement, du niveau local au niveau national, nous devons le travailler à partir d’objectifs précis de lutte et en même temps avec un projet de société nouveau, nous permettant de sortir du capitalisme.

Cela implique de travailler beaucoup, y compris en tenant compte des réalités actuelles et de cette pandémie qui bouscule beaucoup de certitudes et qui doit nous inviter, nous aussi à débroussailler nos idées, à être innovants, à être à l’écoute de toute la société, de tous les débats.

Nous ne partons pas de rien et ce document est justement là pour ça. Il doit nous permettre de pousser nos propres réflexions, d’aller à la confrontation, avec les citoyens comme avec les syndicats, les forces de gauche.
=> C’est aussi comme cela que nous serons prêts à défendre notre projet de société dans toutes les échéances électorales à venir, sénatoriales en septembre, régionales et départementales en mars 2021 et présidentielle et législatives en mai juin 2022.
Il y en a qui font partir des trains et qui se disent déjà dedans. Nous, on doit faire décoller une fusée et ceci est notre premier étage. Ce qui nous importe, c’est le contenu et qu’elle aille au bout.
Bien-sûr, à chaque fois, nous rediscuterons de notre projet pour la France, de nos propositions pour les inscrire dans la réalité du moment.
Mais cette étape d’aujourd’hui nous permet d’être prêts à aller au débat et prêts également à proposer notre projet de société au suffrage de nos concitoyens .

D’ailleurs, dans la dernière période, le débat s’est accéléré. Chacun y est allé de sa tribune, tout seul ou à plusieurs. Plus de 170 tribunes ont ainsi été publiées et nous avons été sollicités de nombreuses fois.

A chaque fois nous avons choisi de discuter, de ne jamais fermer la porte, de chercher ce qui nous rassemble ou ce qui fait nos différences.

Je préfère un parti qui discute, ouvert sur la société, ouvert à la discussion avec le mouvement social et avec d’autres forces politiques, qu’un parti qui dit non à tout et qui ne chercherait que la confrontation.
Allons au débat avec les Français, avec les forces progressistes et cherchons partout à construire des rassemblements, des convergences.

C’est d’autant plus important que cette exigence de rassemblement est forte chez nos concitoyens.
C’est dans cet esprit que j’ai proposé à des camarades d’apposer leur signature sur une tribune que nous avons amendée, même si les désaccords de fond sont très loin d’être surmontés.

Aujourd’hui, nous avons notre programme pour la France. Voilà le texte que nous pouvons partager avec tous les communistes pour l’enrichir et le partager largement dans toute la France.
*****
J’en viens donc maintenant aux municipales pour en dire un mot avant que Pierre Lacaze n’y revienne.

Le 1er tour nous a permis de faire élire plus de 1500 élus locaux. Nous sommes la 3eme force politique du pays par son nombre d’élus. Nous sommes une force qui compte dans tous le pays.

Dans les communes de plus de 3 500 habitants, 100 maires communistes ont été reconduits. 5 municipalités ont été perdues et 12 ont été gagnées.

Et je signale que partout où l’extrême-droite avait décidé d’éliminer des maires communistes, nous avons réussi, partout, à les battre.
Il en reste encore quelques-unes au second tour où nous sommes en duel face à l’extrême-droite mais en ballotage favorable.
Créons toutes les conditions pour gagner dans toutes ces villes. Nous montrerons ainsi que les communistes sont le seul et vrai rempart à l’extrême droite!

Sur le second tour, nous espérons gagner dans 67 communes. Parmi elles, certaines sont des nouvelles. D’autres sont en danger. Jusqu’au bout nous devrons rester mobilisés, en donnant tous les éléments de confiance aux adhérents mais aussi à toutes celles et ceux qui se sont rassemblés avec nous.

Et je vois déjà les nombreux pièges qui nous sont tendus. J’appelle encore une fois au rassemblement de toute la gauche et des écologistes pour mener ces combats dans toutes ces villes où il est possible de gagner face à la droite.

C’est en étant unis mais aussi très organisés que nous pouvons aller convaincre les abstentionnistes, ceux qui se disent dégoûtés de la politique ou qui ne se sentent pas concernés. Il nous reste quelques jours pour aller les convaincre et faire des procurations. Il faut aller les voir, famille par famille, maison par maison et gagner, une par une, celles et ceux qui peuvent faire la différence. Ne nous laissons pas détourner par autre chose que par ce travail minutieux.
J’appelle donc à la mobilisation générale dans toutes ces communes, pour faire gagner des majorités de gauche, citoyenne, écologistes, pour les faire ré-élire ou pour battre la droite comme au Havre, avec notre camarade Jean Paul Lecoq.
Voilà pourquoi l’heure est au déconfinement généralisé de notre parti.
Soyons présents dans les luttes, soyons actifs pour résister aux projets du gouvernement et pour porter le nôtre, soyons offensifs dans ces élections municipales avec l’esprit de conquête !

Notre pays a besoin d’un parti communiste fort et influent. Et chacune de ces étapes sont importantes.

Vous avez reçu dans vos fédérations des affiches qui collent assez bien à l’actualité et nous aurons des tracts pour aller devant les entreprises de l’automobile, de l’aéronautique, de l’énergie, pour parler aux étudiants et aux chercheurs, pour dénoncer le racisme ou pour défendre un vrai Ségur de la Santé.

Nous devrons aussi rapidement préparer la rentrée et c’est pour cela que nous aurons un CN début juillet.

Il sera difficile de tenir les universités d’été du parti fin août.

De même, nous ne savons pas si la Fête de l’Humanité pourra avoir lieu. Nous en parlons régulièrement avec Patrick.

Ce qui est sûr c’est que nous aurons besoin d’un rendez-vous politique à la rentrée. Il faudra peut-être envisager, un week-end de septembre ou d’octobre, pour nous rassembler et organiser un rendez-vous national des luttes, un rendez-vous revendicatif, un rendez-vous populaire qui pourrait aussi être militant et festif, nous permettant de porter la colère du monde du travail mais surtout de donner un espoir à tous les citoyens, à toute la jeunesse de notre pays !

Répondre à la colère qui monte, résister aux mauvais coups du gouvernement et donner de l’espoir, voilà ce sur quoi nous devons travailler jusque-là.

Merci et bons travaux.

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