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Quand la Chine tousse les occidentaux éternuent…

Posté par jacques LAUPIES le 24 mai 2020

 

Le 24 mai, à Hong Kong, un rassemblement pro-démocratie contre le nouveau projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale ». © Anthony Wallace / AFP

Le 24 mai, à Hong Kong, un rassemblement pro-démocratie contre le nouveau projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale ». © Anthony Wallace / AFP
Dimanche, 24 Mai, 2020

ASIE. HONG KONG, PRIORITÉ POLITIQUE DE LA CHINE POST-COVID

Le Parlement chinois examine une loi de sécurité nationale. Des milliers de manifestants se réunissaient hier contre la fin du principe de semi-autonomie. Donald Trump menace de représailles en cas d’adoption du texte.

 

Dans l’un de leurs premiers gestes politiques post-pandémie, les parlementaires chinois ont commencé l’examen, vendredi, d’un projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale » à Hong Kong. L’Assemblée nationale populaire, réunie en session annuelle, érige ainsi en priorité la situation dans la région administrative spéciale, rétrocédée par les Britanniques en 1997, qui a connu des mouvements historiques l’an dernier autour du projet de loi sur les extraditions judiciaires, abandonné depuis. Cette fois, le texte interdisant « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion » devra s’appliquer « sans le moindre délai », avertissait, ce dimanche, Pékin, alors que des milliers de manifestants bravaient, à Causeway Bay, l’interdiction de se rassembler pour dénoncer la « fin » du principe d’« un pays, deux systèmes ». Cette règle, définie par la déclaration sino-britannique de 1984, garantit une relative autonomie à l’île jusqu’en 2047. Au-delà, les systèmes politiques sont censés converger mais la crise qui agite Hong Kong depuis un an illustre le fossé grandissant avec le continent.

“Trahison, sédition et subversion”

« La définition de “trahison, sédition et subversion” est sujette à interprétation et est souvent utilisée de manière très vague comme prétexte pour faire taire les voix de l’opposition », dénonce Nathan Law, président de Demosisto, un parti né du mouvement des parapluies en 2014. Ancien membre du Conseil législatif de Hong Kong, il avait été destitué après avoir fustigé Pékin lors de sa prestation de serment. « Notre liberté d’expression, de réunion et nos convictions politiques ne sont plus garanties par le système juridique de la ville (…). Cette décision indique clairement que la Chine rompt avec sa promesse de préserver la semi-autonomie de la ville », poursuit Nathan Law.

Les autonomistes misent sur la radicalisation du pouvoir

Le projet de résolution, soumis au vote du Parlement chinois jeudi, souligne également l’incapacité désormais totale de l’exécutif hongkongais à gouverner. Depuis six mois, l’élection du président du Comité de la chambre, l’une des deux instances les importantes du Parlement, est repoussée du fait du blocage exercé par l’opposition. Cette séquence signe ainsi l’échec de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, qui a toujours pensé pouvoir régler les « dissensions graves » qui traversent son territoire par une politique de réduction de la pauvreté. Conscients de ne pas recueillir l’assentiment général, les autonomistes misent depuis longtemps sur la radicalisation du pouvoir pour provoquer en retour un sentiment localiste grandissant. « Depuis les troubles (de) 2019, les forces de l’“indépendance de Hong Kong” et les séparatistes radicaux sont de plus en plus répandus, et les activités terroristes violentes se multiplient », justifie Zhao Lijian, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le texte punit également l’ingérence

Face aux manifestations qui ont dégénéré et été réprimées l’an dernier et aux blocages successifs de la ville, Pékin semble avoir perdu patience. Le texte permet également au pouvoir central de ressouder une population chinoise largement irritée par les manifestations de l’an dernier. Pékin choisit ainsi de mobiliser autour d’un thème identitaire au moment où les difficultés économiques et sociales s’accumulent (voir ci-dessous). Symbole de l’humiliation coloniale, Hong Kong représente l’unité recouvrée par le pays sous la houlette du Parti communiste chinois (PCC) qui ne peut, à ce titre, être contestée. C’est donc une question de légitimité pour le PCC. En théorie, l’article 23 de la loi fondamentale hongkongaise prévoit que la région se dote d’une loi sur la sécurité. Mais la dernière tentative en ce sens, datée de 2003, a échoué suite à des mobilisations massives. Alors que le texte punit également l’ingérence, Donald Trump a juré de répondre « de manière très forte » si les députés chinois votaient en sa faveur. Plus de 200 parlementaires de 30 pays, emmenés par l’ancien gouverneur britannique de Hong Kong, Chris Patten, ont également produit un communiqué afin de dénoncer la loi. De quoi figer un peu plus les deux camps dans leurs positions.

L’économie patine

Pour la première fois depuis 1990, la Chine ne publiera pas d’objectifs de croissance. Le développement est « affecté par tout une série de facteurs difficiles à prévoir (…) liés à l’évolution de l’épidémie et de la conjoncture économique et commerciale dans le monde », dit le premier ministre Li Keqiang.  Le taux de chômage s’élève à 5,9 %, contre 5,2 % en décembre 2019, soit 26 millions de personnes.

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L’idée de planification de l’économie doit s’imposer !

Posté par jacques LAUPIES le 22 mai 2020

Il y a deux jours l’évoquais brièvement la nécessaire prise en compte des insuffisances de revenus  des jeunes par l’instauration d’une allocation d’autonomie. Il va de soi que la question se pose à l’échelle mondiale pour des milliards de personnes et que le niveau d’une telle mesure nécessite  de construire des systèmes de protection sociale universels adaptés à chaque économie de chaque pays. Des économies dont il faut reconsidérer le fonctionnement, les objectifs, les rapports sociaux qui les motivent. Des économies où le travail répondrait à des besoins sociaux prioritaires (énergie, nourriture, logement, santé, éducation, transports, sécurité des personnes, justice, etc.) avant d’investir le champ des productions inutiles. 

L’idée de planification de l’économie s’impose ! Les secteurs publics doivent être un moyen pour l’imposer et de la mettre en pratique. Les secteurs privés doivent s’inscrire dans ses objectifs.

La crise sanitaire révèle l’absurdité du système capitaliste et son incapacité à concilier l’humain et l’économique mais il commet tellement de dégâts, d’inégalités, d’injustices, provoque tellement de perte de soi qu’une profonde action politique et culturelle sera indispensable pour accompagner les transformations économiques sociales utiles.

Il est illusoire de croire que cette action doit, notamment  sur le plan de la politique – par définition chargée de la mise en oeuvre grace à la conquête du pouvoir – ne peut se concevoir sans forces organisées puissantes et motivées par la connaissance des sciences et des techniques, capables d’éclairer et de faire agir les peuples.

 

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détail oeuvre ….

 

 

Photo by Abdul MAJEED / AFP)

Photo by Abdul MAJEED / AFP)
Jeudi, 21 Mai, 2020

L’OIT APPELLE À UN GRAND CHANTIER DE LA PROTECTION SOCIALE

Plus de la moitié des travailleurs dans le monde pourraient basculer dans l’indigence, a alerté l’Organisation internationale du travail, qui préconise une « extension de la protection sociale pour tous ». Elle appelle aussi à des investissements publics massifs et à la résorption de l’économie informelle, laquelle compte plus de 2 milliards de personnes.

 

Pour lutter contre le Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a martelé « Testez, testez, testez ». Pour affronter les conséquences sociales de la pandémie, l’Organisation internationale du travail (OIT) semble asséner : « Protection sociale, protection sociale, protection sociale ». Car, dès le début de l’épidémie, cette agence de l’ONU a mis en garde contre le fait que 5 à 25 millions de personnes puissent perdre leur emploi. Il faut dire qu’au niveau mondial, début avril, 81 pays avaient invité à fermer les lieux de travail dans le cadre d’une politique de confinement destinée à contenir l’épidémie. Ils étaient encore 68 à le faire fin avril. Cela s’est traduit par une baisse de 4,5 % des heures de travail au premier trimestre 2020, dans le monde. Un rapport de l’observatoire de l’OIT sur « le Covid-19 et le monde du travail » montre que « 436 millions d’entreprises », une catégorie qui rassemble employeurs et travailleurs indépendants, sont « confrontées à des risques élevés de graves perturbations ». L’inquiétude est forte concernant la catégorie des travailleurs de l’économie informelle, qui compte plus de 2 milliards de personnes. Au moins 1,6 milliard d’entre elles sont affectées par les mesures de confinement, et l’OIT évalue la baisse de leur revenu à 60 % à l’échelle mondiale, ce qui occasionne des pointes de 82 % de diminution des recettes dans les pays à revenu intermédiaire inférieur !

Des inégalités criantes

Pour ces raisons, l’OIT préconise une « extension de la protection sociale pour tous » et des mesures macroéconomiques de maintien de l’emploi. « Les politiques doivent donner la priorité au revenu tant pour les entreprises que les travailleurs, afin de maintenir l’activité économique. » L’organisation s’inquiète en effet du risque de faillites d’entreprises. À ce titre, des mesures de chômage partiel ont été prises dans différents États. Mais les inégalités au niveau mondial sont criantes. Elles sont quasiment inexistantes dans les pays du Sud. Et au Nord, la solidarité n’est pas de mise : ainsi, le plan de chômage partiel de l’Union européenne, « Sure », censé être doté de 100 milliards d’euros, tarde encore à être adopté (lire « l’Humanité » du 14 mai). Il aurait pourtant été très utile aux pays européens très touchés par l’épidémie, telles l’Espagne et l’Italie. Enfin, l’OIT invite à des investissements publics à long terme pour dynamiser et l’emploi « et l’investissement privé ».

Concernant les travailleurs informels, l’OIT préconise dans l’immédiat de développer les transferts en espèces, les allocations familiales et les programmes d’aide au logement et d’aide alimentaire, afin de faire face immédiatement à la crise. Elle invite également à se saisir de la crise pour que les pays se conforment à sa « recommandation n° 204 sur la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle ».

Appliquer une solidarité mondiale

De telles mesures politiques nécessiteront des moyens. L’Organisation des Nations unies a, dans son rapport « Responsabilité partagée, solidarité mondiale », exhorté à « faire tout son possible pour amortir les effets en chaîne (de la pandémie) sur les vies de millions de personnes, leurs subsistances et l’économie réelle ». L’ONU aussi insiste sur la protection sociale en matière de santé et de chômage, en plus des mesures de soutien à l’économie. Cela appelle à des mesures pour que le « fardeau ne repose pas sur ces pays qui peuvent le moins le supporter ». Il invite à une réponse globale d’un montant de 10 % du PIB mondial.

Gaël De Santis
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Prolétaires de tous pays unissez vous !

Posté par jacques LAUPIES le 20 mai 2020

 

 

A quand une allocation d’autonomie pour tous les jeunes, étudiants et travailleurs sans emploi ? Son financement pose problème nous rétorque-t-on ! A chacun selon ses besoins en fonction des  moyens dont dispose chacun. Si on appliquait ce principe  il n’y aurait plus cette misère du monde qu’un certain social démocrate célèbre ne voulait pas prendre en charge !

A condition que la mesure soit universelle bien entendu. Ce qui oblige non pas de fermer les frontières mais de les ouvrir…Prolétaires de tous les pays unissez vous pour imposer ce principe.

Sacré chantier direz vous ! Bien vrai mais cela obligerait les trous du cul des plateaux de télé à penser lutte des classes au lieu de disserter sur la pseudo solidarité du loup et de l’agneau ! 

 

 

Distribution d'aide alimentaire aux étudiants devant l'université Paris 8. Action menée par le Secours populaire. @Julien Jaulin/hanslucas

Distribution d’aide alimentaire aux étudiants devant l’université Paris 8. Action menée par le Secours populaire. @Julien Jaulin/hanslucas
Mercredi, 20 Mai, 2020

À L’UNIVERSITÉ DE PARIS VIII, RENCONTRE AVEC DES ÉTUDIANTS DANS LA MISÈRE

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s’est rendu mercredi à des distributions de produits de première nécessité en Seine-Saint-Denis pour alerter sur les stocks associatifs qui réduisent dangereusement. Le député demande « le renouvellement en urgence de l’aide alimentaire de l’Union européenne ». Comme devant l’université Paris-VIII, où bénévoles et militants s’activent chaque semaine, l’urgence est bel et bien là.

 

Terminus de la ligne 13, métro Saint-Denis université. À la sortie de la station, face à la fac Paris-VIII et au pied d’une résidence étudiante, des bénévoles et militants s’activent ce mercredi matin. Membres du Secours populaire Français (SPF), de Solidaires, de la CGT, de RESF… comme chaque semaine depuis le début du confinement, ils ont préparé plus de 100 colis comprenant des produits alimentaires et d’hygiène. La file des étudiants, organisée de façon à respecter les gestes barrières, grossit peu à peu. La crise sanitaire a aggravé une précarité déjà galopante.

« La pauvreté gagne du terrain, la France a faim. Il y avait déjà 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté avant la crise, nous allons atteindre 13 à 14 millions selon les associations. On ne peut pas l’accepter », s’alarme Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF a donné rendez-vous à la presse pour mettre en lumière cette initiative de solidarité mais aussi pour sonner l’alerte. « Le Secours populaire de Seine-Saint-Denis reçoit pour ses distributions 274 tonnes d’aides alimentaires de l’Union européenne pour une année. J’ai constaté ce matin à Romainville que dès maintenant l’entrepôt est quasiment vide. Ils devaient tenir jusqu’à l’automne, mi-juin ils n’auront plus de stock », explique le député du Nord qui veut envoyer un message au gouvernement. « J’ai interpellé la secrétaire d’État Amélie de Montchalin et la Commission européenne pour demander le renouvellement en urgence de cette aide alimentaire », détaille-t-il évoquant aussi ces « étudiants (qui) poussent un cri d’alarme parce qu’ils se sentent abandonnés. Il y a besoin d’un plan d’accompagnement spécifique », estime également le parlementaire.

Pas besoin de faire plus de deux pas, ce matin-là, pour constater l’ampleur de l’urgence. « Je travaillais comme baby-sitter. Même avant le confinement, les parents ont souhaité limiter les contacts de leurs enfants et je me suis retrouvée sans ce revenu du jour au lendemain. Mes parents m’aident un peu mais c’est très difficile de trouver l’argent pour le loyer, même acheter des protections hygiéniques, par exemple, est devenu un problème extraordinaire », confie une étudiante Mauricienne de 29 ans, « très touchée » par la solidarité à l’œuvre. Son cas est loin d’être isolé. Sur le département, le SPF a distribué en avril 52 tonnes d’aides alimentaires au lieu de 22 les années précédentes. « Quand on a lancé la boîte mail pour recenser les besoins, on a reçu 360 demandes en 24 heures. Depuis, la demande a explosé, nous avons plus de 800 mails par semaine », explique Kab Niang, de l’antenne du SPF de l’université, qui regrette de ne pouvoir faire plus de 130 colis environs à chaque distribution. « Avec les échanges par mail pour le suivi pédagogique on s’est rapidement dit qu’il fallait faire quelque chose. On a eu des retours d’étudiants qui ne pouvaient pas s’acheter à manger faute d’argent après avoir perdu leur travail, et aussi de ceux qui, du fait de leur travail comme caissier, par exemple, ont eu le Covid », rapporte Audrey Mariette, enseignante au département de sciences politiques et syndiquée CGT, qui, comme d’autres, s’est associée à l’initiative lancée par le SPF et Solidaires. « Le confinement accentue la précarité qui existait déjà, constate aussi Sophie de Solidaires. Et les répercussions sociales de la crise vont s’étaler dans le temps. » Tous dressent le même constat : « La réponse de l’État n’est pas à la hauteur des besoins étudiants. » Et l’aide exceptionnelle et conditionnée de 200 euros décidée par l’exécutif n’y suffira pas. « On parle de personnes qui ont perdu leurs seules ressources, il est temps que le gouvernement prenne conscience de l’ampleur de la situation », insiste Sophie.

D’autant que d’autres dispositifs risquent de se heurter au manque de moyens. « Si l’État n’intervient pas, nous ne pourrons poursuivre l’accompagnement que nous avons mis en place », alerte également Laurent Russier, le maire de Saint-Denis, en référence aux chèques alimentaires notamment. L’édile a fait les comptes : « Malgré quelques économies, entre les dépenses supplémentaires – aides alimentaires, masques, accompagnement des associations, etc. – et les recettes en moins, le surcoût engendré par la crise sanitaire dépasse les 5 millions. » « Depuis le début, ajoute l’élu, le gouvernement assure qu’il épaulera les collectivités mais nous n’avons rien de concret pour l’instant. » En attendant le sursaut, bénévoles et militants de l’université seront sur le pont chaque semaine, au moins jusqu’à fin juin.

Julia Hamlaoui
Prolétaires de tous pays unissez vous !  dans POLITIQUE
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Il était un acteur…

Posté par jacques LAUPIES le 18 mai 2020

Il était un acteur... dans POLITIQUE humanite_19_mai_0

.Dans Les Choses de la vie (1970), de Claude Sautet, avec Romy Schneider. © Gamma Keystone/Getty Images3

Dans Les Choses de la vie (1970), de Claude Sautet, avec Romy Schneider. © Gamma Keystone/Getty Images3
Mardi, 19 Mai, 2020

HOMMAGE. MICHEL PICCOLI, L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SES RÊVES

L’acteur est mort dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Sa carrière, au cinéma comme au théâtre, est des plus impressionnantes. Il a travaillé avec les plus grands metteurs en scène de son temps. Un acteur populaire au service de son art.
 
Il n’était pas particulièrement beau. Il était plus que beau. Il avait un charme incroyable, un regard tendre, amoureux qui, soudain, s’assombrissait, passant de la ­tendresse à la colère sans crier gare. Il avait un sourire cajoleur, enrôleur, ironique ou carnassier. Tout dépendait de qui était derrière la caméra. Tout ­dépendait de son personnage, du rôle qu’il incarnait, distillant des charges émotionnelles d’un haussement de sourcil, d’un chapeau qu’il relevait négligemment, d’un imperméable qu’il jetait élégamment sur ses épaules. Tout semblait naturel, mais derrière ce naturel se cachait un acteur qui avait la passion de son métier, qui avait l’intelligence du texte, qui ne laissait rien au hasard, qui étudiait son personnage dans les moindres détails, et les détails, au cinéma comme au théâtre, sont essentiels. Il démarre sa carrière d’acteur immédiatement après la guerre. Il n’a pas fait le conservatoire, a suivi les cours Simon et entre par ce qu’on appelait alors la petite porte du cinéma, avec quelques apparitions dans des films de Christian Jacques, ­Raymond Rouleau, Louis Daquin, René Clément, Jean Delannoy, Renoir… En 1962, il tient un second rôle dans le Doulos, de Jean-Pierre Melville. Est-ce ce film-là en particulier ou la constance de son engagement, quelle que soit l’importance du rôle, depuis une décennie qui le propulse parmi les acteurs français les plus demandés dans le métier ? En 1963, il est à l’affiche du Journal d’une femme de chambre, de Buñuel, du ­Mépris, de Jean-Luc ­Godard, de Paparazzi de Jacques Rozier, un making off du Mépris où on le retrouve aux côtés de Brigitte Bardot, et fait une apparition dans une pièce de théâtre télévisée, Adieu Philippine, du même Jacques Rozier. Il enchaîne dans les films de Costa-Gavras, d’Agnès Varda, de Peter Ustinov, de Roger Vadim, de René Clément, une dizaine de films pour la seule année 1965. En 1966, il incarne Monsieur Dame, le père secret du petit frère des Demoiselles de Rochefort. Dans les décors ripolinés de Jacques Demy, Piccoli fredonnant devant un piano d’un blanc étincelant une chanson d’amour est à ­tomber… Cette même année, il retrouve Buñuel dans Belle de jour : il est Henri ­Husson, personnage mystérieux, cynique jusqu’au bout des regards concupiscents qu’il promène sur la silhouette de Séverine (Catherine Deneuve). L’année suivante, nous sommes en 1967, il joue de nouveau dans un film de Costa-­Gavras (Un homme de trop) et initie le beau Benjamin aux plaisirs de la chair et du libertinage dans Benjamin ou les mémoires d’un puceau, de ­Michel Deville, dans les bras d’Anne de Clécy (Catherine Deneuve).

Complicité avec Romy Schneider

Dans la Chamade, adapté du roman de Françoise ­Sagan par Alain Cavalier, Il est le riche amant de la jeune Lucile, qui lui échappera avant de revenir vers lui, celui qui, en dépit de son âge, la laisse vivre à sa guise. C’est la première rencontre cinématographique avec Romy Schneider. Leur couple à l’écran marque une complicité amoureuse que le spectateur va suivre, de film en film, de chanson en chanson, de baisers volés en caresses passionnées. Il est Pierre, elle est Hélène dans les Choses de la vie, de Claude Sautet. Il est Max, elle est Lily, dans Max et les ferrailleurs, où tout les oppose, leur milieu, leur boulot, leur vie, mais ils s’aiment, en secret, en silence. Dans César et Rosalie, il est la voix off qui vient combler les silences de ce trio amoureux interprété par Romy Schneider, Yves Montand et Sami Frey. Il recroise furtivement Romy Schneider dans Mado, toujours de Sautet… Il y eut un avant et un après Sautet. Mais cet avant comme cet après témoignent d’un engagement, d’une joie et d’un désir de cinéma des plus impressionnants. Que ce soit dans les premiers ou deuxièmes rôles, qu’il ne prête que sa voix, qu’il joue avec des réalisateurs de renom ou des ­débutants, Piccoli ne faisait jamais les choses à moitié, attentif à ses partenaires de jeu, aux consignes du réalisateur, même s’il pouvait les contester, aimable, simple, discret. Il disait être « souvent tombé amoureux des metteurs en scène » avec qui il avait travaillé. Au cinéma, comme au théâtre. Piccoli n’a jamais été un jeune premier, mais il a été de la jeunesse de tant d’entre nous, toutes générations confondues, tous milieux confondus. Il avait 38 ans quand Brigitte Bardot lui demandait dans le Mépris : « Et mes fesses, tu les trouves jolies mes fesses ? » Il a été le copain, l’oncle, le mari, le beau-frère, le flic, le médecin d’une France métamorphosée, d’une France en noir et blanc à celle du XXIe siècle. Il a même été ce fabuleux pape de Nanni Moretti ­tétanisé par le doute, effrayé, s’échappant dans Rome. Il a tenu dans ses bras, joué avec les plus grandes actrices de son temps Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Annie Girardot, ­Catherine Deneuve, Romy Schneider, Andréa Ferréol, Miou Miou, Jane Birkin, Juliette Binoche, Dominique Blanc… C’était un acteur populaire au sens noble du terme, un acteur qui ressemblait au monde dans lequel il vivait, à qui tout le monde pouvait s’identifier à un moment ou à un autre de sa vie. Il ne choisissait pas les films pour choisir un rôle ; ce qui comptait à ses yeux, c’était le projet, le texte, le metteur en scène.

Le cœur à gauche

Acteur engagé dans ses films, il l’était aussi dans la vie. Il avait le cœur à gauche, soutenant le Mouvement de la paix, Amnesty International. Aux côtés de Jack Ralite, il a joué un rôle essentiel pour la constitution des états généraux de la culture, tous deux liés par une amitié ­fraternelle et une connivence politique à toute épreuve. « Le combat de la vie est toujours politique… et par les temps qui courent, il est toujours nécessaire », disait-il… Il y a eu le Piccoli de Sautet. Mais aussi le Piccoli de Luis Buñuel, de Godard, de Manoel de Oliveira, de Leos Carax, de Nanni Moretti, de Fleischman, de Tavernier, de Costa-Gavras, de Richard Dembo, de Youssef Chahine, de Louis Malle, d’Édouard Molinaro, de Jean-Claude Brisseau, de Luis Berlanga, de Raoul Ruiz, de Rivette, de Jacques Demy, d’Agnès Varda, de Pierre Granier-Deferre, de Claude Chabrol, de Jacques Doillon, de Claude Lelouch, ­d’Ettore Scola, de Marco Ferreri, de Marco ­Bellocchio, des frères Larrieu… Il est passé de l’autre côté de la caméra trois fois, réalisant Alors voilà, la Plage noire et C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé… Peut-être, mais il a su accompagner les nôtres.

Marie-José Sirach
RÉACTIONS ET TÉMOIGNAGES

Gilles Jacob : « On ne dirigeait pas Piccoli. On le filmait. C’était inutile de lui donner des explications. Le personnage qu’il interprétait le guidait », a déclaré l’ancien président du Festival de Cannes. Jack Lang : « Fougueux et enthousiaste, il était de tous les combats humanistes et sociaux », selon l’ex-ministre de la Culture. Franck Riester : « Magistral dans le cinéma de Claude Sautet, Michel Piccoli était de ces immenses comédiens dont le regard suffit à vous transporter. Du cinéma au théâtre, il impressionnait par l’incroyable justesse de son jeu. » Message sur Twitter de l’actuel ministre de la Culture, qui évoque également son « engagement » à gauche. Brigitte Bardot : « Il avait du talent, de l’humour, et il aimait mes fesses », a dit la partenaire de Piccoli dans le Mépris, de Jean-Luc Godard. Pierre Arditi : « Ce qui me frappait, c’était sa capacité d’incarnation des personnages. Il entrait dans un rôle et on perdait de vue Michel Piccoli. Ce n’était plus lui », estime le comédien.

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Chassez le naturel des possédants et de ceux qu’ils ont choisis pour les représenter et il revient au galop…C’est ainsi qu’ils peinent à tenir des promesses verbales tenues quand sévissent les crises !

Posté par jacques LAUPIES le 17 mai 2020

 

Emmanuel Macron ici lors d'une visite d'un centre médical à Pantin le 7 avril 2020.

Emmanuel Macron ici lors d’une visite d’un centre médical à Pantin le 7 avril 2020.
Samedi, 16 Mai, 2020

HÔPITAUX : LA COLÈRE REDOUBLE MALGRÉ LA PRIME ET LA VISITE DE MACRON

Les syndicats, associations et collectifs des personnels hospitaliers envisagent une journée nationale de mobilisation mi-juin. Car après le versement prochain de la « prime Covid », le gouvernement semble envisager un nouveau coup d’accélérateur de ses politiques libérales dans les hôpitaux publics.

 

Une journée nationale de mobilisation mi-juin. C’est ce qu’envisagent les syndicats, collectifs et associations de professionnels de la santé. Dans un communiqué commun publié ce vendredi, ces organisations, parmi lesquelles l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), la CGT ainsi que les collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, à la tête du mouvement social dans la santé depuis plus d’un an, appellent à nouveau à un « plan massif d’investissement » pour l’hôpital. Ce plan devrait répondre aux trois grandes revendications portées par les salariés de ce secteur : plus de personnels, des réouvertures de lits pour une meilleure prise en charge des patients, ainsi qu’une « revalorisation de l’ensemble des carrières » pour les rendre enfin attractives.

Voir aussi : Le billet du Dr Christophe Prudhomme : Bla Bla !

« Le Président de la République a affirmé que « le jour d’après ne serait pas un retour au jour d’avant » et promis de « tirer toutes les conséquences » » de la crise, rappellent les syndicats et collectifs hospitaliers dans leur communiqué. « Pour l’instant, nous ne nous voyons rien venir dans ce sens. (…) Au contraire, le déconfinement et la reprise d’activité dans les établissements se mènent sans tirer les premières leçons de la gestion de la crise sanitaire et sans entendre les revendications des professionnels. »

Mea culpa timoré d’Emmanuel Macron

Pour l’heure, les hospitaliers doivent se consoler de belles phrases. Ce fut le cas lors de la visite surprise jeudi d’Emmanuel Macron et de son ministre de la Santé, Olivier Véran, à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. « Il faut mettre fin à cette paupérisation », a lancé le chef de l’État à des médecins de l’établissement lors d’une table ronde. «On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée » car elle ne « portait pas assez de sens» et avait une « ampleur » et un rapport au temps « pas du tout suffisants compte tenu de l’état où était l’hôpital ». «  J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses » et « c’est très cruel pour moi-même», jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ».

Le statut d’agent public hospitalier dans le viseur

Mais l’amende honorable présidentielle n’augure en rien d’un changement de politique gouvernementale et la satisfaction des revendications portées par les personnels pourrait passer par un nouveau coup d’accélérateur des mesures de dérégulations. « Je n’ai pas envie non plus qu’on revienne à l’étape d’avant », a ajouté Emmanuel Macron. C’est pourquoi « oui, on va investir », expliquant avoir « demandé au ministre un travail express » sur le sujet. « C’est un investissement et pas une dépense. » Signe que le gouvernement n’a pas abandonné son idée de casse du statut de fonctionnaire, en cours dans sa réforme de la fonction publique, Olivier Véran s’est interrogé sur le maintien de ce « cadre unique », avouant mettre « les pieds dans le plat » et assurant qu’il ne s’agissait pas « de tout faire exploser ». Un communiqué du ministère de la Santé, publié vendredi, en esquisse les contours : « Outre des revendications salariales portées par les professionnels, ce sont les fondations mêmes de la politique de ressources humaines à l’hôpital qui doivent être questionnées et modernisées. » Les services d’Olivier Véran assurent vouloir associer « les partenaires sociaux » à ces travaux.

Des primes entre 500 et 1 500 euros

Pour l’heure, les soignants doivent se contenter de la « prime Covid » maintes fois promise par l’exécutif en guise de remerciements pour leur mobilisation contre l’épidémie. Évoquée fin mars par Emmanuel Macron, mais suspendue depuis lors à la publication d’un décret, la prime sera versée à « l’ensemble des professionnels des établissements publics de santé » mobilisés « face à l’épidémie », selon le ministère de tutelle. Cette gratification défiscalisée et exemptée de cotisations sociales atteindra au mieux 1 500 euros pour les soignants qui ont travaillé dans les départements les plus touchés ou dans des hôpitaux ayant accueilli des malades. Ces 1 500 euros sont donc uniquement destinés aux agents d’Ile-de-France, du Grand Est, de Bourgogne-Franche-Comté et des Hauts-de-France, mais aussi à ceux de quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie), des Bouches-du-Rhône, d’Eure-et-Loir, de Corse-du-Sud, de Haute-Corse et de Mayotte. Pour les autres, elle sera de 500 euros. Le gouvernement promet un versement « dans les meilleurs délais », à savoir dès la fin mai « dans les établissements où les conditions techniques sont réunies », et « en juin dans les autres ».

L’incompréhension des recalés de la prime maximale

Cette différence de montant de la prime a provoqué la colère d’élus locaux. C’est le cas du président du conseil départemental et du député de l’Ardèche, tous deux élus socialistes, qui ont fait part, dans deux courriers adressés jeudi et vendredi au ministre de la Santé, de leur « incompréhension », de leur « désarroi » et de leur « colère » face à cette « injustice »« L’Ardèche a eu à subir une augmentation effroyable de sa mortalité due au Covid-19. Tous les autres départements qui se situent dans la même strate de surmortalité ont été, quant à eux, retenus», écrit le premier. Le second évoque, lui, une « double peine » : « celle d’avoir subi ces dernières années un affaiblissement de nos capacités hospitalières et aujourd’hui celle de ne pas pouvoir être reconnu faute de moyens suffisants ».

La colère des soignants

Mais cette prime « ne doit pas devenir un solde de tout compte », a prévenu la fédération FO des Services publics et de Santé, regrettant que la prime n’ait pas été portée «à hauteur minimale de 1 500 euros » pour tous les soignants. Un avis partagé par la Coordination nationale infirmière, pour qui « tous les agents ont fait preuve d’une résilience hors norme»« Une prime ne nous fera pas taire », a-t-elle averti. Dès jeudi, à la Pitié-Salpêtrière, Asdine Aissiou, de la CGT, expliquait : «On va attendre de voir si le gouvernement tient ses engagements. Sinon la corde, qui est en train de craquer, elle va péter. Et dans la rue, il n’y aura pas que des blouses blanches, mais tous ceux qui étaient sur les balcons. »

Stéphane Guérard (avec AFP)
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