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Quand la Chine tousse les occidentaux éternuent…

Posté par jacques LAUPIES le 24 mai 2020

 

Le 24 mai, à Hong Kong, un rassemblement pro-démocratie contre le nouveau projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale ». © Anthony Wallace / AFP

Le 24 mai, à Hong Kong, un rassemblement pro-démocratie contre le nouveau projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale ». © Anthony Wallace / AFP
Dimanche, 24 Mai, 2020

ASIE. HONG KONG, PRIORITÉ POLITIQUE DE LA CHINE POST-COVID

Le Parlement chinois examine une loi de sécurité nationale. Des milliers de manifestants se réunissaient hier contre la fin du principe de semi-autonomie. Donald Trump menace de représailles en cas d’adoption du texte.

 

Dans l’un de leurs premiers gestes politiques post-pandémie, les parlementaires chinois ont commencé l’examen, vendredi, d’un projet de loi « visant à stopper et punir les activités mettant en péril la sécurité nationale » à Hong Kong. L’Assemblée nationale populaire, réunie en session annuelle, érige ainsi en priorité la situation dans la région administrative spéciale, rétrocédée par les Britanniques en 1997, qui a connu des mouvements historiques l’an dernier autour du projet de loi sur les extraditions judiciaires, abandonné depuis. Cette fois, le texte interdisant « la trahison, la sécession, la sédition et la subversion » devra s’appliquer « sans le moindre délai », avertissait, ce dimanche, Pékin, alors que des milliers de manifestants bravaient, à Causeway Bay, l’interdiction de se rassembler pour dénoncer la « fin » du principe d’« un pays, deux systèmes ». Cette règle, définie par la déclaration sino-britannique de 1984, garantit une relative autonomie à l’île jusqu’en 2047. Au-delà, les systèmes politiques sont censés converger mais la crise qui agite Hong Kong depuis un an illustre le fossé grandissant avec le continent.

“Trahison, sédition et subversion”

« La définition de “trahison, sédition et subversion” est sujette à interprétation et est souvent utilisée de manière très vague comme prétexte pour faire taire les voix de l’opposition », dénonce Nathan Law, président de Demosisto, un parti né du mouvement des parapluies en 2014. Ancien membre du Conseil législatif de Hong Kong, il avait été destitué après avoir fustigé Pékin lors de sa prestation de serment. « Notre liberté d’expression, de réunion et nos convictions politiques ne sont plus garanties par le système juridique de la ville (…). Cette décision indique clairement que la Chine rompt avec sa promesse de préserver la semi-autonomie de la ville », poursuit Nathan Law.

Les autonomistes misent sur la radicalisation du pouvoir

Le projet de résolution, soumis au vote du Parlement chinois jeudi, souligne également l’incapacité désormais totale de l’exécutif hongkongais à gouverner. Depuis six mois, l’élection du président du Comité de la chambre, l’une des deux instances les importantes du Parlement, est repoussée du fait du blocage exercé par l’opposition. Cette séquence signe ainsi l’échec de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, qui a toujours pensé pouvoir régler les « dissensions graves » qui traversent son territoire par une politique de réduction de la pauvreté. Conscients de ne pas recueillir l’assentiment général, les autonomistes misent depuis longtemps sur la radicalisation du pouvoir pour provoquer en retour un sentiment localiste grandissant. « Depuis les troubles (de) 2019, les forces de l’“indépendance de Hong Kong” et les séparatistes radicaux sont de plus en plus répandus, et les activités terroristes violentes se multiplient », justifie Zhao Lijian, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le texte punit également l’ingérence

Face aux manifestations qui ont dégénéré et été réprimées l’an dernier et aux blocages successifs de la ville, Pékin semble avoir perdu patience. Le texte permet également au pouvoir central de ressouder une population chinoise largement irritée par les manifestations de l’an dernier. Pékin choisit ainsi de mobiliser autour d’un thème identitaire au moment où les difficultés économiques et sociales s’accumulent (voir ci-dessous). Symbole de l’humiliation coloniale, Hong Kong représente l’unité recouvrée par le pays sous la houlette du Parti communiste chinois (PCC) qui ne peut, à ce titre, être contestée. C’est donc une question de légitimité pour le PCC. En théorie, l’article 23 de la loi fondamentale hongkongaise prévoit que la région se dote d’une loi sur la sécurité. Mais la dernière tentative en ce sens, datée de 2003, a échoué suite à des mobilisations massives. Alors que le texte punit également l’ingérence, Donald Trump a juré de répondre « de manière très forte » si les députés chinois votaient en sa faveur. Plus de 200 parlementaires de 30 pays, emmenés par l’ancien gouverneur britannique de Hong Kong, Chris Patten, ont également produit un communiqué afin de dénoncer la loi. De quoi figer un peu plus les deux camps dans leurs positions.

L’économie patine

Pour la première fois depuis 1990, la Chine ne publiera pas d’objectifs de croissance. Le développement est « affecté par tout une série de facteurs difficiles à prévoir (…) liés à l’évolution de l’épidémie et de la conjoncture économique et commerciale dans le monde », dit le premier ministre Li Keqiang.  Le taux de chômage s’élève à 5,9 %, contre 5,2 % en décembre 2019, soit 26 millions de personnes.

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