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HÔPITAL PUBLIC. DES DIZAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS ET 69 000 LITS SUPPRIMÉS EN QUINZE ANS

Posté par jacques LAUPIES le 19 mars 2020

 

 

HÔPITAL PUBLIC. DES DIZAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS ET 69 000 LITS SUPPRIMÉS EN QUINZE ANS dans POLITIQUE
Jeudi, 19 Mars, 2020

HÔPITAL PUBLIC. DES DIZAINES DE MILLIERS D’EMPLOIS ET 69 000 LITS SUPPRIMÉS EN QUINZE ANS

Y aura-t-il assez de lits, assez de place en réanimation ? Le personnel hospitalier va-t-il tenir le coup ? Sous l’effet de la montée en puissance du virus, le système de santé français menace de s’écrouler. Cela fait pourtant longtemps que soignants et patients tirent la sonnette d’alarme. Sans être entendus.

 

Des dizaines de milliers d’emplois supprimés en quinze ans. 69 000 lits portés disparus sur la même période. Des personnels insuffisants et essorés. Des urgences saturées. L’hôpital public, sous haute tension après une décennie d’austérité, est désormais au bord de l’explosion avec la multiplication des cas de coronavirus. Alors que tous les stades d’alerte ont désormais été franchis dans cette crise sanitaire, avec la mobilisation totale du système de santé, de la prise en charge des cas moins graves en médecine de ville jusqu’à la possibilité de mobiliser des renforts dans les hôpitaux, 14 collectifs et syndicats (1) en lutte unitaire pour sauver ce socle du système de santé attendent des actions de plus grande ampleur que ces mesures pour faire face à l’ugence : « Nous n’arrêtons pas de dénoncer les difficultés à exercer nos missions, cette épidémie nous donne hélas raison », constate Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT santé et de l’action sociale.

Un décès inacceptable en 2018

Depuis un an, le secteur n’a jamais connu une telle ébullition. Le 18 mars 2019, les violences contre le personnel des urgences à l’hôpital Saint-Antoine avaient entraîné une grève illimitée et allumé la mèche. Peu de temps après, des paramédicaux en colère avaient créé le collectif Inter-Urgences. Hugo Huon, président du collectif et infirmier à Lariboisière, raconte dans un livre (2) ce moment charnière : « Nous avions également eu un décès de patient dans la salle d’attente en décembre 2018. On a compris que, pour être entendu, il fallait passer au-dessus des directions locales. On voulait aussi casser les codes institutionnels, mener des actions chocs, comme les arrêts maladie groupés. Il y a toujours plus de 200 services d’urgences en grève aujourd’hui. Nous ne pouvons pas laisser ce réseau de santé qui vaut de l’or disparaître ! »

En septembre dernier, le collectif Inter-Hôpitaux, formé par des médecins, rejoints par des soignants et des usagers, a ensuite vu le jour. « Ce mouvement spontané arrive après des années de débats, précise Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri-Modor-Albert-Chenevier et membre fondateur du collectif. Cette alliance de professions est inédite, nous avons en commun le sujet du manque de moyens et de personnel. » La manifestation monstre du 14 novembre 2019, du jamais-vu depuis quinze ans avec 15 000 personnes à Paris, a été un tournant. « Nous avons aussi tenu des assemblées générales de 200 personnes avec des agents de service hospitalier, des brancardiers, aides-soignants… alors qu’ils ont l’habitude de courber l’échine, explique Hugo Huon. Les mécanismes de solidarité entre les métiers nous ont fait du bien. Les revendications de hausse de 300 euros de salaires pour les paramédicaux sont portées par les médecins. Et ce constat de malaise est même partagé par la Fédération hospitalière de France (FHF) ! Nous sommes tous confrontés à cette défiance envers l’hôpital, où tu passes deux ans pour te former et, ensuite, tu vas voir ailleurs ! »

Quant à la politique de l’autruche menée par le gouvernement, à l’exception de primes pour les paramédicaux et de la reprise d’un tiers de la dette des hôpitaux (sous condition de gains de productivité) annoncés en novembre dernier, elle n’a fait que renforcer la détermination. Si les corporatismes ont été laissés au vestiaire, des tiraillements se font parfois fait sentir entre organisations. La mobilisation concomitante contre la réforme des retraites n’a pas fait l’unanimité chez les participants. Mais la trajectoire commune n’a pas dévié. « Nous avons aussi réussi à débloquer des situations locales en obtenant des équivalents temps plein à Saint-Nazaire, Alençon, poursuit Hugo Huon. Mais des personnes qui se sont exprimées en public ont aussi été sanctionnées. » Partout, les formes de lutte se sont diversifiées. À l’hôpital Avicenne, Maud Gelly, médecin généraliste au centre d’IVG et membre de la CGT, regardait d’un œil un peu méfiant le collectif Inter-Hôpitaux avant de le voir s’épanouir au sein de la structure de Bobigny (Seine-Saint-Denis). « Le flashmob habillé en Rosie la riveteuse pour le 8 mars m’a beaucoup plu. Il y a aussi eu la grève du codage (portant sur le renseignement des actes médicaux pratiqués pour les facturer à l’assurance maladie – NDLR) qui a fait perdre 300 millions d’euros à l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). »

Leurs dernières forces

De leur côté, les patients ne restent pas les bras croisés. Ce 10 mars, Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, s’est justement déplacée pour soutenir les infirmières en grève contre le sous-effectif à l’hôpital de Fumay (Ardennes). « À l’accueil, une dame blessée au visage a été enjointe de passer un coup de téléphone au 15 pour qu’il l’amène à l’hôpital de Charleville-Mézières, à 45 minutes de là. C’est bien la preuve que nous ne devons rien lâcher ! Quand les soignants se mettent en grève, cela ne se voit pas à cause des assignations. Les usagers ont besoin de participer, pas juste de dire “j’aime mon hôpital” ».

Le millier de démissions administratives de médecins en janvier ou encore l’interpellation d’Emmanuel Macron lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière le 27 février par le docteur François Salachas ont été d’autres temps forts. « Cette dernière scène était inimaginable il y a quelques mois, glisse Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Plus le mouvement continue, plus le niveau de revendication monte. L’atterrissage post-coronavirus va être compliqué pour le gouvernement. Ils ne pourront plus venir serrer des mains dans les services comme si de rien n’était. »

Alors que l’épidémie aspire les dernières énergies des soignants et menace de faire s’écrouler le système, tous exigent des mesures à la hauteur des enjeux. Et rappellent leurs propositions : une augmentation de l’Ondam (objectif national des dépenses d’assurance-maladie) de minimum 4,4 % et des revalorisations salariales. Les collectifs et syndicats ont également pris au mot le président de la République en lui adressant un courrier pour fixer un rendez-vous. Des initiatives devraient se dérouler le 7 avril prochain, date de la Journée mondiale de la santé. « On organise des réunions toutes les semaines. Réussir à fédérer aussi largement et sur la durée, c’est déjà exceptionnel », estime Mireille Stivala. Et obtenir des changements profonds dans l’hôpital public en pleine crise sanitaire.

(1) CGT, CFDT, CFE-CGC, Sud, CFTC, Unsa, collectif Inter-Urgences, collectif Inter-Hôpitaux, le collectif Inter-Blocs, l’Amuf, le Printemps de la psychiatrie, l’APH, l’Isni et la Coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité. (2) « Urgences : hôpital en danger »., Albin Michel.
Cécile Rousseau
 dans POLITIQUE

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CORONAVIRUS. LES OUBLIÉS DU CONFINEMENT

Posté par jacques LAUPIES le 19 mars 2020

 

Diane Grimonet/Hans Lucas

Diane Grimonet/Hans Lucas
Mercredi, 18 Mars, 2020

CORONAVIRUS. LES OUBLIÉS DU CONFINEMENT

La pandémie actuelle met en lumière les inégalités sociales. Sans-abri, réfugiés, mal-logés, personnes âgées… dans notre société, les plus précaires, faute de ressources suffisantes, sont en première ligne, révélant l’insuffisance des moyens mis en place par l’État pour les protéger.

 

Certes, le gouvernement a suspendu les expulsions jusqu’au 31 mai prochain. Mais ça ne suffira pas, loin de là. Alors que le confinement est désormais devenu la règle pour éviter la propagation de l’épidémie, que vont faire les familles qui s’entassent dans des taudis ou des bidonvilles ? Quelles solutions pour les habitants menacés de coupures d’énergie ? Comment les plus modestes, qui consacrent une large part de leur budget au loyer, vont-ils faire face quand leurs revenus baisseront ? Comment confiner toutes celles et tous ceux qui dorment dans la rue ? Qu’en est-il de ces femmes, ces hommes et ces enfants privés de liberté dans des centres de rétention administrative ? Sans oublier les plus âgés, qui vont se retrouver coupés du monde ? Pour résumer, comment cela va-t-il se passer pour toutes les personnes à faibles ressources ?
Cette crise sanitaire sans précédent révèle l’insuffisance des moyens mis en place jusqu’à aujourd’hui par l’État pour protéger les plus vulnérables. Emmanuel Macron appelle à faire preuve « d’esprit solidaire et de sens des responsabilités ». Prenons-le au mot. Il ne suffit pas de prendre des mesures à caractère économique, il va falloir des mesures sociales. Des mesures pour protéger et prendre soin des plus fragiles socialement, qui sont aussi ceux parmi les plus exposés au virus. Car confrontés au manque de ressources pour se préparer et se protéger du Covid-19, beaucoup font face à un risque plus élevé d’être contaminé et donc de répandre le virus.

Mal-logement Une violence sociale renforcée par l’épidémie

À l’heure où chacun doit rester chez lui pour une durée indéterminée, les familles mal logées sont exposées à des problèmes de santé physiques et mentaux.
«Les effets du mal-logement sont démultipliés en période de confinement », souligne Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé-Pierre (FAP). Pour les familles qui vivent en situation de surpeuplement ou en habitat indigne, rester des semaines enfermé est lourd de conséquences. « Habiter dans ces conditions a des conséquences directes sur la santé », rappelle Manuel Domergue. Le surpeuplement a des effets avérés sur le développement des petits enfants et sur la réussite scolaire des plus grands. Dans l’habitat insalubre, sans même parler des cas de saturnisme, le manque d’aération et l’humidité entraînent des maladies respiratoires. C’est déjà vrai en temps normal. Ce le sera d’autant plus en étant bloqué 24 heures sur 24. Les risques domestiques, déjà nombreux dans ces logements, sont eux aussi amenés à se démultiplier.
Le mal-logement prolongé met aussi à rude épreuve l’équilibre psychologique des habitants. « Pour l’instant, ça tient encore, mais dans quelque temps certaines familles vont exploser », prévient Jean-Baptiste Eyraud, de Droit au logement (DAL). Source de tensions entre voisins, la surexposition au bruit, inévitable dans les appartements mal isolés phoniquement, va s’accroître avec le confinement. Dans les logements surpeuplés, les relations intrafamiliales, déjà difficiles, vont être mises à rude épreuve. Le risque d’accroissement de la violence est réel. « Non, le foyer n’est pas pour tout le monde l’endroit du confort ou du réconfort. Le foyer, déjà évité par les femmes victimes de violences conjugales en temps normal, devient une prison en période de confinement », a prévenu hier le collectif Collages féminicides.

Réquisition d’hôtels vides et moratoire sur les loyers

Le mal-logement est aussi un vecteur de contamination. « Les habitats indignes, surpeuplés, précaires et les gens à la rue sont des lieux de propagation de l’épidémie. Nous allons payer des années d’incuries de politique du logement », prévient Jean-Baptiste Eyraud. Comment, par exemple, respecter les gestes barrières dans des bidonvilles où les familles vivent entassées et où il n’y a même pas l’eau courante ? « Ce sont aussi des publics où l’information est compliquée à diffuser », s’inquiète Manuel Domergue. Pour pouvoir loger et isoler ces publics, les associations appellent à une réquisition d’urgence des hôtels vides. Des négociations dans ce sens entre le gouvernement et les hôteliers auraient démarré.
Les inquiétudes concernent aussi l’après-crise. Le 12 mars, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, a été prolongée jusqu’au 31 mai. Ce répit devrait, selon le ministère du Logement, protéger 4 000 à 5 000 familles. Mais la mesure ne répond pas à ceux que la crise sanitaire appauvrit. « Si tout ça dure, les familles qui ont déjà du mal à payer leur loyer ne vont plus y arriver. Elles vont accumuler les impayés », prévient Eddie Jacquemart, de la CNL (Confédération nationale du logement). Redoutant une vague d’expulsions locatives après la crise, les associations appellent le gouvernement à prendre des mesures, dont l’arrêt de la suspension de l’APL (aide personnalisée au logement) en cas d’impayés. Certaines, comme la CNL, veulent un moratoire sur les loyers. La FAP propose la création d’un fonds d’indemnisation ciblant les locataires dont les revenus vont s’effondrer. Un effort financier, chiffré à 200 millions d’euros, pour empêcher quelques centaines de milliers de personnes de perdre leur toit.

Précarité « On n’a plus rien à manger »

Ahou (1) fait partie de ces milliers de familles monoparentales qui vivent dans la capitale. Depuis hier, elle panique. « Je n’ai pas un sou pour acheter à manger. D’habitude, je me débrouille avec les Restos du cœur ou d’autres associations, mais là, comment je vais faire ? » D’autant plus que le confinement n’est pas propice au système D et à la solidarité concrète. « Hier, j’ai anticipé, je suis allée voir une amie qui a accepté de me prêter 5 euros. J’ai cru que j’étais sauvée pour quelques jours. Mais quand je suis allée au supermarché, il n’y avait plus de pâtes, plus de riz… » Sa voix s’étrangle. Elle a 36 ans, « mais j’en parais 50 », lâche-t-elle, épuisée par les épreuves. Avec une carte de séjour de deux ans obtenue de haute lutte, cette Ivoirienne se bat seule depuis son arrivée en France pour offrir un avenir à son fils de 9 ans, scolarisé dans une école parisienne. Brahima, un grand gaillard de 1,60 m qui aime le foot et les copains, pendant trois semaines confiné dans un studio d’hébergement d’urgence d’à peine 20 mètres carrés ? « Et encore, on a de la chance, si on était encore dans l’hôtel… » « L’hôtel », c’est celui du Samu social, avec une chambre de 8 mètres carrés dans laquelle elle et son fils ont vécu pendant huit ans, sans cuisine, sanitaires sur le palier. « Aujourd’hui, dans le studio, je peux cuisiner, mais on n’a rien à manger ! » Quant à « l’école à la maison », là encore, cela va relever du parcours du combattant. « Je n’ai pas d’ordinateur. Mais les maîtresses ont donné des consignes dans les cahiers, alors je vais le faire travailler comme je peux », explique celle qui était institutrice en Côte d’Ivoire. Ahou est loin d’être la seule dans cette situation : « Je ne suis pas la plus à plaindre. Je connais certaines femmes qui ont encore moins que moi, et doivent gérer 4 enfants dans des appartements minuscules. » Animatrice vacataire à la mairie de Paris, avec seulement quelques heures de travail au compteur, son « salaire » oscille chaque mois entre 100 et 300 euros. Alors, elle s’inquiète aussi pour le « jour d’après ». « J’ai cru comprendre que les vacataires ne seraient pas payés. Il faut pourtant qu’on trouve des solutions de solidarité, sinon on ne va ne pas s’en sortir… Il ne faut pas que l’État nous laisse tomber. »

(1) Le prénom a été changé

CORONAVIRUS. LES OUBLIÉS DU CONFINEMENT dans POLITIQUE

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