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Non, Ambroise Croizat n’est pas compatible avec le macronisme

Posté par jacques LAUPIES le 12 janvier 2020

 

 

À LREM, on aimerait bien faire croire que la réforme des retraites se place dans la lignée de celle mis en oeuvre par le CNR après-guerre. Il faut relire le discours du ministre du Travail (communiste) Ambroise Croizat, aucun doute possible, il n’était pas macroniste !

Du Premier ministre qui veut faire croire que sa réforme des retraites est l’héritière du Conseil National de la Résistance au député LREM qui cite le communiste Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, la récup’ va grand train à la tête de ce pays. Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils d’Ambroize Croizat, s’est chargé à merveille de répondre à ces basses falsifications, lançant ce terrible « Votre culot n’a d’égal que votre duplicité » à la figure du parlementaire.

 

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 La réforme des retraites, fidèle au Conseil national de la Résistance ? Voilà pourquoi c’est faux

 

Pour vous faire une idée plus nette de l’incompatibilité viscérale entre Ambroize Croizat et le macronisme, nous nous proposons ici de publier des extraits du discours du ministre du Travail et de la Sécurité sociale devant l’Assemblée nationale constituante, le 8 août 1946, sur l’application de la loi sur la Sécurité sociale.

Voici :

 

« Nul ne saurait ignorer que l’un des facteurs essentiels du problème social en France, comme dans presque tous les pays du monde, se trouve dans ce complexe d’infériorité que crée chez le travailleur le sentiment de son insécurité, l’incertitude du lendemain qui pèse sur tous ceux qui vivent de leur travail.

Le problème qui se pose aujourd’hui aux hommes qui veulent apporter une solution durable au problème social est de faire disparaître cette insécurité. Il est de garantir à tous les éléments de la population qu’en toute circon­stance ils jouiront de revenus suffisants pour assurer leur subsistance familiale. C’est ainsi seulement, en libérant les travailleurs de l’obsession permanente de la misère, qu’on permettra à tous les hommes et à toutes les femmes de développer pleinement leurs possibilités, leur personnalité, dans toute la mesure compatible avec le régime social en vigueur.

Voilà qui suffit à démontrer l’ampleur du contenu de la notion de sécurité sociale. Celle-ci implique d’abord une organisation économique qui fournisse à tous les hommes et à toutes les femmes en état de travailler une activité rémunératrice. [...]

Il faut, en second lieu, que l’activité ainsi garantie à tous les hommes et à toutes les femmes leur apporte les ressources suffisantes pour satisfaire à leurs besoins personnels et pour couvrir leurs charges familiales. […]

D’autre part, le travailleur ne peut maintenir son activité qu’en conservant sa capacité de travail. Par suite, la sécurité sociale se trouve étroitement liée à tout le problème de l’organisation médicale, au problème des soins d’abord, au problème de la prévention de la maladie et de l’invalidité, au problème de l’hygiène et de la sécurité du travail, au problème de la prévention et de la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Enfin, et c’est le dernier chapitre de la sécurité sociale, il faut parer aux conséquences de la perte possible, par le travailleur, de son activité rémunératrice. [...]

La sécurité sociale est une unité. [...] Quel que soit le but particulier auquel peuvent tendre les diverses institutions, qu’elles aient pour objet de couvrir les charges de la maladie, de fournir des retraites de vieillesse ou des pensions d’invalidité professionnelle, ou d’alléger les charges de familles nombreuses, il s’agit toujours d’opérer un prélèvement sur les revenus de la masse pour couvrir l’insuffisance des ressources de certains.

L’unité de la sécurité sociale n’est à cet égard que l’affirmation d’une solidarité nationale indiscutable. [...] Il s’agit toujours soit de garantir des soins, soit de répartir des revenus.

Enfin et peut-être surtout, l’unité de la sécurité sociale s’affirme sur le plan social. Il s’agit toujours, en effet, d’apporter des moyens d’existence à des familles manquant de ressources, de sauvegarder le capital humain du pays par la prévention de la maladie et de l’invalidité, de permettre à tous les individus de développer au maximum leurs moyens propres.

[...]

L’organisation de la sécurité sociale [...] peut maintenant vous apparaître comme tendant avant tout à regrouper, en un ensemble cohérent et logique, des institutions qui, jusqu’à ce jour, étaient dispersées : assurances sociales, allocations familiales, accidents du travail.

Mais si c’est là le premier résultat de l’organisation nouvelle de la sécurité sociale, il faut y voir, non pas le terme, mais le point de départ de cette organisation. Le but qu’il convient d’atteindre, en effet, c’est de généraliser la sécurité sociale.

[...]

Cette organisation nous fournit ainsi l’instrument de tous les progrès sociaux qui doivent, dans l’avenir, se réaliser, tant il est vrai que le progrès social est une création continue. »

 

Loïc Le Clerc

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Lamentable : le pouvoir manœuvre avec les dirigeants réformistes de tout poil avec ses tentatives de compromis bidon ! Ca ne peut pas marcher car ce serait enterrer les droits acquis et ceux à venir ! Luttons pour le retrait du projet gouvernemental de retraite. C’est notamment pour la jeunesse une nécessité pour garantir une société de solidarité contre une société d’exploitation et de profits pour une infime minorité. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent !

Posté par jacques LAUPIES le 11 janvier 2020

 

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« Avec la réforme des retraites, se jouent notre avenir comme celui de nos relations sociales »

Posté par jacques LAUPIES le 10 janvier 2020

 

« Avec la réforme des retraites, se jouent notre avenir comme celui de nos relations sociales » dans POLITIQUE vjxkr

« Avec la réforme des retraites, se jouent notre avenir comme celui de nos relations sociales »

 

Sur l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites

« L’objectif du gouvernement, c’est de diminuer le niveau des pensions dans les richesses que l’on produit : on n’ira pas au-delà de 14% du produit intérieur brut alloué à nos retraites alors même que l’on sait qu’il va y avoir des besoins en hausse avec un nombre supérieur de retraités à l’avenir. »

« Aujourd’hui, les retraités représentent 25% de la population et seront 27% d’ici 2050. »

« Plafonner les ressources allouées aux retraites alors que le nombre de bénéficiaires augmente conduit à une baisse automatique du niveau des pensions de tout le monde. »

« Le système de retraites par points permet d’ajuster automatiquement le niveau des pensions au niveau d’argent que l’on met dans le système. »

« Ce sera, en théorie, la dernière réforme des retraites : il n’y aura plus de débat démocratique sur l’argent que l’on met dans nos retraites, la façon dont on le répartit, l’âge auquel on part à la retraite… »

 

Sur le soi-disant déficit du régime des retraites

« Il y a un déficit à court terme que le gouvernement a essayé de mettre en scène. Cela été un échec au mois de novembre dernier en commandant au Conseil d’orientation des retraites (COR) un rapport qui devait expliquer que l’on avait une difficulté de financement dans les années à venir – c’est vrai selon le COR, mais c’est le fruit de conventions comptables et ça se discute d’un point de vue économique. »

« Le déficit [du régime des retraites selon le COR] tournerait autour de 30 milliards. »

« Vis-à-vis de ce déficit, le gouvernement dit qu’on ne peut pas démarrer la réforme, c’est-à-dire passer à la retraite par point, en étant en déficit. Il propose donc des mesures d’allongement de la durée du travail pour les gens qui vont partir à la retraite dans les prochaines années. »

« Cette réforme est d’autant plus grave que le gouvernement essaie de faire croire que certains ne seront pas concernés par la réforme. »

 

Sur les pistes pour répondre au soi-disant déficit du régime des retraites identifié par le Conseil d’orientation des retraites

« La première des pistes, c’est discuter du niveau des cotisations que l’on alloue, c’est-à-dire des recettes données au système de retraite, mais aussi d’avoir le débat avec la population. »

« La question qu’il faut se poser, c’est : est-ce que je préfère que mes proches ou mes parents travaillent un an ou deux de plus, ou bien est-ce que je préfère que tout le monde paie un peu plus de cotisations ? »

 

Sur ceux qui seront le plus touchés par la réforme des retraites

« Ce que l’on comprend, c’est que tout le monde sera perdant : le niveau général des retraites de tous va baisser mécaniquement. »

« Le gouvernement essaie de nous dire qu’il y aura des gagnants, les femmes notamment – mais ça, je crois qu’on a tous compris que ça ne pouvait être que faux. »

« Le problème des pseudos gagnants du gouvernement, c’est que l’on ne sait pas qui ils sont dans la mesure où le gouvernement ne fournit aucun chiffre, ni aucune simulation. »

 

Sur la notion de carrière complète

« Le gouvernement a réussi à faire passer l’idée selon laquelle le minimum de pension de 1.000 euros serait accessible à tout le monde alors même qu’on voit très bien, y compris dans leurs écrits, que ces 1.000 euros ne seraient accessibles qu’à ceux qui auront une carrière complète. »

 

Sur la révalorisation salariale au profit des chercheurs et des enseignants

« C’est incroyable qu’il faille arriver à un tel niveau de tensions avec un corps de la fonction publique pour enfin parler de hausses de salaires. »

« Ce que les enseignants disent, c’est : où sont les chiffres ? Montrez-nous les preuves de ce que vous avancez ! »

 

Sur les mobilisations actuelles

« La grève est un vecteur incroyable de mobilisations et de discussions qui permet à chacun de se positionner par rapport aux grévistes qui se battent pour tout le monde. »

« Sur la question des retraites, il y a un clair déni de démocratie de la part du gouvernement. »

« Il y a un problème avec la façon dont le débat est posé dans les médias : c’est un débat beaucoup trop technique ce qui empêche l’implication des gens. »

« Les gens se questionnent évidemment sur ce qui va leur arriver personnellement mais aussi sur le système que cela représente autour d’eux. »

« Pour beaucoup, se poser la question de son avenir ou celui de ses enfants, c’est aussi se poser la question des relations sociales que l’on va avoir entre nous. »

« Si moi, je n’ai pas de retraite stable à l’avenir, ça va changer complètement la relation que j’ai avec mes frères et sœurs, mes parents ou mes enfants parce qu’il faudra que j’essaie de trouver des moyens de subvenir à mes besoins quand je ne pourrai plus travailler. »

 

Sur la retraite par points

« La retraite par points, c’est un changement complet de logique du système de retraite : cela va nous faire passer d’un système à prestations définies, c’est-à-dire que je sais de la prestation dont je vais bénéficier quand je vais arriver à la retraite (un système qui a ses défauts et qu’il faut probablement changé mais qui permet aux gens d’être sécurisé sur leur avenir à la retraite), à un système par cotisations définies. On saura combien on cotise mais pas combien on touchera une fois à la retraite car cela variera en fonction de critères donnés par le gouvernement, à savoir l’espérance de vie d’une génération, l’argent que l’on met dans le système… »

 

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MANIFESTATIONS. UN NOUVEAU ROUND GAGNÉ AU POINT

Vendredi, 10 Janvier, 2020

Les défenseurs du régime de retraite ont frappé fort lors de la journée de mobilisation à l’appel de la CGT, FO, la FSU, la CFE-CGC. Gouvernement et syndicats « réformistes » continuent leur pas de deux sur l’âge pivot.

 

Les émotions s’entremêlent en cette mi-temps des journées de mobilisation nationale et interprofessionnelle de jeudi et samedi. Toujours vaillants, toujours solides, toujours là, les cortèges des opposants au projet de réforme des retraites étaient heureux de se retrouver en si grand nombre dans les rues de France ou au coin de piquets de grève la « non-trêve de Noël » passée, trente-six jours après le début de ce qui est devenu le plus long conflit social de ces cinquante dernières années. Les mobilisés du jour portaient aussi un furieux espoir d’élargissement de la lutte ce samedi, lors d’une cinquième journée interprofessionnelle et nationale, sûrs qu’il en faudrait d’autres encore pour faire dérailler le train fou de l’exécutif.

Pour l’heure, le convoi funèbre roule et le gouvernement n’a rien lâché. S’accrochant à des décomptes de manifestants en baisse, comme à chaque fois depuis la première journée du 5 décembre, il renvoie à la tenue de la réunion de ce vendredi, préparatoire à l’organisation éventuelle de la conférence sur les financements du régime proposée par les organisations syndicales absentes des rues. Un rendez-vous duquel les CGT, FO, FSU, CFE-CGC et les organisations de jeunesse qui appelaient à marcher ce jeudi n’attendent pas grand-chose. « Entre la communication du gouvernement, “on discute, tout est ouvert”, et la réalité, il y a de quoi s’interroger sur la volonté du gouvernement de discuter et de prendre en compte l’avis des organisations syndicales », soulignait Philippe Martinez en tête du cortège. « Soit on écoute, soit on gouverne contre son peuple, c’est ça l’enjeu », relève le leader de la CGT, pour qui « il y a bien deux projets de société qui s’affrontent : le projet individualiste du gouvernement et le projet solidaire des organisations syndicales ».

Non loin de lui, le président de la CFE-CGC déplorait : « Il y a lieu d’être amer de se retrouver là le 9 janvier après 36 jours de conflit, trois grands défilés dans la rue et d’être toujours au même point avec le gouvernement qui s’entête, qui nous balade, qui prétend faire des ouvertures mais n’en fait pas. » Toutes ces gesticulations n’ont qu’un but, selon François Hommeril : «  Diminuer le volume total des pensions dans le PIB. (Il faut que le gouvernement) nous dise la vérité mais qu’il n’habille pas son projet de soi-disant facettes sociales. Tout ça c’est du pipeau, c’est un projet de ­réduction des pensions ».

« L’adhésion, elle est là, elle est là, elle sera encore là demain »

Il y avait donc comme une certitude chez ces leaders syndicaux comme parmi les centaines de milliers de manifestants que ce conflit des retraites devrait finir comme ces matchs de boxe qu’affectionne tant le premier ministre : au dernier round et par K-O ou abandon de l’adversaire. « L’adhésion, elle est là, elle est large, elle sera encore là demain », affirme Yves Veyrier. Le secrétaire général de Force ouvrière note que le gouvernement « a dû reculer, c’est la mobilisation qui l’a fait reculer jusqu’à maintenant. Tous les jours sont des jours charnières, parce que cet enjeu, il est majeur ».

Tous les combattants pour le retrait de la réforme risquent cependant d’être repris par le faux rythme instauré par le pas de deux gouvernement-syndicats dits réformistes autour de la question de l’âge pivot. Jeudi, Laurent Berger avait adouci dans la Charente libre son ultimatum. Il sera bien à la réunion du jour à Matignon même si le gouvernement n’avait pas retiré hier soir ce marqueur politique de son projet de loi. « La CFDT ne déserte pas les discussions, car c’est le meilleur moyen de ne pas se faire entendre », a expliqué le leader cédétiste. Lui et ses homologues de l’Unsa et de la CFTC croient tenir la clé du conflit.

Parmi les mesures évoquées, rien sur l’âge pivot

Un « cocktail de mesures », évoqué aussi par Édouard Philippe, qui ne serait pas l’âge pivot mais en conserverait la couleur et la saveur. Il conjuguerait quelques milliards d’euros de recettes nouvelles (hausse des cotisations sur les revenus supérieurs à 10 000 par mois et quelques milliards récupérés sur la CRDS promise à extinction ou dans des fonds de réserve non captifs) avec quelques milliards d’économies réalisés grâce à un tempo plus soutenu de l’allongement de durée des cotisations tel que contenu dans la dernière réforme Touraine (passage à 43 annuités pour la génération 1973).

La CFDT maintient la pression. Elle a appelé ses adhérents à signer sa pétition « pour obliger le gouvernement à retirer l’âge pivot et améliorer son projet de réforme ! ». 77 000 signatures y ont été apposées en trois jours. Le syndicat leur propose aussi de participer à des rassemblements locaux contre la mesure. Mais pas à ceux organisés dans le même temps et dans le cadre de la cinquième journée de mobilisation interprofessionnelle.

Stéphane Guérard

 

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Difficile de se prononcer sur cette affaire qui pue le monde des affaires au plus haut niveau. Carlos GHOSN s’est évidemment donné le beau rôle ! Si la thèse du complot qu’il développe ne semble pas convaincre tout le monde, y compris le journal l’Humanité, personnellement je ne croirais jamais qu’à ce niveau elle puisse ne pas être vraisemblable. Cela n’enlève rien au fait que nous avons affaire à des contradictions d’intérêts dans la jungle du capitalisme mondial et que les hommes qui y évoluent sont capables des pires vacheries entre eux comme cela peut d’ailleurs se produire en d’autres lieux où les fortunes sont bien moins grandes. Pour remédier à ces règlements de compte c’est tout un système qu’il faut changer et la plaidoirie de ce PDG, exploiteur de haut vol comme bien d’autres révèle qu’un homme privé de liberté bénéficie peu de la présomption d’innocence…Des milliers pour ne pas dire des centaines de milliers voire des millions dans le monde n’ont pas comme lui la possibilité de braver la justice lorsqu’elle les frappe !

Posté par jacques LAUPIES le 10 janvier 2020

 Manif réussie en Arles

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L’ex-pdg de l’alliance Renault-Nissan a justifié sa fuite du Japon car il pensait«	y mourir, il fallait qu’(il) le quitte, car (il) y était otage	». Joseph Eid/AFP

L’ex-pdg de l’alliance Renault-Nissan a justifié sa fuite du Japon car il pensait« y mourir, il fallait qu’(il) le quitte, car (il) y était otage ». Joseph Eid/AFP
 

JUSTICE. GHOSN RESPECTE AUSSI PEU LA VÉRITÉ QUE SES SALARIÉS

Jeudi, 9 Janvier, 2020 

Après s’être présenté comme la victime de traitements inhumains, l’ex-PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a tenté de « blanchir son nom », « laver son honneur ». Il se dit la cible d’un complot ourdi par les Japonais.

 

« C ’est un complot », a affirmé Carlos Ghosn. Mené par Nissan, par les ­Japonais de manière plus globale, car ce serait un peuple ­nationaliste, et par la justice nipponne en particulier. Il accuse même le procureur d’être de mèche avec le siège du constructeur automobile. « Les Japonais se sont dit que la seule façon de se libérer de l’influence de Renault et donc de la France était de se débarrasser de moi », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse tenue mercredi après-midi depuis Beyrouth, où il s’est réfugié après sa fuite rocambolesque du Japon, le Liban n’accordant pas d’extradition ciblant ses nationaux.

Un bel exercice d’enfumage

Carlos Ghosn a projeté derrière lui des « documents », tableurs et contrats, pour montrer que les reproches qui lui sont faits sont infondés. C’était un bel exercice d’enfumage. Concernant par exemple l’accusation d’avoir minimisé ses revenus au Japon, cause de sa première interpellation, il a rétorqué qu’elle portait sur de l’argent qu’il n’avait pas encore touché. Normal, ces 70 millions d’euros, secrètement signés et non déclarés, représentaient sa retraite chapeau. Quant aux 30 millions d’euros de revenus financiers dissimulés entre 2010 et 2015 chez Nissan, pas un mot. Non plus sur les 25 millions de salaires minorés entre 2015 et 2016, car Carlos Ghosn, comme PDG de Nissan, touchait un salaire 7 fois supérieur à celui de son homologue de Toyota, premier constructeur automobile au monde à l’époque, et cela risquait de mal passer dans l’opinion publique japonaise.

L’enfumage s’est poursuivi sur les accusations d’abus de confiance, que l’on qualifierait plutôt dans le droit français d’abus de biens sociaux. Il n’en a évoqué qu’un, arguant que le contrat avait été signé par plusieurs responsables de Nissan. Le fait que ce document soit soupçonné de masquer une rétrocommission pour avoir fait absorber à Nissan les 14 millions d’euros de produits financiers que Carlos Ghosn a perdus lors de la faillite de Lehman Brothers n’a pas été évoqué… L’évasion fiscale de l’ex-PDG, résident fiscal aux Pays-Bas, sur laquelle enquêtent trois magistrats français ? L’emploi fictif présumé qu’il a offert à sa sœur ? « On veut salir ma réputation », a-t-il balayé. Les questions posées par les journalistes, sévèrement ­encadrées par l’agence de communication française Image 7 – celle que Fillon avait embauché pour tenter de sauver sa campagne présidentielle en 2017 –, n’ont pas ­permis d’éclaircir le moindre de ces points.

C’est pour ainsi préparer sa défense, « obtenir justice », selon Carlos Ghosn, qu’il a quitté le Japon. Et pour « fuir les persécutions », où on le traite « comme un terroriste ». Sur un ton ­indigné, l’ex-­patron de Renault et Nissan a ainsi longuement évoqué ses conditions de détention, pendant 130 jours en deux périodes, entre mi-novembre 2018 et fin avril 2019. Ce qu’il décrit comme de « l’isolement », un détenu classique le considérerait comme un privilège, d’être seul dans une cellule aménagée, spacieuse, avec un vrai lit. Il avait droit à 15 minutes de visite par jour, en plus d’un accès illimité à ses avocats. « J’avais l’impression de ne pas être un ­humain. » Il se dit victime de «  traitements contraires aux droits de l’homme » et entend même saisir l’ONU. « J’allais mourir au Japon, il fallait que je le quitte, car j’y étais otage », a-t-il même osé. Le pathos exprimé par le couple Ghosn a frisé sérieusement les limites de la décence. Sa femme ­déclarait ainsi la veille au Parisien qu’après l’évasion, « nous nous sommes rendus au monastère de Saint-Charbel. J’ai vu beaucoup de gens prier, demander de l’aide à Dieu. Je me suis rendu compte que nous n’étions pas les seuls à avoir des problèmes ».

L’ex-PDG a été tout aussi excessif sur ses réussites. « Depuis que je ne suis plus là, l’alliance n’existe plus dans les faits, les ­entreprises prennent des décisions sans aucune synergie, et ne sont plus en croissance », a-t-il affirmé. La CGT Renault en a un tout autre souvenir. « On avait un PDG isolé, qui a mis en place une stratégie exclusivement financière, qui a vidé Renault de ses effectifs, de sa capacité d’innovation et de création, et toutes ces questions passent à la trappe derrière cette affaire d’évasion », déplore Fabien Gâche, délégué syndical central. 

Pierric Marissal

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L’assassinat de Qassem Soleimani et l’assassinat comme politique d’Etat par Bill Van Auken, US Socialist Equality Party

Posté par jacques LAUPIES le 9 janvier 2020

 

L’assassinat de Qassem Soleimani et l’assassinat comme politique d’Etat par Bill Van Auken, US Socialist Equality Party

Samedi 4 janvier 2020, par  auteurs à lire, popularité : 72%

 


La nouvelle année a commencé avec un crime d’état revendiqué par son commanditaire, D.Trump. Al Pacino jouant Le Parrain, est resté tout petit à côté du représentant des intérêts de la finance et des banquiers US, de l’impérialisme US.

Je vous propose un article de Bill van Auken qui décrit bien les tenants et aboutissants de cet acte de gangstérisme international, irresponsable et aventurier qui met en danger la paix mondiale. Les intérêts croisés des puissances qui veulent liquider l’Iran, qu’ils soient les impérialiste US (pas son peuple qui n’y est pour rien) ou les sionistes d’extrême droite israéliens (pas les juifs qui peuvent être anti sionistes), peuvent mettre le M.O. à sang et à feu, une région tout proche de l’Europe et dont les actes de guerre approchent dangereusement. La guerre provoquée par Sarkozy et les récents événements en Libye nous le montrent.

Bonne lecture mais surtout il est grand temps de se mobiliser pour s’opposer à la guerre qui se prépare devant nos yeux. Les aventures franco-germaniques en Afrique, notamment au Mali ne contribuent en rien à la stabilité de la région et mettent encore de l’huile au feu pour défendre les intérêts d’Areva au Niger.

S’opposer aux escalades militaristes, aux assassinats criminels, à la guerre qui se prépare est le devoir de tous les militants et des personnes conscientes.

AQ

Avec l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de sept autres personnes à l’aéroport international de Bagdad aux petites heures du matin vendredi, l’administration Trump a perpétré un acte criminel de terrorisme d’État qui a stupéfié le monde entier.

Le meurtre de sang-froid par Washington d’un général de l’armée iranienne et d’un homme largement décrit comme la deuxième personnalité la plus puissante de Téhéran est incontestablement à la fois un crime de guerre et un acte de guerre direct contre l’Iran.

Il faudra peut-être un certain temps avant que l’Iran ne réagisse à ce massacre. Il ne fait aucun doute que Téhéran réagira, en fait, surtout face à l’indignation du public au sujet du meurtre d’une figure qui avait un grand nombre de partisans.

Mais l’Iran consacrera sans doute beaucoup plus d’attention à sa réponse que Washington n’en a accordé à son action criminelle. Le Conseil national de sécurité du pays s’est réuni vendredi et, selon toute probabilité, les responsables iraniens discuteront du meurtre de Soleimani avec Moscou, Pékin et, plus probablement qu’autrement, avec l’Europe.

Les responsables américains et les médias corporatifs semblent presque vouloir des représailles immédiates pour leurs propres fins, mais les Iraniens ont de nombreuses options.

C’est un fait politique que l’assassinat de Soleimani a effectivement déclenché une guerre des États-Unis contre l’Iran, un pays quatre fois plus grand et avec plus du double de la population de l’Irak. Une telle guerre menacerait de propager le conflit armé dans la région et, en fait, dans le monde entier, avec des conséquences incalculables.

Ce crime, motivé par le désespoir croissant des Etats-Unis face à leur position au Moyen-Orient et la crise interne croissante au sein de l’administration Trump, est stupéfiant par son degré d’insouciance et d’anarchie. Le recours par les États-Unis à un acte aussi odieux témoigne du fait qu’ils n’ont atteint aucun des objectifs stratégiques qui ont conduit aux invasions de l’Irak en 1991 et 2003.

Le meurtre de Soleimani est l’aboutissement d’un long processus de criminalisation de la politique étrangère américaine. Les ’ assassinats ciblés ’, un terme introduit dans le lexique de la politique impérialiste mondiale par Israël, ont été utilisés par l’impérialisme américain contre des terroristes présumés dans des pays s’étendant de l’Asie du Sud au Moyen-Orient et à l’Afrique au cours de près de deux décennies. Il est toutefois sans précédent que le président des États-Unis ordonne et revendique publiquement le meurtre d’un haut fonctionnaire en visite légale et ouverte dans un pays tiers.

Soleimani, le chef de la Force Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran, n’était pas un Oussama ben Laden ou un Abou Bakr al-Baghdadi. Au contraire, il a joué un rôle central dans la défaite des forces d’Al-Qaïda et de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie (EI), que ces deux figures, toutes deux assassinées par les escadrons de la mort des opérations spéciales américaines, avaient dirigées.

Des centaines de milliers de personnes ont rempli les rues de Téhéran et des villes à travers l’Iran vendredi pour pleurer et protester contre le meurtre de Soleimani, qui était considéré comme une icône du nationalisme iranien et de la résistance aux attaques de l’impérialisme américain sur le pays depuis des décennies.

En Irak, l’attaque du drone américain a été fermement condamnée comme une violation de la souveraineté du pays et du droit international. Parmi ses victimes, on compte non seulement Soleimani, mais aussi Abu Mahdi al-Muhandis, le commandant en second des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, la coalition de 100 000 milices chiites qui est considérée comme faisant partie des forces armées du pays.

Cette réponse tourne en dérision les déclarations ignorantes et malhonnêtes de Trump et de ses conseillers. Le président américain, s’exprimant depuis son lieu de villégiature de Mar-a-Lago en Floride, s’est vanté d’avoir ’tué le terroriste numéro un dans le monde’. Il a poursuivi en affirmant que ’Soleimani complotait des attaques imminentes et sinistres contre des diplomates et des militaires américains, mais nous l’avons pris sur le fait et nous l’avons tué’.

Trump a accusé le général iranien de ’perpétrer des actes de terreur pour déstabiliser le Moyen-Orient depuis 20 ans’. Il a déclaré : ’ Ce que les États-Unis ont fait hier aurait dû être fait il y a longtemps. Beaucoup de vies auraient été sauvées.’

Qui le président américain pense-t-il tromper avec sa rhétorique mafieuse ? Les 20 dernières années ont vu le Moyen-Orient dévasté par une série d’interventions impérialistes américaines. L’invasion américaine illégale de l’Irak en 2003, basée sur des mensonges concernant les ’ armes de destruction massive ’, a coûté la vie à plus d’un million de personnes, tout en décimant ce qui avait été l’une des sociétés les plus avancées du monde arabe.

Avec la guerre de dix-huit ans menée par Washington en Afghanistan et les guerres de changement de régime lancées en Libye et en Syrie, l’impérialisme américain a déclenché une crise régionale qui a tué des millions de personnes et forcé des dizaines de millions à fuir leurs foyers.

Soleimani, que Trump a accusé d’avoir ’ fait de la mort de personnes innocentes sa passion malade ’ – une description appropriée de lui-même – s’est levé à la tête de l’armée iranienne pendant la guerre Iran-Irak qui a duré huit ans et qui a coûté la vie à environ un million d’Iraniens.

Il s’est fait connaître de l’appareil militaire, de renseignement et diplomatique américain en 2001, lorsque Téhéran a fourni des renseignements à Washington pour l’aider à envahir l’Afghanistan. Au cours de la guerre américaine en Irak, les responsables américains ont mené des négociations indirectes avec Soleimani alors même que sa Quds Force apportait son aide aux milices chiites qui résistaient à l’occupation américaine. Il a joué un rôle central dans le choix des politiciens chiites irakiens qui ont dirigé les régimes installés sous l’occupation américaine.

Soleimani a ensuite joué un rôle de premier plan dans l’organisation de la défaite des milices liées à Al-Qaïda qui se sont déchaînées contre le gouvernement de Bachar al-Assad dans la guerre orchestrée par la CIA pour le changement de régime en Syrie, puis dans le ralliement des milices chiites pour vaincre la progéniture d’Al-Qaïda, ISIS, après qu’elle eut envahi environ un tiers de l’Irak, en mettant en déroute les forces de sécurité formées par les États-Unis.

Qualifier un tel personnage de ’ terroriste ’ signifie seulement que tout fonctionnaire ou commandant militaire d’un État, n’importe où dans le monde, qui coupe à travers les intérêts de Washington et des banques et sociétés américaines, peut être étiqueté comme tel et être ciblé pour un meurtre. L’attaque de l’aéroport de Bagdad montre que les règles d’engagement ont changé. Toutes les ’ lignes rouges ’ ont été franchies. À l’avenir, la cible pourrait être un général ou même un président en Russie, en Chine ou, en fait, dans n’importe quelle capitale des anciens alliés de Washington.

Après cet assassinat célébré publiquement – ouvertement revendiqué par un président américain sans même un semblant de déni – y a-t-il un chef d’État ou une figure militaire éminente dans le monde qui puisse rencontrer des responsables américains sans avoir à l’esprit que si les choses ne vont pas bien, il pourrait lui aussi être assassiné ?

L’assassinat du général Soleimani à Bagdad a été comparé par Die Zeit, l’un des journaux allemands de référence, à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche en 1914. Comme dans le cas précédent, il a déclaré : ’Le monde entier retient son souffle et attend anxieusement ce qui pourrait arriver.’

Cet acte criminel comporte la menace d’une guerre mondiale et d’une répression dictatoriale à l’intérieur des frontières des États-Unis. Il n’y a aucune raison de croire qu’un gouvernement qui a adopté le meurtre comme instrument de politique étrangère s’abstiendra d’utiliser les mêmes méthodes contre ses ennemis intérieurs.

L’assassinat de Soleimani est une expression de la crise extrême et du désespoir d’un système capitaliste qui menace de jeter l’humanité dans l’abîme.

La réponse à ce danger réside dans la croissance internationale de la lutte des classes. Le début de la troisième décennie du 21e siècle est témoin non seulement de la poussée vers la guerre, mais aussi de la montée en puissance de millions de travailleurs à travers le Moyen-Orient, l’Europe, les États-Unis, l’Amérique latine, l’Asie et tous les coins du monde dans la lutte contre l’inégalité sociale et les attaques contre les droits sociaux et démocratiques fondamentaux.

C’est la seule force sociale sur laquelle peut se fonder une véritable opposition à la campagne de guerre des élites capitalistes au pouvoir. La réponse nécessaire au danger de guerre impérialiste est d’unifier ces luttes croissantes de la classe ouvrière par la construction d’un mouvement anti-guerre socialiste, international et uni.

 

Bill Van Auken

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