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PIETRASZEWSKI, DE LA CASSE DU CODE DU TRAVAIL À CELLE DES RETRAITES

Posté par jacques LAUPIES le 27 décembre 2019

 

Le nouveau membre du gouvernement a fourbi ses armes dans la grande distribution. éric Tschaen/Réa

Le nouveau membre du gouvernement a fourbi ses armes dans la grande distribution. éric Tschaen/Réa
 

PIETRASZEWSKI, DE LA CASSE DU CODE DU TRAVAIL À CELLE DES RETRAITES

Jeudi, 19 Décembre, 2019

Nommé secrétaire d’État aux Retraites pour porter la réforme suite à la démission de Delevoye, l’ex-DRH d’Auchan s’est déjà illustré en tant que rapporteur des ordonnances Pénicaud.

 

C’est le nouveau « monsieur Retraites » du gouvernement. Laurent Pietraszewski a été nommé, hier, secrétaire d’État chargé des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. En plein mouvement social, le député LaREM du Nord se retrouve propulsé en première ligne suite à la démission de Jean-Paul Delevoye. Ce poids lourd de la majorité est cependant loin d’être un inconnu à l’Assemblée nationale. « Il s’agit du meilleur choix pour succéder à Jean-Paul Delevoye », assurent en chœur les députés de la majorité, tant les deux partagent la même vision et les mêmes arguments destinés à saper les retraites des Français. Celui qui chapeaute la trentaine de députés LaREM « ambassadeurs » de la réforme les a sélectionnés de concert avec Delevoye. « C’est lui qui les a en grande partie formés, lui qui nous donne le tempo et les éléments de langage. C’est un véritable VRP de la réforme qui la défend inlassablement sur le terrain en participant à des réunions publiques dans tout le pays », précise un élu LaREM. Représentant de l’Assemblée nationale au sein du Conseil d’orientation des retraites, Laurent Pietraszewski était également pressenti pour devenir rapporteur de la réforme des retraites à l’Assemblée. Sous le feu des projecteurs uniquement dans l’Hémicycle, il le sera désormais sous ceux du pays tout entier.

 

Préposé aux opérations banzaï

« Il a déjà été rapporteur des ordonnances Pénicaud sur le Code du travail. Force est de constater qu’on lui confie les opérations banzaï et qu’il est préposé à la casse sociale. C’est dommage car il s’agit d’un adversaire respectueux. Mais s’attaquer au Code du travail et aux retraites, ça fait beaucoup : si la réforme des retraites va au bout, il sera comptable de deux des pires lois du quinquen nat », mesure Pierre Dharréville. Le député PCF affronte régulièrement Pietraszewski en commission des Affaires sociales. Et il a déjà croisé le fer avec lui sur l’avenir des retraites lors d’un débat organisé pendant la Fête de l’Humanité 2018. Le nouveau secrétaire d’État garantit alors que « la valeur du point ne baissera pas, car elle n’a baissé nulle part ». Mais il botte clairement en touche sur le scénario retenu en cas de baisse des ressources ou du PIB, à savoir une baisse des pensions, comme c’est arrivé dans les autres pays ayant adopté une réforme similaire.

L’ancien député du Nord, élu en 2017, jure que le gouvernement « apportera justice et résoudra les inégalités ». De telles promesses n’engagent que ceux qui y croient. En tant que rapporteur des ordonnances Pénicaud en 2017, Laurent Pietraszewski avait affirmé que « nul ne souhaite qu’une entreprise qui réalise un bénéfice puisse en même temps licencier en toute impunité des salariés pour des raisons d’opportunité financière ». C’est pourtant exactement le projet dans lequel des grands groupes largement bénéficiaires se sont lancés sitôt les ordonnances validées, dont Carrefour ou… Auchan. Entreprise dans laquelle Laurent Pietraszewski a été cadre dès 1990, au sein du département des ressources humaines. En 2002, comme le racontait notre journal en 2017, le nouveau membre du gouvernement met à pied, à titre conservatoire, une salariée syndiquée à la CFDT pour une « erreur de commande de 80 centimes d’euro et un pain au chocolat cramé donné à une personne », se rappelle Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT.

Sa déclaration à la HATVP sera scrutée

« Une décision violente et démesurée, même en admettant que la faute a été commise, ce qui n’a jamais été prouvé », ajoute le syndicaliste, qui se souvient que sa collègue « avait été convoquée au commissariat et placée en garde à vue ». « Mon rôle a été d’examiner des éléments objectifs. Après avoir sollicité l’inspection du travail, j’ai pris cette décision. La collaboratrice ne l’a pas contesté aux prud’hommes », assumait auprès de l’Humanité l’ancien député, qui a récemment quitté Auchan. Dans sa dernière déclaration d’intérêts, Laurent Pietraszewski fait état d’une rémunération de 71 872 euros entre août et septembre 2019 issue du groupe appartenant à la richissime famille Mulliez. À quel titre ? Auchan a expliqué qu’il s’agissait d’une « indemnité de licenciement économique » effectué en 2019, alors que l’intéressé était en « congé sabbatique » depuis 2017 suite à son élection.

Ce qui n’empêche pas René Dosière d’estimer qu’il y a trop peu de « renseignements sur les activités que monsieur Pietraszewski a pu exercer durant les cinq années précédant son élection ». Et l’ancien parlementaire spécialiste des finances publiques d’ajouter que « sa déclaration mériterait d’être un peu plus précise. Il va d’ailleurs être amené à en faire une en tant que ministre ». Toute erreur sera à n’en pas douter scrutée, Jean-Paul Delevoye ayant dû quitter le gouvernement après avoir dissimulé plusieurs conflits d’intérêts le concernant.

En attendant, Laurent Pietraszewski est entré hier dans le vif du sujet, dialoguant d’emblée avec les syndicats, dont la CGT, FO et… la CFDT, cette fois-ci avec son secrétaire général, Laurent Berger, que le gouvernement espère ramener dans son camp. Celui qui a déjà cassé l’universalité du Code du travail « au profit d’autant de “régimes spéciaux” qu’il y a d’entreprises est donc chargé de la mise en place d’un régime universel des retraites ! Chapeau ! » a ironisé, hier, l’élu FI Adrien Quatennens. Au sujet des manifestations géantes en cours, le nouveau secrétaire d’État confiait récemment à l’Humanité « Si c’est de l’inquiétude sur le niveau des pensions et l’âge de départ à la retraite, je peux l’entendre. Mais si c’est refuser l’universalité, l’égalité et la solidarité, ça je ne peux pas l’accepter. » Du Delevoye dans le texte.

Aurélien Soucheyre
 

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