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Inacceptable…

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2019

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A voir…

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2019

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Le manque de prise en compte des besoins et des droits des enfants est sans doute l’un des plus grand scandale de notre société qui se voit cependant considérée comme celle des droits de l’homme. Si dans notre ville par exemple nous accueillons beaucoup d’enfant issus de l’immigration ils rejoignent souvent le camp des oubliés du bien être social qui d’ailleurs sont issus de familles modestes et point nécessairement « nouveaux arrivants » Et si pour beaucoup, être scolarisé en France est un avantage par rapport à ce qui se passe dans le monde, il y a la possibilité de faire beaucoup mieux. Nous serons attentifs aux propositions des candidats aux municipales notamment en matière de vacances, de voyages pour les enfants et la jeunesse en général !

Posté par jacques LAUPIES le 20 novembre 2019

 

Filles ou garçons, «	en France, beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à l’éducation. Sans domicile fixe, il n’y a pas d’inscription possible à l’école	». Denis/Réa<br /><br /><br /><br />

Filles ou garçons, « en France, beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à l’éducation. Sans domicile fixe, il n’y a pas d’inscription possible à l’école ». Denis/Réa
 

ANNIVERSAIRE. « DES ÊTRES HUMAINS À PART ENTIÈRE »

Mercredi, 20 Novembre, 2019

La Convention internationale des droits de l’enfant souffle ses 30 bougies. Le point avec les acteurs de terrain Catherine Chabrun et Jean Le Gal. Entretien.

 

Le 20 novembre 1989 était adoptée par l’Organisation des Nations unies la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide), qui couronnait un long processus juridique de reconnaissance de l’enfant comme citoyen en formation. Depuis, 195 États ont ratifié ce traité international qui fait accéder les enfants aux droits de l’homme en formulant le principe d’un intérêt supérieur de l’enfant. Un comité des droits de l’enfant, rattaché au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, en évalue l’application. Catherine Chabrun, figure du mouvement pédagogique Célestin Freinet, et Jean Le Gal, docteur en sciences de l’éducation, ancien instituteur en classes coopératives et coauteur de Démocratiser les relations éducatives (Chronique Sociale), reviennent sur l’actualité et les défis de cette convention.

Trente ans après l’adoption de la Cide, quelle est l’actualité des droits de l’enfant ?

Catherine Chabrun Les droits de l’enfant dans le monde restent encore peu effectifs pour un grand nombre d’enfants. Pour beaucoup, c’est tout simplement le droit de vivre dans des conditions décentes qui n’est pas respecté, et donc le droit à l’enfance qui leur est confisqué. Les conflits, les exploitations économiques, les dérèglements climatiques augmentent les situations de pauvreté partout dans le monde et ce sont les enfants les premières victimes. Les droits essentiels (santé, logement, alimentation, ­sécurité, éducation, environnement) leur sont inaccessibles, et même dans les pays dits « développés ». La France ne fait pas exception. La convention adoptée le 20 novembre 1989 par les États membres des Nations unies définit les droits fondamentaux des enfants de la naissance à 18 ans et veille à ce que les États coopèrent pour assurer son application. Sa philosophie est double : offrir une meilleure vie à tous les enfants et les reconnaître comme des êtres humains à part entière ayant pouvoir sur leur vie. Elle est aussi politique car elle articule les exigences d’émancipation et les besoins de protection de l’enfant. Le problème essentiel est l’ignorance de la convention tant par les adultes que par les enfants. Comment les droits de l’homme pourront-ils devenir effectifs si les enfants, les adultes de demain, ignorent leurs droits ?

Quelles sont les principales difficultés auxquelles sont confrontés aujourd’hui les enfants en France ?

Catherine Chabrun En France, trente ans après l’adoption de la Cide, nombre de droits ne sont toujours pas appliqués correctement à tous les enfants. Trois millions d’enfants vivent en situation de pauvreté et, parmi eux, 11 % ont moins de 10 ans. Beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à l’éducation, comme ils n’ont pas de domicile fixe, il n’y a pas d’inscription possible à l’école. C’est le cas des enfants roms et de migrants dont les camps sont régulièrement détruits. C’est également le cas des enfants des familles placées en hôtel social. Quant aux vacances et aux activités culturelles et de loisirs, très peu peuvent y participer. L’accès à la santé est inégal selon les lieux de vie. Il est soumis à la situation sociale de chaque enfant : dans les familles précaires, les dents cariées sont moins soignées, la vue et l’ouïe sont moins suivies. Quant aux activités humaines, elles agissent sur l’environnement et se répercutent directement sur la santé des enfants. Ainsi, 3 enfants sur 4 respirent un air toxique en France. Et, pour ceux qui s’écartent du droit chemin, le droit d’être jugé comme un enfant et non comme un adulte n’est guère appliqué. Ils sont mis en détention provisoire et soumis à des mesures répressives dans des lieux fermés, ainsi la prévention et l’éducation sont mises de côté. Le droit de participer et de donner son avis n’est guère connu, pourtant les enfants sont des citoyens et des citoyennes à part entière, dotés de véritables compétences d’usage et d’expérience.

L’État français a-t-il déjà été condamné pour non-respect de cette convention ?

Catherine Chabrun Tous les cinq ans, la France rend compte au Comité des droits de l’enfant des Nations unies de ses actions en faveur de la Cide. Les ultimes observations sur le dernier rapport après quelques objets de satisfaction comme la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République en juillet 2013 ou la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif. La France n’est pas condamnée, mais elle priée de s’améliorer… et de redoubler d’efforts pour comprendre, prévenir et combattre les causes profondes des mauvais traitements d’enfants. Le Comité lui conseille plusieurs pistes. Ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes. II lui rappelle ses recommandations antérieures. Interdire expressément les châtiments corporels dans tous les contextes, y compris dans la famille, à l’école, dans les structures de garde d’enfants. Éradiquer la pauvreté des enfants et allouer les ressources nécessaires aux programmes visant à soutenir les enfants et les familles les plus démunis. Veiller à ce que toutes les dispositions de la convention soient applicables sur l’ensemble de son territoire. Poursuivre ses efforts pour élaborer et mettre en œuvre, après consultation des enfants et de la société civile, une politique globale pour l’enfance, en prêtant une attention particulière aux disparités croissantes. Rendre obligatoire la sensibilisation à la convention à l’école, de veiller à ce que les enseignants soient correctement formés et de diffuser le texte de la convention très largement.

En juillet, les sénateurs ont adopté la proposition de loi ­relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires. Cette « interdiction de la fessée » va-t-elle dans le bon sens ?

Jean Le Gal L’enfant a droit au respect de sa dignité d’être humain. Les droits de l’enfant sont imprescriptibles dans la famille comme dans tous les autres lieux qui l’accueillent. Dès la fin du XIXe siècle, une loi sur « la répression des violences, voies de fait, actes de cruauté et attentats commis contre les enfants » a remis en cause le droit de correction sans limites du père de famille. L’interdiction des violences éducatives ordinaires, adoptée déjà par de nombreux pays, complète la protection de l’enfant. Cependant, il serait nécessaire d’informer tous les parents sur les moyens de mettre en place une discipline éducative coéducative.

L’article 12 de la Cide stipule « le droit d’exprimer librement son opinion ». S’agit-il d’introduire dans le cercle familial cette éducation du citoyen en formation qu’est l’enfant ?

Jean Le Gal La participation démocratique des enfants aux décisions est, aujourd’hui, un droit qui concerne les familles, comme toutes les structures qui l’accueillent. En France, la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale stipule que « les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent selon son âge et son degré de maturité ». Associer l’enfant aux décisions implique que soient mis en place des espaces où, avec les autres membres de la famille, il puisse exprimer son point de vue dans une ambiance de respect, de liberté et d’écoute. C’est là l’objet des ateliers de démocratie familiale que j’ai créés à Nantes, en 2002. Les parents guident l’enfant dans l’exercice de ses droits, lui apprennent le respect des limites et des obligations, en s’appuyant sur le développement progressif de ses capacités. La famille devient le premier lieu d’éducation à une citoyenneté participative.

Quelle place et quelles limites ont ces droits de l’enfant dans le cadre scolaire français ?

Jean Le Gal En 1992, le Conseil national des programmes avait proposé que, dès le cycle des apprentissages fondamentaux, la Cide soit étudiée. La participation devenait le critère de la citoyenneté scolaire. Depuis, nous réclamons, en vain, que les droits-libertés des enfants soient inscrits dans les règlements intérieurs, que la convention soit affichée dans les établissements scolaires, que les enseignants soient formés pour accompagner les enfants dès leur plus jeune âge dans l’exercice de leur droit de participation démocratique, les conseils coopératifs en étant un moyen bien connu. Dans le cadre de l’apprentissage par les enfants de la liberté et de la responsabilité, des écoles prévoient leur libre circulation hors des classes, pour des activités pédagogiques et pour aller aux toilettes… à leurs risques et périls car les ministres successifs refusent de modifier la réglementation de surveillance.

Le 20 novembre, une trentaine d’associations demanderont à Emmanuel Macron de mettre en œuvre des solutions concrètes pour mieux appliquer cette Cide en France. Lesquelles vous semblent-elles les plus pertinentes ?

Catherine Chabrun À l’initiative de SOS Village d’enfants, trente-cinq organisations se sont réunies dans une dynamique, « De la Convention aux actes ». Tout au long de l’année 2019, elles ont rédigé ensemble douze actes pour engager les décideurs politiques autour de huit thématiques : protection, justice, précarité, éducation, participation, gouvernance, environnement et santé. Ils seront remis le 20 novembre au soir au Théâtre du Merveilleux, Paris 12e. Voici trois solutions concrètes sur l’éducation. La première est de mettre en place un observatoire national de la non-scolarisation, décliné dans chaque territoire (y compris en outre-mer où ce dispositif avait initialement été mis en place), permettant d’engager les acteurs concernés à identifier et repérer les enfants – pour la plupart invisibles aux statistiques officielles –, à produire des données chiffrées et à mettre en œuvre des solutions à leurs situations d’exclusion. La deuxième consiste à s’assurer que chaque jeune a une affectation scolaire sans délai dans un établissement de droit commun après une évaluation des acquis et cesser de conditionner le passage des tests et/ou l’affectation à un jugement de placement par l’aide sociale à l’enfance. La troisième vise à reconnaître et favoriser la médiation éducative en associant les parents autant que possible pour lever les obstacles existants entre les familles et l’école, et ainsi rendre celle-ci accessible aux enfants les plus éloignés de l’école. Nous proposons de préparer et former les professionnels à mettre en œuvre la participation des enfants au sens porté par la convention, en appuyant leurs interventions sur des pédagogies positives et coopératives. Il s’agit aussi de garantir la possibilité pour tout enfant d’être représenté en justice par un avocat ou accompagné par un administrateur ad hoc afin que sa parole et son intérêt supérieur soient réellement pris en compte, en allouant des moyens suffisants pour l’effectivité de ces mesures.

Voir les sites delaconventionauxactes.org et entendsmoi.defenseurdesdroits.fr
Entretien réalisé par Nicolas Mathey

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ACCIDENT. LE DRAME DE MIREPOIX  REMET LA SÉCURITÉ DES PONTS EN QUESTION

Posté par jacques LAUPIES le 18 novembre 2019

 

 

à cet endroit, le Tarn est large de 100 mètres et surtout profond de 20 mètres, avec un courant puissant rendant les recherches difficiles. Éric Cabanis/AFP<br />

à cet endroit, le Tarn est large de 100 mètres et surtout profond de 20 mètres, avec un courant puissant rendant les recherches difficiles. Éric Cabanis/AFP
 

ACCIDENT. LE DRAME DE MIREPOIX  REMET LA SÉCURITÉ DES PONTS EN QUESTION

Mardi, 19 Novembre, 2019

L’effondrement du pont sur le Tarn, lundi matin, a fait deux morts et un disparu. Un bilan qui aurait pu être encore plus lourd et qui remet en lumière l’insuffisance des moyens consacrés à l’entretien de ces ouvrages.

 

« Sécurité des ponts : éviter un drame. » Tel était le titre du rapport sur la sécurité des ponts en France rendu fin juin par une mission d’information sénatoriale, consécutivement à l’effondrement du pont Morandi à Gênes (Italie), qui avait fait 43 morts et 16 blessés, en août 2018. Hier matin, à Mirepoix, le drame n’a pas été évité : le pont suspendu, qui permet de franchir le Tarn au sud de cette commune de Haute-Garonne, s’est effondré à 8 heures du matin, dans un fracas de métal et de béton. Le bilan, hier en fin d’après-midi, s’établissait à deux morts et cinq blessés « en urgence relative », dont deux pompiers et des témoins ayant tenté de porter secours aux victimes.

L’ouvrage avait été construit en 1931, au même moment que plusieurs autres ponts sur le Tarn, après qu’en 1930 une crue de la rivière avait endommagé les ouvrages existants. C’est le passage d’un semi- remorque porte-char, transportant une foreuse, qui aurait déclenché la catastrophe, alors qu’il était engagé sur cet ouvrage interdit aux véhicules de plus de 19 tonnes. Le corps du conducteur de cet ensemble, qui selon France Bleu Occitanie dépassait 44 tonnes, a été retrouvé hier soir. Le camion appartenait à une entreprise locale, qui aurait été perquisitionnée dans la journée. Dans l’autre sens de circulation, se trouvait une Renault Clio blanche conduite par une mère de famille avec à bord sa fille de 15 ans. Cette dernière est décédée, sa mère ayant « pu surnager et être sauvée par des témoins », selon les informations diffusées par le procureur de la République de Toulouse. Un éventuel troisième véhicule, dont la présence n’a pas été confirmée, était toujours recherché hier après-midi, portant le risque de voir le bilan du drame s’alourdir encore. À cet endroit, le Tarn est large de 100 mètres et surtout profond de 20 mètres, avec un courant puissant rendant les recherches difficiles.

Ce pont était un axe de circulation majeur emprunté quotidiennement

La catastrophe aurait pu être bien plus grave puisque, selon plusieurs témoins, au moins un car de ramassage scolaire venait de franchir le pont juste avant que celui-ci s’effondre. De nombreux habitants de Mirepoix se disaient d’ailleurs « sous le choc », hier, ce pont sur la RD 71 étant un axe de circulation majeur, emprunté au quotidien par de nombreuses personnes pour gagner la rive gauche de la rivière, en direction de Toulouse.

Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre des Transports, et Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, se sont rendus sur place lundi après-midi. Les services du ministère des Transports ont indiqué que le lancement d’une enquête sur l’accident a été d’ores et déjà demandé au Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT). Depuis Dakar où il est en visite, le premier ministre, Édouard Philippe, a de son côté précisé qu’une enquête judiciaire doit également être ouverte et que, en fonction des informations dont il disposait, « la solidité technique (du pont) n’était en rien en cause »…

La dernière inspection détaillée a eu lieu en 2017

De fait, l’ouvrage, appartenant au conseil départemental de Haute-Garonne, avait subi une grosse opération de rénovation en 2003. Il faisait l’objet, selon le conseil départemental,  d’« une inspection détaillée tous les six ans, effectuée par un organisme externe, le Cerema » (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), un établissement public. La dernière a eu lieu en 2017 et « ne relevait aucun problème de structure sur l’ouvrage ». À ce dispositif s’ajoutait, chaque année, une inspection visuelle réalisée par les propres services du département.

Difficile toutefois de ne pas mettre ce drame en rapport avec le constat de la mission sénatoriale évoqué au début de cet article : « Au moins 25 000 ponts sont en mauvais état structurel et posent des problèmes de sécurité », écrivaient les sénateurs. « Nous demandions un plan Marshall pour les ponts », rappelle la sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis, Éliane Assassi, membre de la mission. Principale proposition : la création d’un fonds d’aide aux collectivités territoriales doté de 130 millions d’euros par an sur dix ans – l’équivalent du fonds consacré aux tunnels, qui doit prendre fin en 2021. Cela paraît indispensable : à titre d’exemple, le conseil départemental de Haute-Garonne « investit chaque année 4 millions d’euros pour l’entretien et la rénovation » de ses… 1 841 ponts. Soit à peine 2 200 euros par pont.

Olivier Chartrain

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Macron, un Président qui a à apprendre du peuple, interpellé par le Président du groupe des Députés communistes !

Posté par jacques LAUPIES le 17 novembre 2019

Un Député communiste interpelle le Président de la République à propos de l’étudiant immolé par le feu ! Dans le contexte actuel que traverse notre pays cela évidemment n’a rien de surprenant et s’avère, rendu public, plus que nécessaire. Comment en effet rester sans réaction forte devant la situation à laquelle est confrontée la jeunesse. Que ce soit dans des familles aisées ou ce qui le cas du plus grand nombre dans des familles modestes, voire très pauvre les jeunes paient moralement autant que physiquement très cher une politique d’éducation indigne de notre pays. Nous ne sommes pas en Afrique bien que le problème de fond soit le même : un système  capitaliste qui recherche le profit immédiat sans se soucier des vrais et essentiels besoins des peuples, de ceux qui travaillent, de ceux qui étudient, de ceux qui devraient se reposer et se soigner en toute sécurité !

 

Photo : Bertrand Guay/AFP

Photo : Bertrand Guay/AFP

OUI, MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, LA PRÉCARITÉ TUE !

Vendredi, 15 Novembre, 2019

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. PAR ANDRÉ CHASSAIGNE, DÉPUTÉ PCF DU PUY-DE-DÔME, PRÉSIDENT DU GROUPE GDR. 

 

 » C’est avec émotion que je m’adresse à vous, Monsieur le Président, avec l’espoir que vous serez sensible à cet appel. Émotion, mais aussi colère, à la suite du drame vécu par un enfant de la République dans notre France de 2019. Anas, étudiant de 22 ans à Lyon, s’est immolé aux portes d’un restaurant universitaire. Brûlé à 90 %, ce jeune homme est toujours « entre la vie et la mort ».

Vous me connaissez suffisamment, Monsieur le Président, pour savoir qu’en exprimant ma colère je ne me livre pas à quelque instrumentalisation politicienne de cette terrible tragédie. Mais vous en conviendrez, ce drame ne relève ni du fait divers, ni de la fatalité. Au-delà de raisons intimes impénétrables, il s’agit d’un cri d’alarme générationnel dont la résonance est foncièrement politique. C’est l’étudiant lui-même qui le reconnaît dans un message qu’il a posté avant son acte de désespoir. C’est la dégradation de ses conditions de vie et sa situation de jeune précaire qui l’ont plongé dans l’abîme. Et c’est explicitement qu’il souligne la responsabilité du gouvernement et de tous ceux qui nous ont engagés sur la voie de la régression sociale.

Vous devez entendre cette parole, Monsieur le Président. L’appel à la dignité et à la solidarité lancé par notre jeunesse mérite mieux que votre aveuglement. Votre silence inexplicable pendant près d’une semaine pourrait être interprété comme une marque d’indifférence. A moins que ce ne soit, pour reprendre Albert Camus dans « l’Homme révolté , « la sécrétion en vase clos d’une impuissance prolongée » ? Au cœur du mouvement des « gilets jaunes », n’aviez-vous pas déclaré ne pas sentir « une colère profonde » dans le pays ?

La jeunesse est l’une des principales victimes de la violence sociale de votre politique. En témoigne votre décision, à peine arrivé au pouvoir, de baisser l’aide personnalisée au logement de 5 euros par mois (soit 60 euros par an, ce qui n’est pas rien pour un étudiant !). Parallèlement, vous avez également marqué l’ouverture de votre quinquennat par la suppression de l’ISF : une suppression à la fois symbolique et symptomatique. Symbolique, elle a été le péché originel de votre présidence, qui a fait de vous « le président des riches ». Symptomatique, elle a éclairé votre conception de l’équité et de la solidarité nationale, au détriment de nos jeunes concitoyens qui en payent le prix fort.

À défaut de « ruissellement », votre politique en faveur des plus riches a produit des résultats implacables pour les plus vulnérables : les jeunes pauvres et précaires sont de plus en plus nombreux, y compris parmi les étudiants, avec pour eux de lourdes conséquences et des injustices intolérables dans la continuation de leurs études. Concrètement, l’appauvrissement des conditions de vie des étudiants et la multiplication des emplois précaires de jeunes pèsent lourdement sur leur capacité à payer leurs factures, leur loyer et leurs besoins élémentaires.

Une dégradation des conditions de vie qui n’affecte pas que les plus jeunes : nos anciens, eux aussi, sont frappés de plein fouet par la cherté de la vie et la baisse continue de leur retraite.

Je le redis, Monsieur le Président, vous devez entendre cette réalité. Et il n’est pas trop tard ! Rappelons-nous qu’en Tunisie, l’immolation de Mohammed Bouazizi, qui avait préféré « mourir plutôt que vivre dans la misère », fut l’événement catalyseur du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de Ben Ali. Aujourd’hui, partout dans le monde, du Chili au Liban, les peuples s’élèvent contre l’injustice et les inégalités sociales produites par les politiques néolibérales menées par des élites coupées des réalités.

En France, le mouvement des gilets jaunes n’est pas éteint : ses racines profondes sont toujours au cœur de votre action. Cette histoire n’est pas terminée. Elle est toujours vivante et anime les forces vives de notre nation qui en appellent aujourd’hui au retour de nos valeurs fondamentales de justice et d’égalité.

Monsieur le Président, écoutez notre peuple, changez de politique avant qu’il ne soit trop tard… ou l’Histoire vous jugera coupable de non-assistance à peuple en danger.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les meilleurs. »

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