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TÉLÉVISION. « L’UTILISATION DE LA TORTURE “PROPRE” N’A PAS ÉTÉ IMPROVISÉE PAR LA CIA »

Posté par jacques LAUPIES le 26 novembre 2019

 

Pendant leur quête absurde et effrénée de la recette du «	lavage de cerveau	», les Américains découvrent deux méthodes fondamentales de la torture moderne, compilées en 1963 par la CIA dans un manuel d’interrogatoire destiné à ses hommes. Silverwell Films/Getty Images<br />

Pendant leur quête absurde et effrénée de la recette du « lavage de cerveau », les Américains découvrent deux méthodes fondamentales de la torture moderne, compilées en 1963 par la CIA dans un manuel d’interrogatoire destiné à ses hommes. Silverwell Films/Getty Images
 

TÉLÉVISION. « L’UTILISATION DE LA TORTURE “PROPRE” N’A PAS ÉTÉ IMPROVISÉE PAR LA CIA »

Mardi, 26 Novembre, 2019

Des bourreaux aux mains propres Arte, 22 h 30
La journaliste et réalisatrice Auberi Edler signe un film remarquable et terrible sur des techniques d’interrogatoire destructrices utilisées par l’armée et les services secrets américains, mais qui ne laissent pas de traces physiques. Entretien.

 

Comment ce documentaire est-il né ?

Auberi Edler L’idée a germé à la fin de l’année 2015, après Charlie, après le Bataclan. Les conversations que j’entendais, l’enthousiasme à l’instauration de l’état d’urgence m’ont rappelé ce que j’avais vécu à New York en septembre 2001. D’une manière semblable, à l’effroi avaient succédé la colère puis la haine et le besoin de vengeance. Des réactions compréhensibles mais qui révélaient aussi la fragilité de nos démocraties. Quel prix notre société était-elle prête à payer pour se sentir en sécurité ? Quelles valeurs fondamentales démocratiques étions-nous prêts à sacrifier dans la lutte contre le terrorisme ?

J’ai alors cherché à comprendre comment l’Amérique de George Bush en était arrivée à Abou Ghraib, à Guantanamo, pour ne citer, hélas, que ces deux exemples. Et j’ai découvert que l’utilisation de la « torture propre », comme on appelle ces techniques d’interrogatoire renforcées, car elles ne laissent pas de traces physiques mais sont tout aussi destructrices et cruelles, n’avait pas été improvisée par l’armée américaine ou les interrogateurs de la CIA. Bien au contraire ! Elles étaient issues d’une longue recherche née dans l’Amérique de l’après-guerre, dès le début de la guerre froide.

C’est l’époque des procès-spectacles dans l’URSS de Staline et de leurs cortèges d’aveux sur commande. Les Américains sont alors persuadés que les Soviétiques ont trouvé la recette du « lavage de cerveau ». Pendant une décennie, ils vont se lancer dans une recherche effrénée, financée par la CIA, à laquelle vont collaborer les plus prestigieuses universités nord-américaines. Personne n’a jamais trouvé le moyen de reprogrammer le cerveau humain, mais de cette quête absurde, les États-Unis vont découvrir les deux piliers de la torture propre : les privations sensorielles et la torture auto-infligée (on oblige un prisonnier à rester debout ou dans une position qui ne permet aucun repos, aucun mouvement. Très vite la tension sur les muscles, les articulations devient intolérable).

Ces deux méthodes fondamentales de la torture moderne sont compilées en 1963 par la CIA dans un manuel d’interrogatoire destiné à ses hommes et à des armées alliées. Et ce sont celles qui seront utilisées à partir de 2001. Il n’y avait pas d’improvisation dans la guerre de l’après-11 Septembre. La CIA, puis l’armée américaine ont utilisé des méthodes de torture propre testées et approuvées plus de quarante années plus tôt. C’est un constat terrible, plus terrible encore si on souligne que cette recherche commence quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, après les procès de Nuremberg et celui des médecins nazis.

L’enquête que vous avez menée a-t-elle été aisée ou, au contraire, avez-vous rencontré des difficultés, notamment pour recueillir des témoignages ?

Auberi Edler Non, et c’est l’un des paradoxes des États-Unis. Chercheurs, historiens, activistes ont écrit, continuent de parler de la mise au point et de l’utilisation de ces techniques de torture que je refuse d’appeler psychologique. Car, si elle est conçue pour ne pas laisser de traces physiques, on sait qu’elle détruit l’âme humaine. Le plus ardu pour moi a été de retisser ces cinquante années d’histoire américaine ; il a été difficile aussi de convaincre les témoins, victimes ou tortionnaires. Souvent, c’est le trauma mais aussi la honte qui les faisaient hésiter car, et c’est un point essentiel à mes yeux, la torture propre est une arme terrible pour nos sociétés. Bien sûr, elle est dévastatrice pour ceux qui en sont les victimes, mais elle est aussi épouvantable pour beaucoup de ceux qui l’ont infligée.

Ce sujet est-il connu des Américains ?

Auberi Edler Non. Bien sûr, et depuis récemment d’ailleurs, des séries populaires ont retracé certains pans des recherches financées par la CIA, comme son utilisation du LSD par exemple. Depuis les scandales d’Abou Ghraib, Guantanamo, certains savent qu’aujourd’hui encore, dans des prisons ou dans des centres de rétention aux États-Unis, la privation sensorielle, l’isolement, etc., restent utilisés. Mais l’histoire complète de cette recherche froidement étudiée et, depuis, de son application, reste inconnue.

Qu’est-ce que cela révèle du système politique des États-Unis ?

Auberi Edler Cela révèle une nation qui a bâti une grande partie de son histoire sur la brutalité. On peut citer l’esclavage, avec déjà l’idée de punir sans laisser de traces ; un esclave abîmé physiquement par les coups et le fouet perdait de sa valeur marchande. Mais, au-delà des États-Unis, ce long travail m’a convaincue que cette réflexion sur l’usage de la torture propre concerne toutes les démocraties au monde. Et le débat n’existe pas ! Sait-on comment l’armée française pratique ses interrogatoires en Syrie ou au Mali ? Mais, et c’est crucial, le public veut-il même le savoir ? Pendant ces quatre années passées sur ce documentaire, la question qui m’a animée et qui reste posée est : dans quelle démocratie souhaitons-nous vraiment vivre ?

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

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Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, expose la réforme alternative des communistes. Il demande au gouvernement de l’examiner et invite la gauche à en discuter le 11 décembre.

Posté par jacques LAUPIES le 25 novembre 2019

 

 

 

 

Ce que propose Fabien Roussel, c’est «	un nouveau modèle économique, respectueux des salariés et de la planète grâce à une modulation des cotisations	». Lahcène Abib<br />

Ce que propose Fabien Roussel, c’est « un nouveau modèle économique, respectueux des salariés et de la planète grâce à une modulation des cotisations ». Lahcène Abib
 

CONTRE-PROJET. « UN SYSTÈME DE RETRAITES RÉVOLUTIONNAIRE »

Lundi, 25 Novembre, 2019

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, expose la réforme alternative des communistes. Il demande au gouvernement de l’examiner et invite la gauche à en discuter le 11 décembre.

 

Vous appelez à la mobilisation du 5 décembre, quels sont vos griefs contre la réforme des retraites du gouvernement ?

Fabien Roussel De la dizaine de réformes conduites en trente ans, celle-là est certainement la pire. Elle casse complètement le système de solidarité et impliquera pour tous de travailler plus. Avec ce système où le montant des pensions ne serait pas défini à l’avance puisque la valeur du point pourrait varier d’une année sur l’autre, le gouvernement veut nous pousser à souscrire à des retraites par capitalisation. C’est le cœur de cette réforme : casser notre modèle pour orienter les Français vers des assurances privées.

Vous organisez un meeting à Saint-Denis le 11 décembre avec l’objectif de ne pas en rester à la contestation de cette réforme. Pourquoi un contre-projet vous paraît-il indispensable ?

Fabien Roussel On ne peut pas en rester au statu quo quand un tiers des retraités ont une pension inférieure à 1 000 euros et qu’en moyenne les pensions correspondent à 50-55 % du dernier salaire. Le 11 décembre, nous proposons d’en discuter avec les forces syndicales et politiques de gauche et écologistes pour voir tout ce que nous avons en commun et pouvoir dire « si demain nous sommes au gouvernement voilà ce à quoi nous nous engageons ». Adrien Quatennens, de la France insoumise, Olivier Faure, du PS, les écologistes nous ont déjà assurés de leur présence comme des organisations syndicales. Nous attendons d’autres confirmations. Nous, PCF, mettons sur la table notre propre réforme des retraites et demandons au gouvernement de l’étudier.

Votre Conseil national a validé ce week-end votre projet de réforme. Vous proposez un régime « unifié » et plus simple, quels droits ouvrirait-il pour tous ?

Fabien Roussel Le gouvernement martèle que l’existence de 42 régimes crée des injustices. Mais ceux qui subissent l’injustice sont ceux qui n’ont pas un régime leur permettant de partir à 55 ans quand les travaux sont pénibles ou à 60 ans avec une pension suffisante et garantie. Nous voulons, nous, un régime unifié par le haut. La France produit suffisamment de richesses pour cela.

Comment proposez-vous de pérenniser le système par répartition alors que la durée de vie augmente ?

Fabien Roussel Le gouvernement ne cesse de répéter que nous sommes passés de 4 actifs pour 1 retraité à 2 pour 1. Or, dans le même temps, entre 1960 et 2000, le PIB a été multiplié par 4. Selon les projections disponibles, la production de richesses doublera presque d’ici à 2040. Pour pérenniser le système solidaire par répartition, il faut augmenter la part de richesses que nous y consacrons. Le gouvernement veut plafonner ce financement à 14 % du PIB, nous pensons qu’il faut le porter à 17 %. Mais, outre la répartition des richesses, il faut changer leur mode de production. Le système de retraites que nous proposons, par son financement, est révolutionnaire. Il permet non seulement de répondre à l’allongement de la durée de la vie mais propose un nouveau modèle économique respectueux des salariés et de la planète grâce à une modulation des cotisations.

Comment fonctionnerait un tel système ?

Fabien Roussel Les aides publiques sans contrepartie, comme le Cice et toutes les exonérations de cotisations, qui nous coûtent 66 milliards par an, seraient supprimées pour que les cotisations financent bel et bien le système de retraites. Celles-ci seraient alourdies pour les entreprises qui délocalisent, embauchent des intérimaires au lieu de CDI, ne forment pas leurs salariés ou ne respectent pas les objectifs environnementaux. Au contraire, celles qui répondent aux objectifs écologiques et sociaux cotiseraient normalement mais seraient accompagnées dans leurs investissements par des prêts à taux 0 %. Nous estimons qu’en cinq ans 50 à 70 milliards d’euros peuvent ainsi être apportés au financement de notre système de retraites. Mais c’est aussi l’un des leviers pour changer notre modèle économique : Emmanuel Macron a fait la leçon aux ouvriers de Whirlpool à Amiens vendredi, c’est indécent, alors qu’il a fait la preuve de l’incapacité du capitalisme à répondre à l’impératif social et écologique de la relocalisation de la production.

Quels autres leviers de financement défendez-vous ?

Fabien Roussel Les revenus financiers – 298,8 milliards d’euros en 2018 – doivent contribuer au même taux que les cotisations employeurs, soit 10,45 %. L’égalité salariale femmes-hommes apporterait 6 milliards d’euros à la caisse des retraites : avec une loi contraignante, l’objectif peut être atteint en deux ans. Enfin, il y a la hausse des salaires. Nous demandons au premier ministre d’organiser une conférence sociale salariale pour qu’à la date du 1er janvier le Smic augmente de 20 %. C’est réparer une injustice, et apporter de nouvelles ressources pour les retraites. À ce sujet, on ne peut que se réjouir de voir que d’autres forces, y compris des députés de la majorité, trouvent désormais légitime une meilleure répartition de la richesse créée en faveur du travail.

Ce rendez-vous du 11 décembre est-il pour vous la première pierre d’un rassemblement appelé à dépasser la question des retraites ?

Fabien Roussel Ma première préoccupation est d’essayer d’unifier le monde du travail, que le gouvernement fait tout pour diviser, comme avec le débat sur l’immigration ces dernières semaines. Salariés du public « privilégiés » contre ceux du privé, usagers du train contre cheminots, ceux qui touchent le Smic contre allocataires du RSA, travailleurs contre chômeurs… Nous subissons tous en réalité les mêmes maux, ceux d’un régime capitaliste qui pompe nos richesses. Le rôle du Parti communiste doit être de ressouder la classe de ceux qui vivent de leur travail, de l’université à la retraite. Évidemment, si nous sommes plusieurs à gauche à dire que c’est possible, nous serons plus audibles.

La gauche peut-elle y travailler de concert dans un contexte où pour les élections municipales elle se présente souvent en ordre dispersé ?

Fabien Roussel Dans 90 % des cas nous sommes unis avec d’autres forces de gauche et écologistes. Nous faisons tout pour élargir ces rassemblements sur la base de projets locaux décidés avec les habitants. L’union est notre ambition, c’est compliqué, c’est aussi un combat. Les discussions se poursuivent mais je regrette que des forces politiques qui ont déjà en ligne de mire la présidentielle ne fassent pas le choix du rassemblement aux élections municipales.

Emmanuel Macron et Édouard Philippe essaient ces derniers jours de déminer le terrain, comme avec le plan Buzyn. Alors que les luttes sociales ont eu ces dernières années du mal à obtenir gain de cause, est-on à un point de bascule du quinquennat ?

Fabien Roussel C’est possible. Sur l’hôpital, le gouvernement ne prend toujours pas la mesure des difficultés et n’y répond que partiellement en tentant de diviser les soignants pour qu’ils n’appellent pas à manifester le 5 décembre. C’est petit, méprisant, et sans doute le signe de leurs craintes. Sur les retraites, pour désamorcer la mobilisation, il prétend ouvrir la discussion mais uniquement sur la base de son système par points : il n’y a pas de dialogue. Au-delà des seules retraites, la vie chère mine le moral des ménages et plombe leur porte-monnaie. Le 5 décembre, ce sont aussi ces questions qui sont à l’ordre du jour. D’ailleurs, les gilets jaunes appellent à manifester. Quant à la gauche, sa responsabilité est immense. Dans une société si fracturée, l’insurrection peut être chaotique. Faute d’offrir une perspective progressiste, c’est l’extrême droite, le fascisme, qui peut être perçue comme l’alternative. À nous, forces de gauche, de travailler main dans la main avec les syndicats, les citoyennes et citoyens qui se mobilisent pour gagner de nouvelles avancées sociales dignes de notre siècle.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

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Assurément il faut faire des propositions pour plus d’égalité et de solidarité mais cela soit se faire par le haut et non au détriment des meilleurs systèmes pour une soi disant égalité par le bas

Posté par jacques LAUPIES le 24 novembre 2019

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RETRAITES LE PCF ANNONCE UN MEETING UNITAIRE

Vendredi, 22 Novembre, 2019

Fabien Roussel a annoncé la tenue d’« un grand meeting avec les forces de gauche » contre la réforme des retraites, le 11 décembre

 

Fabien Roussel a annoncé la tenue d’« un grand meeting avec les forces de gauche » contre la réforme des retraites, le 11 décembre, à la bourse du travail de Saint-Denis. Du Parti socialiste à la France insoumise, en passant par Génération.s, ou Europe Écologie-les Verts… tous les partis de gauche ont répondu présent. Après la mobilisation du 5 décembre, à laquelle le PCF appelle à participer, son secrétaire national mise aussi sur l’alternative au projet de Jean-Paul Delevoye. « Nous nous opposons à la réforme des retraites mais nous ne voulons pas de statut quo. Nous allons écouter les représentants syndicaux et répondre à leurs attentes », a-t-il expliqué ce jeudi sur RTL. « Les forces de gauche et syndicales sont invitées à mettre sur la table leurs propositions pour construire un système de retraites juste et solidaire », a également précisé Ian Brossat, le porte-parole du PCF, qui doit valider son contre-projet lors de son conseil national ce week-end. J. H.

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CFDT en doute ? Ceci explique cela !

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2019

Comme cela s’est souvent produit en France le  syndicalisme réformiste trouve dans la CFDT son fidèle adepte. Privilégiant le compromis avec l’adversaire de classe cette organisation a toujours une distance avec les luttes, les caricaturant comme si a terme les luttes excluaient le compromis. Rien de plus faux car les luttes ne sont comme elles le démontrent actuellement que le seul moyens d’établir un rapport de force permettant les compromis positifs pour les différentes catégorie de lutte. Alors que sans elles pouvoir et patronat imposent généralement la mise en cause des droits acquis.

Cette réalité n’échappe pas; sans aucun doute, à la base CFDT et en conséquence secoue ses Directions. Ceci explique cela !

 

Ce jeudi, le secrétaire général de la confédération espérait encore obtenir un compromis avec le gouvernement. A. Morrissard/IP3<br /><br /><br /><br />

Ce jeudi, le secrétaire général de la confédération espérait encore obtenir un compromis avec le gouvernement. A. Morrissard/IP3
 

SYNDICATS. RETRAITES : LA CFDT SUR LA CORDE RAIDE

Vendredi, 22 Novembre, 2019

Laurent Berger a appelé ce jeudi le gouvernement à sortir de ses ambiguïtés sur la réforme à venir. Mais, en réaffirmant son soutien à un régime par points, le secrétaire général a mis en lumière les contradictions de la confédération.

 

Faire corps pour affronter la tempête. C’est la position qu’a choisie, ce jeudi, le bureau national au gouvernail de la CFDT en publiant une déclaration « adoptée à l’unanimité », demandant au gouvernement de clarifier ses positions sur la réforme des retraites. Le jour même où le Conseil d’orientation des retraites (COR) rendait officiellement son rapport commandé par le gouvernement, estimant entre 8 et 17 milliards d’euros le montant des économies à réaliser pour revenir à l’équilibre budgétaire d’ici à 2025, avec toute une gamme de potions amères pour y parvenir (voir notre édition de mercredi), l’instance de décision confédérale a décidé de muscler son jeu.

Dénonçant ce document comme une « construction politique due aux choix faits notamment par ce gouvernement de diminuer les ressources du régime », Laurent Berger a appelé l’exécutif à « faire œuvre de clarté. Veut-il une réforme budgétaire ? La CFDT s’y oppose. Ou veut-il une réforme de justice sociale, de fond, créant un système plus lisible, plus solide, plus solidaire entre travailleurs du public et du privé, et entre générations (…) » ? Rappelant que le syndicat soutenait depuis 2010 la mise en place d’un régime universel par points censé gommer les inégalités produites par l’actuel système et apporter de nouveaux droits, le secrétaire général s’est dit prêt à aller « jusqu’au bout des discussions avec le gouvernement, sinon on n’a aucune chance d’influer ».

Tour de vis budgétaire

Loin de rejoindre la mobilisation du 5 décembre, le syndicat réformiste répondra donc présent lundi et mardi prochains à l’invitation du premier ministre. La ligne suivie ne varie pas. Mais Laurent Berger admet à demi-mot qu’elle prend de plus en plus des airs de corde raide. « On ne veut pas être dans une situation où il n’y ait que deux choix. Soit celui d’une réforme paramétrique, avec l’idée de faire travailler plus les travailleurs, que portent le patronat et certains au gouvernement. Et l’autre, soutenue par ceux qui font croire que le système est parfait et qu’il n’est pas inégalitaire. » Ce positionnement est d’autant plus précaire que le gouvernement a durci ses positions ces derniers jours, accréditant le scénario d’un tour de vis budgétaire au régime actuel, avant la mise en place de la version réformée.

Ce jeudi matin, Édouard Philippe a enfoncé le clou, demandant aux syndicats : « Considérez-vous que l’équilibre, c’est pas grave, on (verra) plus tard, nos enfants se débrouilleront ? Ou considérez-vous qu’il y a un vrai sujet et, dans ce cas-là, comment le règle-t-on ? » Si, comble de hasard, les syndicats cochent la seconde case, le premier ministre est prêt à leur fournir tout un tas de modes d’action purement comptables contenus dans le rapport du COR : « Voyons avec les partenaires sociaux s’ils préfèrent des solutions sur la durée, sur l’âge légal, sur l’âge pivot, sur l’âge d’équilibre. On a un petit peu de temps. »

Seule à faire mine de croire qu’un compromis constructif est encore à portée de main, la CFDT se trouve de plus affaiblie par la décision de sa fédération des cheminots de déposer un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre, jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Il s’agit certes d’un moyen de pression pour obtenir le maintien du régime spécial des cheminots jusqu’à extinction de ce même statut, prévue par la réforme ferroviaire. Mais, voir une de ses composantes soutenir la « clause du grand-père » glissée dans le débat par Emmanuel Macron, alors même que Laurent Berger s’est dit contre cette mesure qui « repousserait une réforme de justice et d’équité aux calendes grecques », ajoute à la confusion.

« La direction de la CFDT est dans une contradiction, analysait mercredi Pierre Khalfa, de la Fondation Copernic. Elle soutient l’idée d’une réforme systémique, à condition qu’elle bénéficie aux salariés. Mais il est maintenant évident que cette réforme ne va pas bénéficier aux salariés. De plus, elle est opposée aux mesures dites paramétriques. Mais il est aussi évident que l’exécutif s’y prépare. Elle doit réfléchir sur le fait qu’elle est en train de se faire rouler dans la farine par le gouvernement. » 

« L’exécutif doit faire œuvre de clarté. Veut-il une réforme budgétaire ? »

Laurent Berger CFDT

Stéphane Guérard

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Coup d’Etat fasciste en Bolivie : réaction de Fabien Roussel Communiqué de presse du PCF

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2019

Coup d’Etat fasciste en Bolivie : réaction de Fabien Roussel Communiqué de presse du PCF

Lundi 11 novembre 2019, par  lepcf.fr, popularité : 59%

 

La Bolivie vit ce soir des heures dramatiques. Le président Evo Morales a démissionné pour éviter, comme il l’a déclaré, « un bain de sang ».

Les événements des derniers jours en Bolivie relèvent d’un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale.

Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains a refusé sa défaite, puis l’invitation au dialogue et enfin la convocation de nouvelles élections. Elle n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes, tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes.

Les violences ne relèvent pas de la spontanéité. Des groupes paramilitaires y font régner la terreur : élues tondues, battues, incendies de domiciles de partisans de Morales, y compris celui de sa sœur, chasse aux indigènes.

Face au déchainement, Evo Morales a cru devoir se retirer. Existait-il une autre solution ?

Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’Etat depuis les années 1960 et jusqu’à l’élection d’Evo Morales en 2005, entre dictatures, violations des droits surtout des indigènes, inflation, corruption, trafics de drogue et refuge de chefs nazis comme Adolf Eichmann et Josef Mengele, une porte s’est ouverte avec Evo Morales vers la démocratie et le mieux vivre pour les plus pauvres. Insupportable pour les plus riches, intolérable pour ceux qui ont largement bénéficié du développement économique (5% de croissance) et qui ne veulent pas partager.

Et pourtant. La prospérité économique et la refondation démocratique du pays doivent être mises au compte de la politique menée depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales avec un processus de récupération des richesses naturelles au profit de conquêtes sociales en matière de santé et d’éducation et d’une vaste modernisation économique.
Je veux exprimer ce soir mon souhait que les violences cessent en Bolivie et que la vie et la dignité de tous soient respectées.

Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, Député du Nord.

Paris, le 11 novembre 2019.

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