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Lisez l’Huma…

Posté par jacques LAUPIES le 4 juillet 2019

 

 

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L’Europe prisonnière du libéralisme…

Posté par jacques LAUPIES le 3 juillet 2019

 

 

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UNION EUROPÉENNE. GUEULE DE BOIS DÉMOCRATIQUE AU PARLEMENT EUROPÉEN

Jeudi, 4 Juillet, 2019

Les députés européens ont élu le président de l’institution, mais sans pouvoir s’écarter vraiment de la feuille de route fixée par les chefs d’État. Ce début de mandat calamiteux hérisse dans les rangs de la gauche et des écologistes.

 

Strasbourg (Bas-Rhin), envoyé spécial.

Les premiers rôles ont été décidés sans eux, attribués en dehors d’eux. Après plusieurs jours de discussions en tout petit comité, et loin des regards des citoyens, ce sont les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne qui ont fini par s’entendre sur le casting pour les postes clés dans les institutions européennes (lire leurs portraits ci-contre) : l’Allemande Ursula von der Leyen, ministre de la Défense dans le gouvernement Merkel, à la tête de la Commission ; Charles Michel, le premier ministre libéral belge, à la présidence du Conseil ; un ex-président du Parlement européen, le socialiste espagnol Josep Borrell, en tant que haut représentant pour les Affaires étrangères et Christine Lagarde, qui passera du Fonds monétaire international (FMI) à la Banque centrale européenne (BCE). Une victoire sur toute la ligne pour les conceptions ordo-libérales de l’Europe et pour les droites qui en sont les gardiennes du temple…

Au Parlement, le cœur n’y est pas vraiment

Dans toute cette affaire, les eurodéputés n’auront pas vraiment eu leur mot à dire, au fond. Alors, au Parlement, le cœur n’y est pas vraiment. Tout juste les sociaux-démocrates ont-ils pris la liberté de changer leur propre candidat à la présidence de l’institution : les chefs d’État avaient choisi pour eux le socialiste bulgare Sergei Stanishev. Mais, en début d’après-midi, hier, malgré un discours de candidature passablement creux, c’est son collègue italien David Sassoli qui a été élu président du Parlement européen, au deuxième tour de scrutin. Quelques heures plus tôt, il avait raté d’une poignée de voix l’élection dès le premier tour, en l’absence de concurrents émanant des groupes parlementaires de la droite conservatrice (PPE) et des libéraux (Renew). Le vote était à bulletins secrets, mais, avec 345 voix, Sassoli a manifestement bénéficié des apports de députés appartenant à la CDU d’Angela Merkel, à LaREM d’Emmanuel Macron et de la plupart de leurs collègues.

Avec 160 voix, le candidat des souverainistes de droite, le Tchèque Jan Zahradil, a engrangé, en plus de celles de son groupe, les voix de l’extrême droite et une dizaine d’autres venant du groupe PPE. L’écologiste allemande Ska Keller et la communiste espagnole Sira Rego ont rassemblé au-delà des strictes limites de leurs groupes : 119 voix pour la première et 43 pour la seconde.

Au-delà de ces résultats salués dans l’hémicycle sans le moindre enthousiasme – les seuls éclats de la séance se sont produits quand Sira Rego a salué la capitaine Carola Rackete et appelé à en finir avec la « criminalisation » de la solidarité, provoquant des huées de l’extrême droite, vite ensevelies par un tonnerre d’applaudissements de la gauche et des écologistes –, l’élection à la présidence du Parlement européen ressemble à la queue de comète d’un jeu antidémocratique de bout en bout. Et, au Parlement européen, les dénégations appuyées, au point d’en devenir grossières, renforcent encore ce sentiment. « C’est un vote autonome et libre », promet Antonio Tajani, avant d’abandonner le perchoir. « Je ne suis pas l’homme du Conseil, mais celui du Parlement », renchérit Sassoli. Signe qui ne trompe pas : quand Dacian Ciolos, chef de file du groupe Renew, dans lequel siègent les macronistes, affirme que « ce ne sont pas les négociations de coulisses qui doivent décider », il se fait chahuter copieusement par les Verts et la GUE-NGL, en particulier, pour ce flagrant double discours.

Les écologistes et les sociaux-démocrates renâclent bruyamment

Mais cet épisode piteux pourrait, en fait, être difficile à digérer chez les Verts et, dans une moindre mesure, le centre gauche. Le PPE et Renew font profil bas, pour l’heure, car Ursula von der Leyen, leur candidate à la présidence de la Commission, doit encore être approuvée par le Parlement à la mi-juillet. En plus de l’opposition déjà acquise explicitement de la GUE-NGL, les écologistes et les sociaux-démocrates renâclent bruyamment. « Nous soutenons toujours l’idée que ce poste doit revenir à un spitzenkandidat (une figure transnationale représentant son courant politique aux européennes – NDLR) », prévient Ska Keller.

Théoriquement associés à la perspective d’une très grande coalition avec les conservateurs, les libéraux et les sociaux-démocrates – dont le programme de législature est toujours en discussions –, les écologistes, bernés dans la procédure actuelle et privés de postes clés, commencent à maugréer, alors que certains d’entre eux constataient, à l’heure où ces lignes étaient écrites, un boycott par leurs « partenaires » de droite, qui préféraient voter pour un candidat du parti de Viktor Orban plutôt que pour leurs candidats aux postes de vice-présidents du Parlement. Les contradictions éclatent, comme le pressentait dès mardi soir l’eurodéputé Emmanuel Maurel, passé des rangs socialistes à ceux de la GUE. « Il y a des positions différentes dans cette très grande coalition, relève-t-il. Comment vont-ils tenir ensemble sur le libre-échange et sur l’accord avec le Mercosur, par exemple ? »

Thomas Lemahieu

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Lisez l’Huma…

Posté par jacques LAUPIES le 3 juillet 2019

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L’auteure de cet article que j’ai rencontré une seule fois et dont les propos ne m’avaient pas particulièrement emballé tant ils marquaient une attitude sectaire vient de publier un article qui cependant évoque une certaine manière de voir ce que devrait-être selon elle la stratégie du PCF ! Une conception non dénuée d’intérêt me semble-t-il

Posté par jacques LAUPIES le 2 juillet 2019

 

Comment je vois les perspectives politiques immédiates et à plus long terme

Jeudi 27 juin 2019, par  Danielle Bleitrach, popularité : 69%

Je vais tenter de vous dire avec simplicité quelles seraient mes priorités dans la situation actuelle : si j’intervenais dans les débats de ma section en espérant que ma parole soit prise en compte, ce que la conférence de section du congrès m’a démontré être parfaitement illusoire, mais j’ai de la patience et j’attendrais que les conditions d’une vie démocratique existent. Pour moi, il ne saurait y avoir de perspective de transformation sans l’existence d’un parti communiste en capacité de développer l’initiative populaire, c’est le sens de toutes mes préoccupations parce qu’il y a urgence.

L'auteure de cet article que j'ai rencontré une seule fois et dont les propos ne m'avaient pas particulièrement emballé tant ils marquaient une attitude sectaire vient de publier un article qui cependant évoque une certaine manière de voir ce que devrait-être selon elle la stratégie du PCF ! Une conception non dénuée d'intérêt me semble-t-il dans POLITIQUE

A- Les élections municipales devant nous

- Ne pas limiter la question des municipales à des déclarations générales sur la « nécessité » de l’Union de la gauche, ces proclamations sont totalement contreproductives, il y a le dire et il y a le faire. Il y a des enjeux plus essentiels, d’abord d’effectivement construire une participation des citoyens aux décisions au plus près des problèmes, d’avoir un programme qui corresponde à cette capacité d’initiative citoyenne, y compris sur la possibilité de nouveaux modes de vie, comme le choix des ressources locales en matière d’approvisionnement, mais aussi d’intervention sur des questions d’intérêt national en terme de mobilisation, l’exemple type étant le rôle du rail et des diverses privatisations, la défense de la santé et de l’éducation en terme de services publics.

De ce point de vue, le rassemblement a un sens plus encore que les étiquettes politiques, je pense que dans le parti, un large consensus existe là dessus et donc que tout le monde est d’accord pour dire que la priorité est le programme et il faut avancer en ce sens en tenant compte des terrains.

- Néanmoins, il s’agit d’élections politiques et les étiquettes, à commencer par celles du PCF, comptent parce qu’elle sont la garantie de l’application ou non du programme et elles permettent de remettre en cause au plus près des citoyens les carcans que la constitution de la Vème, les diktats de l’UE autant que la politique du capital imposent.

De ce point de vue, les élections municipales devraient empêcher le couple infernal de La République en marche et du Rassemblement national de s’implanter à la base. Plutôt que parler d’union de la gauche, d’union des partis au sommet, il faudrait voir partout comment on peut empêcher cette double implantation qui nous enfermera toujours plus dans une absence d’alternative, un discours sur l’union de la gauche risque de les renforcer.

- Comment pleinement jouer notre rôle de communistes ? Pour nous communistes l’essentiel n’est pas d’avoir un strapontin où nous serions ligotés par l’appartenance à une majorité qui ne respecte pas ses engagements et d’être dénué de pouvoir, mais d’obtenir des points d’appui, des mairies et dans les grandes villes des mairies de secteur sur lesquelles nous pourrions effectivement donner la pleine mesure de notre investissement avec la garantie de voir le programme appliqué. Par exemple sur Marseille, ma priorité serait que, s’il existe une liste correspondant à gauche à tout ce que je viens d’énumérer, nous privilégions l’exigence d’une mairie de secteur ; c’est le même cas à Paris et dans d’autres grandes villes. Nous ne devons pas sous-estimer ce que nous représentons.

Y compris dans ce combat des municipales, qui n’est pas le plus favorable pour avancer dans notre reconquête de l’autonomie de notre parti et ce que nous avons commencé aux Européennes grâce à la très belle campagne de Iann Brossat, ne serait-ce que parce que dans une élection de ce type on ne refait pas le terrain mais on l’utilise tel qu’il est et qu’effectivement le fait de devoir empêcher l’implantation du couple infernal Le Pen-Macron nous conduit à des compromis. Mais il faut aussi et ce que j’observe montre que c’est effectivement ce qui se met en place dans bien des lieux que le parti ne renonce pas à cette parole singulière du PCF, de ce point de vue on avance, il faut pousser plus loin.

B- Construire l’autonomie du PCF pendant et en dehors des élections

- Pour cela il faut que la direction nationale de notre parti sache se dégager du terrain des élections immédiates pour défendre l’originalité de sa politique et de sa propre reconstruction organisationnelle. Il ne doit pas y avoir un conseil national qui ne pose pas l’état du parti en priorité.

Mais ce n’est pas seulement l’organisation, la formation des militants qu’il faille reconstruire mais bien ce qui fonde son existence, ses buts, ses moyens, sa stratégie. A ce titre j’apprécierai particulièrement que nous marquions notre originalité nationale en intervenant à travers notre secrétaire en particulier sur plusieurs grandes questions :

1) L’international, sous l’angle de la paix en particulier, mais aussi de combats avec les partis frères contre les répressions anti-communistes en particulier en Europe, de ce point de vue il y a un très grand déficit. Lutter contre le négationnisme, la monstrueuse équivalence entre socialisme et nazisme, la négation en général de l’apport du socialisme. Il est incroyable, alors que se met en place un affrontement entre les États-Unis et la Chine, qui va bien au-delà de ce face à face puisque c’est la fin du système issu de la seconde guerre mondiale qui est en train d’être remis en cause avec de nouveaux rapports sud-sud, l’Eurasie et les dangers de guerre, que nous ayons encore des camarades qui se contentent de dénoncer le capitalisme en Chine sans mesurer ce fait : le socialisme dans une société assez développée, très avancée technologiquement, qui forme chaque année 60.000 ingénieurs, où la population a cru de 500 millions (1949) à 1350 millions (2019), qui mangent à leur faim, où la population urbaine est majoritaire, où le sol est propriété de l’Etat, où il est nécessaire, voire indispensable de planifier pour gouverner un territoire de 8 millions de km2 comme les USA mais 4 fois plus peuplé… et qui est contraint de prendre en considération, sauf à être gouverné par des irresponsables, le fait que les États-Unis l’ont déclaré adversaire stratégique et agissent en conséquence. Allons nous sur cette question comme toutes les autres suivre des gens qui sont d’autant plus idéalistes face aux communistes, peuples et individus qui résistent, qu’ils se coulent dans la politique de l’impérialisme et du capital.

2) Sur le climat et l’écologie, montrer que l’urgence de cette bataille pour la planète passe aussi par une autre conception de la justice sociale, que l’écologie non pas « punitive » en général, mais injuste et inefficace dont les mesures tendent toujours à déboucher sur des taxes supplémentaires pour la grande masse alors qu’elles génèrent des superprofits pour les autres sans que ces mesures apportent la moindre solution au contraire. Il est clair que Macron est en train de jouer la crise climatique en détruisant toujours plus nos services publics et en ménageant pour ces bailleurs de fond capitalistes des niches à profit juteux. Quelques questions de fond devraient être posées : sur le rôle du nucléaire mais surtout sur les transports qui sont le secteur le plus polluant et qui n’est pas conçu, c’est le moins que l’on puisse dire, pour favoriser l’approvisionnement local. Seuls les communistes peuvent mener de telles campagnes et elles dépassent de loin la question de l’union de la gauche et des appareils. De ce point de vue il y a, à l’inverse de l’international, de grandes avancées.

3) Il faut nous préoccuper de la carence essentielle dont ont témoigné nos résultats aux Européennes, notre rupture avec la classe ouvrière et les couches populaires dont certaines se sont réfugiées dans le vote d’extrême-droite mais dont l’essentiel s’abstient. Là encore depuis le dernier congrès, il y a un bougé important et la volonté de s’attaquer à cette question. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas avec un discours sur la nécessité de l’union de la gauche que l’on affronte ce problème crucial.

Nous avions jadis une stratégie, celle de concevoir notre propre rôle de parti se donnant pour but le socialisme, le passage de l’individualisme mortifère, de la concurrence, de la marchandisation des êtres humains, de la guerre de tous contre tous à la coopération, à la solidarité par une articulation de luttes et d’élections.

On ne peut pas plus négliger le débat d’idées qui préfigure un monde nouveau que les réalisations matérielles concrètes, les points d’appui sans lesquels les discours sur le communisme et l’émancipation humaine restent des songes creux. La reconquête dans les entreprises, sur les lieux de travail va nous confronter à nos abandons et à la manière dont nous pouvons reprendre pied, il faudra bien repenser la question des nationalisations et celles des services publics, comme celle de nouvelles formations, filières et rôle des travailleurs. Nous ne manquons pas d’atouts et de volontés dans ce domaines.

Voici ce que j’aurais à dire en tant que militante du PCF si ma parole avait la moindre chance d’être prise en compte.

Danielle Bleitrach

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Tout se fait selon les exigences du système capitaliste, adapté et aménagé pour ses besoins au 21 siècle en conformité avec le développement des forces productives qu’il utilise pour le profit ! C’est ce système qu’il faut abattre et tous ces vertueux de gauche ou de droite qui pleurent sur le sort de la planète devraient y penser en priorité…

Posté par jacques LAUPIES le 1 juillet 2019

 

 

L’UE et le Mercosur offrent un traité en or aux multinationales. L’Amazonie en sera l’une des victimes. Ici, une ferme de soja dans l’état du Para. Alberto Cesar-Greenpeace/HO/AP<br /><br />

L’UE et le Mercosur offrent un traité en or aux multinationales. L’Amazonie en sera l’une des victimes. Ici, une ferme de soja dans l’état du Para. Alberto Cesar-Greenpeace/HO/AP
 

COMMERCE. QUAND L’UE ET LE MERCOSUR SIGNENT LE PILLAGE DE LA PLANÈTE

Lundi, 1 Juillet, 2019

L’accord conclu entre Bruxelles et les pays du cône sud-américain prévoit de faire sauter les taxes douanières, entraînant des désastres pour les filières agricoles et l’environnement. Il doit encore être ratifié par chaque parlement.

 

Les multinationales et autres investisseurs rêvaient depuis longtemps d’une zone commerciale gigantesque, « libre et non faussée ». L’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) se proposent de la leur offrir sur un plateau en or avec une quasi-impunité fiscale, sociale et environnementale aux conséquences désastreuses dans ces domaines de part et d’autre de l’Atlantique. Après vingt ans de tractations et de marchandages pour savoir qui remportera le plus gros morceau de la bête, ces deux blocs de 777 millions d’habitants sont convenus, vendredi, de la création d’un accord de libre-échange qui pèsera pour près d’un quart du PIB mondial. « Accord commercial fait ! Un moment historique. Au milieu des tensions commerciales internationales, nous sommes en train d’envoyer un signal fort que nous appuyons le commerce basé sur des normes », a jubilé dans un tweet le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui entend quitter ses fonctions, en brandissant le texte tel un trophée de guerre.

« Tournant historique en faveur de l’ouverture économique »

C’est « une conquête » pour Buenos Aires, alors que le président de droite Mauricio Macri devra affronter une élection présidentielle à l’issue incertaine en raison de l’impopularité de ses réformes libérales et austères. « Tournant historique (…) en faveur de l’ouverture économique », s’est félicité le Brésil du président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui offre, avec cet accord, du pain bénit à ses soutiens de l’agrobusiness et aux multinationales qui exploitent les territoires amazoniens.

Ces satisfactions ne parviennent pas à étouffer les salves de critiques qui ont accompagné cette nouvelle phase de libéralisation des échanges commerciaux. Car, l’accord UE-Mercosur, c’est une affaire de gros sous aux retombées sociales et économiques asymétriques en raison de la levée des taxes douanières et de l’ouverture de marchés, jusqu’alors réglementés. L’organisme sud-américain exigeait des impôts de l’ordre de 91 % sur les produits en provenance de l’Europe. En retour, cette dernière éliminera jusqu’à 92 % de ses taxes sur les importations en provenance du cône sud. Le deal conclu n’épargne aucun domaine, mais des secteurs clés sont particulièrement touchés. L’Europe pourrait à l’avenir exporter ses produits industriels, notamment de la filière automobile. Elle serait également avantagée en ce qui concerne l’importation de métaux rares pour les hautes technologies, faisant la part belle aux compagnies extractivistes, au détriment des normes environnementales. Elle sortirait également gagnante sur le terrain des marchés publics – infrastructures, télécommunications – des pays du Mercosur qui avaient jusqu’à présent mis leur veto à ces secteurs stratégiques pour leur propre économie. Les Latino-Américains, quant à eux, ont finalement remporté la palme des négociations en obtenant un feu vert – conditionné à des normes sanitaires et environnementales à la marge – leur permettant d’inonder les Vingt-Huit de produits agricoles et agro-industriels : bœuf, volaille, sucre, éthanol, jus d’orange, café instantané…

Depuis l’an 2000, le chapitre agricole a été la pierre d’achoppement des négociateurs au point de faire capoter la trentaine de rounds de pourparlers qui ont eu lieu. Il pourrait d’ailleurs constituer le principal obstacle à la mise en œuvre de l’accord, qui, pour voir le jour, devra encore être ratifié par l’ensemble des parlements des États membres, puis par le Parlement européen, ainsi que par les assemblées nationales des pays latino-américains concernés. Et pour cause, ces derniers constituent à eux seuls une puissance agricole à même de dévaster l’agriculture européenne. Selon l’accord conclu – aux vastes zones d’ombre –, le Mercosur aurait gagné de pouvoir exporter 99 000 tonnes de viande bovine avec des taxes douanières réduites à 7,5 %. Lors de précédentes tractations, les Latino-Américains exigeaient que ses exportations soient libres d’impôts, contre les 70 000 tonnes avancées par l’UE. Le compromis final n’en est pas un, et il risque d’affaiblir à mort une filière de la viande déjà très fragilisée, la Fédération nationale bovine estimant que la baisse du nombre d’élevages bovins a doublé depuis 2017. Pour rappel : le Mercosur exporte déjà près de 250 000 tonnes de bœuf vers l’Europe, soit 75 % des importations totales de l’UE. Le nouvel accord, dont tous les aboutissants ne sont pas connus, pourrait dévaster les éleveurs européens. De l’aveu du commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, l’UE a opéré des « concessions significatives », à même de poser, a-t-il dit, non sans euphémisme, « certains défis pour les agriculteurs européens » que « l’aide financière » d’un milliard d’euros « en cas de perturbation du marché » ne saurait pallier.

« 74 % des produits phytosanitaires au Brésil sont interdits en Europe »

La possible déferlante de produits agricoles et de l’agrobusiness a soulevé une vague de contestation en Europe. Cette « politique commerciale a deux poids et deux mesures » creuse le fossé « entre ce qui est demandé aux agriculteurs européens et ce qui est toléré des producteurs du Mercosur » quant aux normes sanitaires et environnementales, a protesté la Copa Cogeca, la puissante fédération qui regroupe les syndicats agricoles de l’UE. Même tonalité pour le principal syndicat allemand, le Deutscher Bauernverband, qui estime que « beaucoup d’exploitations agricoles familiales » seront en danger si l’accord est ratifié. En France, les réactions à charge n’ont pas manqué, des Jeunes Agriculteurs à la FNSA qui, par la voix de Christiane Lambert, ont fustigé « un coup dur pour l’agriculture ». « 74 % des produits phytosanitaires utilisés au Brésil sont interdits en Europe », a-t-elle alerté. C’est là l’autre préoccupation majeure qui avait déjà été soulevée par 340 ONG européennes et sud-américaines concernant l’impact environnemental.

Salve de critiques des syndicats agricoles et des partis politiques

« On ne peut pas promouvoir une agriculture durable et faire du climat une priorité, et importer sa viande de l’autre bout de la planète en favorisant un modèle agricole intensif responsable de 80 % de la destruction de la forêt amazonienne », a vivement réagi l’eurodéputé PS Éric Andrieu. Pour Esther Benbassa, d’Europe Écologie-les Verts, l’accord est « une catastrophe écologique », tandis que le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a mis en garde contre « un projet qui va abîmer la planète, notre santé et l’agriculture française ». La France insoumise appelle à un rassemblement, mardi, devant le Parlement européen, pour dénoncer un « accord opaque » conclu « au cours de la vacance parlementaire et sans transmission de la moindre information aux députés sortants ».

Alors que l’eurodéputé LaREM Pascal Durand qualifie la signature du projet de « jour funeste », le président français Emmanuel Macron a évoqué un « bon » texte, tout en parlant de « vigilance » dans sa mise en œuvre. L’hôte de l’Élysée avait pourtant juré sur tous les tons qu’il n’y aurait pas de signature tant que Brasília ne confirmait pas son soutien à l’accord de Paris sur le climat, dont Jair Bolsonaro a menacé de se retirer. Avant de se coucher face aux pressions de ses partenaires européens. À l’issue du sommet du G20 à Osaka au Japon, le locataire du Planalto, climatosceptique par excellence et fossoyeur de l’Amazonie, a griffonné son accord de principe, les promesses n’engageant que ceux qui y croient.

Cathy Dos Santos
Tout se fait selon les exigences du système capitaliste, adapté et aménagé pour ses besoins au 21 siècle en conformité avec le développement des forces productives qu'il utilise pour le profit ! C'est ce système qu'il faut abattre et tous ces vertueux de gauche ou de droite qui pleurent sur le sort de la planète devraient y penser en priorité... dans POLITIQUE 5d18f7ee66a8e

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