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Ecotaxe sur l’aérien : il faut 2 milliards d’euros par an, pas une aumône

Posté par jacques LAUPIES le 10 juillet 2019

 

Ecotaxe sur l’aérien : il faut 2 milliards d’euros par an, pas une aumône

La Ministre des Transports vient d’annoncer la création d’une écotaxe sur le transport aérien. C’est très tard et surtout beaucoup trop peu. Il faut beaucoup plus de moyens pour le financement des infrastructures de transport. Et il faut surtout tout faire pour réduire le trafic aérien, qui ne cesse d’augmenter à un rythme insoutenable pour le réchauffement climatique, plus de 5% par an.

Ecotaxe sur l’aérien : il faut 2 milliards d’euros par an, pas une aumône dans POLITIQUE

L’écotaxe annoncée par le gouvernement n’est qu’une aumône comparée aux besoins de financement. Pour le PCF, une vraie écotaxe aérienne doit dégager au moins 2 milliards de recettes par an, et pas les beaucoup trop faibles 182 millions par an annoncés par la Ministre. Ils ne sont qu’une aumône par rapport aux besoins.

Il faut que l’État investisse au moins 5 milliards par an dans les infrastructures de transport, soit plus de deux fois plus que ce que propose la Loi Mobilités en passe d’être votée définitivement.
Une vraie écotaxe aérienne est un outil de financement utile et vertueux pour l’environnement.

Elle doit servir à inciter réellement à réduire le trafic aérien.
Nous proposons un niveau d’au moins 10 euros par billet en classe économique et au moins 100 euros par billet en classe affaires.
Il faut également créer une taxe qui pénalise fortement les trajets en jets privés, une hérésie environnementale. Ils doivent contribuer à hauteur d’au moins 1000 euros par passager.

Cet outil fiscal doit avoir pour objectif de remplacer le maximum de trajets effectués en avion par des trajets effectués en train.
Une fiscalité environnementale efficace sur l’aérien est toujours plus nécessaire.
Comme est nécessaire la mise en échec de la privatisation d’ADP.

Jacques Baudrier et Pierre Garzon
Animateurs du collectif mobilités du PCF,

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Solidarité internationale de classe…

Posté par jacques LAUPIES le 9 juillet 2019

Demandons une intervention publique du PCF en faveur de Julian Assange Signez et faites signer

Vendredi 5 juillet 2019, par  lepcf.fr, popularité : 100%

Nous militants et adhérents du Parti communiste français, faisons part de notre vive inquiétude devant la situation de Julian Assange suite à son arrestation par la police britannique en violation de la Convention de Vienne et de son droit d’asile. En effet, suite à son arrestation le 11 avril, des experts indépendants des droits humains de l’ONU ont déclaré qu’il est désormais exposé au « risque de graves violations des droits humains » avec la menace de son extradition aux États-Unis.

Solidarité internationale de classe... dans POLITIQUE

Dans les heures suivant son arrestation nos camarades du Parti du travail de Belgique (PTB) ont énoncé la demande que la Belgique lui accorde l’asile politique dans un communiqué consultable sur leur site web en disant notamment qu’il est « pourchassé pour avoir été à l’origine de révélations qui ont indisposé les puissants de ce monde comme les images des crimes de guerre américaine en Afghanistan et en Irak » et que « ce n’est pas celui qui dévoile les crimes de guerre qui doit être jugé, mais celui qui les commet ».

Également le 11 avril, Maite Mola, Vice-présidente du Parti de la gauche européenne, a publié une déclaration en anglais sur le site web du PGE où elle dit que l’action du président de l’Equateur Lénine Moreno, en retirant illégalement la protection de son pays du droit d’asile d’Assange, est « une attaque aux droits de l’homme et met en danger la vie des journalistes. Nous en tant que Parti de la gauche européenne condamnons cet acte et demandons à la communauté internationale de s’opposer à son extradition aux États-Unis ».

Gabi Zimmer présidente de la GUE/NGL, a également déclaré son soutien pour Assange en anglais sur le site Web de la GUE/NGL le 12 avril, où elle dit notamment :

« Lorsqu’un journaliste ou un lanceur d’alerte découvre des secrets d’État qui sont dans l’intérêt public, ils ne devraient pas être poursuivis en justice pour leur acte de service public. »

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a exposé les atrocités commises par les États-Unis en Irak. Mais alors qu’Assange est confronté au système judiciaire britannique et à la menace d’extradition vers les États-Unis, les individus qui ont commis les mêmes crimes de guerre qu’Assange avait exposés, n’ont jamais été jugés.

En outre, il est à noter que depuis le 16 avril, Assange est lauréat 2019 du « prix des Journalistes, Lanceurs d’Alerte et Défenseurs du Droit à l’information » (avec Motarjemi & Rui Pinto) décerné par le groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique du parlement européen.

Dans la version en ligne de L’Humanité du 12 avril, la députée allemande au Bundestag, Sevim Dağdelen, membre de Die Linke, a également déclaré :
« Ce qui est important pour moi, c’est que ce ne soit pas ceux qui révèlent les crimes, mais ceux qui les commettent qui se retrouvent derrière les barreaux. En Allemagne, nous avons immédiatement appelé à une manifestation de protestation et de solidarité ce vendredi devant l’ambassade britannique à Berlin. Le 11 avril est un jour noir pour la liberté de la presse. L’arrestation de Julian Assange par les autorités britanniques est une attaque contre le journalisme indépendant. ».
« Quiconque aime la liberté est instamment prié de se tourner vers les autorités britanniques pour obtenir sa libération. »
« Assange a maintenant besoin d’une large solidarité internationale. Lutter contre son extradition vers les États-Unis ne signifie rien de moins que lutter pour la liberté de la presse et la liberté d’expression. Notre tâche est maintenant de faire pression sur les autorités britanniques pour ne pas extrader Assange vers les États-Unis. »

Toutefois, il ne paraît pas que l’action isolée de la gauche anglaise soit en mesure de protéger Assange et à notre avis seule une mobilisation citoyenne internationale d’envergure pourra faire obstacle à son extradition vers les États-Unis. En effet, comme John Pilger a observé :

« Diane Abbott [députée travailliste à la Chambre des communes] a fait un effort vif pour décrire les dilemmes de Julian Assange, sa santé, etc., mais qu’a dit le leader, qu’a dit Jeremy Corbyn ? Il a simplement dit que le gouvernement devrait s’opposer à son extradition ». Bien que Corbyn a incontestablement le mérite de soulever sa voix en faveur d’Assange, John Pilger souligne néanmoins que : « Il ne suffit nullement de simplement dire que le gouvernement devrait s’opposer à l’extradition. Il faudrait énoncer clairement devant le Parlement ce que cette extradition pourrait signifier. Que cela menace la vie de Julian, qu’il pourrait finir par passer le reste de sa vie dans les conditions que le Rapporteur de l’ONU sur la torture a déjà décrites ».

Le « crime » d’Assange a été de publier la vérité sur la duplicité des gouvernements qui se disent démocratiques. WikiLeaks, qu’Assange a fondé et dont il est rédacteur-en-chef, a un bilan impeccable en termes de précision et de véracité. Il s’agit du journalisme d’une qualité dont toute démocratie véritable devrait être fier, qui pour la première fois dans l’histoire, donnait aux gens ordinaires un aperçu des recoins les plus sombres des secrets les mieux gardés des crimes de guerre de leurs États.
Pourtant, les médias et la classe politique ferment les yeux. Où est la fureur contre la liberté de la presse la plus élémentaire – le droit de publier – piétinée pour faire taire Assange ? Où est la volonté de prendre enfin la parole pour défendre Assange ? Il n’y a rien. Comme dit le journaliste britannique Jonathan Cook « Maintenant, ils vont nous submerger avec une nouvelle vague de mensonges et de distractions à propos d’Assange pour nous maintenir anesthésiés, pour nous empêcher d’être en colère alors que nos droits sont réduits à néant, et pour nous empêcher de réaliser que les droits d’Assange et les nôtres sont indivisibles. Nous résisterons ensemble, ou nous tomberons ensemble ».

Les élus du PCF au Parlement européen, et notamment Patrick Le Hyaric, sont intervenus dans le débat sur la directive UE « lanceurs d’alerte » lundi 15 avril pour demander protection pour Julien Assange en vertu des conventions internationales des droits humains. En effet, Patrick Le Hyaric écrit que l’arrestation d’Assange « n’a qu’un objectif : le faire taire parce qu’il a publié des documents que les pouvoirs, à commencer par le gouvernement nord-américain, ne veulent pas que les citoyens connaissent. On se rappelle cette sentence prononcée par le procureur du gouvernement fasciste de Mussolini pour justifier l’emprisonnement de Antonio Gramsci : « nous devons faire taire cette voix pendant 20 ans. Je ne peux le laisser parler ». Même sentence pour Assange ou encore pour Lula. Posons une question de plus. Pourquoi accepter la portée des lois extraterritoriales des États-Unis ? Pourquoi les États-Unis ont-ils le droit de contrôler ce que font d’autres pays ? Ajoutons ceci : en plein Brexit, pourquoi le gouvernement Britannique offre Assange aux pouvoirs des USA ? Poser ces questions c’est y répondre. ».

Ces interventions de la part des élus PCF au Parlement européen sont louables mais se cantonnent à la sphère de l’activité parlementaire, alors qu’il est nécessaire aussi de faire appel à la société civile pour des actions en dehors du cadre parlementaire, pour construire la large solidarité internationale dont parle Sevim Dağdelen et pour exiger l’inculpation des criminels de guerre dans les gouvernements plutôt que des journalistes (comme font Gabi Zimmer et le PTB). Il serait nécessaire pour ce faire que le Parti fasse une déclaration publique en ce sens.

Deux semaines sont maintenant passées depuis l’arrestation illégale d’Assange par les autorités britanniques. Il devient urgent de contribuer à la construction de cette large solidarité internationale.

Comme souligne le texte adopté par notre 38ème congrès : « Notre bataille pour la sortie de la France de l’OTAN et sa dissolution est une priorité car cette alliance politico-militaire prolonge une logique éculée, attise les tensions et a relancé une course au surarmement ». Les informations révélées par WikiLeaks et la protection d’Assange devraient être partie intégrante de notre campagne contre l’OTAN, et les communistes devraient en parler dans le cadre de notre campagne pour les élections européennes. C’est pourquoi nous demandons que le PCF fasse rapidement une déclaration publique en exigeant la protection du droit d’asile d’Assange.

Le 25 avril 2019

Pour signer envoyer vos nom, prénom et section du PCF à :
chalkstephen@gmail.com

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Trop fatigué pour suivre un tel spectacle : la chaleur sans doute qui ne convient guère à mes quatre vingt trois berges, le son de la télé de moins en moins perceptible dès lors qu’il s’agit d’une série, d’un film ou d’une représentation en direct comme ce soir ! Bref j’ai bien reçu quelques messages intéressants mais dans l’inconfort. J’en viens à me demander à qui est destiné ce théâtre hormis le public présent dont on peut d’ailleurs douter de la popularité réelle malgré ce qu’on en dit depuis des lustres. Le concept est à revoir

Posté par jacques LAUPIES le 8 juillet 2019

 

 

De gauche à droite, Marie-Sophie Ferdane, Audrey Bonnet, Denis Podalydès, Anne Brochet et Jacques Weber. Une famille bourgeoise intellectuelle viennoise du siècle dernier où tous s’aiment, se détestent, se jalousent et rêvent de tuer le père. Gérard Julien/AFP<br /><br /><br /><br /><br />

De gauche à droite, Marie-Sophie Ferdane, Audrey Bonnet, Denis Podalydès, Anne Brochet et Jacques Weber. Une famille bourgeoise intellectuelle viennoise du siècle dernier où tous s’aiment, se détestent, se jalousent et rêvent de tuer le père. Gérard Julien/AFP
 

AVIGNON. FRAGILE ARCHITECTURE DANS LA COUR D’HONNEUR

Lundi, 8 Juillet, 2019

Le spectacle de Pascal Rambert est à la peine malgré une distribution époustouflante qui parvient difficilement à colmater les brèches.

 

Avignon (vaucluse), envoyée spéciale.

Ils sont tous là, chacun à leur place, rangés par couples, autour du père (Jacques Weber), allure de patriarche, barbe et sourcils blancs très hugoliens. Le vieux tance son aîné. Personne ne moufte. L’atmosphère est lourde, comme avant l’orage. Plus tard, les ellipses vont bon train et seuls quelques indices lâchés au détour d’une phrase marquent le temps, tous embarquent pour une croisière sur le ­Danube. Un rituel immuable dans cette famille de la bourgeoisie intellectuelle viennoise. Même si, cette fois-ci, pris dans les soubresauts de l’Histoire, ils resteront longtemps à bord. Et quand ils en descendent, c’est pour mourir, sur la pointe des pieds.

Architecture est une fresque, une saga familiale qui s’étire du 4 juillet 1911 à l’Anschluss. Une traversée du Danube comme métaphore d’un monde en déconstruction, en lambeaux, dont le père, architecte de ce vieux monde au sens propre comme au figuré, est la figure centrale, la poutre maîtresse. Le pedigree de ses enfants est au diapason du rang qu’ils occupent dans la société. L’une est psychanalyste (Emmanuelle Béart) ; l’un journaliste (Laurent Poitrenaux) ; ces deux-là forment un couple compositeur-trice (Audrey Bonnet, Denis Podalydès) ; celle-ci est ethnologue (Anne Brochet), celui-là militaire (Arthur Nauzyciel) ; le fils aîné (Stanislas Nordey) est philosophe, tandis que la belle-mère (Marie-Sophie Ferdane), de trente ans la cadette de son époux, est poétesse. Mis à part les tourtereaux musiciens qui filent le parfait amour, tous s’emmerdent en baisant, ce qui provoque chez Emmanuelle des désirs de « communisme sexuel », tandis que l’homosexualité de Stan est passée sous silence. Tous s’aiment et se détestent. Tous se jalousent. Tous rêvent de tuer le père, ce qu’ils ne feront pas. Voilà pour la photo de famille.

Depuis le Début de l’A., suivi de Clôture de l’amour, mais aussi de Répétition ou des Sœurs, Pascal Rambert a fait des relations intimes des amours impossibles et des échecs annoncés sa marque de ­fabrique. Une écriture découpée en ­monologues joués en alternance, sans que jamais l’un vienne interrompre l’autre. Une mécanique de jeu bien huilée. Pour Architecture, si ce dispositif s’étoffe de dialogues qui impriment une plus grande fluidité dans la partition, il ne parvient pas à masquer la faiblesse du propos.

Un verbe trop embarrassé, diffus, confus, bavard

Si l’idée de départ peut séduire sur le papier, un huis clos sur l’eau à l’écart des tempêtes qui menacent, elle s’essouffle très vite au regard de l’ambition affichée d’écrire un « memento mori pour penser notre temps ». La montée du fascisme, de l’obscurantisme, des nationalismes ? La faute incombe, nous dit Rambert, à ces intellectuels penchés « à leur fenêtre » et qui, comme sœur Anne, ne voient rien venir, tant ils sont plus préoccupés à gérer leur dépression que celle du monde. Que fait-on de Lampedusa et de son Guépard ? De Martin du Gard et de ses Thibault ? Du Monde d’hier de Zweig, du Dictateur de Chaplin ? De Brecht, d’Ernst Toller ou, plus près de nous, de Pasolini ? À la trappe, les mouvements dadaïste, surréaliste ; les comités d’intellectuels antifascistes.

Le conflit familial comme métaphore de la catastrophe annoncée ? Pourquoi pas. L’idée n’est pas nouvelle. La trame des Damnés de Visconti repose sur cette porosité. Mais en dénonçant l’engagement de la bourgeoisie industrieuse au service du fascisme, Visconti porte le fer là où ça fait mal. Là réside sans doute la faiblesse principale de Rambert. Passé les premières réactions épidermiques – trop verbeux, trop long, trop confus –, son Architecture ne laisse personne indifférent. Ses personnages voguent sur l’eau, loin des combats politiques et artistiques qui secouent l’Europe. Autour d’eux, le monde s’effondre et ils sont incapables de nous éclairer ou de porter haut les valeurs de justice, de vérité ou de raison dont ils seraient censés être les clercs. Sa pièce pourrait être l’allégorie d’une microsociété confinée qui ne voit rien ou si peu. Avec pour ambition de dénoncer en miroir l’apathie de notre société actuelle – et plus précisément des intellectuels – face à une extrême droite qui, en France comme en Europe, a le vent en poupe. À ce jeu de miroirs, Rambert ne fait pas mouche tant le verbe, ici, est trop embarrassé, diffus, confus, bavard pour parvenir à toucher le spectateur. Dans Répétition, Rambert se voulait lanceur d’alerte : « Jeunes gens/Réveillez-vous/Levez-vous/Il faut ­recommencer le monde/L’Histoire n’est pas morte ! » Nous sommes bien réveillés, mais pas tellement plus avancés…

Jusqu’au 13 juillet. Tournée de septembre à février 2020.
Trop fatigué pour suivre un tel spectacle : la chaleur sans doute qui ne convient guère à mes quatre vingt trois berges, le son de la télé de moins en moins perceptible dès lors qu'il s'agit d'une série, d'un film ou d'une représentation en direct comme ce soir ! Bref j'ai bien reçu quelques messages intéressants mais dans l'inconfort. J'en viens à me demander à qui est destiné ce théâtre hormis le public présent dont on peut d'ailleurs douter de la popularité réelle malgré ce qu'on en dit depuis des lustres. Le concept est à revoir dans POLITIQUE 5d224e578d847
Marie-José Sirach

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Quand les peuples du monde auront globalement conscience qu’une classe dominante, parce qu’elle possède les instruments de production et accumule des richesses, peut devenir un danger mortel pour l’humanité, ils en finiront avec elle imposant la seule force dont ils disposent leur nombre et leur unité. Pour cela il leur faut se doter de partis et organisations porteuses de projets économiques et sociaux, culturels et politiques visant à une socialisation des moyens de production et au contrôle démocratique de leur gestion. Cela s’appelle des organisations révolutionnaires. ! Il en faut à tous niveaux : de la cité, de la nation,de chaque continent, de la planète pour abattre les oligarchies industrielles et financières, nationales et internationales.

Posté par jacques LAUPIES le 6 juillet 2019

 

L’arsenal militaire et nucléaire américain, toujours plus impressionnant, ajouté à la position acquise par leur monnaie dans les échanges internationaux, rend la séquence actuelle extrêmement dangereuse. PHOTO ED JONES / POOL / AFP.

L’arsenal militaire et nucléaire américain, toujours plus impressionnant, ajouté à la position acquise par leur monnaie dans les échanges internationaux, rend la séquence actuelle extrêmement dangereuse. PHOTO ED JONES / POOL / AFP.

FACE À LA MENACE TRUMP, ACTION SOLIDAIRE

Jeudi, 4 Juillet, 2019

L’éditorial de Patrick Le Hyaric. La politique du doigt sur la gâchette menée par M. Trump rend crédible une déflagration militaire dont personne ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences.

 

Depuis la chute du mur de Berlin, les États-Unis n’en finissent pas de vouloir reconfigurer à leur avantage le Proche et le Moyen-Orient. Les guerres de proie menées en Afghanistan et en Irak par deux fois, les tentatives de déstabilisation des États, les manœuvres géo-économiques autour de la rente pétrolière, la colonisation encouragée de la Cisjordanie se sont additionnées pour former le décor sombre d’une région plongée dans le chaos.

Mais la logique de guerre états-unienne, nourrissant sur son passage les monstres hideux du fanatisme et du terrorisme, se heurte à la résistance des peuples et d’une histoire qui refuse de dire son dernier mot. Cette logique s’insère désormais dans une guerre économique mondiale qui redouble d’intensité à la faveur des révolutions technologiques. Le face-à-face entre la Chine et les États-Unis, qui rend ces derniers fébriles et nerveux, produit dans son sillon de nouvelles tensions.

Pour conserver leur position hégémonique dans un monde qui les rejette, les États-Unis semblent prêts à toutes les aventures, aussi périlleuses soient-elles. Tous les fronts sont ouverts : Moyen-Orient, Amérique latine, Eurasie. Leur arsenal militaire et nucléaire toujours plus impressionnant, ajouté à la position acquise par leur monnaie dans les échanges internationaux, rend la séquence actuelle extrêmement dangereuse. La bête blessée risque de se prêter à des actions que la raison réprouve si ses initiatives ne sont pas dûment contrées. L’agitation de M. Trump sur la scène internationale est essentiellement motivée par sa réélection, condition de l’amplification de sa politique réclamée par une base électorale extrémisée. Les menaces de guerre contre l’Iran et l’offensive menée contre les droits des Palestiniens dans un même mouvement en témoignent amplement.

Le prétendu « deal du siècle », écrit comme son nom l’indique dans un sabir de bureaucrates capitalistes, fomenté par le gendre de M. Trump et supervisé par l’extrême droite israélienne, vise non seulement à faire perdurer la colonisation de la Cisjordanie, mais surtout à engager dans un second temps un processus d’annexion pure et simple des terres palestiniennes. Le découpage de la Cisjordanie transformée en gruyère par la colonisation, le blocus de Gaza, l’annexion du plateau du Golan et les pressions diplomatiques pour faire de Jérusalem la seule capitale d’Israël sont autant de pierres à l’édifice de recomposition politique du Proche-Orient. Ce faisant, les faucons états-uniens et israéliens comptent réaliser le mythe biblique d’un « Grand Israël » imprégné d’une idéologie racialiste et millénariste qui trouve des échos dans les franges les plus radicalisées de l’électorat de M. Trump comme dans certains gouvernements européens, qui laissent paradoxalement infuser dans leurs pays le vieux venin de l’antisémitisme.

C’est à cette aune qu’il convient d’observer la promesse de 50 milliards de dollars jetés à la face du peuple palestinien, sommé d’abjurer son honneur et de renier ses exigences les plus élémentaires de dignité et de liberté. Fort hypothétique, cette somme viserait par des leviers aussi divers que fantasques à faire de la Palestine une sorte de place forte financière régionale sur le modèle des « cités-États » asiatiques. Un million d’emplois, un PIB multiplié par deux, un développement inouï des nouvelles technologies sont ainsi promis. De toute évidence, ce plan provocateur n’a pas vocation à être appliqué et les raisons de sa médiatisation sont à aller chercher ailleurs que dans ses promesses glauques et irréalistes.

Le gouvernement des États-Unis a une intuition louable que, malheureusement, beaucoup d’Européens ont perdue : la question palestinienne est bien une question clef pour l’avenir de l’ensemble du Moyen-Orient. Mais il en tire des conclusions radicalement opposées à celles qui animent ici les progressistes et humanistes. Il s’agit pour M. Trump d’en terminer avec la solution à deux États, et donc la question palestinienne, pour finir de sceller l’alliance des États inféodés à sa politique belliciste et ultracapitaliste.

Les tensions avec l’Iran se révèlent illisibles si elles ne sont pas liées à la politique globale menée par les États-Unis. Comment comprendre, par exemple, l’ultimatum interdisant à l’Iran d’enrichir son uranium à des fins militaires, alors que les dispositions pour l’en empêcher étaient inscrites dans l’accord que le même M. Trump a violemment déchiré dès son accession au pouvoir ? Il n’y a dans cette posture aucune autre cohérence que l’affirmation d’une politique de la force des plus bornées, qui ne peut en outre que créer de dangereux précédents.

La mainmise sur les marchés décisifs des matières premières et de l’énergie est indissociable des tensions créées dans le détroit d’Ormuz, qui voit passer près de 30 % du pétrole mondial, dont un huitième du brut utilisé aux États-Unis et le quart de celui utilisé en Europe. Il est également un des principaux sillons d’approvisionnement en pétrole de la Chine et de l’inde. Depuis peu, grâce à l’extraction d’huile et de gaz de schiste ravageuse pour l’environnement, les États-Unis sont devenus les premiers exportateurs de pétrole. Cette position arrachée à crédit les pousse à maintenir un niveau de production mondial bas, au risque d’une baisse des prix qui pourrait leur être fatale. Les sanctions contre l’Iran permettent ainsi de contrôler le marché du pétrole et de maintenir cette hégémonie dont usent et abusent les Nord-Américains pour déstabiliser des pays, comme ce fut le cas au Venezuela.

C’est donc un projet global de reconfiguration régionale périlleux qui est mis en œuvre par les cercles fanatisés du pouvoir états-unien. Les guerres commerciales et de proie sur les ressources énergétiques s’accompagnent d’une hausse toujours plus importante des budgets militaires. La politique du doigt sur la gâchette menée par M. Trump rend crédible une déflagration militaire dont personne ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences. Si le réchauffement climatique, les menaces sur l’environnement et l’accumulation des arsenaux nucléaires sont les épées de Damoclès qui pèsent sur la tête de l’humanité, nul doute que les États-Unis représentent aujourd’hui un danger majeur. Des forces s’y lèvent pour conjurer le péril. Elles ne pourront y parvenir qu’avec une Europe et une France libérées de la tutelle nord-américaine, capable de faire vivre l’esprit multilatéral sur l’ensemble des sujets qui agitent aujourd’hui notre si fragile humanité.

Patrick Le Hyaric

 

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Il n’est pas rare de rencontrer des femmes menacées par un conjoint, un compagnon ou un harceleur. Y a t il des parades à ce danger ? Rien n’est moins sur ! Dans une société d’inégalités les phénomènes de violence liés au manque d’éducation deviennent monnaie courante ! Là également émerge la nécessité de transformer cette société car c’est aussi par la prévention que la question des violences se solutionne !

Posté par jacques LAUPIES le 6 juillet 2019

 

Le 20 juin, à Paris. 66 manifestantes ont participé à une action devant le Panthéon pour dénoncer les crimes sur 66 femmes tuées par leur conjoint depuis le 1er janvier 2019. Teresa Suarez/Réa<br />

Le 20 juin, à Paris. 66 manifestantes ont participé à une action devant le Panthéon pour dénoncer les crimes sur 66 femmes tuées par leur conjoint depuis le 1er janvier 2019. Teresa Suarez/Réa
 

FÉMINICIDES. MOURIR SOUS LES COUPS N’EST PAS UNE FATALITÉ

Vendredi, 5 Juillet, 2019

Depuis 2013, le nombre de femmes tuées chaque année par leur conjoint ou leur ex ne recule plus en France. Un drame évitable sur lequel les proches des victimes vont interpeller l’exécutif, en se rassemblant samedi, à Paris.

 

Soixante-douze femmes ont péri sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année. Ce décompte macabre, c’est une page Facebook, baptisée « Féminicides par compagnons ou ex », animée par une quinzaine de militantes, qui le tient depuis début 2016. Il permet de suivre jour après jour la progression inexorable des violences ­conjugales, qui ont touché environ 220 000 femmes en 2017 et ont été fatales à 130 d’entre elles, 109 encore l’an dernier. La presse locale nourrit abondamment ce douloureux recueil, même si le vocabulaire laisse parfois à désirer, quand des féminicides sont encore qualifiés de « drame conjugal » ou de « crime passionnel ». Sur la page Facebook, une même phrase accompagne le récit de ces faits – non pas « divers », mais « de société » – comme autant d’hommages aux victimes : « Nous la citons, nous ne l’oublierons pas. »

« Notre société est trop habituée à ces morts »

Pour ne pas oublier Monica, Pascale, Taïna, Séverine, Nadine…, premières à tomber en 2019, le tout récent Collectif des proches et familles de victimes de féminicides (lire entretien ci-après) organise aussi, ce samedi à 17 heures, place de la République à Paris, un rassemblement qui prendra la forme d’un « die-in », au slogan explicite : « Protégez-les ». Soutenue par la Fondation des femmes et plusieurs associations féministes (Solidarité Femmes, Nous toutes, Collectif féministe contre le viol…), cette nouvelle organisation a lancé un cri d’alarme, dimanche dernier, dans le Parisien, pressant Emmanuel Macron « de mettre fin à ce massacre ». « Nous avons honte pour notre pays, qui est incapable de sauver 130 de ses filles chaque année. Les lois existent, mais qui les applique ? » interrogeait ce texte.

De fait, depuis des années, les lois contre « les violences au sein du couple » (2006), « les violences faites spécifiquement aux femmes » (2010) ou « pour l’égalité réelle » (2014) s’empilent, tout comme les plans interministériels (5 en quinze ans), sans parvenir à endiguer le fléau : depuis 2013, le chiffre de 130 féminicides s’avère tristement stable. « On ne peut pas dire que rien n’est fait. Mais l’application concrète de tous ces textes fait bel et bien défaut, analyse Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes. Notre société est trop habituée à ces violences, trop habituée aux féminicides. Du coup, cette question, pourtant de vie ou de mort, n’est pas “en haut de la pile” politiquement. »

« Les dispositifs existants ne sont pas suffisamment utilisés »

Aussi, l’hécatombe se poursuit. La semaine dernière, c’est Coralie, couturière à domicile de 34 ans, qui a été retrouvée sans vie, dans la maison familiale de Saint-Michel-et-Chanveaux, en Anjou. Son compagnon, âgé de 36 ans, aurait reconnu l’avoir frappée « violemment et longtemps » avec une latte de sommier, ainsi qu’une matraque télescopique, à la suite d’une « dispute ». Mercredi, Leila (20 ans), enceinte de trois mois, a elle aussi succombé aux coups de son conjoint, à Saint-Denis. La veille, la jeune femme avait déposé une main courante au commissariat pour alerter sur le comportement violent de son compagnon, mais n’avait pas voulu porter plainte. Jeudi, on apprenait enfin qu’un homme de 34 ans avait été placé en garde à vue, à Reims, soupçonné d’avoir tué sa femme… en la percutant avec une voiture.

« Bon nombre de ces féminicides auraient pu être empêchés si les pouvoirs publics n’avaient pas dysfonctionné », assure une tribune publiée jeudi dans le Monde et signée par un collectif de personnalités féministes mené par Caroline de Haas. « Les féminicides ne sont pas une fatalité : Monsieur le président, réagissez », proclame ce texte qui fustige « des commissariats dans lesquels des plaintes sont refusées, des juges aux affaires familiales (qui) ne délivrent pas l’ordonnance de protection malgré les signaux d’alerte, (un) manque de places dans les centres d’hébergement » ou encore « des départements dans lesquels il n’y a plus d’association pour accueillir les victimes », faute de moyens. « Les financements ne sont clairement pas à la hauteur de l’enjeu, confirme Hélène Bidard, responsable égalité femmes-hommes au PCF et maire adjointe à Paris. La “grande cause” proclamée par Emmanuel Macron a en réalité un tout petit budget. Or, il manque des hébergements d’urgence, des intervenants dans les commissariats, des unités médico-judiciaires, seules à même de recueillir les preuves des violences. Il n’y en a que 45 en France, même pas une pour deux départements… »

Les 72 femmes tuées depuis début 2019 ont-elles effectivement été victimes de ces « dysfonctionnements » ? C’est pour répondre à cette question que le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a proposé lundi d’être « officiellement » missionné sur le sujet. L’idée est d’avoir accès aux données des services sociaux, de la police, de la gendarmerie et de la justice pour comprendre quelles ont été les failles qui ont conduit à ces 72 meurtres. « Y a-t-il eu plainte, enquête, protection de la plaignante et, le cas échéant, de ses enfants, jugement ? Comment ont été mis en œuvre les dispositifs de protection déjà prévus par la loi ? » détaille le HCE. Les deux coprésidents de la commission violences du Haut Conseil, Ernestine Ronai et le magistrat Édouard Durand, pourraient mener ce travail d’enquête minutieux. Reste à obtenir le feu vert du gouvernement. Pour l’heure, celui-ci répond qu’il a saisi l’Inspection générale de la justice, le 21 juin. « C’est bien, mais ça ne suffit pas, assure la responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, car il faut aussi interroger le rôle de la police, des structures de santé, avoir l’expertise des associations… »

Combattante infatigable de ces violences, Ernestine Ronai a déjà sa petite idée des « manquements » à l’œuvre. « Les dispositifs existants ne sont pas suffisamment utilisés. Par exemple, il existe 870 téléphones grave danger (TGD) sur les bureaux des procureurs, qui permettent aux femmes menacées d’alerter la police. Mais seulement 330 sont en activité… C’est du gâchis ! » Idem pour l’« ordonnance de protection », une autre mesure mise en place dès 2010 en Seine-Saint-Denis, qui permet au juge des affaires familiales de placer sous protection des femmes victimes de violences, même en l’absence de plainte pénale.

Un travail en commun entre travailleurs sociaux, police, justice

« Sur 3 067 demandes enregistrées en France en 2017, à peine plus de 1 300 ont été accordées, soit environ 40 %. C’est bien peu. En Seine-Saint-Denis, nous sommes à 70 % de procédures validées… » Le résultat d’un travail en commun entre les associations, la police, la justice et les travailleurs sociaux, impulsé par l’Observatoire séquano-dyonisien des violences. « Au fil des années, tous ces acteurs ont appris à se connaître, à tisser des liens. Et désormais, tout le monde tire dans le même sens, pour mieux protéger les femmes », confirme Jérôme Janic, le directeur de l’association SOS victimes 93.

Faut-il aller plus loin, en mettant en place le bracelet électronique contre les maris violents, comme l’a fait l’Espagne depuis 2004 (lire p. 6) ? La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a annoncé lundi dernier sa volonté de « généraliser immédiatement ce dispositif », et ce « le plus tôt possible ». Curieuse précipitation, alors que ce « dispositif électronique de protection anti-rapprochement », est inscrit dans la loi depuis deux ans, sans concrétisation aucune. « Attention aux soi-disant solutions miracles, alerte Ernestine Ronai. Ce bracelet peut répondre à certaines situations extrêmes. Mais aussi avoir un effet anxiogène pour la victime, qui est, elle aussi, équipée d’une “balise”. Symboliquement, il maintient également un lien entre le mari violent et sa victime, alors que le but est qu’ils se séparent pour de bon. » Plutôt que de fondre sur la dernière idée émise, afin de répondre à la pression médiatique, le gouvernement ferait bien d’écouter plus attentivement les vrai·e·s expert·e·s du sujet.

Alexandre Fache

 

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