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A Tarascon il ne semble pas que les élus (tous de droite) se mobilisent pour le soutien au référendum d’ADP. Je rappelle qu’il et possible de se prononcer pour ce soutien sur internet. Au besoin nous contacter pour être informé et le cas échéant vous prononcer pour le soutien au référendum !(permanence tous les lundis à 17 h 00 35 rue Monge)

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2019

 

 

 

Selon un sondage, 75 % des Français se disent prêts à signer une pétition pour réclamer l’organisation de ce référendum. Magali Bragard
 Selon un sondage, 75	% des Français se disent prêts à signer une pétition pour réclamer l’organisation de ce référendum. Magali Bragard<br /><br /><br />

RÉFÉRENDUM ADP. LE PCF ESPÈRE UN MILLION DE SOUTIENS EN SEPTEMBRE

Mardi, 9 Juillet, 2019

Les communistes ont présenté hier leur mobilisation estivale pour le RIP contre la privatisation d’Aéroports de Paris.

 

La collecte des signatures pour ouvrir la voie au référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) a passé le cap des 10 % des 4,7 millions de soutiens nécessaires, la semaine dernière. Mais, avec l’été, les initiatives se multiplient pour ne pas perdre le rythme. « Nous allons aller crescendo », a promis hier la sénatrice communiste Éliane Assassi à l’occasion d’une conférence de presse, évoquant la mobilisation des militants et élus communistes, des rendez-vous estivaux et le temps fort que sera la Fête de l’Humanité, en septembre. « Je pense que, malgré toutes les difficultés, nous pourrons aboutir à au moins 1 million de soutiens en septembre », ajoute l’élue. « À chacune de nos initiatives, nous réunissons des centaines de signatures malgré le site digne de l’époque du Minitel », appuie le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tandis que les critiques à l’égard du dispositif gouvernemental se sont multipliées depuis son lancement, le 13 juin. Encore aujourd’hui, souligne le député PCF Stéphane Peu, qui transformera sa permanence en lieu de collecte dès la semaine prochaine, « énormément de gens, pourtant pas réfractaires à Internet, ne parviennent pas à apporter leur contribution ».

Si, selon le décompte quotidien de CheckNews, le rythme de la collecte est tombé à 5 000 signatures en 24 heures en ce début de semaine, le nombre de soutiens engrangés permet de garder de l’avance. Et la démarche, engagée par 248 parlementaires de toute l’opposition (hors RN), peut puiser dans un large réservoir : 75 % des Français se disent « prêts à signer une pétition pour réclamer l’organisation (de ce) référendum », selon un sondage YouGov.

Pour la mise en place d’un « comité de suivi »

Pour animer cette campagne qui durera jusqu’en mars 2020, un nouveau collectif doit voir le jour ce jeudi, a aussi annoncé le PCF. Sous le nom de « marée populaire », celuici doit regrouper formations politiques, associations, syndicats… Il pourrait organiser, tout au long de ces huit mois, des rendez- vous nationaux. En attendant, les parlementaires réunis sous l’acronyme CNR (pour Coordination nationale du référendum) ne baissent pas la garde. Outre un courrier au ministre de l’Intérieur pour demander la mise en place d’un « comité de suivi » avec une rencontre hebdomadaire, ils se sont également adressés aux radios et télévisions publiques, ainsi qu’au CSA « pour que dans les meilleurs délais possibles, des dispositions soient prises pour organiser l’information » sur cette procédure qui relève, soulignent-ils, d’un « droit constitutionnel ».  Des courriers restés lettre morte jusqu’à lundi, ce qui laissait envisager aux parlementaires une mobilisation devant France Télévisions. En soirée, le CSA a fini par répondre proposant un rendez-vous la semaine prochaine. A suivre…

Julia Hamlaoui

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Les enfants ne font que répéter, rarement analyser, ce que disent les adultes. Les adultes s’approprient ce que disent les enfants en fonction de leurs propres désirs. ! Ils leur donnent la parole quand cela les arrange. Autrement dit l’idéologie dominante manipule les uns et les autres parce qu’elle ignore les sociétés de classes et les conflits de classes au profit des pseudos conflits de générations. Pour qu’un jeune s’y retrouve dans ce merdier il faut lui apporter la parole communiste. Le reste n’est que littérature et manipulation. Il en va ainsi pour tous les domaines de nos vies de plus en plus oppressées par les discours dominants !

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2019

 

 

La jeune militante écologiste suédoise, Greta Thunberg (deuxième à droite), et des militants français, hier au Palais-Bourbon. Philippe Wojazer/AFP

La jeune militante écologiste suédoise, Greta Thunberg (deuxième à droite), et des militants français, hier au Palais-Bourbon. Philippe Wojazer/AFP

LAREM ÉCOUTE GRETA THUNBERG, SE CLIVE ET VOTE LE CETA !

Mercredi, 24 Juillet, 2019

Environnement. Drôle de journée à l’Assemblée nationale. Hier, ce sont des enfants qui ont appelé les adultes à devenir responsables. La Macronie, divisée, a applaudi l’écologiste Greta Thunberg avant de voter le Ceta.

 

La maison brûle et le monde jette du pétrole sur le brasier. Pas tout le monde, en réalité. Il y en a bien qui tirent la sonnette d’alarme. Greta Thunberg est de ceux-là. La Suédoise de 16 ans, figure de la lutte contre le réchauffement climatique, a passé la journée d’hier à l’Assemblée nationale. Elle a fait quelques pas timides dans les jardins de l’hôtel de Lassay, aux côtés de Richard Ferrand, président de l’institution. Puis elle a rejoint la Cocotte-Minute de la salle Victor-Hugo, où l’attendait une nuée de députés et de journalistes. « Vous n’êtes pas obligés de nous écouter. Nous ne sommes que des enfants après tout. Mais vous devez écouter la science. C’est tout ce que nous demandons », a-t-elle lancé très calmement. En ligne de mire, ceux qui ont appelé à boycotter la rencontre, comme les élus LR Guillaume Larrivé et Julien Aubert.

« Nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques », avait écarté avec morgue le premier, quand le second qualifie Greta Thunberg de « prophétesse en culotte courte ». Une attitude grossière qui s’éloigne à la vitesse de la lumière du fond du problème, et offre le beau rôle aux députés de LaREM. Un comble. « La question, c’est surtout qu’il y a une contradiction extraordinaire à accueillir et applaudir Greta Thunberg le matin, puis voter le Ceta ensuite, alors que ce traité de libre-échange avec le Canada va dans le sens inverse de ce qu’il faut faire pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et sauver notre planète », s’indigne le député PCF André Chassaigne.

Le Ceta adopté avec 266 voix

Interrogée sur la question par les insoumis et la presse, Greta Thunberg n’a pas commenté, conservant sa ligne de défense habituelle : « Je me réfère simplement à la science. » Les jeunes Français également invités ne sont par contre pas gênés pour envoyer un message plus tranché. « Nous ne sommes pas obligés de faire venir du bout du monde des marchandises dont nous n’avons pas besoin. Nous ne sommes pas obligés de faire passer le bien-être du commerce au-dessus du bien-être de la planète », a asséné Ivy Fleur, membre comme les autres du mouvement international Youth for Climate. « Il y a 67 millions de Français. En démocratie, ce serait bien de leur demander leur avis, c’est aussi ça le sujet », a poursuivi Virgile Mouquet, qui ajoute : « Je vous garantis que dans nos mobilisations, il y en a beaucoup qui sont contre. »

Cela n’a pas empêché la Macronie de ratifier le traité, par 266 voix contre 213, après une séance de questions au gouvernement revenant sans cesse sur le Ceta, dans une atmosphère très tendue. Fait rare, 9 députés LaREM ont voté contre et 52 se sont abstenus. Ce qui fait du Ceta le texte ayant le plus clivé la majorité à ce jour. Preuve que les arguments du gouvernement, qui ment avec constance sur ce traité, n’ont pas pollué tous les esprits. Preuve aussi que les lignes bougent – certes trop lentement – et que certains macronistes ont entendu le message fondamental qui leur avait été lancé.

Car l’égérie suédoise a clairement appelé les députés à faire diminuer les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre, citant à de nombreuses reprises les chiffres alarmants des experts du Giec, aux côtés de la climatologue Valérie Masson-Delmotte. « C’est presque comme si vous ne saviez pas que ces chiffres existent. Comme si vous n’aviez pas lu le dernier rapport dont dépend l’avenir de notre civilisation », a-t-elle regretté. Et la citoyenne du monde de porter plus loin l’estocade : « Peut-être simplement que vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Cette charge, vous nous la laissez à nous, les enfants. Et nous devenons les affreux qui doivent dire aux gens des choses pas faciles. »

Symbole d’un monde qui tourne à l’envers, ce sont les enfants qui tentaient hier d’éduquer les parents et les invitaient à respecter les scientifiques. « La jeunesse ne vous supplie pas. Elle se contente, d’égale à égale, de vous regarder droit dans les yeux, et de vous enjoindre à mener la grande lutte climatique avec elle », a développé Alicia Arquetoux, qui prévient : « La loi française punit ce qu’on appelle la non-assistance à personne en danger. Alors aidez-nous à sauver notre futur. »

Élisabeth Borne n’est pas venue

Les députés LaREM présents ont dit tout leur bonheur d’être là. « Merci beaucoup. Surtout ne lâchez rien ! » a enjoint Brune Poirson, qui représentait le gouvernement avec la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon, puisque la ministre de l’Écologie, Élisabeth Borne, n’avait pas fait le déplacement. « J’ai entendu beaucoup d’entre vous nous remercier de vous donner de l’espoir. Mais vous n’avez pas compris. Plutôt que de louer ce que nous faisons, essayez, vous, de faire quelque chose », a répondu Greta Thunberg. Pas dupe des tentatives de récupérations politiques qui peuvent exister, elle a ainsi mis en garde ses auditeurs : « Le plus grand danger, c’est lorsque les entreprises et les politiques font semblant d’agir alors que rien n’est fait, sauf de grandes compagnes de communication. »

Le gouvernement n’avait visiblement pas entendu cet appel. Pour défendre le Ceta, Jean-Baptiste Lemoyne a osé s’exclamer: « Oui à Greta, oui au Ceta ! » Peut-être faut-il lui rappeler le discours de la lycéenne lors de la COP24 : « Notre biosphère est sacrifiée pour que les riches des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre. Et si les solutions au sein du système sont impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. »

Aurélien Soucheyre

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Il faut savoir tirer les enseignements de l’échec des belles paroles…Et des beaux parleurs !

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2019

 

 

Grèce : défaite logique de Tsipras

Mercredi 17 juillet 2019, par  auteurs à lire, popularité : 100%

 

Une analyse du dernier scrutin grec (législatives du 7 juillet 2019) publié sur le magazine Marianne et écrit par Olivier Delorme, écrivain, historien et auteur de « La Grèce et les Balkans, du Vème siècle à nos jours » (Gallimard, 2013) et « 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe » (H&O, 2016). Ce que l’auteur ne dit pas, c’est que Tsipras, ce Macron grec, copine depuis longtemps avec Pierre Laurent. N’oublions pas que sous sa direction et celle de Buffet, le KKE (parti communiste grec) a été évincé de la fête de l’Huma au profit de Syriza qui, chaque année, nous vante sans honte les formidables avancées du gouvernement Tsipras, de quoi refroidir les quelques travailleurs français qui voudraient rejoindre le PCF. Qui se souvient également de la préface au bouquin de Pierre Laurent « Maintenant, prenez le pouvoir« , préface signée par Tsipras ? Il y a encore du boulot pour remettre en état de marche le PCF, et notamment faire le ménage dans ses relations internationales…
PB


Il faut savoir tirer les enseignements de l'échec des belles paroles...Et des beaux parleurs !  dans POLITIQUE

Hier, les Grecs ont sèchement congédié Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir après les élections législatives de janvier 2015. Ces élections du 7 juillet 2019 sont celles qui ont le moins mobilisé les électeurs (42,08 % d’abstention) depuis le rétablissement de la démocratie en 1974 à l’exception du scrutin de septembre 2015 (43,43 %) consécutif à la trahison par Tsipras des résultats du référendum de juillet. Elles sont aussi celles où, depuis plus de trente ans, le parti arrivé en deuxième position affiche, avec 31,5 % pour Syriza, l’un des plus bas scores, et l’un des plus importants écarts (8,32 %) avec le parti majoritaire, Nouvelle démocratie (39,85 %) qui, avec 158 sièges sur 300 au Parlement, gagne une majorité absolue qu’aucun parti n’avait plus obtenue depuis 2009.

Tragédie grecque

C’est que, contrairement à ce que chantent sur tous les tons depuis des mois les dirigeants européens, la presse occidentale dans sa quasi-totalité et Tsipras lui-même, la Grèce ne va pas mieux. Sauf à considérer qu’un excédent budgétaire primaire exclusivement utilisé à payer des créanciers qui font leur beurre avec la dette grecque serait un signe de santé retrouvée. Alors même que cette dette, après dix ans de déflation imposée par l’UE, est au plus haut par rapport à un PIB qui a fondu dans des proportions qui rendent insignifiant le vague rebond de la croissance depuis deux ans.

C’est aussi que le peuple grec ne partage pas l’avis des dirigeants européens et de la presse occidentale dans sa quasi-totalité, quand ils célèbrent en Tsipras la mutation d’un leader qui se présentait de gauche radicale et qui était donc, forcément, un démagogue irresponsable, en homme d’État qui a eu le courage d’imposer les réformes et les sacrifices, durs mais nécessaires, différés depuis trop longtemps.

Car la novlangue euro-libérale ne peut indéfiniment masquer les réalités tragiques de ces réformes et de ces sacrifices dont Syriza et Tsipras se sont faits les agents zélés, le mémorandum qu’ils ont accepté de mettre en œuvre à l’été 2015 – concocté par l’UE, la BCE et le FMI – étant pire que les deux précédents réunis. Ces réalités, ce sont un chômage de masse qui n’a fléchi qu’en raison de départs en émigration qui vident le pays de ses forces vives et de ses capacités de rebond. Ce sont la vaporisation du droit du travail, l’effondrement des revenus des ménages (entre 30 % et 50 % en dix ans), la spoliation des biens immobiliers des petits propriétaires endettés auprès du fisc ou des banques (Syriza ayant fait sauter, sous pression européenne, la sanctuarisation du domicile principal), le bradage des infrastructures et des biens communs de toute sorte à des intérêts privés étrangers, l’insécurité alimentaire, énergétique et la privation d’accès aux soins pour un nombre croissant de Grecs, le délabrement accéléré du système éducatif et de l’hôpital publics… Toutes choses qui correspondent évidemment à ce qu’attendait l’électorat qui a porté au pouvoir Syriza en 2015 !

Au final, ce à quoi Alexis Tsipras a présidé, durant quatre ans et demi, c’est à l’extinction de la classe moyenne grecque : aujourd’hui, ce sont les deux tiers des Grecs qui se trouvent sous le seuil de pauvreté ou menacés d’y sombrer à plus ou moins brève échéance. Quand un tiers continue pour l’heure à s’en tirer tant bien que mal, et qu’une mince couche (d’une bourgeoisie que les marxistes d’antan appelaient compradore et qui, parfaitement à l’aise dans la mondialisation dès avant la mondialisation – les armateurs par exemple – a toujours fondé sa fortune sur son rôle d’intermédiaire avec un étranger dominant) a continué à s’enrichir sans avoir jamais rien eu à redouter d’un gouvernement de gauche radicale.

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Tsipras : du combat syndical à la capitulation néolibérale

Quant à l’homme Tsipras, son itinéraire fut celui d’un syndicaliste étudiant passé aux responsabilités politiques, directement et avec une rapidité étonnante, lorsque se constitua, en 2004, la Coalition de la gauche radicale (Syriza), fédération de formations comprenant des dissidents du Parti communiste qui avaient quitté la maison mère en plusieurs vagues, des militants de différents courants d’extrême gauche, d’eurosceptiques, d’écologistes, de mouvements citoyens… C’est à Alékos Alavanos, premier président de Syriza (2004-2009), que le jeune homme pressé de 35 ans dut son ascension fulgurante à la tête du parti en 2009 : Alavanos quittera Syriza en 2011 avec des mots très durs pour ce poulain qu’il a poussé et qui va se révéler un politicien à l’opportunisme et au sens tactique redoutables – faute de vision stratégique, comme le montrera sa pratique du pouvoir.

C’est à cette époque, et sous l’impulsion de Tsipras, que Syriza change de nature. Boîte à idées plus que formation qui compte sur l’échiquier électoral, la crise de 2009-2010 le transforme, pour beaucoup de Grecs, en recours face à un bipartisme épuisé qui règne en maître depuis 1981. Tsipras affiche alors son soutien aux puissantes manifestations contre les premiers mémorandums et affirme vouloir rompre avec leur logique austéritaire.

Par ailleurs, la capitulation du gouvernement socialiste de Georgios Papandréou devant l’UE, la BCE et le FMI, l’entrée du Parti socialiste panhellénique (PASOK) dans le gouvernement du banquier non élu Papadimos (2011-2012) aux côtés de la droite et de l’extrême droite, imposé au terme d’un véritable coup d’État européen, déchaîne une vague de haine populaire contre les hiérarques et élus de ce parti. Beaucoup choisissent alors de quitter le navire en perdition et tentent de sauver un siège ou une carrière en ralliant Syriza. Leur poids ne cessera plus d’en infléchir la ligne. D’autant que Syriza passe de 4,6 % aux législatives de 2009 à 16,8 % lors de celles de mai 2012 qui donnent une chambre ingouvernable et à 26,9 % lors du scrutin de juin. Tsipras comprend alors qu’il a l’opportunité d’occuper la place laissée vacante par un PASOK en déroute, dans un paysage politique en ruines : le programme du parti est revisité dans la précipitation afin de le rendre compatible avec les exigences européennes et celles des marchés.

Mais bien plus que sur un programme, c’est sur deux mots d’ordre – le retour à la dignité nationale et « plus un sacrifice pour l’euro » – que Tsipras et Syriza remportent 36,3 % des suffrages en janvier 2015, ne ratant que de quelques sièges la majorité absolue à l’Assemblée.

Dès lors s’engage un bras de fer avec les créanciers – réel ou mimé, il est impossible de trancher aujourd’hui, mais la suite justifie qu’on pose la question. Dès l’accord intérimaire de février 2015 avec ces créanciers, le vieux et inflexible résistant Manolis Glézos, maintes fois arrêté, torturé, détenu entre 1941 et 1974, deux fois condamné à mort, élu européen de Syriza en 2014, sonne l’alarme avec des mots très durs sur la dérive d’un pouvoir dans lequel il ne se reconnaît plus. Puis ce sera l’épisode du référendum de juillet : organisé par Tsipras pour être perdu et ne pas endosser la responsabilité d’une politique qu’il avait déjà acceptée ? Là encore il faut poser la question sans pouvoir y répondre.

Dès lors, le peuple grec ayant refusé la soumission dans un réflexe patriotique dépassant largement l’électorat de Syriza, et Tsipras ayant choisi d’en trahir aussitôt le résultat, s’amorce une suite sans fin de capitulations masquées derrière des discours en forme de communiqués de victoire. Tandis qu’une partie des premières équipes de Syriza se retire de la politique, d’autres tentent de créer des formations d’opposition qui ne percent pas (le 7 juillet, la formation de l’ex-ministre des Finances Varoufakis a cependant franchi tout juste le seuil d’éligibilité des 3 %), tant le fait d’avoir été associé au premier gouvernement Tsipras génère le discrédit. Tant la trahison par Tsipras des promesses qui l’avaient porté au pouvoir génère le discrédit DU politique.

Enfin, la signature des accords de Prespa avec la République dite désormais de Macédoine du Nord, sous la pression intense de l’Allemagne et des États-Unis afin d’étendre l’OTAN dans le cadre de la néo-guerre froide anti-russe (extension bloquée jusque-là par le veto grec), a paru à beaucoup de Grecs comme une trahison des intérêts fondamentaux du pays. Car il a réveillé les souvenirs de la slavisation forcée de la Macédoine grecque durant l’occupation bulgare de 1941-1944, comme ceux de la guerre civile des années 1946-1949, dans laquelle le Parti communiste grec paya le soutien yougoslave de son ralliement à un projet de rattachement de la Macédoine grecque à un État macédonien socialiste à majorité slave : hier, Syriza a perdu entre 9 % et 15 % dans les départements du nord du pays.

Sans doute, dans leur grande majorité, les Grecs n’attendent-ils rien – et surtout rien de bon – d’une droite dirigée par une caricature du vieux système clanico-clientéliste qu’ils avaient voulu congédier en votant Syriza en 2015. Mais voilà, depuis les élections de septembre 2015 qui, malgré la trahison des résultats du référendum, avaient confirmé le rejet du vieux système et donné sa chance à Syriza, le désarroi devant les reniements de Tsipras s’est transformé en colère, la colère en rage, et parfois en haine, pour un parti et un homme qui avaient promis le retour à la dignité et la fin de l’austérité alors qu’ils ont seulement démontré que, dans le cadre de l’UE et de l’euro, la gauche radicale est une droite comme les autres.

Publié sur le magazine Marianne

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Si vous n’avez pas de sou pour la soutenir, lisez l’Huma en l’achetant tous les jours…

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2019

 

 

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LE PARCOURS DU COMBATTANT DES VICTIMES DE VIOLENCES POLICIÈRES

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2019

 

 

Cela fait trois ans qu’Adama Traoré est mort dans le cadre de son interpellation par des gendarmes. Marche pour Adama, à Beaumont-sur-Oise, samedi dernier. Magali Bragard<br />

Cela fait trois ans qu’Adama Traoré est mort dans le cadre de son interpellation par des gendarmes. Marche pour Adama, à Beaumont-sur-Oise, samedi dernier. Magali Bragard
 

LE PARCOURS DU COMBATTANT DES VICTIMES DE VIOLENCES POLICIÈRES

Lundi, 22 Juillet, 2019

Procédures interminables, expertises médicales douteuses, manque d’investigations : dans l’affaire Adama Traoré comme dans bien d’autres cas semblables, le chemin des familles pour obtenir « vérité et justice » est toujours semé d’embûches.

 

Trois ans après le décès d’Adama Traoré, le jour de ses 24 ans, dans la cour de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), on ne sait toujours pas dans quelles conditions le jeune homme est mort. Dire et répéter, jusqu’à ce jour, qu’il a été asphyxié sous le poids de trois gendarmes lors d’une brutale interpellation, c’est le combat acharné d’Assa Traoré, la sœur de la fratrie, et du Comité Adama, qui organisait, samedi, une marche contre les violences policières (lire notre reportage en page 6). Cette lutte, devenue emblématique, fait écho au véritable parcours du combattant auquel se livrent mutilés et familles.

La bataille commence dès les premières heures après les violences. « Les familles sont perdues, car elles vivent un drame, témoigne Amal Bentounsi, la sœur d’Amine, tué d’une balle dans le dos par un agent, et cofondatrice de l’association Urgence, notre police assassine. Elles ignorent les démarches juridiques à engager et peuvent tomber dans les pièges tendus par les autorités, comme accepter d’enterrer rapidement le corps du défunt. » D’où l’importance de bénéficier des conseils de militants habitués à ces problématiques de violences policières. Car, très vite, il faut tenter de rassembler des preuves. En cas de blessures ou de décès, il revient aux victimes ou à leurs proches d’exiger un certificat médical précis, établi par un médecin légiste. Les familles peuvent aussi mener une enquête de voisinage pour retrouver une personne ayant entendu, vu, voire filmé la scène. « En fait, on fait le travail que les flics ne font pas, alors qu’on devrait pouvoir faire notre deuil tranquillement ! » s’indigne Amal Bentounsi. Cette quête de preuves n’est jamais de tout repos. Dans des quartiers où la pression policière est forte, les témoins craignent parfois des représailles d’agents, notamment si les accusations de violences visent un collègue du même commissariat. Persuader ces témoins de verser des images au dossier est capital, même si cela ne suffit pas toujours à établir l’illégitimité des violences.

Comme le rappellent plusieurs avocats, en France, lorsqu’un habitant des quartiers populaires porte plainte contre un policier, sa parole n’est pas toujours prise au sérieux par la justice. « Leur crédibilité n’est pas la même que quand il s’agit d’une victime blanche, habitant un centre-ville, résume Me Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Un doute apparaît dans le regard de l’interlocuteur policier ou judiciaire du simple fait que le plaignant vient d’un de ces quartiers, qu’il est arabe ou noir. Ce sont des victimes invisibles. » Régulièrement aussi, les victimes font face à des tactiques policières redoutables pour décrédibiliser leur parole. « Il y a une criminalisation quasi systématique : les policiers poursuivent les plaignants pour “outrage”, “rébellion” ou “violences”, constate Me Alice Becker, avocate de plusieurs gilets jaunes. On assiste à une inversion des rôles : le plaignant doit se justifier sur tout, comme s’il était le mis en cause. » Or, quand un policier dit avoir subi des violences, la justice ne traîne pas des pieds. « Les personnes sont souvent déférées, en comparution immédiate, en quatre jours au maximum et écoperont d’une condamnation. Alors que, pour les fonctionnaires mis en cause, on va attendre des années », pointe Me Becker. Du temps perdu, pour pas grand-chose : le plus souvent, les plaintes déposées par les victimes aboutissent à des classements sans suite par les parquets.

Des enquêtes biaisées, une justice compromise

Lorsque la plainte arrive jusqu’au palais de justice, débutent de nouvelles épreuves pour les parties civiles. Comme, par exemple, celle de devoir faire face à des mensonges patents, même après des années de combat. Il en aura fallu sept pour prouver la responsabilité du fonctionnaire Jean-Yves Césaire dans la blessure au visage de Geoffrey Tidjani, visé en 2010 par un tir de lançeur de balles de défense (LBD) devant son lycée, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Au procès, l’agent ment en invoquant la légitime défense à la suite d’une « pluie de projectiles » dans un contexte d’« émeutes urbaines ». Des vidéos contrediront les explications du policier : le lycéen ne faisait que pousser une poubelle… En 2017, l’homme est condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis pour « violences volontaires », mais aussi « faux et usage de faux », pour avoir menti sur procès-verbal. La cour annulera pourtant l’interdiction professionnelle prononcée en première instance. « En France, on peut mutiler un jeune devant son lycée avec une arme de guerre, faire un faux en écriture pour l’envoyer en prison et continuer son métier de policier avec la bénédiction de la justice », dénonce Christian Tidjani, le père de la victime. De fait, les peines, quand il y en a, restent la plupart du temps légères et peu dissuasives.

Car la justice est timide en matière de violences policières. « C’est compliqué d’obtenir des investigations détaillées », estime Me Jean-Louis Borie, avocat de la famille de Wissam El-Yamni, ce Clermontois de 30 ans décédé en 2012 après une violente interpellation. Sept ans après l’ouverture d’une information judiciaire, l’enquête ignore encore des faits troublants, comme la disparition de 26 photos prises par les enquêteurs au début de l’hospitalisation du jeune homme. Quant aux ordinateurs des policiers, l’un a été détruit, l’autre a vu son disque dur effacé. Et la ceinture que portait Wissam cette nuit-là s’est volatilisée… Ce qui fait beaucoup de mystères pour une seule instruction. « L’enquête a été biaisée dès le départ, en étant réalisée par la sûreté départementale, c’est-à-dire des proches des collègues concernés. Dans leurs premières déclarations, les policiers répètent tous les mêmes mots. Ça interroge », analyse Me Borie. Il y a aussi les cas où la justice regarde carrément ailleurs. Dans le dossier Ali Ziri, un retraité algérien de 69 ans mort en 2009 après un contrôle, les trois juges d’instruction successifs n’ont même pas estimé utile d’auditionner les fonctionnaires concernés. Ni les témoins présents au commissariat. Ni de visionner les caméras de la cour du commissariat. « C’est proprement scandaleux ! assène Me Stéphane Maugendre, l’avocat de la famille Ziri à l’époque. Lorsque des policiers sont mis en cause, on ne doit pas instruire a minima. La justice doit être irréprochable. » Malgré cette enquête bâclée, la cour d’appel avait confirmé en 2014 le non-lieu.

Et quand les instructions ne sont pas enterrées, c’est souvent grâce à la persévérance des familles. Commandée par les proches d’Adama Traoré, la dernière expertise médicale a relancé une affaire passablement enlisée. Ses résultats ont contredit les conclusions de l’enquête rendue en décembre par les juges, en pointant « l’asphyxie mécanique » due aux méthodes d’interpellation. De quoi convaincre les juges de ne pas en rester là, alors que l’hypothèse d’un non-lieu se profilait. La lenteur des procédures ajoute néanmoins aux difficultés des plaignants. « La justice est volontairement longue ! s’indigne Assa Traoré. On ne lâchera rien, même si ce système essaye de nous essouffler. » Cette mère de famille a mis entre parenthèses sa vie professionnelle pour mener son combat, qui entraîne des frais financiers colossaux. « La vente des tee-shirts et les dons nous permettent de tenir », précise-t-elle. Il n’est pas rare que les familles de victimes, aux faibles ressources, soient obligées d’ouvrir des cagnottes en ligne pour payer les frais d’avocats, les expertises médicales et l’organisation des rassemblements.

Aujourd’hui, trois ans après la mort de son frère, Assa Traoré entend faire du dossier Adama une tribune pour les habitants des quartiers frappés par les violences. Au-delà de l’affaire, « c’est un système que nous voulons briser : celui de la machine à fabriquer les non-lieux ». « Un pays sans justice est un pays qui appelle à la révolte », prévient Assa Traoré.

Lola Ruscio

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