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PARLEMENT. VERS UN « ACTE II » TOUJOURS PLUS ANTISOCIAL

Posté par jacques LAUPIES le 12 juin 2019

 

 

«	C’est la même politique, avec les mêmes ministres, le même cap libéral qui n’a pas bougé d’un iota et se consolide toujours plus à droite. Le plan prévu depuis le début continue	» dénonce Sébastien Jumel, avant l’intervention du premier ministre. S.Lemouton/REA<br />

« C’est la même politique, avec les mêmes ministres, le même cap libéral qui n’a pas bougé d’un iota et se consolide toujours plus à droite. Le plan prévu depuis le début continue » dénonce Sébastien Jumel, avant l’intervention du premier ministre. S.Lemouton/REA
 

PARLEMENT. VERS UN « ACTE II » TOUJOURS PLUS ANTISOCIAL

Mercredi, 12 Juin, 2019

Édouard Philippe annonce aujourd’hui à l’Assemblée nationale quelle sera la feuille de route du gouvernement. Loin de ralentir, l’exécutif entend s’attaquer aux retraites et à l’assurance-chômage.

 

Emmanuel Macron n’a pas changé de premier ministre. Édouard Philippe est toujours là et n’a pas servi de fusible pendant l’affaire Benalla, au plus fort du mouvement des gilets jaunes ou au lendemain des élections européennes. Logique : dans les trois cas, c’est Emmanuel Macron lui-même qui était au centre du jeu et des critiques. Mais voilà qu’arrive « l’acte II » du quinquennat. Il paraîtrait qu’un énième « changement de méthode » se profile. La seule inflexion à avoir filtré reste que le premier ministre ne sera pas cette année court-circuité par la convocation d’un congrès à Versailles, comme cela avait été le cas en juillet 2017. Pas la peine, surtout si Édouard Philippe ne fait que reprendre ce qui avait été dit par le président au lendemain du grand débat national…

Lui laisser le soin d’annoncer la « feuille de route » lors du discours de politique générale prévu aujourd’hui devant l’Assemblée et demain au Sénat ne signifie donc pas que les manettes lui sont confiées. Et encore moins que l’exécutif entend changer d’objectifs. « Ce n’est pas l’acte II. C’est l’acte 1.0. C’est la même politique, avec les mêmes ministres, le même cap libéral qui n’a pas bougé d’un iota et se consolide toujours plus à droite. Le plan prévu depuis le début continue », prévient le député PCF Sébastien Jumel. Ce ne sont pas les parlementaires LaREM qui le contrediront. « J’attends surtout un changement de méthode dans la façon dont on communique. Il faut plus de pédagogie, mieux expliquer ce que l’on fait, quels seront les bénéfices et à quel moment », indique Christophe Blanchet, député LaREM. Du changement sur l’emballage donc, pas sur le fond.

« Rien de fondamental sur l’urgence démocratique »

Olivier Véran, lui aussi membre de la majorité, espère un « beau discours ». Quel en sera le contenu ? « C’est la poursuite des réformes. Sur les retraites, l’assurance-chômage, la bioéthique, la Constitution. Là où j’attends quelque chose, c’est sur la question du calendrier. C’est vraiment le problème car on a envie de tout bouger, de tout réformer », affirme-t-il. Mais, au-delà de l’agenda, beaucoup s’interrogent sur le contenu. « J’attends de belles mesures pour l’écologie. Un avant et un après. Si ce n’est qu’un discours d’autosatisfaction et de méthode, la déception sera immense », insiste Matthieu Orphelin, qui a quitté le groupe LaREM.

« Rien de fondamental n’a pour l’instant été retenu sur l’urgence écologique, sur l’urgence sociale et sur l’urgence démocratique », regrette Sébastien Jumel, qui s’alarme du sens pris par les projets de réformes. Celle des retraites pourrait repousser l’âge légal de départ à taux plein à 64 ans. Au mieux, car « un système par points, en fonction de ce qui est retenu, peut amener à faire exploser les inégalités de pensions et d’âges départ ». Celle de l’assurance-chômage amènerait, selon le communiste, à « la chasse et la culpabilisation des chômeurs, en plus de la contraction des allocations pour égratigner les droits les plus élémentaires ».

Les LR courtisés et méprisés par LaRem annoncent un vote contre

De quoi voter contre lors du scrutin prévu ce jour. Idem au PS. « On nous annonce tous les 15 jours qu’on va changer de discours. On nous annonce la jambe gauche. Mais c’est de l’esbroufe. L’acte II sera comme l’acte I. D’autant plus que LaREM a mené une campagne très libérale lors des européennes », mesure Boris Vallaud. « Je m’attends à un durcissement sur la droite. Les macronistes estiment avoir gagné. Ils ne se sont pas rendu compte qu’ils ne sont pas premiers et qu’il y a encore moins de gens qui les soutiennent. Ils pensent que le résultat électoral des européennes traduit le rapport de forces dans le pays, que la route est libre. Ce n’est pas le cas », analyse Éric Coquerel pour la FI.

Quant aux LR, à la fois courtisés et malmenés par LaREM, ils ont annoncé un vote contre. « C’est la majorité qui détermine l’attitude de l’opposition. Or nous sommes sans cesse méprisés. Nous faisons face à un sectarisme invraisemblable. Nous voterons donc contre la confiance », répond Christian Jacob. Tout en reconnaissant des points d’accord idéologiques qui en annoncent d’autres : « Nous continuerons à voter sans états d’âme les textes quand ils sont bons, au cas par cas, comme nous l’avons fait pour les ordonnances sur le travail ou la SNCF. »

Aurélien Soucheyre

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Interdit d’interdire : Michel Onfray et Juan Branco : le pouvoir en question

Posté par jacques LAUPIES le 11 juin 2019

 

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URGENCES : je dis à la « sinistre » de la Santé, il va y avoir des morts cet été (Fabien Roussel)

Posté par jacques LAUPIES le 11 juin 2019

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Il ne faut pas renoncer à la notion de gauche qui demeure qu’on le veuille ou non un lieu de rassemblement porteur de valeurs unitaires. Cela dit il ne faut pas se cacher que pour en arriver là nous nous heurtons à de sérieux obstacles : le premier étant la faiblesse de notre intervention dans la nécessaire lutte idéologique face à tous les tenants du libéralisme économique et politique. Une faiblesse caractérisée par la pression médiatique constante, répétée, diversifiée dans son souci essentiel de contenir voire détruire toute contestation populaire et cela sous l’égide de la classe dominante

Posté par laupiesjacques le 10 juin 2019

Certains nous diront :  « ce n’est pas nouveau ! » Sur le fond sûrement pas mais sur la forme il y a tout de même d’importants changements et bien naïf celui qui croit que les « recompositions politiques auxquelles nous assistons »  ne feraient pas pas partie d’une stratégie  bien réfléchie au niveau des décisionnaires de la grande bourgeoisie (celle qui possède l’essentiel des richesses produites non seulement en France mais aussi dans le monde) Si les liens organiques sont difficile à établir, les orientations idéologiques et politiques sont bien là de même que les manoeuvres de terrain !
Ce sont ceux là qui nous fabriquent ou encouragent la réussite des partis nécessaires à la poursuite de leur domination. Le FN devenu RN, le « centre gauche »et la social démocratie et à présent le « centre droit » et les libéraux devenant LRM ne tombent pas du ciel. Ils sont la conversion nécessaire pour duper les français comme d’autres ajustements pour endormir les italiens, les espagnols et bien d’autres peuples. Mais cela ne s’arrêtera pas là : d’autres courants y compris se réclamant de la gauche pourraient, s’il le fallait, être utilisés aux mêmes fins d’une diversion dont l’issue pourrait être fatale ! Les Verts notamment sont une proie facile pour ce genre d’opération car dirigés essentiellement par des éléments issus  de catégories dites »moyennes supérieures »mais dont la base trouve souvent des adeptes parmi une petite bourgeoisie prétendument intellectuelle !
Extirper de ce piège des masses d’individus de ce piège et dire à tous ceux qui se lamentent sur leur sort en tombant épisodiquement dans les pièges d’un nouveau sauveur : « Vous vous êtes fait avoir mais n’ayez crainte on vous  prépare le prochain » C’est tellement facile avec les institutions françaises que les paris peuvent être pris pour miser sur le prochain d’ici quelques encablures de la prochaine consultation présidentielle.
Avec tous ces rats qui quittent les bateaux des tenants de  la politique traditionnelle française sera vite constituée une nouvelle force susceptible de nous balader cinq ans de plus !
Alors comme disait Lénine « Que faire ? » Pour lui la réponse semblait claire comme le relève ce texte retiré de wikipédia :
« Selon Lénine, les « économistes » et les « terroristes » ont en commun de tout miser sur la spontanéité des masses, et cela fait d’eux des opportunistes car ils renoncent à la diffusion de masse d’une conscience politique de classe. En conséquence, Lénine critique le travail « artisanal » des révolutionnaires de l’époque, ainsi que la dispersion des cercles ouvriers, peu efficace pour résister à la répression tsariste et pour réaliser un travail pérenne et cohérent ; la presse révolutionnaire, par exemple, est incapable d’être diffusée régulièrement pendant une période assez longue. Les principes d’organisation de Lénine sont donc la création d’un parti révolutionnaire centralisé, constitué de « révolutionnaires de profession » autour d’un journal de haut niveau considéré comme un organisateur collectif. Que faire ? constitue l’un des fondements du parti léniniste. Il fut l’une des œuvres-clés qui provoquèrent, quelques mois plus tard, la division entre les mencheviks et les bolcheviks. »
Si bien entendu la situation économique et politique dans nombre de pays soumis aux régimes libéraux n’est plus celle du début du siècle, il n’en demeure pas moins qu’une classe domine nationalement et mondialement et que c’est un leurre de croire que sans sa disparition l’émancipation des autres classes et catégories les composant serait possible. On peut toujours discuter de la méthode pour y parvenir, mais c’est une imbécillité de croire qu’elle disparaîtra sans une action organisée et soutenue et coordonnée  mondialement de partis révolutionnaires capables de convaincre et de faire agir comme il se doit les masses populaires ! Plus même renoncer à cela c’est laisser la porte ouverte aux méfaits des privilégiés du système et mettre le bien être des populations, la liberté et la  paix en péril !  (jacques.laupies@orange.fr)
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Fabien Roussel : « Le clivage gauche, droite, il faut lui redonner du sens. Quelle gauche ? La question fondamentale, c’est comment prendre le pouvoir sur la finance. Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que de produire des actes. » Photo Julien Jaulin/Hanslucas.
Fabien Roussel : « Le clivage gauche, droite, il faut lui redonner du sens. Quelle gauche ? La question fondamentale, c’est comment prendre le pouvoir sur la finance. Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que de produire des actes. » Photo Julien Jaulin/Hanslucas.

FABIEN ROUSSEL : « ALLONS PLUS LOIN. LA GAUCHE SE RECONSTRUIRA DANS L’ACTION »

Jeudi, 6 Juin, 2019
Dans un entretien accordé à l’Humanité Dimanche, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF voit dans le scrutin des élections européennes, un « point de départ » pour le mouvement communiste, et pour la gauche qu’il appelle à l’action commune. « C’est maintenant que tout commence… ».
Quels sont, pour vous, les grands enseignements des élections européennes ?
Emmanuel Macron, après avoir siphonné les voix du PS en 2017, siphonne celle de la droite en 2019 et réussit à imposer son parti dans le paysage politique en faisant de l’extrême droite son vrai-faux adversaire. Nos concitoyens ne pourraient plus faire autrement que de choisir entre l’extrême droite et le libéralisme à la sauce américaine. C’est terrible comme situation politique, parce que les forces progressistes sont diminuées. Qu’elles soient unies ou non, elles sont affaiblies. Les Français, à 50 %, sont restés chez eux et ne sont pas allés voter. Le Rassemblement national et Macron font chacun 5,5 millions de voix, quand 22 millions de Français ne sont pas déplacés pour aller mettre un bulletin dans l’urne. Je dénonce l’hypocrisie et la complicité de ces ultralibéraux au service de la finance qui prennent le risque de faire basculer notre pays et de le livrer à l’extrême droite. Les députés En marche ! se présentent comme un rempart contre l’extrême droite, dénoncent les dangers que représente le RN pour notre pays, mais dans les couloirs de l’Assemblée ou sur les plateaux télé, s’embrassent et cultivent leur complicité. Le RN et LaREM ont besoin l’un de l’autre. C’est extrêmement inquiétant. Il y a aussi la politique menée par Macron… Au lendemain de l’élection, nous tombent dessus en trois jours : la vente de Renault aux italiens ; l’annonce du plan social à Belfort ; et la liquidation de Whirlpool à Amiens. Évidemment que ça favorise la colère, la haine envers les puissants et les responsables politiques. Sauf que, aujourd’hui, la colère s’exprime avec un bulletin de vote RN. L’affaire General Electric est grave. Qu’il ne nous dise pas qu’il ne savait pas ! Macron a dit à son ancien conseiller, qui en est le directeur général, « attends la fin des élections pour annoncer le plan social ». Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est corruption et complicités ! Ce n’est pas l’impuissance de l’État que je dénonce mais sa complicité.
Comment interprétez-vous le score décevant du PCF ?
Le principal enseignement, c’est que, lorsque les Français sont en colère, ils utilisent le bulletin RN et non celui de la gauche ou du Parti communiste. Nous devons faire l’analyse de cette situation. Comment construire les conditions pour recréer l’espoir pour que, demain, nous, la gauche, soyons la solution. Une gauche anticapitaliste, une gauche qui s’attaque au modèle économique. Une gauche qui remet en cause les logiques économiques actuelles. Dans cette campagne, nous avons réussi à mobiliser les militants. Nous avons réussi à convaincre des soutiens très divers au-delà des rangs du Parti communiste. Beaucoup de responsables syndicaux, d’intellectuels se tournent de nouveau vers nous. Nous disposons d’une force qui est là, qui est riche et diverse. De plus en plus de gens croient, comme nous, qu’il faut profondément changer de modèle économique. C’est un acquis important de cette campagne que nous devons à notre présence à cette élection. Mais force est de constater que nous ne sommes ni rentrés dans le cœur des quartiers populaires, ni dans celui des ouvriers, des employés, des familles qui n’arrivent plus à vivre avec moins de 2 000 euros.
Pourquoi est-ce dans les catégories sociales les moins aisées que nous faisons le moins de voix ?
Nous devons comprendre pourquoi et résoudre ce problème. Nous devons aller parler aux abstentionnistes et à ceux qui utilisent un autre bulletin que le nôtre, pour leur dire que c’est le système qu’il faut changer en profondeur et que le Parti communiste apporte des réponses. Il faut que l’on redevienne une force politique qui parle prioritairement au monde du travail, aux classes populaires, aux salariés, aux employés et plus globalement à tous les exploités, qu’ils en aient conscience ou pas. Le plaisir fut grand de mener cette campagne. Nous avons été fiers d’utiliser le vote communiste pour exprimer ces idées, d’aller convaincre. Maintenant, allons plus loin. Macron veut installer le clivage « progressistes contre populistes », le RN joue les « mondialistes contre les souverainistes », la France insoumise oppose le « peuple » et l’« oligarchie », n’est ce pas la preuve que le clivage gauche-droite est dépassé ? Je pense qu’il faut redonner du sens à ce clivage-là.
Quelle gauche ?
La question fondamentale, c’est comment réussir à reprendre le pouvoir sur la finance ? Les financiers et ceux qui défendent le capital agitent toutes les peurs : celle de l’extrême droite, celle de l’étranger, celle de l’avenir de la planète… Certaines de ces problématiques sont légitimes mais on ne peut pas les dépasser sans jamais remettre en cause le système. C’est donc là le cœur de la question qui est posée à la gauche.
Est-ce qu’on peut trouver des points d’accord pour commencer à remettre en cause les fondements de ce système économique ? Autrement dit remettre du contenu de classe dans le clivage gauche-droite ?
La gauche doit prendre conscience, et nous avec, que les capitalistes sont très forts. Ils ont gagné une manche ces dernières années. Nous devons l’analyser lucidement, nous mettre autour de la table et nous poser la question de comment reprendre la main. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui d’avoir la réponse seul. Mais il faut avoir cette humilité-là. Ce que je sais, c’est que nous sommes très forts pour dénoncer les capitalistes, les financiers, ceux qui dominent. Mais beaucoup moins forts pour parler et convaincre ceux qui sont exploités, ceux qui sont dominés. Le monde du travail est fort quand il est uni. Nous devons changer ce modèle économique pour remettre l’homme et la planète au cœur de tous les choix. Unis, nous serons plus forts pour reprendre le pouvoir sur la finance et décider de nos vies. Ce n’est pas qu’une question d’addition, c’est une question de bataille idéologique. Dans ce contexte, la question écologique devient de plus en plus centrale… Il faut s’adresser à la jeunesse, à ceux qui ont placé l’écologie en tête de leurs préoccupations et leur dire qu’il n’y aura pas de politique écologique sans remettre en cause le modèle économique. Le capitalisme vert, ça n’existe pas. J’ai toujours dit que cette question devait être une priorité pour nous. Le Parti communiste français, c’est l’humain et la planète d’abord. C’est clair. La seule solution pour exprimer l’urgence écologique n’est pas le bulletin Vert. Le PCF a des propositions et un projet communiste qui répond au défi écologique et climatique. Nous devons montrer leur lisibilité et leur cohérence. C’est un problème de culture politique, de prise de conscience. Nous devons convaincre les jeunes et, pour cela, nous devons être encore plus nombreux. Nous appelons donc à un renforcement important de notre parti en nombre d’adhérents pour avoir plus de moyens humains, pour aller parler dans les lycées, les universités, les usines et les entreprises, pour convaincre de l’urgence à changer de modèle de société. Au soir des européennes, un camarade est venu me voir et m’a dit : « C’est maintenant que tout commence. » J’ai apprécié cette formule. Cette campagne est un point de départ. En 2017, la France Insoumise ne faisait plus référence à la gauche.
En 2019, les Verts ne font plus référence à la gauche et ils arrivent en tête. La notion de gauche a-t-elle fait son temps selon vous ?
Je ne crois pas qu’il s’agisse pour nous de faire pareil. La gauche, si elle est disqualifiée dans les urnes, existe toujours dans les têtes. Comme la droite, qui a bien compris que Macron pouvait devenir son nouveau poulain. Cela dit, ces élections posent un certain nombre de questions et il va falloir prendre le temps de la réflexion. Je veux prendre le temps de me poser, d’écouter, d’étudier, de parler avec les militants. Je vais entamer une tournée des entreprises pour aller à la rencontre de ces salariés du public et du privé, échanger avec eux. Pour entendre leurs mots, ce qu’ils vivent dans leurs entreprises.
Mais n’est-on pas à la fin d’un cycle, y compris pour la gauche ?
Oui, la gauche peut disparaître et il peut y avoir demain un paysage politique structuré entre l’extrême droite qui fait peur et les démocrates qui seraient les sauveurs. Ça serait terrible. Pour déjouer ce piège, il faut faire ce qu’ont fait nos anciens en 1789 ou lors la Commune de Paris, il faut se remettre à rêver d’un projet d’émancipation humaine égalitaire. Un programme, ça ne suffit pas. Il faut réussir à se projeter dans un rêve humaniste, progressiste, communiste qui redonne envie de s’engager en politique au sens noble. Pas pour une boutique mais pour un projet de société.
Allez-vous rencontrer les autres forces de gauche prochainement ?
Oui, mais ça ne réglera pas tout. C’est facile de se retrouver avec des forces de gauche autour d’un café pour se mettre d’accord ou se dire qu’on n’est pas d’accord. C’est autrement plus difficile d’aller convaincre 10 millions d’électeurs qu’il est possible de changer la société ensemble. Je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, je suis disponible pour discuter avec tout le monde sans préalable et sans dire qu’on a une réponse toute faite. Après, il va y avoir des élections municipales. C’est un scrutin local, que les Français aiment bien. Le mode de scrutin permet les rassemblements les plus larges. Créons les conditions partout pour faire gagner des majorités qui vont porter des idées nouvelles et produire des actes nouveaux. Des élus qui vont défendre des services publics locaux, la gratuité des transports, l’écologie… qui vont se battre pour redonner des moyens aux communes et battre la droite de Macron et l’extrême droite. Mais la gauche, ça ne peut pas être que des alliances électorales. Comment fait-on pour empêcher la privatisation d’ADP ? Comment fait-on pour gagner un moratoire sur toutes les fermetures de services dans les hôpitaux publics ? Pour que la ligne Perpignan-Rungis, le train des primeurs, ne ferme pas ? Pour empêcher les fermetures d’usines ? C’est concret, c’est maintenant et ça change la vie des gens. On peut mener ces batailles ensemble, gagner ensemble dans le respect des identités de chaque force. « C’est dans l’action que la gauche se reconstruira. » Je pense que, aujourd’hui, il y a besoin surtout de rassembler celles et ceux qui veulent transformer radicalement la société. Il faut aller plus loin que la « gôche » avec un accent circonflexe. Produisons les idées qui vont nous permettre de sortir du capitalisme, une rupture heureuse avec la société actuelle vers une nouvelle société. Des gens qui veulent le faire, il y en a chez les insoumis, chez les Verts, chez les socialistes et chez les communistes bien sûr, mais il y en a beaucoup plus en dehors de nos partis ! Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que d’additionner les idées, les gens et produire des actes.
Quand les gilets jaunes disent que les politiques, « c’est de la merde », et qu’il y a trop de députés. Quand j’entends des responsables syndicaux qui disent : « La politique, ça ne m’intéresse pas, j’en fais pas. » C’est ça qui doit nous préoccuper. Il faut les convaincre qu’il faut qu’ils s’intéressent à la politique. Parce que d’autres le font et construisent leur avenir à leur place. Ce sera long mais c’est incontournable pour changer le rapport de forces dans notre pays. Oui, c’est maintenant que tout peut commencer.
Entretien réalisé par Stéphane Sahuc et Cédric Clérin

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LES MULTINATIONALES SOUSTRAIENT 36 MILLIARDS DE PROFITS À L’OEIL DU FISC FRANÇAIS

Posté par jacques LAUPIES le 8 juin 2019

14 milliards d’euros de recettes publiques ont manqué à l’appel en 2015. Photo AFP.

14 milliards d’euros de recettes publiques ont manqué à l’appel en 2015. Photo AFP.

LES MULTINATIONALES SOUSTRAIENT 36 MILLIARDS DE PROFITS À L’OEIL DU FISC FRANÇAIS

Samedi, 8 Juin, 2019
Évasion fiscale. Une étude réalisée par un organisme gouvernemental évalue à 36 milliards d’euros la sous-déclaration fiscale des grandes sociétés, en raison du gonflement artificiel des bénéfices dans les paradis fiscaux. La perte de recettes induite pour l’impôt s’élève à 14 milliards. 
La France subit une perte de 29 % des recettes de son impôt sur les sociétés (IS), du fait des profits expatriés par les multinationales dans les paradis fiscaux. Au total, 14 milliards d’euros de recettes publiques ont manqué à l’appel en 2015. Un montant qui correspond à l’impôt dont auraient dû s’acquitter les grandes sociétés, sur la base du taux d’imposition légal en vigueur, pour les 36 milliards d’euros de profits qu’elles ont soustraits cette année-là de leurs déclarations fiscales, soit 1,6 % du PIB. 
Pour parvenir à cette estimation d’un phénomène par définition difficile à cerner, puisqu’il s’agit d’une « activité cachée », les chercheurs du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII, un organisme rattaché aux services du premier ministre), ont étudié les « anomalies » observables dans « les données agrégées de la balance des paiements », où sont « enregistrés tous les échanges d’un pays avec le reste du monde ». L’auteur de l’étude, l’économiste Vincent Vicard, y a détecté une incohérence entre la situation d’« emprunteuse » de la France au plan international, et « le solde des revenus d’investissements » qui, lui, « est largement positif », du fait d’un sur-rendement des investissements français à l’étranger par rapport aux investissements étrangers en France. 
 
Distorsions de comptes 
Croisé avec les données collectées sur la localisation des profits des multinationales par la Banque de France, qui montrent un niveau de rentabilité des investissements « systématiquement plus élevé » dans les filiales situées dans les paradis fiscaux, « le différentiel de rendement peut s’interpréter comme la trace statistique laissée par l’évitement fiscal des entreprises multinationales », affirme l’étude du CEPII. En clair: les distorsions observées s’expliquent par le gonflement délibéré des profits déclarés dans les pays à faible imposition, au détriment des recettes fiscales dans l’Hexagone. Ainsi, « les maisons-mères françaises déclarent autant de profits dans sept petits pays » où l’impôt est réduit comme Singapour ou Hong-Kong, que dans l’ensemble des pays du G7 plus la Chine. Au total, 19 % des profits étrangers de ces sociétés sont « enregistrés dans les paradis fiscaux en 2015 (contre 7 % en 2001) ». 
Les travaux du chercheur montrent ainsi que « l’évitement fiscal prend de plus en plus d’ampleur », puisque l’on est passé d’« un montant estimé à moins d’un milliard d’euros »de profits non déclarés en France en 2001, à 13 milliards en 2008, puis plus de 30 milliards à partir de 2013, et enfin 36 milliards en 2015. 
 
Une concurrence fiscale féroce 
Pour Vincent Vicard, cette hausse est notamment « liée au différentiel de taxation croissant avec le reste du monde », les écarts de taux d’imposition ayant « atteint jusqu’à 16 points de pourcentage entre 2013 et 2015 » contre 5 points en 2000, « sous l’effet de la concurrence fiscale entre pays, qui a conduit à une baisse généralisée du niveau de taxation des profits ». 
L’étude souligne aussi que cette concurrence fiscale s’exerce principalement entre voisins, puisque « neuf des dix premiers pays d’enregistrement des profits manquant en France sont en effet des pays européens », au premier rang desquels le Royaume-Uni et les Pays-Bas, pays dits « de transit pour les investissements des multinationales », suivis par « de grands paradis fiscaux – le Luxembourg, la Suisse et l’Irlande ». Une situation qui illustre, selon le chercheur, « le lien entre intégration économique et opportunités d’évitement fiscal », et qui souligne « l’importance de l’échelon européen » à prendre en compte pour lutter efficacement contre ce phénomène. 
Oxfam pour un impôt minimum mondial sur les bénéfices 
Les ministres des Finances du G20 se retrouvent, samedi 8 et dimanche 9 juin, à Fukuoka, au Japon, pour décider l’ouverture de négociations en vue d’une réforme internationale de la fiscalité des entreprises, dites « BEPS 2.0 ». Celles-ci font suite à l’accord de 2015 appelé « BEPS 1.0 » (pour Base erosion and profit shifting agreement, accord sur l’érosion de la base fiscale et le transfert des bénéfices). L’ONG Oxfam a produit une note pour l’occasion, dans laquelle elle souligne que « la compétition fiscale menée par les différents Etat a vu le taux moyen d’impôt sur les sociétés de 94 pays passer de 28,4 % en 2000 à 21,4 % en 2018. A ce rythme, les entreprises pourraient ne plus payer d’impôt sur les sociétés d’ici 2052 ». L’ONG plaide pour que ces négociations permettent d’adopter notamment « un taux d’imposition minimum à l’échelle mondiale », comme le soutient l’OCDE. Pour Oxfam, « cette mesure ambitieuse, appliquée dans tous les pays, dissuaderait les multinationales de transférer leurs bénéfices vers des pays où les taux d’imposition sont très faibles ou nuls, ce qui marquerait la fin des paradis fiscaux, et mettrait un terme à la concurrence fiscale qui fait rage entre les pays ». 

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