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RÉFÉRENDUM. SUR ADP, UN « ARC RÉPUBLICAIN » EN POSITION DÉCOLLAGE

Posté par laupiesjacques le 19 juin 2019

 

Les opposants à la privatisation des Aéroports de Paris entendent faire décoller désormais le référendum d’initiative partagée. Magali Bragard<br />

Les opposants à la privatisation des Aéroports de Paris entendent faire décoller désormais le référendum d’initiative partagée. Magali Bragard
 

RÉFÉRENDUM. SUR ADP, UN « ARC RÉPUBLICAIN » EN POSITION DÉCOLLAGE

Mercredi, 19 Juin, 2019

Les sensibilités politiques, hors RN, qui ont œuvré pour contraindre le gouvernement à lancer le processus de consultation se retrouvent ce soir à Saint-Denis pour un meeting, première étape d’une série de mobilisations collectives.

 

Une plateforme qui regroupe les initiatives locales, des compteurs de vote parallèles, des réunions publiques qui s’enchaînent, dont la première ce soir, à Saint-Denis (1), à l’initiative du député communiste Stéphane Peu : les opposants à la privatisation des Aéroports de Paris entendent faire décoller désormais le référendum d’initiative partagée. Dans neuf mois, il doit atteindre 10 % du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de voix validées. « Chacun, a défendu hier le député (FI) François Ruffin, peut venir avec ses raisons de voter, son style. Ce que nous devons, c’est additionner ces raisons, ces styles, en somme, venez voter comme vous êtes. » C’est le sens du tract voulu informatif, « sans logos partout ». « Moi, ma raison, conclut le député de la Somme, c’est un vote de combat de l’oligarchie, pour la démocratie. »Le site signons.fr, qui ouvre aujourd’hui, relayera sur une carte interactive toutes les initiatives prises. Car, pour le député PCF Sébastien Jumel, « pas de succès sans la mobilisation partout ; on peut imaginer des syndicalistes qui organisent des moments de vote collectif, il faut que les maires s’emparent aussi de la question et organisent des permanences ». Pour l’heure, une commune par canton seulement se voit dotée d’une borne de vote. « Nous devons créer un imaginaire, insiste François Ruffin. Car là, pas d’affichage officiel, pas 12 millions d’euros pour organiser des rencontres comme lors du grand débat national ! »

Des difficultés pour exprimer sa position en ligne

La militante écologiste Claire Nouvian fait, elle, le parallèle avec d’autres luttes en cours : « Avec ADP, il s’agit d’un combat systémique contre le libéralisme dérégulateur. Prenez, pas plus tard que ce mardi, le vote à Bruxelles de la France pour que l’on revienne aux subventions qui mènent à la surpêche. L’écologie d’Emmanuel Macron n’est pas très différente de celle d’un Bolsonaro… (…) Avec ADP, nous sommes à un moment de bascule de la société. » « De la même manière que Macron veut des trains pour les riches et des autocars pour les pauvres », ajoute le réalisateur Gérard Mordillat. Cet « arc républicain » à l’œuvre, selon l’expression du député PS Boris Vallaud, veut « empêcher que nos biens communs ne soient bradés ! Le foncier qui serait privatisé équivaut aux 18e et 19e arrondissements parisiens! » Les initiateurs mesurent les obstacles, comme l’absence d’un compteur sur le site de vote en ligne, qui, outre de renseigner en toute transparence, aurait été motivant pour les signataires, souligne Boris Vallaud. La publicité d’un vote non anonyme est aussi mise en cause : « Comment voulez-vous que des cadres d’ADP, des fonctionnaires, voire des journalistes expriment ainsi leur préférence ? » ajoute le député des Landes, qui suggère de revoir cette disposition à l’occasion d’une prochaine révision constitutionnelle.

Le Conseil constitutionnel, pour l’heure, n’entend donner qu’une fois par mois le comptage des voix. Benjamin Sonntag, cofondateur de la Quadrature du Net, a réalisé un petit script permettant de compter, sans conserver la moindre donnée, le nombre de citoyens ayant soutenu le référendum. Ce comptage est parvenu à 125 130 voix pour le premier jour. Ce qui corrobore un autre compteur mis en place sur le site http://adprip.fr pour qui les soutiens s’établissaient à 126 000. Il affiche même la répartition géographique des soutiens au RIP, lesquels se concentrent en région parisienne pour le moment.Recevant la semaine dernière les responsables de groupes politiques, le ministre de l’Intérieur a balayé d’un revers de la main les difficultés à voter, relayées en nombre sur les réseaux sociaux, arguant qu’il avait, lui-même, essayé avec succès… En s’arrêtant juste avant de devoir cliquer sur « envoyer ».

(1) Mercredi 19 juin 2019, à partir de 19 heures, Bourse du travail de Saint-Denis,  9/11, rue Génin, M°Porte-de-Paris. En présence de parlementaires communistes, socialistes, insoumis, centristes, les Républicains engagés contre la privatisation d’ADP.
Lionel Venturini

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DANIEL LE GUILLOU « L’EMPLOI EST PERÇU COMME UN BIEN COMMUN D’UN TERRITOIRE »

Posté par laupiesjacques le 18 juin 2019

 

 

Ce mardi, l’association Territoires zéro chômeur de longue durée interpelle les députés pour le vote d’une seconde loi d’expérimentation. Marta Nascimento/Rea<br /><br />

Ce mardi, l’association Territoires zéro chômeur de longue durée interpelle les députés pour le vote d’une seconde loi d’expérimentation. Marta Nascimento/Rea

DANIEL LE GUILLOU « L’EMPLOI EST PERÇU COMME UN BIEN COMMUN D’UN TERRITOIRE »

Mardi, 18 Juin, 2019

Double peine pour les chômeurs ? À l’heure où le gouvernement annonce un tour de vis sur l’assurance-chômage, l’association Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) manifeste ce mardi pour obtenir l’extension de cette expérimentation d’insertion par l’emploi, promise par le président de la République. Entretien avec Daniel Le Guillou, vice-président de l’entreprise à but d’emploi d’Actypoles-Thiers (Puy-de-Dôme).

 

 

Les chômeurs pourraient-ils perdre gros ce mardi ? D’un côté, ce matin, le ­premier ministre annonce sa réforme de l’assurance-chômage, qui devrait ­asséner un nouveau tour de vis aux allocations et aux droits des privés d’emploi. De l’autre, le gouvernement tarde à prolonger l’existence des territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), une expérimentation d’insertion pour les personnes très éloignées de l’emploi, menée depuis deux ans. Une nouvelle loi est nécessaire pour renforcer les dix territoires existants et en lancer d’autres. Emmanuel Macron l’avait promise en septembre dernier. Depuis, rien ne vient.

C’est pour rappeler son engagement au ­président que l’association TZCLD et ses soutiens manifestent ce mardi aux abords de l’Assemblée nationale. Daniel Le Guillou, chargé de capitalisation au sein de l’association TZCLD et coauteur de Zéro Chômeur, dix territoires relèvent le défi (Éditions de l’Atelier et Quart Monde), dresse un premier bilan de ces deux années au cours desquelles 800 personnes ont été embauchées dans les onze entreprises à but d’emploi déjà créées.

Quels sont les grands principes qui président aux territoires zéro chômeur ?

Daniel Le Guillou : Depuis le début des années 1990, les politiques publiques de lutte contre le chômage consistent à baisser le « coût du travail » pour les entreprises et à leur permettre de licencier plus facilement. Résultats : on transforme les chômeurs en travailleurs pauvres. Mais, selon un récent rapport d’ATD Quart Monde, 80 % des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté exercent un ou plusieurs emplois. On est très loin des images du chômeur se prélassant aux frais de Pôle emploi et refusant de chercher un travail ! Voilà pourquoi nous ne parlons pas de chômeurs, mais de privés d’emploi. Ce premier renversement sémantique nous permet d’envisager comme une hypothèse sérieuse d’inverser la charge de l’employabilité. Celle-ci ne repose plus sur le futur salarié mais sur l’employeur. Et nous proposons la non-sélection des salariés : ce n’est plus à la personne de démontrer qu’elle est capable d’occuper un emploi. C’est à la société de montrer qu’elle est capable de proposer un emploi en CDI, alors que, actuellement, plus de 80 % des embauches en France se font en CDD. Un emploi digne et à temps choisi, payé au moins au tarif légal (Smic), dont le temps de travail est au choix du salarié. Nous faisons vivre le droit à l’emploi inscrit en préambule de la Constitution. Personne ne doit être laissé sur le carreau. Cet objectif est le plus difficile à réaliser car il nécessite d’aller à la rencontre des 30 % d’invisibles que Pôle emploi ne parvient plus à toucher. Mais ce droit à l’emploi ne pourra être effectif que si l’on en « produit » sans en détruire ailleurs. Enfin, le cinquième principe est l’autofinancement du projet. Territoires zéro chômeur n’est pas financé aux dépens d’autres politiques de l’emploi, mais par transfert des coûts passifs du chômage.

Quelles sont les étapes de la réalisation d’un territoire ?

Daniel Le Guillou : Il faut d’abord réunir tous les acteurs pour fabriquer un consensus, notamment via la création d’un comité local comprenant les élus locaux, des représentants du TZCLD mais aussi les entrepreneurs et acteurs de l’insertion. Ce comité délimite le périmètre et constitue le dossier de candidature pour l’expérimentation. Ensuite, il faut aller à la rencontre des chômeurs et les associer au projet, recenser leurs compétences et leurs aspirations pour enfin, dès que les financements sont débloqués, créer une entreprise à but d’emploi qui mette en musique leurs activités. Ça prend du temps. Certains territoires en cours d’expérimentation se sont lancés dans le projet en 2012. D’autres territoires candidats non retenus sont restés mobilisés et postulent pour faire partie de la deuxième fournée que nous appelons de nos vœux.

L’État a baissé sa contribution en estimant que le coût des emplois créés était trop cher. Comment réagissez-vous ?

Daniel Le Guillou : La politique de l’emploi en France coûte 120 milliards, dont 40 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises. Un emploi créé dans ce cadre revient en moyenne à 60 000 euros annuels. Dans le cadre du Cice, ça peut aller jusqu’à 160 000 euros. Nous, nous prétendons nous débrouiller avec 18 000 euros de financements publics par emploi, uniquement via des transferts, sans coûts additionnels : soit 43 milliards divisés par 2 700 000 personnes privées d’emploi. Cette accusation de coût trop élevé est d’autant plus absurde quand on voit les bénéfices territoriaux apportés par la création d’une ou plusieurs entreprises à but d’emploi. À Thiers par exemple, les activités interstitielles créées comme le taxi solidaire (à 1 ou 2 euros la course), l’entretien des espaces verts, un garage solidaire, des déménageurs solidaires… ont permis à des gens qui n’en avaient pas les moyens d’accéder à la mobilité, de retrouver une vie sociale, voire la possibilité de trouver un travail.

À quelles limites avez-vous été confrontés ?

Daniel Le Guillou : On constate que, en territoires ruraux, à échelle d’une commune ou d’une communauté de communes, les choses se passent très bien et qu’on arrive à mobiliser tout le monde facilement. L’entreprise de Pipriac, qui emploie 80 personnes, réalise quasiment le plein-emploi car il y a moins d’une dizaine de personnes en attente. En revanche, en ville, les territoires zéro chômeur coïncident souvent avec des quartiers prioritaires classés en politique de la ville, qui exclut les autres habitants de la ville. D’où des frustrations. Les jeunes urbains sont également plus difficiles à mobiliser. De même, nous avions sous-estimé le coût du maintien dans l’emploi de personnes fragilisées qui peuvent avoir des problèmes de santé ou d’addiction. Ces problèmes ne disparaissent pas par magie…

Les entreprises à but d’emploi sont-elles viables ?

Daniel Le Guillou : Comme nous avions tout à créer, le chiffre d’affaires des premières entreprises à but d’emploi, qui doit être d’environ 5 000 euros par an et par salarié pour atteindre l’équilibre, a parfois du mal à être atteint. Forcément. Il a fallu tout construire, y compris parfois les lieux de travail, former les gens, avant que les biens et services proposés ne génèrent des recettes. Par ailleurs, si une partie des activités ont été coconstruite par les salariés, certaines compétences leur manquent parfois. À Thiers, il a fallu recruter un mécanicien hors du champ des personnes privées d’emploi. Cela a engendré un coût supplémentaire… À l’avenir, les formations pallieront ces manques.

À l’inverse, quels sont les effets positifs que vous n’aviez pas prévus ?

Daniel Le Guillou : On s’aperçoit que l’on est en appui de politiques publiques territoriales ou nationales émergentes, comme le diagnostic énergétique des habitations ou le soin aux personnes âgées. Nos activités favorisent aussi la relocalisation des activités et mettent en avant le recyclage et les circuits courts. Cinq des dix territoires ont développé du maraîchage biologique. Et, du point de vue des acteurs locaux, on constate que l’emploi est désormais perçu comme le bien commun d’un territoire qui est capable de s’en emparer et de présider son destin. Ces expérimentations ont redonné le pouvoir aux instances locales sur une ressource rare, l’emploi, que l’on peut développer sans privatiser. On gagnera la deuxième loi grâce à la mobilisation des 140 territoires candidats !

Entretien réalisé par Eugénie Barbezat

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Points de vue sur la révolution française

Posté par laupiesjacques le 16 juin 2019

 

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GOUVERNEMENT. CHÔMEURS ET RETRAITÉS DANS LA NASSE DE L’ACTE II

Posté par laupiesjacques le 15 juin 2019

 

 

Les retraités mobilisés contre le vol de leur pension, à Paris, le 11 avril. T. Samson/AFP<br />

Les retraités mobilisés contre le vol de leur pension, à Paris, le 11 avril. T. Samson/AFP
 

GOUVERNEMENT. CHÔMEURS ET RETRAITÉS DANS LA NASSE DE L’ACTE II

Vendredi, 14 Juin, 2019

Peu épargnées par les premières années du quinquennat, ces deux catégories se retrouvent à nouveau visées par les mesures annoncées mercredi par le premier ministre. Les syndicats sont vent debout.

 

Si « l’acte II du quinquennat sera celui de la justice sociale », comme l’a affirmé mercredi Édouard Philippe lors de son discours de politique générale, les chômeurs et les retraités vont le sentir passer. Ces populations n’avaient pourtant pas été épargnées par l’acte I. Suppression des allocations-chômage au bout de deux refus d’« offre raisonnable » d’emploi pour les premiers. Désindexation des pensions sur l’inflation et augmentation de la CSG pour les seconds. Le deuxième épisode évoqué par le premier ministre s’annonce encore pire et a fait unanimement bondir, hier, les syndicats.

Le gros loup de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans

Il en est ainsi de la prochaine réforme des retraites attendue en septembre. S’appuyant opportunément et par anticipation sur le rapport du Conseil d’orientation des retraites, dévoilé en intégralité ce jeudi et renvoyant à 2042, voire 2056, la possibilité d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, le premier ministre a repris à son compte une mesure déjà évoquée il y a six mois par son ministre du Budget : l’établissement d’un âge « pivot » ou « d’équilibre » afin de pousser les Français à « travailler plus longtemps ». Après avoir touché le taux de prélèvement sur les pensions, puis les niveaux des pensions, le gouvernement attaque le régime par son troisième bout : l’âge légal de départ. En biaisant : pas touche aux 62 ans. En revanche, une décote des pensions de 5 % devrait être instaurée pour ceux qui liquideraient leurs droits entre 62 et 64 ans, quel que soit leur nombre d’années travaillées, afin de les obliger à cravacher jusqu’à 64 ans, âge à partir duquel le taux plein leur serait accordé. Pour la CGT, « l’équation est simple : partir à 62 ans avec une pension de misère ou tenter de travailler plus longtemps pour obtenir au moins 1 000 euros si votre patron le veut bien ! En clair, pour Macron et le patronat, l’objectif est de repousser l’âge de départ à la retraite pour ne pas avoir à la payer ».

Des centaines de milliers de chômeurs sans indemnisation

D’autant qu’Édouard Philippe envisage d’« inciter à travailler plus longtemps ». Des incitations qui se révèlent punitives pour ce qui est de la réforme de l’assurance-chômage annoncée pour le 18 juin. Les cadres, qui cotisent bien plus (42 % des ressources du régime général) que les allocations qu’ils touchent (15 %), verront leurs indemnisations diminuer. « On passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées », déplorent dans une pétition commune l’Ugict-CGT et la CFE-CGC. Quant aux 20 % seulement de chômeurs indemnisés sur les 11 millions de sans-emploi et en emploi précaire, leur nombre devrait encore diminuer tant les conditions d’accès à toute allocation vont se restreindre. Six mois travaillés et cotisés sur 24 seraient demandés au lieu des actuels 4 mois sur 28 (sur 36 pour les plus de 53 ans). « Alors que 87 % des embauches sont en CDD et de plus en plus courts, cela reviendrait à éjecter des centaines de milliers de chômeurs de toute indemnisation », dénonce la CGT chômeurs.

Synthétisant tous ces courroux, la CFDT estime que l’instauration d’un « âge d’équilibre » rendrait « inacceptable » le projet de réforme des retraites et déplore que la future réforme de l’assurance-chômage demande des « efforts considérables à tous les chômeurs ».

Stéphane Guérard

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DÉMOCRATIE. RÉFÉRENDUM SUR ADP : LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

Posté par laupiesjacques le 13 juin 2019

 

 

Le 18 avril, à Orly, 700 manifestants s’opposaient à la vente d’Aéroports de Paris. Guillaume Clément<br /><br />

Le 18 avril, à Orly, 700 manifestants s’opposaient à la vente d’Aéroports de Paris. Guillaume Clément
 

DÉMOCRATIE. RÉFÉRENDUM SUR ADP : LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

Jeudi, 13 Juin, 2019La collecte des près de 5 millions de signatures pour la tenue d’une consultation citoyenne sur la privatisation d’Aéroports de Paris devait démarrer dans la nuit de mercredi à jeudi. Les arguments pour convaincre les citoyens de permettre le scrutin seront déterminants.

 

Àminuit, ce jeudi, si le gouvernement respecte ses obligations, devait être ouvert le site Internet destiné au recueil des quelque 4,7 millions de signatures (1/10e du corps électoral) indispensables à la tenue d’un référendum sur la privatisation du groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Le début d’un marathon permis par le vote inédit d’une majorité de sénateurs de gauche et de droite en faveur d’une telle procédure prévue par la Constitution. Les raisons de se mobiliser ne manquent pas.

1 Empêcher un non-sens écologique et social

« Le gouvernement a-t-il le droit de vendre un morceau de la Lozère ou de la Somme ? » La comparaison, provocante, osée mardi soir par le juriste Patrick Weil lors de la première réunion publique de l’Association pour le référendum sur ADP – structure pluraliste qui réunit des organisations, à l’instar de la CGT ADP, et de nombreuses personnalités –, résume l’enjeu. C’est bien un bout de France qui serait cédé au privé si on laisse faire le gouvernement. ADP n’est pas n’importe quelle entreprise. Numéro un mondial de son secteur, 4,5 milliards de chiffre d’affaires, 173 millions d’euros de dividendes versés à l’État en 2018, 6 700 hectares de terrains, 280 millions de passagers annuels, 8 % de l’emploi régional… Et un service public qui réunit le contrôle des frontières, l’aviation civile, les douanes et la sûreté aérienne. « Quatre fonctions régaliennes au cœur de notre ADN », rappelle Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT d’ADP, pour qui il est impensable de déléguer ces fonctions stratégiques et ultrasensibles à des actionnaires obnubilés par la rentabilité. Parvenir à l’empêcher est « un enjeu à la fois écologique, social et économique », énumère-t-il. ADP serait en effet la plus grosse privatisation jamais réalisée en France, et la troisième de l’histoire mondiale. Un non-sens, au regard de la préférence à la gestion publique d’autres pays comme les États-Unis ou l’Allemagne.

2 Dire stop à la braderie généralisée

Le précédent catastrophique de la privatisation des concessions autoroutières l’a montré : confier aux grands groupes le soin de gérer des infrastructures d’intérêt public n’aboutit pas à plus d’efficience ni d’investissements, et encore moins à des baisses de prix pour les usagers. Rappelons que le gouvernement a, par le biais de la même loi Pacte, lancé la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) et accru son désengagement d’Engie. Érigé en véritable doctrine, ce renoncement à l’intervention dans la politique économique et industrielle du pays fait des victimes sur tous les fronts. Les salariés de General Electric, de WN (ex-Whirlpool) et d’Ascoval ont été victimes du laisser-faire gouvernemental au profit de grands groupes privés. Même Renault pourrait bien faire les frais de cette politique. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a expliqué samedi envisager une nouvelle baisse des 15 % de participation dans le capital du constructeur au profit de son partenaire Nissan.

3 Le RIP, un peu d’air frais dans les institutions

« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum », rappelle l’article 3 de la Constitution de la Ve République. Le référendum d’initiative partagée sur ADP sera peut-être l’occasion d’expérimenter à grande échelle une forme de démocratie directe dans notre pays. Et de régénérer un peu un système politique qui étouffe sous le présidentialisme. Certes, cette procédure, lancée par des parlementaires de tous bords politiques, n’est pas encore le référendum d’initiative citoyenne, le fameux RIC réclamé sur tous les ronds-points de France. Au Grand-Bourgtheroulde (Eure), pour le lancement du grand débat, Emmanuel Macron avait rappelé son aversion pour cette revendication, plaidant qu’« on ne doit pas créer une situation de concurrence entre les formes de démocratie » directe et représentative. Dans un rapport réalisé pour Terra Nova, neuf universitaires ont une réponse claire : « Si rien ne justifie que la démocratie puisse se réduire à la démocratie directe, tout plaide en revanche pour que les institutions de la Ve République ne la condamnent plus ou qu’elles cessent de la priver d’effectivité. »

4 Rouvrir le débat confisqué après 2005

Surtout, ce processus serait l’occasion de voir se développer et s’affronter deux visions de la société : la première entend laisser libre cours à la mainmise du marché. La privatisation d’ADP entre dans cette catégorie. La seconde veut au contraire le réguler, dans une gradation qui va du dépassement de ces logiques – les plus à gauche – à un aménagement aux marges – plutôt à droite. Mais par cette action, par leur mobilisation en faveur d’un « non » au référendum sur la privatisation d’ADP, tous infligeraient une défaite au rouleau compresseur libéral. C’est la même logique qui avait porté le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. Un texte qui portait une telle régression sociale qu’une majorité l’avait finalement rejeté, au terme d’un débat sans précédent sur l’orientation des politiques à conduire.

Sébastien Crépel, Pierre Duquesne, Grégory Marin et Loan Nguyen

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