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Posté par jacques LAUPIES le 7 mai 2019

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PARLEMENT EUROPÉEN. « LA GAUCHE DOIT MENER LA BATAILLE POUR LA RECONNAISSANCE DE CE MODÈLE ALTERNATIF »

Mardi, 7 Mai, 2019

Députée pivot de l’intergroupe consacré à l’économie sociale à Strasbourg, Marie-Christine Vergiat rappelle le soutien du groupe de la Gauche unitaire européenne à ce secteur et à son modèle fondé sur la non-lucrativité. Entretien.

De quoi parle-t-on, au Parlement européen, lorsqu’on évoque l’ESS ?

Marie-Christine Vergiat Bonne question. C’est une chose que j’ai apprise au cours de mes dix années de mandat passées comme vice-présidente, présidente, puis animatrice de l’intergroupe économie sociale (ES) au Parlement : nous avons passé entre 2009 et 2014 beaucoup de temps à essayer de caractériser ces familles d’acteurs pour leur assurer une reconnaissance européenne. Mais c’était aller à l’échec puisque l’économie sociale est très diverse dans chacun des 28 pays de l’Union. Les coopératives ont obtenu leur statut européen. Les fondations ont presque abouti à un statut avant que ces travaux ne soient bloqués par le Conseil des États membres. Pour les mutuelles aussi, le processus a avancé mais n’a pas débouché. Le problème est que les mots ne recouvrent pas les mêmes sens selon les pays. Les coopératives sociales italiennes sont par exemple plus proches de nos associations que de nos coopératives. Finalement, l’économie sociale se définit par l’objectif non capitalistique des structures qui la composent. Ces organisations n’ont pas comme enjeu le profit à court terme. Voilà pourquoi, lors de cette mandature qui s’achève, nous avons plaidé pour la création d’un statut de société de personnes, en contrepoint à celui des sociétés de capitaux. C’est dans ce sens qu’avancent par exemple les mutuelles.

Vous parlez d’économie sociale. Où est passé le terme solidaire ?

Marie-Christine Vergiat C’est un terme très difficile à traduire en anglais. Et il renvoie à un débat plus franco-français sur le désengagement des services publics, la délégation de ces services à des structures de l’ESS qui ont elles-mêmes parfois oublié qu’elles sont dans la solidarité.

Ces dernières années, l’Union européenne a beaucoup parlé d’entreprise sociale pour désigner l’économie sociale…

Marie-Christine Vergiat C’est un grand problème, car l’appellation d’entreprise sociale ne recouvre pas toutes les familles de l’ESS. Et, à vrai dire, on ne sait pas trop ce que sont ces entreprises sociales. On voit parmi elles des organisations très sociales, d’autres qui sont soit très business social, soit très caritatives. Il s’agit souvent de petites structures. Mais ça ne peut pas se limiter à cela. Le plus bel exemple est celui de Mondragon, le groupe coopératif basque qui est une superbe réussite économique.

La notion de non-lucrativité porte-t-elle ?

Marie-Christine Vergiat C’est effectivement une notion qui s’inscrit dans la société de personnes dont j’ai parlé. Quand on parle d’économie sociale dans l’Union, on prend en compte des personnes qui se sont groupées dans un objectif collectif, avec une non-redistribution des bénéfices à court terme, un réinvestissement dans l’activité et un mode de prise de décision selon le principe : une personne, une voix. Mais porter ce modèle revient à aller à l’encontre de l’idéologie ordolibérale, qui impose l’entreprise privée lucrative comme modèle dominant. Or, l’économie sociale, c’est 13 millions d’emplois. C’est 8 % du PIB de l’Union alors que l’agriculture représente 3 %. Pourquoi l’Union ne fait-elle pas plus attention à l’ES ? Pourquoi cherche-t-on à la banaliser ? La gauche européenne doit mener la bataille de la reconnaissance de ce modèle alternatif. C’est ce que nous avons fait au sein du groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE-GVN), en organisant deux forums européens de l’ESS. Ces deux temps forts ont aidé à la prise de conscience que la gauche pouvait être au côté des acteurs de l’économie sociale.

Quelle devrait être la feuille de route du prochain intergroupe de l’économie sociale au Parlement européen ?

Marie-Christine Vergiat J’espère déjà qu’il y aura bien un intergroupe. On le saura à l’automne lors de la création de tous les intergroupes. Ceux-ci sont en nombre restreint. Il faut qu’au moins trois groupes politiques soutiennent sa constitution et qu’un nombre suffisant de députés s’y engagent. Une fois créé, l’intergroupe devra d’abord assurer le lien entre les acteurs et les parlementaires, afin que ces derniers soient vigilants sur toutes les thématiques qui intéressent l’ESS. Il devra le faire en lien avec les trois ou quatre commissaires européens qui ont en charge ces thématiques. Au niveau de la Commission, les choses ont un peu avancé, même si les commissaires sont ancrés dans le modèle dominant. Un intense travail de Social Economy Europe (l’un des réseaux de l’ESS à Bruxelles – NDLR) et de l’intergroupe a permis de motiver le bureau de la Direction générale du marché intérieur. Et on est parvenu à mettre en place un groupe de travail avec toutes les directions.

L’accès aux fonds européens est-il aussi un problème à résoudre ?

Marie-Christine Vergiat Il y a encore beaucoup de travail à faire avec la Commission, encore une fois très campée sur un modèle politique marqué. Pour les financements, elle reste par exemple très attachée à la forme des partenariats public-privé (PPP). C’est le cas des contrats à impact social que la France tente de déployer. C’est un danger, car de grandes entreprises ou institutions financières peuvent s’en saisir pour faire du « social and green washing » (blanchiment social et environnemental – NDLR) ou obtenir des retours financiers sur des investissements sociaux. Et ces PPP impliquent des rentabilités à court terme antinomiques avec l’économie sociale. Cela implique de définir des indicateurs quantitatifs pour calculer ces retours sur investissement. Comment chiffrer des actions d’insertion par l’emploi, de soutien aux migrants ou de prévention ? Quand les services publics se désengagent, ces partenariats financiers sont un danger.

Les représentants de l’ESS misent aussi beaucoup sur l’action sur les marchés publics…

Marie-Christine Vergiat Nous avons offert une très grande liberté aux États membres pour qu’ils transposent la révision du Code des marchés publics que nous avions votée. Celle-ci donnait plus de latitude pour mieux prendre en compte les organisations de l’ESS, via des clauses sociales et de développement durable. Malheureusement, ils ne s’en sont pas suffisamment saisis. Nous avons convaincu la Commission de faire plus de formation en direction des États. J’espère que cette action se poursuivra, car l’accès aux marchés publics constitue une opportunité importante pour l’ESS.

Quid de l’écologie ?

Marie-Christine Vergiat C’est un autre levier important. Mais l’ESS ne peut se cantonner à des segments de l’économie non rentables, qu’elle développe en apportant de nouveaux services qu’elle finit par rentabiliser, puisqu’elle se fait par les entreprises de l’économie capitaliste. On le voit dans l’économie circulaire. Des structures de l’insertion par l’activité économique s’en sont longtemps occupées, jusqu’à ce que de grandes entreprises investissent le secteur. Ce mouvement renforce l’idée que l’ESS est réservé au non-rentable, au sens le plus étroit du terme. Or l’économie sociale est une alternative politique au modèle libéral. Sur la question migratoire, heureusement qu’elle était là avec sa capacité de solidarité et d’innovation. Où étaient, alors, les États et les entreprises capitalistes dont certaines disent qu’elles vont sauver le monde ?

Marie-Christine Vergiat

Députée européenne GUE

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

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ENTRETIEN. « CONTRE LA FRAUDE, LA BATAILLE DOIT COMMENCER SANS ATTENDRE »

Posté par jacques LAUPIES le 5 mai 2019

ENTRETIEN. « CONTRE LA FRAUDE, LA BATAILLE DOIT COMMENCER SANS ATTENDRE » dans POLITIQUE 65645.HR

 

Le sénateur PCF s’est porté candidat à la présidence de l’Observatoire de la fraude fiscale… le 5 mars dernier! David Pauwels
 

ENTRETIEN. « CONTRE LA FRAUDE, LA BATAILLE DOIT COMMENCER SANS ATTENDRE »

Lundi, 6 Mai, 2019

Pressenti pour devenir président de l’Observatoire de la fraude fiscale, le sénateur PCF Éric Bocquet attend toujours que Matignon signe sa lettre de mission.

Où en est la création de l’Observatoire de la fraude fiscale, promis par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, dont vous briguez la présidence ?

Éric Bocquet Je me suis porté candidat car le ministre assurait ne pas en trouver. Il a répondu : « Chiche ! » Je l’ai donc rencontré au ministère afin de définir les pouvoirs de cette instance et les conditions d’accès à sa présidence. À l’époque, il m’avait bien été dit que tous les membres du gouvernement n’étaient pas très favorables à mon arrivée… Mais les choses avançaient. Aux dernières nouvelles, il y a plus de quinze jours, la lettre de mission me permettant d’accéder à la présidence était sur le bureau du premier ministre et attendait d’être signée. Elle attend toujours. L’évolution n’est donc pas très encourageante. C’est assez incompréhensible. Ce projet avait fait naître beaucoup d’espoirs. J’ai reçu des tas de soutiens de citoyens qui connaissent mon engagement et attendent de pied ferme que cette question soit prise à bras-le-corps. Il y avait beaucoup d’enthousiasme chez les parlementaires, aussi bien chez les sénateurs LR que chez les députés FI. J’ai bien peur que ces espoirs ne soient douchés.

Emmanuel Macron, lors de sa dernière allocution télévisée, a annoncé vouloir que la Cour des comptes mesure précisément l’ampleur de la fraude fiscale…

Éric Bocquet J’ai immédiatement appelé le ministère des Comptes publics, car c’était l’une des missions qui devait être confiée à l’Observatoire de la fraude fiscale. Il m’a été répondu que tout cela n’était pas forcément contradictoire, mais que la configuration évoluait. On m’a dit que l’Observatoire n’était pas complètement enterré, mais sans doute reporté à la prochaine loi de finances. J’ai bien senti qu’il y avait un certain embarras… Évidemment, je ne remets pas en cause la compétence de la Cour des comptes. Mais je me demande bien ce que cela va changer. Une étude lui avait déjà été confiée sur la fraude fiscale en 2013. Le Parlement a également rendu plusieurs rapports, et nombre de documents ont été produits par les syndicats des finances publiques. L’ampleur astronomique de la fraude est déjà connue, et la bataille doit commencer sans attendre. Or, j’ai vraiment l’impression que le gouvernement joue la montre.

Que faudrait-il faire ?

Éric Bocquet Lancer au plus vite l’Observatoire en réunissant comme prévu parlementaires, inspecteurs des impôts, économistes et syndicalistes. Il faudrait aussi changer les lois, car nous savons où sont les failles, et renforcer les effectifs de Bercy pour faire respecter celles qui existent déjà. Je ne m’explique pas que ce fléau soit traité avec autant de légèreté. On parle d’un coût de 100 milliards d’euros chaque année pour la France et de 1 000 milliards pour l’Europe. On ne peut pas laisser faire ! Il est possible dès demain de prélever les multinationales à la source, de renforcer la liste noire des paradis fiscaux et de travailler à une harmonisation fiscale à l’échelle de l’Union européenne. Si Macron croit pouvoir laisser passer l’orage avec de fausses réponses, il se trompe : cette question s’impose chaque jour un peu plus dans le débat public. J’ai été très heureux de voir les gilets jaunes dénoncer ce fléau sur les ronds-points et dans les rues. Notre objectif a toujours été que tous les citoyens se saisissent de ce combat pour le rendre incontournable. C’est en train d’arriver. Ne pas le mesurer et poursuivre dans l’absence de volonté politique est une faute grave.

Entretien réalisé par Aurelien Soucheyre

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OUVRIERS ET POLITIQUE : LE PCF POURRAIT BIEN LES RÉCONCILIER !

Posté par jacques LAUPIES le 4 mai 2019

Marie-Hélène Bourlard devant l’usine Outinord, à Denain. D’abord dubitatifs, les ouvriers se livrent à l’ouvrière... Rencontre et lecture de tracts se finissent parfois par un « Mais c’est bien votre truc en fait ! ». Photo Stéphane Dubromel/Hanslucas.

Marie-Hélène Bourlard devant l’usine Outinord, à Denain. D’abord dubitatifs, les ouvriers se livrent à l’ouvrière… Rencontre et lecture de tracts se finissent parfois par un « Mais c’est bien votre truc en fait ! ». Photo Stéphane Dubromel/Hanslucas.

OUVRIERS ET POLITIQUE : LE PCF POURRAIT BIEN LES RÉCONCILIER !

Jeudi, 2 Mai, 2019

La liste conduite par Ian Brossat pour les élections européennes compte 50 % d’ouvriers et d’employés. Comment cette démarche est-elle perçue par les premiers concernés ? Reportage aux côtés de Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière du textile, et de Khaled Bouchajra, salarié chez Amazon.

Une ouvrière députée au Parlement Européen ? « Ah ! C’est impossible ça madame ! » C’est la réponse d’un ouvrier, devant l’usine Outinord de Saint-Amand-les-Eaux, à une ouvrière. Il s’agit de Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière du textile, et candidate en deuxième position sur la liste du PCF, conduite par Ian Brossat. Si la liste passe la barre des 5 % le 26 mai prochain, elle pourrait ainsi faire son entrée au Parlement européen. Mais, devant les grilles d’Outinord, on est perplexe. Il y a bien longtemps que les ouvriers ont été laissés à leur sort. En politique, comme dans la vie économique de la région. « Ce serait bien pour s’exprimer, faire changer les choses », reconnaît Alexandre, l’un des ouvriers qui prend un tract à la sortie. « Ça tourne du mauvais côté pour nous, en ce moment, mais toujours du bon pour les plus riches. Et des ouvriers, il n’y a pas qu’au Parlement européen qu’il en faudrait ! »

Si les ouvriers sortant du travail sont dubitatifs, ils n’en sont pas moins interpellés par cette ouvrière, récemment retraitée, qui vient leur proposer de les représenter, de porter leurs voix dans les instances européennes. Soudain, alors que les conversations se poursuivent à chaque distribution de tracts, une camionnette blanche sortant du parking de l’usine s’arrête devant la candidate et les militants communistes. Au volant, l’homme qui jugeait impossible la présence d’une ouvrière au Parlement européen, accompagné de deux autres de ses collègues de travail… Vingt minutes plus tôt, il avait pris le tract de Marie-Hélène Bourlard. « Mais c’est bien votre truc en fait ! » lance-t-il aux militants communistes. Ses deux collègues réclament aussi des tracts. Ils en emportent quelques-uns…

Dans le Nord, le monde ouvrier est sinistré. Quarante ans après sa fermeture, Uninord reste un souvenir brûlant. Beaucoup font encore référence à ce passé qui semble doré, où les ouvriers avaient du travail. Le passé minier reste imprimé dans le paysage, alors que les ouvriers d’aujourd’hui habitent toujours les anciens corons. Le taux de chômage est ici supérieur à la moyenne nationale (11,9 % contre 8,8 %). La pauvreté également. L’espérance de vie y est inférieure : un homme y vit cinq ans de moins qu’en Île-de-France ; une femme trois ans de moins. Les services de santé, dans la foulée de la désindustrialisation de la région, se sont également fortement dégradés avec la fermeture de centres de santé qui assuraient des soins pour toute la population. Marie-Hélène Bourlard ne connaît pas seulement cette réalité en observatrice de la vie politique. Pour elle, c’est du vécu. « Je connais bien tout ça. On ne roulait pas sur l’or, dit-elle en parlant de sa famille. On ne partait jamais en vacances, même si on était deux à travailler. »

Ce vécu partagé, au bout de quelques mots échangés, se ressent assez vite. Dans l’ancien coron de Chabaud-Latour, à Denain, les parcours de vie, qu’ils soient trentenaires ou retraités, sont laborieux. La ville, aux mains du Parti socialiste depuis 2008, renferme un passé communiste encore récent. La circonscription, elle, est passée au RN aux dernières législatives. Et elle est voisine de celle du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Plusieurs décennies de déclin industriel, d’austérité économique, de libéralisations et de désengagement de l’État ont créé cette vie dure qui est elle-même à l’origine de cette carte politique assez contradictoire… Mais, entre ouvriers, le courant finit toujours par passer.

Dans les allées de Chabaud-Latour, les militants et la candidate croisent le chemin d’un homme de 67 ans, à la démarche vigoureuse et aux mains marquées par le travail. Les présentations sont rapides. Ahmed tend la main vers les tracts, mais pas pour en prendre un seul. « Donnez-m’en un paquet, je vais les mettre dans mon local. On est tous des prolétaires, hein. » Sans se faire prier, il s’inscrit sur le comité de soutien à la liste conduite par Ian Brossat. « Les ouvriers, on fait tout en fait, explique-t-il. Et on a que des miettes. Moi j’ai 67 ans, et je ne peux toujours pas prendre ma retraite. Pourtant, dans l’industrie, j’ai travaillé dans tout. » Croit-il que Marie-Hélène Bourlard au Parlement européen puisse faire avancer la cause des « prolétaires » selon ses mots ? « J’espère. Si on n’est pas représentés, on ne peut pas se faire entendre. Et pour moi, elle reste une ouvrière », rappelle-t-il.

La conscience de classe d’Ahmed est solidement ancrée… Mais, chez des trentenaires, elle existe aussi. C’est le cas d’un jeune couple. Lui, intérimaire dans une usine de peinture, rêve d’une situation plus stable. « Si, demain, j’ai un CDI, je peux acheter une maison. » Leur relation à la politique est, pour tous les deux, assez désenchantée, même s’ils votent à chaque élection. « J’avoue que je décroche de la télé au bout d’un quart d’heure quand je regarde les débats », ironise son épouse, Emmanuelle. « On a l’impression de n’être ni entendus, ni écoutés. » Une ouvrière au Parlement européen ? « Et pourquoi pas une femme déjà », répond-elle du tac au tac. « Et puis, c’est vrai que ce n’est pas quelqu’un qui sort de derrière un bureau », souligne-t-elle au sujet de Marie-Hélène Bourlard. « Elle comprend les ouvriers parce que, comme nous, elle paye un loyer tous les mois. »

Quelques maisons plus loin, c’est une autre histoire que vont entendre la candidate communiste et les militants. Celle d’une retraitée. « Bonjour, est-ce que vous voulez voir une ouvrière entrer au Parlement européen le 26 mai prochain ? » interroge Marie-Hélène Bourlard en tendant un tract à cette femme, par-dessus le portail de son jardin. Elle le prend, l’air interrogatif. « Je suis une ancienne ouvrière du textile », ajoute la candidate. « Ah ! Eh bien moi aussi ! » répond alors la retraitée. « C’était à Cambrai, pendant dix-huit ans. Je n’ai jamais pris le bus, je suis toujours allée travailler à pied. Et puis, c’était grassement payé », lance-t-elle, ironique. Du coup, la discussion s’engage. Cette retraitée vit seule. Elle avait un fils, mort à 30 ans. Et ne veut plus d’hommes dans sa vie. Et de sa retraite, elle exprime beaucoup de colère. « Moi, j’ai travaillé quarante-huit ans. Et il m’a enlevé 114 euros l’autre fumier ! » peste-t-elle à l’adresse d’Emmanuel Macron.

Puis, la discussion s’oriente sur ce qu’il faudrait améliorer dans la ville. Et là, c’est une autre colère qui éclate… La retraitée montre la maison d’en face et lâche : « Il y en a trop… » au sujet de ses habitants. « Et puis, il y en a qui ne cherchent pas du travail. C’est au RSA… » Le genre de propos qui, conjugués à cette longue vie de labeur mal récompensée, peuvent expliquer la configuration politique issue des dernières législatives. Pourtant, la conversation se poursuit entre les deux ouvrières. Et, à la fin, la retraitée s’inscrit sur le comité de soutien de la liste communiste. Elle n’est pas la seule à avoir passé sa vie professionnelle dans l’industrie textile. Dans une autre maison, une autre retraitée qui ouvre sa porte à Marie-Hélène Bourlard s’exclame immédiatement : « Ah ! Moi aussi ! J’étais à Jupiter Caudry. » Elle ne se fait pas prier pour signer l’appel à voter pour la liste Ian Brossat, avec un seul bémol : « Je suis malvoyante. Remplissez le bulletin pour moi s’il vous plaît. »

À Saran, dans le Loiret, un autre type d’ouvriers travaille pour une entreprise venue du capitalisme d’Amérique. Sur le parking d’Amazon, géant de la vente en ligne, nous rencontrons Khaled Bouchajra et quelques-uns de ses camarades de travail. Tous sont entrés chez Amazon pour travailler, sans véritables convictions politiques au départ. En se heurtant aux méthodes de management du géant américain, en les refusant, en voulant défendre leurs droits, ils en sont venus à l’action syndicale. À la CGT. La CGT chez Amazon, c’est un peu la CGT dans une entreprise aux États-Unis. Khaled Bouchajra fait partie de ces salariés. « Il faut faire très attention à ce qu’on dit chez Amazon », assure-t-il. Après s’être formé sur le tas, dans la lutte, il est aujourd’hui délégué syndical et candidat également sur la liste conduite par Ian Brossat. « C’est bien que quelqu’un comme lui, issu du milieu ouvrier, des banlieues populaires, nous représente sur une liste », approuve Michaël, un de ses collègues. « S’il est élu, ce sera encore mieux pour nous, pour nous aider à avancer », ajoute Laura. « On a entendu tellement de discours de la part des hommes politiques, que, personnellement, je préfère que ce soit quelqu’un qu’on connaît, qui travaille avec nous, qui soit élu, assure un autre collègue de Khaled Bouchajra. Et pas quelqu’un qui nous dit la même chose, mais qui n’a jamais travaillé dur comme nous. »

Il est trop tôt pour dire si cette démarche initiée par le PCF portera ses fruits électoralement. Elle demandera un travail de long terme, au-delà d’un scrutin, les européennes, peu mobilisateur pour les classes populaires. Mais elle semble en tout cas répondre à une réalité : les ouvriers ont quasiment disparu du champ politique. Et cette initiative est une première tentative de changer cette réalité.

Diego Chauvet

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Ian Brossat commente la journée

Posté par jacques LAUPIES le 1 mai 2019

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Ma douce minette est partie

Posté par jacques LAUPIES le 1 mai 2019

En ce  jour fleuri de muguet

Loin des cris et clameurs violentes

Que des primates affamés

Avec leurs sirènes hurlantes

Sèment  dans notre défilé

J’allais vers les brins en vente

 

En ce printemps si prolifique

En ciels bleus et douces lumières

S’est  abattu le magnifique

D’une vie qui m’était si chère

Et que l’aveugle  automobile

A emporté en pleine ville

 

Je l’ai prise contre mon cœur

Toute chaude dans son malheur

En cet instant j’ai ressenti

Ce que le temps donne à la vie

Lorsque l’on perd une innocence

A qui l’on a donne sa chance

 

La douleur est forte

Quand la mort emporte

Un être sans cesse

Pétri  de tendresse

Fait de cette chair

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Que donne la terre

Et de ces esprits

Issus de nos vies

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