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RÉPRESSION. RABAH SOUCHI, COMMISSAIRE RÉCIDIVISTE

Posté par jacques LAUPIES le 13 avril 2019

 

 

Un donneur d’ordres «	clivant et intransigeant	», aux méthodes autoritaires et musclées. La Voix du Nord/Maxppp<br /><br />

Un donneur d’ordres « clivant et intransigeant », aux méthodes autoritaires et musclées. La Voix du Nord/Maxppp
 

RÉPRESSION. RABAH SOUCHI, COMMISSAIRE RÉCIDIVISTE

Vendredi, 12 Avril, 2019

L’officier en charge des opérations de police, le 23 mars, à Nice, qui a mis à terre la militante Geneviève Legay, suscite de vives critiques, dans tous les milieux. Portrait.

L’homme qui a fait dégénérer la journée de manifestation du 23 mars à Nice (Alpes-­Maritimes) n’est pas un membre du Black bloc. Et pour cause, la capitale azuréenne n’a jamais eu affaire, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, à aucun casseur en cagoule. Celui par qui arrivent régulièrement les dérapages n’est autre que le commissaire de police Rabah Souchi. Celui-là même qui a ordonné à trois sections de CRS de charger contre quelques dizaines de manifestants pacifiquement rassemblés sur la place Garibaldi, ce fameux 23 mars. Charge dont on sait aujourd’hui qu’elle fut à l’origine des graves blessures infligées à la responsable d’Attac, Geneviève Legay, et que les commandements des deux escadrons de gendarmerie présents sur les lieux ont eux-mêmes jugé disproportionnée, observant un donneur d’ordres « fébrile et d’une extrême nervosité ».

Bilan de la journée de travail du commissaire Souchi, ce jour-là : une dame âgée hospitalisée avec plusieurs traumatismes crâniens, des tirs de Flash-Ball dans l’après-midi contre une dizaine de manifestants rassemblés devant la gare SNCF, 80 interpellations sur 233 réalisées dans toute la France, dont celles de 10 secouristes volontaires… Au lendemain de ce sinistre samedi, de la mairie de Nice jusqu’à l’Élysée, on a d’abord cherché à disculper la hiérarchie policière azuréenne. Aujourd’hui pourtant, une enquête préliminaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a bien été lancée, mais elle a, sans vergogne, été confiée… à la compagne du commissaire Souchi ! Le procureur de la République ne voyant « pas en quoi cela pose problème ».

« Préjugés humiliants » envers un syndicaliste étudiant

Qui est donc ce personnage dont la Macronie cherche si grossièrement à cacher les excès de zèle ? Né en 1969 à Roubaix, l’homme entre dans la police à 24 ans et gravit rapidement les échelons. Il devient commissaire en 2003 pour être d’abord affecté, deux ans plus tard, à la tête du service de sécurité de proximité d’Amiens, avant de devenir chef de circonscription à Arras, fin 2008. C’est dans cette fonction que le personnage commence à se révéler. La presse régionale le décrit, en 2012, comme « intransigeant », « clivant », « capable de coups de sang mémorables, au point de se mettre à dos les syndicats et de nombreux policiers pour ses méthodes jugées autoritaires ». L’IGPN aurait même été saisie à son encontre, hâtant son retour à Amiens, puis sa nomination à Nice, où on le voit apparaître comme porte-parole du Syndicat des commissaires de la police nationale, lors des mobilisations de fonctionnaires, en 2015.

« Il bordélise régulièrement la situation, commente Robert Injey, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire progressiste le Patriote Côte d’Azur. C’est ce que nous disent les agents que nous rencontrons depuis le début du mouvement des gilets jaunes. » Les hommes placés sous son commandement apparaissent à longueur de témoignages comme exaspérés par son comportement. « Il avait les yeux tellement écarquillés qu’on aurait dit qu’il avait pris de la cocaïne, et les policiers qui nous ont passé les menottes avaient honte de le faire » témoigne ainsi René Paysant, l’un des 10 secouristes empêchés de venir en aide à Geneviève Legay et placés en garde à vue le 23 mars. « Les officiers de police judiciaire qui nous ont entendus nous ont tous demandé de faire quelque chose pour dénoncer les agissements de leur supérieur », rapporte pour sa part Samuel Alexander, caméraman également interpellé sur ordre du commissaire Souchi.

Du côté des manifestants, l’exaspération est aussi de mise. Violences, menaces, provocations… Maxime Courtin, étudiant syndiqué à Solidaires, en a fait les frais lors des manifestations lycéennes du début de l’année. « Il est venu me provoquer et m’a ensuite accusé de l’avoir traité d’enculé », raconte le jeune homme. Il a été condamné, en février, à quatre mois de prison avec sursis pour injure à l’encontre d’un représentant de la force publique. « Je suis militant LGBT, reprend Maxime, qui a fait appel de la décision de justice. Même si j’avais voulu l’insulter, je n’aurais pas employé ce terme discriminatoire. » Et son avocate, Maeva Binimelis, de décrire le comportement « surréaliste » du commissaire lors du procès de Maxime, faisant état de son « invraisemblable manque de hauteur » et de ses « préjugés humiliants » à l’égard du syndicaliste étudiant. Persuadée de la dangerosité du fonctionnaire, Me Binimelis vient de se lancer dans une compilation de témoignages de ses exactions afin de bientôt saisir la justice pour définitivement l’empêcher de nuire.

Émilien Urbach

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Français, bougez votre cul ! Ma colère du jour…

Posté par jacques LAUPIES le 12 avril 2019

 

Quand on est en colère on gueule et parfois on tend à être grossier !

Avec ces putains de gouvernants qui depuis des décades nous roulent dans la farine, car incapables d’affronter les multinationales et la haute finance qui les forme, les manipule et les met en place au gré de l’incompréhension populaire, du découragement autant que des révoltes sporadiques trop souvent insuffisantes en nombre et donc inefficaces, même si respectables et nécessaires, nous voyons chaque jour des droits bafoués et une entreprise de démolition sociale et sociétale se développer.

Sociale elle frappe tous les secteurs de la vie de chacun de nous : éducation et formation, santé et sécurité sociale, logement et environnement, transport et énergie, information et culture,  que sais-je encore ?

Sociétale, le tapage fait à propos de la criminalité, de la violence faite aux femmes, de l’homophobie, de la pornographie est, même si parfois il peut-être utile en sorte de prévention, n’est que poudre aux yeux et fait diversion car les  pompiers sont souvent des pyromanes. On amuse la galerie mais on ne s’en prend pas aux vrais causes que sont, l’exploitation du travail, la captation des richesses produites sur fond d’inégalités de revenus et de patrimoines et de pauvreté.

Les médias se goinfrent de sensationnalisme, les trous du cul qui sont nommés chefs de rédaction, éditorialistes, et autres spécialistes d’instituts bidons en contrat avec les chaînes télévisées tiennent le même discours de l’austérité sur des musiques différentes, histoire de parquer le moutons et de mettre en réserve les loups de l’extrême droite. Pas ceux dont sont friands les écolos de bon ton mais ceux qui, à deux pattes, sont tapis pour défendre leur meute et des territoires…

Un tel pense que je parle trop fort, l’autre pense que du moment que je fais de la politique, je suis suspect, un troisième pourra dire qu’à plus de 80 ans je deviens acariâtre, un quatrième que ma façon de vivre est bizarre ! Honnêtement je me fous un peu de ces jugements tout simplement parce qu’il sont dérisoires par rapport à la « crise » qui s’accentue et m’inquiète dans ses conséquences  pour une jeunesse qui va payer, non pas comme ils le disent, l’addition de la dette mais l’incurie de leurs aînés qui toutes classes confondues se sont laissés cocufier par le grand capital mondial et national.

Un capital qui laisse crever des centaines de millions de pauvres dans le monde, qui n’a que la canonnière pour défendre des intérêts qualifiés de nationaux un jour, de liberté et droits de l’homme un autre (les belles impostures), un capitalisme qui oscille entre pantins politiques réformistes et pantins politiques néo fascistes avec tout ce qu’il y a au milieu de culs entre deux chaises, qui s’applique à dénaturer l’idéal auquel je crois  : le communisme au prétexte que certains avec le concours actif du monde des possédants impérialistes  ont tenté de dénaturer !

Ma colère à débuté tout simplement parce qu’une famille que je côtoie et aide comme je peux vit avec le RSA et les AF, que quatre enfants en subissent les conséquences et n’ont que des soutiens « arrachés » parfois par des travailleurs sociaux, dont certains hélas (pas tous heureusement) croient au père noël Macron, à ses opposants de droite, extrême ou pas ! Les aînés de cette famille en situation d’apprentissage à peine majeurs ne peuvent décemment se loger, se nourrir, être autonomes et ponctionnent une mère de famille avec deux enfants plus jeunes qui n’a d’autre recours que « faire des ménages » (lorsqu’elle en trouve) pour compenser une coupure totalement illégale de la CAF fautive « administrativement » en l’occurrence qui reversera le manque à gagner, on ne sait encore quand !

Les nombreuses victimes de telles situations sont gentilles quand  elles disent « faut faire avec », ou se contentent de râler dans leur coin ! J’avoue que si elles allaient saccager un restaurant, au prix de repas représentant la valeur de quatre caddys dans une grande surface pour leur consommation familiale, je ne les féliciterais pas mais je pourrais comprendre, mieux que je ne le fais avec des casseurs prétextes à manipulation !

 

 

 

15 juin 2018. Installation faite par les salariés de l’hôpital de Vierzon (Cher) pour protester contre la fermeture de la maternité. Guillaume Souvant/AFP<br /><br />

15 juin 2018. Installation faite par les salariés de l’hôpital de Vierzon (Cher) pour protester contre la fermeture de la maternité. Guillaume Souvant/AFP
 

UNION EUROPÉENNE. COMMENT L’AUSTÉRITÉ NOUS POURRIT LA VIE

Alimentation, retraite, services publics, salaires… souvent avec la bénédiction des gouvernements, les décisions de l’Union européenne – de la Commission, du Parlement ou celles gravées dans les traités – ont des conséquences directes sur notre quotidien.

Avec sa complexité et son hermétisme, entretenus à dessein, l’Union européenne n’apparaît pas, pour nombre de citoyens, comme un enjeu de premier plan ou sur lequel ils peuvent avoir prise. Les pronostics d’abstention pour le scrutin de mai prochain en témoignent : le dernier sondage Ifop donne la participation à 41,5 %, contre 42,43 % en 2014 lors des dernières européennes. Pourtant, les conséquences des décisions de l’UE, souvent prises en bonne intelligence avec les gouvernements libéraux, si elles ne sont pas immédiatement palpables, sont bien réelles dans nos vies quotidiennes.

Pouvoir d’achat Les salaires sans cesse grignotés

Faute de miser sur une Europe sociale tirant les protections sociales et les droits du travail vers le haut, les Vingt-Huit continuent de niveler vers le bas les pouvoirs d’achat à coups de compétitions fiscale et sociale. En créant les travailleurs détachés en 1996, la directive Bolkenstein fut l’archétype de ce dumping fratricide. Sa nouvelle version de 2018 devrait certes faire disparaître toutes ces agences de placement de travailleurs temporaires à bas coûts. Mais d’autres mécanismes plus structurels ont été posés. Prenez la règle d’or, qui prohibe tout déficit public en dessous des 3 % du PIB. Dans une Europe où la part des salaires ne représente plus en moyenne que 60 % des revenus des Européens, au lieu de 75 % dans les années 1960, les États ont dû mettre en place des transferts sociaux passés de 11 % à 16 % du revenu moyen. Mais l’austérité budgétaire impose des coupes dans leurs mécanismes de redistribution. La politique monétaire de la Banque centrale européenne a, elle, participé à attiser l’inflation, qui a annulé l’augmentation moyenne des salaires enregistrée entre 2016 et 2018. À entendre la tête de liste LaREM aux européennes, qui propose de créer un Smic européen médian faisant diminuer celui en France de 300 euros, soit en dessous du seuil de pauvreté, on se dit que l’abaissement des salaires ne manque pas de thuriféraires.

Alimentation Péril dans nos assiettes avec le libre-échange

Saumon transgénique, bœuf aux hormones… À l’image du Ceta (UE-Cananda) ou du Jefta (UE-Japon), les accords de libre-échange ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires, mais visent à supprimer tous les « obstacles au commerce », ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental. « Nous ne pourrons plus en Europe décider automatiquement de nos normes, comme interdire de nouveaux OGM ou décider des seuils de résidus de pesticides dans notre alimentation », craint Karine Jacquemart, présidente de Foodwatch, ONG de défense des consommateurs. Un exemple : l’importation de saumon transgénique, autorisé au Canada, est interdite en Europe. Si l’entrée en vigueur du Ceta n’y change rien, l’accord UE-Canada inclut cependant une réduction des droits de douane, passés de 15 % à 0 %. Mécaniquement, on peut donc s’attendre à ce que les importations de saumon canadien en Europe augmentent. Or, comme il n’y a pas d’obligation d’étiquetage du saumon OGM au Canada, les contrôles aux frontières risquent d’être assez difficiles. Autre exemple avec le Japon, qui utilise plus de pesticides que l’Europe. De tels produits pourraient être importés, au détriment du principe de précaution.

Transports Le train du quotidien victime de la libéralisation

Guichet fermé, gare fantôme, substitution par autocars…, la désertification du service public SNCF condamne l’usager à se détourner du train et les fameuses « petites lignes », indispensables à l’aménagement équitable du territoire, sont menacées. Pourtant, elles représentent près de 9 000 kilomètres de rails et couvrent 44 % du réseau national. Peu fréquentées, circulées par moins de 20 trains par jour, elles sont jugées non rentables et la direction de la SNCF comme les gouvernements successifs les ont en ligne de mire. En 2014, une première réforme supprime le financement de leur entretien. Mois de quatre ans plus tard, le rapport Spinetta, qui servira de base au nouveau pacte ferroviaire porté par Édouard Philippe, préconise leur disparition : mise à l’arrêt de 56 lignes, fermeture de 190 gares. Mais le gouvernement préférera finalement les transférer massivement aux régions. Libre à elles désormais de financer leur exploitation (ce dont elles n’ont pas les moyens) ou de les ouvrir aux opérateurs privés. Une privatisation initiée à Bruxelles et bâtie autour de quatre « paquets ferroviaires ». Le dernier de ces textes communautaire, voté en 2016, exige ainsi l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires, nationales et régionales.

Retraites Bruxelles pousse toujours plus loin

Recul de l’âge légal de départ, retraites par points, disparition des régimes spéciaux, alignement du public sur le privé… les grands axes du projet gouvernemental pour la réforme des retraites répondent en réalité aux « recommandations » dictées par la Commission européenne tous les ans, à chacun des États membres. Dans la mouture 2018, Bruxelles évoque ainsi les « 37 régimes de retraites (qui) coexistent en France » et enjoint à Paris « une uniformisation progressive » du système, estimant qu’« une harmonisation des règles de calcul contribuerait à une meilleure maîtrise des dépenses publiques ». Ainsi, poursuit le document, « l’alignement de différents régimes de retraite des secteurs public et privé pourrait réduire de plus de 5 milliards d’euros les dépenses publiques d’ici à 2022 ». En somme, par le truchement de ses injonctions budgétaires ou en votant, comme ce fut le cas il y a quelques jours, la création d’un marché européen des retraites complémentaires (1), Bruxelles prend aussi la main sur notre protection sociale.

Services publics Écoles, maternités… en danger

En cette fin de grand débat le gouvernement en a fait sa devise, à l’instar de Bruno Le Maire : « Les impôts doivent baisser », martèle-t-il, ajoutant aussitôt que cela doit être « financé par la baisse de la dépense publique ». Or, derrière la « dépense publique » se cachent les services publics que sont les écoles, les maternités, les hôpitaux, la justice… Autant de biens communs mis à mal. Au total, ce sont 120 000 postes de fonctionnaires que le gouvernement entend supprimer. En guise de réponse aux revendications pour plus de pouvoir d’achat, il s’agit donc de prendre dans une poche (celle qui devra assumer de payer une fois les services publics amoindris) pour remplir l’autre avec une facture fiscale éventuellement moins élevée. Quel lien avec les décisions européennes ? En l’occurrence, les traités de l’UE eux-mêmes : en particulier la sacro-sainte règle du traité de Maastricht, qui interdit les déficits au-delà de 3 % du PIB sous peine de sanctions, mais aussi la règle d’or instaurée par le traité budgétaire, qui limite le déficit public structurel d’un pays à 0,5 % de son PIB. Une source de justification pour la politique d’austérité menée par l’exécutif.

(1) Voir l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’édition de l’Humanité du 11 avril.
Alexandra Chaignon, Marion D’Allard, Stéphane Guérard et Julia Hamlaoui

 

 

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Un référendum pour que les français puissent protéger le public des rapaces du privé

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2019

 

 

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ENTRETIEN. « C’EST AUX FRANÇAIS DE DÉCIDER DU SORT D’ADP »

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2019

 Une bonne idée qui pourrait bouleverser notre histoire économique

https://www.humanite.fr/entretien-cest-aux-francais-de-decider-du-sort-dadp-670742

Mardi, pour la première fois, des députés et sénateurs de tous bords politiques (hors LaREM et RN) ont convergé pour lancer un réferendum d’initiative partagé. Ils espèrent empêcher la privatisation d’Aéroports de Paris. Alexis Sciard/IP3/Maxppp<br /><br /><br />

Mardi, pour la première fois, des députés et sénateurs de tous bords politiques (hors LaREM et RN) ont convergé pour lancer un réferendum d’initiative partagé. Ils espèrent empêcher la privatisation d’Aéroports de Paris. Alexis Sciard/IP3/Maxppp
 
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Légende calée par le haut. Ut ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom. Crédit photo<br /><br /><br />

Légende calée par le haut. Ut ulputpat, sum nullamet il iriliquam. Eriusto commy nostrud tisuisim niamcom. Crédit photo
 

ENTRETIEN. « C’EST AUX FRANÇAIS DE DÉCIDER DU SORT D’ADP »

Jeudi, 11 Avril, 2019

Des parlementaires hostiles à la privatisation d’ADP se sont pour la toute première fois entendus en nombre suffisant pour réclamer l’organisation d’un référendum.

Les 248 parlementaires de gauche comme de droite ont signé une proposition de loi visant à organiser un référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Comment ce front s’est-il construit ?

Patrick Kanner Cette démarche est historique. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République, à la suite de la révision constitutionnelle de 2008, que plus de 185 parlementaires s’entendent pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP). Le texte a été déposé mercredi au bureau de l’Assemblée nationale, après un travail collectif. L’idée est née dès le rejet de la privatisation d’ADP par le Sénat, et a été confortée par le débat à l’Assemblée. Quand nous avons vu qu’il y avait une unanimité dans l’opposition, de gauche comme de droite, pour s’opposer à ce projet, nous nous sommes mis à la recherche d’outils pour contrer la volonté du gouvernement. Avec Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée, nous avons associé en premier lieu les deux groupes communistes du Sénat et de l’Assemblée, très hostiles à cette privatisation. Puis nous avons élargi le front grâce à des parlementaires LR, FI, LT, RDSE, UDI, UC et non inscrits. Tous ensemble, nous avons su dépasser nos différences en considérant que l’intérêt national est en jeu. On retrouve ici, non pas l’esprit du CNR, ce serait peut-être un peu osé de ma part, mais en tout cas une haute conscience du rôle du politique.

Quelles sont les étapes pour que ce référendum puisse être organisé ?

Patrick Kanner Il fallait d’abord réunir les signatures et déposer le texte le plus vite possible, car on ne peut pas lancer une procédure de RIP sur un texte promulgué depuis moins d’un an. Là, nous sommes dans les clous : la loi Pacte, qui contient la mesure de privatisation d’ADP, n’a pas encore été définitivement votée et encore moins promulguée. Le Conseil constitutionnel va maintenant devoir vérifier la conformité de notre proposition. Son travail sera totalement analysé, car c’est la toute première fois qu’il aura à se prononcer sur un RIP. Puis nous aurons neuf mois pour réunir la signature d’au moins 10 % du corps électoral, soit 4,7 millions de personnes, pour que le référendum soit enfin organisé. Nous sommes très clairement sur une course d’obstacles. Toute une année de bagarre nous attend. Si le Conseil constitutionnel nous y autorise, nous mènerons une campagne intense, avec l’ensemble des citoyens et de tous les élus locaux franciliens opposés à cette privatisation, pour obtenir l’organisation de ce scrutin.

Quelle question voulez-vous poser par référendum ?

Patrick Kanner Nous voulons donner au peuple français la possibilité d’affirmer ou non le caractère de service public national d’ADP, ce qui aura pour conséquence de rendre impossible sa privatisation. Pour nous, il va sans dire que les aéroports de Roissy, du Bourget et de Roissy sont d’intérêt national et qu’ils ne peuvent pas être bradés au privé. Nous estimons de plus qu’il serait complètement invraisemblable de le faire au sortir du grand débat national, sans consulter les Français, alors même qu’ils réclament sans cesse d’être davantage associés aux décisions politiques. C’est à eux de choisir. On ne peut pas recommencer une erreur aussi manifeste que celle de la privatisation des autoroutes sans avoir un échange construit avec les citoyens.

Cette initiative parlementaire a-t-elle été rendue plus simple par le fait que les arguments utilisés font consensus ?

Patrick Kanner Absolument. Certains nous disent qu’il est scandaleux de signer avec la droite. Mais quand la défense de l’intérêt national est partagée et que nous avons la même analyse du problème, à un moment donné, il me semble normal d’avancer ensemble. Nous sommes tous d’accord pour dire que la privatisation d’ADP est une erreur en termes de souveraineté nationale, d’environnement et d’aménagement du territoire. Ce serait en plus une mauvaise opération économique, car ADP rapporte chaque année des dividendes à l’État. Le gouvernement dit vouloir dégager 250 millions d’euros par an avec cette vente, mais dire que c’est uniquement possible en vendant ADP est une plaisanterie alors que notre budget est de 330 milliards d’euros. En vérité, l’exécutif privatise pour combler les trous à la suite de mauvais choix budgétaires. Il faut l’empêcher de vendre ce qui est à la fois l’entrée de la France et une poule aux œufs d’or. Et il faut en finir avec ce dogme de toujours moins d’État et moins de services publics en imaginant que le privé ferait forcément mieux. Il y a des limites à ne pas franchir : on ne doit pas toucher au patrimoine national et à ce qui relève d’un monopole aussi important.

Patrick Kanner

Président du Groupe socialiste et républicain au Sénat

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre

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ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES. LES GILETS JAUNES TENTÉS PAR L’ENRACINEMENT MUNICIPAL

Posté par jacques LAUPIES le 10 avril 2019

 

 

Deuxième «	assemblée des assemblées	» des gilets jaunes, le 5 avril, à Saint-Nazaire. Loic Venance/AFP<br /><br />

Deuxième « assemblée des assemblées » des gilets jaunes, le 5 avril, à Saint-Nazaire. Loic Venance/AFP
 

ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES. LES GILETS JAUNES TENTÉS PAR L’ENRACINEMENT MUNICIPAL

Mercredi, 10 Avril, 2019

La réappropriation de notre pouvoir politique « passe par le niveau local ». Telle est l’une des résolutions adoptées par l’assemblée des assemblées de gilets jaunes, dimanche, à Saint-Nazaire. « Nous appelons à créer dans chaque commune de France où cela est possible une ou plusieurs assemblées citoyennes et populaires », explique ce texte élaboré au sein d’une commission portant sur la structuration locale du mouvement. Certains envisageaient même de se présenter aux élections municipales.

« C’est une option qui est posée », reconnaît un gilet jaune de Commercy (Meuse), qui ne veut pas donner son nom. « L’idée, ce n’est pas de se présenter par en haut, en surplomb, comme un parti politique et promettre “votez pour nous et vous allez voir ce que l’on va faire”. Si on faisait cela, on reproduirait le système politique que l’on condamne. » L’idée serait plutôt, explique-t-il, d’« investir le champ électoral pour redonner le pouvoir de décision à l’assemblée populaire, seule souveraine. Le maire deviendrait une sorte de délégué général et les conseillers municipaux un exécutif chargé d’appliquer systématiquement la volonté de cette assemblée municipale ».

À Bayonne, une association vise à fédérer et trouver des financements

« Le mouvement des gilets jaunes est né par la base, et c’est comme ça qu’on doit le consolider », abonde Stéphane Carbiener, 45 ans, venu de Bordeaux. « Et comment reprendre les clés du pays ? Ça démarre par les maires. On a 36 000 communes où les gilets jaunes peuvent consolider le lien qu’ils ont commencé à créer », ajoute-t-il, saluant la proposition des représentants de Commercy.

À l’AG des AG, les élections européennes ne suscitent pas le moindre intérêt. Les listes gilets jaunes pour le scrutin du 26 mai sont unanimement rejetées. Le ton diffère sur le scrutin local. À Bayonne, les gilets jaunes ont créé une association loi 1901. « Cela permet de fédérer l’ensemble des groupes du Pays basque, mais aussi d’avoir des financements, des dons, de discuter avec les élus, les syndicats. Et aussi être identifiés en vue des municipales », raconte par exemple un membre de la délégation venue des Pyrénées-Atlantiques. Un autre, venu de Chambly, dans l’Oise, ne cache pas non plus son ambition de « réinvestir les conseils municipaux ». À Villeneuve, dans l’Aveyron, l’assemblée des gilets jaunes s’est déjà emparée des enjeux communaux, notamment du plan d’urbanisme, actuellement en discussion.

Le « municipalisme », une théorie politique en vogue

« On est dans une période d’essoufflement, et pour moi ce serait trop se disperser, pour peut-être peu de résultats », confie une autre militante, venue de Nantes, à l’AFP. Mais ils sont nombreux, à la Maison du peuple de Saint-Nazaire, à avoir été séduits par la théorie du municipalisme, telle qu’elle a été développée par Murray Bookchin, bien que le terme n’apparaisse pas dans les textes issus des assemblées. « Municipalisme », « commune », « communalisme »… Qu’importe le mot, la philosophie est la même. « Transformer nos assemblées de lutte en assemblées de gestion du quotidien, en AG décisionnelles, où les gens ne se retrouvent pas seulement pour conduire et organiser le mouvement, mais aussi pour savoir ce que l’on peut faire pour améliorer nos vies localement, dans nos villes, dans nos quartiers », raconte le gilet jaune de Commercy. Fédérées « en réseau », elles pourraient en outre « créer un rapport de forces » avec les autorités, nationales ou locales. En particulier avec « celles qui n’ont pas joué le jeu avec les gilets jaunes… ».

Clotilde Mathieu et Pierre Duquesne

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