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Depuis sa prestation au débat télévisé de France 2, la tête de liste des communistes aux européennes fait frémir les sondages. Les militants croient que la barre des 5% est atteignable.

Posté par jacques LAUPIES le 19 avril 2019

Relevé dans libération

Ian Brossat à Ivry-sur-Seine, le 18 avril, avec Philippe Bouyssou, maire de la ville. Photo Rémy Artiges pour Libération

Ian Brossat à Ivry-sur-Seine, le 18 avril, avec Philippe Bouyssou, maire de la ville.

  •  Autour de Brossat, «il est en train de se passer quelque chose»

Les communistes ont la banane. Jeudi matin, une quinzaine d’entre eux patientent à l’entrée du centre humanitaire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui accueille 400 migrants et leurs familles, sous la responsabilité d’Emmaüs Solidarité. Leur tête de liste aux européennes, Ian Brossat, se fait attendre pour cette visite de terrain. L’adjoint en charge de logement à la mairie de Paris est rentré tard, la veille au soir, d’un meeting à Jarny (Meurthe-et-Moselle). Il a fait salle comble, attirant plusieurs centaines de personnes. «Ça marche encore, les vieilles villes coco !» rigole un conseiller de Brossat, ravi. Le maire d’Ivry, Philippe Bouyssou, grille une clope sous le soleil : «Ian fait une très belle campagne. Il montre le sérieux, la combativité, la pertinence de sa candidature. Le tout est maintenant de le faire connaître.» Non loin de là, Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, n’a pas de mots assez doux pour son jeune collègue : «dynamisme»«disponibilit黫empathie»«aisance»

Ian Brossat débarque, reposé, élégant : chino vert et veste bleue, chemise blanche et bottines marron. Il distribue les bises et les poignées de main. Dans le Val-de-Marne, le Parti communiste (PCF) est chez lui. La petite troupe s’enfonce dans le centre d’accueil des migrants, venus pour la plupart de la Corne de l’Afrique et d’Afghanistan. Un «village» de yourtes et de bâtiments modulaires, doté en son sein d’une école et d’un centre médical, posé sur le terrain d’une ex-usine d’eau de la ville de Paris. Le lieu est d’une surprenante tranquillité. «Quand on organise l’accueil, les choses se passent très bien», constate Brossat, qui veut «multiplier» les initiatives de ce type sur «le parcours migratoire». Quelques échanges avec les 74 salariés du centre, deux ou trois mots face à une caméra pour les réseaux sociaux et l’agrégé de lettres modernes prend la direction de l’aéroport d’Orly, où les syndicats opposés à la privatisation d’ADP manifestent. La journée-marathon qui débute doit se terminer tard par l’enregistrement de Salut les Terriens, l’émission d’Ardisson. La nouvelle réjouit la compagnie, qui ne cesse de regretter la trop faible présence du PCF dans les médias.

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Un langage clair des communistes : ça fait du bien !

Posté par laupiesjacques le 19 avril 2019

 

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La gangrène des méthodes libérales pénètre l’univers de l’économie sociale…

Posté par jacques LAUPIES le 19 avril 2019

 

Pas un jour sans qu’apparaisse ici ou là – et pas seulement dans les médias – les ravages provoqués par la main mise de particuliers sur des fonds publics, sur des services publics, soit en les détruisant, les amoindrissant, soit en les soustrayant à la nation.

Sur le terrain ce sont des travailleurs qui ne peuvent plus vivre de leur travail, des chômeurs que l’on culpabilise,  des familles (souvent monoparentales) qui se voient contrainte de renoncer à assurer le minimum que peut espérer un enfant ou un adolescent. Pour qui observe, et parfois est impliqué dans ces situations dramatiques qui aboutissent, pas seulement à des révoltes totalement justifiées mais parfois à des soumissions de ceux qui les subissent, cela devient intolérable !

Ce qui est d’autant plus déprimant est de voir que l’esprit libéral corrompt toute une société et malheureusement des lieux où l’on espérerait trouver compassion et solidarité et ou l’on découvre intégration et collaboration à des formes de gestions semblables à celle ou règne la loi du profit à tout prix !

Certes ce n’est pas nouveau et durant toute une part de ma vie où j’ai pu évoluer dans le milieu associatif et mutualiste j’ai pu constater à cette transformation d’une attitude de combat, de lutte contre les comportements de mimétismes du modèle plus ou moins imposés par le libéralisme allègrement conduits par un encadrement recruté à cet effet et bien dans le moule de « la libre entreprise » !

A tel point que sauf, que demeure le principe – essentiel certes – d’économie sociale, toute la gestion se confond de plus en plus avec celle chère au capitalisme avec course à la compétitivité en fusionnant les entreprises ou en les abandonnant, réduisant les effectifs en personne, les réseaux de distribution, au prétexte qu’ils seraient complètement envahis et dépassés  pas les pseudos incontournables techniques nouvelles de communication ! Sans pour autant prendre la précaution de protéger les salariés

S’il y a du vrai dans cela est ce une raison  pour sacrifier ce qui est le plus précieux : l’humain ?

Jacques LAUPIES ex-militant et responsable mutualiste !

 

LOI PACTE. LES URNES CONTRE LA PRIVATISATION D’AÉROPORTS DE PARIS

Environ 700 manifestants entouraient Laurence Cohen, Pierre Laurent, Ian Brossat, Pascal Savoldelli, Fabien Roussel et Christian Favier, à Orly, jeudi 18 avril. Guillaume Clément<br /><br /><br /><br />
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Environ 700 manifestants entouraient Laurence Cohen, Pierre Laurent, Ian Brossat, Pascal Savoldelli, Fabien Roussel et Christian Favier, à Orly, jeudi 18 avril. Guillaume Clément
 

 

Vendredi, 19 Avril, 2019

Une trentaine d’élus sont allés à la rencontre des salariés en grève de l’aéroport d’Orly. Ils se mobilisent pour faire aboutir le référendum d’initiative partagée.

Ce jeudi matin, n’est pas un jour comme un autre à l’aéroport d’Orly. Le premier ministre, Édouard Philippe, inaugure le nouveau terminal numéro 3. L’État a investi 500 millions d’euros dans l’opération. Il y a tout juste une semaine, les députés de la majorité, isolés, ont voté la loi Pacte, qui privatise Aéroports de Paris, ainsi qu’Engie et La Française des Jeux (FDJ). « Ce nouveau terminal est sans doute un cadeau de bienvenue aux futurs actionnaires et propriétaires d’ADP », entendait-on dans les conversations des salariés d’Orly qui s’apprêtaient à manifester. Face à la porte 45 du terminal 4, ils étaient environ 700 à avoir répondu à l’appel de l’intersyndicale CGT, Unsa, FO, CFDT, Solidaires. La plupart ont revêtu leur veste de travail, d’un orange vif, les militants syndicaux y ont superposé les gilets de leurs organisations et un badge, le même pour tous « Non, à la privatisation ». Le premier ministre n’a pas daigné les rencontrer. Ils n’y croyaient d’ailleurs pas. Ils ont pu, en revanche, entendre et échanger avec des élus et responsables politiques en première ligne de l’opposition à la privatisation d’un « fleuron national ».

Ainsi, à mesure de l’avancée de la manifestation dans différents secteurs de l’aéroport, les écharpes tricolores se sont faites plus nombreuses au sein du cortège. Celles des parlementaires communistes Pierre Laurent, Laurence Cohen, Pascal Savoldelli, Christian Favier, de la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, du député Éric Coquerel (FI).

Une large majorité de la population contre la privatisation

La semaine dernière, l’opposition parlementaire avait ouvert un espoir en parvenant à réunir 250 sénateurs et députés pour obtenir un référendum d’initiative partagée (RIP). « C’est une première sous la Ve République. Il fallait obtenir le soutien de 185 élus au minimum, nous en avons mobilisé 250 de gauche, mais également de droite. C’est maintenant au Conseil constitutionnel de statuer sur notre demande (ce dernier doit rendre sa décision le 10 mai – NDLR) », rappelle Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Selon lui, le référendum ne manquera pas d’entraver le projet de privatisation : « Le gouvernement aura du mal à le faire aboutir si un référendum est en cours. Cette zone d’incertitude peut freiner les investisseurs. » Le député du Nord se félicite que politiques, élus, syndicalistes et salariés se retrouvent : « Quand on travaille ensemble, on a plus de chance de gagner. » À ses côtés, Ian Brossat est lui aussi venu apporter son soutien aux salariés. La tête de liste PCF aux élections européennes a dénoncé « l’obsession de l’Union européenne pour les 3 % de déficit public qui pousse à vendre les bijoux de famille. Macron vend tout. Ce n’est pas un président mais un commissaire-priseur ».

C’est donc un mini-meeting qui s’est organisé après deux heures de déambulation. « À ce stade, rien n’est joué. Car dans notre pays, une large majorité de la population est contre la privatisation », a souligné Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne. 4,5 millions d’électeurs sont en effet nécessaires pour faire aboutir le projet de référendum. Dans ce département, on sait ce que représente un aéroport en termes économique, social mais également environnemental. Parmi les manifestants, on mesure l’angoisse générée par l’annonce de la privatisation. Le sénateur Pascal Savoldelli (PCF) a pointé de son côté les ravages d’une autre privatisation, celle des autoroutes : « 24 % des emplois ont disparu en dix ans. » Éric Coquerel (FI) a interrogé l’assistance sur les raisons profondes de cette privatisation coûteuse pour l’État. « À qui profite le crime ? » a insisté le député. Mais rien est joué, rappelle Stéphanie Daumin, maire PCF de Chevilly-Larue (94) : « Il y a dix ans, la lutte contre la privatisation du marché de Rungis avait été gagnante. »

Sylvie Ducatteau

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RESTAURATION DE NOTRE-DAME. LES TRÈS RICHES HEURES DE LA RECONSTRUCTION DE LA CATHÉDRALE (paru dans l’humanité de ce jour)

Posté par jacques LAUPIES le 18 avril 2019

 

 

Si la restauration ne va semble-t-il pas manquer d’a rgent avec une souscription populaire, l’empressement de quelques milliardaires à contribuer suscite des questions. Gonzalo Fuentes/Reuters<br />

Si la restauration ne va semble-t-il pas manquer d’a rgent avec une souscription populaire, l’empressement de quelques milliardaires à contribuer suscite des questions. Gonzalo Fuentes/Reuters
 

RESTAURATION DE NOTRE-DAME. LES TRÈS RICHES HEURES DE LA RECONSTRUCTION DE LA CATHÉDRALE

Jeudi, 18 Avril, 2019

Face à un chantier qui s’annonce colossal, plusieurs grandes fortunes françaises ont sorti leur carnet de chèques. L’exécutif crée les conditions d’accueil des dons plus modestes, posant, à son corps défendant, la question de la répartition de l’argent dans la société.

La nécessaire reconstruction de ce qui fut « un cœur de la France, un cœur de l’Histoire », selon les mots du premier ministre, va donc donner lieu à un projet de loi prévoyant notamment des réductions d’impôt majorées pour les dons inférieurs à 1 000 euros. Ces réductions coûteront à l’État 75 % des sommes versées. Il donne ainsi un cadre légal à la souscription nationale lancée par Emmanuel Macron, à l’issue d’un Conseil des ministres consacré exclusivement à ce chantier. Un coordinateur est nommé… un ex-général, Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major particulier de Jacques Chirac notamment. Le projet de loi précisera « les garanties de transparence et de bonne gestion que nous apporterons dans la gestion des dons », a expliqué Édouard Philippe.

Les dons aux associations ont baissé en 2018 de 4,2 %

Ironie de l’histoire, la surenchère dès mardi entre milliardaires et multinationales, de Pinault à Arnault, d’Apple à Total, pour apporter des millions à la reconstruction, remet au centre la question de l’argent et sa répartition, question qu’Emmanuel Macron entendait évacuer en même temps que le clivage gauche-droite en 2017. En vingt-quatre heures, les lointaines héritières des 200 familles récoltaient 845 millions hier à la mi-journée, soit pas loin de ce que coûte pour le budget de l’État un an de mécénat d’entreprise (900 millions, alertait la Cour des comptes en 2018). En vingt-quatre heures encore, ces quelques ultrariches contributeurs ont rassemblé trois fois plus que ce que l’État consacre au patrimoine : 326 millions d’euros. Un budget en baisse constante depuis 2010 d’ailleurs, au point que la restauration de la flèche de Notre-Dame n’avait pu être engagée que par la contribution de mécènes privés.

« Le plus simple pour ces entreprises serait déjà de payer leurs impôts », a lancé notamment Manon Aubry, tête de liste la France insoumise pour les élections européennes. S’il est difficile de mesurer pour les ultrariches le gain du passage de l’ISF à l’IFI, tant les stratégies de défiscalisation permises sont complexes, force est de constater qu’aucun ne s’en est plaint. « J’aimerais autant de mobilisation pour les personnes que pour les pierres », a renchéri Ian Brossat, tête de liste PCF. La Fondation Abbé-Pierre, rappelant que Notre-Dame avait accueilli les funérailles de son fondateur, a demandé aux milliardaires : « Si vous pouviez abonder 1 % pour les démunis, nous serions comblés. » Les dons aux associations ont baissé en 2018 de 4,2 %, selon une enquête de France Générosités, baisse imputée en grande partie à la hausse de la CSG – qui a tari les dons modestes – ainsi qu’à la suppression de l’ISF – car les assujettis donnaient volontiers pour réduire leur facture fiscale.

La famille Pinault, devançant une polémique montante, a précisé hier qu’elle entendait renoncer à toute défiscalisation sur les 100 millions d’euros promis pour la reconstruction de la cathédrale et que la holding familiale Artemis « ne fera pas valoir l’avantage fiscal auquel ce don pourrait prétendre dans le cadre de la loi 2003 sur le mécénat ». « J’ai vu ma fille de 17 ans pleurer devant les images », a raconté François-Henri Pinault au micro d’Europe 1. Hier après-midi, on attendait que les familles Arnault ou Bettencourt fassent de même.

l’exécutif cherche le moment politique d’unité nationale

Si le gouvernement veut un projet de loi, au-delà des considérations techniques, comme pour permettre de créer le régime fiscal nouveau pour les dons de moins de 1 000 euros, c’est aussi, selon Édouard Philippe, pour « associer le Parlement à ce qui va être un très grand effort national ». Là encore, l’exécutif cherche le moment politique d’unité nationale. Le projet de loi devrait aussi, et c’est problématique, permettre de déroger à certaines règles de la construction. Autre problème, la restauration de Notre-Dame est loin d’être budgétée, les deux fonds créés pour la reconstruction accueilleront des dons peut-être supérieurs aux besoins.

Pourtant, cette lente « invasion de la charité privée » dénoncée en 2006 par l’économiste Frédéric Lordon, s’inquiétant que, sur le mode anglo-saxon, la restauration de la galerie des Glaces à Versailles soit due « à la générosité de l’entreprise de travaux publics Vinci », porte des germes libéraux. Et si « tous les domaines de l’action publique sont potentiellement candidats à l’envahissement par la charité privée (…), quelle raison d’être reste-t-il à l’État ? » s’interrogeait-il. C’est en sentant le bénéfice politique du moment qu’Emmanuel Macron ne s’est pas résolu à laisser simplement faire les gros mécènes déclarés. La mise en place d’un mécanisme favorisant les dons inférieurs à 1 000 euros répond au besoin de reconstruction, « parce que c’est ce que notre histoire mérite », et aussi parce que l’exécutif a trouvé là un ciment utile. Il escompte que ses effets contribueront à un bon accueil des annonces que Macron fera, « en temps voulu », pour répondre à la crise des gilets jaunes. Il faudra, à l’heure des comptes, dans cinq ans ou plus, regarder toutefois qui, des humbles ou des habitués de l’aubaine fiscale, auront au final le plus contribué à la reconstruction.

Lionel Venturini

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Bon maintenant arrêtez de nous prendre pour des imbéciles avec l’incendie de Notre Dame…

Posté par jacques LAUPIES le 17 avril 2019

 

J’ai dit ce que je pensais de la perte ou de la détérioration d’un monument historique et je ne reviendrais pas la dessus. La beauté qu’il porte pour les uns, la foi qu’il exprime pour d’autres et même les souffrances qu’il représente pour ceux qui l’ont bâti, le témoignage d’une histoire, d’une culture, méritent bien que l’ont le protège, qu’on prolonge sa vie !

Mais en aucun cas cela ne doit nous faire oublier l’utilisation , je dirai même l’instrumentalisation qu’en font certains : toujours mes mêmes que sont les composants des classes dominantes et leurs plus importants éléments ! Pineau, Bettencourt ou Tolal  et de nombreux autres jouent les généreux avec une richesse qui ne leur appartient que grâce à un système de voleurs, de voleurs du sur travail de centaines, voire de millions d’individus.

Ces cumulards de plus-valu, souvent tricheurs fiscaux, quand ce n’est pas sous forme de spéculation qu’ils accroissent leur patrimoine, ne sont pas de généreux donateurs. Au mieux ils restituent ce qu’ils nous ont pris en laissant sur le bord des milliers de pauvres.

Ce ne sont pas les pleurnicherie des hommes politiques qui les représentent, avec en tête ceux qui nous gouvernent actuellement, qui me convaincront de leur vaste hypocrisie et s’il m’arrivait de donner un seul euro pour la préservation du patrimoine je ne voudrais pas le mélanger à leur argent sale et je préférerai  le donner à ce SDF qui mendie devant le super marché.

Les impôts que je paie bien plus lourds pour moi que ceux que ces possédants peuvent consacrer à l’équilibre économique, à la justice sociale, à la culture même !

De grâce payez et on prendra mais ne nous prenez pas pour des couillons  y compris en faisant des affaires avec les niches fiscales…

Même en matière de charité l’union nationale c’est du pipeau !

 

Baptisé Hercule, le plan viserait à créer une maison mère 100 % publique. Celle-ci garderait la main sur la production nucléaire et absorberait les investissements inhérents. Benoît Tessier/Reuters<br /><br />

Baptisé Hercule, le plan viserait à créer une maison mère 100 % publique. Celle-ci garderait la main sur la production nucléaire et absorberait les investissements inhérents. Benoît Tessier/Reuters

ÉNERGIE. LE NUCLÉAIRE « NATIONALISÉ » POUR MIEUX OUVRIR LES PORTES AU PRIVÉ

Mardi, 16 Avril, 2019

Le gouvernement s’apprêterait à donner le feu vert à la réorganisation d’EDF en plaçant le nucléaire sous maîtrise publique et en ouvrant le reste des activités de l’énergéticien aux appétits de la concurrence. Un non-sens pour la CGT.

«C’est intolérable. Une nouvelle fois, nous apprenons notre avenir par voie de presse. » Secrétaire général de la CGT mines-énergie, Sébastien Menesplier ne décolère pas. Le vaste projet de réorganisation des activités d’EDF, qui prévoit la séparation du secteur nucléaire du reste des activités du groupe, il l’a appris hier matin, dans les colonnes du Parisien.

Selon le quotidien, le plan, baptisé Hercule, viserait, à terme, à créer une maison mère 100 % publique – qui garderait la main sur la production nucléaire et absorberait les investissements inhérents –, à laquelle serait adossée une entreprise fille qui regrouperait l’ensemble des autres activités d’EDF, ainsi filialisées. « On est dans la caricature de la socialisation des pertes et de la privatisation des bénéfices », note l’essayiste Aurélien Bernier (1). Pour ce spécialiste du secteur de l’énergie, l’État s’apprête, en somme, à « recapitaliser le nucléaire, éponger les dettes (37 milliards d’euros cumulés pour EDF – NDLR) et financer les investissements à venir (100 milliards d’euros selon le Parisien – NDLR) en bradant tout le reste aux intérêts privés, y compris le secteur des énergies renouvelables », stratégique pour l’avenir. En opérant ainsi la scission d’EDF, « l’État fait les yeux doux aux marchés », renchérit Sébastien Menesplier. « Le nucléaire implique d’énormes investissements, dans un contexte où se télescopent le grand carénage (contrôle et renforcement de l’ensemble des emprises nucléaires du pays – NDLR), l’implantation d’un EPR à Hinckley Point, au Royaume-Uni, et le feuilleton de celui de Flamanville, dont les coûts ont explosé », poursuit le syndicaliste.

Le plan du gouvernement serait quasiment ficelé et prévu pour 2021

À en croire le Parisien, le plan du gouvernement, avec l’aval de Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, et même de l’Agence des participations de l’État, serait déjà quasiment ficelé, prévu pour une mise en œuvre effective en 2021. Restent quelques « détails », comme la place dans cette nouvelle structure des barrages hydroélectriques de très grosse capacité, qui pourraient, selon toute vraisemblance, être accueilli dans le holding de tête, avec le nucléaire et sa commercialisation sur le marché de gros. « Depuis longtemps EDF envisage de séparer les gros des petits barrages », explique Sébastien Menesplier. Cette hypothèse reviendrait, dans le cadre du plan Hercule, à « rapatrier ces derniers au sein de la filiale EDF Renouvelables, dont le capital sera ouvert au privé ». Mais quel que soit le scénario qui sera in fine retenu, poursuit le syndicaliste, « il ne tient compte ni des salariés ni de l’outil industriel. Le service public et l’intérêt général subissent les errements de la libéralisation du marché, et EDF a supprimé 5 000 postes depuis l’ouverture du marché, en 2004 ». Par ailleurs, il assure qu’« aucune négociation n’est en cours avec les organisations syndicales au sujet de ce plan Hercule ». Pis, confie Sébastien Menesplier, « la DRH m’a téléphoné hier, pour convoquer la CGT à une réunion bilatérale au sujet de cette réorganisation, en prenant soin de me demander si je savais de quoi il s’agissait ! » Curieuse concomitance avec la parution, dans la presse, des grandes lignes du projet Hercule…

Pour la CGT, la réponse au défi du secteur ne peut passer que par un véritable service public, reposant sur une entreprise intégrée qui maîtrise de bout en bout la production, la distribution, le transport et la commercialisation de l’énergie. Aux antipodes, « le gouvernement applique aujourd’hui pour EDF la même stratégie que pour la SNCF ou Engie, à savoir le morcellement de l’entreprise historique par activités, la séparation de la production, du réseau et de la commercialisation et l’ouverture à la concurrence de tout ce qui peut être rentable », note Aurélien Bernier. Dans le secteur de l’énergie, la méthode n’est d’ailleurs pas récente, rappelle l’essayiste. « Expérimentée au Chili sous Pinochet par les économistes de l’école de Chicago, elle a été importée en Europe par Margaret Thatcher, avant d’être traduite en directives européennes. »

(1) Auteur de les Voleurs d’énergie. Accaparement et privatisation de l’électricité, du gaz, du pétrole, Éditions Utopia, 2018.
Marion d’Allard

 

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