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CITOYENNETÉ. CONTRE L’ANTISÉMITISME, UNE LUTTE SANS CESSE RENOUVELÉE

Posté par jacques LAUPIES le 18 février 2019

Dans la nuit du 10 au 11 décembre 2018, trente-sept stèles du cimetière juif d’Herrlisheim (Bas-Rhin) ont été profanées. Vincent Kessler/Reuters<br /><br />

Dans la nuit du 10 au 11 décembre 2018, trente-sept stèles du cimetière juif d’Herrlisheim (Bas-Rhin) ont été profanées. Vincent Kessler/Reuters
 

CITOYENNETÉ. CONTRE L’ANTISÉMITISME, UNE LUTTE SANS CESSE RENOUVELÉE

Face à la recrudescence des actes contre les juifs en 2018, vingt-sept organisations politiques et associatives appellent à une mobilisation commune mardi soir. Une réponse symbolique nécessaire qui ne doit pas exonérer de s’interroger sur les causes profondes.

«Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Extrait de Peau noire, masques blancs, paru en 1952, la phrase du penseur humaniste Frantz Fanon reste, malheureusement, d’une brûlante actualité. De fait, depuis une semaine, il y a de quoi « dressez l’oreille » face à l’accumulation médiatique de violences antisémites. De l’image de Simone Veil barrée d’une croix gammée, au tag « Juden » sur la vitrine d’un restaurant parisien, en passant par cet immeuble de Blois orné de dizaines de croix nazis, ou encore, ce week-end, les injures à l’encontre de l’académicien Alain Finkielkraut, pas un jour ne passe actuellement sans qu’une de ces démonstrations de haine xénophobe ne surgisse à la une. Tandis que les statistiques officielles, révélant, lundi dernier, une augmentation de 74 % des actes signalés contre les juifs en 2018 après deux ans de baisse, ont de quoi inquiéter.

Comment lutter contre cette poussée d’antisémitisme ? La question lancinante, revient à intervalle régulier depuis près de vingt ans. Cette fois, la situation a poussé une trentaine d’organisations politiques et associatives à lancer un appel commun « à refuser la banalisation de la haine ». Demain mardi, chacun d’entre nous sera invité à se réunir partout en France, et notamment place de la République à Paris, à partir de 19 heures. Initié par le premier secrétaire du PS Olivier Faure, cet « appel à l’union », au-delà des « orientations différentes », avait recueilli, dimanche après-midi, la signature de la plupart des partis, dont la République en marche, « Les Républicains », le PS, le MoDem, EELV, le PCF ou encore la France insoumise. Seuls le Rassemblement national et Debout la France n’ont pas été sollicités pour parapher le texte.

Une grande marche, donc. Une de plus ? Pas seulement. « Ce qui est en jeu en cette période de crise, c’est l’adhésion de la société à des valeurs communes, celles de la Révolution française et de la Résistance : égalité, liberté, fraternité, laïcité, au-delà de l’appartenance communautaire, estime l’historien Denis Peschanski. C’est justement la primauté de nos valeurs communes que la manifestation de mardi doit réaffirmer. Il faut absolument que les partis politiques aujourd’hui dénoncent unanimement les actes antisémites. »

Mais au-delà de l’acte symbolique, aussi nécessaire soit-il, chacun pressent que la réponse ne suffira pas face à un phénomène aux racines multiples et, souvent, objet de manipulations politiques. Déjà, les chiffres, y compris ceux annoncés par Christophe Castaner, sont à prendre avec un peu de recul, souligne Nonna Mayer, chercheuse au Centre d’étude européenne de Science-Po/CNRS et membre de la CNCDH. Parmi les 541 actes et menaces, un tiers sont des agressions contre les personnes et les biens, les autres étant des graffitis ou encore des insultes. « 541, c’est beaucoup mais moins qu’en 2014, par exemple, où l’on a dépassé les 840, ou en 2004 où on en a dénombré 974. Il ne s’agit pas de minimiser, bien sûr mais de bien resituer les choses. »

Dans les années 1990, hormis la profanation du cimetière juif de Carpentras (mai 1990) puis la guerre du Golfe (août 1990-février 1991), le nombre d’actes antisémites étaient résiduel. Les menaces, fin 1999, étaient tombées à une soixantaine. Le début des années 2000, avec la Seconde Intifada, marque un tournant, avec des pics antisémites très liés aux péripéties du conflit israélo-palestinien. « Chacune de ces péripéties amène en France son lot d’expressions antisémites, puis retombe, souligne Nonna Mayer. En 2018, ces mauvais chiffres sont très liés, pour les neuf premiers mois en tout cas, à l’opération Marche du retour et la Guerre des Cerfs-volants avec la riposte des snipers israéliens. Chaque fois que l’on a cette image de David contre Goliath, cela suscite, sur fond de questions sociales, une forme de ressentiment à l’égard des « juifs », assimilés aux Israéliens, qui sont perçus comme plus favorisés, recyclant pour le coup tous les vieux stéréotypes : pouvoir, argent, complot… »

L’infiltration par les groupuscules d’extrême droite

Le conflit des Gilets Jaunes, en fin d’année, marque un autre pic avec l’infiltration notamment de groupuscules d’extrême droite qui tentent d’y étendre leur influence et leur haine antisémite. « Ce sont des petits milieux qui ne se cachent plus et n’hésitent pas à s’exprimer », soulignent plusieurs spécialistes. À tel point que le négationiste Hervé Ryssen s’est retrouvé en une de Paris-Match, le 5 décembre, en train de discuter tranquillement avec un policier lors de l’acte 3 des gilets jaunes… Une présence qui interroge sur l’action de la police face à ces multirécidivistes de la haine. Et permet à Christophe Castaner de disqualifier à bon compte l’ensemble des gilets jaunes. « Une partie des actes antisémites enregistrés depuis 2000 provient toujours de membres de l’extrême droite, confirme le chercheur Jean-Yves Camus. Mais, d’une manière générale, nous ne savons pas assez précisément qui les commettent. La réponse pénale est actuellement insuffisante et cela fait partie du problème. »

Pour Denis Peschanski, la période « d’atomisation et d’émiettement » de la société pousse à la recherche de boucs émissaires, dont le juif est une figure classique avec l’immigré. Pour y remédier, l’historien rappelle qu’il faut « non seulement faire preuve de fermeté dans la condamnation des actes antisémites et violents mais également redonner du sens aux valeurs communes partagées par la société française. »

Laurent Mouloud

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Soutien à l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 16 février 2019

Il n’est pas habituel de voir des adversaires politiques soutenir l’Humanité !

Cependant ce phénomène existe et c’est une bonne chose de voir ces responsables souvent égratignés par le journal, venir dire que ce journal représente un courant d’opinion utile à la démocratie et porte dans son contenu des valeurs culturelles fortement exprimées, mieux que nulle part ailleurs. Cela étant il faut que les communistes, convaincus de cela, soient encore plus engagés dans la défense de ce quotidien ou de l’hebdomadaire l’Humanité Dimanche.

La première démarche devrait être de d’acheter quotidiennement, de s’abonner. L’abonnement est souvent rejeté pour le quotidien  au prétexte que des retards existent dans la distribution de la poste mais pour l’hebdomadaire, reçu généralement le jeudi ou le vendredi, l’actualité de la publication est respectée.

De plus l’Humanité Dimanche, dans sa forme de magazine convient parfaitement à nombre de familles qui disposent du weekend pour le découvrir et l’ont à, disposition pour la semaine à venir ce qui permet une multiplication des lecteurs. Nous devons impérativement faire de la diffusion de ce journal un acte militant car bien évidemment l’achat de cette presse communiste, ne peut se réaliser spontanément dans le contexte actuel où évolue la presse en général.

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UNION EUROPÉENNE. COMMENT LES ÉTATS MEMBRES S’OFFRENT À LEURS MULTINATIONALES

Posté par jacques LAUPIES le 16 février 2019

 

 

Le rapport de CEO constate un risque très élevé de «	capture	» de certains États par les intérêts privés au détriment de la démocratie . Christopher Furlong/Getty Images/AFP<br />

Le rapport de CEO constate un risque très élevé de « capture » de certains États par les intérêts privés au détriment de la démocratie . Christopher Furlong/Getty Images/AFP
 

UNION EUROPÉENNE. COMMENT LES ÉTATS MEMBRES S’OFFRENT À LEURS MULTINATIONALES

Vendredi, 15 Février, 2019

Dans un rapport souvent implacable, un groupe de chercheurs altermondialistes, le Corporate Europe Observatory, inventorie, au-delà du pantouflage et du lobbying plus classique, les interventions discrètes des gouvernements au détriment de l’intérêt général.

Rédigé par le Corporate Europe Observatory (CEO, « observatoire de l’Europe des entreprises »), un groupement de chercheurs activistes basé à Bruxelles, un rapport rendu public ces derniers jours éclaire un pan assez méconnu de la construction des politiques de l’Union européenne. À côté des pantouflages bien connus – des ex-commissaires qui se mettent au service des multinationales, avec, en exemple le plus emblématique, l’ancien président de l’institution José Manuel Barroso, passé avec armes et bagages chez Goldman Sachs –, en plus du lobbying à grande échelle auprès des parlementaires européens, les grandes entreprises peuvent également compter sur les États membres et sur le Conseil européen pour dicter leurs exigences et faire respecter leur loi, celle qui place leurs profits au-dessus du bien commun et de l’intérêt général.

Dans son document d’une centaine de pages, le CEO aligne les affaires et les casseroles plus accablantes les unes que les autres. Certaines sont mieux connues que d’autres : l’Allemagne empêchant toute interdiction du glyphosate ou protégeant son secteur automobile sur fond de dieselgate, la Pologne contrecarrant les engagements sur le climat à l’horizon 2030 pour défendre ses entreprises qui exploitent le charbon. « On constate un risque très élevé de “capture” par les intérêts privés de certains États membres sur certains dossiers, au détriment de la démocratie et de l’intérêt public. Et cela tend à empirer », dénoncent les auteurs du rapport.

Pour le CEO, afin de se défaire de cette emprise, il faut étendre le « registre sur la transparence du lobbying », aujourd’hui limité aux activités de la Commission et du Parlement européen, aux réunions des Conseils européens, ministres ou chefs d’État. L’organisation réclame également que des comptes rendus complets des réunions des groupes de travail préalables au sommet européen, avec notamment les prises de position défendues au nom de chaque État membre, soient publiés et accessibles pour le grand public. D’une manière plus globale, le CEO plaide pour de « nouveaux modèles permettant aux citoyens d’en savoir plus et de faire valoir leur opinion sur les affaires de l’UE et sur le rôle décisionnel des États membres dans ce domaine ».

Thomas Lemahieu

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Aéronautique. Trop grand, trop cher, trop gourmand, l’A380 victime de son gigantisme

Posté par jacques LAUPIES le 15 février 2019

 

«	Le travail ne manque pas	», affirme la CGT, qui dénonce au passage l’abandon brutal du programme du quadriréacteur et les «	conséquences éventuelles dans la chaîne de sous-traitance	». Régis Duvignau/Reuters<br />

« Le travail ne manque pas », affirme la CGT, qui dénonce au passage l’abandon brutal du programme du quadriréacteur et les « conséquences éventuelles dans la chaîne de sous-traitance ». Régis Duvignau/Reuters
 
Vendredi, 15 Février, 2019

Jeudi, la direction de l’avionneur européen a annoncé l’arrêt de la production de son gros-porteur pour 2021, invoquant une baisse significative du volume de commandes. La fin d’une histoire technologique et industrielle hors normes.

«Notre carnet de commandes n’est plus suffisant pour nous permettre de maintenir la production (…), cela mettra un terme aux livraisons d’A380 en 2021. » En quelques mots sur un communiqué, Tom Enders, président exécutif d’Airbus Group, a mis fin, jeudi, au plus ambitieux programme de l’avionneur européen. Et si l’avenir du géant des airs ne tenait qu’à un fil, suspendu à la décision finale d’Emirates, la compagnie du Golfe vient de doucher les espoirs en transformant sa commande initiale de 36 A380 (20 commandes fermes et 16 options) par 40 A330neo et 30 A350. La semaine dernière, la compagnie australienne Qantas avait ouvert le bal en annulant une commande de 8 appareils. En moins de quinze jours, ses deux plus gros clients viennent donc de lâcher l’A380.

Dans leur berceau toulousain, le millier de salariés des chaînes d’assemblage final du plus gros avion commercial au monde sont contraints de poser les outils. En tout, la direction du groupe estime entre 3 000 et 3 500 les « postes susceptibles d’être affectés par cette décision dans les trois prochaines années ». À l’instar du Concorde, s’interrompt ainsi brusquement l’histoire d’une prouesse technologique, emportée par son échec commercial.

L’A350, un relais de croissance pour limiter les pertes d’emploi

Pourtant, ce matin du 24 octobre 2007, lorsque les 560 tonnes du mastodonte de 73 mètres de long et 24 mètres de haut siglé de la Singapour Airlines quittent la piste de l’aéroport de Changi, les 455 passagers du premier vol commercial de l’A380 partagent le sentiment d’écrire une page de l’histoire de l’aviation. Aux commandes de ce vol SQ380, le pilote Robert Ting prend la parole avant le décollage : « C’est un honneur pour nous de vous compter à bord (…). Relaxez-vous et profitez. » Sept heures plus tard, l’aéronef se pose sans encombre à Sydney. Point final de plusieurs décennies de recherches, de versions raturées, de vols d’essai d’une aventure industrielle semée de turbulences.

C’est en 1988 que la première esquisse d’un très gros-porteur donne le coup d’envoi au programme secret d’Airbus, qui vise l’objectif principal de concurrencer Boeing et son fameux Jumbo Jet 747, en service alors depuis 1969. La phase finale du projet débute en 1995. L’A380 s’appelle l’A3XX, et le programme est lancé officiellement en décembre 2000. Le coût total du développement se chiffre à plus de 18 milliards d’euros. À l’époque, deux versions de l’A380 sont prévues, l’une embarquant 425 à 853 passagers – un record – et l’autre capable de convoyer jusqu’à 150 tonnes de fret. Cette version cargo, toutefois, fut abandonnée au tout début du programme.

Les capacités techniques de ce quadriréacteur sont insolentes. L’A380 a une autonomie en vol de plus de 15 000 kilomètres lui permettant l’exploit de relier sans escale New York à Hong Kong. Pourtant, les atouts de l’A380 finiront par devenir ses principaux points faibles. Trop grand, trop gros, trop gourmand, le vaisseau amiral d’Airbus a du mal à trouver des débouchés commerciaux. D’autant que, dès le départ, les retards accumulés fragilisent le programme. La première livraison, prévue initialement en 2005, n’est finalisée qu’en 2007. Un report de dix-huit mois dû, entre autres, à un défaut d’harmonisation des câblages de la cabine à double pont entre les productions allemande et française.

Mais les hoquets du début ne sont pas les seules raisons de l’échec. Le gigantisme de l’A380 est sa plus grande faiblesse. Difficile à « remplir » pour certaines compagnies, l’appareil ne peut, en sus, pas se poser sur n’importe quelle piste. Il requiert, avec ses deux ponts, des installations aéroportuaires spécifiques pour l’embarquement et le débarquement des passagers. De quoi doucher les velléités d’acquisition de nombreuses compagnies lui préférant son petit frère, l’A350, principal concurrent du Boeing 787.

L’A350 est d’ailleurs l’un des « relais de croissance » identifié par les syndicats pour limiter les « répercussions sur l’emploi » consécutives à l’arrêt de l’A380, relève la CFE-CGC du groupe. Sans compter que « le travail ne manque pas », affirme de son côté la CGT, qui dénonce au passage l’arrêt brutal du programme A380 « sans information préalable aux instances représentatives du personnel ». Le syndicat, « à l’offensive pour préserver tous les emplois », souligne également les « conséquences éventuelles dans la chaîne de sous-traitance ». Investissements massifs dans la recherche et le développement, augmentation des embauches et des salaires, c’est à ce prix-là qu’Airbus réussira, insiste la CGT, à maintenir son « avance technologique et commerciale (…) en répondant aux enjeux énergétiques, environnementaux et sociaux ».

D’autant que l’abandon annoncé du très gros-porteur n’a pas fait mettre à Airbus un genou à terre. En transformant sa ­commande initiale, Emirates s’apprête à faire un chèque de plus de 21 milliards à l’avionneur européen. En parallèle, rappelle la CGT, « Airbus vient de présenter de très bons résultats pour 2018 », avec un bénéfice en hausse de 29 % qui « dépasse les 3 milliards d’euros ». L’incidence directe, souligne le syndicat, « du travail des salariés d’Airbus, des intérimaires et de la chaîne de sous-traitance ».

Marion d’Allard

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Grève scolaire pour le climat : en France, l’acte I c’est vendredi

Posté par jacques LAUPIES le 15 février 2019

 

D’autres, dans le monde, cherchent également à rejoindre les flots de jeunes qui défilent depuis douze semaines en Allemagne, en Suisse, en Belgique ou encore en Australie. Yves Herman/Reuters<br />

D’autres, dans le monde, cherchent également à rejoindre les flots de jeunes qui défilent depuis douze semaines en Allemagne, en Suisse, en Belgique ou encore en Australie. Yves Herman/Reuters
Jeudi, 14 Février, 2019

Un rassemblement est prévu, vendredi, à Paris, pour donner une « première leçon » au gouvernement. Un peu partout, des collectifs se forment pour préparer la grève internationale des lycéens, programmée le 15 mars prochain.

Il y a encore un an, Luzio, 15 ans, en classe de seconde à Bayonne, n’aurait pas eu les clés pour savoir comment faire. « C’est dur de commencer à bouger quand personne ne s’y met. » Mais il y a eu Johan, un camarade d’école, déterminé lui aussi à se lancer dans l’action ; mais il y a eu la mobilisation contre la réforme Parcoursup, en décembre, à laquelle ils ont participé et qui leur a offert un mode d’emploi de la lutte ; mais il y a eu Greta Thunberg, cette adolescente suédoise dont l’appel à la grève scolaire pour le climat a fait le tour du monde. « J’ai fait la liste : aujourd’hui, j’ai bien plus d’arguments qui me poussent à m’engager que de raisons de ne pas agir », conclut Luzio, qui, avec Johan et quinze autres lycéens du Pays basque, vient de cosigner un appel à rejoindre le mouvement mondial des jeunes pour le climat. En ligne de mire : une grève lycéenne internationale, le vendredi 15 mars.

Comme eux, étudiants et lycéens français rallient peu à peu la déferlante Fridays for Future qui voit, depuis douze semaines, des dizaines de milliers d’écoliers européens débrayer une journée par semaine pour pousser les États à agir contre le réchauffement global (lire notre édition du 29 janvier).

« Plein de formes d’actions peuvent être envisagées »

Vendredi dernier, près de 300 étudiants réunis à la fac de Jussieu, à Paris, ont lancé un appel à faire grève, chaque vendredi, jusqu’à l’action globale du mois prochain. Un premier rassemblement est prévu demain (14 heures), devant le ministère de la Transition écologique et du Développement durable, pour demander « au gouvernement de déclarer l’état d’urgence écologique et sociale, et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour respecter l’accord de Paris », qui engage politiquement les États à limiter la hausse des températures à bien moins de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, si possible à 1,5 °C.

Ce ne sera là qu’un début, assurent-ils dans le manifeste issu de cette assemblée générale inédite, mis en ligne par le magazine Reporterre. « À ceux qui s’appliquent à détruire ce monde et prétendent faire preuve de “pédagogie”, nous entendons donner une leçon », préviennent les étudiants. « Chaque vendredi, nous présenterons une revendication impérative afin d’éviter le désastre écologique. Vous, dirigeants et dirigeantes, aurez des devoirs à faire, et nous donnerons une semaine à l’État pour mettre en place notre proposition. » Si le travail n’est pas fait dans les temps, il y aura sanction, avertissent encore les jeunes mobilisés : « Nous entrerons en résistance, car, face à l’inaction politique, la seule solution est la désobéissance civile. »

À Bayonne, on n’en est pas encore là. « A priori, nous ne ferons pas grève dès demain », explique Johan, 17 ans, en terminale S. « Ce n’est pas que nous sommes contre, mais nous voulons d’abord sensibiliser autour de nous pour être le plus nombreux possible le 15 mars. » Le mouvement lycéen de décembre leur a légué des outils. « On avait monté des AG, pris contact avec la fac de Bayonne, créé des réseaux. » C’est eux que Johan espère réactiver pour faire monter la sauce autour du climat. « Plein de formes d’actions peuvent être envisagées. » Celle, par exemple, engagée par Ysée Parmentier, 14 ans, collégienne du Tarn-et-Garonne qui, depuis le début de l’année, fait acte de présence en classe le vendredi, un brassard autour du bras, « mais sans travailler, pour lutter contre l’inaction des adultes face au réchauffement climatique », a-t-elle expliqué dans une lettre à son professeur. « Si l’on est très nombreux à faire de même, cela peut avoir un impact », conclut Johan.

Encore balbutiant, le mouvement scolaire français pourrait vite exploser s’il trouve à converger. À Valence, des lycéens se mobilisent depuis un mois, chaque mercredi, derrière la banderole « Pour le climat, on fait quoi ? ». À Nantes, près de 150 étudiants en ont fait de même vendredi dernier. D’autres, dans le monde, cherchent également à rejoindre les flots de jeunes qui défilent chaque semaine en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Australie ou encore au Québec, où le mouvement La planète s’invite à l’université annonce un nombre croissant d’étudiants prêts à se mobiliser le 15 mars. À leurs côtés, un collectif de profs vient de se créer pour appuyer leur bataille.

Marie-Noëlle Bertrand

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