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Affaire Benalla ou de l’utilité du Sénat ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2019

 

Le Sénat est une institution qui a la dent dure ! Les différents exécutifs qui se succèdent s’en plaignent et ne sont probablement pas étrangers aux campagnes de dénigrement que relaient certains  et qui atteignent les citoyens obnubilés par l’idée qu’il coûte trop cher à la république, tout comme d’ailleurs le parlement en général.

Au point même que certains députés semblent culpabiliser à propos des revenus que  procure leur fonction. J’ai même  entendu André Chassaigne, député communiste, Président du groupe GDR à l’Assemblée Nationale dire que cela le préoccupait d’avoir des gens qui souffrent de bas revenus comparativement à ceux des élus parlementaires.

Cela faisant suite à des interventions de petits patrons, de salariés et retraités, qui tiraient tant qu’ils pouvaient sur les élus de la république,  au cours du « grand débats » que le pouvoir organise.

Je n’ai pas une opinion bien déterminée sur la question mais je considère qu’il faudrait une vaste confrontation d’idées sur le statut des élus avant de se livrer une stigmatisation dangereuse à leur encontre. En premier lieu ce ne sont pas les dépenses de fonctionnement de la république qui sont la principale cause des dettes

Mais je m’éloigne de l’affaire Bénalla qui a le mérite de rappeler que le Sénat peut être utile dans le contrôle du fonctionnement des institutions.

Cela pourrait s’effectuer autrement sans doute et avec de meilleures garanties sur le plan démocratique (mode d’élection et pouvoir d’intervention pour légiférer) mais qui pourrait se plaindre qu’en l’occurrence le Sénat a eu une certaine utilité.

 

 

L’ex-chargé de mission, au centre de l’affaire la plus retentissante depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, lors de sa deuxième audition au Palais du Luxemburg, le 21 janvier. Alain Jocard/AFP<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
L’ex-chargé de mission, au centre de l’affaire la plus retentissante depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, lors de sa deuxième audition au Palais du Luxemburg, le 21 janvier. Alain Jocard/AFP

INSTITUTIONS. QUAND LE SÉNAT ATTEINT L’ÉLYSÉE EN VISANT BENALLA

Jeudi, 21 Février, 2019

Le rapport de la commission d’enquête est sévère pour la présidence, dépeinte comme dépassée par les événements et en proie à de récurrents dysfonctionnements.

Comment « tout se déglingue ». On n’attend pas ce genre de langage familier au Sénat, ­surtout pas dans la bouche du ­sénateur Jean-Pierre Sueur (PS). Onctueux, le phrasé soigné, le corapporteur, avec Muriel Jourda (LR), de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla a, en toute fin de présentation, lâché ce verbe. À l’heure de remettre son rapport, la commission des Lois du Sénat a demandé hier des poursuites contre l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, mais aussi la saisine de la justice sur les déclarations des principaux collaborateurs du président. En raison des « dysfonctionnements majeurs » que la commission dit avoir mis au jour, les membres de la commission présidée par Philippe Bas (LR) demandent de saisir le parquet « des déclarations » d’Alexandre Benalla et de son comparse Vincent Crase. Ils soupçonnent un « faux témoignage » d’Alexandre Benalla sur le « périmètre de ses fonctions » à l’Élysée et « son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l’État », mais aussi sur l’utilisation de ses passeports diplomatiques. « L’Élysée nous a d’abord présenté Benalla comme un bon élément, puis, au fil de révélations dans la presse, comme un individu isolé, explique la sénatrice Muriel Jourda. En réalité, il évoluait dans un système dont les dysfonctionnements ont affecté la sécurité du chef de l’État. » Les sénateurs doutent même de l’effectivité des sanctions prises à l’encontre du chargé de mission après l’épisode du 1er Mai. Pas de retenue de salaire, mais sur ses droits à congés, seulement. Il peut le jour même renouveler son passeport diplomatique, obtenir un logement de fonction, et sa relégation à des tâches d’organisation connaît de sacrées entorses : il est de la panthéonisation de Simone Veil, du défilé du 14 Juillet, de la descente des Champs des Bleus le 16, et des déplacements privés du couple présidentiel, soulignent les rapporteurs.

Saisir la justice pour vérifier « un certain nombre d’omissions »

Le rapport de la commission d’enquête après six mois de travaux et 40 personnes entendues au cours de 34 auditions, parfois accablant pour l’Élysée, dessine un palais où « chacun se défausse sur l’autre de la responsabilité ». Il comporte aussi plusieurs révélations. C’est notamment pour avoir, déjà, demandé en vain un permis de port d’armes que Benalla s’est fait licencier par le ministre Arnaud Montebourg. Toujours soucieux de l’obtenir une fois à l’Élysée, Benalla rédige lui-même un argumentaire à destination de sa hiérarchie, envisageant même, en cas d’échec des voies normales, que le président prenne un… « arrêté confidentiel » pour le lui accorder.

Au centre de l’affaire la plus retentissante depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, Benalla et son associé Vincent Crase, ex-employé de la République en marche, ont dormi en prison mardi soir, après la révocation de leur contrôle judiciaire. Les deux sont en outre soupçonnés d’avoir menti au sujet du contrat de ­sécurité privée pour le compte du Russe Iskander Makhmudov, alors que les révélations du site Mediapart, peut-on lire dans la lettre que les rapporteurs adressent au président du Sénat pour les suites judiciaires, laissent supposer « l’implication de M. Alexandre Benalla dans la négociation dudit contrat alors que ce dernier était encore en fonction à l’Élysée ». Contrat qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête récente du parquet national financier.

Tout aussi explosif pour Emmanuel ­Macron, les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier « un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions » relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du chef de l’État. Sont nommés le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et le chef de cabinet Patrick Strzoda, mais aussi le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne, soupçonnés d’avoir « retenu une part significative de la vérité » lors de leurs auditions. D’autres, non encore entendus, insistent les rapporteurs, pourraient faire l’objet d’enquêtes.

Le faux témoignage sous serment passible d’emprisonnement

La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au bureau du Sénat, un organe où tous les groupes sont représentés. Le faux témoignage sous serment devant une commission d’enquête parlementaire est puni de cinq, voire sept ans d’emprisonnement, rappelle la commission. « Cela fait tout de même beaucoup, si bien que les faits constatés le 1er Mai apparaissent maintenant comme la partie émergée d’un iceberg », résume encore Philippe Bas. Le président de la commission des Lois liste notamment des « sanctions insuffisantes au départ, une justice tenue à l’écart, un permis de port d’armes irrégulier, un port d’une arme par Alexandre Benalla en présence du président de la République ». Mais aussi « non-respect des règles de déontologie sur les conflits d’intérêt, maintien en possession de M. Benalla d’un téléphone crypté, de passeports diplomatiques ou de service qui n’ont pas été récupérés, absence d’instructions données à la police aux frontières de ne pas permettre à M. Benalla de sortir au moyen de ses passeports diplomatiques ou de service ».

Comment « tout se déglingue » ne répond pas à la question pourquoi. Là, pourtant, Jean-Pierre Sueur revient sur l’extrême mansuétude dont a bénéficié l’ex-chargé de mission, dépeint comme autorité que personne ne peut contester à l’intérieur même de l’Élysée. Le genre de propos qui n’éteindra pas de sitôt la rumeur d’une protection venue du chef de l’État en personne.

Lionel Venturini

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Agression. Violences contre des militants communistes

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2019

 

 

Suite aux récents actes antisémites, des milliers de personnes se sont rassemblées, mardi soir, à Paris. Denis Meyer/Hans Lucas<br /><br />

Suite aux récents actes antisémites, des milliers de personnes se sont rassemblées, mardi soir, à Paris. Denis Meyer/Hans Lucas
 
Jeudi, 21 Février, 2019

Lors du rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, deux participants ont été insultés et frappés à cause de leur engagement politique.

Insultés d’« antisémites », de « sales communistes », menacés et frappés au sol… Deux jeunes militants du Parti communiste français et du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) ne s’attendaient pas à subir de telles violences en se rendant au rassemblement contre l’antisémitisme qui se tenait place de la République à Paris, mardi soir, et auquel appelait notamment leur formation. Les étudiants avaient quitté la faculté de Nanterre en fin d’après-midi pour gagner le rassemblement. Après s’être frayés un chemin à travers les couloirs du métro bondés, ils se positionnent sur la place qui ne l’est pas moins.

Une deuxième salve de coups et d’insultes

Identifiés grâce aux drapeaux et aux autocollants de leur organisation, ils ont été très vite l’objet de provocations. « On nous reprochait de soutenir le peuple palestinien avec un confusionnisme énorme sur la question. Les gens prétendaient que les Palestiniens étaient tous des criminels qui en voulaient aux juifs », décrit l’un d’entre eux. « Je porte un keffieh autour du cou que ma mère m’a offert », raconte-t-il encore. Celui-ci lui sera arraché violemment, « en m’étranglant et en m’insultant », précise-t-il, évoquant le symbole que celui-ci représentait. « Quelques personnes disaient nous soutenir », mais pas suffisamment pour empêcher une deuxième salve de coups et d’insultes. Et, si la police était présente, elle est, selon les victimes, « restée indifférente ». Pire, un des militants rapporte avoir été empoigné et plaqué par un agent, après avoir subi l’agression des participants. L’autre a passé la nuit en observation aux urgences et est sorti hier matin avec cinq jours d’ITT. Ils ont été agressés « parce que communistes et militants de la cause palestinienne », ont déclaré la fédération du PCF des Hauts-de-Seine et celle du MJCF dans un communiqué, décrivant un « climat de haine largement entretenu depuis plusieurs jours par des irresponsables politiques, qui de nouveau tentent d’associer toute critique de la politique du gouvernement israélien à de l’antisémitisme ». Pierric Annoot, secrétaire départemental du PCF, se souvient des agressions que lui et ses camarades avaient subies de la part de la Ligue de défense juive et du Betar, deux mouvements extrémistes et violents, lorsqu’il militait pour la libération de l’avocat Salah Hamouri, en 2012. Les deux organisations communistes estiment que « la lutte indispensable contre l’antisémitisme ne doit pas être prétexte pour des groupes radicalisés à faire régner la terreur et remettre en cause la liberté d’expression et d’opinion ».

Olivier Morin

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Sur Arte ce soir : démolition des clichés abondamment diffusés par les médias occidentaux.

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2019

J’avoue que je ne m’attendais pas à cela en visitant le « théma » de ce mardi sur Arte : découvrir un autre visage de la Corée du Nord que celui que nous présente la plupart de nos chaines de télé française !

Le rappel historique de l’évolution de ce pays, quelles que soient les interprétations que l’on puisse en faire, est nécessaire pour comprendre ce qu’il est devenu. Y compris d’ailleurs s’agissant de la Corée du Sud.

En tout cas les images et commentaires, notamment dans la dernière partie qui nous présente le réel actuel de ce pays, donnent une autre vision de ce « communisme », dont les communistes français eux-mêmes parfois rougissent de honte. Un peu comme ils font lorsqu’il s’agit de jeter un regard sur la Chine « libéralisée ».

Personnellement je n’ai jamais ressenti ce sentiment désagréable de honte ! Tout simplement parce que l’image que diffusent les autres de ce que je ne vois pas moi même me rend toujours très sceptique et que je n’aime pas me laisser aller à juger ce que je ne peux vraiment connaitre, sauf peut-être des faits largement analysés par des historiens et qui sont suffisamment anciens. Encore que…

Chaque pays a sa propre histoire et culture et bien malins ceux qui donnent des leçons sans en tenir compte. Nous mêmes avons des débats sur notre propre développement, sur le rôle qu’on pu jouer le peuple, les classes sociales, les courants philosophiques, religieux et politiques et voila que sur quelque déclaration d’historien, de sociologue et de journaliste on voudrait nous faire gober des situations de nations situées à l’autre bout de la planète en quelques mots et images.

D’autant que nous sommes soumis au bon vouloir des pouvoirs économiques et politiques en place qui sont capables de modifier les analyses en fonction de leurs intérêts immédiats, se livrant parfois à des virages à 180 degrés, du meilleur au pire et vice versa.

C’est ce à quoi nous assistons s’agissant de la Chine, Cuba, de la Corée du Nord sans omettre quelques pays symboles d’un développement  post communiste comme la Russie.

Et pour cause, car le capitalisme triomphant de l’occident pèse économiquement si peu face à ces autres puissances !

Des puissance qui n’ont pas dit leur dernier mot et où l’idée communiste pèse peut-être bien plus qu’on ne le croit dans l’espoir d’un autre monde à construire !

Que dire hors ces généralités : que j’aimerai bien vivre quelques mois dans les pays qui m’interrogent pour mesurer à quel niveau se situent les tromperies médiatiques dont je suis victime…Comme tous les citoyens lambda ! 

 

La Chine sans œillères

Mercredi 13 février 2019, par  Bruno Guigue, popularité : 57%

 

A rebours de ce que les médias avancent généralement sur les ambitions chinoises de domination de la planète, l’analyste politique Bruno Guigue dresse le portrait d’un pays éminemment pragmatique.
Sur Arte ce soir : démolition des clichés abondamment diffusés par les médias occidentaux. dans POLITIQUE

A entendre l’avalanche de mensonges déversée sur ce grand pays par les médias occidentaux, on finit par se poser la question : peut-on encore considérer la Chine sans œillères ni préjugés, sans concession ni malveillance, en la regardant telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle fût ?

Dès qu’ils daignent en parler, nos médias la décrivent en des termes qui oscillent toujours entre la crainte et le mépris. Assoiffée de richesses, jetant ses tentacules sur la planète, trompant son monde en affichant un pacifisme de façade, d’une brutalité sourde qu’on soupçonne, prête à exploser, derrière les faux-semblants d’un discours lénifiant, la Chine serait comme l’ogre de la fable qui finira, un beau matin, par manger les petits enfants. L’imagerie coloniale la représentait au XIXe siècle sous les traits d’une cruauté raffinée, mais ce raffinement n’est plus de mise. A croire nos éditorialistes et nos experts, la Chine nouvelle n’enrobe plus ses appétits voraces de ces raffinements surannés. Ce qu’elle veut, c’est « dominer le monde », tout simplement. Appelée à devenir la première puissance économique mondiale, elle réclame sa part d’hégémonie planétaire, elle revendique la première place sur le podium. Mais elle veut surtout, nous dit-on, imposer son modèle, promouvoir ses valeurs, s’ériger en exemple destiné à l’imitation des nations.

Réticente aux idées abstraites, la Chine admet volontiers qu’il n’y a pas de recette toute faite

Cette vision d’une Chine conquérante et prosélyte est d’autant plus surréaliste que les Chinois font exactement le contraire. Persuadés que leur système est unique, ils ne cherchent à convertir personne. Qu’ils exportent des marchandises, achètent des terrains ou construisent des ponts à l’étranger, ils défendent évidemment leurs intérêts. Mais leur ambition n’est pas de repeindre le monde aux couleurs de la Chine. A choisir, ils préféreraient sans doute qu’on ne les imite pas, car chaque peuple doit trouver sa voie par lui-même, quitte à commettre ces erreurs de parcours sans lesquelles aucune réussite n’est méritoire. Comme le disent si bien les spécialistes de la langue chinoise – qui, eux, connaissent bien leur sujet – la pensée chinoise est empirique et pragmatique. Elle affronte les faits, elle en subit les corrections successives et poursuit son avancée tant bien que mal. Réticente aux idées abstraites, elle admet volontiers qu’il n’y a pas de recette toute faite. C’est pourquoi il faut renoncer à l’idée que les Chinois cherchent à diffuser leur modèle et cesser de prêter à ce grand pays des rêves de conquête qui n’existent que dans l’imagination de ses détracteurs. Mais nos experts patentés ne l’entendent pas de cette oreille. Concluant une émission de C dans l’Air dont le titre est déjà tout un programme (« Qui peut arrêter la Chine ? »), Valérie Niquet, chercheuse à la Fondation de la recherche stratégique, opposait en ces termes le modèle européen et le modèle chinois : « La Chine, c’est l’anti-Europe, par exemple. Nous, on tente de surmonter ce qui faisait les relations internationales du passé, le conflit, l’usage de la force pour régler les tensions. La Chine, elle, s’en tient aux comportements du XIXe siècle. ».

 dans POLITIQUEPékin la nuit

Accuser l’autre de ses propres turpitudes relève d’une inversion maligne dont le discours occidental est coutumier

Faut-il en déduire que la Chine aurait un goût prononcé pour « l’usage de la force en vue de régler les conflits » ? Pourtant, rares sont les Afghans, les Libyens, les Irakiens, les Syriens et les Yéménites à avoir péri sous des bombes chinoises. Pays européens, la France et le Royaume-Uni, en revanche, ont causé avec leur grand allié américain – et en utilisant divers intermédiaires – des centaines de milliers de morts et des dévastations sans nom en violant les règles internationales les plus élémentaires. Mais ce n’est pas nouveau. Accuser l’autre de ses propres turpitudes relève d’une inversion maligne dont le discours occidental est coutumier. Dire que la Chine, contrairement à l’Europe, « s’en tient aux comportements du XIXe siècle », dans la même veine, traduit un consternant mélange d’arrogance et d’ignorance. Car à cette époque, ce n’est pas l’empire chinois, mais les puissances impérialistes européennes qui pratiquaient la conquête territoriale et le pillage colonial. Les Chinois en savent quelque chose. Avec les « guerres de l’opium », Britanniques et Français ont envahi le « pays du milieu » pour le contraindre à signer des traités infamants et accepter l’importation massive de cette drogue aux effets délétères. Pire encore, en 1860, un corps expéditionnaire réunissant les forces des deux nations fait irruption dans Pékin et met à sac le splendide Palais d’été des empereurs Qing. Indigné, Victor Hugo condamna ce forfait en écrivant ces lignes amères : « Nous Européens, nous sommes les civilisés, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. ».

La centralité imaginaire de l’empire lui a forgé un destin, le vouant à s’occuper d’abord de ses sujets et de leur bien-être avant de s’intéresser au reste du monde

Cette spoliation, la France préfère l’oublier, et elle donne aujourd’hui des leçons de morale à un pays qu’elle a pillé il y a 150 ans, comme si ses ignominies passées lui conféraient un certificat de vertu pour le présent. La Chine, elle, n’a rien oublié, mais elle n’en éprouve aucune haine. Cette vieille humiliation, elle entend l’effacer en retrouvant la place légitime qui est la sienne dans le concert des nations. Ce qu’elle veut, c’est tourner définitivement la page de cette ère chaotique initiée par les guerres de l’opium et la décadence de l’empire des Qing. Nul besoin, pour y parvenir, d’imposer quoi que ce soit à qui ce soit. Modèle sans imitation possible, empire sans impérialisme, la Chine est par excellence une puissance pacifique. Mais elle ne l’est pas seulement par choix politique, ses dirigeants modernes ayant fait le choix du développement et proscrit l’aventure extérieure. Elle l’est aussi pour une raison plus profonde, et plus difficile à cerner pour un esprit occidental. C’est que la centralité imaginaire de l’empire lui a forgé un destin, le vouant à s’occuper d’abord de ses sujets et de leur bien-être avant de s’intéresser au reste du monde. Pays du milieu, la Chine reçoit en priorité l’influence bénéfique du ciel, qui est rond, tandis que la terre est carrée. Elle est située au centre du monde par un décret intemporel qui lui ôte l’envie d’en conquérir les marges. Cette périphérie du monde habité, en effet, ne sera jamais aussi intéressante que le cœur même d’un empire dont la gestion est déjà une lourde tâche.

Le président chinois Xi Jinping annonce une aide sans condition de 60 milliards à l’Afrique, face aux critiques des Occidentaux

Cette attitude pacifique d’un empire auto-centré n’intéresse guère nos démocraties guerrières, devenues expertes en bombardements humanitaires

Prêter des ambitions conquérantes à ce pays, par conséquent, est aussi absurde que lui reprocher de vouloir exporter son modèle, puisque ce dernier a pour vocation de rester unique. Si la Chine est pacifique, c’est donc en vertu d’un statut cosmologique dont le privilège s’accompagne d’une promesse d’innocuité à l’égard de ses voisins. « Les armes sont des instruments néfastes et répugnent à tous. Celui qui comprend le Tao ne les adopte pas », disait Lao-Tseu. Clef de voûte du monde habité, l’empire du milieu se condamnerait à la décomposition s’il se dispersait aux marges, il se dissoudrait dans l’informe s’il renonçait par ambition aux dividendes d’une sereine centralité. Or cette pesanteur de l’imaginaire chinois ne concerne pas seulement le monde des idées. Transposée dans le monde réel, elle détermine un habitus que les donneurs de leçons occidentaux devraient méditer, quitte à s’en inspirer pour leur propre gouverne : un grand pays qui n’a fait aucune guerre depuis quarante ans, en effet, mérite tout de même quelque considération. Hormis le bref règlement de comptes avec le Vietnam (1979), il faut remonter jusqu’à l’affrontement frontalier avec l’Inde (1962) et à la guerre de Corée (1950-1953) pour trouver la trace d’une guerre dans laquelle la Chine se serait engagée. Encore faut-il préciser que ces conflits se déroulèrent à ses frontières immédiates, et non dans de lointaines contrées convoitées par on ne sait quel expansionnisme. Mais cette attitude pacifique d’un empire auto-centré n’intéresse guère nos démocraties guerrières, devenues expertes en bombardements humanitaires, en embargos qui affament les peuples pour la bonne cause et en révolutions téléguidées de l’étranger.

On aime dire que la Chine reste un pays pauvre [...] Mais la réalité chinoise se transforme plus vite que les représentations des experts occidentaux

Comme on l’a relevé, les Occidentaux, à propos de la Chine, oscillent toujours entre la crainte et le mépris. Ils ont exigé à grand cri qu’elle participe à la mondialisation des échanges, et ils se lamentent des parts de marché que ses entreprises enlèvent haut la main. Multipliant les injonctions contradictoires, ils lui reprochent à la fois d’en faire trop et pas assez, d’être désespérément pauvre et scandaleusement riche, excessivement rapide et exagérément lente, décidément trop libérale quand elle n’est pas trop dirigiste. Ils lui demandent de sauver la croissance mondiale – ce que Pékin a fait au lendemain de la crise financière de 2008, provoquée par la rapacité des banques américaines – mais sans se montrer trop gourmande en matières premières. Ils voudraient qu’elle continue à se développer, mais en renonçant aux outils de son développement, comme sa souveraineté monétaire, son puissant secteur public et sa prudente tutelle des marchés financiers. L’attitude occidentale frôle parfois le comique. Lorsque la Chine, après avoir connu des taux de croissance annuels à deux chiffres, redescend en douceur à 6,4 % (2018), on entend les experts d’un pays européen qui se traîne à 1,5 % faire la fine bouche et pronostiquer la catastrophe : c’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité ! En Occident, on aime dire que la Chine reste un pays pauvre, avec ses centaines de millions de travailleurs sous-payés. Mais la réalité chinoise se transforme plus vite que les représentations des experts occidentaux, car les luttes des salariés de l’industrie – dans un pays qui connaît des conflits sociaux réglés par la négociation, comme partout ailleurs – ont abouti à une hausse conséquente des salaires, au point d’inquiéter les investisseurs étrangers.

Le pacifisme de la Chine est l’envers de sa réussite économique, quand le bellicisme des USA est le reflet de leur déclin

En fait, la Chine est un grand pays souverain, fier de son identité culturelle, attaché à la loi internationale et décidé à se faire respecter sur la scène mondiale. Il n’agresse ni ne menace aucun Etat, ne finance aucune organisation terroriste ou subversive chez les autres, n’inflige aucun embargo ni aucune sanction économique à d’autres Etats souverains et refuse obstinément de se mêler de leurs affaires intérieures. Le contraste est saisissant avec l’attitude des Etats-Unis et de leurs alliés européens, qui passent leur temps à intervenir chez les autres de façon unilatérale, sous de faux prétextes et en violation flagrante de la loi internationale. Si toutes les grandes puissances se comportaient comme la Chine, le monde serait plus sûr et moins belliqueux. Il serait beaucoup moins assujetti – avec les risques énormes que génère cette dépendance – aux intérêts sordides des multinationales de l’armement. Car les Chinois n’ont qu’une base militaire à l’étranger quand les USA en ont 725. Ils dépensent 141 dollars par habitant et par an pour leur défense quand les Américains en dépensent 2.187. Ils n’ont qu’un porte-avions, tandis que les USA en ont douze. Et encore la Chine a-t-elle accompli un effort de réarmement significatif depuis dix ans face aux initiatives belliqueuses de l’Oncle Sam. Si elle avait pu, elle s’en serait passée. Tandis que les USA se cramponnent désespérément à leur hégémonie finissante, les Chinois savent qu’ils sont la puissance montante et qu’il ne sert à rien de précipiter les événements. Le pacifisme de la Chine est l’envers de sa réussite économique, quand le bellicisme des USA est le reflet de leur déclin. Au lieu de faire la guerre en vivant à crédit, la Chine a compté sur son savoir-faire pour développer son tissu économique, et le résultat est palpable.

Des militaires chinois porte le drapeau national lors d’une cérémonie à Guangshui, dans la province du Hubei, le 30 juillet 2017

Quand on voyage en Chine en 2019, on ne voit pas un pays en voie de développement, mais un pays développé. La modernité et la fiabilité des moyens de transport y sont impressionnantes. Les métros sont flambant neuf, d’une propreté, d’une fonctionnalité et d’une sécurité à toute épreuve. Dans celui de Canton, troisième ville chinoise avec 14 millions d’habitants, il n’y ni SDF, ni pick-pocket, ni tag, ni mégot, ni papier par terre. Les passagers attendent sagement leur tour si le train est bondé, et aux heures de pointe les rames se succèdent toutes les 30 secondes. En dépit de leur gigantisme, les gares et les aéroports fonctionnent comme du papier à musique. Les retards sont rares, les billetteries automatisées, la signalétique irréprochable (même pour les étrangers). Des toilettes gratuites sont disponibles partout. Les lignes aériennes intérieures desservent toutes les villes importantes, et les avions sont ponctuels, propres et confortables. Les gares et les lignes à grande vitesse offrent aux Chinois une gamme de déplacements dans l’ensemble du pays à des tarifs raisonnables. Un aller simple Canton-Nanning, par exemple, soit 550 kilomètres de LGV, coûte 169 yuans (23 euros) quand le salaire moyen est de l’ordre de 3.000 yuans (410 euros). Depuis dix ans, les progrès sont fulgurants. La Chine avait 700 kilomètres de LGV en 2007, 11.000 kilomètres en 2013, 23.000 en 2016, et l’objectif est d’atteindre 40.000 kilomètres, soit l’équivalent de la circonférence de la terre.

La réussite de CRRC, mastodonte public, a de quoi faire réfléchir les tenants du libéralisme sur les véritables paramètres de la croissance économique

Il est frappant que ces infrastructures, pour la plupart, aient moins de dix ans. D’une modernité sidérante, elles sont le fruit d’une politique massive et délibérée d’investissements publics. Décidée au lendemain de la crise financière de 2008, cette politique a sauvé une croissance mondiale malmenée par l’irresponsabilité de Wall Street. Elle a aussi permis d’accélérer la marche du pays vers la « société de moyenne aisance » qui est l’objectif majeur des dirigeants du pays. Pour franchir cette nouvelle étape de leur développement, les Chinois comptent sur le dynamisme d’un vaste secteur privé, notamment dans les services. Mais ils utilisent aussi un puissant réseau d’entreprises d’État qui ont bénéficié de la taille critique du marché intérieur chinois pour s’imposer à l’échelle internationale. Le meilleur exemple est sans doute celui de l’entreprise de construction ferroviaire CRRC, devenue numéro un mondial pour la production de trains à grande vitesse. Active dans 102 pays, cette entreprise compte 180.000 employés et affiche un revenu qui dépasse les 30 milliards d’euros. Elle construit 200 trains par an, contre 35 pour le duo Siemens-Alstom. Cette réussite d’un mastodonte public a de quoi faire réfléchir les tenants du libéralisme sur les véritables paramètres de la croissance économique, mais il y a peu de chance qu’ils en tirent les conclusions qui s’imposent. Ils préfèrent croire que les recettes libérales vont sauver le monde des affres du sous-développement.

Contrairement à nous, les Chinois s’inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant

En Occident, lorsqu’elle réussit, la Chine fait peur. Lorsqu’elle manifeste des signes d’essoufflement, elle fait peur aussi. On lui reproche d’utiliser son secteur public pour gagner des parts de marché, tout en brandissant comme les Saintes Écritures une idéologie libérale qui prétend que le secteur public est inefficace. En attendant, les Chinois continuent de penser, avec Deng Xiaoping, que peu importe que le chat soit noir ou gris pourvu qu’il attrape les souris. En Chine, l’État contrôle les industries-clé : charbon, acier, pétrole, nucléaire, armement, transports. Ce ne sont pas les récriminations occidentales qui vont inciter ce pays souverain à modifier sa politique. Il a payé assez cher la construction de son modèle de développement et il n’a pas envie d’y renoncer pour faire plaisir aux puissances étrangères. La Chine est entrée toutes voiles dehors dans les grands vents de la mondialisation, mais elle n’a pas l’intention de lâcher le gouvernail parce que les Occidentaux ne savent plus le tenir. Contrairement à nous, les Chinois s’inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant. Il y a deux siècles, la Chine était encore l’atelier du monde. Du tiers de la production mondiale en 1820, au moment de son apogée, elle est passée à moins de 5% en 1950. La décadence de la dynastie Qing et l’intrusion européenne – puis japonaise – ont précipité son déclin, ouvrant une ère calamiteuse dont les convulsions révolutionnaires du XXe siècle furent la conséquence. Il n’est pas étonnant que la Chine veuille désormais retrouver l’éclat de sa jeunesse en utilisant les ressources matérielles et spirituelles d’une culture plurimillénaire.

Les Chinois, quand ils louent la politique de leurs dirigeants, citent à la fois la lutte contre la corruption et la lutte contre la pauvreté

Dans la nouvelle phase de son développement – « la société de moyenne aisance » – la Chine moderne entend développer son marché intérieur en favorisant l’émergence des classes moyennes. Mais elle veut aussi extraire de la pauvreté les populations les plus démunies. Il est significatif que les Chinois, quand ils louent la politique de leurs dirigeants, citent à la fois la lutte contre la corruption – qui est extrêmement populaire – et la lutte contre la pauvreté. Dans les villages chinois, on peut voir des tableaux affichés publiquement où figurent les noms des pauvres qui bénéficient du programme d’éradication de la pauvreté et les noms des fonctionnaires chargés de les accompagner personnellement. En un lieu où tout le monde se connaît, cette absence d’anonymat ne semble gêner personne. Chacun sait à quoi s’en tenir, et l’évaluation des résultats au vu et au su de tous – une véritable obsession dans la culture administrative chinoise – en est facilitée. Ce tableau est d’ailleurs affiché en face du bâtiment du comité local du parti communiste, ce qui témoigne de l’intérêt qu’on lui porte. En tout cas, ce dispositif a porté ses fruits. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté en Chine populaire qui s’élevait encore à 17% en 2010 est tombé à 3,1% en 2017. L’encadrement social nécessaire à la mobilisation de tous et la direction par un parti qui fixe les objectifs participent aux yeux des Chinois d’un cercle vertueux dont l’efficacité est patente.

C’est aussi la raison pour laquelle les cris d’orfraie de la presse occidentale à propos de la « note de crédit social » ne semblent pas rencontrer le même écho chez les Chinois. Qu’on soit sanctionné pour avoir commis des délits ou des incivilités ne les trouble guère. Au contraire, la mentalité régnante pencherait plutôt pour la sévérité dans un pays où l’application de la peine de mort va de soi. La présentation de ce dispositif expérimental – qui consisterait selon les médias occidentaux à attribuer une note globale de crédit social à chaque citoyen, susceptible de monter ou baisser en fonction de son attitude dans tous les domaines – ne correspond d’ailleurs jamais à ce que les Chinois en disent. Ils y voient un système permettant de neutraliser les délinquants ou de limiter le surendettement, mais son caractère global – façon « Big Brother » – ne fait pas partie du champ de l’analyse. On peut avancer l’hypothèse que la présentation du dispositif par les médias occidentaux est quelque peu biaisée, puisqu’elle décrit un projet encore embryonnaire comme s’il était quasiment finalisé et prêt à l’emploi. Lorsqu’on en parle avec des Chinois, ils jugent certains aspects du projet peu contestables, alors que l’Occidental formaté par ses médias y voit une entreprise totalitaire contraire à ses propres principes. Cet exemple illustre l’attitude coutumière des médias occidentaux à l’égard du système politique chinois, mais elle montre surtout à quel point nous ne parlons pas le même langage symbolique.

La dictature du parti offusque nos médias, mais celle du capital leur convient

Nous ne voyons aucune contradiction, par exemple, entre l’affirmation selon laquelle la France est la patrie des droits de l’homme et notre participation à des guerres ignobles contre des peuples qui ne nous ont rien fait. Pour les Chinois, c’est absurde. La seule façon de prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est de développer son propre pays tout en laissant les autres conduire leurs affaires comme ils le veulent. Nos médias trouvent abominable l’absence de liberté d’expression en Chine populaire, mais dix milliardaires leur dictent une ligne éditoriale monolithique et éliminent impitoyablement toute pensée dissidente. La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient. Le système chinois est moins hypocrite. Il est admis depuis 1949 que le parti communiste est l’organe dirigeant de la société et qu’il en fixe les orientations politiques. Ce parti accepte le débat interne mais il ne veut pas de concurrent externe. On peut le déplorer, mais c’est aux Chinois d’en décider. Cette direction unifiée donne sa cohésion à l’ensemble du système, mais elle est jugée sur ses résultats, conformément à une éthique confucéenne où les dirigeants sont tenus de servir et non de se servir. Ancrée traditionnellement dans le culte des ancêtres, la société chinoise n’a jamais été une société individualiste. C’est une société holiste où l’individu s’efface devant le groupe plus vaste auquel il appartient. « Obéis au prince, obéis au maître, obéis aux parents », disait Confucius il y a 2.500 ans. Tous les lundis matin, dans les établissements scolaires, le proviseur procède à la levée des couleurs et tient un discours mobilisateur devant les élèves en rang et en uniforme. Des formules comme « Sois civilisé, sois studieux et appliqué » ornent en gros caractères la cour des écoles. La véritable question est de savoir si ce système symbolique résistera durablement aux assauts de la société de consommation et à l’épanchement individualiste qu’elle entraîne partout où elle passe, y compris dans les sociétés qu’on pensait les mieux armées pour l’endiguer.

Bruno Guigue

 

 

 

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Manifestation contre l’anti sémitisme : un drôle de mélange

Posté par jacques LAUPIES le 19 février 2019

Résultat d’images pour finkielkraut Bernard-Henri Lévy  Éric Zemmour  De la droite au RN... Eric Zemmour, le polémiste que toutes les droites s'arrachent 

Méfions nous des « grands rassemblements » des « grands débats » on peut y faire des rencontres de ces provocateurs que les tenants de l’ordre n’inquiéteront pas !

 

 

 

Bien entendu il est difficile pour qui que ce soit de raisonnable, à fortiori s’il est notoirement connu pour son appartenance à un parti politique, de ne pas se rallier à un rassemblement quasi unanime contre l’antisémitisme.

Mais au vu de la médiatisation excessive des attaques verbales adressées par des manifestants  contre le philosophe Finkielkraut et de l’exploitation qu’en fait le pouvoir et un certain nombre de dirigeants politiques je reste perplexe.

Qu’un individu bardé d’un gilets jaunes se permette de le traiter de « sioniste de merde » n’est, à défaut de l’élégance du propos, qu’une manière de situer un autre individu qui n’a de cesse de s’en prendre aux palestiniens et de plaider pour Israël avec des mots plus choisis.

Comme BHL ce philosophe sait défendre la cause du monde de l’argent sans en avoir l’air, bardé de son armure d’académicien, et des références à l’un des génocides les plus abject dont l’humanité aura eu à souffrir : la shoah, pour se donner belle allure. Car il y a bien d’autres crimes génocidaires auxquels se sont livrés, ou pour le moins ont  soutenus et cautionnés au nom de leur dogme, d’autres courants religieux. Par exemple des éliminations massives de population (Indiens d’Amérique du Nord par les évangélistes, du Sud par les papistes – avec la modération que l’on sait par rapport à leur acceptation de l’esclavage des africains – pogroms avec les orthodoxes et massacres arméniens avec les ottomans adorateurs du prophète) D’autant que certaines d’entre elles se livrent encore à l’encouragement de  l’oppression d’une population à l’avantage d’une autre, tels les intégristes de tout poil : musulmans, juifs et même chrétiens qui s’acoquinent aux colonialismes et autres annexions de territoires. 

Bref les religions, toujours elles,  capables du pire mais parfois du meilleur ! Le Meilleur relevant souvent de la charité et de l’abnégation de quelques uns. Mais les François d’Assises auront bien moins fait que les Rousseau, les Marx et les Jaurès pour tracer d’autres voies plus efficaces pour la liberté et la justice sociale.

Si mon opposition aux religions n’est pas dogmatique et si je reconnais l’utilité de faire dire à un Dieu – qui pour moi n’est qu’un de ces fantasmes auxquelles nous conduisent parfois nos peurs et nos révoltes – que nous devons être meilleurs et plus solidaires, j’aurai bien de la peine à croire que ces religions permettront de transformer le monde et l’être humain. 

Quant aux laïques qui les accompagnent ou s’y opposent, genre nos deux « nouveaux philosophes » des années 1970 encore en exercice, on comprend que leur position plutôt confortable suscite toujours leurs  apparitions médiatiques qui à mon sens n’ont rien de fortuit et se traduisent toujours par un soutien à la bourgeoisie dont ils sont devenus de parfaits représentants totalement intégrés.

Alors franchement qu’on enfarine un peu Finkielkraut ou BHL n’est pas pour me déplaire; Encore une fois je veux bien  reconnaître leur liberté de penser ou d’aller se balader là ou n’a pas nécessairement envie de les voir ! Un « enfarinage » qui la plupart du temps, soit dit en passant, n’a rien à voir avec l’antisémitisme mais est plus motivé par la morgue de ces deux lascars que par leur pensée profonde. Cependant je ne les crois pas assez imbéciles pour ne pas user et abuser de ce que peut signifier leur présence provocatrice.

Mais évidemment cela soulage Castaner et Compagnie et leur donne de la voix  pour procéder à des  amalgames avec les gilets jaunes ! On nous fait le coup de l’unité nationale en créant parallèlement la désunion. Les travailleurs n’ont rien à gagner dans la confusion des genres !

 

 Quelques commentaires relevés dans WIKIPEDIA

Alain Finkielkraut (prononcé en français : [finkɛlkʁot]), né le 30 juin 1949 à Paris, est un philosophe, écrivain, académicien, essayiste et animateur de radio français.
Agrégé de lettres modernes et titulaire d’une maîtrise de philosophie, il anime depuis 1985 l’émission Répliques sur France Culture et est l’auteur de nombreux essais sur la littérature, l’amour ou la modernité. Professeur au lycée technique de Beauvais, puis à l’Université de Berkeley entre 1974 et 1978, il a enseigné à l’Institut universitaire Elie-Wiesel et a été professeur d’histoire des idées au département Humanités et sciences sociales de l’École polytechnique entre 1989 et 2014, année où il est élu membre de l’Académie française. Il intervient assez souvent dans l’espace médiatique français.
Il s’est engagé dans le mouvement de mai 68 avant de rejoindre la « nouvelle philosophie » dans les années 1970. Devenu un intellectuel familier du public au cours des années 1980, il développe alors une réflexion propre sur l’identité, la mémoire et l’intégration par l’école. Dans ce contexte, il s’est exprimé sur des questions politiques comme la judéité, le nationalisme, la colonisation, le sionisme, la notion d’identité, l’antisémitisme et le racisme, sur le multiculturalisme, sur les failles du système éducatif français, ou encore sur les guerres de Yougoslavie — prises de positions qui ont parfois fait l’objet de vives controverses.
Il est officier de la Légion d’honneur depuis 2009 et lauréat de nombreux prix pour ses essais Sionisme — Wikipédia

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sionisme
    Manifestation contre l'anti  sémitisme : un drôle de mélange dans POLITIQUE f9bbbf72

    Vue d’ensemble

    Le sionisme est une idéologie politique fondée sur un sentiment national juif, décrite comme nationaliste par les uns et comme émancipatrice par les autres, prônant l’existence d’un centre territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Terre d’Israël (Eretz Israël). Son principal théoricien est Theodor Herzl qui publie « Der Judenstaat » (L’État des Juifs) en 1896. Sur un plan idéologique et institutionnel, le sionisme entend œuvrer à donner ou redonner aux Juifs un statut perdu depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien, à savoir celui d’un peuple disposant d’un territoire. Le sionisme aboutit en 1948 à la création de l’État d’Israël. Il faut le différencier du postsionisme, qui veut donner une orientation laïque à l’État d’Israël, normaliser les relations avec les Palestiniens, et du néosionisme, qui milite pour la migration des Palestiniens et des Arabes israéliens vers les autres pays arabes.
    Le sionisme se partage entre différents courants qui vont du sionisme travailliste au sionisme religieux juif ou même chrétien.
    Le terme sionisme fait référence au « retour à Sion » qui est une colline de Jérusalem.
    L’opposition au sionisme est désignée sous le vocable d’antisionisme.

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«  Monsieur le président de la République, il faut sauver l’Humanité  ! »

Posté par jacques LAUPIES le 18 février 2019

 

 

«  Monsieur le président de la République, il faut sauver l’Humanité  ! » dans POLITIQUE
Dimanche, 17 Février, 2019

Par Frédéric Lefebvre Avocat, ancien ministre et député et Yves Roucaute Philosophe

« À l’heure du grand débat national auquel vous invitez les citoyens français, allons-nous laisser mourir le journal créé par Jean Jaurès, l’Humanité ? Déjà en 1993, jeunes conseillers de ministres de droite dans le célèbre gouvernement de cohabitation de François Mitterrand dirigé par Édouard Balladur, nous avions été confrontés à cette question. Malgré nos itinéraires différents, par la gauche pour l’un, par la droite pour l’autre, l’un fils d’un berger cévenol, chef de la Résistance devenu patron de presse communiste, l’autre fils d’un médecin mobilisé en Algérie, antigaulliste par accident, tous deux disciples de Chaban-Delmas par conviction, nous nous étions alors retrouvés autour d’une certitude absolue : il faut sauver l’Humanité. Et nous avions œuvré dans l’ombre, entre plan de publicités publiques et aides spécifiques, pour empêcher le naufrage du quotidien.
Nous vous invitons avec beaucoup d’humilité et de solennité à empêcher par tous les moyens la mort de ce journal qui fut un temps, et qui le reste en partie, quelles que soient les critiques que chacun est en droit de lui porter, le messager d’une France populaire meurtrie et troublée. Sur ce passé, nous portons évidemment un regard critique, partagé parfois par la rédaction du journal elle-même. Sur le stalinisme, la guerre froide, son opposition au gaullisme, à la libre entreprise, à l’ouverture internationale, et sur bien d’autres points, nous pourrions égrener nos différends avec la ligne éditoriale du journal comme dans un poème à la Prévert.
Mais nous n’oublions pas non plus que l’Humanité fut, dès 1904, le journal qui porta la voix de ceux qui étaient sans voix, des mines aux campagnes, qu’il fut un élément central dans les réformes du Front populaire, des congés payés aux conventions collectives, qu’il prit part à la lutte de la Résistance contre le régime de Vichy, qu’il devient un allié du général de Gaulle à la Libération pour construire un bouclier social inédit dans le monde et qu’il évita même, en 1968, un bain de sang en refusant l’aventurisme irresponsable de l’extrême gauche. Monsieur le Président, en vous, nous percevons un homme attaché résolument à la liberté de penser et au pluralisme de la presse, éléments indispensables dans une démocratie digne de ce nom.
Car il ne s’agit pas seulement de préserver un patrimoine lié à notre histoire, mais aussi de garantir l’existence d’un espace public ouvert, condition première dans toute République digne de ce nom, pour que puissent s’exprimer tous les courants qui irriguent un pays. Si nous laissions aux seules considérations financières le droit de décider des paroles autorisées sur cet espace public, alors nous briserions ce socle pluraliste de la liberté et violerions le pacte républicain de cette liberté.
Sans cette liberté pluraliste de la presse, le mot république lui-même, cette “res ” (chose) “publica ” (publique) deviendrait alors un songe creux. “Notre liberté dépend de la liberté de la presse et elle ne saurait être limitée sans être perdue”, disait déjà Thomas Jefferson, président des États-Unis, francophone et disciple de Montesquieu, qui savait de quoi il retournait. Monsieur le Président, il vous appartient aujourd’hui de prouver à tous vos détracteurs que vous êtes un ami de la liberté et que vous tenez à ce que ce grand débat sur l’espace public pour le bien public ne soit pas freiné, biaisé, détourné par des considérations financières intempestives.
Merci, Monsieur le président de la République, de faire vôtre ces mots souvent attribués à Voltaire : “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.” Soyons républicains jusqu’au bout, défendons nos valeurs de liberté, n’attendons pas la mort de l’Humanité ! »

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