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Gauche. Le PCF se mobilise « pour les gens, pas pour l’argent »

Posté par jacques LAUPIES le 22 janvier 2019

 

Mardi, 22 Janvier, 2019

Fabien Roussel a présenté hier, lors de ses vœux, l’agenda d’un PCF déterminé à « tout faire pour que la voix des citoyens ne soit pas étouffée ».

Place du Colonel-Fabien, hier, la tonalité se voulait offensive. Fabien Roussel y a délivré devant la presse et une série de personnalités – dont l’ambassadeur du Venezuela, des responsables de la CGT, de la FI, de Génération.s ou encore d’associations – ses premiers vœux en tant que secrétaire national du PCF. La politique du « président des ultrariches » en a pris pour son grade. « Notre jeune président semble encore scotché aux vieux dogmes du capitalisme. Sauf que son aveuglement conduit notre pays dans l’impasse et fait monter une colère qui aujourd’hui explose », devait pointer le député du Nord, dont la formation soutient le mouvement des gilets jaunes comme l’appel à la mobilisation lancé par la CGT pour le 5 février.

Mi-février, les signatures de la pétition pour le pouvoir d’achat seront déposées

Mais pour les communistes, outre la politique présidentielle, un responsable est à désigner : le coût du capital. Alors que le dernier rapport annuel d’Oxfam démontre que les 26 personnes les plus riches de la planète détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre, Fabien Roussel tacle : « Tout le monde s’en offusque, tout le monde trouve ça scandaleux, mais aucun de ceux qui se réuniront à Davos ou des patrons étrangers réunis à Versailles ne proposera d’inverser la tendance ! »

Face au refus du gouvernement de revenir sur l’ISF ou aux « mesurettes » telles que la taxe sur les Gafam défendue par Bruno Le Maire, le PCF entend donner de l’écho aux exigences de justice fiscale, sociale et démocratique, propositions concrètes à la clé, a promis son nouveau responsable. Réorientation des aides publiques versées aux entreprises, progressivité de l’impôt sur les sociétés, taxation à la source des bénéfices des multinationales, mise en place d’une véritable liste française des paradis fiscaux, référendum d’initiative populaire, moratoire sur la fermeture des services publics figurent parmi les mesures déjà déposées à l’Assemblée. Et pas question non plus de laisser au gouvernement les conclusions du grand débat.

Le programme des premiers mois de 2019 est d’ores et déjà chargé : dès la mi-février, les signatures de la pétition pour le pouvoir d’achat initiée en novembre seront déposées dans les préfectures, des « cahiers d’espoirs » seront remplis, des rencontres et débat seront organisés. Pour le chef de file des communistes, il s’agit, devait-il dire hier soir, de « tout faire pour que la voix des citoyens ne soit pas étouffée par le gouvernement ni instrumentalisée par des forces d’extrême droite qui rêvent de faire grandir leurs idées nauséabondes. (…) Dans les prochaines semaines, les priorités des Françaises et des Français doivent rester au cœur du débat, et ces priorités ce sont le pouvoir d’achat, l’évasion fiscale, la justice sociale ».

Et d’annoncer à la presse : « À la mi-mars, nous vous donnerons rendez-vous pour remettre au gouvernement le compte rendu de ces rencontres, les synthèses de ces cahiers et les propositions de loi qui les accompagneront. » Quant aux élections européennes, « elles doivent être l’occasion de faire monter les mêmes exigences qui s’expriment en France depuis des mois », assure Fabien Roussel, qui devait dévoiler le slogan de campagne du PCF, « Pour l’Europe des gens, pas pour celle de l’argent ». S’il regrette que les discussions à gauche n’aboutissent pas en vue d’une liste commune, l’élu a confirmé que la liste du PCF, présentée à son conseil national ce week-end, sera dévoilée en intégralité lors d’un meeting à Marseille le 5 février. Marie-Hélène Bourlard, syndicaliste ouvrière, figure du film Merci patron !, y apparaîtra juste après la tête de liste Ian Brossat.

Julia Hamlaoui

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A l’intention des Gilets Jaunes rencontrés ce WE

Posté par jacques LAUPIES le 22 janvier 2019

DSC_0086-le campement des Gilets Jaunes à Beaucaire

DSC_0089-équipé et souriant

 

Le mouvement des gilets jaunes présente plusieurs facettes Il faut en retenir, pour qui espère en un changement politique dans notre pays, les aspects positifs que constituent les revendications essentielles de l’amélioration du pouvoir d’achat, le rétablissement de l’ISF de la fiscalité, l’augmentation du SMIC et des minima sociaux. Il faut être naïf cependant pour croire  que dans les ronds-points surgissent d’autres priorités  qui prennent le dessus et parfois les effacent complètement.

Ainsi voit-on parmi les plus fidèles « militants » de ces gilets jaunes des salariés mal payés, des catégories en dessous le seuil de pauvreté, des retraités, des artisans et, osons le dire des adeptes, du langage plus politique qui s’épuisent à déployer des mots d’ordre bien connus contre l’immigration. une démarche « logique »  bien connue qui conduit à prôner un changement dont l’inspiration vient à n’en pas douter d’une droite « dure » qui voudrait bien s’en tenir à chasser MACRON au prétexte de « régler » la question de l’immigration.

Bref qui préconise de virer l’immigré (bien visible) et laisser faire le banquier (plutôt dissimulé) !

Je peux témoigner que cette vision, même si elle frise l’inconscience, est celle de personnes qui vivent au bord du gouffre de la pauvreté, sont en état de révolte et en arrivent à rejeter globalement le monde politique alors qu’ils sont sous l’emprise du dogme politique de l’extrême droite qui pollue toute la droite. Fort heureusement émergent d’autres revendications qui rend leur engagement  plus difficile, tout comme d’autres solutions politiques qui les font réfléchir.

Je me garderai bien de stigmatiser ces catégories populaires sous influence. Bien au contraire car souvent elles sont issue de familles qui ont connu les luttes syndicales et politiques au sein desquelles les communistes ont joué un rôle déterminant et sont à l’origine de réalisations et prestations sociales existant encore mais sous menace. 

Beaucoup de ceux qui appartiennent à cette diversité de travailleurs salariés, ou indépendants, se souviennent, mais il n’est pas vain de leur rappeler avec franchise et de les avertir de ce qui arriverait s’ils cédaient aux sirènes de la droite lepéniste par exemple. Une droite reconvertie à laquelle la bourgeoisie ne manquerait pas de recourir en cas de besoin. Sous réserve de quelques aménagements fondamentaux permettant la pérennisation de la politique engagée depuis des décades par les gouvernements successifs.

Comme on dit : « il faut savoir changer pour ne pas changer » De Sarkosy à Macron cela s’est fait et pourrait bien se refaire si l’on n’y prend garde !

 

Inégalités. Racket historique des milliardaires sur la richesse mondiale

Mardi, 22 Janvier, 2019
A l'intention des Gilets Jaunes rencontrés ce WE dans POLITIQUE 63187.HR

C’est à l’occasion du forum économique mondial de Davos qu’Oxfam publie chaque année son rapport sur les disparités. Il montre une concentration inédite d’argent dans les mains de quelques-uns, mais aussi l’échec des moyens de redistribution.

Les 26 plus gros milliardaires possédaient en 2018 autant que 3,8 milliards personnes, la plus pauvre moitié de l’humanité. Il en fallait 42 en 2017, 61 en 2016… Le tableau des inégalités que révèle l’ONG Oxfam en se basant sur les données du Credit Suisse est chaque année plus dramatique que la précédente. La richesse se concentre d’autant plus que le nombre d’ultra-riches ne cesse d’augmenter. En 2009, au cœur de la crise, ils étaient 793 milliardaires dans le monde, leur fortune cumulée atteignait 2 833 milliards de dollars, soit un peu plus que le PIB de la France. En 2018, il y a 2 208 ultra-riches pour un pactole dépassant les 9 000 milliards de dollars.

C’est le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, qui en 2018 a vu sa fortune exploser le plus. Avec une hausse de 39 milliards de dollars sur un an, il atteint les 112 milliards, ce qui fait de lui l’homme le plus riche du monde. « 1 % seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l’Éthiopie, un pays de 105 millions d’habitants », pointe le rapport d’Oxfam. Sans surprise, les patrons des géants du Web et des télécommunications, américains mais aussi chinois, figurent en bonne place dans ce palmarès actualisé par Forbes. Deux Français sont dans le lot des 26 plus riches, Bernard Arnault, en quatrième position, talonné par le PDG de Facebook, et Françoise Bettencourt Meyers, héritière de l’empire L’Oréal. Dans l’Hexagone, 8 milliardaires possèdent à eux seuls autant que les 30 % des moins riches. Le rapport entre la rémunération totale des patrons de Carrefour, Sodexo et Renault et la moyenne de la rémunération des salariés était en 2017 respectivement de 251, 225 et 206 a de son côté calculé Attac.

Alors que la fortune des milliardaires s’accroît chaque jour de 2,5 milliards de dollars, près de la moitié de l’humanité – 3,4 milliards de personnes – vit toujours dans la misère, avec moins de 5 euros par jour, ce qui correspond au nouveau seuil d’extrême pauvreté défini par la Banque mondiale. « Tandis que les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 12 % l’an dernier, la richesse de la moitié la plus pauvre de la population du monde a chuté de 11 % », assure Oxfam. Depuis 2013, les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté extrême ont drastiquement freiné. Elle a même augmenté dans certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne. Sur ces 40 dernières années, les 50 % de l’humanité les plus pauvres n’ont capté que 12 % de la richesse créée, alors que les 1 % les plus riches en ont pris plus du quart. « Les pays inégalitaires sur le plan économique sont également ceux où les inégalités entre les femmes et les hommes sont les plus fortes », dénonce aussi Oxfam, qui veut montrer que « ces inégalités ont un coût humain dramatique ». À l’échelle mondiale, les femmes gagnent 23 % de moins que les hommes et les hommes possèdent 50 % de plus de la richesse totale que les femmes. En Inde, l’espérance de vie d’une femme de basse caste est amputée de 15 années comparée à celle d’une femme de plus haute caste. Même constat en Europe, l’espérance de vie dans les quartiers les plus pauvres de Londres est inférieure de 6 ans à celle des quartiers les plus huppés de la capitale britannique.

262 millions d’enfants sont toujours privés d’accès à l’école

Les données issues de 137 pays en développement révèlent qu’un enfant d’une famille pauvre a en moyenne deux fois plus de risques de mourir avant son cinquième anniversaire qu’un enfant d’une famille riche. Dans les pays à bas revenus et à revenus intermédiaires, Oxfam estime que 3,6 millions de décès peuvent être attribués chaque année au manque d’accès aux soins médicaux. De même, 262 millions d’enfants sont toujours privés d’accès à l’école. Pourtant, une simple taxe de 0,5 % sur la fortune des plus riches permettrait de scolariser ces enfants et de garantir l’accès aux soins pour tous selon l’ONG. Les services publics sont donc au cœur de la lutte contre la réduction des inégalités, ­assure Oxfam, et leur sauvegarde comme leur amélio­ration relèvent de choix politiques. « Une étude récente réalisée dans 13 pays en développement a montré que les ­dépenses consacrées à l’éducation et à la santé représentaient 69 % de la réduction totale des inégalités », assure l’ONG.

Les super-riches dissimulent des milliards aux autorités fiscales

L’impôt, au cœur du financement de ces services publics et plus largement des mécanismes de redistribution, ne remplit plus son rôle. Oxfam a calculé que dans plusieurs pays, comme la Grande-Bretagne ou le Brésil, il pèse proportionnellement bien plus sur les 10 % les plus pauvres que sur les 10 % les plus riches. D’autant que la tendance générale observée est de baisser les impôts sur les sociétés et sur la fortune. Ce dernier ne représente plus que 4 % des revenus fiscaux mondiaux et 11 % pour la taxation des bénéfices des entreprises. À l’inverse, les impôts sur les salaires atteignent 22 % des recettes et 39 % pour les taxes de type TVA, les plus injustes car non progressives. Dans certains pays, les taux d’imposition des personnes les plus riches sont à leur niveau le plus bas depuis un siècle. En Amérique latine, par exemple, le taux d’imposition effectif des 10 % des revenus les plus élevés n’est que de 4,8 %. Sans compter que les super-riches à travers le monde ont dissimulé 7 600 milliards de dollars aux autorités fiscales, selon l’économiste Gabriel Zucman, qui a participé au rapport d’Oxfam et auteur de la Richesse cachée des nations.

Pierric Marissal

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Les médias du grand capital font patauger les anciens ou les nouveaux canards dans la mare sociale…

Posté par jacques LAUPIES le 20 janvier 2019

 

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Un habitué ! Barbier défend bien son camp celui de la droite

 

DSC_0064-il revient aux côtés de Macron

Jean François celui de Macron au nom du centre.

DSC_0057-G Durand et un gilet jaune

Guillaume Durand très docte converse avec « un » gilet jaune

DSC_0046-il ferme les yeux mais il voit relativement clair dans ses analyses

Percutant et relativement objectif

DSC_0062-ce petit nouveau qui roule pour Macron

Un soutien peu camouflé de la droite

DSC_0069-relativement logique

Apaisant c’est rare

Pour qui suit attentivement le comportement des différents éditorialistes et animateurs des télés il y a de quoi rire même si cependant leurs divagations devraient nous attrister.

On voit les vieilles barbes comme Roland Cayrol, Jean François Khan (qui depuis des années magouille au « centre » – donc à droite – et cultive l’anti communisme et cégétisme) sur LCI  un certain Guillaume Durand et d’autres, dont j’ai oublié le nom ainsi que celui des plus jeunes  barbes  se confronter avec le  député LREM Aurélien Taché et des  Gilets jaunes dont un certain Come Dunis sur BFMTV.

Les âneries côtoient de rares constats de bon sens qu’il y  a tout de même la où on ne les attend pas !

Bien évidemment cela résulte des « oppositions » existant au sein  de la droite dont  la composante macroniste ne fait pas l’unanimité. En témoigne les critiques sévères dont sont victimes les élus LREM souvent ridiculisés et qui s’épuisent à vouloir faire basculer une opinion empêcheuse de tourner en rond pour les Ministres. 

Bref  les médias pataugent et leurs employés les plus responsables, généralement bien payés, ne ont plus très à l’aise lorsqu’il faut se faire l’avocat du gouvernement  contre le rétablissement de l’ISF.  Un os pour eux quand on sait qu’une bonne partie de leur public est en dessous du seuil de pauvreté.

Bref ça patauge dans la mare au canard !

 

Fabien Roussel : « Macron ferme la porte de l’ISF et des salaires, nous l’ouvrirons »

 

Fabien Roussel	: « Quand les gilets jaunes disent	: "Pas d’allocation mais une véritable hausse des salaires", ce n’est pas l’extrême droite qui porte cela, c’est la gauche. » Nicolas Tavernier/REA<br /><br /><br /><br /><br />

Fabien Roussel : « Quand les gilets jaunes disent : « Pas d’allocation mais une véritable hausse des salaires », ce n’est pas l’extrême droite qui porte cela, c’est la gauche. » Nicolas Tavernier/REA

Fabien Roussel : « Macron ferme la porte de l’ISF et des salaires, nous l’ouvrirons »

Vendredi, 18 Janvier, 2019

Parti communiste. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, appelle à amplifier la mobilisation et veut « bousculer » les cadres imposés par le gouvernement au grand débat pour que « les exigences populaires l’envahissent et se traduisent en actes concrets ».

Deux mois se sont écoulés depuis l’acte I des gilets jaunes, qui a bousculé les organisations politiques et syndicales. Quels enseignements en tirez-vous ?

Fabien Roussel C’est un mouvement historique qui va marquer profondément notre pays. C’est plus qu’un mouvement social, il s’agit d’une révolte populaire. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Face aux mesures prises par le « président des riches » dans son premier budget, dès le mois de janvier 2018 les retraités avaient manifesté contre la hausse de la CSG, puis ce fut au tour du personnel pénitencier, des pompiers, des blouses blanches, du personnel des Ehpad, des cheminots… Des luttes portées par des intersyndicales très larges. Jamais la majorité En marche ! n’a bougé d’un iota. À cause de l’intransigeance du gouvernement, sourd aux souffrances du pays, le doute s’est installé : « Quand on s’unit, on ne nous écoute pas. Qu’est-ce qu’il faut faire pour se faire entendre ? » C’est là le véritable problème démocratique. Emmanuel Macron a oublié qu’il a été élu par 20 % de la population au premier tour et ensuite par défaut face à l’extrême droite. Mais, pour saisir la profondeur de ces mobilisations, il faut revenir à la crise économique de 2008 et au quinquennat de Sarkozy, avec le sauvetage des banques que les Français ont payé. Puis, Hollande est arrivé au pouvoir sur un slogan : « Mon ennemi, c’est la finance. » Il a trompé son électorat. À sa suite, Macron met un coup d’accélérateur ultraviolent à la financiarisation de l’économie. Dix ans de tromperies, d’austérité acharnée ont alimenté cette exaspération, cette colère. C’est un phénomène très profond, qui remet au centre du débat la lutte des classes et la démocratie.

Alors que les revendications des gilets jaunes portent sur la justice sociale, fiscale et démocratique, votre formation, comme le reste de la gauche, ne perce pas dans les sondages, contrairement à l’extrême droite. Pourquoi la gauche ne parvient-elle pas à traduire ces aspirations ?

Fabien Roussel La gauche est trop souvent réduite à l’expérience du quinquennat Hollande, à des déceptions. Pour autant, les aspirations portées par cette révolte populaire, pour beaucoup d’entre elles, rejoignent les valeurs de gauche : la justice sociale et fiscale, la solidarité, le partage des richesses. Quand les gilets jaunes disent : « Pas d’allocation mais une véritable hausse des salaires », ce n’est pas l’extrême droite qui porte cela, c’est la gauche. Mais ces idées ne sont pas celles qui ont été mises en œuvre par le gouvernement Hollande. Donc, il nous faut redonner de la crédibilité à une vraie politique qui répondra aux attentes des Français. Participons à ce mouvement, à cette révolte populaire, même s’il existe de nombreuses contradictions avec parfois des idées qui s’opposent. Menons le débat, alimentons-le.

Le PCF va-t-il participer au grand débat organisé par le gouvernement ?

Fabien Roussel Nous refusons que ce débat se déroule sans espoir, sans perspective et sans les Français. Nous voulons le bousculer, créer les conditions pour que les exigences populaires l’envahissent et se traduisent en actes concrets. Nous y porterons aussi nos propositions. Dès la semaine prochaine, nous mettrons à disposition des cahiers d’espérance et de propositions. À partir de ces initiatives, nous formulerons, en mars, des propositions concrètes et des lois d’initiatives citoyennes. Quand le président de la République ferme la porte de l’ISF ou de l’augmentation des salaires, nous devons l’ouvrir. Il tente de reprendre la main avec quelques concessions pour mieux maintenir son dogme de réduction de la dépense publique. C’est une bataille idéologique qui se mène là. En même temps, pour être entendu, il faut que le mouvement social se poursuive, donc y participer.

Le référendum d’initiative citoyenne cristallise une partie des revendications et des polémiques. De telles consultations directes peuvent-elles suffire à résoudre la crise démocratique ?

Fabien Roussel Soyons ouverts sur ce sujet. Discutons-en. Nous avons défendu un texte de loi pour un référendum d’initiative populaire (RIP) à partir de 500 000 signataires. Pour que ce soit clair, nous sommes contre l’organisation de référendums qui remettent en cause l’IVG, la peine de mort ou le mariage pour tous. Les droits humains et les droits fondamentaux doivent être garantis. Ces consultations doivent être adossées au respect de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou encore aux conventions internationales comme celle de l’OIT. Mais l’organisation de référendums ne peut répondre seule à la crise démocratique et de défiance vis-à-vis des élus et des partis. Une réforme constitutionnelle profonde doit ouvrir la voie à une VIe République. Toutes les questions doivent être sur la table : consultation citoyenne, construction et application des lois, représentativité, donc rôle des élus… Nous comptons mener le débat car les revendications qui s’expriment à ce sujet sont porteuses de contradictions, et le président de la République compte bien s’en servir. Par exemple, comment des députés pourraient-ils être mieux à l’écoute en étant moins nombreux avec des circonscriptions qui passeraient de 100 000 à 200 000 habitants ?

Dans un contexte où Macron comme Le Pen tentent de limiter le débat à leur face-à-face, comment abordez-vous les prochaines élections européennes ?

Fabien Roussel Depuis 1979 et les premières élections européennes, le PCF a toujours présenté une liste en portant une position originale à gauche. Nous étions les seuls pendant longtemps à contester cette construction purement économique au service des marchés, favorisant la concurrence entre les peuples. Nous serons donc présents en mai pour porter cette voix-là et appeler à la construction d’une autre Europe, respectueuse de la souveraineté des nations, mais qui favorise aussi la co-opération entre les peuples. Nous ne sommes pas favorables au Frexit. Car, comme on le voit avec ce qui se passe en Grande-Bretagne pour préserver la City, sortir de l’Europe n’est pas un projet politique en soi. La question, c’est dans quelle Europe voulons-nous vivre ? Changer de voie passe par la sortie des traités pour une Europe plus solidaire, plus juste, plus humaine. C’est urgent. Si nous ne transformons pas radicalement l’Europe, elle va exploser, livrée aux nationalismes.

Avec des institutions européennes verrouillées, beaucoup doutent que ce soit possible…

Fabien Roussel Le besoin de changer les institutions devient un consensus, on le voit en ce moment à l’échelle de la France. La question, c’est : « Au service de quel projet ? » C’est là que le PCF porte une voix originale. Pour nous, il s’agit de créer un rapport de forces populaire dans chaque pays, mais aussi au Parlement européen. Travaillons avec les forces progressistes des pays européens pour porter des projets, des coopérations qui nous permettent de vivre en paix et de répondre aux besoins des peuples.

Où en êtes-vous de votre liste ?

Fabien Roussel Elle sera aux couleurs du monde du travail et des colères qui s’expriment. Elle sera présentée à notre conseil national le 26 janvier, puis soumise aux communistes à la fin du mois. Plus nombreux seront les communistes qui participeront à cette consultation et plus cette liste aura de force. Nous la présenterons ensuite lors de notre meeting de lancement de campagne, le 5 février à Marseille. Et nous maintiendrons la porte ouverte pour construire une liste avec les forces à gauche qui le souhaiteraient. Les discussions continuent, notamment avec Génération.s.

Vous avez récemment dénoncé l’évasion fiscale pratiquée par Google au siège parisien de l’entreprise, ce sujet sera-t-il un pilier de votre action des mois à venir ?

Fabien Roussel Oui, l’exigence d’une meilleure répartition des richesses, donc de la lutte contre l’évasion fiscale, est largement partagée par nos concitoyens. Notre rencontre avec Google a été riche d’enseignement. Eux-mêmes ont reconnu que, s’ils pratiquent l’optimisation fiscale, c’est parce que c’est permis et que tout le monde le fait. Si les lois changeaient, ils paieraient, disent-ils. Ils sont filous, évidemment, et dirigés par des actionnaires guidés uniquement par la rentabilité, mais si vous leur laissez le moindre espace, ils s’en saisissent. À l’inverse de la taxe très restrictive proposée par le gouvernement, nous défendons le prélèvement à la source de toutes les multinationales, pas seulement des Gafa. Google France a aussi reconnu que s’ils n’osaient pas demander le crédit d’impôt recherche auquel ils pourraient prétendre, ils ne peuvent pas refuser le Cice car ils le reçoivent automatiquement. Le gouvernement verse donc des aides publiques à une entreprise qui n’en a pas besoin, qui réalise d’énormes bénéfices et qui de surcroît pratique l’évasion fiscale ! J’ai donc à nouveau interpellé cette semaine Bruno Le Maire pour connaître le montant de ces aides, entreprise par entreprise. Le gouvernement y oppose traditionnellement le secret industriel. Mais ce n’est plus possible. Les Français ont le droit de savoir.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

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Le « grand débat » de Macron infecté par l’extrême droite…

Posté par jacques LAUPIES le 19 janvier 2019

Je ne suis pas de ceux qui considèrent que l’on doive priver de parole des élus qui tiennent des propos anti immigrés. Par contre il ne faut rien concéder à des personnes qui ont une écharpe et se livrent comme cette élu de Montauban à une analyse stupide du coût de l’accueil des jeunes immigrés indiquant qu’ils seraient privilégiés par rapport à de jeunes français.

Outre que la comparaison ne tient pas, elle est archi fausse sur le fond, car les jeunes immigrés évoqués sont généralement isolés sans soutien familial et livrés dangereusement à la rue. Donc s’impose en premier lieu une réponse humanitaire. Quant à l’aspect économique soyons sérieux : à l’heure ou l’on  pleurniche sur la natalité en régression, ou l’absence de formation des jeunes, sans parler de leur privation de revenu et de leur difficulté à se déplacer, les maintien hors de l’insertion sociale, prendre en compte ces réalités devraient conduire à une grande politique de soutien à la jeunesse, immigrée ou pas, et surtout à ne pas opposer leurs différentes catégories. 

Les capitalistes et libéraux allemands que l’on ne peut taxer de laxisme innocent en matière d’immigration ont bien compris que celle ci constituait une chance supplémentaire pour palier  l’offre d’emploi insuffisante et que donc il fallait investir  en ce domaine y compris au travers d’une main d’œuvre immigrée qui, par ailleurs, est déja formée et donc peu coûteuse en la matière !

Mais l’élue montalbanaise, franchouillarde à souhait, vient déployer on discours de division qui constitue en définitive un appel de plus à la confrontation dangereuse qui peut conduire à des réactions haineuses. Cela m’inspire le dégout.

A noter que l’argumentation répugnante de cette personne n’est pas isolée et tente de récupérer des personnes très minoritaires qui au sein des gilets jaunes peuvent colporter ce genre de propos qui vise l’immigré alors que leurs difficultés proviennent plus du banquier et de la diminution du pouvoir d’achat qui handicape sérieusement leur carnet de commande.

Fort heureusement une autre vision de la crise s’impose dans ce mouvement qu’il est grand temps que les organisations syndicales (et les travailleurs en général) aillent conforter par delà la contribution utile de certains élus qui dans ce « grand débat » remettent les pendules à l’heure !

 

« Grand débat » et grosses matraques

 

Photo Mehdi Fedouach/AFP.

Jeudi, 17 Janvier, 2019

6 pages et 32 questions : non au rétablissement de l’ISF, oui au déballage sur l’immigration… Voilà le fameux « grand débat » du président annoncé dans sa lettre aux Français. L’opération enfumage a commencé ; pas sûr que l’exécutif en sorte gagnant le 15 mars.

Deux mois désormais que le mouvement des gilets jaunes occupe ronds-points, barrières de péage et bat le pavé des centres-villes le samedi. Deux mois que le discours gouvernemental et médiatique fait mousser la violence des manifestants pour décrédibiliser le mouvement vis-à-vis de la population. Deux mois que les qualificatifs se succèdent toujours plus insultants : poujadistes, putschistes, émeutiers, foule haineuse, homophobes, antisémites…

Et pourtant ils continuent, et pourtant le soutien populaire reste majoritaire. Certes, celui-ci n’atteint plus les 70 %, comme au cours des premières semaines, mais, compte tenu du matraquage idéologique inédit, le niveau de sympathie vis-à-vis du mouvement reste très élevé. Et la légère embellie dans la cote de popularité du couple exécutif tient plus au fait d’une partie de l’électorat de droite avide d’ordre (+ 13 points chez les sympathisants LR) que d’un regain d’amour de la population.

D’ailleurs, selon l’Ifop, plus de sept Français sur dix (72 %) jugent négativement son action. Un chiffre en baisse de 4 points par rapport à décembre 2018 : dans aucun domaine, Emmanuel Macron n’obtient l’approbation d’une majorité de Français et 30 % seulement pensent qu’il mène « une bonne politique économique » ; deux Français sur trois (66 %) jugent toujours négativement l’action du premier ministre.

Le « monstre » jaune

Pour changer la donne, tout est bon et la stratégie est cousue de fil blanc. « Grand » débat d’un côté, mais surtout grosses matraques de l’autre. Un « grand » débat qui n’a de grand et de débat que le nom. En effet, de quoi débattre, de quoi discuter, que contester, que mettre en question quand tout est déjà ficelé, ou presque ? L’exécutif l’a dit et redit sur tous les tons, il n’y aura pas de « changement de cap ».

Ainsi, il y aura des débats sur « comment rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive et plus lisible », sans avoir le droit de parler du rétablissement de l’ISF. On pourra aussi discuter de « comment faire évoluer l’organisation de l’État et des services publics pour les rendre plus proches des Français et plus efficaces », sans avoir le droit de demander la réinstallation de services publics dans les endroits aujourd’hui désertés. Où comment faire mine de donner la parole, tout en ignorant superbement les revendications qui s’expriment. Et en sous-estimant totalement et délibérément la nature de ce qui vit la France depuis maintenant deux mois.

Comme l’écrit Serge Halimi, « la colère inspirée par une taxe sur les carburants a ainsi débouché sur un diagnostic général, à la fois social et démocratique. (…) Pendant une campagne électorale, la détresse sociale n’intervient que comme un décor, en général pour expliquer le choix de ceux qui votent mal. Mais, ensuite, quand les “colères anciennes” s’additionnent et que, sans considération pour ceux qui n’en peuvent plus, on en suscite de nouvelles, alors “le monstre”, comme l’appelle Christophe Castaner, peut surgir hors de sa boîte ».

La question pour le gouvernement est donc : comment faire pour que ce « monstre jaune » retourne dans sa boîte ? Lui taper dessus ? Cela ne suffit pas, voire met le monstre encore plus en colère. Le temps des smartphones et des réseaux sociaux prive les télévisions du monopole de la prise d’images et de leur diffusion. Si la violence, les dérapages de gilets jaunes sont relayés, les violences policières, dont certaines apparaissent totalement gratuites, notamment sur les ronds-points, font elles aussi le tour de l’opinion publique. Et la légitimité de cette violence policière est mise en cause. Les propos des membres du gouvernement sont tellement outranciers, les commentaires des médias dominants tellement unilatéraux que même un Jean-Michel Aphatie se sent obligé, sur Europe 1, de dire : « Les pouvoirs publics doivent parler de la violence policière. »

Des boxeurs et un abbé

L’histoire des « boxeurs » est d’ailleurs éclairante d’un des problèmes de ce pouvoir et de sa gestion du mouvement. D’un côté, le « boxeur » de la passerelle de Paris s’en prend à des gendarmes casqués et protégés derrière un bouclier, puis s’en excuse, se livre à la police et se retrouve… placé en détention provisoire. De l’autre côté, le boxeur commandant de police qui, à Toulon, s’en prend à un homme, maîtrisé par des policiers contre un mur, pour le frapper violemment au visage et qui recommence sur un autre individu plaqué contre le capot d’une voiture. Un commandant dont les antécédents en matière de violence semblent connus et pour lequel pourtant le procureur de la République écarte l’ouverture d’une procédure, estimant qu’il a agi « proportionnellement à la menace » dans un « contexte insurrectionnel ».

Dans le même temps, d’autres gilets jaunes sont lourdement condamnés à des peines de prison ferme, alors que s’allonge la liste des manifestants blessés ou mutilés par la répression policière. De quoi exacerber encore davantage le sentiment d’injustice et de mépris. Au point que, si la condamnation des violences reste portée par l’immense majorité des Français et de leurs représentants, une phrase est en passe de devenir la devise du mouvement. Celle prononcée par l’Abbé Pierre en 2007 : « Ceux qui ont pris tout le plat dans leurs assiettes, laissant les assiettes des autres vides et qui, ayant tout, disent avec une bonne figure, une bonne conscience : “Nous, nous qui avons tout, on est pour la paix.” Qu’est-ce que je dois leur crier, à ceux-là ? Les premiers violents, les provocateurs de toute violence, c’est vous (…) ! Au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris des armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

Une manœuvre d’enfumage

Dans ce contexte, le « grand débat » est, pour le pouvoir, une opportunité de rétablir la légitimité des grosses matraques. Le raisonnement est simple : « Puisque nous ouvrons la possibilité du débat, ceux qui ne s’y inscrivent pas et continuent de manifester sont des antidémocrates, des factieux et des antirépublicains. » Raisonnement similaire déjà tenu lors des annonces du président, le 10 décembre 2018. Benjamin Griveaux expliquait : « Depuis ces annonces, le mouvement (…), pour ceux qui restent encore mobilisés, est devenu le fait d’agitateurs qui veulent l’insurrection et au fond renverser le gouvernement. »

« La violence ou le débat », voilà comment les choses sont désormais posées par les médias dominants. Le ton est donné dans l’éditorial du « Monde » du 7 janvier, dans lequel on peut lire : « Il faut enfin fustiger les (ir)responsables politiques qui jouent avec le feu, attisent ce climat de haine et excusent, quand ils ne les justifient pas, ces agressions contre l’ordre républicain : Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Dupont-Aignan de façon explicite, des responsables d’extrême droite, voire de droite, de façon aussi furtive qu’opportuniste. Parce qu’elle est la négation de la tolérance et du débat, parce qu’elle entend disloquer une société déjà fragilisée, cette violence est l’ennemie de la démocratie. » Tirant au passage un trait d’égalité entre France insoumise et extrême droite, dont les programmes et projets sont pourtant bien différents.

Et se pose une question pour la suite du mouvement. Est-il possible d’investir le « grand débat » pour le subvertir et rendre incontournables les revendications sociales et démocratiques qui émergent du mouvement ? Les maires, si longtemps méprisés par le pouvoir et qui pourtant doivent être la cheville ouvrière de l’organisation du « grand débat », peuvent-ils devenir des points d’appui pour détourner ce dernier de l’objectif que lui a assigné Macron ? Peut-être, en tout cas ils ne semblent pas disposés à faire le jeu du pouvoir. « Les maires de France ne se sentent en aucun cas engagés par ce débat et ne sauraient être à quelque niveau que ce soit coorganisateurs », assure ainsi André Laignel, le vice-président de l’Association des maires de France, qui y voit « une manœuvre d’enfumage. Il s’agit de noyer les revendications qui sont apparues au niveau des gilets jaunes et de la société dans son ensemble. (…) L’État essaie de se défausser, c’est son affaire, mais nous n’avons aucune raison, dans ce domaine, d’être les supplétifs de l’État ».

Qui se radicalise ?

L’exécutif est donc confronté à un problème. Malgré sa volonté de corseter, de maîtriser, de limiter le débat, les revendications pourraient ressurgir avec force. La preuve avec les cahiers de doléances mis en place ces dernières semaines. Ainsi, pour préparer sa lettre aux Français, Macron a demandé à une vingtaine de préfets de « faire une synthèse de ces écrits à partir d’une trentaine de cahiers ». Lors du séminaire gouvernemental du 9 janvier, une note de synthèse a été présentée et, selon « les Échos » : « Pas un cahier n’a évoqué le mariage pour tous. » En revanche, le thème de l’injustice est omniprésent : sur la répartition des richesses, sur l’accès aux services publics, le rétablissement de l’ISF, l’évasion fiscale, etc. « La question du déclassement revient aussi beaucoup, tout comme la perte de pouvoir d’achat et le manque de contrôle de l’immigration. »

Le chercheur Laurent Bonelli renvoie à l’ouvrage du politiste américain Barrington Moore, qui, selon lui, « offre des pistes pour expliquer le surgissement de ce mouvement » (1). Ce chercheur a, dans les années 1960-1970 aux États-Unis, « opéré un changement de perspective. À la question : “Pourquoi les gens se révoltent-ils ?”, il a substitué celle-ci : “Pourquoi ne le font-ils pas plus souvent ?” ». « Sa principale conclusion est que la stabilité repose essentiellement sur les contreparties concédées par les dominants aux dominés : le concept de réciprocité ou, mieux, d’obligation morale, un terme qui n’implique pas l’égalité », explique Bonelli. Avec l’État comme garant de cette obligation morale. Un État qui « en France, a joué un rôle central pour tempérer les oppositions entre le capital et le travail, (…) a limité les conséquences les plus néfastes d’une relation salariale structurellement défavorable aux travailleurs »… Or, c’est l’État qui se met au service des premiers de cordée et les protège, quitte à user de matraques. Et pendant ce temps, les dividendes du CAC 40 atteignent des records. Pour l’historien François Cusset, c’est de ce côté que se trouve d’ailleurs la « radicalisation » (2). Une radicalisation qui se traduit par une tentative sans précédent de limiter le droit de manifester. Grosses matraques.

(1) « Le Monde diplomatique », janvier 2019.

(2) « Les Inrockuptibles » du 12 décembre 2018.

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La misère se mesure à l’aune du développement et de la richesse d’un pays : chez nous elle devient chaque jour plus grande. Et les puissants qui nous gouvernent l’amplifient avec une remarquable inconséquence…

Posté par jacques LAUPIES le 18 janvier 2019

 

 

Des manifestants rassemblés, mardi à Grand Bourgtheroulde (Eure), lors de la visite d’Emmanuel Macron. Gonzalo Fuentes/Reuters<br /><br />

Des manifestants rassemblés, mardi à Grand Bourgtheroulde (Eure), lors de la visite d’Emmanuel Macron. Gonzalo Fuentes/Reuters
 

Gilets jaunes. L’acte X s’immisce dans le grand débat

Vendredi, 18 Janvier, 2019

Pour le 10e samedi de manifestations, plusieurs villes devraient être le théâtre de rassemblements que le grand débat national ne semble pas affaiblir.

C’est désormais sur les réseaux sociaux et dans des campements improvisés sur des terrains privés que ça se passe. Délogés des ronds-points ces dernières semaines, les gilets jaunes et ceux qui soutiennent leurs revendications prévoient encore de nombreux rassemblements pour l’acte X qui a lieu ce samedi 19 janvier. L’épicentre des manifestations hors de Paris, situé la dernière fois à Bourges (Cher), choisi pour sa position géographique centrale, pourrait bien cette fois se déplacer vers l’ouest. La ville d’Angers (Maine-et-Loire) est en effet de plus en plus évoquée. La station de radio Vibration, qui émet dans le centre-ouest de la France annonce d’ores et déjà que « les militants des villes du Mans, de Laval, Vannes, Lorient, Rennes, Niort, Poitiers, La Rochelle, Nantes, Saumur, Cholet, Saint-Nazaire et Tours » ont l’intention de converger vers la cité angevine.

Une « marée humaine  » pour la venue de Macron dans le Lot

Sur le réseau social Facebook, de nombreux événements appellent à manifester également à Paris. Les pages « Acte X, les gilets jaunes triompheront » ou encore « Acte X, le million à Paris » comptent plusieurs dizaines de milliers de personnes « intéressées » et arborent en haut de page les principales revendications. Outre le référendum d’initiative citoyenne (RIC), celles-ci revêtent toujours le même besoin de justice sociale et fiscale : « Zéro SDF, retour de l’ISF, le Smic à 1 300 euros net, pas de retraite en dessous de 1 200 euros », peut-on y lire. Maxime Nicolle, un des meneurs du mouvement, qui fait l’objet de critiques du fait de ses déclarations conspirationnistes, annonce de son côté une grande manifestation à Toulouse (Haute-Garonne), tandis qu’à Souillac (Lot), où doit se rendre Emmanuel Macron ce vendredi, les gilets jaunes devraient avoir le renfort d’organisations politiques et syndicales. Une « marée humaine » est même annoncée, à laquelle appellent notamment Attac, la CGT, la Confédération paysanne, ou encore la FSU et Solidaires. Côté politique, le PCF, Génération.s, Ensemble 46, Europe Écologie-les Verts, le Parti de gauche et la FI se joindront aux collectifs lycéens et à l’Union des étudiants communistes (UEC).

Autant de rassemblements qui risquent de se voir encadrés par des troupes conséquentes de gendarmes et de policiers. Comme à Grand-Bourgtheroulde (Eure), où le président de la République avait tenu la première partie de son grand débat, Souillac était déjà cadenassée jeudi. Les habitants, avec ou sans gilets, doivent même présenter une pièce d’identité et un justificatif de domicile pour rentrer chez eux.

Olivier Morin

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