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Quand on fonde sa réflexion quotidienne sur l’analyse des intérêts de classe on a vite fait de comprendre qui fait quoi, qui dit vrai, qui trompe et pourquoi ! Mais l’exercice on le constate n’est pas facile même pour les victimes du système. Sauf parfois que la lutte les rend plus perspicace et plus prévoyants

Posté par jacques LAUPIES le 22 décembre 2018

 

 

 

SMIC : Stop aux arnaques, un vrai coup de pouce !

Jeudi, 20 Décembre, 2018

Au moins 200 euros net de plus sur le Smic mensuel, c’est indispensable pour vivre dignement. Et c’est possible sans piquer, comme veut le faire le gouvernement, dans les salaires socialisés et les impôts des ménages.

Non, le Smic n’augmente pas de 100 euros au 1er janvier ! Pressé par la colère populaire, Emmanuel Macron a tenté de semer la confusion lors de sa prestation télévisée le 10 décembre. Sa petite phrase taillée au cordeau – « le salaire d’un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 » – n’a fait illusion que quelques heures. Un peu plus d’attention à la chute – « sans qu’il en coûte un euro de plus aux entreprises » – aurait évité ce bref malentendu !

Même si les choses sont encore floues, les 100 euros viendraient d’une baisse de cotisations sociales et de la hausse – prévue, mais accélérée – de la prime d’activité. Un pseudo-cadeau financé, pour une part, par les salaires socialisés, en pompant dans ce qui doit revenir au financement de la protection sociale. Et, pour l’autre, par le budget de l’État, donc les impôts – ceux des ménages tout particulièrement qui en assurent l’essentiel. Dans les deux cas, ce sont les salariés qui paient, et même deux fois puisque ce tour de passe-passe contribue à assécher les ressources disponibles pour la protection sociale solidaire et les services publics. Et dans le privé, les soins, l’enseignement, l’assurance santé ou retraite… c’est plus cher.

Autre problème, technique cette fois : la prime d’activité, s’adressant à ceux qui ont un petit salaire (entre 0,5 et 1,2 fois le Smic mensuel pour une personne seule), est attribuée sous condition de ressources du foyer, en tenant compte de la situation familiale, et obéit à des calculs complexes. Tous les salariés payés sur la base du Smic sont donc très loin d’en bénéficier (seuls 27 % la perçoivent). Un conjoint gagnant un peu mieux ou un trop petit temps partiel… et finie la prime ! Les conseillers du prince sont donc en train de carburer pour construire une usine à gaz permettant de coller à peu près à cette nouvelle promesse présidentielle (aux dernières nouvelles, 50 % des smicards). Quoi qu’il en soit, cette prime d’activité, même relookée pour l’occasion, restera une prestation sociale, n’ouvrant aucun droit à la retraite ou à une indemnisation en cas de chômage. Et vite réversible au gré des aléas budgétaires. Pour que le travail paie, comme aime à le seriner le gouvernement, c’est le salaire minimum lui-même qu’il faut augmenter. Voilà 7 bonnes raisons de le faire.

1 Pour vivre, il faut au moins 200 euros de plus

Le Smic n’augmentera au 1er janvier qu’en suivant son indexation légale – une formule prenant en compte l’inflation (hors tabac) mesurée pour les 20 % de ménages ayant les revenus les plus faibles et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés. Soit de 1,54 % au 1er janvier. Cette hausse sera donc inférieure à l’indice général des prix (pour l’ensemble des ménages et tabac compris) qui, en novembre, a progressé de 1,9 % sur un an. Le Smic brut s’établirait ainsi à 10,03 euros de l’heure, soit 1 521,56 euros brut par mois pour un temps plein (35 heures par semaine). Cotisations sociales déduites, le Smic mensuel net à temps plein s’établirait autour de 1 204 euros. Même en tenant compte d’une nouvelle baisse de cotisations de 20 euros (soit 1 224 euros par mois) et de la « prime Macron », pas de quoi boucler sereinement son budget – sans même parler des temps partiels !

En 2015, une étude de l’Observatoire national de la pauvreté estimait que, pour vivre décemment en logement social dans une ville moyenne, il fallait déjà un budget mensuel d’au moins 1 424 euros pour une personne seule et de 3 284 euros pour un couple avec deux enfants. Depuis, la hausse des prix, notamment celle sur les dépenses contraintes (logement, chauffage, énergie, mutuelle…), est passée par là. Bref, pour vivre, il faut au moins 200 euros net de plus par mois. Ce que réclament, sous des formes diverses, le PCF et la CGT (1 800 euros brut).

2 En France, le travail ne « coûte » pas cher

Le Smic « est trop élevé » en France, pérorait encore, l’année dernière, le groupe d’« experts indépendants » censé éclairer le gouvernement sur le sujet. Il s’est fait, cette année, plus discret en plein mouvement des gilets jaunes. Mais l’argument est sans cesse resservi par le patronat et les économistes libéraux pour qui, quoi qu’il arrive, le « coût » du travail en général est toujours trop élevé. Un récent document de la direction du Trésor (annexe à la loi de finances 2019) reconnaît pourtant, en se fondant sur les chiffres 2017 (avant même la transformation du Cice en baisse de cotisations sociales, et avant la diminution de 10 % de cotisations au niveau du Smic), que « le coût annuel du travail en France apparaît modéré par rapport à ses principaux partenaires ». Plus précisément : « Au niveau du salaire minimum, (…) le coût du travail français est inférieur à celui de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas », des pays de niveau de développement économique comparable. Tout compris, grâce aux allégements de cotisations successifs dont ont bénéficié les patrons français, le « coût » annuel du travail pour un salaire minimum à plein-temps est inférieur de 2 527 euros en France à ce qu’il est en Allemagne.

Quant à l’Espagne, le gouvernement vient d’y annoncer une hausse du salaire minimum de 22 % pour 2019. Le brut mensuel passerait ainsi de 858 à 1 050 euros. Un niveau certes inférieur au Smic français, mais, à comparer au niveau de salaire moyen des deux pays, inférieur de 30 % environ en Espagne. Et à la trajectoire du salaire minimum qui, en Espagne, avait déjà augmenté de 4 % en 2018 et 8 % en 2017, alors que l’inflation ne dépassait pas 2 % (contre respectivement 1,24 % et 0,93 % en France).

Quand on fonde sa réflexion quotidienne sur l'analyse des intérêts de classe on a vite fait de comprendre qui fait quoi, qui dit vrai, qui trompe et pourquoi ! Mais l'exercice on le constate n'est pas facile même pour les victimes du système. Sauf parfois que la lutte  les rend plus perspicace et plus prévoyants dans POLITIQUE smic_penicaud_hd1fran

3 Un coup de pouce, ça ne détruit pas d’emplois

Pas de coup de pouce au Smic, car « ça détruit des emplois », affirmait la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le 9 décembre. C’est le bréviaire des libéraux depuis quinze ans : 1 % de hausse du Smic, c’est 15 000 à 25 000 emplois détruits. Les économistes keynésiens, comme ceux de l’OFCE mettent, eux, en évidence un « effet demande » (la hausse de pouvoir d’achat des salariés au Smic leur permet de consommer plus, ce qui est bon pour l’ensemble de l’économie) qui crée 11 500 emplois. Et ajoutent que la hausse du Smic fait automatiquement augmenter le seuil au-dessous duquel les entreprises bénéficient d’exonérations de cotisations sociales conséquentes (1,6 fois le Smic). Elles rattrapent d’une main les miettes qu’elles lâchent de l’autre ! Résultat, sur le papier, une hausse de 1 % du Smic n’aurait aucun effet significatif sur l’emploi. Dans les faits, comme le rappelle l’économiste Henri Sterdyniak (« la Marseillaise », 12 décembre), une hausse du Smic ne détruit pas d’emplois car il faut toujours des « employés pour vous servir votre hamburger, pour vérifier vos bagages dans les aéroports, pour nettoyer les bureaux tôt le matin ou tard le soir, pour refaire les chambres dans les hôtels entre deux clients… » Le peuple des « smicards » est indispensable, et, pour l’essentiel, ne travaille pas dans des secteurs exposés à la concurrence internationale !

4 C’est la meilleure façon de taxer les profits

Entre les baisses d’impôts consenties par les gouvernements successifs et les pratiques d’optimisation fiscale des entreprises, une grosse partie des profits échappe à l’impôt. La meilleure façon de les taxer, c’est le prélèvement à la source ! Soit agir au plus près de la création de richesses en augmentant la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises. On peut commencer par le Smic, ce qui aura un très léger effet d’entraînement sur les autres rémunérations (une hausse du Smic de 1 % entraînerait une hausse de 0,14 % du salaire moyen selon le rapport 2017 des « experts » du Smic). Au plan macroéconomique, il y a de l’argent pour le faire ! Par le biais du Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi qui va être transformé en baisse de cotisations pérennes), la masse salariale brute a été allégée de 7 % dans les entreprises. Et les entreprises ont augmenté leur taux de marge (32 %), qui a quasiment retrouvé les niveaux d’avant la crise financière de 2008.

5 Ce n’est pas la fin des « petites boîtes »

Environ 11,5 % des salariés du privé, soit 1,98 million de personnes, sont rémunérés sur la base du Smic, en majorité des femmes (58 %), une bonne moitié à temps partiel. Et 42 % travaillent dans des entreprises de moins de 10 salariés (TPE). Ils se concentrent dans l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, le nettoyage, le commerce alimentaire, et pour l’industrie, dans le textile, l’habillement et le cuir. Une hausse du Smic tuerait-elle ces petites boîtes ? En fait, une bonne part de ces petites boîtes sont des franchisés de grandes enseignes ou des sous-traitantes de grandes entreprises auxquelles elles sont pieds et poings liés. C’est à ces grandes entreprises d’assumer la hausse du Smic en baissant leurs royalties ou en payant mieux leurs sous-traitants – le législateur pourrait les y contraindre. Quant aux autres TPE, c’est sur elles que devraient se concentrer les quelque 150 milliards à 200 milliards d’euros annuels (selon les estimations) d’aides publiques aux entreprises.

6 C’est une bonne façon de lutter contre les inégalités

Aujourd’hui, même le FMI alerte sur le creusement des inégalités (voir page 34) dans les pays riches ! Et si l’on en croit l’Institut des politiques publiques, les mesures prises ou envisagées par le gouvernement (via les budgets 2018 et 2019, avant les colmatages annoncés le 10 décembre par Emmanuel Macron) ne vont pas dans le bon sens. Le revenu disponible des 20 % les plus pauvres baisserait de 1 % alors que celui des 1 % les plus riches augmenterait de 6 %.

Or, depuis vingt ans, le Smic décroche des autres salaires, pourtant peu mirobolants pour l’essentiel. La formule d’indexation du Smic a été faite sur mesure pour que celui-ci augmente moins vite que le salaire moyen ouvrier-employé. Entre 2008 et 2017 et malgré le coup de pouce de 2012, le Smic brut a augmenté de 3,7 % alors que le salaire moyen a augmenté de 7 %. Et si de 2000 à 2008, le Smic brut avait augmenté plus vite que le salaire moyen, le Smic « brut-brut » – c’est-à-dire « tout compris » pour l’employeur – avait évolué moins vite du fait des multiples allégements de cotisations consentis à ce niveau de salaire. Augmenter le Smic, c’est donc un bon moyen de lutter contre les inégalités et d’éviter que se multiplient les salariés pauvres.

7 C’est bon pour tout le monde

Un bon Smic, c’est bon pour tout le monde. Parce que c’est une norme qui s’applique à l’ensemble du marché du travail : pas question de payer moins que ça. Et donc, par ricochet, pas question de multiplier les « boulots de merde » – déqualifiés, peu productifs et sous-payés – pour dégonfler artificiellement les statistiques du chômage tout en développant la pauvreté laborieuse.

Et, globalement, un bon salaire c’est bon pour la productivité. L’idée n’a rien de révolutionnaire ! Depuis les années 1950, de nombreux économistes états-uniens ont travaillé sur la notion de « salaire efficient », liant la productivité d’un travailleur au montant du salaire qui lui est versé. Dans les années 1980, trois d’entre eux ont contribué à cette théorie. Deux ont eu le Nobel d’économie – Joseph Stiglitz et George Akerlof. La troisième, Janet Yellen, a été la première femme à présider la Réserve fédérale, de 2014 à 2018.

dominique sicot

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Français n’ayez pas la mémoire courte ! Entendez les communistes et la CGT

Posté par jacques LAUPIES le 21 décembre 2018

En dehors du fait que le mouvement de gilets jaunes a bousculé la vie politique de notre pays, notamment grâce au soutien qu’il a eu de la population laquelle ne sait plus parfois à quel saint se vouer, que va-t-il  en résulter ?

Certes les miettes accordées par la grande bourgeoisie par l’intermédiaire de ses serviteurs zélés au pouvoir sont toujours bonne à prendre mais l’essentiel ne sera ni payé par les plus riches, ni par les entreprises dont la plupart tirent des profits exorbitants. Bien au contraire l’essentiel va être à la charge des « catégories moyennes » lesquelles ne constituent pas une classe homogène mais un mélange de salariés à revenu modeste ou moyen, de catégories vivant de la rente,  de leur auto exploitation (artisans, petits commerçants, exploitants agricoles, professions libérales etc.) Bref pour ne rien changer les moins pauvres pour les plus pauvres !

Certes, au stade actuel des confrontations auxquelles on assiste, le pouvoir se doit de tenter de calmer le jeu. Ce qui explique quelques cafouillages et semblant de retour en arrière mais les marges sont réduites si le rapport entre le capital et le travail n’est pas revu en faveur du travail.

De ce point de vue le pouvoir, et c’est une nouveauté, semble reconnaître que s’appuyer sur la demande et la consolider avec les quelques mesures annoncées sous la pression de gilets jaunes seraient bénéfiques à l’économie. Cela devrait encourager tous ceux qui dénoncent  la pensée unique mais lui sont encore soumis. 

Il n’y a pas de quoi, dans tout cela, chanter à la révolution y compris en brandissant l’exigence de participation voire de contestation des institutions (genre création de structures pseudos horizontales ou n’existeraient plus de pouvoir de représentation (l’idée anarchiste ressurgit sous couvert de bobos du spectacles, d’intellectuels et personnages en manque de popularité faisant don de leur personne ) ou ce que préparent l’extrême-droite sous ses nouveaux visages, la droite et les sociaux libéraux : une vaste récupération ou chacun va avoir son gilet jaune à lui et plonge dans d’écœurants opportunismes.

Les communistes bien engagés dans la campagne pour les européennes doivent faire entendre leurs solutions qui ne datent pas d’hier et consistent à poursuivre et développer le combat contre le capitalisme mondial et ses méfaits dans une Europe : instrumentalisation de la Banque européenne, complicité de fait avec les fraudes fiscales, refus des harmonisations fiscales et sociales bref  à la botte des marchés financiers, outil de main mise et de domination mondiale sur les peuples.

Une autre Europe est possible autre que celle des libéraux et des sociaux démocrates qui la gèrent. En ce sens il faut effectivement compléter politiquement les protestations qui se manifestent et pas seulement celle des gilets jaunes.

Quant aux gilets jaunes, s’il existent parmi eux une unité, avec  les effets bénéfiques que génèrent toute lutte, il importe de les interpeler et de démontrer que nos propositions vont dans le sens de leurs intérêts, toutes catégories confondues, et que le choix de ralliements politiques autres ou celui même de l’autonomie ne feront que conforter l’adversaire commun : le grand capital et ses instruments de pouvoir économiques, politiques et médiatiques.

Si j’osais je me hasarderais à cette comparaison qui remontent à 1968 où l’on a vu des soi-disant révolutionnaireS à la Cohn Bendit finir en larbin du libéralisme économique et soutien de Macron aujourd’hui. Et c’est bien peu dire …Travailleurs n’ayez pas ma mémoire courte !

Les campements se démontent et se remontent un peu plus loin, comme ici près de Brest. Fred Tanneau/AFP<br /><br /><br />

Les campements se démontent et se remontent un peu plus loin, comme ici près de Brest. Fred Tanneau/AFP
 

Mobilisation. Samedi, un « acte VI » largement décentralisé

Vendredi, 21 Décembre, 2018

Plusieurs rassemblements de gilets jaunes sont envisagés à Paris, même si ceux-ci privilégient les régions, malgré les consignes d’évacuation des ronds-points par l’exécutif.

Il y aura sans doute encore un peu de jaune à Paris, ce week-end. Sur les diverses pages Facebook des groupes qui organisent le mouvement, rendez-vous est à nouveau donné dans la capitale, samedi. Place de l’Étoile autour de l’Arc de triomphe, place de l’Opéra ou sur le parvis de la Défense, divers lieux de réunion sont cités. Tout comme Versailles, d’où Éric Drouet, l’un des gilets jaunes les plus virulents, aimerait voir partir une « marche » sur l’Élysée… Le Mouvement citoyen des gilets jaunes et le collectif les Sans-Étiquette, insistant sur le côté « pacifique » de la mobilisation, appellent, eux, à se rassembler place de la République, autour d’une urne « permettant aux citoyens, sous forme de consultation populaire, d’exprimer », dans une forme de « votation citoyenne », expliquent-ils dans leur communiqué, « les choix prioritaires à faire ».

Le tour des grandes villes en région

Mais le gros de la manifestation de samedi devrait se tenir en province. Une large part des gilets jaunes est encore choquée d’avoir été bloquée aux portes de Paris la semaine dernière, voire dès leurs gares de départ. Ils ont donc mis sur pied une stratégie visant à « laisser vide » la capitale et ciblant les grandes villes en région : Lille, Amiens, Rennes, Nantes, Rouen, Caen, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Bourges, Lyon, Nancy, Strasbourg… « L’acte VI doit avoir un effet de masse », peut-on lire sur une carte largement partagée sur les réseaux sociaux. « Le but est d’avoir un impact fort » en même temps que d’échapper à la nasse policière parisienne et à la nouvelle opération de décrédibilisation médiatique qui en découlerait. Dans les Pyrénées-Orientales par exemple, les gilets jaunes de la France en colère organisent dès samedi matin un rassemblement à la frontière espagnole, au Boulou, au Perthus et sur l’autoroute A9, pour « bloquer tous les camions à l’import comme à l’export ». Ils auraient affrété des bus de Montpellier, Nîmes, Albi, Castres, Montauban, Toulouse…

Bloquage de camions à la frontière

Le mouvement paraissait se tasser cette semaine… mais ne s’arrête pas. Alors que de nombreuses voix appellent à rester sur les ronds-points, y compris à Noël – on y organise même des réveillons solidaires –, le gouvernement, qui misait sur un essoufflement, a décidé d’attaquer. Mercredi et hier, les forces de police ont fait démanteler 170 « campements » à coups de bulldozers parfois, même si la plupart du temps ces évacuations ont eu lieu dans le calme. Les gilets jaunes avaient reçu pour consigne de « ne pas résister », précise une porte-parole. Ce qui leur permettait, une fois la police partie, de se réinstaller à quelques mètres, comme cela s’est vu dans le Var, en Saône-et-Loire… « On n’a pas le choix, ça ne sert à rien pour le moment d’opposer une résistance, alors on est en train de tout plier et tout démonter », déplorait Denis Rudloff, un gilet jaune du Morbihan interrogé par l’AFP, qui s’attendait à ce que le mouvement reprenne de l’ampleur « après les fêtes ». Dans ce département breton, le préfet avait demandé mardi aux manifestants de « cesser leurs actions et (d’)évacuer », interdisant par arrêté « les rassemblements de personnes, les installations d’abris et le dépôt de matériaux » sur neuf ronds-points du département.

Une « guerre » de position résumée par Chantal Moraud, coordinatrice des gilets jaunes dans les Bouches-du-Rhône : « On lâche rien, mais on se réinstalle, et on se concentre en partie sur la marche pour le référendum d’initiative citoyenne », une quarantaine de « marcheurs », qui, partis de ce département, veulent rallier l’Assemblée nationale à pied. Dans l’Hémicycle, justement, on n’attend pas qu’ils y arrivent pour hausser le ton. Mercredi soir, le député communiste de Seine-Maritime Sébastien Jumel a interpellé le gouvernement, faisant part de son « envie de vomir » à propos de ces « consignes données de démanteler les ronds-points » : « Si vous croyez vous en sortir à bon compte en espérant goûter la dinde de Noël dans le luxe, le calme et la volupté, vous vous trompez. La colère du peuple et les humiliations successives, vous allez vous les prendre comme un boomerang. »

Grégory Marin
Photo : Julien Jaulin/hanslucas

Photo : Julien Jaulin/hanslucas

Philippe Martinez : « Gilets rouges ou jaunes, pour gagner il faut être plus nombreux »

Jeudi, 20 Décembre, 2018

Le secrétaire général de la CGT revient sur la mobilisation qui bouscule le pays. Pour Philippe Martinez, ce mouvement ne s’oppose pas aux luttes syndicales, mais souligne les obstacles à lever sur lesquels bute l’action collective des salariés.

L a crise des gilets jaunes questionne fortement la capacité des syndicats à défendre efficacement les intérêts des salariés. Leur utilité est-elle remise en cause ?

Philippe Martinez Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c’est qu’alors que l’action collective a été dénigrée par ceux qui nous dirigent depuis des décennies, on voit un corps social qui retrouve le chemin de la mobilisation. Mais celle-ci se construit dans un contexte de mise à l’écart des organisations syndicales par les gouvernements successifs et par le patronat. Trop souvent, quand il y a des mobilisations, ceux-ci font comme si elles n’existaient pas, ou refusent de répondre aux attentes. En 2016, par exemple, il y a eu plus de monde dans les rues pendant quasiment un trimestre entier contre la loi El Khomri qu’avec les gilets jaunes aujourd’hui. Et le soutien de l’opinion publique aux manifestations était comparable. Or qu’a fait le gouvernement de l’époque ? Il a fait le choix de jouer la carte de la division des syndicats. Cela ne veut pas dire que nous ne portons aucune responsabilité dans le fait que, parmi les gilets jaunes qui portent des revendications sociales, beaucoup n’ont jamais ou alors rarement croisé des syndicats. Dans ces conditions, il est difficile pour ces salariés de se convaincre de leur utilité. Nous sommes très en retard dans notre déploiement dans l’ensemble du monde du travail. Tant que la CGT ne rayonnera que sur 25 % du salariat, les 75 % de salariés restants ne connaîtront des syndicats que ce qu’on peut leur raconter par ailleurs. Et, en général, ce ne sont pas des compliments.

Comment la CGT appréhende-t-elle ce mouve- ment sans organisation ni coordination ?

Philippe Martinez Notre position est claire sur ce mouvement des gilets jaunes. Il est parti d’une révolte contre la hausse du prix de l’essence, que partage la CGT, mais derrière on voyait bien le risque des mots d’ordre du refus de toutes taxes, cotisations comprises. Très vite, cependant, les banderoles ont affiché des slogans pour la hausse du Smic et l’impôt sur la fortune, comme sur les tracts de la CGT. Cela montre qu’on ne prêche pas dans le désert. Même si les jonctions ne sont pas évidentes au premier abord, ce mouvement est un mouvement social, hétéroclite dans sa composition, avec l’existence qu’il faut dénoncer de certains comportements inacceptables en son sein.

Les gilets jaunes ont obtenu des concessions du président de la République que le mouvement syndical a échoué à arracher malgré ses mobilisations ces dernières années. Cela vous conduit-il à repenser votre stratégie ?

Philippe Martinez Nous devons constamment nous interroger sur la stratégie la plus efficace pour gagner. Ce que font les gilets jaunes percute d’ailleurs nos débats dans la CGT sur l’efficacité des « journées saute-mouton » (les journées d’action espacées dans le temps – NDLR) et des mobilisations du samedi. Or, si on ne conjugue pas les actions le samedi avec des actions dans les entreprises, le Medef pourra continuer à dormir tranquille. Quant aux manifestations, aux occupations de carrefours ou de péages autoroutiers, elles font partie des formes diverses de l’expression collective du mécontentement que le mouvement syndical a lui-même expérimentées. En 2016, on a connu aussi des occupations, des formes de lutte identiques. J’entends bien la volonté d’une partie des représentants politiques et des médias d’installer l’idée que certains seraient plus efficaces que d’autres. À mon sens, ce que démontre avant tout l’action des gilets jaunes comme celle des syndicats, c’est que l’action collective paie. Mais paie-t-elle à la hauteur des revendications ? C’est, me semble-t-il, la question à poser. Dans leur lutte, les cheminots aussi ont obtenu des choses. Mais ils n’ont pas gagné tout ce qu’ils voulaient. De leur côté, les gilets jaunes ont arraché la hausse de la prime d’activité, la prime exceptionnelle dans certaines entreprises, mais ils n’ont pas gagné la hausse du Smic qu’ils revendiquent, ni le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Si l’on veut obtenir davantage, il faut donc être encore plus nombreux à se mobiliser, et cela vaut pour tout le monde, gilets jaunes, rouges ou d’une autre couleur. Cela pose aussi la question de notre capacité collective de taper le cœur du système, c’est-à-dire le capital. Et le capital, ce sont les grands groupes, les multinationales.

Le contournement des syndicats n’est-il pas aussi la conséquence de luttes qui ne se traduisent plus par de nouvelles conquêtes ?

Philippe Martinez Oui, le monde du travail peine à arracher de nouvelles conquêtes. Il y a eu des mobilisations importantes, mais sur les enjeux nationaux, depuis les 35 heures, nous avons empêché des reculs mais nous n’avons rien gagné de nouveau. Cela pose la question de l’action collective, des formes de lutte. Ce sont des constats que l’on fait nous-mêmes, on est d’accord de ce point de vue.

N’est-ce pas aussi le produit d’une politique qui a visé à casser les syndicats ?

Philippe Martinez Depuis une dizaine d’années, le pouvoir a cultivé l’idée que le rôle des syndicats était d’accompagner ses mesures, et que ceux qui s’y refusaient devaient être mis sur la touche. En 2007, Nicolas Sarkozy faisait huer la CGT dans ses meetings. Emmanuel Macron est même allé plus loin en décidant d’écarter tous les syndicats, sans exception. Désormais, il fait son mea culpa tous les six mois. Il l’a fait en juillet, et encore ce mois-ci avec sa grande réunion avec les élus et les représentants syndicaux. Mais c’est de la communication.

Rien n’a donc changé à l’Élysée depuis la crise des gilets jaunes ?

Philippe Martinez Le président de la République a-t-il écouté nos revendications après cette réunion ? Absolument pas. À part dire qu’il parle trop brutalement, il n’a pas fait de remise en cause sur le fond. Quand le chef des députés de la République en marche (Gilles Le Gendre – NDLR) dit « notre erreur est d’avoir été trop subtils, trop intelligents », cela signifie qu’ils prennent ouvertement les gens pour des idiots. C’est du Macron dans le texte. Et quand le premier ministre déclare qu’une partie des smicards font partie des « foyers les plus aisés », on voit bien que rien n’a changé réellement. La CGT ne leur servira pas d’alibi.

Les divisions du syndicalisme ne participent-elles pas du sentiment qu’il n’est pas au service des salariés dans leur diversité ?

Philippe Martinez En effet. Tous les syndicats ont pour rôle de défendre les intérêts du monde du travail : c’est ainsi que raisonnent les citoyens. À partir du moment où ils estiment que ce n’est pas la préoccupation centrale des organisations, on entend sur les ronds-points : pourquoi n’arrivez-vous pas à vous mettre d’accord ? Tant que ce sentiment perdurera, notre crédibilité sera entachée.

Les gilets jaunes ne posent pas la question de la lutte à l’entreprise ni ne désignent le Medef comme leur adversaire. Est-ce un obstacle pour réaliser la jonction avec les luttes et les grèves syndicales ?

Philippe Martinez Pour la plupart, les manifestants sur les ronds-points ne travaillent pas dans les grandes entreprises. Ce sont des chômeurs, des retraités, des salariés de TPE-PME, voire des petits patrons et artisans, ce n’est pas la masse de nos syndiqués. Le capital, le CAC 40, les actionnaires, ils ne les croisent pas dans leur vie. Pour eux, le Medef, qui est le symbole de la puissance de l’argent, c’est lointain. La CGT doit donc être plus précise dans la désignation des premiers responsables de la situation. Le plus heureux des mesures du gouvernement, c’est le Medef : il ne met pas la main à la poche. Geoffroy Roux de Bézieux (le président du Medef – NDLR) affirme d’ailleurs que ce mouvement social ne le concerne pas, puisque les usines ne sont pas occupées et que ses permanences ne sont pas attaquées. C’est le travail de la CGT que de rappeler qu’il y a de l’argent mais qu’il est mal orienté, parce qu’il va aux actionnaires et non aux salariés. La prime d’activité sera payée par les impôts de tous, pendant que ceux qui détiennent le capital vont toucher encore plus d’argent. Les syndiqués à la CGT discutent sur les ronds-points avec les gilets jaunes pour pousser ce débat. Tous les salariés de ce pays sont soumis à la pression des actionnaires, qu’on travaille dans une grande ou une petite entreprise, et même dans les services publics.

Il n’y aura pas de coup de pouce au Smic mais une augmentation de la prime d’activité, que ne toucheront pas tous les salariés payés au salaire minimum. Est-ce une avancée partielle ou bien une supercherie ?

Philippe Martinez Quand on n’a rien ou pas grand-chose, 100 euros de plus, c’est toujours ça de pris. Mais la mesure reste une supercherie parce que ce sont les contribuables qui vont payer à la place de l’augmentation des salaires due par les patrons. Et puis, cette prime est inégalitaire, puisque la référence pour la toucher est le revenu du foyer. Comme les hommes gagnent souvent plus que les femmes, une grande part d’entre elles payées au Smic n’auront pas droit à ces 100 euros. C’est scandaleux ! On a interpellé le gouvernement pour que s’ouvre une véritable négociation sur l’augmentation du Smic. Une telle hausse permet en effet de faire évoluer tous les salaires, et pas seulement le plus bas. Et, à la différence de la prime d’activité, qui ne génère aucun droit pour la retraite ni pour la protection sociale en général, le salaire produit des cotisations sociales qui comptent dans la rémunération du travail. Au lieu de cela, le gouvernement considère toujours que le travail est un coût et que le capital doit être épargné. Les cadeaux stupides continuent, comme la défiscalisation des heures supplémentaires. Croit-on que c’est en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi que ça va permettre à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un ?

Le gouvernement a annoncé vouloir maintenir le train de ses réformes. Qu’envisage la CGT comme riposte pour le début de 2019 ?

Philippe Martinez Nous estimons qu’il faut remettre le couvert rapidement, en mobilisant dès le début de l’année sur des questions essentielles comme les salaires et la justice fiscale. Nous sommes à l’initiative pour porter ces revendications avec le maximum d’organisations syndicales de salariés et de jeunesse à l’occasion d’un temps fort après les congés, dans des formes qui restent à définir.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

 

 

 

 

 

 

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Voila un article qui me fait plaisir…

Posté par jacques LAUPIES le 20 décembre 2018

Depuis le début de l’action des gilets jaunes une certaine panique s’est emparée des éditorialistes et patrons de chaines.

D’autant que confrontés au terrain les journalistes reporters de « base » ont été placés devant une réalité  qu’ils se sentaient obligés de traduire

J’ai suivi, en retraité concerné autant par les actions que par l’analyse qui en était faite par nos falsificateurs habituels des rédactions qui pour certains ne savaient plus se vouer à leurs saints.

Même observation dès lors que la reprise en main s’amorce mais fini pour eux les interrogations puisque les réponse patronales et du pouvoir en place les dictent ! Faut vous ressaisir les enfants…

L’article ci dessous pioché dans l’Huma me fait bien plaisir !

Gilets jaunes. Panique médiatique et bouée de sauvetage de la Macronie

Mercredi, 19 Décembre, 2018

Les grands médias ont bien dû bousculer leur agenda et leurs certitudes quand ont surgi les gilets jaunes à travers la France. Mais chassez le naturel libéral, il revient au galop, à grand renfort de mépris de classe.

Le 1er décembre. « Scènes de chaos » en plein Paris. Ses magasins sont pillés, les commerçants hagards, les CRS épuisés. Pour entendre la voix des manifestants, ce soir-là, il a fallu attendre la dix-huitième minute du 20 heures de France 2 et subir les doctes analyses de Nathalie Saint-Cricq sur ces « scènes de radicalisation ». D’un côté, la France des éditorialistes, bien au chaud dans leur fauteuil. De l’autre, le pays réel, celui des gilets jaunes sur les ronds-points, celui qui souffre et se résout à le crier.

Au début, le mouvement a un gros capital sympathie dans les médias. « Il y a eu une espèce de curiosité autour de cette mobilisation issue des réseaux sociaux. Une curiosité qui s’est traduite à la fois par des reportages sur les ronds-points, où on essayait de comprendre qui étaient ces extraterrestres en jaune, et leurs revendications, sachant que, d’habitude, on ne voit pas dans les médias ces classes populaires », analyse Frédéric Lemaire, membre de la rédaction d’Acrimed. Pour lui, « ce fut une forme de malentendu sur les revendications, interprétées comme principalement antifiscales, avec une curiosité mêlée d’une condescendance par les états-majors des grands médias ». La deuxième phase ? « Une forme d’animosité croissante ». Ce que sa complice Pauline Perrenot traduit par « ce qui était paternaliste et condescendant est devenu mépris de classe ». Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT, estime que « dès qu’il y a eu remise en cause sociale, avec des revendications sur l’ISF et le Smic, dès que ça a pété dans les quartiers riches, la peur a changé de camp. Et le propos s’est axé sur les violences ». La conséquence : relais systématique de la communication gouvernementale, injonctions à ne pas manifester, accumulation de sujets sur le coût des dégâts… Le syndicaliste s’agace : « Après l’allocution de Macron (le 10 décembre – NDLR), pas un seul journaliste de plateau n’a relevé qu’il ne s’agissait pas d’une hausse du Smic, mais de la prime d’activité, déjà prévue. C’est de l’enfumage organisé. » Les gilets jaunes ont beau comprendre en temps réel que les mesures annoncées sont de la « poudre de perlimpinpin », les éditorialistes, eux, y voient « un bon coup de barre à gauche » et « un virage social » (Bruno Jeudy), la réussite d’un « discours impossible » dont se « moquent » les gilets jaunes « radicalisés » (Dominique de Montvalon) ou encore « une intervention réussie » après laquelle « s’il y a un acte V, il faudra en expliquer sérieusement la raison » (Jean-Michel Aphatie).

« Nous sommes dans des enjeux de classes ! »

Car, c’est bien connu, le peuple « grogne », mais le peuple n’y connaît rien en économie. Les éditorialistes, eux, si. Pour Frédéric Lemaire, « c’est révélateur d’une double violence, celle des mesures libérales imposées, et celle, plus symbolique, où l’on explique aux gens pourquoi elles seront bonnes pour eux ». Pauline Perrenot abonde : « Nous sommes dans des enjeux de classes. Tout ce que les éditorialistes rabâchent sur la nécessité d’explications s’inscrit là-dedans. C’est ce qui exaspère les gens. Car il n’est pas question de pédagogie : ils revendiquent des mesures sociales qui vont à l’encontre des mesures libérales prônées. » Ce n’est pas nouveau : lors des dernières grosses mobilisations sociales, comme celles contre la loi El Khomri ou la réforme de la SNCF, la petite musique a été la même. « Cela fait vingt ans qu’à chaque grève de la SNCF, on désigne les usagers comme otages des grévistes dans les médias », note, ironique, Vincent Lanier, secrétaire général du SNJ. Frédéric Lemaire insiste : « La présence des gilets jaunes dynamite les plateaux car ils arrivent avec leur vécu, et montrent que tous ces rideaux de fumée qu’on leur avance ne fonctionnent plus. C’est une forme d’irruption, contre le gré des médias, dans un dispositif médiatique fait pour cacher la violence sociale. »

Giesberg parlait déjà de « racket social » lors des grèves de 1995

C’est alors que certains grands médias sortent de leur rôle et se veulent acteurs de la négociation entre le pouvoir et ceux qui ont le mauvais goût de déstabiliser l’ordre établi. Sur BFMTV, dans l’émission de Ruth Elkrief, les habituels chroniqueurs entourent un gilet jaune, seul, qui est bien sûr recadré par ces « sachants », quand il va trop loin dans ses revendications. Parmi ces têtes pensantes, des députés LaREM ou Modem, des responsables de l’Express, l’Opinion, le JDD ou l’indéboulonnable Franz-Olivier Giesberg, qui juge le mouvement comme « un café du commerce national ». Le même parlait de « racket social » en plein mouvement de grève de 1995… Pour Pauline Perrenot, « un des rôles que se sont donnés les médias dans cette mobilisation, c’est la sélection et la promotion de ceux qui auront le droit de s’exprimer. Depuis le début, ils réclament des porte-parole pour pouvoir synthétiser le mouvement et se l’approprier » et cherchent le «“bon client” médiatique, qui se montre modéré ». Du 16 novembre au 17 décembre, dans la première matinale radio de France, celle de France Inter, seul un gilet jaune, tout comme chacun des représentants des oppositions de gauche et syndicales ont eu le droit à leur carton d’invitation. Quand la droite a été interviewée à cinq reprises et le PS, pas ses élus mais ses figures du précédent quinquennat, trois fois. Et la majorité présidentielle ? Dix fois, rien que ça.

Caroline Constant et Audrey Loussouarn
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Classes populaires contre classes possédantes : affûter l’outil pour gagner…

Posté par jacques LAUPIES le 19 décembre 2018

DSC_0981-lycéens en soutien des Gilets jaunes

Ils contestent, parce qu’ils vivent l’injustice, mais après ?

 

Quand j’ai adhéré au PCF j’ai suivi comme la plupart  des nouveaux adhérents ce que l’on appelait « l’école élémentaire » On y enseignait les « rudiments du marxisme-Léninisme » : qu’est ce qu’une classe sociale, qu’est ce que l’économie capitaliste, qu’est ce qui préside au développement des sociétés et fonde l’histoire de l’humanité, comment s’émanciper de l’exploitation de l’homme par l’homme ?

Nous avions des réponses à toutes ces questions essentielles complétées par une interprétation des réalités politiques du moment, depuis l’analyse des contradictions qui traversaient les sociétés et conduisaient à la lutte des classes en discernant les contradictions essentielles : lutte des classes exploitées de chaque pays contre une classe dominante, extension de ce concept à la lutte entre les pays dit « socialistes » à direction ouvrière et les pays impérialistes sous domination des monopoles, enfin cette autre contradiction qui mettait en opposition les pays capitalistes aux pays colonisés ou sous dépendance économique et géopolitique des impérialismes.

Certes on ne faisait pas dans la dentelle et depuis l’histoire nous a appris que ces contradictions essentielles ne pouvaient être résolues à l’avantage des exploités sans être contrariées par des erreurs dans le développement économique  des pays socialistes :  erreurs politiques, erreurs stratégiques, dogmatismes, etc.

Tant et si bien que l’on en est arrivé à sous estimer les besoins de démocratie populaire et sans doute de démocratie participative qui impliquent le besoin de liberté pour exister. 

Cela ne veut pas dire que les jeunes de ma génération autant que ceux de celle qui émergeait en 1968 ne se posaient pas des questions et étaient incapables de procéder à des corrections. D’autant que les débats à l’intérieur du parti communiste, l’influence des intellectuels et des étudiants communistes, la « pénétration » ou plutôt « l’émergence » de militants issus du mouvement syndical remettaient en cause certaines pratiques héritées de la clandestinité et la verticalité du fonctionnement du PCF (victime d’une déformation du « centralisme démocratique)

Cela sans doute n’a pas suffit à nous laisser submerger et à être victime d’une lourdeur dans la prise en compte des réalités et non seulement de celle de notre combat quotidien mais également de sous estimer la puissance de l’adversaire au plan mondial sur le plan économique – déterminant – mais aussi sur le plan idéologique.

Un processus de domination du capitalisme mondial (et sa composante nationale) s’est renforcé et développé, qu’il faut combattre politiquement et c’est sans doute sur ce plan que nous devons le plus réfléchir sans attendre les réactions populaires spontanées (1968 et en quelque sorte l’actuel phénomène des gilets jaunes) qui placent en position de défensive et peinent à faire passer à une offensive avec des perspectives politiques sérieuses et efficaces. Comment ne pas être à la traine et rendre nos solutions (maitrise des pouvoirs économiques et politiques) lisibles et donc prises en compte par les forces populaires ?

On nous parle d’horizontalité, de démocratie directe et participative, soit ! Mais je ne crois pas que la priorité soit là et je pense honnêtement que, sans l’existence d’une organisation rassemblant les couches les plus en prise dans la lutte contre le capital (dans l’entreprise notamment) prenant en compte  l’analyse marxiste et toute l’histoire des luttes révolutionnaires, de telles démarches – telles qu’elles émergent avec les gilets jaunes en France mais pas seulement – conduiront à ce foutoir que connaît actuellement  l’opposition de gauche.

C’est à cette construction que l’on doit penser. Celle  d’un grand parti révolutionnaire de masse et solide idéologiquement. C’est bien d’avoir une faux pour récolter, encore faut il qu’elle soit bien affutée !

 

 

À Paris, jeudi. La CGT exige toujours l’augmentation du Smic à 1	800/euros et, au-delà, une hausse générale des salaires. Thierry Nectoux/Gamma-Rapho<br /><br /><br /><br />

À Paris, jeudi. La CGT exige toujours l’augmentation du Smic à 1 800/euros et, au-delà, une hausse générale des salaires. Thierry Nectoux/Gamma-Rapho
 

Pouvoir d’achat. Macron prive la moitié des salariés au Smic des 100 euros promis

Mardi, 18 Décembre, 2018

Si la hausse de la prime d’activité annoncée par le chef de l’État va bénéficier à davantage de foyers, seuls 55 % des travailleurs payés au salaire minimum en profiteront. Les autres, en majorité des femmes, n’y auront pas droit, du fait des revenus de leur conjoint.

On savait déjà que l’augmentation du Smic de 100 euros annoncée par Emmanuel Macron, lundi 10 décembre à la télévision, n’en serait pas vraiment une. On sait aussi désormais que, contrairement à la promesse initiale, celle-ci ne sera versée dans les faits, à compter du 5 février, qu’à un peu plus de la moitié des travailleurs payés à cette rémunération.

Dans les Échos datés de lundi, Édouard Philippe a achevé de doucher les espoirs d’une bonne part de ceux qui, abonnés au salaire plancher, avaient pris au mot le président de la République. Si la hausse de la prime d’activité, qui a été préférée à une revalorisation du Smic en bonne et due forme, va bénéficier à davantage de foyers qu’auparavant (5 millions, contre 3,8 millions, selon le premier ministre) grâce au relèvement du seuil pour la percevoir jusqu’à 1,5 Smic par salarié (contre 1,2 Smic), seuls 55 % de ceux qui émargent au salaire minimum la recevront. Mieux que les 35 à 45 % qui encaissent la prime actuelle. Mais très loin de la promesse de toucher 100 % des salariés payés au Smic.

Confusion entretenue « entre salaire et lutte contre la pauvreté »

Édouard Philippe met en avant d’autres exemples : « Tous les salariés célibataires sans enfant auront 100 euros de plus jusqu’à 1 560 euros net de revenus. Avec un enfant, une mère célibataire (…) pourra percevoir la prime jusqu’à 2 000 euros de salaire. Un couple (avec) deux enfants, dont l’un gagne le Smic et l’autre 1 750 euros, verra ses revenus augmenter de 200 euros. » Il n’empêche que près de la moitié (45 %) des smicards devront s’en passer, au nom des revenus que gagne leur conjoint. « La hausse de la prime d’activité devait intervenir en janvier, elle interviendra en février. Elle devait concerner tous les smicards, elle n’en concernera plus qu’un sur deux… Quand le gouvernement parle de loi sur les fake news (fausses nouvelles – NDLR), la plus grosse des fake news vient de l’Élysée », grince le porte-parole du PCF et tête de liste communiste pour les élections européennes, Ian Brossat.

Boris Plazzi, dirigeant confédéral de la CGT en charge de la question des salaires, a fait les comptes : « Cela signifie qu’environ un million de travailleurs, et en particulier de travailleuses, ne toucheront pas ce que le président de la République leur avait pourtant promis. » Les femmes, qui perçoivent une rémunération en moyenne inférieure de 24 % aux hommes et représentent 58 % des deux millions de personnes payées au Smic, sont en effet mathématiquement désignées pour être les victimes de l’arbitrage gouvernemental en faveur d’une hausse de la prime d’activité, une aide sociale calculée selon les revenus du foyer et non le salaire perçu par la ou le bénéficiaire. « Le fait que davantage de foyers touchent la prime d’activité ne peut aucunement compenser l’injustice faite à ces travailleuses et travailleurs au Smic », dénonce Boris Plazzi.

Pourtant, Édouard Philippe avait promis textuellement tout autre chose à l’Assemblée nationale, mardi dernier. « Nous voulons que l’ensemble de ceux qui sont rémunérés au Smic bénéficient d’une augmentation substantielle de 100 euros, comme l’a dit le président de la République », avait-il affirmé devant les députés. Pour justifier son revirement, le chef du gouvernement s’est livré à une sidérante réflexion dans les Échos : « Cela peut paraître étonnant, mais 1,2 million de salariés payés autour du Smic (c’est-à-dire la majorité d’entre eux – NDLR) se trouvent dans les 30 % des foyers les plus aisés. (…) Prendre en compte l’ensemble des revenus ne me paraît pas scandaleux. C’est même un sujet de justice sociale. » CQFD. Cette confusion entretenue « entre salaire et lutte contre la pauvreté » est la rançon de « la volonté de décrocher le Smic de la notion de rémunération de la force de travail, décrypte Michel Husson, membre des Économistes atterrés. Cela de manière à justifier à tout prix que le patronat ne paye pas. Mais s’il faut ‘‘que le travail paie’’, comme l’a reconnu lui-même Édouard Philippe, cela passe par des hausses de salaire et non par des compléments bricolés ».

Pour Boris Plazzi, le détail des mesures exposé par Édouard Philippe dévoile « l’escroquerie en bande organisée à laquelle on assiste sur une prétendue augmentation du Smic ». D’autant que, à « l’arnaque sur les bénéficiaires de la prime d’activité », s’ajoute l’annonce, confirmée lundi aux syndicats, que le salaire minimum « ne sera revalorisé que de 1,5 % au 1er janvier, c’est-à-dire moins que la prévision avancée par le gouvernement », s’insurge le responsable de la CGT.

Mardi, devant les députés, la ministre du Travail avait été formelle : « Quant au Smic, il sera bien revalorisé d’environ 1,8 % à la rentrée. (…) Il s’élèvera à 1 210 euros » net. Muriel Pénicaud allant jusqu’à parler de « plus forte augmentation depuis treize ans » en l’absence de tout coup de pouce, la forte inflation expliquant ce niveau de revalorisation annuelle. Lundi matin, sur RTL, la ministre a fait machine arrière, évoquant « un Smic finalement à 1 204 euros », à cause d’« une inflation plus basse que prévu ». « Ça fait à peine une vingtaine d’euros par mois », calcule Boris Plazzi, très loin des 300 euros au minimum réclamés par la CGT. « Il aurait été bien plus efficace, lisible, d’augmenter tout de suite le Smic, plutôt que la prime d’activité, argumente le syndicaliste. Car cette prime versée par l’État ne va rien changer au bas des grilles de salaires dans les branches, les entreprises et l’administration. »

Sébastien Crépel avec Julia Hamlaoui

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Les cucul la praline s’essouflent sur les plateaux de télé, Castaner menace et Philippe mijote une diversion…

Posté par jacques LAUPIES le 18 décembre 2018

Le ridicule s’installe sur les plateaux de télévision.

Peut-être que tout le monde ne s’en rend pas compte. Effectivement j’entends un gilets jaune dire : « le gouvernement ne comprend pas ». D’autres se lancent dans la revendication « le référendum d’initiative citoyenne » qui deviendrait la médecine de choc. Même Mélenchon s’empare de l’affaire. Reconnaissons lui le mérite de nous en avoir déja parlé dans un passé récent. Les communistes ont eux aussi dans leur escarcelle une  proposition de cette nature. Ils ne sont donc pas pris de court.

Par contre La REM  a un peu la trouille d’instituer un tel système qui, chacun le comprend, provoquerait des dégâts pour le pouvoir en place, selon évidemment l’usage qu’en feraient les majorités ou les oppositions  !

Les RN quant à eux font feu de tous les bois qui pourraient les porter au pouvoir d’autant que les sondages en font le premier parti de France. Quant à la droite « classique » un tantinet affaiblie elle ne parait pas passionnée par cette mesure qui n’est guère dans la tradition de sa pratique politique puisque  pratiquante assidue d de la démocratie représentative qui lui permet de couillonner son électorat.

Marquant une halte au rond point de Bellegarde pour échanger avec une équipe de gilets jaune, l’un d’eux me propose de signer la pétition sur le RIC, je ne refuse pas car sans entrer dans le détail, sur la forme d’une telle institution, sur le fond elle m’intéresse mais je fais remarquer au gilet jaune qui se félicite que j’ai mis le mien sous le pare brise, que j’aurais voulu voir aussi la revendication d’un SMIC à 1800 € brut, la suppression de l’augmentation de la CSG dont je ne serai pas épargné, l’augmentation des pensions, retraites et minima sociaux et le rétablissement de l’SF appuyée par la lutte contre les fraudes et exonérations patronales.

Le Jeune homme s’excuse de cela et me remercie chaleureusement mais je ne peux  m’empêcher de lui lancer : « Bon courage, mais bats toi d’abord pour des revendications concrètes de nature à améliorer ta situation et tes revenus car le RIC est une porte de sortie  dont le pouvoir risque bien de se servir en soupape pour ne pas céder sur l’essentiel »

Et j’ajoute : « Dis à tes copains  de penser à rechercher des soutiens y compris celui des travailleurs dans les entreprises en consultant et sollicitant les organisations syndicales »  Ma voisine  à qui j’ai raconté cela m’a reproché de jouer les donneurs de leçon, selon mon habitude.

J’assume et me risque à passer pour un vieux con mais bon sang comme je l’indiquais hier il n’y a pas mille façon de contrer la répression que mijote le ministre de l’intérieur (son « ça suffit » en dit long) et la diversion préparée par le Premier ministre, c’est poursuivre et amplifier l’action et appeler au soutien unitaire sur les bases évoquées ci-dessus !

 

Dans les rangs des «	gilets jaunes», la revendication d’un référendum d’initiative citoyenne gagne du terrain. Clément Mahoudeau/AFP<br /><br /><br />

Dans les rangs des « gilets jaunes», la revendication d’un référendum d’initiative citoyenne gagne du terrain. Clément Mahoudeau/AFP

Démocratie. Le référendum d’initiative citoyenne bientôt à l’agenda ?

Mardi, 18 Décembre, 2018

Le premier ministre dit étudier la mise en place de cet outil de démocratie directe revendiqué par de nombreux gilets jaunes. Une éventualité balayée par la République en marche lors des discussions portant sur la réforme de la Constitution, il y a moins de six mois.

Le référendum d’initiative citoyenne ? « C’est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France », a déclaré hier le premier ministre dans les colonnes des Échos. C’est bizarrement dans un quotidien économique qu’Édouard Philippe s’est montré enclin à étudier cette revendication démocratique, portée par de très nombreux gilets jaunes. Après avoir toutefois prévenu : « Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet, ni dans n’importe quelles conditions. »

Mais qu’est-ce donc que ce « RIC », brandi à nouveau par des gilets jaunes, samedi, sur les marches de l’opéra Garnier ? Avec cette innovation, les citoyens pourraient proposer directement une loi ou en annuler une autre, modifier la Constitution ou encore destituer un élu, par référendum, s’ils rassemblent au préalable le soutien d’un nombre minimal d’électeurs, dont le seuil serait établi par la loi. Le RIC a été mis en avant par des pionniers du mouvement, Maxime Nicolle et Priscillia Ludosky, la semaine dernière, devant la salle du Jeu de paume. Ce serait « le vrai droit de vote » qui permettrait d’en finir avec l’élection de « politiciens qui trahissent leurs promesses une fois élus sans que nous ne puissions rien faire », pouvait-on lire sur un tract diffusé lors de l’acte III et signé par un groupe Facebook baptisé « Initiatives citoyennes ». Youtubeurs, association Article 3, « Gentils virus » proches d’Étienne Chouard… ils sont nombreux, sur le Net, à militer pour une « vraie démocratie » et un processus constituant qui serait, selon eux, la mère de toutes les batailles.

« Instaurer le référendum d’initiative citoyenne » figure aussi dans l’Avenir en commun, programme de la France insoumise. Son groupe parlementaire vient d’annoncer le dépôt d’une proposition de loi sur ce sujet, examinée le 21 février prochain. Les communistes ont, quant à eux, défendu un référendum d’initiative populaire déclenché par la signature de 500 000 électeurs dans le cadre de la discussion parlementaire sur la réforme constitutionnelle, au mois de juin.

Une façon d’esquiver la colère liée aux derniers arbitrages sur le Smic

Cet amendement, comme ceux déposés par la France insoumise, a été systématiquement balayé par la République en marche en commission des Lois. Même sort réservé aux propositions destinées à améliorer le « référendum d’initiative partagée ». Ce dispositif, en vigueur dans notre pays depuis la réforme constitutionnelle de 2008, permet de soumettre au peuple une proposition de loi soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit 4,5 millions de Français, et 185 parlementaires. Mais cet instrument, en dix ans d’existence, n’a jamais été activé en raison de conditions drastiques. Cela va-t-il changer désormais ? Ou le premier ministre a-t-il seulement lancé un ballon d’essai ? Sa déclaration bienveillante sur le RIC intervient le jour où il annonce, dans ce même entretien, que la hausse du Smic ne concernera qu’un smicard sur deux. Enfourcher la question démocratique pourrait donc constituer une façon d’esquiver les revendications sociales et la colère liée aux derniers arbitrages. En tout cas, Stanislas Guerini, nouveau délégué général de la République en marche, est catégorique : « Moi, je crois à la démocratie représentative ! » a-t-il martelé hier sur BFMTV. « Je ne veux pas que, demain, on puisse se réveiller avec la peine de mort dans notre pays car on aura eu un référendum d’initiative citoyenne » ou, « parce que Laurent Wauquiez se sera réveillé un jour en disant : “Tiens, si on faisait la castration chimique pour les délinquants sexuels ?” (…) le lendemain, on a un référendum d’initiative citoyenne et c’est effectif dans notre pays ». Une façon de caricaturer le débat pour mieux l’évacuer.

Pierre Duquesne

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