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Transition écologique

Posté par jacques LAUPIES le 26 décembre 2018

 

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Transition énergétique : il faut arrêter le gaspillage ! Déclaration de « Sauvons le climat »

Posté par jacques LAUPIES le 25 décembre 2018

 

 

Dimanche 23 décembre 2018, par  auteurs à lire , popularité : 62%
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Le PCF doit contribuer au débat nécessaire pour sortir des impasses dans lesquelles l’accord politicien entre le PS et les verts a placé la gauche et les forces progressistes. Il faut dénoncer avec force la loi de transition énergétique et ses objectifs dont le premier est d’accompagner la marchandisation de l’énergie et la fin du service public, et dont le discours sur les énergies renouvelables électriques est un contresens en France.

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Un nombre important de nos concitoyens vient d’exprimer son inquiétude face à l’insuffisance des actions menées en France pour la protection du climat, dans une récente pétition initiée par plusieurs ONG. En effet, bien que très bon élève parmi les pays développés pour le niveau de ses émissions de CO2, la France a pris un retard important dans leur réduction vis-à-vis des engagements pris lors de la COP21.

Elle a pris ce retard parce qu’elle a concentré ses efforts sur l’électricité, en particulier le remplacement du nucléaire par les renouvelables électriques intermittentes (éolien et photovoltaïque). Or l’électricité en France ne cause que très peu d’émissions de gaz à effet de serre, car le nucléaire et l’hydroélectricité n’en produisent pas. Multiplier les éoliennes et les panneaux photovoltaïques en France ne peut donc pas servir à faire baisser significativement les émissions de CO2. Les lobbies défenseurs de cette politique visent surtout la suppression du nucléaire sans trop se soucier du climat. De plus ils clament partout que l’éolien et le photovoltaïque sont compétitifs : ils n’ont donc plus besoin de subventions !

Il est plus que temps d’arrêter ce gaspillage.

En effet, au nom de la défense du climat (!), et sous la pression des mêmes qui aujourd’hui font mine de s’étonner du manque de résultats, les gouvernements ont déjà, pour le soutien aux seules énergies renouvelables électriques (via la CSPE facturée aux consommateurs) :
- organisé le prélèvement de 38 milliards d’euros, cumulés de 2003 à 2019 [1]
- auquel s’ajoutent les engagements pris, pour plus de 108 milliards sur les années suivantes [2],

lesquelles sommes servent essentiellement [3] (à 84 %) à financer les producteurs éoliens et solaires [4].

Soit une ponction totale sur les consommateurs de plus de 170 milliards d’euros, car majorée de 20 % de… TVA, et qui ne tient pas compte des souhaits présidentiels de tripler l’éolien et quintupler le solaire !

Et la nouvelle taxe sur le carburant (CCE) a été créée principalement pour pouvoir continuer de financer le coût croissant de ces solutions inefficaces (inefficaces, sauf pour les financiers et les promoteurs !).

Pour faire baisser les émissions, il aurait fallu favoriser réellement auprès des français le remplacement des combustibles fossiles pour le chauffage et pour les transports par des énergies non émettrices (renouvelables thermiques, électricité, biocarburants…). C’est là que sont nos émissions, et que devraient aller les aides.

Il était clair (et nous l’avions dit) que la direction prise n’est pas la bonne, et les résultats le prouvent. Accélérer dans la mauvaise direction nous coûterait très cher et ne pourrait que nous conduire plus vite dans le mur, et ceux qui mentent aux Français sur les objectifs réels de leur politique (sortir du nucléaire, peu importent le coût et les conséquences climatiques) auront des comptes à rendre.

Qu’on arrête de subventionner l’éolien et le photovoltaïque !

Qu’on réoriente massivement les aides vers le changement de chauffage, l’isolation des logements et l’achat de véhicules propres !

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Du Senat à l’assemblée nationale, le gilets jaunes ont des soutiens de poids

Posté par jacques LAUPIES le 25 décembre 2018

 

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Les plus fortunés encore cajolés en 2019

Posté par jacques LAUPIES le 24 décembre 2018

 

Loi de finances pour 2019 (explication de vote) -

Par / 11 décembre 2018

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, SMIC, 1 498,47 euros bruts mensuels, soit 1 188 euros nets ; RSA, 550,93 euros pour une personne seule sans enfant et 1 157 euros pour un couple avec deux enfants ; minimum vieillesse, 634,66 euros ; pension de retraite moyenne des femmes, 1 091 euros bruts, inférieure de 42 % à celle des hommes.
Voilà la réalité ! Voilà la vie réelle de millions de nos concitoyens, qui attendaient des réponses claires du chef de l’État à leur exigence de vivre mieux, d’être respectés dans leur dignité.

Tout en maintenant son cap, le Président de la République, encensé précédemment pour sa vision avant-gardiste de la politique, a rencontré l’humilité et reconnu, enfin, le légitime élan populaire citoyen qui souffle actuellement sur notre pays.

D’un côté, on l’a encore vu tout à l’heure, on assiste à une opération de communication, avec la hausse de 100 euros de la prime d’activité, financée par les contribuables et qui n’a rien à voir avec une revalorisation du SMIC.
De l’autre, on enregistre un recul concernant la hausse de la CSG pour les plus petites retraites, pourtant refusé par le Gouvernement pendant l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Pour le reste, rien qui n’effraiera les marchés financiers ou le grand patronat, exonéré de toute augmentation des salaires. Cela approfondira, soyez-en certains, la défiance populaire à l’égard des politiques gouvernementales.
Qu’on en juge : pas de hausse du SMIC, gel du point d’indice des fonctionnaires, gel de l’allocation adulte handicapé jusqu’au 1er avril 2020. Quid de la diminution du budget des collectivités territoriales de 13 milliards d’euros d’ici à 2022 ?

Et toujours, de l’autre côté, des fortunés cajolés par la suppression de l’ISF, des évadés fiscaux protégés, des actionnaires libres de ponctionner les richesses produites par les salariés au détriment de leurs salaires. C’est ce que contient la loi de finances, reflet de la prise en compte, comme nous pouvons le voir, de la défense du pouvoir d’achat et de la juste rémunération du travail !
Mais le gel n’est pas tout sans quelques hausses, à l’image de celle des primes d’assurance et de toute la fiscalité indirecte, insidieuse et prétendument indolore, qui fait aujourd’hui se soulever une majorité de l’opinion.
Je ne reviens pas ici sur le fait que le Sénat a fini par arracher le gel des taxes sur les carburants, après avoir voté toutes les hausses antérieures.
Le jeu de la commission mixte paritaire permettra au Gouvernement de revenir sur quelques mesures votées ici, donnant au texte final de la loi de finances sa pleine dimension ultralibérale.

Les mesures annoncées hier dans l’allocution enregistrée du Président de la République ne changeront pas la donne, puisque la facture sera soldée par encore plus de droits indirects et de TVA et encore moins de services publics !
La politique du « fort avec les faibles, faible avec les forts », qui anime aujourd’hui un pouvoir désavoué, cacophonique cet après-midi, et ce jusqu’au plus haut niveau, vient de montrer ses limites, à moins que la droite, dont une partie est déjà dans ce gouvernement (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.), ne vienne à son secours.

Depuis le printemps 2017 et l’élection par défaut d’Emmanuel Macron et de sa majorité, si une forme de contrat a bien été passée, c’est directement avec la finance, avec les affairistes, pour mener une politique conforme à leurs intérêts égoïstes, bien loin de l’intérêt commun.

Y figuraient en bonne place la réforme du code du travail par ordonnances, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’instauration de la flat tax sur les revenus du capital et du patrimoine, le nouvel allégement des droits de mutation et de succession, le démantèlement des services publics, de la SNCF et du secteur hospitalier, l’étatisation de la formation continue, la mise en cause du droit aux études des bacheliers. Et j’en passe !

Ce contrat, prétendument moderne date en réalité du XVIIIe siècle : « L’accumulation de richesse à un pôle égale l’accumulation de pauvreté […] au pôle opposé ».

Cette République du contrat avec la finance ne peut qu’engendrer des dommages collatéraux : chômage de masse, précarité du travail renforcée, tensions urbaines, désespoir rural, casse des services publics de proximité et stagnation des salaires.

Pour que certains gagnent, il faut que d’autres perdent, et ce sont les plus nombreux.

D’une colère très juste surgit une balbutiante espérance, jusqu’ici contrariée par les prétentions de la finance. L’Europe n’est pas capable d’agir comme il convient, en témoigne l’échec de la négociation sur la taxation des fameux GAFA. Nous ne savons pas mettre à contribution en France, puisqu’il suffit que la Fédération bancaire française fronce un sourcil pour que le Gouvernement s’exécute.

Pourtant, avec des milliards d’euros de frais bancaires extorqués aux entreprises comme aux particuliers, avec les 2 600 milliards d’euros que la Banque centrale européenne a répandus ces dernières années dans les circuits économiques, les banques pourraient faire mieux !

Que dire des dividendes des titres cotés au CAC 40 ? Pour l’année 2017, ils se sont élevés à 46,8 milliards d’euros, ce qui semble laisser quelque marge, monsieur le ministre, pour augmenter les salaires.

S’il s’agit de tracer les voies d’un nouveau contrat social en France, alors coup de barre à gauche, à la justice sociale et à l’égalité dans la société, et vite !
Nous avons porté, dans le cadre de la discussion de ce projet de loi de finances, avec nos moyens et notre détermination, 163 amendements ; 20 ont été adoptés.

« Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins. » Il est temps de mettre de la démocratie dans cette société, où les droits sont mis en cause : démocratie dans les institutions, dans la cité, dans les entreprises, au sein de la sécurité sociale. Démocratie partout !
C’est bien ce tournant démocratique qui surgit sous nos yeux, celui d’un peuple qui ne veut plus en rabattre sur ses aspirations au nom d’une prétendue « fin de l’Histoire » avec le capitalisme financiarisé à outrance. Oui, tout le monde veut gouverner : les citoyens, les élus locaux, les parlementaires et même la jeunesse ! Et alors ?

Enfin, je veux remercier tous les personnels du Sénat, sans exception, de leur précieux concours aux travaux de ce projet de loi de finances, que notre groupe va évidemment rejeter, sur le fond comme sur la forme.

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Que puis je faire pour soutenir les gilets jaunes ? Nous sommes tous concernés car ils posent la question de l’augmentation du pouvoir d’achat, donnent plus de force à ceux qui, depuis des décades, demandent des augmentations de salaires, des retraites, une meilleure répartition des richesses. Nous communistes avons toujours défendu la relance de la demande qui seule peut permettre la relance économique ! Ce combat est le nôtre !

Posté par jacques LAUPIES le 23 décembre 2018

 

Ce mouvement qui change la France

Jeudi, 20 Décembre, 2018

Des semaines de mouvement des gilets jaunes autour des ronds-points et dans les rues ont changé le pays en profondeur. C’est toute une partie de la France populaire qui a pris la parole sur les questions sociales et démocratiques, et compris sa légitimité à le faire. Un tournant ?

S’il serait bien hasardeux de lire d’ores et déjà les suites et toutes les conséquences de ces mois de novembre et décembre 2018, il semble pourtant acquis que rien ne sera plus tout à fait comme avant. Le mouvement social dont la couleur dominante est le jaune joue l’effet d’un révélateur des maux et espoirs des Français souvent enfouis. Depuis le 17 novembre, ce sont trente ans de libéralisme et quinze ans de mépris vis-à-vis du mouvement social qui éclatent.

« Ce mouvement est à la fois une surprise sur la forme et une confirmation sur le fond : cette colère, nous la ressentons depuis longtemps dans le pays », affirme ainsi Pierre Dharréville, député communiste des Bouches-du-Rhône. Une colère qui n’avait jusqu’alors pas trouvé les moyens de son expression. « Ce sont des gens qu’on ne voit pas d’habitude qui se font voir », analyse Alexis Corbière, député insoumis de Seine-Saint-Denis, qui arbore lui-même un gilet jaune chaque samedi de manifestation. Ils sont ouvriers, employés, issus des classes moyennes en proie au déclassement et ont pris la parole. « Les ronds-points sont un peu les conseils (soviets en russe) du XXIe siècle » selon Céline Malaisé (PCF), présidente du groupe Front de gauche au conseil régional d’Île-de-France. Une parole populaire oubliée qui a émergé et qu’il sera désormais difficile d’étouffer. « On voit bien que c’est une soif de justice sociale et fiscale qui s’exprime », témoigne Pierre Dharréville, qui rend régulièrement visite aux gilets jaunes sur les ronds-points de sa circonscription.

Que puis je faire pour soutenir les gilets jaunes ? Nous sommes tous concernés car ils posent la question de l'augmentation du pouvoir d'achat, donnent plus de force à ceux qui, depuis des décades, demandent des augmentations de salaires, des retraites, une meilleure  répartition des richesses. Nous communistes avons toujours défendu la relance de la demande qui seule peut permettre la relance économique ! Ce combat est le nôtre ! dans POLITIQUE gilets_jaunes_ouverture_hd1

Smic, salaires, retraites… c’est la question sociale qui est de retour en force, quand tout était fait pour la gommer. Pour 49 % des Français, le pouvoir d’achat est la principale préoccupation, en progression de 17 points en un an ! 30 % d’entre eux placent également l’emploi et les inégalités sociales parmi leurs principales préoccupations (1). Par ailleurs, 70 % des Français – 78 % parmi les classes populaires – se disent « favorables à un rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) » (2). La question est si brûlante que, même si ses annonces sont loin de combler l‘attente, « Macron a été obligé de parler social pour la première fois de son quinquennat », note Nicolas Cossange, secrétaire départemental du PCF dans l’Hérault. « Tout le monde voit bien désormais que le gouvernement mène une politique de classe. Cette question a réémergé », note également Pierre Dharréville, et cela aura des conséquences.

La question sociale et la digue des 3 %

Le mouvement pourrait aussi avoir des suites dans les entreprises et redonner de la vigueur aux luttes salariales voire aux conflits plus durs. Le président ayant exonéré le patronat de financer les mesures d’augmentation du pouvoir d’achat annoncées, le secrétaire général de la CGT, Philipe Martinez, a appelé à ­intensifier le conflit dans les entreprises : « Il faut aller taper les très grands patrons en faisant grève dans les entreprises », a-t-il déclaré. Au PCF, on appelle également à obliger le patronat à passer à la caisse. « Nous appelons tous les salariés à obliger le patronat à ouvrir des négociations sur les salaires dans le maximum d’entreprises », a exhorté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, présentant la campagne que les communistes lancent pour le pouvoir d’achat.

La question sociale a donc fait irruption dans le quinquennat Macron et, malgré les 10 milliards prétendument consacrés à y répondre, elle devrait rester comme un fil rouge du quinquennat. Les gilets jaunes ont fait tomber la digue des 3 % des déficits autorisés par l’Union européenne, jusqu’alors systématiquement opposée aux revendications et exigeant des dépenses publiques supplémentaires. Une brèche dont pourraient bénéficier les autres mouvements déclenchés ces dernières semaines en plus du jaune des gilets : robes noires des avocats, blouses blanches des hospitaliers ou cortèges lycéens bigarrés.

Indélébile

La seconde trace indélébile qu’est en train de tracer le mouvement actuel est une empreinte démocratique. Tout dans le mouvement des gilets jaunes transpire le ras-le-bol des institutions actuelles. Loin des revendications initiales sur l’essence et le pouvoir d’achat, ont émergé assez rapidement sur toutes les plateformes revendicatives les exigences démocratiques des manifestants : vote blanc, consultations populaires régulières, création d’une « assemblée citoyenne », ou même suppression du Sénat, les propositions ne manquent pas. Cette exigence démocratique se cristallise autour de la proposition de référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui, pour imparfait qu’il soit, témoigne de la volonté d’en finir avec la toute-puissance élyséenne et d’un peuple qui veut pouvoir décider de son avenir.

Mieux, ces semaines de sociabilité, d’échanges et de débats ont « permis une repolitisation, de voir qu’il y a des choix différents », témoigne Pierre Dharréville. Pour certains gilets jaunes, le mouvement agit comme un révélateur qui casse l’idéologie dominante faisant de l’individu le responsable de sa situation (lire page 12). La légitimité a changé de camp, celle du pouvoir est contestée, le système est mis en cause, une brèche idéologique décisive s’est ouverte. Et l’appel présidentiel à un débat national pendant trois mois, qui reçoit assez peu d’écho, ne suffira pas à détourner le fond de la contestation ­démocratique.

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« Le fond du sujet, les institutions »

« Ce mouvement est un appel, un appel à refonder profondément notre République », constate Pierre Dharréville, auteur d’un ouvrage sur de nouvelles institutions démocratiques (3). L’exigence sociale et démocratique est la confirmation que l’élection de Macron, qui se présentait comme un homme neuf en dehors du système politique, n’a rien réglé. Les « Macron, démission ! », « Allons le chercher ! », etc., ont fleuri sur les ronds-points. « La haine du président est un objet politique à analyser », constate Alexis Corbière. La Ve République a permis au président Macron de faire élire 350 députés à sa main, socialement encore plus déconnectés du peuple que lors de la précédente mandature. Nouvelle preuve en est l’analyse de Gilles Le Gendre, le président des députés LaREM, le 17 décembre, pour expliquer la crise des gilets jaunes : il regrette « d’avoir probablement été trop intelligent, trop subtil, trop technique dans les mesures de pouvoir d’achat » (sic). Pas vraiment de nature à rapprocher du peuple la majorité présidentielle. « Le fond du sujet, ce sont les institutions : comment faire que les élus soient à l’image du peuple, comment contrôler les élus ? » demande tout haut Alexis Corbière, qui plaide pour une VIe République.

Les gilets ouvrent en effet à nouveau le débat sur une nouvelle République dans laquelle les rôles des organisations seraient sans doute repensés. « On veut faire sans les syndicats et les partis politiques ? On voit où cela mène ! » s’emporte Fabien Roussel, en référence à la surdité des gouvernements successifs aux mouvements sociaux comme à l’opposition politique. Reste que le mouvement exprime une certaine défiance envers les organisations, accusées principalement de gérer des intérêts particuliers et incapables de fonctionnement démocratique. « Bien sûr que, lorsqu’on voit un mouvement émerger comme ça, avec le contenu que nous défendons depuis toujours, comme si ce n’était pas le cas, cela nous interroge », acquiesce Pierre Dharréville.

La France insoumise, qui tente d’adapter son organisation à de nouvelles demandes politiques, se trouve elle aussi en difficulté pour incarner le mouvement. « Ça nous pose des questions, mais cela valide qu’aucun parti n’aura jamais autant de force qu’un peuple mobilisé, et donc cela valide notre vocation à être un moteur de mobilisation populaire. » Le défi est d’autant plus important à gauche que, pour l’heure, le mouvement n’a pas inversé une courbe de sondages favorables à l’extrême droite ­depuis plusieurs mois.

Les mêmes questions sont posées aux syndicats de salariés. Dans un appel publié par « Libération », le 13 décembre, des militants cégétistes enjoignaient leur syndicat à converger avec les gilets jaunes : « Ce sont en grande partie ceux que nous n’arrivons pas à organiser dans nos syndicats, à entraîner dans nos luttes habituelles et autour de nos mots d’ordre traditionnels, et cela doit nous interroger », écrivent-ils. Après un temps de rejet, puis d’hésitation et de débats internes, la Confédération a peu à peu appelé à la convergence. Reste à construire, sur le long terme, l’attractivité des syndicats sur cette partie de la population souvent silencieuse et aujourd’hui rassemblée sur les ronds-points. L’idée que les gilets jaunes ont réussi à arracher des avancées là où les syndicats échouent depuis des années va sans doute ouvrir de nouveaux débats. Le rôle de la violence, de part et d’autre, peut aussi impacter les futurs mouvements…

Les prochaines mobilisations face aux prochaines réformes macroniennes en donneront une idée. Si elles ont lieu. Alors que la presse étrangère ne tarissait pas d’éloges sur le nouveau monarque français lors de son élection, « Courrier international », qui s’en fait l’écho, titrait début décembre : « Macron est-il fini ? » La question, farfelue il y a encore six mois, est aujourd’hui pertinente. Pour 75 % des Français, la politique économique menée actuellement est mauvaise. Soit une progression de 8 points par rapport à septembre, mais surtout de 25 points par rapport à décembre 2016 ! Depuis le début du conflit, la popularité d’Emmanuel Macron recule de 6 points, pour s’établir à 20 % en décembre, soit le plus bas niveau depuis le début de son quinquennat (4). Alors que 39 % des ouvriers avaient une bonne opinion du chef de l’État au lendemain de son élection, ils ne sont plus que… 5 %. Peut-être encore plus inquiétant pour le président des riches : chez les cadres, il passe de 61 % à 35 % et chez les très légitimistes retraités, de 53 à 19 % ! Dans ces conditions, comment réformer les retraites ou l’assurance-chômage et même la Constitution, comme l’a prévu l’Élysée ?

« Fort potentiel de résistance »

« Le mouvement peut permettre de ralentir le rouleau compresseur contre le modèle social français », estime Céline Malaisé. Un avis partagé par Pierre Dharréville : « Le gouvernement est affaibli, il n’a pas de majorité populaire pour mener ses réformes. » Pour Alexis Corbière, les mouvements actuels montrent que « le potentiel de résistance est beaucoup plus fort que ce que Macron pensait ». À l’Élysée, on reste prudent sur le calendrier des réformes à venir, comme un aveu d’une situation politique nouvelle, inattendue. Pour Fabien Roussel, une chose est sûre : « Si Macron croit qu’il a éteint l’incendie et qu’il suffit de laisser passer les fêtes, il se trompe lourdement. »

(1) Sondage BVA du 23 novembre.

(2) Sondage Ifop pour « l’Humanité » du 10 décembre.

(3) « Un printemps pour la République ». Éditions de l’Atelier, 2016.

(4) Ipsos, décembre 2018.

cédric clérin

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