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Congrès du PCF – Ivry du 23 au 25 novembre : « Porter un projet communiste »

Posté par jacques LAUPIES le 2 novembre 2018

 

 

Le chapitre 3-3 de la nouvelle base commune « Le communisme de notre temps  : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte » exprime  en définitive le fondement programmatique  du PCF. Nous la reproduisons ci dessous, en marquant en particulier le paragraphe 34 sur les moyens financiers. Un projet communiste ne peut en effet se concevoir sans la maitrise de l’argent.

C’est sans doute la ce qui nous différencie sur l’essentiel des partenariats possibles avec d’autres partis de gauche, d’ou l’intérêt de développer dans les différentes catégories de salariés mais aussi en direction de certaines couches moyennes dont  la classe dominante des grands capitalistes se fait encore des alliés.

EXTRAIT DE LA BASE COMMUNE

3. Porter un projet communiste

Travail, emploi, salaires (marché du travail), services publics et développement humain, rôle de l’entreprise et de la production, pouvoirs, institutions politiques, finance et mondialisation tels sont les chantiers du communisme que nous devons investir immédiatement. Un projet communiste doit comporter des axes de transformation sur tous ces chantiers. Sans constituer un programme, ceux-ci doivent être cohérents pour une transformation effective. Sa configuration doit se modifier au rythme de l’expérience acquise par les luttes pratiques, comme au rythme de l’avancée des connaissances. Il s’agit, au total, d’avancer en pratique en rassemblant largement, malgré les conflits inévitables, les contradictions, les compromis et les incertitudes dans une construction qui puisse changer réellement la société.

Des objectifs sociaux transformateurs

L’emploi au cœur de la transformation sociale : notre proposition de sécurité d’emploi et de formation  :

Cela s’inscrit dans l’avancée vers un système de sécurité d’emploi ou de formation permettant à chacun.e de conjuguer mobilité choisie et sécurité accrue de ses revenus et de ses droits. Ce système, pleinement réalisé permettrait de supprimer le chômage, de révolutionner le contenu du travail, de dépasser l’opposition travail-hors-travail, tout en répondant au besoin de souplesse, de progrès et d’adaptabilité de la production moderne. Progresser dans sa construction est inséparable de la défense et de la promotion d’une protection sociale efficace parce que financée à partir des richesses créées dans les entreprises. Des éléments essentiels d’avancées immédiates vers ce projet ont déjà fait l’objet d’une proposition de loi des députés communistes.

Une nouvelle expansion des services et du secteur publics :

Les services publics doivent être une pierre d’angle angulaire de la construction d’une nouvelle citoyenneté. Il s’agit de contester la domination de l’Union européenne par le marché et la concurrence aveugle, pour promouvoir un système de coopération où les services publics rénovés et de nouvelles entreprises publiques joueraient un rôle décisif d’entraînement.

Il est indispensable de promouvoir des entreprises publiques dans les secteurs de la production et des services, visant la réponse efficace aux besoins populaires et la sécurisation de l’emploi et de la formation. Cela implique une transformation profonde des gestions avec de nouveaux critères, une barrière efficace à l’entrée des capitaux privés, des financements émancipés des marchés financiers, des pouvoirs d’intervention des salariés et de concertation avec les usagers, des coopérations très nombreuses et intimes en France, en Europe, dans le monde.

Des pouvoirs nouveaux :

La conquête d’une démocratie participative et d’intervention :

Elle suppose la création de nouveaux pouvoirs, un essor considérable des libertés et la conquête d’une égalité effective, en faisant en sorte que chacun dispose des moyens nécessaire à son accomplissement. Le rôle des salariés dans l’entreprise et des populations concernées doit prédominer, au lieu du monopole du capital et de ses représentants. Cet enjeu est au cœur de la lutte de classes d’aujourd’hui. Il s’agit de transformer les gestions d’entreprises pour leur faire assumer un but d’efficacité sociale, territoriale et écologique. Il faut aussi de nouvelles institutions pour une nouvelle République allant de pair avec une nouvelle construction européenne.

Des moyens financiers :

Emanciper société et économie des marchés financiers

L’argent et la monnaie sont l’instrument majeur de la domination du capital sur l’économie et la société. Un projet communiste doit promouvoir par la lutte un tout autre système de financement. Les marchés financiers, les grands actionnaires et le grand patronat imposent une logique de financement et de gestion qui soumet les entreprises à la domination du capital. Il faut rompre avec cela pour une tout autre logique. Il faut prendre le pouvoir sur l’utilisation de l’argent des entreprises (profits), de l’État (fond publics), des banques (crédit), des assurances (épargne). Au lieu de servir les profits, le coût du capital, l’évasion fiscale, cet argent doit financer les investissements efficaces, l’emploi, la formation, la recherche, l’écologie, l’égalité femmes-hommes, etc. Il doit aussi financer les services publics dans les territoires au lieu de laisser la dette publique sous la coupe des marchés financiers. Cet axe de transformation concerne tous les niveaux d’intervention : régional, national, européen et mondial.

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Congrès du PCF – Ivry du 23 au 25 novembre : à propos de l’approprition sociale des moyens de production.

Posté par jacques LAUPIES le 1 novembre 2018

 

Hier j’ai reproduit la première partie du  deuxième chapitre du texte de la base commune de discussion, sans faire de commentaire. Le constat y est fait de la « crise du capitalisme financiarisé et mondialisé » avec notamment le rappel de la nécessité d’utiliser « les richesses produites et la monnaie créée, au service non pas de la rentabilité du capital, mais au développement de chacune et de chacun, de toutes et tous, dans le respect de la planète » 

Est évoqué dans ce paragraphe « la domination des idées social-démocrates sur toute la gauche » qui a rejoint « la domination des idées de concurrence pour le profit » et ouvert la voie à  » une réaction néolibérale, ultra réactionnaire, et autoritaire et aux populistes qui ont rajouté au désarroi et à la confusion. »

On ne peut que souscrire à ce constat qui révèle comme l’indique le texte : « Les contradictions entre la logique du capital et les besoins de développement humains nouveaux  ont été ainsi accentuées. »

Peut-être faudrait-il y ajouter que cette contradiction appelle au dépassement, nécessairement progressif et accepté par le peuple,  de cette  contradiction fondamentale entre la propriété privée des moyens de production et le caractère social de cette production qui est à la base de l’aliénation du travail et de sa conséquence que certains appellent « la perte de soi » pour les humains !

Bien que  cela soit évoqué dans le troisième chapitre que dont je vous donne à lire un extrait :

III. Le communisme de notre temps : idéal éthique, visée historique, chemin de lutte

La visée communiste est une visée de transformation radicale de notre société pour une société de partage des richesses, mais aussi des pouvoirs, des savoirs et des rôles. C’est la visée d’une société sans classes, sans guerres, dépassant les nations ; une société où exploitation et aliénations sont abolies. En cela le communisme s’oppose radicalement au capitalisme et à son idéologie, le libéralisme.

Le communisme est à la fois la visée et le chemin d’une société dont le but et le moyen deviennent progressivement et par étapes le développement émancipé de chacune et de chacun, comme personne et en société, ou comme disait Marx comme « individu intégral ». Une société où « le libre développement de chacun devient la condition de libre développement de toutes et tous ».

En ce sens les luttes immédiates à organiser et les rassemblements à construire doivent contribuer à ouvrir le chemin vers cette nouvelle société. Le communisme est donc inséparable d’objectifs sociaux ambitieux, de pouvoirs et de moyens financiers nouveaux qui dessinent une étape radicale vers cette visée.

1. Le communisme à l’ordre du jour

La crise du système capitaliste et ses contradictions d’une profondeur inédite ouvre une nouvelle période historique. Avec les débuts de la révolution technologique informationnelle, et ses exigences de partage, la perspective d’aller “au-delà” du marché capitaliste prend un caractère plus concret.

Le développement des capacités de chacun.e devient nécessaire pour le bien commun de toute la société. Cela rencontre les formidables aspirations à l’émancipation personnelle.

Les besoins nouveaux de créativité dans le travail comme dans le débat démocratique poussent en faveur d’une prise de pouvoir par les travailleurs dans l’entreprise et les citoyens dans les institutions.

Tout le système de délégation de pouvoir doit être dépassé, comme y invite la crise profonde de la démocratie parlementaire, mais aussi l’étouffement de la créativité des salariés dans les entreprises par les monopoles de pouvoirs patronaux.

Un dépassement du capitalisme pour l’abolir n’est donc plus seulement une utopie, une idée qu’il s’agirait de formuler sans la mettre en pratique.

C’est un processus de transformation révolutionnaire et démocratique que nous devons chercher à construire par nos propositions et notre projet, et à faire vivre au cœur des luttes sociales et d’idées.

Un effort de renouvellement et de novation est en effet devant nous de même qu’une bataille d’idées est à mener. Car l’idéal communiste, longtemps identifié au grand espoir soulevé dans le monde par la révolution soviétique et l’édification de l’URSS à partir d’une Russie arriérée, a été défiguré par de terribles dérives du système soviétique et a été atteint par son effondrement dans une crise profonde.

2. Un processus révolutionnaire

Le communisme est un processus historique d’abolition réussie du capitalisme, poussant tous les acquis de civilisation de ce système, et supprimant ses maux, vers une nouvelle civilisation. C’est cela le dépassement du capitalisme.

Il s’agit de dépasser l’enfermement de chacun-e dans les aliénations d’un travail, d’une consommation et d’une vie sociale dominées par une production au service de la marchandisation et de l’accumulation. Et, en dépassant la soumission des activités à l’accumulation capitaliste, on ferait avancer une efficacité sociale pour le droit au bonheur de chacun-e.

Cela signifie une révolution des rapports sociaux de production :

- une appropriation sociale des moyens de production, d’échange et de financement, de la gestion des entreprises

- l’avancée d’une sécurité d’emploi ou de formation, avec des activités de développement des capacités de chacun, dépassant le salariat capitaliste, vers une société sans classe.

Au-delà de l’économie, cela signifie aussi une novation institutionnelle continue, avec des pouvoirs d’intervention directe, décentralisés, de tous les acteurs sociaux et des citoyens. Cela permettrait de pousser la démocratie jusqu’au développement de l’autogestion économique et politique.

Dans cette nouvelle civilisation, chacun aurait tous les moyens effectifs de contribuer à son propre bonheur. Forte de nouvelles valeurs cette civilisation permettrait l’épanouissement et la créativité de chaque individu et de tous, ensemble.

L’humanité pourrait mettre un terme à toutes les dominations sociales et à toutes les formes de discrimination, pour une société d’égalité dans la différence. Elle deviendrait capable de transmettre la Terre aux générations futures, en respectant son intégrité, sa diversité, sa beauté.

 

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