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Éducation. Comment Blanquer met l’école en ordre de… marché

Posté par jacques LAUPIES le 3 septembre 2018

 

 

Éducation. Comment Blanquer met l’école en ordre de... marché dans POLITIQUE

Patrick Kovarik/AFP
Lundi, 3 Septembre, 2018

Parcoursup, réforme du bac, « culture de l’évaluation » à tous les étages : discrètement, le ministre de l’Éducation nationale poursuit en cette rentrée une reconfiguration très idéologique de l’école française.

Jean-Michel Blanquer, c’est un ministre de l’Éducation qui aime parler d’amour. « Un pays qui va bien, c’est un pays qui aime ses profs », a-t-il ainsi déclaré à plusieurs reprises la semaine dernière, au cours de la traditionnelle conférence de presse de rentrée. À leur manière, les syndicats d’enseignants ont eu vite fait de lui répondre qu’il n’y a pas d’amour, seulement des preuves d’amour, et que celles-ci se font attendre.

Il ne s’agit pas là seulement de pointer les fameuses « revendications catégorielles » qu’on ne nomme ainsi que pour souligner l’égoïsme supposé de ceux qui les portent. Baisse des salaires réels, perte d’attractivité d’un métier qui peine de plus en plus à recruter, recul de la liberté pédagogique et poids de la hiérarchie… En vérité, les motifs de mécontentement sont nombreux, au point que le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, a déposé un préavis de grève courant sur les quinze premiers jours de classe, afin de couvrir les actions revendicatives que cette rentrée sous tension pourrait susciter.

Mais, au-delà de ces préoccupations, ce qui s’exprime, c’est l’inquiétude qu’à « bas bruit », pour reprendre la terminologie en vogue, la deuxième rentrée Blanquer, s’inscrive dans une reconfiguration profonde du modèle scolaire français, une stratégie que la secrétaire générale du Snuipp-FSU (primaire), Francette Popineau, qualifie de « rouleau compresseur ». Une crainte que le ministre réfute indirectement : pour lui, en cette rentrée 2018, il s’agit simplement « d’amplifier (sic) le sillon de l’école de la confiance », qu’il a commencé à creuser l’an dernier. « Il y a une politique sociale en profondeur qui est menée », « j’ai en permanence à l’esprit les enjeux de justice sociale », martelait-il encore samedi dans une grande interview opportunément offerte au quotidien le Monde.

Avec Parcoursup, sélection et orientation forcées

Pourtant, cette reconfiguration est visible, et elle ne se fait pas toujours dans la discrétion. La colère qui s’est levée au printemps dans les universités contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et le système Parcoursup en témoigne. Alors que la « phase principale » de Parcoursup prend fin mercredi, on en connaît déjà les effets : il restait encore hier dimanche plus de 127 000 élèves en attente ou sans affectation (sur 812 000 inscrits). Ceux-là, s’ils arrivent à intégrer une formation supérieure à l’issue de la « phase complémentaire » le 21 septembre, auront subi une sélection, une orientation forcées. Mais la logique de Parcoursup va encore plus loin, on le sait : maintenir et légitimer – en lui donnant l’apparence d’un système juste, tenant compte des aspirations de chacun – le goulet d’étranglement d’un enseignement supérieur en incapacité d’accueillir tous les jeunes en demande de formation. Ce faisant, les mettre en concurrence les uns avec les autres, en les obligeant à déployer dès le lycée des stratégies dont l’unique but est de leur permettre d’intégrer après le bac la formation de leur choix. Et au passage, mettre en concurrence les établissements les uns avec les autres, à qui attirera les « meilleurs » élèves afin de présenter les meilleurs taux de réussite au bac et d’admission post-bac. Aux autres, quels que soient leurs mérites ? Les miettes. Et en option obligatoire, l’expérience de l’injustice…

Des chefs d’établissement « managérisés »

Parcoursup joue donc le rôle d’un entonnoir forçant chacun, en amont, à entrer dans une logique de concurrence. C’est d’ailleurs ce qui le fait applaudir par les plus libéraux de ses partisans. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Jean-Michel Blanquer a beau s’en défendre avec des airs de Raminagrobis : cette même logique est en train de s’immiscer au cœur de tout l’appareil scolaire. Des indices ? La fameuse « culture de l’évaluation », vantée par le ministre comme l’alpha et l’oméga de sa politique. Après l’entrée au CP et en 6e en 2017, ces évaluations sont étendues cette année à la mi-CP, au CE1, et à l’entrée en 2de. À une échéance non déterminée, il s’agira aussi d’évaluer les établissements ; voire, dans l’enseignement prioritaire (REP et REP+), de lier la prime de 1 000 euros promise aux enseignants aux résultats obtenus par leurs classes aux évaluations et aux objectifs de fin d’année. Objectifs annuels qui, au passage, remettent en question les cycles pluriannuels et la souplesse qu’ils autorisent.

Bien sûr, pour le moment il n’est pas question – du moins ouvertement – d’établir un classement officiel des établissements. Mais il n’est pas non plus question de se l’interdire. Et c’est un canevas serré qui se dessine finalement au-dessus de l’école, en ajoutant l’autonomie des établissements et la « gestion des ressources humaines de proximité » promise par le ministre. Là encore, il faut décoder : aux chefs d’établissement du secondaire, de plus en plus « managérisés », la possibilité d’un recrutement local – voire hors des concours de l’éducation nationale. De quoi faire voler en éclats l’entraide et le travail collectif, pourtant indispensables, au sein d’équipes pédagogiques qui se plaignent déjà des pertes d’autonomie induites par le poids croissant de la hiérarchie, des chefs d’établissement aux inspecteurs. Malgré tous les démentis, c’est donc bien une école au modèle entrepreneurial très macronien, instillant dès le plus jeune âge le venin de la compétition et de la concurrence de tous contre tous, qui pourrait se mettre en place assez vite… si on n’y prend garde.

 
RETOUR À LA SEMAINE DE QUATRE JOURS, PORTABLES INTERDITS…
 
Outre le dédoublement des CP et CE1 dans les quartiers défavorisés ou le développement des évaluations, cette rentrée voit d’autres nouveautés se mettre en place. Sur les rythmes scolaires, la plupart des écoles devraient revenir à la semaine de quatre jours : 85 % des communes, soit un peu plus de 80 % des élèves. Une « liberté nouvelle », dixit Blanquer, qui fait peu de cas du bien-être des élèves… Lesquels devront aussi mettre de côté leurs portables, désormais interdits officiellement. « La majorité des collèges avait déjà régulé l’utilisation du portable via leur règlement intérieur », tempèrent les chefs d’établissement. Enfin, dans le cadre de la très floue réforme du bac, les lycéens de seconde auront désormais 54 heures consacrées à l’information sur l’orientation, après les vacances de la Toussaint.

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Prélèvement à ma source ? Pas évident !

Posté par jacques LAUPIES le 2 septembre 2018

 

Prélèvement à ma source ? Pas évident ! dans POLITIQUE

AFP

Prélèvement des impôts à la source : « un arrêt » n’est pas exclu

Samedi, 1 Septembre, 2018

Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, a admis ce samedi que « l’arrêt » du prélèvement à la source n’était pas exclu, évoquant des considérations sur les potentiels effets « psychologiques » de la réforme censée entrer en vigueur début 2019.

Alors que le président de la République a évoqué la possibilité de reporter la mise en œuvre du prélèvement de l’impôt à la source, prévue le 1er janvier 2019, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin évoque, samedi 1er septembre sur France Inter, un possible « arrêt » de la réforme.
 
« Nous choisirons ensemble politiquement mardi lors d’une réunion avec le président l’avancée ou l’arrêt de la réforme, puisque le président de la République l’a évoqué. Est-ce que techniquement on est prêt ? Oui, on est prêt. Est-ce que psychologiquement les Français sont prêts ? C’est une question à laquelle collectivement nous devons répondre », estime Gérald Darmanin.
 
Le ministre rappelle le précédent report de la réforme l’an dernier : « Il y a un an, le président de la République a considéré qu’il fallait reporter d’un an la réforme. Ce que nous avons fait et c’était une grande décision heureuse. Et c’est une réforme, c’est vrai, complexe administrativement à mettre en place. Cela touche 36 millions de foyers fiscaux et votre vie ainsi que la vie des entreprises et des collecteurs d’impôt. Donc, oui bien sûr, il fallait reporter. »
 
Mécaniquement, le prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source va diminuer le montant du salaire net au bas de la fiche de paie. Il peut y avoir un impact sur les ménages, essentiellement psychologique. Cela dit, les atermoiements autour du prélèvement à la source, relèvent aussi d’arrière-pensées politiques. Quand un gouvernement fait un geste pour les ménages, il faut que celui se voie. En l’occurrence, le gouvernement veut que les Français perçoivent bien la baisse de cotisations salariales prévues cet l’automne. Sauf que si le prélèvement à la source se met bien en place en janvier prochain, les salariés ne visualiseront pas longtemps l’effet.
 
Entre le ralentissement de la croissance et l’impact du passage éventuel au prélèvement à la source, le pouvoir d’achat des ménages préoccupe le gouvernement, qui a pourtant annoncé des mesures qui vont rogner ce pouvoir d’achat. 
C’est tout le paradoxe du discours gouvernemental en cette rentrée, avec en toile de fond une économie qui recommence à faire du sur place. La croissance a été revue à la baisse et un de ses moteurs traditionnels, la consommation des ménages, accuse le coup. Une décélération légère, mais qui n’est jamais un bon signe. Car la consommation des ménages, c’est 55 % du PIB, 55% de la richesse nationale. Le moindre soubresaut pèse sur l’économie française. Or le gouvernement tablait jusqu’à maintenant sur un rebond du pouvoir d’achat en cette fin d’année, grâce à l’entrée en vigueur d’une série de mesures : la première phase de l’exonération de la taxe d’habitation, ainsi qu’une nouvelle salve de baisses de cotisations pour les salariés.
Eugénie Barbezat

 

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Écologie. Les enseignements d’une démission

Posté par jacques LAUPIES le 1 septembre 2018

Je ne ferai pas de commentaires sur cet excellent article

 

Photo : Albert Facelly

Photo : Albert Facelly
 
Vendredi, 31 Août, 2018

Le point de vue de Patrick Le Hyaric

La démission de Nicolas Hulot est un événement considérable qui élargit le débat public sur plusieurs enjeux politiques essentiels. Elle constitue une alerte retentissante au cœur d’un gouvernement qui se croit les mains libres pour appliquer une politique ultralibérale, sourd aux revendications populaires et ignorant avec morgue les alertes des chercheurs et collectifs citoyens sur la dégradation accélérée du climat, de la biodiversité et de l’environnement.

D’abord, réfutons une mauvaise thèse. Cette démission ne traduit en aucune manière une défaite de la politique. Elle souligne au contraire la nécessité de la réinventer face aux puissances industrielles et financières pour construire un nouveau rapport de forces populaire – c’est donc bien plus de politique, plus d’engagement citoyen et une nouvelle dynamique pour les partis politiques, les syndicats et les associations qui s’avèrent nécessaires pour contrer l’offensive des milieux d’affaires qui s’activent dans l’ombre du pouvoir d’État. Elle interroge par ailleurs, à partir de l’expérience ministérielle, comme l’ont souvent fait d’anciens ministres communistes et quelques autres sur la question du pouvoir, les moyens de transformer les structures de la société et de l’État au service de l’intérêt général humain. Elle montre avec éclat qu’on ne peut servir à la fois l’argent roi, le bien-être humain et l’urgente mutation environnementale.

Les enjeux doivent être relevés dans toute leur profondeur. Les choix industriels et agricoles sous pression néolibérale et actionnariale se révèlent chaque jour incompatibles avec la sauvegarde de la planète comme avec les conditions de vie et de travail du plus grand nombre. Mesurons la force des mots de M. Hulot quand il explique qu’il est impensable de tracer une perspective écologique sans desserrer l’étau de l’austérité, sans la relier au développement des services publics, au progrès démocratique, sans appropriation sociale et citoyenne des grands enjeux économiques et industriels, sans une nouvelle répartition des richesses. Ce réquisitoire peut constituer un nouveau déclic de réflexion pour des millions de nos concitoyens qui déjà rejettent ce système. C’est d’ailleurs cela qui explique la tentative de faire de la démission du ministre de la Transition écologique et solidaire une affaire banale, dont, au mieux, seuls les lobbies seraient les responsables, alors qu’elle constitue un coup de pistolet dans le cœur du capitalisme.

Le pouvoir macroniste, qui a fait sa priorité de l’accroissement du taux de profit au bénéfice d’une infime minorité, refuse de penser l’urgence écologique comme il refuse de s’attaquer aux inégalités qui structurent nos sociétés, tout en bridant l’expression citoyenne en changeant la Constitution. Ce sont les faces d’une même pièce. Les puissances économiques qui soutiennent le pouvoir actuel repoussent toute forme de transition écologique, refusent d’extraire de la sphère marchande les biens communs que sont l’eau, la terre, jusqu’à l’air que nous respirons, de développer des transports publics non polluants, notamment ferroviaires, ou d’engager la révolution agricole. Elles refusent que s’en mêlent davantage de citoyens, consommateurs, usagers des services publics et des transports qui nourrissent des vues opposées à la course à l’abîme financier, dévastatrice pour le climat, l’environnement et l’ensemble de la société.

Que des groupes d’intérêt ou acteurs économiques gravitent autour du pouvoir n’est pas en soi une nouveauté. La nouveauté réside dans la fusion parfaite des desseins du gouvernement, du président de la République et des forces patronales et financières. Le discours cajolant d’Édouard Philippe à l’université d’été du Medef et la valise de mesures violemment antisociales annoncées ces derniers jours le montrent plus que de besoin. Le mythe du « en même temps » s’effondre ainsi sur l’une des questions les plus cruciales de notre temps. Cette quasi-fusion les conduit ensemble à pousser aux traités actuels de libre-échange avec leur nouveau dispositif juridique visant à outrepasser les lois nationales, à tenir fermée la camisole du traité de Maastricht – et son orthodoxie budgétaire au service des marchés financiers –, à contourner les normes sociales et environnementales. Des questions déterminantes ont ainsi été posées par l’ancien ministre. Cette démission, loin de désarmer le combat écologique ou de rendre fatale l’inaction, doit donc être l’occasion de faire monter d’un cran la cohérence des combats sociaux, démocratiques et environnementaux dans la perspective d’un nouveau projet de civilisation. Elle implique un mouvement populaire déterminé, conscient des enjeux et mobilisé sur le long terme, en capacité de porter un changement de paradigme social, écologique et démocratique. Cela ne rend dans la période que plus indispensable d’inviter largement à la réussite d’une grande Fête de l’Humanité riche de débats et porteuses d’actions pour l’émancipation humaine.

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