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Existons pour faire exister le changement !

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2018

 

Cette élection doit-être l’occasion d’affirmer la vision qu’ont les communistes pour une Europe au service des peuples et non des oligarchies financières et économiques, de rappeler que la lutte des classes se conduit à tous les niveaux  d’organisation  institutionnelle du pays et des unions de pays  auxquelles il appartient : donc celui de la nation, celui de l’Europe, mais aussi celui de la planète entière. L’internationalisme ne saurait être relégué aux oubliettes !

Cette lutte est inséparable de celle pour la démocratie, pour l’extension des libertés individuelles et collectives, pour le progrès social, 

Nous n’avons pas à attendre les autres mais à créer le conditions pour qu’ils se rapprochent au plus près de nos objectifs.

Existons mais pour exister tous les communistes doivent s’imprégner de cette idée qu’il faut nourrir son corps et son esprit, donc son parti, s’unir avant que d’aller porter un message au peuple qui ne le voit plus mais qui saura vite le trouver s’il est visible  ! 

 

 

 

 

 

 

Après la reconnaissance du principe de fraternité par le Conseil constitutionnel, Ian Brossat a rencontré Cédric Herrou mercredi pour «saluer (cette) victoire».

Après la reconnaissance du principe de fraternité par le Conseil constitutionnel, Ian Brossat a rencontré Cédric Herrou mercredi pour «saluer (cette) victoire».
 

Ian Brossat « En Europe, les libéraux font le lit des fachos »

Vendredi, 13 Juillet, 2018

Immigration. Le chef de file du PCF pour le scrutin européen, Ian Brossat, s’est rendu cette semaine dans la vallée de la Roya. « Nous avons un devoir d’hospitalité », insiste-t-il après y avoir rencontré des migrants et ceux qui se battent à leurs côtés.

Vous vous êtes rendu dans la vallée de la Roya et avez rencontré Cédric Herrou mercredi. Pourquoi une telle initiative ?

Ian Brossat Il s’agissait de saluer la victoire remportée par la question prioritaire de constitutionnalité de Cédric Herrou, grâce à laquelle le principe de fraternité vient d’être reconnu comme constitutionnel. En outre, la question des réfugiés sera importante dans cette campagne. Aujourd’hui, beaucoup sont tétanisés par la montée de l’extrême droite en Europe et n’osent plus défendre un accueil digne. S’il ne reste qu’une liste pour tenir la dragée haute aux populistes et aux xénophobes, ce sera la nôtre.

Que retenez-vous de ces rencontres et de ce que vous avez vu dans la vallée ?

Ian Brossat D’abord, le dispositif policier colossal qui y est déployé. Nous avons été contrôlés avant de pouvoir entrer chez Cédric Herrou. Ce dispositif coûte chaque jour 50 000 euros aux contribuables. C’est exorbitant. Imaginons l’accueil que cela permettrait de financer. Ce qui m’a frappé également, c’est la détermination de ceux qui se battent pour accueillir les réfugiés dans un contexte si difficile. Enfin, pour faire peur, on ne traite cette question qu’en termes de stocks et de flux. Or, en réalité, ce sont des hommes, des femmes, parfois des mineurs qui fuient la guerre, la misère. Les réfugiés que j’ai croisés ont fui des situations absolument monstrueuses et aspirent à reconstruire leur vie, pour une part en France. Nous avons un devoir d’hospitalité.

« Plateformes de débarquement », « centres contrôlés »… Que pensez-vous des conclusions du sommet européen de la fin juin ?

Ian Brossat Ce sommet est une honte pour l’Europe et pour la France. Emmanuel Macron s’est aligné sur les positions de l’extrême droite italienne. Depuis 2000, 15 milliards d’euros ont été investis pour renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne. Mais ceux qui fuient ces pays en guerre ou sous le joug de dictatures sanguinaires finissent toujours par trouver les chemins qui permettent de partir. Et, trop occupés à tenter de les empêcher d’entrer, on ne se mobilise pas sur la question de l’accueil. C’est un échec sur toute la ligne, construit avec la complicité de la France. Il faut donc porter d’autres exigences. Quand on permet à ces hommes et femmes d’avoir un toit sur la tête et un accompagnement social, personne n’a ce sentiment de chaos sur lequel joue le ouvernement.

Qu’opposez-vous à la formule « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » utilisée pour justifier ce type de politique ?

Ian Brossat Remettons un peu de rationalité dans le débat. Depuis 2015 et la « crise migratoire », qui est en réalité une crise de l’accueil, l’ensemble des pays de l’Union européenne ont vu arriver 3 millions de demandeurs d’asile, soit l’équivalent de 0,6 % de la population. Depuis le début de 2018, ce sont 41 000 personnes qui sont arrivées par la Méditerranée. On est très très loin d’une « submersion » comme voudrait nous le faire croire l’extrême droite ou comme certains, dont Gérard Collomb, le répètent à l’envi. L’écrasante majorité des réfugiés est aujourd’hui accueillie par des pays du Sud. Nous sommes non seulement très loin d’« accueillir toute la misère du monde » mais nous n’y prenons même pas la part que nous devrions.

Alors que les gouvernements d’extrême droite se multiplient en Europe, peut-il y avoir une solution à l’échelle du continent ?

Ian Brossat Dans l’immédiat, la France doit être beaucoup plus ferme à l’égard des pays qui refusent l’accueil et ouvrir ses ports aux bateaux humanitaires. Les dirigeants européens sont capables de taper du poing sur la table quand il s’agit de défendre la finance, comme cela a été le cas en Grèce, et ils feignent l’impuissance lorsqu’il s’agit d’imposer le respect des droits fondamentaux. Les libéraux ont fait le lit des fachos avec une politique qui conduit à ce que désormais 10 % des actifs vivent sous le seuil de pauvreté, contre 7 % il y a dix ans. Le discours de Macron au Congrès lundi, selon lequel le débat se joue entre progressistes proeuropéens et nationalistes, est très dangereux. Il jette dans les bras de l’extrême droite tous ceux qui contestent l’Union européenne libérale. C’est pourquoi nous voulons mettre à l’ordre du jour, lors des élections, une Union européenne qui porte les aspirations des peuples.

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C’est Jean qui rit et Jean qui pleure

Posté par jacques LAUPIES le 14 juillet 2018

Que d’encre et de mots pour cette coup et du monde qui galvanise les français. Tout simplement parce que peut-être ils vont la gagner  cette  coupe.

Enfin il est plus juste de dire cette équipe qui a réussi à faire naître une ferveur populaire, que  bien de courants  politiques  rêveraient d’avoir en soutien.

Mais bon la récupération, à défaut, peut permettre de donner l’impression qu’ils sont pour quelques chose dans ce parcours déjà prestigieux.

Evidemment on ne peut pas rester indifférent à des défilés sur les Champs Elysées  où se côtoient des jeunesses de toutes conditions sociales, y compris celle plutôt bourgeoise du 16ème qui va côtoyer les sauvageons du 93.

Certains, disons de ma tendance politique, se contiennent ou pas, pour dire qu’il est bien dommage qu’ils ne soient pas aussi  enthousiastes et envahissants, pour manifester en faveur de la défense de l’emploi, des salaires, de l’école et de l’université, du statut des cheminots, contre la  mise en cause des services publics !

D’autres vous dirons que cela n’a rien à voir, que l’effet n’est que passager, comme l’a d’ailleurs été dans un autre domaine plus sérieux et plus dramatique la réaction « je suis Charlie », mais  que tout « rentre dans l’ordre » le temps d’un engouement ou d’une protestation…

Je veux bien !

En attendant les « opportunistes » sont là qui se saisissent de la liesse populaire et l’on a beau me dire que l’on ne peut mésestimer,  ce qui au fond ne serait qu’un défoulement significatif d’un besoin de fraternité, de partage d’un instant ou l’on oublie tout le reste, je trouve bien triste cette joie hystérisée dans le cadre d’un spectacle ! 

D’autant qu’à la fin, de l’autre côté, il y a toujours un vaincu qui voit sa foule « pleurer » dans la défaite. 

Come on dit « C’est Jean qui rit et Jean qui pleure »

Mais le spectacle lui, je ne le manquerai pas demain !

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La notion de « race » enfin effacée de la constitution

Posté par jacques LAUPIES le 13 juillet 2018

La notion de

Photo Philippe LOPEZ/AFP
Jeudi, 12 Juillet, 2018

l’Assemblée nationale a supprimé jeudi à l’unanimité le mot « race » de l’article 1er de la Loi fondamentale et a également interdit toute « distinction de sexe »

Rares sont les amendements autant plébiscités au Palais Bourbon. À l’unanimité, les députés de tous bords ont adopté la suppression du mot «race» dans l’article 1er de la Constitution. Autre point positif concernant la lutte pour l’égalité femme-homme, l’article premier de la norme suprême interdira également toute «distinction de sexe».

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion», peut-on désormais lire dans le chapitre qui définit les valeurs fondamentales de la République. 

L’article 1er de la Constitution sera normalement modifié dans les jours à venir. Lors d’un déplacement en Bretagne fin juin, le ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, avait annoncé que la «protection de l’environnement» devrait également figurer dans ce chapitre. Sous réserve bien sûr que la révision constitutionnelle aboutisse.

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En Avignon : le théâtre plaide pour les « genres »

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2018

Aborder avec le théâtre, le cinéma, la reconnaissance des malfaisances qui frappent les lesbiennes, gays et transsexuels – pour ne citer que quelques variétés bien repérées -  n’est pas  superflu pour tenter d’éveiller les consciences au respect que l’on doit à la différence.

D’autant que les  » pauvres types » généralement constitués en bande et cultivant l’homophobie agissent ça et là, souvent sous l’effet d’alcool et de drogue et pire parfois en toute lucidité. Malheureusement ceux la ne fréquentent généralement pas le théâtre, le cinéma d’auteur, même pas les chaines de télé intelligente.

Quant aux autres, souvent interrogatifs et muets sur le sujet – les normaux – ils sont encore foule !

Y a du boulot mes camarades… Qui n’êtes pas dans la foule !

 

Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas<br />

Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Les acteurs redonnent tout son sens au mot courage. C. Raynaud de Lage/Hans Lucas
 

Avignon. Masculin, féminin, est-ce une fille ou un garçon ?

Jeudi, 12 Juillet, 2018

Olivier Py l’avait annoncé. La question du genre traverserait la programmation. Le spectacle bouleversant de Didier Ruiz l’évoque avec une grande délicatesse. Entretien avec le metteur en scène.

Ils sont sept. Sept hommes et femmes. Tous trans. Face public, ils s’avancent. Leur silhouette se découpe sur de grands voiles blancs tendus comme un écrin pour recueillir leurs paroles. Ils racontent, se livrent, avec pudeur mais sans détour, simplement. On est touché de plein fouet par la sagesse de ces êtres, fruit d’un long cheminement intérieur, de ce combat, silencieux, parfois solitaire, pour affronter le regard des autres. Enfin être libre, se sentir libre dans son corps. Ils redonnent tout son sens au mot courage. Alors on refait ce chemin avec eux. On le poursuit, après. Le théâtre de Didier Ruiz est des plus singuliers. Jamais tapageur ni démonstratif. Il est un théâtre de l’écoute, du respect, de la dignité. Trans est plus fort qu’un manifeste. Il est un acte fort qui nous oblige à repenser les êtres au-delà de l’apparence.

Comment diriger des personnes qui sont acteurs de leur propre histoire ?

Didier Ruiz Il faut les écouter et prendre le temps. Quand vous procédez de la sorte, vous avez fait les trois quarts du boulot. Il suffit de bien regarder à qui vous parlez, et tout devient évident. Vous pouvez alors aller de l’avant.

Une grande sérénité se dégage du spectacle, vous n’avez pas été tenté de politiser la pièce de manière plus virulente ?

Didier Ruiz La question m’a traversé l’esprit. C’est vrai que Clara, la plus âgée des protagonistes, est militante dans une association transgenre. J’ai pensé que l’acte politique était naturellement inclus dans l’œuvre. Ce n’était pas la peine d’en rajouter dans le slogan.

Qu’est-ce que cette simplicité apporte au propos ?

Didier Ruiz Le message politique passe d’autant mieux qu’il est diffus dans l’ensemble. Ce qu’ils nous disent, c’est : « Regardez-moi. Regardez qui je suis. N’essayez pas de savoir ce que j’ai dans ma culotte. Je vais très bien, mon corps m’appartient et je suis libre. Soyez-le à votre tour ! »

Le décor, très sobre, s’est imposé de suite ou avez-vous tenté des scénographies plus fournies ?

Didier Ruiz Ça s’est imposé de suite. Quand j’ai rencontré ces personnages, j’ai pensé à l’Olympe. Mais quelle image pour le mont Olympe ? Je n’en sais rien, d’autant que personne ne l’a jamais vu. Mais il y avait l’idée d’être dans un endroit au-dessus de la Terre, près du ciel, avec ce quelque chose qui les rapprocherait de la divinité. Ces gens sont tellement apaisés qu’on se dit qu’ils ne sont pas de cette Terre.

Est-ce une manière d’en faire des héros d’aujourd’hui ?

Didier Ruiz Absolument. Pour moi, ce sont des héros dans la mesure où leurs actes sont parfaitement en accord avec leurs convictions. C’est comme ça qu’ils ont atteint la liberté. Dans ma vie, j’ai rarement rencontré des gens aussi libres.

Le titre de la pièce, Trans (més enllà) , signifie « au-delà » en catalan. Qu’y a-t-il concrètement au-delà de trans ?

Didier Ruiz Si je devais aujourd’hui changer de titre, je l’inverserais. D’abord « au-delà » et « trans » après. Pour moi, la question de trans vient ensuite. L’idée est de nous amener au-delà du réel, au-delà de l’amour, au-delà de nos représentations…

Vous n’avez pas été tenté de romancer leurs propos ?

Didier Ruiz Jamais. Leur histoire est déjà tellement incroyable… Ce que nous dit Clara est vrai, je l’ai vécu en direct : c’est sa femme qui l’aide à choisir ses vêtements, qui lui prête des soutiens-gorge. Aujourd’hui, après s’être séparées un temps, elles revivent ensemble et Clara m’a confié que sa femme aussi « a fait une transition puisqu’elle vit désormais avec une lesbienne ». J’en suis encore bouleversé. Dans quel film peut-on voir ça ?

Pour les spectateurs qui n’auraient pas vu Une longue peine , votre précédent spectacle, comment expliqueriez-vous le lien avec Trans  ?

Didier Ruiz. Il y a une continuité évidente puisque le procédé est le même, via le témoignage, le centre d’intérêt aussi, via l’enfermement. Là où ça diffère, c’est dans la représentation.

L’avez-vous construit par opposition ?

Didier Ruiz Non, mais comme un pendant. L’idée du diptyque est juste puisque c’est la suite de l’histoire mais sur l’autre panneau. Un diptyque contemporain, ça peut jouer sur l’opposition. Donc ce terme me p

Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas<br />

Le retour du primitif, pour se ­défouler, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas. Christophe Raynaud de Lage/Hanslucas
 

Avignon. Que s’est-il passé à Liège, ce soir d’avril 2012 ?

Mercredi, 11 Juillet, 2018

À partir d’un fait divers d’une rare violence, le meurtre d’un jeune homosexuel dans cette ville de Wallonie, le Suisse Milo Rau met en scène une tragédie contemporaine avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I).

Liège. Avril 2012. Devant un bar gay du centre-ville, une voiture s’arrête. À son bord, quatre jeunes gens. Ils viennent de fêter l’anniversaire de l’un d’eux. Ils roulent sans but, alcoolisés, la musique à plein tube. À l’Open Bar, on fête un autre anniversaire. La voiture s’arrête devant. Le conducteur drague une fille. Ihsane Jarfi s’avance. Les hommes veulent « des femmes ». Il leur suggère de se rendre à tel endroit. Les occupants du véhicule lui demandent de les accompagner. Ihsane accepte. Pourquoi ? On ne le saura jamais. À peine installé, que se sont-ils dit ? Qu’est-ce qui a déclenché cette folie meurtrière ? Les mots « sucer une grosse bite » ? Les premiers coups pleuvent. La voiture marque un arrêt. Les meurtriers déplacent le corps dans le coffre. Ihsane est toujours vivant. Là encore, il prend des coups. La voiture repart, roule. S’arrête, en dehors de la ville. Ils extirpent Ihsane du coffre, le jettent à terre, s’acharnent sur lui, le déshabillent, le laissent nu, face contre terre, sous une pluie glaciale. Ihsane agonisera pendant plusieurs heures. Un promeneur découvrira son corps dix jours plus tard.

Où mettre la distance, entre choc émotionnel et réflexion ?

Milo Rau est suisse. Sociologue, ancien journaliste, il a parcouru le monde et travaille comme metteur en scène dans pas mal d’endroits. Théâtre, cinéma, il est sur tous les fronts et conjugue image, son, écriture dramaturgique et travail sur le plateau sans effets de manches, toujours à l’économie. Sobriété, rigueur. Vider la scène du superflu, de tout ce qui viendrait brouiller l’attention, la concentration. Milo Rau, qui dirige dorénavant le NTGent, théâtre national belge de Gand, part du « réel » – si tant est que le réel existe –, d’une histoire et la remet sur le métier avec la Reprise. Histoire(s) du théâtre (I). Le processus créatif commence dès les premières recherches documentaires, les rencontres, échanges. Que ce soit sur le Rwanda, les Pussy Riot ou l’affaire Dutroux, Milo Rau procède ainsi. Mais, passé ce cap, cette première étape, comment traiter d’un tel sujet – d’un génocide ou d’un fait divers contemporain qui a fait la une des journaux – sur un plateau de théâtre ? Où mettre la distance, entre choc émotionnel, voyeurisme et réflexion, compréhension, analyse ? Comment la banalité du tragique – ou le tragique banalisé dans nos sociétés contemporaines – peut-elle provoquer, dépasser la catharsis ? Milo Rau répond par le théâtre : il devient un lieu d’expérimentation aussi bien pour les acteurs que pour les spectateurs. Ce n’est pas une question d’égalité. Acteurs et spectateurs n’occupent pas la même place, mais un même espace. Les uns jouent – tout est fait pour nous le rappeler ; les autres ­regardent, observent, attendent. Milo Rau ne nous prend pas par la main, il nous montre un chemin qui ne file jamais droit. D’abord, celui emprunté par les acteurs professionnels et amateurs. Ils se présentent : premier signe de civilité dans un monde où on ne se connaît pas, où on s’ignore par crainte, par mépris. On sait d’où ils parlent. L’un, Johan Leysen, va jouer un court extrait de Hamlet. Merveilleux moment. Une autre, Suzy Cocco, jeune retraitée, va tenter de répondre à l’impossible : « Pourquoi le théâtre ? » On rit. Qui pour répondre à une telle question… Celui-ci, Fabian Leenders, est DJ. Il a exercé maints petits boulots, jeunesse mouvementée, désespérément mouvementée – alcool, drogue… Plus tard, il rencontrera au parloir l’un des meurtriers d’Ihsane. Mêmes parcours, mêmes vies banales, cabossées. Il aurait pu être à sa place. Prise de conscience vertigineuse. Mais il n’a pas tué, lui. Il lui raconte le projet. « Tu as de la chance de faire cette pièce, c’est une bonne opportunité. Profites-en ! » lui dit le meurtrier.

Un théâtre d’utilité publique qui transforme le spectateur

Tom Adjibi a joué dans des films des frères Dardenne. Fou rire dans la salle. Fabian a fait figurant et Suzy silhouette chez les Dardenne, à croire qu’ils sont les premiers employeurs de Liège. Liège, justement. Capitale de la sidérurgie, elle a subi de plein fouet les fermetures des usines. Ville et population dévastées. Combien de générations sur le carreau ? Les meurtriers d’Ihsane sont aussi le fruit de cette histoire. Plus de repères. La vie, la mort, l’alcool, la dope. Fracture économique, sociale, culturelle. Plus rien ne fait sens. Retour à l’être primitif. On cogne sur les plus faibles : femmes, enfants, étrangers, homosexuels. Ihsane était homosexuel. C’est pas « normal » d’être pédé. On peut taper dessus. Pour se ­défouler, s’amuser un peu, laisser libre cours à sa haine, sa haine de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on n’est pas, des rêves qu’on ne rêve plus…

Voilà le théâtre de Milo Rau. Pas assez de place pour tout ce qu’on pourrait écrire, encore et encore. Sur l’interaction – cet équilibre subtil – entre plateau et vidéo. Son théâtre est d’utilité publique. On n’est pas la même personne en quittant la salle. On en sort transformé.

La Reprise. Histoire(s) du théâtre (I), de Milo Rau, gymnase du lycée Aubanel, à 18 heures, jusqu’au 14 juillet.

laît.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Diptyque

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La tromperie venue du fond des âges…

Posté par jacques LAUPIES le 11 juillet 2018

En politique chaque parti, pour ne pas dire chaque classe ou catégorie de classe à ses idéologues, ses économistes, ses dirigeants.
Les peuples face à tous ces éléments, d’une manière générale dans les pays développés, sont partagés en deux camps a peu près égaux : conservateurs et progressistes. Ce qui signifie que l’extrême minorité qui domine « gagne » à elle les consciences ou réussit à les plonger dans l’indifférence, l’égarement politique et parfois la révolte stérile.
La moitié favorable à cette minorité dominante ne peut-être ralliée à elle qu’en s’identifiant à sa position, en mimant ses comportements, en adorant les maitres et les dieux consacrés par elle , en adoptant des valeurs qui sont, le mérite, la réussite individuelle opposées sans vergogne à la médiocrité, à l’échec personnel octroyés à ceux qui n’ont rien.
Il faut éloigner les peuples, autant que faire se peut, des valeurs de coopération, de solidarité, de partage. Cela est d’autant plus facile que l’humanité, bien que ne réussissant dans sa construction que par le triomphe de ces dernières valeurs, se développe sur cette terrible méprise qui à conduit à ignorer que seule la force de travail était créatrice de valeur,  qu’elle générait une plus value dont l’essentiel est empoché par celui qui s’est octroyé la propriété fut ce par la spoliation ou par héritage ! Une propriété dont un certain Proudhon disait qu’elle était le vol !
Mai bon je ne suis guère compétent pour développer  et de plus il est tard ! Alors je vous renvoie à ce site si vous voulez en savoir plus sur la tromperie dont le Alain Minc dont il est question dans l’article sélectionné est orfèvre en la matière.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_de_la_valeur_(marxisme)
Alain Minc. Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Alain Minc. Photo : Lionel Bonaventure/AFP

Trop fort

Mardi, 10 Juillet, 2018

Le billet de Maurice Ulrich. Comment fait-on des réformes en France ? 

Comment fait-on des réformes en France ? Alain Minc, actuellement membre du comité stratégique du groupe Bolloré, essayiste, éditorialiste, sarkozyste et désormais, selon ses propres termes, juppéo-macronien, a son idée sur la question. Et donc, dit-il dans un entretien publié par Libération, « pour faire des réformes, il faut avoir un penchant autoritaire. Sinon, on se heurte à une résistance venue des profondeurs de l’État, le deep state comme dit Trump (…) Pour la surmonter, il faut une main de fer ». Dans son juppéo-macrono-trumpisme, il revendique aussi le macronisme comme une forme de bonapartisme : « C’est ainsi qu’on fait des réformes en France. Napoléon III (le Petit) avait imposé de cette manière le libre-échange. De Gaulle le marché commun, Mitterrand le grand marché et l’euro. » Certes, mais il aura sans doute échappé à Alain Minc que d’autres réformes – les congés payés, la Sécurité sociale, les 40 heures – l’ont été tout autrement avec, si l’on peut dire, un penchant populaire. 1936, 1945 et le CNR, Mai 68… D’accord, mais n’allons pas confondre réformes et… réformes. Il est trop fort, Alain Minc

 

 

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