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Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes

Posté par jacques LAUPIES le 4 juin 2018

 

Commentaire

Un point de positif marqué par le PCF avec cette décision qui outre le grand rajeunissement qu’elle entérine met en avant des candidats dont la notoriété et les qualités d’élus sont reconnues.

Il reste que tout doit – être mis en œuvre, sans tarder pour faire connaître les orientations et programme qu’ils porteront car les questions de l’Europe demeurent encore mal perçues dans l’opinion mais également parmi nombre de militants qui doivent urgemment en débattre…

 

Julia Hamlaoui

Dimanche, 3 Juin, 2018
Humanite.fr
Ian Brossat

Ian Brossat
AFP

Le maire adjoint au logement à la ville de Paris, Ian Brossat a été désigné ce week-end chef de file du PCF pour les élections européennes de mai 2019. 

Face à une « offensive contre les droits sociaux conjointement menée par le gouvernement Macron et dans toute l’Europe », le Conseil national du Parti communiste a également lancé un appel pour « construire une liste de large rassemblement » porteuse des « attentes » et des « combats » de « la jeunesse » ou encore « des acteurs et actrices des mobilisations sociales en cours en métropole comme en Outre-mer ». 

Pour « porter cette démarche », l’élu parisien sera entouré d’une équipe comptant d’ores et déjà les députés européens sortants Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat, les sénateurs Eric Bocquet et Cécile Cukierman, le syndicaliste Gilbert Garrel, le maire de Grigny Philippe Rio, le président du groupe GDR de l’Assemblée nationale André Chassaigne, la responsable Europe du PCF Anne Sabourin, la secrétaire générale du Mouvement jeunes communistes Camille Lainé, et la militante féministe et antiraciste Mina Idir.

Si les candidatures seront soumises au vote de ses adhérents à l’automne,  la résolution adoptée ce week-end, réaffirme également la « disponibilité (du PCF) pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociale, écologique et politique ». Avec, à la clé, une invitation qui leur est adressée pour un premier rendez-vous le 2 juillet.

Après avoir validé « 14 engagements » de campagne en mars dernier – de la défense du service public à la lutte contre le dumping social  en passant par le combat pour l’égalité femme-homme ou l’environnement-,  la formation se propose  aussi de préparer des « Etats généraux du progrès social en Europe avec plusieurs milliers de participants et des invités de toute l’Europe », les 2 et 3 février 2019 à Paris.

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Cheminots : une Ministre qui ferait dans la haine de classe ?

Posté par jacques LAUPIES le 3 juin 2018

« Comment osent-ils s’en prendre à des travailleurs tout autant exploités que le sont d’autres et faire croire à de pauvres cons qui ne voient leur misère qu’en la situant au dessus de celle de leur voisin.

Des cons qui se font baisers par les rapaces qui extorquent 80 milliards à la nation en fraudant fiscalement… »

Voila ce que me disait un de mes amis retraité au langage un peu cru ! Je n’ai rien à y ajouter, peut-être ce constat militanto-marxiste pour l’appuyer : « ou est la conscience de classe dans cette France d’aujourd’hui ? »  Parfois bien absente ! 

Pas étonnant avec ces médias qui  couillonnent toute la faune politique à coup de faits divers dont on n’est pas sur, comme le dernier en date, qu’il n’ait pas été, monté de toutes pièces…

 

Lors de l’examen du projet de loi de la réforme ferroviaire au Sénat, Fabien Gay, sénateur communiste, a argumenté, chiffres à la main, de la réalité concernant les rémunérations des cheminots à l’embauche. Il souligne également que cette attaque du statut cache une volonté de réforme du régime de retraite.

 

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Edouard Louis : « La politique est une question de vie ou de mort »

Posté par jacques LAUPIES le 2 juin 2018

 

Entretien realisé par Maud Vergnol
Lundi, 28 Mai, 2018
Humanité Dimanche
Edouard Louis : « La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres.» Photo : Joël Saget/AFP

Edouard Louis : « La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres.» Photo : Joël Saget/AFP

Le jeune sociologue et auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule  consacre un texte à son père, sur la violence physique qu’infligent les politiques néolibérales aux classes populaires. Un cri de colère et d’amour.

Edouard Louis est une exception française. D’abord parce qu’il est un « transfuge de classe », devenu son propre objet sociologique. S’extirper de son milieu fut pour lui une question de survie. Cette enfance confrontée à la violence, insulté et battu parce qu’« efféminé », il l’a raconté en 2014 avec En finir avec Eddy Bellegueule, récit d’apprentissage fulgurant d’un picard né dans une famille du «lumpenprolétariat », qui atterrira sur les bancs de l’Ecole normale supérieure de la rue d’ULM, à Paris. Le succès du jeune écrivain fut tout aussi flamboyant, désormais traduit dans une trentaine de langues et plusieurs fois adapté au théâtre. Dans quelques semaines, son deuxième roman, Histoire de la violence (2016), sera joué à la Schaubühne de Berlin, mis en scène par Thomas Ostermeier. Qui a tué mon père, publié au Seuil, est un nouveau coup de poing, sec et enragé, qui tape où ça fait mal : dans ces corps abimés par « leur place au monde », que personne ne veut voir. Entretien.

Le titre de votre livre, « Qui a tué mon père », dénué point d’interrogation, sonne comme un réquisitoire. Comment est né ce texte ?  

Edouard Louis : Mon livre part d’un retour. J’ai revu mon père après des années de séparation, pas à cause d’un conflit en particulier mais parce que nos vies avaient pris des chemins différents.  Quand j’ai ouvert la porte de chez lui, il y a quelques mois, j’ai vu son corps dans un état révoltant.  Il  a cinquante ans et son corps est  détruit, il a du mal à marcher, à respirer. Il n’a pas de maladie au nom impressionnant, l’état de son corps est simplement du à sa place au monde, celle qui lui a été imposée toute sa vie. Quand je l’ai vu : j’ai pensé Sarkozy, Macon, Chirac, El Khomri, Valls… Immédiatement, j’ai vu le visage de ses meurtriers. Quand Xavier Bertrand, sous Chirac, a annoncé le déremboursement de certains médicaments, je me souviens précisément de l’angoisse que cela a suscité chez nous. Mon père était alité, parce qu’à 35 ans, un accident du travail dans son usine lui a broyé le dos. D’un seul coup, il ne pouvait plus se payer les médicaments dont il avait besoin. On lui en proposait d’autres, mais moins efficaces. De la même manière, je me rappelle le passage du RMI au RSA, la violence que ca avait representé. Quand il a commencé à aller un peu mieux, il a été basculé de la pension handicapé vers le RMI. IL a du retravailler, comme balayeur. Il était harcelé. On lui disait « soit vous ne retournez pas au travail et on vous enlève les allocations », donc vous mourrez. « Soit vous retournez au travail mais comme vous en êtes malade, vous mourrez ». La mort ou la mort, c’est ce qu’on lui proposait, exactement comme dans le film de Ken Loach « Moi Daniel Blake ».  Je l’ai vécu dans ma chair. Je  revois mes parents en parler devant la télé. Quand j’étais enfant, a cause de tout ça, le passage d’un gouvernement à un autre était un moment de terreur pour nous. Donc pour comprendre l’état du corps de mon père, l’enquête n’était pas nécessaire :  je connaissais le nom des meurtriers. Né d’une commande de Stanislas Nordey, avec ce récit, je voulais qu’on traverse la vie d’un homme en moins de deux heures, que l’oralité, la ponctuation, le rythme lui donnent une puissance politique dans sa brièveté.

La politique est donc une question de vie ou de mort ?

Edouard Louis : C’est une idée que j’ai déjà esquissé dans le volume que j’ai dirigé sur Pierre Bourdieu. J’ai grandi dans un milieu populaire, dans ce Marx appelle le « lumpen prolétariat », parce que mon père a perdu son travail à 35 ans suite à cet accident, et dans mon enfance, les ouvriers ou l’épicière du village étaient pour nous des privilégiés. Notre vision du monde était complètement biaisée. Nous avons survécu des aides sociales : 700 euros pour 7 personnes. Alors quand je suis arrivé à Paris, je me suis rendu compte que la capacité de la politique à détruire un corps ne fonctionnait pas sur la bourgeoisie, surtout celle que je croisais à l’université ou à l’ENS. Plus vous êtes dominants socialement, plus vous êtes protégés des effets de la politique. Sur les 5 euros d’APL par exemple, que Macron justifie avec tant de mépris, chez moi, cela voulait dire manger deux jours en moins : quatre paquets de pates chez liddl et deux pots sauces tomates. Très souvent ma mère nous disait le soir qu’on ne mangerait pas et elle nous servait un verre de lait. Pour nous, la politique ca voulait dire manger ou pas. Ca n’est pas le cas pour les classes dominantes.

Sarkozy, El Khomri, Valls…Pourquoi avez-vous choisi de citer le nom des coupables ?

Edouard Louis : J’ai hésité à les citer au début. Comment écrire leur nom dans un livre de littérature ? On se dit qu’ils ne le méritent pas. Et puis je me suis dit que s’il n’y avait rien de naturel à l’écrire, c’est que je devais le faire, inventer une forme littéraire qui permette de dire ces noms, dire la vérité, que la littérature qui m’intéresse est celle qui inclut dans le champ littéraire ce qui avant en étaient exclu. Comme un homme appelé Raskolnikov a tué une vieille dame dans Crime et Châtiment, des Xavier Bertand, Manuel Valls ou Miriam El Khomri ont assassiné un homme dans Qui a tué mon père. Car plutôt que d’ « exclusion », je préfère parler de « persécution » des classes populaires. C’est quand vous êtes dominant que vous pouvez vous exclure de la politique, car elle n’a pas presque plus d’effets sur vous, sauf dans des contextes très particuliers. La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres. Et Macron amplifie ce mouvement avec un mépris de classe inégalé. Il détruit des corps, des vies, des rêves, des possibilités de fuir, pour donner toujours plus aux plus riches. Comme le dit Didier Eribon, c’est un Robin des bois à l’envers. Moi je dis : c’est un criminel. En ce sens, mon livre est aussi une polémique avec la littérature : pourquoi fait-elle comme si l’histoire de nos vies se déroulait en dehors de la politique, des reformes, des décisions des gouvernements ?

Parallèlement à vos activités littéraires et théâtrales, vous avez commencé une thèse sur « les trajectoires des transfuges de classe ». Vous êtes en quelque sorte votre propre objet sociologique. Alors comment analysez-vous aujourd’hui ce que vous appelez votre « fuite » ?

Edouard Louis : Si j’ai fui, c’est par accident. Cet accident m’a sauvé. Parce que j’étais un enfant gay dans un milieu ou les valeurs masculines écrasaient tout et que mon corps était incompatible avec mon enfance, que j’ai du partir malgré moi. Pendant toute mon enfance j’ai voulu ressembler à mon milieu mais on m’insultait de « sale pédé ». A force, je n’ai pas eu d’autres choix que d’être différent. Mon corps ne pouvait pas répondre aux injonctions à la masculinité. De cette fuite, j’ai construit une conviction que les luttes antiracistes, féministes, ou contre l’homophobie ne doivent pas être opposées à la lutte contre la violence de classes.

C’est précisément sur votre description du racisme et de l’homophobie que votre premier roman « En finir avec Eddy Bellegueule » a été attaqué, jugé « caricatural ». Comment avez-vous vécu la violence de certaines critiques, des journalistes allant jusqu’à filmer votre famille ?

Edouard Louis : C’était une manière de faire taire une réalité que je voulais donner a voir. Pour des gens qui veulent rayer de la carte les classes populaires, les faire disparaitre, au sens littéral, mon livre était insupportable. Parler de la violence sociale en littérature, c’était se battre contre des dominants qui pensent que les pauvres méritent leurs destins,  contre des discours réducteurs sur les classes populaires, pleines de clichés sur la solidarité etc…La réalité est plus complexe. Dans mon village plus de 50 pour cent des gens votaient pour le FN. Ma mère n’avait pas le droit de travailler, de se maquiller, on la traitait de « grosse », mon père l’humiliait aux fêtes du village, elle rentrait en pleurant…Pourquoi je ne devrais pas parler de cela ? Mon père était tellement victime de violence qu’il finissait par la prolonger sur d’autres. Je me souviens que quand il avait trop bu et qu’il était violent, il se mettait à pleurer et se demandait pourquoi il était si violent. Je crois beaucoup en cette idée de la violence des dominants qui se prolonge dans le corps des dominés. Et c’est ça au fond, que certaines personnes ne veulent pas entendre. Heureusement, les mouvements féministes, LGBT, antiraciste, ont fait évoluer le discours sur les classes sociales.  La violence des attaques s’explique aussi par la littérature elle –même, où les classes populaires sont le plus souvent invisibles, surtout ces dernières années. Dans mon enfance, on ne lisait pas de livres. On savait qu’ils ne s’intéressaient pas à nous. Pour mes parents, il n’y avait rien de plus agressif qu’un livre, symbole de la vie qu’on n’aurait jamais, qui leur rappelait leur place au monde. Alors on les excluait en retour, comme une vengeance.

La honte est omniprésente dans vos romans. Est-ce un sentiment que vous avez voulu provoquer chez vos lecteurs ?

Edouard Louis : Oui, je l’avoue, j’avais envie que les lecteurs, qui sont sans doute plus privilégiés que ceux dont je parle dans mes livres s’interrogent : « Qu’est ce que je fais contre ca ? Comment je peux exister au monde quand il sa passe tout ça ? Comment je peux ne rien faire ?… » Personnellement, contrairement à Annie Ernaux qui parle beaucoup du sentiment d’illégitimité qu’elle a connu en arrivant à Paris, j’ai très vite cessé d’avoir honte. J’ai rapidement pris conscience que c’étaient les dominants qui étaient illégitimes. Ecrire m’a permis d’affronter cette honte. Et si les dirigeants politiques que je cite ont honte à la lecture de mon livre, tant mieux… Mais je ne cherche pas le dialogue avec eux. On m’a proposé dans les journaux un« face à face » avec un responsable politique. J’ai refusé. J’allais leur parler de vie ou de mort, de mon pere qui souffre, et eux ils m’auraient parlé de chiffres, de gestion. Il ne faut pas chercher le dialogue avec ces gens là mais la confrontation.  J’écris mes livres pour les affronter. Cela peut paraitre violent c’est l’histoire très classique de la perception de la violence : dénoncer la violence apparait toujours plus violent que la violence elle-même. Comme lors du mouvement « metoo », où des réactionnaires on accusé les femmes d’être agressives, parlant de « délation ». Comme si le problème n’était pas d’agresser les femmes, mais de dénoncer ceux qui le font. Le problème, c’est de dénoncer la violence ou d’être violent ? Se battre, c’est toujours s’affronter à cette perception différentielle de la violence.

A la fin de votre roman, vous relatez un dialogue avec votre père, qui vous lance « tu as raison, il faudrait une bonne révolution ! ». Comment expliquez-vous cette évolution chez votre père ? Est-ce au contact de votre propre parcours ?

Edouard Louis : il s’est complètement transformé. Lui qui a voté FN toute sa vie, désormais il critique le racisme. Lui que j’ai entendu dire « il faut tuer les pédés », il me demande de lui parler de l’homme que j’aime. Sans doute mes livres, les débats qu’ils ont suscités, ont aidé mon père à trouver d’autres manières de se penser, de parler de lui-même. Voter FN était une manière de dire « je souffre » car il avait l’impression que c’étaient « les seuls qui parlent de nous », j’ai entendu ca toute mon enfance. Ce qui est faux, bien sûr, mais les discours de la gauche n’arrivaient pas à l’atteindre, parce qu’elle ne parlait pas de la réalité qu’il éprouvait. Aujourd’hui, mon père cible ses vrais ennemis : les dominants qui le combattent. L’élection présidentielle a aidé là-dessus. J’ai vu des gens de mon village qui ont voté France insoumise alors qu’ils votaient pour le FN depuis toujours. Il y a une reconquête de la gauche très importante en ce moment.

« Révolution », c’est le dernier mot de votre livre. C’est un appel ?

Edouard Louis : Oui… On atteint un tel  niveau de violence politique en France, on étouffe tellement que nous n’avons plus le choix. Oui, je suis dans un état révolutionnaire. Et si j’ai écrit Qui a tué mon pere, c’est parce j’appelle à mettre toutes les forces de l’art, de la littérature, de la politique, du journalisme à lutter ensemble pour arrêter Macron, et toute la violence qu’il porte avec lui, dans ses décisions et son discours.

Edouard Louis : « La politique est une question de vie ou de mort » dans POLITIQUE

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Accueillir Netanyahou, le boucher de Gaza, serait une honte

Posté par jacques LAUPIES le 1 juin 2018

 

France-israël
Pierre Barbancey
Jeudi, 31 Mai, 2018
L’Humanité
Accueillir Netanyahou, le boucher de Gaza, serait une honte dans POLITIQUE

Recevoir le premier ministre israélien le 5 juin à Paris serait une acceptation des crimes de guerre contre les manifestants de Gaza. La saison France-Israël doit être annulée, estiment des dizaines de personnalités.

C’est un pays, Israël, qui possède l’une des armées les plus puissantes de sa région. Depuis plusieurs semaines maintenant, ses soldats sont postés aux abords d’une enclave où la densité de population est l’une des plus importantes au monde. Les manifestations qui s’y déroulent, populaires et pacifiques, visent d’abord à revendiquer le droit au retour pour des populations déracinées depuis des décennies. Dans ce territoire, qui compte plus d’un million d’habitants, beaucoup sont encore des réfugiés, vivent dans la précarité et dans le souvenir, transmis de génération en génération, des maisons abandonnées à la va-vite, aujourd’hui détruites par un occupant qui, à force de parcs forestiers, veut faire disparaître leur mémoire. Ces gens manifestent aussi pour dénoncer le blocus qui est leur imposé depuis onze ans. Inhumain et terrible. Ils viennent également crier une forme de désespoir parce qu’ils se sentent abandonnés par le reste du monde. Parce que les déclarations, aussi belles soient-elles, n’ont rien changé à leur quotidien. Un quotidien fait de morts, d’angoisse, de mal-vie. Mais jamais de renoncement. À travers ce drame humain, la dignité reste. Toujours renforcée par une volonté de vivre. D’exister.

Ce sont les Palestiniens. De Cisjordanie ou de Gaza. Mais c’est à Gaza que se déchaîne en ce moment toute la violence d’une armée d’occupation. L’occupation d’Israël sur les territoires palestiniens. Comme le déclarait à l’Humanité l’ancienne représentante de la Palestine d’abord en France puis auprès de l’Union européenne Leila Shahid (voir notre édition du 22 mai), il s’agit, depuis soixante-dix ans, de la « dépossession » des Palestiniens. Une dépossession qui, ces derniers jours, a trouvé un point d’orgue. Des dizaines de milliers de Palestiniens manifestent chaque semaine sur leur propre territoire, amputé de « zones tampons » dessinées par Tel-Aviv. Quand ils s’en approchent, ils sont fauchés par les snipers israéliens courageusement cachés au sommet de dunes et qui font un carton sur ceux qui leur semblent intéressants : des porteurs de drapeaux palestiniens, des secouristes ou des journalistes, pourtant aisément reconnaissables, des femmes et des enfants. Un homme bien connu parce qu’avec sa carriole il vendait des boissons sur les lieux du rassemblement a été tué. Peu auparavant, un autre Palestinien qui circulait en chaise roulante après avoir été amputé de ses deux jambes suite à ses blessures a été lui aussi victime des tirs israéliens.

Condamnations européennes

Hormis les États-Unis, soutien indéfectible d’Israël, aucun pays dans le monde ne trouve le moyen d’exprimer la moindre excuse au premier ministre Benyamin Netanyahou, à la tête d’un gouvernement essentiellement composé de colons et de dirigeants d’extrême droite. Tout au plus la plupart des pays européens ont cherché à renvoyer dos à dos les protagonistes, parlant « d’affrontements », de « violences » dont devraient s’abstenir les deux parties. Pourtant, l’émotion qui a saisi le monde entier devant les images n’a pas laissé le moindre doute sur les violations israéliennes des droits de l’homme, cette volonté de tuer pour tuer.

Pour la première fois depuis longtemps, et malgré les tentatives israéliennes, les peuples du monde n’ont pas accepté les fausses explications des dirigeants israéliens, qui, comme toujours, prônent la légitime défense. Tout le monde a pu voir des manifestants désarmés tomber, morts ou blessés, sous les balles explosives. Depuis des semaines, les témoignages se multiplient, allant tous dans le même sens. Et que dire de cette journée du 14 mai, date de l’inauguration de l’ambassade des États-Unis, qui venaient, contre toutes les résolutions internationales, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ? Les manifestations se sont multipliées : 60 morts, des centaines et des centaines de blessés. Depuis ce jour, la question palestinienne est de nouveau à la une des journaux – « le New York Times comme le Washington Post ont privilégié une photo de Gaza en ouverture, plutôt que celle de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade avec la fille et le gendre du président… », écrit même le site du magazine français l’Obs.

Plaintes pour crimes de guerre

Des habitants de Gaza, soutenus par l’Autorité palestinienne (AP), ont enfin déposé des dossiers devant la Cour pénale internationale (CPI). Le crime est enfin évoqué. Pas un crime simple. Non, un crime de guerre. Israël, qui bafoue toutes les lois internationales depuis des décennies, va-t-il enfin répondre de ses actes devant une juridiction internationale ? Des dizaines de milliers de personnes à travers le monde l’espèrent. Pas, contrairement à ce que voudrait faire croire une certaine propagande en France relayée au plus haut niveau de l’État, par antisémitisme. De nombreux Français juifs dénoncent eux-mêmes la politique meurtrière et sans avenir de Netanyahou.

La semaine dernière, le premier ministre français, Édouard Philippe, a annulé son déplacement à Jérusalem pour l’inauguration de la saison croisée Israël-France/France-Israël. Si tout le monde comprend le pourquoi de l’annulation, l’explication donnée a manqué de courage politique puisque officiellement il était question de problèmes intérieurs français. Or, le 5 juin, Benyamin Netanyahou doit officiellement rejoindre Emmanuel Macron au Grand Palais, à Paris, pour cette inauguration. Là encore, une pétition enjoint le président français d’y renoncer et d’annoncer l’annulation de cette saison France-Israël. Ce serait recevoir au pays de la Déclaration des droits de l’homme un homme passible de l’accusation de crimes de guerre. Ce serait faire l’apologie, au moment même où un peuple se fait massacrer et ne recouvre pas ses droits, d’un État sans frontières internationalement reconnues dont les principaux logos sont l’occupation et la colonisation.

L’incapacité des autorités françaises à faire respecter le droit international dès lors qu’il s’agit d’Israël devrait très certainement renforcer la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), arme pacifique (si l’on accepte cet oxymore) à même de faire plier Tel-Aviv : le boycott des produits israéliens et ceux des colonies par les citoyens ; le désinvestissement que les sociétés françaises doivent opérer sous peine de se retrouver complices de crimes de guerre ou contre l’humanité ; des sanctions, enfin, que la France et les États européens doivent voter – à commencer par la suspension des accords entre l’UE et Israël – jusqu’au respect des résolutions de l’ONU et du droit international. Et puis, Emmanuel Macron pourrait, comme le demande le Parlement, reconnaître l’État de Palestine. Un geste qui serait sans ambiguïté pour la paix au Proche-Orient.

Un appel pour l’annulation de la saison france-israël

Des dizaines d’intellectuels invitent, dans un appel au président de la République, Emmanuel Macron, à « faire en sorte que la saison France-Israël 2018 n’ait pas lieu ». « Ne nous entretenons pas d’“éducation” ou d’“idées” avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8 000 », écrivent-ils, rappelant le contexte actuel, « où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué ». « Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’homme et les conventions internationales signées par la France », alertent-ils.

Pour retrouver cet appel : www.france-palestine.org/Nous-demandons-l-annulation-de-la-saison-France…

 dans POLITIQUE
Grand reporter

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