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On se demande qui est le plus dégueulasse !

Posté par jacques LAUPIES le 14 juin 2018

 

 

Un parlement ou plus de 400 députés (de droite, du centre et de la « macronie ») approuvent une réforme qui livre le rail aux projets d’une bourgeoisie qui  tôt ou tard espère se faire des profits sur le dos des cheminots et des contribuables ?

Un Président son illustre commis qui plume les plus pauvres et enrichit ses commanditaires du MEDEF ? Et va se faire introniser dans un Congrès mutualiste, probablement amers

La patronne du Rassemblement National qui approuve haut et fort les « néo fascistes » italiens avec la bénédiction du « souverainiste » Dupont d’Aignan ? Avec en plus la révélation de ses intentions haineuses !

Les dirigeants Européens qui préfèrent refiler le « pognon » des contribuables aux banques plutôt que de  sauver quelques centaines de milliers de pauvres bougres qui crèvent de peur et de faim ?

Je pourrais y ajouter ces dizaine de milliers de petits bourgeois,  ou qui se considèrent comme tels, et n’ont pas compris qu’ils ont plus à gagner aux côtés de la classe ouvrière qu’auprès des escrocs qui piquent 80 milliards en fraudant la nation ?

Sur le marché une vieille dame qui vivait de la pension de réversion de son défunt mari, me disait parlant des politiques de ce pays : « ils sont tous les mêmes : une fois élus ils se moquent de nous ! « 

Non Madame, ils ne sont pas tous les mêmes et si vous avez entendu le Député Communiste Roussel, ce mercredi après midi, intervenir pour contester la réforme de la SNCF et toutes les atteintes sociales du pouvoir qui vous concernent, peut-être ferez vous la différence entre élus de droite notamment et élus communiste.

Un peut comprendre la confusion qui vous habite mais on se doit d’en révéler la nocivité.

Vous avez le droit de juger qui est le plus dégueulasse parmi ceux qui vous trompent mais vous avez le devoir de reconnaître ceux qui se battent bec et ongle pour défendre vos intérêts !

 

 Bernard Lavilliers – Croisières méditerranéennes

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Emmanuel Macron veut encore plus de précarité pour les pauvres

Aides sociales
Lionel Venturini
Jeudi, 14 Juin, 2018
L’Humanité
Le 26 mai, lors de la «	Marée populaire	» à Paris, à l’ appel de plus de 60 associations, syndicats et partis de gauche. Julien Jaulin/HL<br /><br /><br />

Le 26 mai, lors de la « Marée populaire » à Paris, à l’ appel de plus de 60 associations, syndicats et partis de gauche. Julien Jaulin/HL
 

À l’occasion d’un discours devant les mutuelles françaises, le chef de l’État est revenu plus largement sur les contours de la société dont il rêve pour le pays. Pourfendant les « statuts », il propose, au nom de la « mobilité », une protection moindre, dans un marché de dupes.

La publication par les communicants du président d’une vidéo où Emmanuel Macron affirme qu’on « met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas », en prélude à son discours devant la mutualité française, n’est pas un accident. Depuis plusieurs semaines déjà, la petite musique d’une vaste refonte des aides sociales est jouée au gouvernement. Gabriel Attal, porte-parole du parti LREM, a beau dire qu’il n’y aurait « pas de diminution des aides individuelles qui sont perçues aujourd’hui par les Français », dans une interview au JDD, la ministre de la Santé affirmait le contraire. Le gouvernement, assure Agnès Buzyn, ne fera pas d’économies « sur le dos des pauvres », mais sans s’interdire de « réinterroger » un dispositif d’aides sociales « s’il ne produit pas les résultats attendus ». « Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté. Et sur la santé, c’est pareil », affirme le président. En termes plus directs, « lui qui d’un côté n’a pas hésité à augmenter le point de CSG, y compris pour les retraités, à réduire le montant de l’aide personnalisée au logement, à affaiblir tous les bailleurs sociaux et à supprimer les emplois aidés… n’a en revanche pas lésiné à redistribuer vers les plus riches en supprimant l’ISF ou créant la flat tax », a commenté l’ex-ministre socialiste Martine Aubry.

Devant le congrès de la Mutualité française, Emmanuel Macron a redit son credo, de vouloir « mieux responsabiliser tous les acteurs », à commencer donc par les pauvres eux-mêmes, qui sont un peu responsables de leur sort, selon la pensée classique à droite. À plusieurs reprises, le chef de l’État hier a redit vouloir en finir avec « une société de statuts ». Son discours, qui réhabilite le fantasme de pesanteurs françaises, opère en fait un curieux retournement : ce qui était protecteur, le statut, serait désormais un frein. En réalité, Emmanuel Macron passe ainsi d’une logique de protection collective qu’apporte le statut, qui doit ici être vu au sens large d’un ensemble de droits ouverts, à une logique de l’individu. Où au passage chacun perd la protection antérieure qu’apportait le statut. La « disruption » chez Macron, comme le soulignait récemment Bernard Stiegler, est d’abord une manière de tétaniser, une stratégie « pour prendre de vitesse ses compétiteurs et ses régulateurs ». Macron est le premier à reconnaître qu’il n’y aura pas de « grand tournant social », mais ne dit pas que, pour « rendre les droits effectifs », il faudra en rogner, alors que les minima sociaux que perçoivent un peu plus de 10 % de la population sont déjà sous le seuil de pauvreté.

Les cheminots sont les premiers à en faire les frais

Pour l’heure, dans la mise à bas de cette « société de statuts » qui prépare l’extension du travail précaire, les cheminots en font les premiers les frais. D’autres pourraient venir : rencontrant des journalistes récemment, un proche du président reprenait la formule de « société de statuts » pour résumer la première année du quinquennat, expliquant que son enterrement avait déjà commencé quand « travail et mérite se retrouvent dans toute une série de réformes ».

Dans Challenges en 2016, Emmanuel Macron se faisait clair, « la solution est que l’État protège non les statuts ni les rentes de manière diffuse, mais les individus de manière transparente : c’est vers cela qu’il faut aller ». Que comprendre, sinon que l’État ne devrait assurer qu’une protection minimale, en échange de garantir une hypothétique mobilité sociale ? En 2016, Macron affirmait déjà « notre société n’est pas la plus inégalitaire, mais elle est l’une des plus immobiles ». « Ce sont, ajoute-t-il, des morceaux de la société qui se sont organisés pour défendre leurs intérêts (…). Des professions ont créé des barrières à l’accès des plus jeunes. »

C’était avant d’être élu, avant même d’annoncer la réforme de la SNCF, dont l’un des volets est d’en finir avec le statut des cheminots, pour les futurs embauchés. Or, jamais n’est expliqué en quoi le statut des actuels cheminots est un frein à la mobilité sociale. La réponse est simple : il n’y a pas de rapport. Ce n’est pas le statut des cheminots qui empêche les jeunes des quartiers populaires ou ceux qui ont basculé dans la précarité de s’inventer un avenir.

Le « plan pauvreté », promis pour le mois prochain, à peine esquissé hier par le chef de l’État, qui en est resté aux grands principes, participe de la même logique. Objectif, selon l’Élysée, « davantage d’investissement social que de lutte monétaire contre la pauvreté, fondée sur la redistribution d’allocations ».

Le paradoxe est que, « protégés par leur statut, leur activité ou leur diplôme, les classes aisées ferment les yeux sur l’armée des flexibles qui font tourner l’économie en décalé et exercent les tâches les plus ingrates, à la maison comme dans l’entreprise », écrit Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités (lire également l’entretien ci-contre). Le futur président avouait encore en 2016 être « contre l’égalitarisme, qui est une promesse intenable ». S’il n’y a plus de redistribution, alors il est aisé « de passer à une société de la mobilité et de la reconnaissance, où chacun occupe une place différente ». La mobilité devient un paravent pour ouvrir la voie à la déréglementation.

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La paix grâce à la bombe ?

Posté par jacques LAUPIES le 13 juin 2018

Les trou du cul de l’information télévisée sont déboussolés : Trump qui a sa part de responsabilité dans leur désorientation et Kim – ce « dictateur » dont le communisme est éminemment discutable – ont enclenché ce qui peut être considéré comme un processus de paix.

De quoi évidemment bousculer les petites têtes qui font hélas l’info et interprètent l’histoire au gré de leur pensée imbibée de soi disant défense des droits de l’homme, de  démocratie, de liberté, valeurs qui ornent leur soumission camouflée aux classes dominantes.

Certes ils ne sont pas tous comme ça ! 

Et puis il leur arrive parfois, en leur qualité de journaliste et commentateur de rencontrer l’objectivité et sur certains sujets, ou l’on ne se mouille pas trop ! Existent tout de même des professionnels de l’info et de l’analyse politique qui osent la vérité

Certains même donnent le ton comme ce commentateur sur un plateau de la 5 qui se hasarde au constat : cette rencontre prometteuse entre les deux leaders est due à l’existence de la bombe atomique rappelant ainsi que le rapport de force militaire peut avoir un sens pour qui ne bénéficie pas d’un bon rapport de force économique. Et d’en conclure que si Kadhafi et Bachar El Assad en avait disposé les occidentaux auraient regardé à deux fois avant d’intervenir militairement !

Ce qui devrait inciter les partisans du désarmement général à ne pas omettre que personne n’a le droit de prétendre imposer aux autres de se désarmer si lui même ne met un terme à son propre armement.

Au nom de quoi un pays peut il se prévaloir plus responsable qu’un autre ! De la démocratie ou de la démocratie qu’il pratique ? On peut en effet se poser la question car de Trump à son homologue chinois en passant par Macron et sa consœur anglaise sans oublier le Président israélien, ce n’est pas la démocratie qui commande mais le rapport de force de classe. Et là le pire est à craindre !

Cela dit l’humanité au stade précaire ou elle en est, malgré ses nombreux progrès, se doit de se libérer des armements et elle ne peut supporter de vivre avec l’épée de Damoclès.

Alors la solution, la vraie réponse ne peut provenir que de la volonté populaire qui ne peut évidemment se satisfaire de la forme de démocratie électorale mais de sa propre capacité d »organisation et d’action.

Comme c’est bizarre : la aussi ?

Diapositive 1 sur 17: Dimanche 10 juin, Kim Jong-un quitte Pyongyang.

 

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Agro-carburants : un révélateur du double jeu du président Macron

Posté par jacques LAUPIES le 12 juin 2018

Gérard Le Puill
Lundi, 11 Juin, 2018
Humanite.fr
Blocage de la rafinnerie de Donge, ce matin. Photo : Stéphane Mahé/Reuters

Blocage de la rafinnerie de Donge, ce matin. Photo : Stéphane Mahé/Reuters

Comme annoncé la semaine dernière, les militants des syndicats agricoles FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont bloqué 13 raffineries et dépôts de carburant en France. Au-delà de l’opposition des deux syndicats aux importations massives d’huile de palme pour alimenter la raffinerie rénovée de Total à La Mède. Cette action met en cause le double langage ainsi que le double jeu du président de la République et de son gouvernement. 

Avec leurs tracteurs et le matériel indispensable pour tenir un siège de quelques jours, des groupes de 70 à 160  militants paysans ont bloqué cette nuit et ce matin les 13 sites qu’ils avaient ciblé. Dans une tribune signée de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et de Jérémy Decerle, président des Jeunes Agriculteurs, les deux dirigeants nationaux justifient cette action et critiquent la politique du gouvernement en ces termes :

« D’un côté, ce dernier propose une loi « Etats généraux de l’alimentation » qui, tant bien que mal, tente de redéfinir le cadre  d’un plus juste partage de la valeur ajoutée entre l’agriculteur et son aval, tout en engageant  l’agriculture vers une meilleure performance sociale, et environnementale (…) D’un autre côté, le gouvernement ouvre grand les portes à l’importation distorsive de produits alimentaires qui ne respectent pas les standards de production français, par la signature ou l’acceptation d’accords de libre échange (CETA, Mercosur, Mexique, Australie, Nouvelle Zélande…). Le CETA permet, par exemple, l’importation de produits contenant 46 molécules interdites en France ». Les deux dirigeants syndicaux dénoncent une « stratégie  édifiante qui va encore accélérer le déclin de l’agriculture française qui, rappelons le, emploie avec l’ensemble des secteurs qui lui sont liés 14% des actifs. Un moteur essentiel de l’activité économique des territoires ruraux. Ainsi, le gouvernement exige toujours plus des agriculteurs en leur imposant des contraintes supplémentaires et « en même temps», il les expose à une concurrence  déloyale mortifère », soulignent Christiane Lambert et Jérémy Decerle.

On notera à ce propos que les seules critiques et propositions d’amendements venues des rangs des députés du groupe LREM à l’Assemblée nationale n’ont guère consisté à mieux rémunérer les paysans français par des prix décents mais à les handicaper par la concurrence intra et extra-européennes en proposant d’interdire l’utilisation du glyphosate en France dans trois ans, sans se soucier du fait que ce ne serait pas le cas pour les produits importés des autres pays membres de l’Union européenne comme des pays tiers via les accords de libre échange.

Pour « des standards européens qui protègent le consommateur »

Estimant qu’une autre voie est possible, la déclaration commune de Christiane Lambert et Jérémy Decerle affirme que l’Europe doit porter « l’ambition de définir des normes communes applicables sur l’ensemble du territoire afin de supprimer les distorsions internes inacceptables. L’ambition, par la, taille du marché européen, d’imposer des standards européens qui protègent le consommateur, les sols, la biodiversité, les ressources ( …) Au niveau Français ensuite, en étant cohérent et en interdisant l’importation de tout produit des pays tiers ne correspondant pas, aux standards de production français et en mesurant les impacts économiques de toutes nouvelles normes décidées en France ».

C’est dans ce contexte que l’importation annuelle de quelques 300.000 tonnes annuelles d’huile de palme par Total pour son unité de La Mède qui travaillera 650.000 tonnes de matières premières pour produire du diester. Dans  ce chiffre global interviendrait un volume indéterminé d’huiles de fritures recyclables et environ 50.000 tonnes d’huile de colza, soit moins de10%  de la production annuelle. Or la trituration de chaque tonne de colza permet de disposer de 500 kilos de tourteaux qui entrent dans l’alimentation des herbivores ruminants, des porcs et des volailles alors le fruit du palmier ne laisse que 11%de son poids en tourteaux. Sans être vertueuse dans la lutte contre  le réchauffement climatique, l’utilisation du colza pour produire des agro-carburants dans les installations existantes a l’avantage de rendre la France moins dépendante des tourteaux de soja importés d’Amérique du sud.

Stéphane Travert donne carte blanche à Total

Intervenant ce lundi matin sur RTL, le ministre de l’Agriculture a déclaré d’emblée que le gouvernement « ne reviendra pas » sur l’autorisation donnée à Total pour importer de l’huile de palme. Considérant que ces blocages de sites sont « illégaux», il ajouté que « ce n’est pas en bloquant les raffineries qu’on trouvera les solutions qu’on trouvera les solutions adéquates ».

Mais comment les trouver alors ? Au micro de RTL Stéphane Travert a émis le vœux suivant : « je souhaite que demain, Total et les entreprises agricoles qui produisent des biocarburants, puissent se mettre d’accord sur une base de prix, sur un contrat, qui permettrait d’offrir des débouchés à la filière colza française».

Tout dépendra donc de la bonne volonté, ou pas, du PDG de Total. C’est sans doute pour cela que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, continue de se taire.

Journaliste et auteur

 

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Élections européennes. À gauche, on cherche à éviter un mauvais remake de 2017

Posté par jacques LAUPIES le 11 juin 2018

Pas le temps de commenter cet article d’autant que personnellement je suis très sceptique  sur l’opportunité  de partir encore une fois dans une idée de rassemblement qui ne semble d’ailleurs pas très partagée.

Et que cela mérite un temps de réflexion…

 

 

 
Lionel Venturini et Maud Vergnol
Lundi, 11 Juin, 2018
L’Humanité
Benoît Hamon et Yanis Varoufakis ont appelé au rassemblement de tous ceux «	qui partagent le même sentiment d’urgence de ne laisser l’Europe ni aux libéraux ni aux nationalistes	». Nicolas Messyasz/Sipa<br />

Benoît Hamon et Yanis Varoufakis ont appelé au rassemblement de tous ceux « qui partagent le même sentiment d’urgence de ne laisser l’Europe ni aux libéraux ni aux nationalistes ». Nicolas Messyasz/Sipa
 

Vendredi, Benoît Hamon et Yanis Varoufakis ont lancé l’idée d’une primaire en amont du scrutin européen. Une proposition fraîchement accueillie à gauche. Pour le PCF, « le problème n’est pas celui du casting, mais du scénario ».

Chacun partira-t-il dans son couloir ? À moins d’un an désormais des prochaines élections européennes (on devrait voter le 26 mai 2019 en France), les forces de gauche s’avancent pour le moment en ordre dispersé. Coup sur coup ce week-end, Génération·s, fondé par Benoît Hamon, EELV, mais aussi le PS ont planché sur l’équation. Pour l’heure, celle-ci ressemble furieusement à celle de la présidentielle : morcelée. Vendredi soir, Benoît Hamon et Yanis Varoufakis, entourés de représentants de différentes formations du Printemps européen, la liste transnationale lancée en mars par l’ancien ministre grec, ont présenté les contours de leur plateforme électorale pour les européennes. L’occasion d’appeler au rassemblement de tous ceux « qui partagent le même sentiment d’urgence de ne laisser l’Europe ni aux libéraux ni aux nationalistes », et de lancer l’idée d’une sorte de « primaire » européenne des forces progressistes, pour faire barrage à la droite européenne réunie au sein du PPE. « Nous proposons une consultation sur les contenus, le projet, le dispositif politique et humain que nous aurons… » a lancé Benoît Hamon. Cette consultation porterait tant sur le projet que sur le « Spitzenkandidat ». Sous ce vocable allemand, se cache la « tête de liste » destinée à s’imposer comme le président de la Commission européenne, dont la désignation, selon les traités, ressort en principe du huis clos des chefs d’État des 28.

Europe écologie-les Verts pose ses conditions

Une liste avec Génération·s ? Une partie des écologistes d’EELV n’y seraient pas hostiles, même si l’eurodéputé Yannick Jadot, candidat à la dernière présidentielle avant de se retirer en faveur de… Benoît Hamon, milite ardemment pour une candidature autonome de son parti. « Soit le projet de Génération·s, c’est de recomposer la gauche traditionnelle et c’est un projet estimable mais qui n’est pas le nôtre, soit le projet de Génération·s, c’est de construire l’écologie et la force politique du XXIe siècle pour battre le libéralisme et battre le populisme, et là, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas ensemble », a affirmé samedi David Cormand, à l’issue du conseil fédéral d’EELV. Autrement dit, si EELV peut envisager de faire liste commune avec Génération·s, c’est à la condition d’« une ligne clairement écologiste » et d’en avoir le « leadership » – le nom de Noël Mamère est sérieusement avancé. « Laissons les citoyens de gauche décider quel sera le meilleur projet, balaie Benoît Hamon. Nous n’avons a priori aucune exclusive, même si nous observons que certains, avec beaucoup de constance, rejettent la possibilité d’un rassemblement en Europe », visant la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Estimant que le nom de Noël Mamère comme tête de liste est une « bonne possibilité » – qui dispenserait Hamon de porter la responsabilité d’un éventuel échec et lui permettrait de se rendre disponible pour 2022 – le leader de Génération·s a aussi indiqué avoir invité Ian Brossat, chef de file du PCF pour les européennes, à la convention de son mouvement, le 30 juin à Grenoble.

Le PCF n’a pas enterré l’idée d’une liste de rassemblement

« Le problème n’est pas celui du casting, mais du scénario. Donc la primaire ne me paraît pas l’instrument adapté pour y répondre », a réagi hier Ian Brossat. Le PCF, qui compte défendre son propre projet pour sortir de l’affrontement entre pro et anti-Européens, n’a pas pour autant enterré l’idée d’une liste de rassemblement. « Macron veut piéger le débat des européennes, dénonçait, lundi dernier, Pierre Laurent lors d’une conférence de presse. Il faut opposer à cela une perspective sociale de coopération dans toute l’Europe qui tire les droits sociaux vers le haut, qui tire l’Europe vers un véritable projet social, écologique et démocratique. » Le secrétaire national du PCF rappelait également qu’« une liste large de la gauche sociale et politique est possible et nécessaire ». « Le choix que nous avons fait de désigner un chef de file ne doit pas être compris comme une renonciation à l’idée de rassemblement. Au contraire. Mais proposons à nos potentiels partenaires de parler du fond », abonde Ian Brossat. C’est le sens de l’invitation lancée le week-end dernier par le PCF, à l’issue de son conseil national, « aux forces de la gauche sociale et politique et à plusieurs centaines de personnalités » pour un rendez-vous de travail le 2 juillet.

La France insoumise veut faire cavalier seul

Mais, si les lignes téléphoniques à gauche ne sont pas coupées, certaines sonnent dans le vide. C’est le cas de la France insoumise, déterminée à partir en solo. Car le scrutin européen sera déterminant à plus d’un titre pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui prétend toujours incarner à lui seul l’alternative à Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la FI ne compte qu’un député au Parlement européen, Younous Omarjee, qui s’est fait connaître récemment sur l’interdiction de la pêche électrique. Grâce au nouveau mouvement européen lancé avec l’espagnol Podemos et le portugais El Bloco, Jean-Luc Mélenchon compte bien défendre sur la scène européenne son « plan A » – c’est-à-dire la renégociation des traités – et, en cas de désaccord, son « plan B », la sortie de l’Union européenne, se laissant la liberté de disputer ainsi à l’extrême droite de Marine Le Pen le terrain, lucratif, de l’euroscepticisme. La liste FI, dont 70 noms ont été dévoilés le 4 juin, devrait être conduite par Manuel Bompard, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle, ou Charlotte Girard, la coauteure du programme de la FI. Cette liste doit encore être soumise au vote des insoumis, avant la fin du mois de juin. Mais la stratégie hégémonique du mouvement pourrait s’avérer beaucoup plus compliquée que pour l’élection présidentielle. L’incroyable dynamique politique de 2017, qui avait porté la gauche alternative, derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon, à près de 20 %, est aujourd’hui en cale sèche. Le dernier sondage réalisé par Elabe, les 29 et 30 mai, ne crédite la FI que de 10 % des intentions de vote, avec seulement 30 % pour l’ensemble de la gauche… En face, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se taillent la part du lion (respectivement crédités de 24 % et 19,5 %). Alors, sans électrochoc pour mobiliser à gauche les classes populaires, l’élection européenne risque de jouer un mauvais remake de l’élection présidentielle.

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Santé publique : le renoncement intensif face aux lobbies

Posté par jacques LAUPIES le 10 juin 2018

 

PIA DE QUATREBARBES ET LATIFA MADANI
Jeudi, 7 Juin, 2018
Humanité Dimanche
Santé publique : le renoncement intensif face aux lobbies dans POLITIQUE

Getty Images

Emmanuel Macron a choisi : c’est « business » d’abord. La santé publique, elle, passe à la trappe. Dernier exemple : la loi agriculture et alimentation, qui devait promouvoir « une alimentation saine ».

Protéger la santé des Français et agir pour le climat. Emmanuel Macron candidat en avait fait sa ligne rouge. Il n’a cessé de la franchir. En lançant les états généraux de l’alimentation, il s’engageait pour « une alimentation saine et durable ». Mais la loi agriculture et alimentation adoptée le 30 mai ne contient aucune mesure en ce sens, ou presque. Mêmes celles portées au sein de sa majorité ont été rejetées. Exit la limitation des épandages de pesticides près des habitations, l’interdiction des pubs pour les aliments trop gras et trop sucrés destinées aux enfants ou la sortie du glyphosate « dans les trois ans ».

Le bilan du gouvernement pour la santé des Français est celui d’une série de renoncements. Ça a commencé par le Ceta, le traité de libre-échange entre le Canada et l’UE, qui s’exonère du principe de précaution. Il y a eu ensuite, sur les perturbateurs endocriniens, reconnus toxiques, l’alignement, à la baisse, de la France sur une définition trop permissive de la Commission européenne, alors même que Paris promettait de porter le combat contre ces substances chimiques que l’on retrouve dans les aliments, les meubles, l’air que l’on respire…

Même chose sur la lutte contre la pollution atmosphérique. La France de Macron – et de son « Make our planet great again » – est traînée devant la justice européenne pour avoir allègrement dépassé les seuils autorisés. Alors que chaque jour qui passe apporte son lot de mauvaises nouvelles sur l’effondrement de la biodiversité, le président préfère donner des gages aux multinationales de l’agrochimie pour qu’elles puissent continuer impunément à nous polluer et à nous intoxiquer. En voici 5 exemples des plus emblématiques.

1 Glyphosate et pesticides : le grand bond en arrière

Un pas en avant, un pas en arrière… Et rien n’avance. Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au monde, est classé « cancérogène » probable par le Centre international de recherche sur le cancer. En France, 8 000 tonnes sont déversées chaque année. Pendant des mois, le gouvernement a hésité : interdiction totale, voulait Nicolas Hulot à l’écologie, autorisation pendant 5 à 7 ans, prônait Stéphane Travert à l’agriculture. Le 27 novembre, la France demandait une autorisation de 3 ans… Raté, le glyphosate a été réautorisé par l’Union européenne pour 5 ans. Mais Emmanuel Macron promettait : « La France l’interdira dans 3 ans. » Au Salon de l’agriculture en février, il allait encore plus loin face à un céréalier « J’aurai à répondre de ce que je fais… Les ouvriers agricoles, les consommateurs demain diront : “Vous aviez le glyphosate, vous le saviez et vous n’avez rien fait !” Ils me regarderont les yeux dans les yeux, ils n’iront pas vous chercher, vous. »

Le 28 mai, l’amendement du député macroniste Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, signé par 70 députés, voulait inscrire dans la loi cette promesse : l’interdiction au 1er juillet 2021. En séance, il est rejeté par 63 députés macronistes (20 ont voté pour). Le gouvernement, lui, propose un bilan d’ici 18 à 24 mois pour évaluer l’avancée des recherches… Idem sur les pesticides. Le plan pesticides réaffirme l’objectif du précédent : 50 % de réduction des pesticides en 2025. En 5 ans, leur quantité a pourtant augmenté de 5 %. « Il n’y a pratiquement rien dans ce plan, il va se résumer à la séparation de la vente de pesticides et du conseil en agriculture. Le gouvernement veut limiter le scandale en affichant le nombre de traitements de pesticides faits sur les produits », dénonce Emmanuel Aze, en charge du dossier pesticides à la Confédération paysanne (lire entretien page 46). Pour lui, c’est « techniquement impossible, notamment dans le cadre des coopératives dont les coopérants n’ont pas les mêmes pratiques. Et en plus, ça ne dit rien de la dangerosité des produits ».

2 La santé des enfants, ce n’est rien face aux recettes de pub !

Un enfant sur six est en surpoids ou obèse en France, mais le marketing alimentaire a de beaux jours devant lui. Sur l’avis du gouvernement, l’Assemblée nationale a refusé d’interdire les publicités pour les produits alimentaires trop gras, trop sucrés et trop salés à destination des enfants… Plusieurs députés LREM, Modem, PCF et FI ont alors proposé de rendre obligatoire le Nutri-Score dans les spots publicitaires visant les moins de 16 ans. Un amendement soutenu par 80 députés LREM, mais pas par le gouvernement ! Pourtant, ce logo aux 5 couleurs – du vert à l’orange – délivre une information claire sur la qualité nutritionnelle. Mis en œuvre en octobre 2017, le Nutri-Score n’est pas obligatoire sur les emballages, mais il aurait pu l’être dans les pubs. « Aucun argument juridique ne l’empêchait », souligne Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’université Paris-XIII et l’un des concepteurs du logo (lire encadré page suivante). Pour lui, les lobbys ont gagné. La preuve : la lettre des patrons des chaînes de télévision qui s’y opposait par peur de perdre « 650 millions d’euros de recettes publicitaires ». En réalité, selon Santé publique France, l’argent de la pub pour la « malbouffe » était déjà de 3 milliards en 2013. Selon plusieurs études, il suffit d’une pub pour que les enfants augmentent leur consommation de sucreries de 84 % à 130 %. Mais, pour le gouvernement, il faut plutôt « responsabiliser les parents ». « Des éléments de langage habituels de l’agroalimentaire », décrypte Serge Herc­berg… Et le gouvernement de renvoyer au « rôle régulateur du Conseil supérieur de l’audiovisuel ». « Mais le CSA n’a aucune compétence en matière de nutrition », s’indigne le directeur de recherche.

3 Sécurité sanitaire : les amendements manqués

Pendant des mois, la salmonelle de l’usine de Craon de Lactalis a contaminé le lait infantile. Résultat : 27 nourrissons malades. Le scandale éclate en décembre… Et depuis, rien ! Emmanuel Besnier, le patron de Lactalis, est convoqué le 7 juin devant la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis. Le gouvernement, lui, n’en tire rien. Lactalis s’ajoute à une longue liste de scandales sanitaires. Il faut dire que l’industrie agroalimentaire est sans garde-fou. Depuis 2005, les entreprises s’autocontrôlent. Les effectifs du ministère de l’Agriculture chargés de les contrôler fondent. À la direction de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF), même chose. Les agents ne sont plus en mesure de faire leur travail efficacement. Résultat : 4 000 contrôles annuels dans les années 1990, 2 700 en 2017. Et le gouvernement a décidé à l’automne de supprimer 45 postes en 2018.

4 Feu vert au Ceta, un danger pour le climat et la santé

Depuis le 21 septembre, le Ceta, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, est appliqué, en France, à titre provisoire en attendant la ratification par les États membres d’ici l’automne. L’accord abolit la quasi-totalité des droits de douane. Et, au passage, il balaie les réglementations qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.

Emmanuel Macron a fait fi des critiques et réserves du comité d’évaluation dont il avait lui-même nommé les membres et commandé le rapport, remis l’été 2017. Il a renié son engagement à en respecter les conclusions. Pourtant, celles-ci mettent en garde sur les risques considérables que fait peser le Ceta, notamment sur la sécurité sanitaire et sur le principe de précaution. ONG, syndicats, associations, agriculteurs, magistrat, élus, citoyens relancent les mobilisations pour empêcher la ratification du traité. Ils sont de plus de plus nombreux à réclamer un référendum sur le sujet.

5 La France de « Make our planet great again » en justice

Près de 3 ans après l’accord « historique » de Paris, la France a été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne, le 17 mai, pour dépassement des valeurs limites de dioxyde d’azote. Elle risque une amende de 11 millions d’euros et des astreintes journalières de 240 000 euros. 10 ans qu’elle recevait des avertissements, sans jamais prendre les mesures nécessaires. La feuille de route présentée à Bruxelles le 13 avril par le ministre de l’Écologie a été jugée insuffisante. Nicolas Hulot compte… sur la loi sur les mobilités qui sera présentée en juin.

La pollution de l’air cause chaque année 48 000 décès prématurés selon Santé publique France. Un bébé sur 100 naît en sous-poids à cause de la pollution de l’air aux particules, alertaient des épidémiologistes dans une étude publiée le 15 mai dans la revue « Archives de pédiatrie ». Les particules fines(diamètre inférieur à 10 ou à 2,5 micromètres) pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire et les autres organes, dont la barrière placentaire.

Malgré les promesses de campagne pour améliorer la qualité de l’air d’Emmanuel Macron, aucun signal n’a été émis depuis 1 an. Au contraire. Les modes de transport les plus polluants, comme les cars et le fret routier, sont privilégiés au détriment du ferroviaire. 80 % des marchandises sont transportées par la route.

«Nutri-score, un système d’information clair et transparent à défendre»
 
 dans POLITIQUE
Serge Hercberg directeur de recherche en nutrition à l’Inserm
 
«Quand on travaille en santé publique, on a intérêt à ne pas se décourager », lâche Serge Hercberg. Si le Nutri-Score n’est pas obligatoire sur les emballages, c’est à cause des articles 35 et 36 du règlement européen Inco (information consommateur). « C’est le résultat d’un long processus enclenché en 2000 par les industriels, qui ont dépensé un milliard pour torpiller un système d’information nutritionnelle transparent et clair. » À la place, «?des tableaux à l’arrière des emballages, très compliqués à lire ». Mais la bataille n’est pas perdue?: de nouvelles discussions doivent avoir lieu à la fin de l’année dans l’UE pour harmoniser les logos européens. « La France va devoir être porteuse pour rendre obligatoire le Nutri-Score. Car déjà les industriels préparent un autre logo, manipulé et qui fait “pâlir les couleurs”. » « Une pétition a été lancée (1). Un groupe de citoyens bénévoles a créé Open Food Facts, une application sur smartphone qui permet d’accéder au Nutri-Score en scannant les emballages. Il est déjà accessible pour 100?000 produits. C’est une manière de faire pression sur les industriels qui ne veulent pas afficher les informations sur l’emballage. Grâce aux milliers de consommateurs, on les contourne ! » 

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