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Le Foot : Sport ou jeu du cirque ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2018

Thomas Lemar lors de la rencontre entre la France et l'Italie à Nice

Comme l’auteur de l’article qui suit je déteste la tournure que prend la pratique du foot comme d’ailleurs de nombreux autres sports qui deviennent dépendants du fric, sont détournés de leur effet salutaire ou la compétition n’est plus affaire de participation mais de stupide exploitation : si tu gagnes tu deviens le Dieu, si tu perds t’es un bon à rien. Pour un but marqué toute la marmaille de la presse infantilise les foules, vilipende un joueur, un entraineur.

Et cela évidemment ne m’empêche pas de regarder les matchs, imprégné de ce foot qui comme aujourd’hui (heureusement) s’inscrit  naturellement des l’enfance dans notre besoin de jeu. De là à se laisser prendre à la compétition qui génère  des spectateurs hystériques, des supporters fanatiques de leur équipe d’amateurs  ou de professionnels il y a un pas à ne pas franchir. Bref ou, au delà toutes les pires expressions de chauvinisme, parfois de violence viennent perturber le caractère ludique, le besoin de se dépasser.

Dès l’enfance nous sommes marqués par les pratiques sportives, culturelles dominantes dans notre région, ce que ne manquent pas d’exploiter, d’entretenir des intérêts particuliers, des médias, pour mieux canaliser les désirs de rencontre, d’affrontement, de manifestation, d’exhibition même, d’affirmation d’exister.

En fait on a beau aimer le foot il faut constater qu’entre les mais de l’argent il devient un bel instrument de diversion et comme dans de nombreux autres sports user modéremment des enthousiasmes excessifs qu’il suscite.

 

 

Le footebol, cet opium du peuple ?

Oui, je vais l’avouer, je vais enfin l’avouer… Oui, j’ai eu « largo tiempo » mauvaise conscience… C’est comme si l’on confondait (je l’ai longtemps fait) le franquisme et la corrida, Franco et Manolete (mort à Linares, et devenu un mythe, encore trop souvent sali)… Une chose est la réalité, le contexte, et une autre son instrumentalisation…

Oui, je ne me cache plus… Après l’avoir analysé sous tous les corners, sous tous les coups de pieds arrêtés, après analyse toujours en cours, oui je vais l’avouer toute honte bue, j’aime le footebol, ce footebol de mon enfance, aujourd’hui devenu une industrie, glauque, désenchantée, mais aussi friquée que les multinationales, un business de milliardaires, un spectacle où quasiment tous les dés sont pipés… où la FIFA fiffe.

Et malgré tous les malgrés, le foot, opium du peuple, le foot, après la griserie, nous ramène souvent à la politique. En 1934, Mussolini utilisa le Mundial pour sa propagande. Lorsqu’en 1978 le Mundial eu lieu en Argentine, les militaires torturaient sous les stades, et cela se savait… Mais, regardez cette équipe de France, majoritairement noire de peau. Qu’elle est belle cette France métissée. Qu’il est beau de « tourner au mélange »… Cependant, il est vrai qu’il vaut mieux s’appeler Zidane, Katar Airways, que Mouloud, manœuvre sur un grand chantier… Quoi que… je n’arrive pas à digérer l’exclusion de Karim Benzéma. On l’a poussé à prendre la clé des champs alors qu’il est le meilleur avant-centre au monde. Prénom ? Cette affaire « m’obsesionne », me déchire.

Oui je l’avoue : la plupart de mes copains « intellos de gauche », méprisent le foot avec fondement mais un brin de mépris aristo ; ils méprisent ce « machin » pour le peuple des illettrés et même de « ceux qui ont quelques bases… »… Nous, les intellos, nous sommes sommés de haïr cette grande messe lobotomisiaque, infantilisante, populaire… Populaire ? « Et surtout ne me parle pas d’identité, de marqueurs identitaires »

« Sí, lo confieso ». Je l’avoue. J’aime le foot, lucidement, comme l’aimait, avec tripes et raison, le grand, le très grand écrivain uruguayen Eduardo Galeano. L’Uruguay, le Brésil, l’Argentine, pays d’irrationnelles passions footesques, d’authentique culte du ballon rond. Le peuple a fait main basse sur chaque ballon, sur tout ce qui tourne, le peuple exulte mais vote Lula… J’aime ce jeu qui n’est beau que collectif, cette fête populaire tonique, cette révolution paupérisante, du vocabulaire, « du coté » rabâché mille fois, ces affiches Gazprom qui nous rappellent qu’avant la Russie il y eut l’URSS, l’omniprésence des cas taris, les interminables débriefings qui se mordent la queue, les millions de sélectionneurs amateurs et… connaisseurs à la fois, qui s’empaillent un verre de pastis à la main, ces bars qui revivent, qui créent du lien l’espace d’un mois, j’aime l’esprit d’équipe, ce « collectif », cet « ensemble » dont on a tant besoin, politiquement, socialement. J’aime le travail et les horaires qui, pendant un mois, tournent autour d’un ballon. J’aime ce cri libérateur et aliéné à la fois : Gooooooooool !!

La messe n’est jamais dite. Il n’y a pas de messie suprême… Les peuples, et un ballon.

 

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