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Une cérémonie « marquante » : l’ouverture des JO !

Posté par jacques LAUPIES le 10 février 2018

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Juliette Morillot, une historienne avec une approche réaliste de la situation coréenne et des véritables intentions des dirigeant coréens du nord

 

Ma sensiblerie habituelle, dont évidemment je ne suis pas toujours très fier, me conduit lorsque j’assiste à une cérémonie qui porte en elle la paix, l’amitié entre les peuples, la célébration d’une révolution, pour peu que la mise en scène soit réussie, à verser ma petite larme. Ne riez pas !

Allez savoir pourquoi moi, que les enterrements et les mariages ne bouleversent guère, même lorsqu’il s’agit de connaissances proches, l’art de la mise en scène sur un écran m’émeut lorsque est évoquée une cause humanitaire, une belle amitié, un grand amour, une naissance, la beauté d’un visage ou d’un corps.

Certains, pourront considérer que  ce n’est ni sérieux, ni conforme à une saine réaction, comme on dit de nos jours ce ne serait pas politiquement correct ! Il faut croire que mon enfance a été épargnée par ce qui je pense n’est souvent qu’une attitude dictée par un paraître sous l’effet de l’éducation parentale et plus tard des convenances sociales.

Après tout pourquoi pas ? Je dois sans doute cela à la fréquentation précoce d’une salle de cinéma en un temps où enfant je n’avais guère que ce lieu pour sublimer mes sentiments. Ce qui en aucune manière ne m’a privé des émotions ressenties dans certaines circonstances de ma vie…Banal !

J’en reviens à mon propos.

J’ai attentivement suivi le débat sur les JO dans l’émission de C DAN L’AIR ce vendredi. Toute l’émission était construite pour plaider en faveur de la position  des américains, sur fond de sympathie à l’égard de la Corée du Sud dont les dirigeants actuels  semblent se rallier à un certaine sagesse politique. Plus ou moins dans l’ambigüité les intervenants; à l’exception de l’historienne …ont abondé dans le sens des thèses  visant à diaboliser le régime du Nord et à le rendre responsable de tous les maux.

On peut critiquer ce régime surtout lorsque attaché à la liberté d’expression, aux libertés individuelles, aux droits de l’homme, sans pour autant le caricaturer et traiter ses dirigeants d’irresponsables et de fous comme le font la plupart des commentateurs.

Et lorsqu’il se trouve que deux parties d’un même peuple, opposées, héritières d’une guerre fomentée ou soutenues par des nations extérieures, se trouvent porteurs en commun de leur drapeau sous l’égide d’une colombe de la paix on a tout de même le droit à l’émotion !

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JO d’hiver. La détente est un sport de combat

Lina Sankari
Vendredi, 9 Février, 2018
L’Humanité
Les deux Corées défileront bien ensemble pour la cérémonie d’ouverture et aligneront aussi une équipe unie dans le tournoi féminin de hockey sur glace. Brendan Smialowski/AFP<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Les deux Corées défileront bien ensemble pour la cérémonie d’ouverture et aligneront aussi une équipe unie dans le tournoi féminin de hockey sur glace. Brendan Smialowski/AFP
 

À l’occasion des Jeux Olympiques de Pyeongchang, les deux Corées, séparées depuis 73 ans, mettent en scène leur désir de paix et d’unité. Les États-Unis sont soigneusement tenus à l’écart des rencontres.

L’image, inimaginable il y a peu, entrera peut-être dans l’histoire. À l’occasion des jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang, qui s’ouvrent aujourd’hui, un membre de la famille Kim se rendra en Corée du Sud pour la première fois depuis la partition de 1945. Après des mois de tensions autour du programme nucléaire nord-coréen, Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un, mais surtout l’une des plus hautes responsables du pays, sera accompagnée du président de l’Assemblée populaire suprême et de facto chef de l’État, Kim Yong-nam. La venue de Kim Yo-jong, frappée par des sanctions internationales de l’ONU levées pour l’occasion, est le symbole de la portée diplomatique que souhaitent donner Pyongyang et Séoul à l’événement sportif qui les réunira sous une même bannière. Exclu des rencontres entre les deux Corées, Washington annonce les sanctions « économiques les plus dures et les plus offensives jamais prises contre la Corée du Nord ».

Volontiers présenté comme provocateur et imprévisible, Kim Jong-un sait parfaitement où il va. Le défilé militaire organisé hier à Pyongyang, à la veille de la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud, servait seulement à signifier que l’État ne renoncera pas à sa politique de défense. La République populaire démocratique de Corée (RPDC) demande à être reconnue pour ce qu’elle est, une puissance nucléaire, mais montre également qu’elle est en mesure d’abattre autant de cartes que la situation l’exige : du statu quo à la négociation, en passant par l’affrontement militaire. C’est ce que fait Kim Jong-un depuis ses vœux du 1er janvier. D’un côté, il réaffirme qu’il est en capacité de frapper l’ensemble du territoire américain, de l’autre il tend la main au Sud.

S’unir sans l’aide des autres pays

Ainsi, la délégation nord-coréenne s’entretiendra avec le président sud-coréen, Moon Jae-in, en marge des Jeux, mais assure qu’elle n’a pas « la moindre intention » de rencontrer le vice-président américain, Mike Pence. En clair, la paix est une affaire strictement coréenne. Il y a quelques semaines, Kim Jong-un expliquait que le Nord, le Sud et la diaspora devaient effectuer une « percée » pour s’unir sans l’aide des autres pays. Comprendre : sans les puissances responsables de la division initiale et des tensions ultérieures. L’équivalent politique du proverbe populaire : « Quand les baleines chahutent, les crevettes trinquent. » Aujourd’hui, les crevettes entendent régler le problème en tête-à-tête.

À deux semaines de l’inauguration, l’Association coréenne de hockey sur glace (Kiha) mettait en scène ses propres fractures. Elle faisait ainsi savoir que les joueuses de l’équipe féminine unifiée rencontraient des difficultés à communiquer du fait de l’évolution de la langue de part et d’autre de la frontière. Et le sport de construire son propre récit national : celui d’un pays déchiré, dont les destins se sont éloignés, mais dont la « coréité » devrait inéluctablement conduire à un rapprochement. Pour les entraînements, un lexique a été élaboré afin d’aider les joueuses à travailler ensemble. À l’approche des JO, les télévisions sud-coréennes ont largement relayé les images des délégations nord-coréennes franchissant la frontière afin de visiter les installations olympiques.

L’orchestration quasi théâtrale à laquelle on assiste depuis début janvier dit à quel point la division reste traumatique. « Tragique pour les familles séparées, humiliante pour la nation coréenne dont elle bafoue la souveraineté, pitoyablement anachronique depuis la fin de l’URSS », souligne le diplomate Pascal Dayez-Burgeon, auteur d’une Histoire de la Corée. Dans la littérature et le cinéma, la division est omniprésente. Des films de guerre raniment ainsi les blessures et la haine en désignant l’autre comme nécessairement monstrueux et étranger. La littérature péninsulaire est quant à elle truffée de fresques familiales illustrant les souffrances liées à la partition. « Ils se battent à propos d’un honneur misérable, ils se querellent pour un poste inutile, j’ai raison, t’as tort, mon pouvoir est plus grand que ton pouvoir… Nuit et jour, ils se déchirent et se démolissent les uns les autres », se lamente le personnage du roman de Hyon Chin’gon, Une société qui pousse à boire.

Au Sud, lors des campagnes électorales, la réunification est sur toutes les lèvres. De gauche comme de droite. Dans les faits, peu s’y emploient une fois au pouvoir. Au Nord, note Patrick Maurus (1), « la division n’existe pas dans la valeur de passe-partout explicatif que le mot a pu prendre au Sud. Personne n’est idiot au point d’en nier l’importance, et elle reste de toute façon partie prenante de tout schéma explicatif, puisque vécue par chaque citoyen et rappelée chaque jour. Mais pas comme une notion centrale ». Selon le chercheur, la séparation ne peut être fondatrice en Corée du Nord, car elle ôterait au personnage de Kim Il-sung son caractère structurant. Les deux Corées divergent également sur la manière dont elles nomment un hypothétique État réunifié. Han’guk, le pays des Hans, au Sud, et Choson, en référence à la dernière dynastie régnante, au nord.

Il est à cet égard intéressant de noter que l’un des premiers pas vers la réconciliation a été fait après des expériences traumatisantes des deux côtés de la zone coréenne démilitarisée (DMZ) : la faillite financière de 1997, au Sud, et la famine, au Nord, qui toutes deux ont facilité une intervention du FMI dans les affaires nationales, d’une part, et de l’ONU, d’autre part. « Cette humiliation appelle à un sursaut national. Pour Pyongyang comme pour Séoul, marquer un grand coup sur la voie du rapprochement intercoréen constitue un moyen de rebondir », explique encore Pascal Dayez-Burgeon. Les entreprises, qui voient d’un bon œil les affaires qu’elles pourraient réaliser en cas de réunification, s’investissent alors largement dans le processus. En 1998 déjà, Chung Ju-yung, le fondateur de Hyundai, né au Nord, traverse symboliquement la frontière avec un troupeau de mille et une vaches.

Inventer un futur qui ne serait ni japonais, ni américain, ni russe

Sur le plan politique, les deux pays frappaient un grand coup avec la « politique du rayon de soleil », qui courra de 1998 à 2008. Le 15 juin 2000, le président Kim Dae-jung, qui, contrairement à ses prédécesseurs, n’a jamais cru à un effondrement du Nord, et Kim Jong-il rédigeront une déclaration historique évoquant la nécessité d’une réunification pacifique de la péninsule par les Coréens – et eux seuls –, via une confédération ou une communauté qui privilégierait le système d’une péninsule au sein de laquelle coexisteraient deux régimes. Séoul estime qu’une réunification juridique courrait sur dix à vingt ans, quand le Nord évalue la durée d’un tel processus à quarante ou cinquante ans. Pour la première fois depuis la colonisation, la péninsule a le sentiment de reprendre son destin en main et d’inventer un futur qui ne serait ni japonais, ni américain, ni russe. Mais pas forcément dans l’union non plus. D’aucuns espèrent, en dépit de chemins qui s’écartent et des multiples occasions manquées, que ce processus sera relancé avec les jeux Olympiques de Pyeongchang.

 

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Jour de fête pour Monsieur Hulot

Posté par jacques LAUPIES le 9 février 2018

 

Je ne sais vraiment pas quel sujet relater ce soir. A priori je ne pensais pas évoquer « l’affaire Hulot » tant elle laisse transpirer la recherche du sensationnel de la part de ceux qui en font état, le goût du règlement de compte politique, le mépris à l’égard de la présomption d’innocence, l’exploitation  de la crédulité du public, et ce qui me parait le plus plausible la diversion à n’importe quel prix.

Je ne me prononcerai évidemment pas sur la réalité ou non des faits reprochés à ce Ministre qu’auparavant  tous les partis politiques ont plus ou moins courtisé et qui finalement a surtout servi le pouvoir social libéral  et macronien qui est une forme plus aggravée de la fidélité à l’argent.

Mais la question n’est pas là ce jeudi bien que, quelque part, certains puissent ne puisse remettre de ses choix politiques même s’ils baignent dans le compromis.

La question qui me taraude est de savoir comment un homme politique peut échapper des lors qu’il accède à des responsabilités à un déshabillage complet de sa vie privée (sexuelle et financière notamment) sans que le moindre aspect transgressif en fasse un banni à perpète.

Dès lors qu’un pouvoir est exercé il se heurte à la violence des opposants politiques, ce qui peut se comprendre mais aussi aux jalousies morbides des médiocres autant que de sujets supposés brillants. Les paranos d’en haut craignant pour leur autorité, les paranos d’en bas attendant que vienne l’opportunité de dégommer celui ou celle qui lui fait ombre.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour constater que la fin justifie les moyens pour tous les envieux de l’inhumanité. Une expérience de vie  d’octogénaire suffit !

 

 

 

Ce que révèle l’ »Ebdo » sur Nicolas Hulot

Paris Match| Publié le 08/02/2018 à 18h01 |Mis à jour le 08/02/2018 à 18h02

Nicolas Hulot en septembre 2015.
Nicolas Hulot en septembre 2015. Charles Platiau / Reuters

Les deux affaires évoquées -et niées- par Nicolas Hulot jeudi matin sur BFMTV sont détaillées dans le nouveau numéro de l’«Ebdo».

Le nouvel hebdomadaire «Ebdo» livre les révélations sur Nicolas Hulot, que le ministre de la Transition écologique a décidé de devancer, jeudi matin sur BFMTV. Dans son enquête titrée «Nicolas Hulot : la parole d’une famille, la conscience d’un homme», le journal évoque deux épisodes successifs. D’abord le cas d’une «jeune femme de 31 ans, ancienne salariée de la Fondation Hulot (FNH) et aujourd’hui chargée de mission à l’Assemblée nationale» qui selon «Ebdo» avait évoqué des faits de harcèlement sexuel «dans un emploi précédent» alors qu’elle était entendue dans le cadre de l’affaire Baupin. Le journal indique que plusieurs sources au sein de l’ancien groupe écolo de l’Assemblée auraient désigné Nicolas Hulot. «Ebdo» précise que la jeune femme «dément « complètement »» tout lien avec l’écologiste. Sur BFMTV, jeudi, Nicolas Hulot a également nié : «La réponse est non et je le dis avec autant de force que la personne vous dira exactement la même chose.» Une réponse qu’il a également faite dans «Ebdo».

 

Dans un communiqué diffusé jeudi après-midi, la FNH -devenue Fondation pour la nature et l’homme- affirme découvrir «dans la presse des allégations mettant en cause l’honneur et la probité du Ministre de la transition Écologique et Solidaire». «Pendant plus de 25 ans, la FNH a partagé l’engagement écologique, l’action et les convictions de son ex-président. Tout au long de ces années, la FNH n’a eu connaissance d’aucun agissement répréhensible ou conduite inappropriée de la part de Nicolas Hulot. Elle a travaillé avec lui dans la plus grande confiance et transparence», est-il précisé.

Une seconde affaire, qui date de 1997

L’hebdomadaire entre plus en détails sur une seconde affaire plus ancienne, qui a donné lieu à une plainte. Sans révéler l’identité de la victime présumée, «Ebdo» précise avoir «recoupé» l’histoire «auprès de l’intéressée et de trois membres de sa famille». L’affaire date de l’été 1997, alors que Nicolas Hulot était encore animateur de télévision. La jeune femme, âgée alors de 20 ans, rencontre Nicolas Hulot chez lui. Le journal décrit la «pudeur» et la «colère» de la famille quant aux faits qu’elle reproche à Nicolas Hulot. Et cite le père de la victime présumée : «Ma fille n’a jamais utilisé le mot “viol” devant moi. Elle a toujours préféré parler d’acte sous contrainte.» Elle attendra 2008, après l’expiration du délai de prescription, pour faire dresser un procès-verbal. «J’ai tenu à ce qu’il sache la façon dont j’avais vécu les choses, et je lui ai fait savoir», explique notamment la victime présumée, qu’«Ebdo» a interrogée. Nicolas Hulot rappelle de son côté que «la prescription des faits a été constatée par le parquet». Il assure encore que l’enquête a permis de constater «l’absence de tout agissement répréhensible».

Jeudi, avant même la parution de l’article, Nicolas Hulot avait reçu le soutien de plusieurs personnalités, dont le Premier ministre, Edouard Philippe. L’Elysée a indiqué qu’une démission ne sera pas envisagée sans mise en examen.

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Listes régionales, nationales, transnationales… le débat pour changer les règles des prochaines élections européennes qui auront lieu en mai 2019, est lancé. Quels sont les scénarios et les enjeux ? Débat avec la députée européenne Pervenche Berès (Socialistes et démocrates) et le député Vert allemand Sveg Giegold (Verts-ALE).

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2018

 

 

 

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La paix d’un dimanche

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2018

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Un verger en fleur qui bourdonne non loin des ruches là où nait un vin apprécié : les costières entre Beaucaire et Bellegarde. Rencontre avec un solitaire dont je ne peux oublier le regard…

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Des commerces pas très équitables

 

Arte est une chaine télé que je crois fréquenter plus que toutes les autres.

Elle ne me fait pas toujours plaisir mais c’est bien normal car les journalistes et présentateurs qui opèrent sur les plateaux semblent plutôt « réservés » si ce n’est opposants aux idées qui sont les miennes. Mais même lorsque je flaire des arrières pensées anti communistes ou simplement pro libérales  je me plais à observer ces « observateurs » déployant vainement des tentatives de neutralité.

Tout ce qui se dit actuellement sur la Corée du Nord et son régime pour lequel je n’ai aucune sympathie particulière me semble vouloir faire oublier que le principal adversaire de ces dirigeants coréens, si j’osais je dirai de son peuple, s’appelle Trump lequel, comme cela a été fort justement rappelé dans la soirée « Théma », fait son beurre et celui du complexe militaro industriel des USA en vendant au Japon et à la Corée du Sud  de l’armement, et bien d’autres produits sans doute tout aussi inutiles à la consommation de ces pays. 

Pays qui ont déjà donné dans les massacres guerriers et dont les populations devraient ce titre être très méfiantes !

Bien entendu prévaut dans ces reportages la mise en évidence  du marchandage de la force de travail des ouvriers de ce pays où règne (certainement pas seul) Kim-Jong-Un. Une pratique dont il n’est surement pas le seul instigateur.

Quoiqu’il en soit cela devrait inspirer les téléspectateurs et les instruire sur ce que représente cette marchandise si prisée qu’est la force de travail dont sont dépositaires des milliards d’individus et dont le commerce explique bien des injustices. Pas seulement dans sa forme extrême.

 

Idées. L’utopie au présent et en actes

Maurice Ulrich
Mercredi, 7 Février, 2018
L’Humanité
La paix d'un dimanche dans POLITIQUE

 
 

Le 7 février 1478 naissait Thomas More, le père moderne de l’Utopie, critique politique et modèle de société idéale. Aujourd’hui, loin de tout modèle, elle appelle un combat de la démocratie pour disputer le pouvoir au capital.

L’Utopie de Thomas More avait une évidente dimension politique. Sa dénonciation de la condition des paysans britanniques garde toute sa force et pourrait s’appliquer encore à nombre de régions dans le monde. Pourtant, les procès faits à l’idée même d’utopie ne manquent pas. Ou bien elle est le fait de doux rêveurs installés sur la Lune ou sur leur lopin de terre bio, ou bien elle vire nécessairement au cauchemar totalitaire. Les deux, d’ailleurs, pouvant aller de pair. Les rêveurs, quand ils arrivent au pouvoir, ne peuvent que devenir des tyrans. C’est évidemment l’argumentaire opposé à l’idée communiste, malheureusement conforté par la faillite matérielle et idéologique de ce qui en a tenu lieu au XXe siècle. Mais, plus largement, la critique porte sur tout projet visant à transformer le monde ou à changer la vie, pour reprendre les termes respectifs de Marx et de Rimbaud. On a même vu se développer, au milieu des années 1970, quand se profilait l’ère ultralibérale de Reagan et Thatcher, l’idée que la raison elle-même, depuis Aristote en passant par Descartes et la Révolution française, était grosse de la terreur et des dictatures. Ce n’est pas fini et, sous des formes diverses, qui concernent aussi bien Donald Trump qu’Emmanuel Macron et bien d’autres, la marée conservatrice continue à gagner du terrain autour d’une idée à maints égards dominante : il n’y a pas d’alternative au système.

Quand bien même on fait mine de déplorer les effarantes inégalités que l’on connaît, quand on s’inquiète pour l’environnement ou que l’on questionne le pouvoir démesuré des géants de la nouvelle économie, en termes financiers comme en termes de contrôle exercé sur les individus, devenus à la fois les usagers et le produit, la marchandise, la valeur d’échange des réseaux sociaux.

Paradoxalement, cette nouvelle économie semble aujourd’hui prendre pour une part la place de l’utopie. La lutte des classes étant décrétée morte, place à la start-up où se tutoient leaders et collaborateurs en manches de chemise. Le PDG du groupe géant Sodexo se déclare proche de l’écologiste Pierre Rabhi… On feint d’oublier qu’il existe toujours dans tous les pays des millions d’ouvriers. Place aux travailleurs libres que sont les jeunes chauffeurs Uber, au libre partage des réseaux Airbnb. Les anciens hippies de San Francisco sont devenus les cerveaux de la Silicon Valley en étant persuadés d’avoir inventé un nouveau monde. Ils ont alimenté les fortunes les plus colossales de toute l’histoire humaine en étant, tout autant que les anciens prolétaires, dépossédés des fruits de leur travail, ayant simplement oublié au passage que, là ou il y a du capital, il y a des capitalistes, et que ce sont eux les décideurs.

Mais, précisément, le capitalisme d’aujourd’hui s’appuie, consciemment ou non, sur le rejet des anciennes formes de l’exploitation, sur des aspirations grandissantes à la liberté, au « libre épanouissement des facultés créatrices de chacun », selon les mots de Marx. Y compris dans nombre d’entreprises traditionnelles, avec les formes nouvelles du management participatif, collaboratif ou de quelque nom qu’on l’appelle. En d’autres termes, le capitalisme d’aujourd’hui utilise à son profit les moteurs même de l’utopie. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, ce sont sans doute les mêmes aspirations que l’on retrouve dans nombre d’expériences contestant les modes de vie et de consommation actuelle, mais, aussi bien, avec une conscience aiguë de l’urgence de vivre autrement et de changer le cours des choses, avec des mouvements comme les Indignés, Occupy Wall Street, Nuit debout, probablement ce qu’on a appelé les printemps arabes… L’utopie court dans les consciences plus que jamais, sans doute, mais pour partie à cloche-pied.

L’Utopie se voulait critique politique et modèle d’une société idéale. Il faut faire notre deuil des modèles, s’il y en eu. Il y a à inventer des pratiques nourries des multiples expériences, qui veulent imprimer un nouveau cours aux choses, utilisant précisément en les retournant comme une nouvelle terre les champs du numérique, de la gestion des entreprises ou des collectivités, mais avec la claire conscience qu’il s’agit bien aussi de pratiques et de luttes politiques. L’utopie appelle un combat permanent de la démocratie, à tous les niveaux, pour disputer le pouvoir au capital et à son personnel politique. Elle est ce combat démocratique même, au présent.

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Capitalisme. « Marx avait raison » : l’avertissement d’un économiste libéral

Posté par jacques LAUPIES le 6 février 2018

Sébastien Crépel
Mardi, 6 Février, 2018
L’Humanité
Un trader à la Bourse de New York, le 6 octobre 2008, ap  rès la chute de 10	000 points du Dow Jones, qui a été le point de départ de la crise. Timothy A. Clary / AFP<br />

Un trader à la Bourse de New York, le 6 octobre 2008, ap  rès la chute de 10 000 points du Dow Jones, qui a été le point de départ de la crise. Timothy A. Clary / AFP
 

Si les capitalistes utilisent la spéculation et réduisent les salaires, c’est, explique l’économiste de la banque Natixis Patrick Artus, pour contrer la baisse tendancielle du taux de profit décrite par Marx. Au risque de déstabiliser l’économie tout entière et de la faire basculer dans la crise.

Personne ne s’attendait à ce que l’offensive vienne de ce côté-là de la barricade. Encore moins du cœur même du capital financier. « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Marx », donne pour titre à sa dernière note pour la banque Natixis l’économiste Patrick Artus. Graphiques à l’appui, celui-ci entend démontrer la réalité décrite par Marx de l’une des contradictions fondamentales du capitalisme et aussi l’un de ses moteurs, connue sous le nom de « baisse tendancielle du taux de profit ». Une des « lois » du capitalisme dont l’existence est la plus contestée par les adversaires du marxisme, sans doute parce qu’elle explique pourquoi le capitalisme porte en lui sa propre crise. Si « les “capitalistes” utilisent les activités spéculatives » et réduisent les salaires jusqu’à la limite du possible, c’est, explique Patrick Artus, pour contrer « la baisse de la productivité du capital » qui menace leurs profits. Au risque de déstabiliser l’économie tout entière et de la faire basculer dans la crise.

Ce n’est pas la première fois que l’économiste de la banque Natixis revendique la reprise des analyses de Marx, en estimant que les événements leur donnent raison. En 2010, Patrick Artus proposait une « lecture marxiste (mais conforme aux faits) » (sic) de la crise économique et financière : « Suraccumulation du capital (…) d’où baisse tendancielle du taux de profit ; réaction des entreprises (…) par la compression des salaires, (…) d’où sous-consommation », laquelle alimente à son tour la suraccumulation du capital. La boucle infernale était bouclée. Deux ans plus tard, l’analyste enfonçait le clou dans une autre note en évoquant une « crise de type marxiste ».

Marx explique en effet dans le Livre III du Capital, publié après sa mort par son ami Friedrich Engels en 1894 grâce aux brouillons qu’il lui a laissés, qu’il « est de l’essence de la production capitaliste d’entraîner par son développement progressif une transformation du taux de la plus-value en des taux de profit de plus en plus petits ». Comme « l’importance du travail vivant (c’est-à-dire le travail humain, ou “capital variable”, qui est la seule source de plus-value – NDLR) diminue continuellement par rapport au travail matérialisé (le “capital constant”, c’est-à-dire les outils, machines etc. – NDLR) », il en ressort que le taux de profit, qui mesure « le rapport entre la plus-value et le capital total », doit « diminuer progressivement ». Mais « cette baisse est tendancielle et non absolue », prévient Marx, les capitalistes faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour la contrecarrer.

C’est ce phénomène que décrit Patrick Artus dans sa dernière note datée de vendredi, en évoquant la « logique implacable » de cette « dynamique du capitalisme ». Selon lui, l’augmentation du rendement du capital entre 2010 et 2017 s’expliquerait non par une meilleure productivité du capital, mais par une « compression des salaires » pour sauvegarder et même maintenir à la hausse des profits qui, « toutes choses égales par ailleurs », auraient dû baisser. La raison à cela : la brutale dégradation constatée, au dire de l’économiste, de la productivité du capital entre 2009-2010 et 2017. Bref, la bonne santé des profits cacherait la faible efficacité du capital, qui se rattraperait « en déformant le partage des revenus au détriment des salariés » grâce à la « baisse du pouvoir de négociation » de ces derniers soumis à la pression du chômage, et à « la flexibilité accrue du marché du travail ». Selon Patrick Artus, les salaires dans l’OCDE auraient ainsi progressé beaucoup moins vite que la productivité des travailleurs, ces quinze dernières années (les salaires auraient perdu 10 % à productivité constante). On entrevoit au passage clairement – même si l’économiste de Natixis n’en dit mot – le véritable objectif des ordonnances Macron, qui se donnent justement pour mission de « flexibiliser » le travail et de baisser le pouvoir de négociation des salariés en affaiblissant le rôle des branches, où les syndicats pèsent le plus lourd.

Or, note encore l’économiste, cette politique a sa « limite, qui est l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un certain niveau ». Celui du « salaire de subsistance », matérialisé par les minima salariaux, nouvellement créés comme en Allemagne, ou en augmentation, même si cette dernière est toute relative, à bien regarder les chiffres fournis par Patrick Artus : ainsi, le Smic stagne, voire a régressé légèrement en France si on le rapporte au salaire médian, tout comme en Espagne ou aux États-Unis, tandis que l’écart s’est resserré au Royaume-Uni et au Japon.

Quoi qu’il en soit, « quand cette déformation (du partage des revenus entre capital et travail – NDLR) atteint sa limite », le capital abat son autre carte : « L’utilisation d’activités spéculatives pour accroître (sa) rentabilité », écrit Patrick Artus. À l’instar des « rachats d’actions par les entreprises qui font monter les cours boursiers », ou de « la spéculation immobilière », mais plus généralement des « achats de toutes sortes d’actifs spéculatifs » : matières précieuses, bitcoin, actions dans les sociétés des nouvelles technologies, LBO (ces achats à effet de levier, qui consistent à acquérir une entreprise à crédit qu’on rembourse en dépeçant ses actifs). « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières », conclut l’économiste.

Faire réfléchir patronat et dirigeants

Bien sûr, l’avertissement n’a pas transformé l’analyste financier de Natixis en révolutionnaire, nuance l’économiste marxiste et communiste Denis Durand. « On peut partager ses prémisses, moins souvent ses recommandations », commente le responsable de la revue Économie et politique, qui décrit un expert coutumier de ces « provocations » qui ont en fait vocation à faire réfléchir patronat et dirigeants sur la « pédagogie » de leurs réformes et leur « acceptabilité » par les salariés. « S’il part de phénomènes existants, Patrick Artus n’explique pas réellement les causes du recul de la productivité du capital. S’il était vraiment marxiste, il verrait que cela est lié à un type de croissance financière, poursuit Denis Durand. Ce n’est donc pas seulement l’affaire de répartition des richesses, mais celle d’un type de production qui affaiblit la position des salariés. C’est cela qu’il faut changer, en imposant d’autres critères de gestion dans les entreprises que ceux de la finance. » 

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