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Le scandale de la sous évaluation des produits de l’agriculture

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2018

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Lorsque j’étais jeune militant j’apprenais que le maintien des prix bas dans l’agriculture était fait pour atténuer les revendications ouvrières qui ainsi voyaient leur pouvoir d’achat moins amputé.
Bien entendu le contexte était différent (dans les années 60) à tel point que le PCF allait jusqu’à dire qu’il fallait augmenter les coût des produits agricoles et de ne pas craindre de demander à  la classe ouvrière d’accepter cette mesure. En lui conseillant par ailleurs de lutter pour de meilleurs salaires.
Dans l’industrie comme dans l’agriculture le capital subit ce que l’on appelle « la baisse tendancielle du taux de profit » qui découle du fait que le capital accumulé grandit et ne trouve plus la même  rentabilité à cause notamment du fait qu’il subit le contre coup des réductions d’effectifs. Dans l’exploitation familiale agricole la quasi absence de mains d’œuvre salariée laisse l’exploitant  seul pour reproduire son capital. Il en résulte une atomisation qui « …est en opposition avec les règles de fonctionnement de l’entreprise  capitaliste » (page 66  de l’ouvrage : « quelle agriculture pour la France »  – éditions sociales  1974)
Cela évidemment n’a aucun attrait pour le grand capital  qui a préféré intervenir en aval et a disposé ainsi des moyens de pression sur les agriculteurs aggravant leur auto-exploitation provoquant un assistanat qui n’a fait qu’aggraver la situation de ces derniers.
Ce qui a conduit les communistes à ne jamais faire l’amalgame entre la propriété foncière et celle des grands groupes qui interviennent dans l’agro alimentaire et la distribution. 

Agriculture. À quand l’éclaircie pour le revenu paysan ?

 

Olivier Morin
Vendredi, 23 Février, 2018
L’Humanité

À la veille de l’ouverture du 55e Salon de l’agriculture et malgré un projet de loi prétendant rééquilibrer la répartition de la valeur ajoutée, les paysans sont toujours la variable d’ajustement des négociations commerciales.

Quand un artisan réalise un devis, il y intègre ses coûts de production et la rémunération de son travail. Rien de tel pour la majorité des agriculteurs. Si quelques-uns d’entre eux peuvent fixer leurs prix en pratiquant la vente directe (y compris avec les grandes surfaces), pour la majorité des volumes commercialisés, ce sont les acheteurs qui fixent les prix. Une situation ubuesque que ne résout pas le récent projet de loi issu des états généraux de l’alimentation et proposé par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. C’est que les négociations commerciales annuelles, qui prennent fin dans quelques semaines, tiennent davantage de la fosse aux lions que de relations d’égal à égal.

Contrairement à ce qui est parfois sous-entendu, les producteurs ne sont pas directement invités à négocier avec la grande distribution. « Pour la viande bovine, ce sont les sociétés comme Bigard ou la SVA Jean Rozé qui discutent avec les enseignes », détaille Éric Chapelle, directeur de la Fédération nationale bovine (FNB), liée à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). « En bout de chaîne, les producteurs sont véritablement la variable d’ajustement des prix », ajoute-t-il. Et c’est le cas pour la majeure partie des produits agricoles qui subissent une transformation, notamment pour le lait. « Ce qui occasionne une pression énorme sur les producteurs, estime éric Chapelle. Des éleveurs ont déjà été blacklistés par Bigard pour avoir témoigné des conditions de leurs rémunérations. Comment peuvent-ils vendre leur viande ensuite ? » Une omerta qui peine à se fissurer, d’autant que la concentration des capitaux des sociétés de transformation comme de distribution se fait de plus en plus forte.

Dans le secteur laitier par exemple, Sodiaal et Lactalis règnent toujours en maîtres sur la collecte et la transformation du lait français et les quatre centrales d’achat de la grande distribution se partagent le gâteau de la consommation.

« Pour nous, les négociations se font avant le début de chaque campagne »

Si les producteurs de fruits et légumes frais n’ont pas à traiter avec l’industrie de transformation, ils ne siègent pas non plus dans les négociations commerciales annuelles. « Pour nous, les négociations se font avant le début de chaque campagne, explique Luc Barbier, arboriculteur et président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF). Par exemple, pour la cerise, dont la récolte débute en mai, on commence à négocier en mars ou avril. » Mais là encore, le compte n’y est pas. « Comme il n’y a pas de régularité des marchés, les jeunes hésitent à s’installer. Nous souhaitons un encadrement des prix, avec un plancher et un plafond, mais, pour l’instant, c’est toujours l’offre et la demande qui font les prix », déplore Luc Barbier.

La majeure partie de ceux qui négocient avec la grande distribution sont en fait les entreprises agroalimentaires. Tous les ans, celles-ci envoient leurs conditions générales de vente début décembre. Puis les discussions s’ouvrent avec les enseignes, pour finir début mars. Des milliers de fournisseurs défilent dans des box au mobilier minimal, dignes d’un parloir, pour défendre leurs produits. Face à eux, des centrales d’achat qui n’en finissent pas de se regrouper, frisant le monopolisme. Valérie Weil-Lancry, directrice juridique à l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), parle de la violence des négociations commerciales entre les 17 600 entreprises alimentaires et les quatre centrales d’achat de la grande distribution, « où les produits ne sont même pas évoqués et où seuls les prix comptent ». L’obsession des enseignes étant de baisser les prix pour gagner des parts de marché. À tel point, que cette année, Valérie Weil-Lancry parle de déflation « stratosphérique » pour les prix payés aux industriels, de l’ordre de 2 % à 8 % par rapport à l’an dernier. Résultat, « la majorité des entreprises, qu’elles soient petites ou grandes, n’a pas encore signé d’accord ou très peu, mais presque toujours en déflation avec la grande distribution », s’inquiètent conjointement l’Ania, Coop de France, la FNSEA et l’Institut de liaisons et d’études des industries de consommation (Ilec). Dans ces conditions, que peut-il bien rester aux fournisseurs de matières premières que sont les agriculteurs ?

Si l’affichage du projet de loi dite « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » entend inverser la formation des prix en partant des coûts de revient à la production, certains syndicats agricoles dénoncent un coup de communication sans effet réel, et qui s’intéresse seulement au maillon industrie-distribution. Pour le Modef (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux), « la loi portera sur les ventes à perte et l’encadrement des promotions abusives, sans mesure concrète pour les paysans ». Même écho du côté de la Confédération paysanne, qui estime que « lorsque le texte aborde, à demi-mot, la question des coûts de production, c’est pour laisser la place aux industriels de multiplier les indicateurs ». Pour Sébastien Jumel, député PCF, qui a analysé attentivement le texte de loi, « le grand soir des états généraux de l’alimentation risque d’accoucher, avec cette loi, d’un petit matin ».

Cet article a été publié le Samedi 24 février 2018 à 00:40 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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