• Admin.du Site

  • Archives

  • Accueil
  • > Archives pour décembre 2017

Ou est l’intelligence politique ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 décembre 2017

Je cois avoir déjà évoqué les bourdes de la  diplomatie française au cours de la dernière décade. 

Il s’avère que les russes, comme en atteste l’analyse ci dessous ont l’intelligence politique de leur côté

Moyen-Orient. La Russie apparaît être une des rares puissances à discuter avec l’ensemble des acteurs

entretien réalisé par Vadim Kamenka
Mercredi, 20 Décembre, 2017
Humanite.fr
Igor Delanoë : « La Russie fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne. » Photo : Capture d'écran Youtube

Igor Delanoë : « La Russie fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne. » Photo : Capture d’écran Youtube

Entretien. Directeur-adjoint de l’Observatoire franco-russe à Moscou et spécialiste du Moyen-Orient, Igor Delanoë revient sur la diplomatie menée par Vladimir Poutine dans la région. Ses récentes visites en Syrie, Egypte et l’annonce de Donald Trump de faire de Jérusalem la capitale d’Israël fait de la Russie une puissance incontournable.

Pourquoi, le président russe,  Vladimir Poutine a entrepris une visite surprise en Syrie sur la base aérienne de Hmeimim ?

Igor Delanoë. Pour la première fois depuis l’intervention militaire russe, lancée en septembre 2015, Vladimir Poutine a posé le pied chez son allié. Il a été accueilli par le dirigeant syrien Bachar al-Assad, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le général Sergueï Sourovikine.

Cette visite avait plusieurs objectifs. Tout d’abord, l’annonce d’un troisième retrait des troupes russes par Vladimir Poutine en personne depuis le sol syrien sonne comme une mise en garde envers Téhéran et des tenants d’une ligne dure au sein du régime à Damas. La Russie désapprouve le lancement de nouvelles opérations à Idlib, désapprouve le blocage des négociations à cause du régime syrien en raison de sa position de force sur le terrain et considère comme prioritaire la reprise des discussions à Genève ou à Sotchi. L’autre objectif : c’est l’opinion publique russe. La venue de Vladimir Poutine pour annoncer ce retrait démontre un président en campagne qui s’adresse principalement aux Russes.

Juste après son passage en Syrie, Poutine a tenu à se rendre en Egypte pour y rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi en Egypte. Pour quelles raisons ?

Igor Delanoë.  Il y a eu tout d’abord la question de la Syrie, des discussions économiques avec l’accord sur le nucléaire et la reprise des vols directs entre la Russie et l’Egypte et en dernier la question de Jérusalem.

En Syrie, l’Egypte joue un rôle très important en soutenant par exemple la plateforme d’opposition du Caire, qui représente une opposition plutôt « laïque » ou moins religieuse que celle de Riyad. Elle a également aidé à installer les zones de désescalade. L’Egypte a donc un rôle de médiateur sur le dossier syrien assez peu connu. Le général Al Sissi a été un des rares dirigeant arabe a salué publiquement l’intervention militaire russe en Syrie, en 2015. L’Egypte a également voté une résolution de la Russie au Conseil de sécurité de l’Onu, provoquant une crise avec l’Arabie saoudite.

Pour la Russie, c’est donc un allié important qui se trouve être une puissance arabe sunnite. Et cela contre balance aussi les allégations de soutien exclusif russe à la domination chiite au Moyen Orient. Il est vrai que Poutine et Al-Sissi entretiennent de bonnes relations. L’autre grande préoccupation pour les deux dirigeants, c’est l’essaimage des djihadistes de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes qui sont russophones et issus de l’espace post-soviétique. Il y en a énormément en Irak et en Syrie. Avec l’effondrement des diverses organisations terroristes la question de leur retour en Russie et en Asie centrale se pose. Mais aussi leur essaimage vers d’autres zones au Moyen Orient comme dans le Sinaï égyptien. L’attentat sanglant qui a eu lieu fin novembre illustre ces nouvelles tensions. Les autorités égyptiennes apprécient dans ce cadre-là de pouvoir bénéficier de l’aide de la Russie.

Les deux pays ont également signé un contrat pour la construction d’une centrale nucléaire au Caire par Rosatom pour une trentaine de milliards dollars. Les Russes vont financer 85% du projet et les 15% restant devraient être principalement fournis par les Saoudiens. Car l’Egypte n’en a pas les moyens. Cela illustre les convergences entre la Russie, l’Egypte et l’Arabie saoudite pour pouvoir maintenir la stabilité économique et politique dans le pays. Car cette centrale va permettre d’alimenter en électricité le delta du Nil, où vivent des dizaines de millions de personnes. Les vols directs entre la Russie et l’Egypte demeurent le seul bémol. Ses vols qui devaient être rétabli à la fin de l’année ont été reportés pour le début de l’année 2018. C’est essentiel pour l’Egypte économiquement. La manne touristique dont les Russes arrivaient en première ou deuxième position avant l’attentat du Sinaï qui a coûté la vie à 250 Russes.

Est-ce que la Russie peut apparaître comme un des principaux acteurs dans le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens après les déclarations de Donald Trump ?

Igor Delanoë. La reconnaissance par le président des États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël a placé une nouvelle fois la Russie sous les projecteurs de la scène stratégique moyen-orientale. De fait, Washington n’est plus considéré comme un médiateur par l’Autorité palestinienne et les regards se tournaient presque aussitôt vers Moscou. La Russie se retrouve donc en position unique de médiateur crédible et accepté par toutes les parties. Après la crise du Qatar surgie cet été, c’est la seconde fois en quelques mois que le Moyen-Orient offre à la Russie la possibilité d’agir en tant qu’intermédiaire sur un dossier régional brûlant. La Russie se retrouve donc esseulée au sein d’un Quartet éclaté, voire mort. Elle fait désormais office de seul intermédiaire crédible et accepté à la fois par Israël et l’Autorité palestinienne.

Il n’en demeure pas moins que son capital d’influence et sa crédibilité acquis en Syrie poussent la Russie sur le devant de la scène stratégique régionale, où les différents acteurs guettent sa prochaine réaction.

La décision de Donald Trump offre-t-elle un « boulevard » pour une nouvelle initiative russe ?

Igor Delanoë. La Russie a déploré l’annonce faite par le président américain et réaffirmé son attachement aux résolutions de l’ONU et à l’initiative de paix arabe de 2002. Vladimir Poutine avait proposé en avril 2005 d’organiser une conférence pour la paix à Moscou. Elle reste sur la table. Depuis plusieurs mois, la Russie s’est aussi employée avec l’Egypte à favoriser une réconciliation intra-palestinienne.

Une nouvelle initiative de paix n’est pas pour l’instant une priorité pour Moscou qui cherche avant tout à résoudre la crise syrienne. Pour y parvenir, la diplomatie russe ne peut se mettre à dos les Etats-Unis et compromettre ces relations avec Téhéran ou l’Arabie saoudite en présentant sa propre initiative sur le dossier israélo-palestinien. La décision prise par Donald Trump tend aussi à conforter Téhéran dans son rôle de « champion de la cause palestinienne ». Si les capitales arabes du Golfe déplorent la décision de la Maison-Blanche, elles redoutent avant tout que l’influence iranienne ne s’en nourrisse.

La Russie attend aussi la présentation du plan de paix pour le dossier israélo-palestinien par la diplomatie états-unienne. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, prépare depuis plusieurs mois cette initiative. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël pourrait faire partie du « plan Kushner », sous la forme d’un gage donné au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour qu’il accepte ce plan de paix américain.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Ne faudrait-il pas consommer autrement ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 décembre 2017

DSC_0760-1

Est ce l’âge ou la simple prise de conscience d’un délitement de la mentalité des consommateurs mais la folie qui s’empare du besoin d’acheter fortement impulsé par une ambiance de fête fabriquée, me rend plutôt triste et morose.

Sans doute l’âge conduit-il à s’écarter des futilités, de l’inutile, avec la perte d’intérêt pour ce qui est inessentiel mais il faut bien reconnaître que cette réaction n’est pas universelle. Je connais des personnes âgées dont l’addiction pour acheter à tout prix est fortement ancrée dans leur esprit.

L’engouement des adolescents pour consommer va de pair avec ce besoin de s’affirmer et surtout parce qu’ils n’évaluent pas toujours ce que cela représente en moyens nécessaires dont ils ne disposent pas et qu’il faut obtenir des adultes dont ils dépendent.

Quant aux adultes qui disposent (ou pas) de ces moyens beaucoup vont pousser leur désir à la limite ou au delà du possible.

Pour les uns et les autres il est clair que c’est l’insatisfaction de besoins existants qui devrait déterminer la consommation, Malheureusement il n’y a pas d’harmonie de cette sorte dans une société fondée sur le profit qui s’accommode  de la création de nouveaux besoins, génératrice d’une production anarchique et qui ne peut s’écouler qu’au prix d’artifices de conditionnement du consommateur (modes, publicité, incitation diverses à l’achat, etc.)

Le gâchis en résulte et a pour effet de ne pas se pencher sur les besoins fondamentaux (logement, écoles, établissements de soins, services publics, etc.) et de laisser place au futile.

Pour preuve c’est dans les périodes de fête  que la consommation s’envole. Du moins en partie. N’exagérons rien !

 

 

Achats de Noël, vacances… quels droits du consommateur pour ne pas se faire avoir ?

Daniel Roucous
Mardi, 19 Décembre, 2017
Humanite.fr
Copie d'écran DGCCRF.

Copie d’écran DGCCRF.

Cet abécédaire sur les droits et recours des consommateurs, vous aidera à ne pas vous faire avoir pour vos achats de Noël et vos vacances d’hiver. Télécharger le Guide DGCCRF du consommateur en ligne et suivez ses Conseils pour des fêtes sans souci

 

Achat – commerce en ligne

Vous êtes protégés par la règlementation de la vente à distance sur les points suivants :

- délai de rétractation (ou renoncement) de 14 jours à compter de la commande qui vous permet de revenir sur votre achat ou votre demande de prestation, sans justification ni frais, au moyen d’un formulaire que l’e-vendeur doit mettre à votre disposition.- articles-L221-18-a-L221-28-code-consommation

- remboursement de la totalité des sommes versées, frais de livraison compris, dans les 14 jours de votre rétractation ou renoncement.- article-L221-24-code-consommation

- obligation du vendeur ou du prestataire de vous laisser le choix du paiement (carte bancaire, chèque, contre-remboursement à la livraison, porte-monnaie électronique, SMS etc.) et de vous délivrer une facture lors de la livraison ;

- le délai de livraison doit être prévu et ne jamais dépasser 30 jours. Le défaut d’indication du délai oblige le professionnel à livrer le produit ou exécuter la prestation dès la signature du contrat. Passé ces délais, vous pouvez exiger le remboursement dans les 30 jours et vous n’êtes pas obligé d’accepter un avoir sur un prochain achat ou autres modalités de remboursement.- articles-L216-1-a-L216-5-code-consommation

- vous bénéficiez des garanties (voir ce terme) ;

- le paiement par CB doit être sécurisé (voir paiement par CB)

En lien

- 10-questions-reponses-INC-Acheter sur Internet

- Fiche-pratique DGCCRF sur les regles-applicables-au-commerce-electronique

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Autriche : Quand l’histoire se répète…

Posté par jacques LAUPIES le 19 décembre 2017

Pour être allé quelquefois en Autriche, ce beau pays, j’avais pu constater malgré l’attitude réservée des contacts établis pour exercer mon activité de Tourisme dans les années 1990, que le passé récent depuis la deuxième guerre mondiale et les engagements « troubles » de certains autrichiens semblaient persister.

Souvent cela se manifestait, au sein de la famille, résidant dans le Tyrol, avec qui j’avais des échanges à caractère professionnel,  par un anti soviétisme, probablement exacerbé dans la période d’après guerre. Mais plus grave j’avais remarqué que ce comportement stimulé par la présence de l’armée rouge se doublait d’une indulgence  particulière à l’égard de l’occupant allemand qui l’avait précédée.

L’histoire de l’Autriche explique les évolutions actuelles vers l’extrême droite qui a des racines profondes dans la société qui remontent à d’âpres luttes  religieuses et politiques dans l’Europe centrale, au poids des populations d’origine allemande fortement influencées par le nazisme dans ce pays.

Comme dans tous les pays d’Europe les bourgeoisies, adeptes du libéralisme économique ne manquent pas de se servir des traditions nationalistes de ce pays.

Le marxisme a probablement été desservi par l’histoire de ce pays où le Parti Communiste est peu influent.

Tout cela n’est pas de très bonne augure dans la perspective qu’ont les progressistes européens de construire une Europe sociale qui reste l’option la plus favorable pour garantir paix et bien être social.

 

Un vestige du passé réactionnaire autrichien.

Autriche : Quand l'histoire se répète... dans POLITIQUE 300px-Wenzl_Weis_-_Ignaz_Seipel

gnaz Seipel fut élu deux fois chancelier d’Autriche. Prêtre catholique, anti-libéral et antisémite, il combat la corruption dans l’administration autrichiennegnaz Seipel fut élu deux fois chancelier d’Autriche. Prêtre catholique, anti-libéral  et antisémite, il combat la corruption dans l’administration autrichienne

 

 

330px-EU_location_AUT dans POLITIQUE

 

 

Porte d'entrée (vue de l'extérieur) du camp de concentration de Mauthausen.jpg
Porte d’entrée du camp de Mauthausen

 

Le marxisme est un courant de pensée politique, sociologique et économique fondé sur les idées de Karl Marx (et dans une moindre mesure de Friedrich Engels) et de ses continuateurs. Politiquement, le marxisme repose sur la participation au mouvement réel de la lutte des classes, afin d’arriver à une société sans classes en tant qu’alternative au capitalisme. En effet, Karl Marx considère que « l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes »

1.330px-Marx_and_Engels

 

 

 

Paru dans l’Express le 11/03/2013

Selon un sondage d’un quotidien viennois, plus de la moitié des Autrichiens estiment que le parti nazi gagnerait des sièges aux élections s’il était autorisé. L’Autriche s’apprête à marquer le 75e anniversaire de son annexion par Hitler.

Le sondage conduit par le quotidien Der Standard a de quoi inquiéter. Alors que l’Autriche se prépare à marquer l’anniversaire de son annexion par l’Allemagne d’Hitler, 54% des adultes du pays jugent « très probable » le fait que le parti nazi serait plébiscité, s’il était autorisé à se présenter aux élections. 

Selon d’autres chiffres relayés par le quotidien britannique The Independent, 46% des personnes estiment que l’Autriche a été victime de l’oppression du troisième Reich, alors que 61% pensent que « suffisamment » de choses ont été faites pour réexaminer le passé du pays lors de la Seconde guerre mondiale. 

En outre, plus de 42% des sondés s’accordent à dire que la vie « n’était pas si mauvaise sous les Nazis », quand 39% estiment qu’un retour des persécutions antisémites est probable en Autriche. 

Le mythe de la nation oppressée

Ces résultats, jugés choquants par l’hebdomadaire allemand Stern, sont issus d’un sondage mené en vue du 75e anniversaire de l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par le régime nazi. La date du 12 mars 1938 compte parmi les pages les plus honteuses et controversées de l’histoire du pays. 

Ce jour-là, des dizaines de milliers d’Autrichiens ont offert un accueil chaleureux à Adolf Hitler et ses troupes, qui envahissaient le pays sans résistance. L’Autriche a fait partie des forces de l’Axe durant le conflit mondial, et de nombreux Autrichiens ont aidé les Nazis à administrer les camps de la mort. 

Durant plusieurs décennies, les gouvernements d’après-guerre ont pourtant perpétué le mythe de la nation victime de l’oppression nazie. Le quotidien Der Standard explique que le sondage a été conduit pour montrer l’opinion que portent les Autrichiens d’aujourd’hui sur le régime nazi. 

 

Paru dans l’Humanité

Face à l’arrivée au pouvoir de l’ultra-droite, l’Europe détourne le regard

Bruno Odent
Lundi, 18 Décembre, 2017
L’Humanité
Le futur chancelier autrichien, Sebastian Kurz du Parti populaire autrichien, dévoille son programme commun avec le Parti de la liberté, lors de sa conférence de presse du 16 décembre, sur la coline de Kahlenberg, à Vienne. Roland Schlager/APA/AFP<br /><br /><br /><br /><br />
Le futur chancelier autrichien, Sebastian Kurz du Parti populaire autrichien, dévoille son programme commun avec le Parti de la liberté, lors de sa conférence de presse du 16 décembre, sur la coline de Kahlenberg, à Vienne. Roland Schlager/APA/AFP
 

Le chancelier Kurz, qui se hisse aujourd’hui au pouvoir en coalition avec l’extrême droite, bénéficie de l’indulgence coupable de tout un monde politique qui se déclare au mieux impuissant face à la dérive nationale-libérale entretenue par le modèle européen.

Lors de la présentation de l’équipe gouvernementale et de son programme, samedi, le nouveau chef de l’État, Sebastian Kurz (ÖVP) et Heinz-Christian Strache, son homologue du FPÖ, ont aligné leurs priorités. Au programme : des mesures sans précédent contre les droits des migrants et une fuite en avant dans les réformes libérales.

Le compromis entre les deux partis n’a guère été difficile à obtenir, tant Kurz, qui devient à 31 ans le plus jeune chef d’État du monde, avait assis sa stratégie et ses ambitions pressées sur un alignement de son parti avec les thèmes favoris de l’extrême droite. « Nous voulons améliorer la sécurité (…) en combattant l’immigration illégale », a plaidé samedi le futur nouveau chancelier. Interrogé par le quotidien français le Monde (1), le dirigeant de l’ÖVP n’avait pas hésité à entonner la rhétorique de l’extrême droite contre le « tourisme des systèmes sociaux » que pratiqueraient une bonne partie des candidats à l’asile. Et en tant que ministre des Affaires étrangères du gouvernement de grande coalition (SPÖ/ÖVP) sortant, conduit par le social-démocrate Christian Kern, il avait donné de sa personne en se vantant d’être à l’origine de la « fermeture de la route migratoire » qui passait par les Balkans.

L’ÖVP avait obtenu quelque 31,4 % des voix lors du scrutin législatif du 15 octobre. Cependant, les accents racistes et populistes de son leader ne lui ont pas permis de dégonfler l’extrême droite. Tout au contraire le FPÖ, avec 25,9 % des suffrages, a réalisé la meilleure performance de son histoire. Il va disposer dans le nouveau gouvernement de ministères clés qui lui donneront des pouvoirs sur « tout ce qui porte un uniforme dans le pays », selon l’expression d’un des membres d’un collectif d’associations et de partis progressistes très divers qui appellent à manifester aujourd’hui contre le nouveau pouvoir.

Le gouvernement veut traquer « les contrebandiers de l’asile »

Le FPÖ va contrôler l’Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères. Herbert Kickl, le nouveau chef de la police et secrétaire général du parti, est le maître à penser d’une stratégie subtile qui a permis au FPÖ de se normaliser dans le paysage politique sans rien lâcher sur son profil national-allemand et xénophobe. Il est à l’origine des mots d’ordre des campagnes les plus tonitruantes du parti proclamant « Daham statt islam » (chez soi et non pas dans l’islam) ou encore « Abendland in christenhand » (l’Occident dans des mains chrétiennes). Affichant une même réputation d’inflexibilité que son collègue de la défense, Mario Kunasek, il veut traquer « les contrebandiers de l’asile » et rien de moins que les « touristes du crime ».

Comme Heinz-Christian Strache, président du parti et vice-chancelier, un nombre considérable de dirigeants du FPÖ se revendiquent de corporations, imprégnées d’idéologie pangermaniste héritée du « grand Reich » (voir également ci-contre). Dans ce cabinet, « leur influence est plus importante que dans le FPÖ de Jörg Haider », relève, interrogé par l’Humanité, l’Autrichien Walter Baier, président du réseau européen Transform de recherche marxiste. Et Strache a repris effectivement en main le FPÖ au milieu des années 2000 en musclant son discours « identitaire » et ses références « nationales-allemandes ».

Le silence des dirigeants européens est assourdissant. Alors que le président français Jacques Chirac, comme la plupart des chefs de l’État de l’époque, condamnait l’avènement d’un pouvoir droite/extrême droite à Vienne auquel l’UE infligea même des sanctions, tous les dirigeants politiques du Vieux Continent regardent aujourd’hui ailleurs. Le « courage fuyons » semble faire consensus au sein d’un monde politique qui apparaît, au mieux résigné à la montée en puissance de l’extrême droite, au pire prêt à en user comme d’une option légitime. L’Autriche revêt une dimension de « laboratoire », soulignait ainsi samedi un « expert » du Figaro.

« L’engagement européen », formulé par le chancelier Kurz, à ne pas organiser de référendum sur une éventuelle sortie de l’UE, est brandi comme une garantie. Le problème, c’est que cela n’empêche en rien Strache et les siens de prôner un rapprochement avec le groupe de Visegrad, cette union nationaliste des pays d’Europe orientale. Et Kurz lui-même n’a-t-il pas signifié les conditions et les lieux des « coopérations plus poussées » qu’il souhaite avec l’Union européenne en pointant « la défense des frontières ». De quoi gonfler d’aise la Française Marine Le Pen.

La « normalisation » de la honte avec l’extrême droite autrichienne prospère ainsi sur des politiques migratoires européennes régressives. Elle bénéficie également de l’engagement du nouvel attelage viennois en faveur de réformes de structures libérales. ÖVP et FPÖ veulent flexibiliser rapidement le marché du travail, en relevant le plafond de la journée légale de travail à 12 heures. Ce qui permettra au patronat de ne quasiment plus payer d’heures supplémentaires. La coalition entend aussi ébranler les droits de représentation et les possibilités de recours juridiques des salariés en s’en prenant aux Arbeiterkammer (chambre des travailleurs). Leurs financements par cotisation se verraient pratiquement divisés par deux. Vienne s’aligne sur l’Europe qui s’aligne sur le national-libéralisme de Vienne. 

(1) Le Monde du 9 novembre 2017.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Fienkelraut : coupable de propos raciste ou victime de l’acharnement de ses opposants ?

Posté par jacques LAUPIES le 18 décembre 2017

DSC_0852-3

Résultat d’images pour Le Déjeuner sur l'herbe

Le Joueur de fifre

Manet en passant…

 

Fienkelraut : coupable de propos raciste ou victime de l’acharnement de ses opposants ?

Ce philosophe empoisonne de ses propos scabreux, mi figue mi raisin comme on dit, avec ses airs de faux-cul, depuis des années, les plateaux de télévision et les radios publiques.

Il a parfaitement le droit de défendre « sa pensée », de faire un peu trop souvent profil bas quand ses contradicteurs l’obligent à la défensive mais il est regrettable qu’il se trouve rarement confronté à des philosophes marxistes et que ces derniers n’aient pas comme lui un usage aussi fréquent des médias audio visuels.

A tel point que l’on peut se demander ou est le philosophe derrière sa façade de polémiste politique particulièrement sensible aux questions de l’immigration, du communautarisme, un tantinet pro israélien et islamophobe dans ses propos souvent ambigus.

Il se trouve qu’il a des soutiens du côté du Figaro et subit la critique de l’Huma

Souvent Michel Onfray est lui aussi crédité de propos mal intentionnés dont il se défend. Comme lui sa présence fréquente sur les médias prête flanc à ce qu’il considère comme une déformation de ses propos.

Ce qui les conduit malgré leur différence de vue sur nombre de question à une certaine solidarité carrément affichée lors d’une émission de télé dont j’ai oublié le titre et la date !

Cependant je jubile à 90 % quant j’entends Onfray et je râle à 90 % quant j’écoute Fienkelraut.

On ne se refait pas comme ça !

 

Finkielkraut, le problème à la souche

Maud Vergnol
Vendredi, 15 Décembre, 2017
L’Humanité
Photo : Joël Saget/AFP

Photo : Joël Saget/AFP
 

Contre-feux. Le philosophe néoconservateur continue de distiller son poison raciste en banalisant le vocabulaire de l’extrême droite.

C’est toujours le même scénario avec Alain Finkielkraut. Il profère une ignominie raciste, puis explique qu’il est victime d’un mauvais procès afin de se soustraire à la critique. Nul dérapage, donc, dans ses derniers propos qui ont soulevé, à juste titre, l’indignation générale. « Le petit peuple blanc », « les non-souchiens »… voilà qu’un académicien, qui continue de sévir sur les ondes du service public, reprend sans vergogne le dictionnaire de l’extrême droite. Et ce n’est pas la première fois qu’il utilise ce terme, emprunté à son ami d’extrême droite Renaud Camus, qui « ethnicise » le nationalisme et aime fantasmer sur une Europe blanche, fécondée par les Indo-Européens, supposés pères génétiques de « la race blanche ». L’idée qu’il puisse exister une nation française qui ne soit pas figée, blanche et chrétienne, mais un creuset toujours en fusion est insupportable pour le philosophe néoconservateur. En 2011, inquiet de l’irruption et de la banalisation dans le débat public du terme « Français de souche », l’historien Patrick Weil rappelait que « les souches sont immobiles, tandis que les êtres humains bougent et évoluent. La France a été une terre d’invasion puis de migrations, et les nouveaux venus ont toujours fini par s’intégrer ». « Il est sûr que l’Éden n’étant situé en France par aucune tradition, nous descendons tous d’immigrants à un certain horizon temporel », ironise de son côté le démographe Hervé Le Bras, qui sauva l’honneur d’une émission de France Culture à laquelle Finkielkraut avait convié le théoricien du « grand remplacement »… Mais non, nous avons mal compris, nous autres, la richesse de la langue de l’académicien, que Bourdieu jugeait comme « un sous-philosophe », « qui participe à la construction de fantasmes sociaux qui font écran entre une société et sa propre vérité ».

Fienkelraut : coupable de propos raciste ou victime de l'acharnement de ses opposants ? dans POLITIQUE

Maud Vergnol

Lu dans le figaro.fr

TRIBUNE – Ayant déclaré dimanche que «les non-souchiens brillaient par leur absence» lors de l’hommage rendu à Johnny, Alain Finkielkraut a déclenché la polémique. Pour Mathieu Bock-Côté, l’indignation médiatique est avant tout un prétexte pour faire du philosophe un paria.

La simple présence d’Alain Finkielkraut dans l’espace public semble aujourd’hui faire scandale. À gauche de la gauche, on a cessé d’écouter ses arguments mais on scrute sans cesse ses propos à la recherche de ce que le système médiatique nomme un dérapage, ou du moins, pour trouver quelques propos controversés qui justifieront sa mise au pilori pour quelques jours. L’objectif, c’est de faire du philosophe un paria, de le discréditer moralement, de le transformer en infréquentable, qui ne sera plus convoqué dans le débat public qu’à la manière d’un repoussoir, sans cesse obligé de se justifier d’exister.

Celui qui s’est imposé au fil des décennies à travers une critique subtile et mélancolique de la modernité et de sa tentation démiurgique est transformé en commentateur ronchon contre lequel on justifiera toutes les moqueries. On ne prend pas la peine de le lire et on attend simplement le moment où on pourra le lyncher pour de bon. Pour les patrouilleurs zélés du politiquement correct, qui distribuent sans cesse les contraventions idéologiques, Alain Finkielkraut n’est plus le bienvenu dans le débat public.

C’est à la lumière de cette aversion de plus en plus revendiquée pour Alain Finkielkraut qu’on peut comprendre la tempête médiatique qui le frappe ces jours-ci. On le sait, dans le cadre de son émission hebdomadaire sur RCJ, où il répond aux questions d’Elisabeth Lévy, le philosophe est revenu sur l’hommage national rendu à Johnny Hallyday en cherchant à décrypter une passion qui lui était étrangère. Finkielkraut a aussi noté, comme d’autres, que la communion populaire autour de Johnny Hallyday révélait aussi les failles de la communauté nationale. En gros, Johnny Hallyday était plébiscité par la France périphérique, qu’il aura longtemps fait rêver d’Amérique et d’aventure, mais ignoré par la France issue de la diversité, ou si on préfère le dire moins pudiquement, par celle issue de l’immigration. Il a pour ce faire employé ironiquement le terme «sous-chien» inventé par Houria Bouteldja pour qualifier «les Français de souche» et donc celui de «non souchien» pour ceux qui ne le sont pas. Cette ironie n’a pas été comprise, elle était peut-être malheureuse, plus largement on peut partager ou non son analyse, la trouver pertinente ou insuffisante: telle n’est pas la question.

Nous ne sommes pas dans une controverse honnête et loyale, dans une correction bienveillante mais dans une volonté délibérée de nuire.

Nous ne sommes pas dans une controverse honnête et loyale, dans une correction bienveillante mais dans une volonté délibérée de nuire. Les ennemis de Finkielkraut n’allaient pas se priver de fabriquer un scandale artificiel de part en part pour lui faire un mauvais procès en racisme. On l’a d’un coup décrété double maléfique des Indigènes de la République. Les enquêteurs de la police de la pensée et les milliers de délateurs qui les alimentent et les applaudissent sur les réseaux sociaux étaient extatiques: enfin, ils tenaient leur homme. Enfin, ils avaient devant eux le dérapage de trop. Enfin, Finkielkraut venait de tomber dans un piège dont il ne sortirait pas.

Il ne vaut même pas la peine de revenir sur le fond du propos tellement il suffit d’un minimum de jugement et de bonne foi pour savoir qu’il n’a jamais tenu le moindre propos raciste dans son commentaire de l’hommage à Johnny Hallyday et qu’il s’est contenté de reprendre de manière moqueuse et au deuxième degré le vocabulaire de ceux qui le conspuent. Que ce qu’il a dit ne diffère en rien du jugement, sur le sujet, d’un Laurent Joffrin ou de Dominique Bussereau.

» LIRE AUSSI – Petit rappel de la litanie raciste d’Houria Bouteldja à une Insoumise amnésique

Cela dit, la tempête Finkielkraut du moment est intéressante pour ce qu’elle révèle du dérèglement de la vie publique, et cela, pas seulement en France mais à la grandeur du monde occidental. D’abord, on y voit l’importance du buzz comme phénomène médiatique. Une petite phrase arrachée à son contexte et mise en circulation sur internet peut déclencher une marée d’indignation, chacun s’ajoutant alors à la meute en expansion des indignés, qui veulent à tout prix envoyer un signal ostentatoire de conformité idéologique au politiquement correct.

Une société allergique au pluralisme politique et idéologique

On s’indigne, on hurle, on exige une punition exemplaire contre celui qui vient de transgresser le dogme diversitaire et la vision irénique du vivre-ensemble. On assiste même au retour de la gauche pétitionnaire à grande échelle. C’est ainsi qu’on a vu une pétition circuler sur internet pour que Finkielkraut soit viré de l’Académique française. Ceux qui la signent ont alors le sentiment gratifiant d’avoir eux-aussi pu cracher sur le philosophe jugé galeux. Les médias sociaux ont redonné vie à la foule lyncheuse. Disons-le autrement: elles transforment en action vertueuse la lapidation virtuelle. Il s’agit d’écraser symboliquement le dissident, de provoquer sa mort sociale.

Il faut être progressiste ou se taire. Il faut chanter les louanges du multiculturalisme et ne jamais noter les lézardes sociales qu’il engendre ou se fermer la gueule.

On y revient, la tentation lyncheuse qui s’exprime sur les médias sociaux correspond à une réhabilitation de l’ostracisme dans une société de plus en plus allergique au pluralisme politique et idéologique. Il faut être progressiste ou se taire. Il faut chanter les louanges du multiculturalisme et ne jamais noter les lézardes sociales qu’il engendre ou se fermer la gueule. Il faut tweeter dans le sens de l’histoire ou se tenir éloigné de son clavier. Et si on pense autrement, si on critique, si on se moque, si on ironise, même, on sera accusé d’être un provocateur, un polémiste, même, et d’avoir bien cherché sa mauvaise réputation. On se fera coller une sale étiquette qu’il faudra porter à la manière d’un symbole d’infamie.

Alain Finkielkraut ose aller dans l’espace public pour penser notre temps

Il y a là une forme d’intolérance primitive qui se maquille en tolérance supérieure. On ne se surprendra pas, alors, que les réflexes d’autocensure se développent autant chez tant d’intellectuels qui redoutent d’avoir à subir à leur tour une pluie de crachats, pour peu que quelques esprits mal tournés ne comprennent pas ce qu’ils ont voulu dire et lancent contre eux une campagne de diffamation.

L’ensauvagement de la vie publique qui se révèle à travers l’effrayante muflerie des réseaux sociaux témoigne purement et simplement d’une régression de la vie démocratique. Et c’est en bonne partie parce qu’il ose braver cet environnement toxique qu’Alain Finkielkraut est admirable. Nous sommes devant un philosophe de grande valeur, nous le savons. Mais il arrive souvent que les meilleurs philosophes n’aient pas un caractère à la hauteur de leur intelligence. Ce n’est pas le cas d’Alain Finkielkraut, qui fait preuve d’un courage civique exemplaire et qui ose aller dans l’espace public pour penser notre temps tout en sachant qu’il n’en sortira pas indemne. Il croit à la discussion, à l’affrontement des idées, et il a toujours le souci, comme on le constate chaque samedi à Répliques, de donner la parole au camp adverse. Ceux qui lui répondent par des injures et qui en appellent à son exécution publique ne nous disent finalement qu’une chose: ils ne sont pas à la hauteur du défi qu’il leur lance

Chef de la rubrique Politique

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Inégalités égale injustice égale violence…

Posté par jacques LAUPIES le 17 décembre 2017

 

Résultat d’images pour pauvreté en france

 

Il est probable que l’histoire jugera notre époque comme étant celle de progrès techniques et scientifiques marqués par une progression exponentielle et parallèlement par l’accroissement des inégalités sociales résultant d’un recul, ou pour le moins de l’arrêt du processus de partage des richesses.

L’Europe est moins frappée que les grandes autres zones notamment celles de grands pays dits « en voie de développement » (Moyen-Orient, Inde, Brésil et Afrique subsaharienne) ce qui n’est probablement  pas sans incidence sur les flux migratoires vers les pays du Nord.

Si ce mouvement de développement des inégalités dans tous les pays n’est pas stoppé, à l’échelle mondiale les conséquences en seront assurément très grave pour la paix dans le monde car seront ainsi donné prétexte de repli sur soi, de violence à tous ceux qui précisément organisent cet inégalité.

Point n’est besoin de donner des exemples de provocations, d’attitudes agressives et d’agressions qui ces dernières décades alimentent notre quotidien par médias interposés qui n’ont pas toujours l’honnêteté de rappeler que la lutte contre les injustices peut être instrumentalisée, dévoyée, par ceux la même ui en sont les auteurs !

Économie. Comment les inégalités se creusent

Clotilde Mathieu
Vendredi, 15 Décembre, 2017
L’Humanité
Inégalités égale injustice égale violence... dans POLITIQUE

 
 

S’appuyant sur une base de 175 millions de données permettant de mesurer les différences de revenus et de patrimoine, les économistes de plus de 70 pays dénoncent une montée en flèche des disparités dans le monde depuis quarante ans.

Les inégalités mondiales explosent et se sont même accentuées ces quarante dernières années. Entre 1980 et 2016, le 1 % le plus riche a capté 27 % des richesses mondiales produites ; les plus pauvres ont capté seulement 12 %. Entre les deux, pour une partie des classes moyennes, les revenus ont stagné autour de 9 %. Voilà le terrible constat dressé par une centaine d’économistes, dont Thomas Piketty, qui ont présenté jeudi à Paris leur premier Rapport sur les inégalités mondiales 2018. Si « le profil des inégalités semble être à chaque fois le même », constate Lucas Chancel, coauteur du rapport, les niveaux d’inégalités et leur évolution restent très variables d’une zone à l’autre. On constate ainsi une forte hausse aux États-Unis, en Russie ou en Chine. Sur la période citée, les 10 % des Russes les plus aisés sont passés de 21 % à 46 % des richesses captées, de 27 % à 41 % pour les Chinois. Les plus riches États-Uniens et Canadiens sont passés de 34 % à 47 %, tandis que l’Europe a connu une hausse « plus modérée », de 33 % à 37 %.

Le travail des économistes compilé dans le Rapport sur les inégalités mondiales dessine un profil des inégalités qui, malgré les différences entre continents et pays, semble suivre la même trajectoire. Les économistes en ont identifié plusieurs causes.

1.Les vagues de privatisations

Tout commence par l’inégale répartition du capital entre privé et public. Si la richesse nationale a considérablement augmenté, dans le même temps, la privatisation des services et des entreprises s’est accélérée. « Ces dernières décennies, d’importants transferts du patrimoine public vers le privé se sont opérés dans la plupart des pays, riches comme émergents », expliquent les auteurs. Le patrimoine privé a doublé – passant de 200-350 % du revenu national en 1970 à 400-700 % aujourd’hui –, voire même triplé ou quadruplé en Russie et en Chine. À l’inverse, le patrimoine public net (les actifs publics moins les dettes) a diminué partout, jusqu’à rester tout juste positif en Allemagne, en France ou au Japon, devenant négatif au Royaume-Uni et aux États-Unis. « Le fait que l’on observe des pays avec un patrimoine public négatif est un fait économique majeur et tout à fait particulier, alerte l’économiste Lucas Chancel. Cela veut dire que, si le gouvernement américain vendait l’ensemble de ses écoles, hôpitaux, infrastructures de transport et titres, il ne serait même pas en mesure de rembourser sa dette. » Ce qui « limite la capacité d’action des États contre les inégalités ». De plus, la hausse du capital privé a profité essentiellement aux plus riches, alors que les États, en vendant leurs actifs, se sont privés d’une rente régulière. Au final, « les détenteurs de patrimoine privé se sont enrichis, mais les États se sont appauvris », expliquent les auteurs, alors que richesse nationale a largement augmenté.

54251.HR dans POLITIQUE

 
 

2. Chute de la fiscalité pour les plus riches

« Entre 1970 et le milieu des années 2000, la progressivité de l’impôt a été fortement réduite dans les pays riches et dans certains pays émergents », annoncent les auteurs. « Notre rapport est un cri d’alarme contre cette lourde tendance inégalitaire. Car, chaque pays pris isolément a envie d’attirer chez lui les plus riches », note Thomas ­Piketty. Dans le même temps, l’impôt des classes moyennes augmente. Pour les auteurs, si la réduction des inégalités passe par la généralisation de l’impôt progressif, celle-ci ne pourra se faire qu’à condition de lutter contre l’évasion fiscale. « Les capitaux placés dans les paradis fiscaux ont considérablement augmenté depuis les années 1970 et représentent aujourd’hui plus de 10 % du PIB mondial », écrivent-ils. Du fait d’un plus grand recours à ces artifices, « il est difficile de mesurer et d’imposer correctement le patrimoine et les revenus du capital à l’heure de la mondialisation », regrettent les économistes. Et de proposer la création d’« un registre mondial des titres financiers permettant d’identifier les détenteurs ».

3. Baisse des dépenses publiques pour les plus pauvres

L’autre problème concerne les plus bas revenus. Les divergences « entre l’Europe de l’Ouest et les États-Unis, qui avaient des niveaux d’inégalité comparables en 1980, mais se trouvent aujourd’hui dans des situations radicalement différentes », s’expliquent, selon Thomas Piketty, par « une inégalité considérable en matière d’éducation ». « Cela montre que les politiques publiques ont un fort impact sur les inégalités », ajoute-t-il. Aux États-Unis, sur 100 enfants dont les parents appartiennent aux 10 % des revenus les plus bas, seuls 20 à 30 vont à l’université. Ce chiffre passe à 90 lorsque les parents appartiennent aux 10 % des plus hauts revenus. Or, rappellent les auteurs du rapport, « une démocratisation de l’accès à la formation est un puissant levier », même si « l’éducation ne suffira pas à réduire les inégalités ». Dans leur rapport, ils préconisent une « meilleure représentation des travailleurs dans les organes de direction des entreprises et des salaires minimaux corrects ».

Reste que les inégalités pourraient encore s’aggraver. Dans leur rapport, les auteurs anticipent une nouvelle hausse d’ici à 2050, sur la base des tendances actuelles. La part de patrimoine des plus riches passerait ainsi de 33 % à 39 %, tandis que « la classe moyenne mondiale » verrait sa part de patrimoine « comprimée », de 29 % à 27 %. Pour autant, « le but de ce rapport (n’est) pas de se lamenter », mais de voir « comment il est possible, au sein d’une même mondialisation, d’avoir différentes politiques nationales », a expliqué Thomas Piketty sur France Inter.

Journaliste à la rubrique social-économie

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

12345...7
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...