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Inégalités. Une question de civilisation

Posté par jacques LAUPIES le 26 décembre 2017

 

Lundi, 25 Décembre, 2017
Humanité Dimanche
Photo Joël Saget/AFP.

Photo Joël Saget/AFP.

En 2016 les huit premiers milliardaires dans le monde disposaient d’une fortune égale à celle de la moitié de la population mondiale. Lire l’éditorial de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Le mouvement mondial de creusement des inégalités s’amplifie au rythme du déploiement d’un capitalisme assoiffé de dividendes, qui se nourrit goulûment des coups portés à L’Etat social, de l’abandon progressif des politiques publiques, du travail précaire en voie de généralisation, de bas salaires, du saccage des services publics et de l’exploitation des ressources naturelles. Tout ce qu’est en train d’accélérer M. Macron… Rendons grâce à la centaine d’économistes réunis pour la rédaction d’un volumineux et important rapport (1) d’apporter la preuve du désastreux mouvement en cours. Leur travail, chiffré et riche de milliers de données, permet d’étayer une réalité que des millions d’entre nous ressentons chaque jour avec force.
 
Il démontre le transfert massif du patrimoine public, celui de tous au bénéfice de tous, vers les patrimoines privés (2), au nom des théories fumeuses comme celle avancée par le Président de La République des « premiers de cordée », ces grandes fortunes auxquelles il faudrait tout concéder – baisse de la fiscalité sur le capital, suppression de l’impôt sur la fortune, et autres « cadeaux » – pour que la croissance reprenne.
 
Ainsi les patrimoines privés ont plus que doublé en 40 ans quand les patrimoines publics ont été divisés par deux. Cela se traduit concrètement par moins de services publics, des systèmes de santé au rabais, des privatisations massives dans les secteurs clefs, ou encore des systèmes de retraites laissés aux mains de la finance par le biais de retraites par capitalisation. Si la tendance ainsi dessinée se poursuit, ce dont le rapport s’inquiète, les plus pauvres seront condamnés à le rester et les classes dites « moyennes » à les rejoindre. Tel est d’ailleurs déjà l’obscur chemin ouvert.
 
Il est désormais prouvé que la croissance sous le règne néolibéral ne sert d’aucune manière l’intérêt général mais vient gonfler les portefeuilles d’une minorité chaque jour plus infime. Cette injustice fondamentale de la marche du monde provoque un peu partout des réactions de défiance envers les institutions censées garantir l’intérêt général. L’abstention massive comme la réponse populiste, qui prend selon les pays des formes variées et plus ou moins inquiétantes, sont autant de réactions à cette confiscation des fruits du travail par une oligarchie arrogante qui cadenasse ses positions de pouvoir en dépolitisant les choix politiques et de de gestion. Ainsi l’idée même de démocratie se retrouve minée.
 
Face au ressentiment légitime des populations et des travailleurs, il convient de porter une dynamique populaire, fondamentalement progressiste et internationaliste pour construire sur des bases clairement affirmées une riposte sociale, démocratique et écologique. Comment ne pas voir qu’il s’agit d’une tâche dévolue à la gauche ? C’est à dire à une force politique populaire bâtie sur l’alliance des libertés humaines, de la lutte pour l’égalité sociale, de la justice environnementale, de la fraternité et de l’internationalisme. Les travailleurs français ont tout intérêt, dans une économie mondiale imbriquée comme la nôtre, à l’élévation générale du niveau de vie de tous les travailleurs du monde qui participent de la mondialisation des échanges et de la production. Si elle doit pourvoir s’appuyer sur les institutions nationales, la lutte de classes a un horizon intrinsèquement international qui se manifeste aujourd’hui plus encore qu’hier. D’autant que le rapport montre l’accroissement vertigineux des inégalités dans tous les recoins du globe, singulièrement dans les pays dépourvus d’institutions sociales.
 
Toutes celles et ceux qui créent la richesse de nos sociétés doivent refuser « la concurrence », s’allier pour obtenir des outils de régulation économique et d’égalité sociale, et les pousser à un nouveau degré d’efficacité sociale, condition de l’efficacité économique. Ce qui permet aux pays européens de résister peu ou prou à la lame de fond inégalitaire est précisément ce que l’Union européenne, avec la complicité des gouvernements, s’acharne à détruire : des institutions sociales, des systèmes de santé publique, des services publics variés et modernisés, des retraites par répartition ; tout ce qui, en somme, est rendu possible grâce à la socialisation d’une partie importante des richesses produites et qui échappent ainsi à la voracité de l’appropriation capitaliste.
 
Dès lors que le constat que nous avançons depuis des lustres commence à être partagé, pourquoi diable les solutions que nous préconisons ne pourraient faire ne serait-ce que l’objet d’un débat : appropriation publique et sociale des grandes banques, maîtrise d’œuvre publique et sociale des grands moyens de production, développement de nouveaux services publics et de la cotisation sociale pour financer de manière égalitaire les soins et les retraites, création d’une branche supplémentaire de la sécurité sociale pour les personnes les plus âgées, fiscalité réellement progressive, nouveaux critères de gestion des entreprises soumises à leur responsabilité sociale, écologique et territoriale. Autant de pistes opposées à la contre-révolution capitaliste à l’œuvre.  Aux travailleurs et à tous les citoyens persuadés que l’heure est à faire éclore un monde nouveau de s’allier et de mener le combat jusqu’au cœur des institutions existantes pour les transformer. Il s’agit d’un enjeu de civilisation.
 
(1) Rapport sur les inégalités mondiales 2008 du World Wealth and Income database (WID).
Inégalités. Une question de civilisation dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

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Vite un tribunal pour juger les antihumanitaires.

Posté par jacques LAUPIES le 25 décembre 2017

 

Noël est réputé, dans le monde sous influence de la chrétienté qui représente sans doute un bon tiers de l’humanité, la période où cette croyance religieuse occupe le plus largement les médias.

Des médias qui ont de nos jours le pouvoir d’amplifier ou de réduire la diffusion des idées, les évènements les plus dramatiques comme ceux qui ne devraient avoir de place que dans la banalité.

A tel point que nous vivons dans une sorte d’enfer de communications permanentes, diverses et agressives.

L’intelligence, le bon sens, la réserve, le respect perdent pied. La peur et les psychoses triomphent et les esprits les plus indifférents autant que naïfs en sont troublés.

Tout ce petit ou grand monde, comme on voudra, parle d’amour et de paix, en appelle à la bonne volonté de chacun, à la tolérance, au pardon, ignorant ou faisant semblant ignorer ce qu’ils appellent les pêcheurs, les vrais coupables, les puissants méprisant les faibles, qui ne sont pas toujours ceux qui tuent au nom d’une foi, d’une idée, d’une injustice, d’une légitime révolte.

Sont à l’abri d’autres, qui bien au chaud dans leur palais, avec leur parole doucereuse ou méprisante (peu importe) provoquent, décident, ordonnent les répressions les guerres ou tout simplement  laissent le froid, la faim, la maladie accomplir les crimes que fomentent des donneurs d’ordre occultés.

Tout est orienté vers ce sauveur qui aurait sacrifié sa vie pour sauver nos âmes, dont l’image a été construite, triturée, arrangée durant des siècles, par de simples innocents, puis des empereurs avec le concours des penseurs, philosophes, artistes. Les uns par intérêt les autres par un besoin de sublimation, afin d’oublier ou de corriger leurs frustrations, de fuir les peurs et les tabous inventés par les sociétés,  tentent de trouver dans leur adoration ce messie d’un Dieu dont ils ne peuvent expliquer l’existence que grâce aux limites qu’impose aux sciences une vérité souvent relative.

Forcés de réajuster en permanence leurs écrits, leurs discours, ils tentent, se comparant à des bergers, de maintenir le troupeau dans l’ignorance ou dans le rêve y compris en prenant en otage les enfants à qui il ne serait pas nécessaire de mentir pour que brillent de joie ces regards émerveillés qui, pour être et grandir, ont surtout besoin d’amour, de protection, de savoir et de soin.

Le pape François nous a rappelé que nous devions nous occuper de ces migrants qui souffrent. Vaines paroles où pas, cela parait bien dérisoire et ne contrariera pas ces castes, classes et oligarchies  puissantes et dominantes, ces chefs d’état qu’elles nous imposent, lesquels usent du mensonge, de la calomnie, de la corruption pour provoquer l’enfer sur terre.

Devant l’incertitude que leur promet un au delà défini par eux, aléatoire ne serait-il pas temps que croyants, agnostiques ou athées les déférent devant un tribunal de l’Humanité qui encore ne semble pas exister vraiment…Car seule la justice des hommes peut nous protéger d’une catastrophe imminente.

 

 

Pour le défenseur des droits comme pour les acteurs de la solidarité, la circulaire ministérielle qui met fin à l’hébergement inconditionnel et instaure un « dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d’urgence » s’inscrit dans une logique de traque des « sans papiers » visant à

Des bénévoles engagés dans l'aide aux migrants ont tagué la façade du ministère de la Cohésion des territoires, samedi 16 décembre vers 10h30.

Des bénévoles engagés dans l’aide aux migrants ont tagué la façade du ministère de la Cohésion des territoires, samedi 16 décembre vers 10h30.
AFP PHOTO / Thomas SAMSON

Pour le défenseur des droits comme pour les acteurs de la solidarité, la circulaire ministérielle qui met fin à l’hébergement inconditionnel et instaure un « dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d’urgence » s’inscrit dans une logique de traque des « sans papiers » visant à faire gonfler le chiffre des expulsions.

Le 9 décembre, plusieurs grands acteurs de l’accueil des migrants (Médecins du monde, Cimade, Emmaüs…) ont quitté la réunion où était censée leurs être présenté en avant-première une nouvelle circulaire coercitive, consignée par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et celui de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, par laquelle le gouvernement veut déployer avec des « équipes mobiles », constituées d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et des préfectures, pour faire des visites de contrôle dans les centres d’hébergement d’urgence. La circulaire de quatre pages note que l’absence de dispositif de recensement « contribue à la saturation de l’hébergement d’urgence généraliste ».

Dans une déclaration communeils affirment leur refus d’être complice du nouveau dispositif de « tri ».

Florent Guégen, directeur général de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, voit cette circulaire comme « une déclaration de guerre » faite aux acteurs de la solidarité et considère qu’elle marque une rupture avec le principe d’acceuil inconditionnel qui a toujours guidé leur action.

Pour le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, le changement de paradigme initié par cette injonction faite aux directeurs de centres d’hébergement de laisser entrer des instances de contrôle pour interroger leurs résidents est un acte grave, contre lequel il faut riposter collectivement par tous moyens, mais au péril de la santé financière et de l’existence même des structures d’accueil les plus petites ou les plus fragiles.

Alors qu’elles exercent une délégation de service public au titre de la protection des plus vulnérables (code la protection des familles) les structures d’accueil risquent des sanctions si elle refusent de déroger à cette mission. C’est kafkaïen ! Mais c’est surtout lourd de conséquences pour les personnes étrangères hébergées dont la confiance envers ceux qui les accueillent va être trahie et qui vont fuir les centres pour se retrouver dans la rue.

 

Pour Clémence Richard, en charge de de la défense des étrangers menacés d’expulsion à la CIMADE, la circulaire du 12 décembre 2017 est à rapprocher d’une autre circulaire, datée du 20 novembre, qui demande aux préfets de « renforcer » leur lutte contre l’immigration irrégulière à partir des centres dédiés aux migrants, ainsi transformés en « pièges » pour les personnes sous le coup d’une procédure Dublin.

 

Suite à ce projet de recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, plusieurs associations, ainsi que SOS Racisme, ont saisi, lundi 18 décembre, le Défenseur des droits Jacques Toubon, lui demandant « d’intervenir auprès du gouvernement » pour que ses dernières instructions, « portant gravement atteinte aux droits fondamentaux » des étrangers, « ne soient pas mises à exécution ».
Le défenseur des droit qui a réagit le 18 décembre au micro de France Inter s’inquiète de la publication d’une circulaire visant à trier les personnes hébergées dans les centre d’accueil et de l’absence de recours possible pour les personnes en situation administrative irrégulière menacées par celle-ci.
Geneviève jacques, la présidente de la CIMADE, interpelle le président de la république française sur l’une de ses promesses alors que les associations sont « consultées » sur les questions d’asile et de migrations ce 21 décembre 2017 après-midi par le Premier ministre, La Cimade a choisi d’interpeller le Président de la République .
La fin de l’année approche, Geneviève Jacques rappelle dans son message vidéo adressé à Emmanuel Macron, que contrairement à sa déclaration du 27 juillet à Orléans, des personnes migrantes dorment encore dans les rues et dans les bois. Depuis, rien n’a été fait par le gouvernement pour proposer des solutions d’hébergement, notamment à Paris ou à Grande-Synthe où ces images ont été filmées ces derniers jours. Bien au contraire, deux circulaires ont été publiées, elles remettent en cause l’accueil inconditionnel des personnes dans les centres d’hébergement d’urgence, principe fondamental de l’action sociale. Elles engagent l’État dans le tri des personnes migrantes.
La Cimade invite le Gouvernement et le Président de la République à respecter l’engagement pris en juillet dernier, et mettre un terme à toutes les décisions en cours qui violent massivement les droits des personnes en migration et en quête de protection par la France. Une autre politique migratoire basée sur l’accueil, la solidarité et l’hospitalité est attendue.

faire gonfler le chiffre des expulsions.

 

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Vers la citoyenneté universelle et pas des clochers

Posté par jacques LAUPIES le 24 décembre 2017

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Le petit dernier : vorace mais aussi tendre que son grand frère

 

Je reproduis l’entretien ci dessous mais n’en partage point le sens.

Je pense que les revendications nationalistes ou régionalistes relèvent plus d’un état des économies et des rapports de classe internes et externes à l’entité qui revendique plus d’autonomie, que des faits identitaires et culturels. J’y ajouterai un autre élément déterminant : celui des pouvoirs politiques instaurés qui modifient parfois les comportements de ceux qui en disposent. 

Les faits religieux, les traditions et modes de vie, le passé historique ne sont que des éléments que l’on instrumentalise pour déstabiliser des systèmes de représentation qui ne correspondent plus aux intérêts économiques, dans une entité donnée (état centralisateur, fédération d’états, notamment mais aussi autres structures sociales et économiques) des classes dominantes titulaires du pouvoir. Quand ce n’est pas des gouvernants en place qui n’ont pas la notion de l’intérêt général ou la perdent sous diverses pressions !

Car cet autre élément que constitue le comportement des chefs, des élus, des délégués, appelés à gérer l’ensemble des entités d’une part et chacune d’elles d’autre part, ne peut être négligé dans la mesure ou chacun d’eux vit une situation de compromis permanent au delà de règles qui appellent nécessairement à être rediscutées.

Il est évident  que si les pouvoirs centralisés ne prennent pas appui sur les structures les plus puissantes et donc généralement les plus contributives financièrement, il ne leur sera possible de gouverner qu’en faisant appel en permanence à la responsabilité de tous avec des résolutions politiques (élections, mobilisation des instances parlementaires) Ce qui il faut bien le reconnaître, sans pour autant être adeptes du gaullisme) a un aspect  paralysant. 

Seulement voilà les structures les plus fortes peuvent en ce cas mettre en cause leur niveau de participation (contribution pour une nation (appartenance européenne par exemple) impôt pour une région (Catalogne autre exemple), cotisation pour une entreprise (sécurité sociale), un groupement quelconque (Syndicats, Mutuelles, Coopératives ou associations) Ceci mettant généralement en cause le principe d’égalité et de solidarité entre les populations concernées. 

L’exemple le plus criant est celui de l’ONU dont les membres refusent de s’aligner sur les positions politiques (donc économiques) du plus important contributeur : les Etats-Unis et se voient précisément menacés par lui de réduire voir annuler sa contribution

De tels processus qui résultent de l’attitude des classes ou catégories dominantes selon le lieu, ne peuvent que conduire à des délitements, des replis sur soi, des multiplications de frontières dont il ne faut pas se poser la question de leur modification mais plutôt de leur disparition.

Si la prise en compte des éléments constituant la région, la nation (territoire, langue, histoire, culture) ne sont pas à négliger, c’est bien l’égalité de droits, l’uniformisation (vers le haut) des solidarités, la répartition des richesses sur un plan universel qui à l’ère de la mondialisation, qui sont à l’ordre du jour !

 

 

 

 

Bertrand Badie : « Les frontières et les Etats nations ne sont pas éternelles »

entretien réalisé par Vadim Kamenka
Mercredi, 20 Décembre, 2017
Humanité Dimanche
Bertrand Badie : « Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile.» Photo : Guillaume Clément

Bertrand Badie : « Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile.» Photo : Guillaume Clément

Entretien. Spécialiste des relations internationales, professeur à Sciences-Po Paris, Bertrand Badie revient sur la progression des divers mouvements autonomistes, régionalistes de la Catalogne à l’Ecosse.

Humanité Dimanche. La Catalogne, la Corse, l’Ecosse : comment analysez-vous l’importance pris par ces mouvements autonomistes, régionalistes voire indépendantistes dans plusieurs pays européens ?

Bertrand Badie. Bien évidemment, il existe des cas particuliers propre à chaque pays. La situation en Ecosse, en Catalogne, dans le pays flamand ou en Corse répond à une histoire spécifique. La mondialisation a aussi complètement bouleversé la donne. L’Etat nation n’est plus aujourd’hui la seule unité qui compte sur le plan politique. La mondialisation a paradoxalement redonné de l’importance aux pouvoirs locaux et régionaux. La tentation est grande dans chacun des territoires de s’émanciper de la tutelle stato-nationale pour espérer pouvoir mieux négocier avec un monde global.

Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile. L’Europe vient accélérer le mouvement en créant un étage supplémentaire. On constate que ces territoires sont si assidus pour sortir de la tutelle stato-nationale qu’ils se définissent plus pro-européen que l’Etat concerné. C’est vrai dans le cas de l’Ecosse et de la Catalogne. Et le seul vrai argument qui fait reculer les Catalans partisans d’une indépendance réelle, c’est celui d’être exclu de l’Union européenne.

Est-ce que ces phénomènes, très différents d’un espace à l’autre, remettent en cause l’Etat nation ?

Bertrand Badie. Il existe un élément que l’on oublie toujours. L’histoire ne s’arrête pas. Pourquoi voulez-vous que les frontières soient éternellement intangibles ? Il ne faut pas oublier que les frontières se sont construites au hasard des rapports de puissances. Elles ne correspondent à rien d’inamovible ou d’immobile dans l’histoire de l’humanité. En revanche, l’habitude de vivre ensemble derrière des frontières crée une mémoire commune, ce qui donne naissance à une nation. Mais les nations ne sont pas éternelles. A la fin du XV éme siècle, Ferdinand d’Aragon a épousé Isabelle la catholique, réunissant ainsi la Castille et l’Aragon. Pourquoi leur divorce, plus de cinq siècles après leur mariage, serait une incongruité ?.

Nous avons vécu, par le système Westphalien (1) et par la guerre froide, un temps long d’immobilisation des frontières et des contours nationaux. Ceux-ci ne changeaient que sous le poids de la guerre et approfondissaient le fait national au lieu de la défaire. Aujourd’hui, on est sorti de ce système et de la bipolarité pour entrer dans la mondialisation. A mon avis, il y aura encore bien d’autres pulsions autonomistes en Europe et dans le monde. Nous ne cesserons de faire face à des remises en causes des découpages que l’on croyait acquis. En même temps, sachons distinguer les mouvements  autonomistes, séparatistes et indépendantistes. Ceux-ci sont trois paliers très différents qu’ Il ne faut pas confondre. La mondialisation réactive certaines collectivités et certaines cultures subnationales: cela ne veut pas dire pour autant qu’elles veulent toutes construire un nouvel Etat indépendant.

Chacun de ses mouvements se construit-il dans un rapport de force avec l’Etat central pour défendre sa culture ou son économie ?

Bertrand Badie. Des orientations diverses coexistent sur les principes qui les animent et sur les volontés qui les portent. Mais il ne faut pas simplifier non plus les facteurs. Si l’élément économique joue dans le cadre de la Catalogne, il n’est pas seul à s’exprimer : Il y a aussi un patrimoine culturel très actif dans les engagements,une langue catalane, une vieille histoire . On voit bien comment ici le culturel s’imbrique dans l’économique. Tous ces mouvements sont avant tout des mouvements sociaux. Bien évidemment organisés par des entrepreneurs politiques , mais toujours formés de dynamiques multiples.

Quand il existe un désir d’indépendance économique comme en Croatie face à la Serbie au début des années 1990, il se croise avec un réveil des différences culturelles et identitaires. Lorsque la guerre civile a enflammé la Yougoslavie, les différences religieuses loin d’être jusque là éclatantes dans le quotidien sont devenues des principes mortifères.

Comment imaginez que dans la mondialisation actuelle, le rapport de force sera plus facile au niveau local ?

Bertrand Badie. Le temps de l’Etat nation accompli a créé une situation d’exceptionnalité dans laquelle l’allégeance à celui-ci l’emportait sur tout le reste. La mondialisation a relativisé les allégeances. L’allégeance citoyenne n’a pas disparu, mais elle compose désotmais avec d’autres : culturelles, économiques, religieuses. La mondialisation nous place dans un marché mondial qui donne plus de visibilité à la sphère économique qui donc suscite de nouvelles identifications. Et dans ce monde instable, face à chaque défi, l’individu redéfinit son identité comme citoyen de son Etat, comme porteur d’une foi religieuse ou d’une culture particulière, mais aussi comme un acteur inséré dans des relations d’échanges complexes et multiples, notamment économiques. L’individu est mobile là ou l’Etat par la racine même du mot nous indique qu’il s’épanouit dans un monde statique. D’où la crise actuelle de l’Etat nation.

Est-ce que les grandes puissances peuvent jouer sur ces mouvements autonomistes pour fragiliser des Etats comme au temps de la Yougoslavie ?

Bertrand Badie. Elles le font car cela fait partie de leur ADN. Les grandes puissances se croient en droit et en devoir d’intervenir partout, d’imposer leurs règles, autant dans leur propre intérêt que dans ce qu’elles croient être ’intérêt universel. Mais ce temps est révolu. Les puissances ont du mal à conserver ce monde westphalien, car le nouveau monde court plus vite que le jeu des puissances. Elles ont même beaucoup de mal à gérer les découpages et sont en échec quand elles sont intervenues pour susciter des séparatismes: sud Soudan, Kosovo, Irak, Abkhazie… Toutes ces tentatives de remodelage ont montré l’échec des  puissances d’antan.

La fin de frontières intangibles et de l’Etat nation sont-ils des phénomènes véritablement pris en compte par les grandes puissances et ces dirigeants ?

Bertrand Badie. Nous ne sommes plus dans ces temps que je désignais comme Westphaliens , où le principe d’intangibilité des frontières était tabou. Le rapport de force tout au long du XXe siècle faisait que l’on y touchait à minima. Mis à part l’effet des deux grandes guerres mondiales, le statu quo était la règle. Aujourd’hui, en Europe, les sociétés s’éveillent pour remettre en cause les frontières et hors d’Europe, celles-ci apparaissent de plus en plus comme un héritage venu d’aileurs qui ne correspond pas à l’histoire des sociétés concernées. On n’a jamais vraiment cru aux frontières puisque c’était une invention occidentale. Le rapport à l’espace en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie était en effet, avant la colonisation, d’une toute autre nature.

Vers la citoyenneté universelle et pas des clochers dans POLITIQUE cleardot

(1) Cela vient des « traités de Wesphalie » en 1648, qui reconnaissent l’Etat comme la forme privilégiée d’organisation politique de nos sociétés et le début des relations interétatiques.

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Catalogne : une affaire de bourgeoisie (petite et grande) dont les travailleurs ne doivent pas faire les frais

Posté par jacques LAUPIES le 23 décembre 2017

Je ne prétends pas juger de ce qui se passe en Espagne. Cela évidemment regarde les espagnols. Tout au plus je dirai qu’il y a dans cette affaire à ne pas perdre de vue les intérêts de classe en jeu et les problèmes que pose la gouvernance d’un pays donné.
Cependant il semble qu’espagnols et catalans n’ont pas la même histoire politique que nous et sont confrontés à la persistance d’entités régionales regroupées au sein d’un état qui s’est constitué avec l’expansion coloniale, sur des fondements monarchiques
L’Espagne ne s’est pas remise de l’effondrement de son empire colonial au cours du 19ème siècle et a été confrontée à des difficultés économiques aggravées par des conflits nombreux jusqu’au début du 2oème siècle. L’influence de la révolution française a sans doute été relativisée par les guerres d’agression napoléonienne.
Les tentatives (1873 et 1931) de mise en place d’un état républicain se sont heurtées aux conservatismes des propriétaires terriens et puissances financières et industrielles. A chacune de ces tentatives ont succédé des réactions monarchiques dont la dernière a provoqué une guerre civile destructrice et sanglante qui a été le prémisse de la deuxième guerre mondiale : soutien du fascisme européen à Franco et solidarité républicaine internationale assurée seulement par l’Union Soviétique et par des actions de volontaires (Brigades internationales) appuyée sans intervention directes par le Front populaire en France.
L’échec républicain que beaucoup tentent de mettre sur le dos des dissensions (réelles) entre socio démocrates, communistes et anarchistes fut essentiellement le résultat du soutien à Franco de Hitler et Mussolini et de la non intervention de la France et de l’Angleterre.
« Après la mort de Franco, le 20 novembre 1975, le régime évolue vers une démocratie au cours d’une transition qui est « pactée » entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d’opposition. Il n’y a donc pas de rupture formelle symbolique avec le régime franquiste. La Majorité ne souhaite pas une justice transitionnelle qui poursuive des crimes de justice, une loi d’amnistie est promulguée en 1977, cette loi va écarter la possibilité de la poursuite des crimes franquistes13. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Espagne#Construction_d’un_État_centralisé_et_d’un_empire_colonial
Il n’est donc pas étonnant que dans l’affrontement actuel entre catalans indépendantistes et état espagnol ressurgisse ce passé mais, en Espagne comme dans d’autres pays européens les causes essentielles des démarches d’autonomie sont à rechercher ailleurs : dans des conflits d’intérêt entre bourgeoisies qui prennent appui à la fois sur des nationalismes et à l’opposé sur l’instrumentalisation des préoccupations sociales aggravées par la crise économique que traverse le pays, Catalogne comprise.
Des récupérations qui devraient inciter les leaders de la « gauche » française à beaucoup de prudence dans cette affaire. Et si Mélenchon et Valls veulent se refaire une beauté, laissons les à leurs fantasmes d’andropausés au sein de la politique française.
Je comprends que des électeurs de gauche se demandent qu’est ce qu’ils vont faire dans cette galère.

Ernest Urtasun : « L’UE doit aider à résoudre la crise catalane »

Entretien réalisé par Cathy Dos Santos
Vendredi, 22 Décembre, 2017
L’Humanité
« L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité ». éric Gaillard/Reuters<br /><br />

« L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité ». éric Gaillard/Reuters

Espagne. Membre d’Initiative pour la Catalogne Verts, l’eurodéputé Ernest Urtasun plaide pour une réforme du système politique afin de bâtir un réel État plurinational.

 

L’europarlementaire, qui siège au sein du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique, revient sur les origines de l’émergence du mouvement souverainiste en Catalogne.

Ces dernières années, l’ensemble du territoire espagnol a été le théâtre d’intenses mobilisations sociales avec le mouvement des indignés, les grèves générales contre les réformes du marché du travail, et la création de collectifs citoyens contre les coupes budgétaires dans les secteurs publics de l’école et de la santé. Comment expliquez-vous qu’en Catalogne le curseur se soit déplacé sur le terrain du nationalisme ?

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Ernest Urtasun. L’Espagne vit une crise constitutionnelle très forte autour de deux vecteurs : la crise sociale et la crise territoriale. Le pays a appliqué un programme austéritaire européen encore plus sauvage. Il s’est traduit par des coupes budgétaires dans les services publics qui les ont fortement dégradés. Cela s’est traduit aussi par l’irruption et l’autonomisation du mouvement des indignés (15M), mais également par l’émergence de Podemos dans le champ politique. En parallèle, nous avons connu une crise du modèle territorial qui n’est pas seulement une conséquence de la crise économique, elle est même antérieure. Nous avons eu un débat en Catalogne autour de la modification du statut d’autonomie entre 2007 et 2008. Les changements ont été grandement retouchés par le Tribunal constitutionnel à la demande du Parti populaire (droite réactionnaire). Cela a entraîné une crise territoriale et l’émergence du mouvement souverainiste. Les cicatrices de l’austérité sont toujours aussi grandes mais l’effervescence sociale liée à la critique sociale a beaucoup diminué. La crise territoriale catalane a auculté l’agenda social.

Pour quel modèle d’organisation territoriale plaidez-vous ?
Ernest Urtasun. Nous sommes contre l’unilatéralité. Nous défendons une réforme en faveur d’un État plurinational. L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité. Les langues coofficielles ne le sont pas dans tout l’État. Nous n’avons pas de chambre pluriterritoriale qui représente les 17 territoires. Nous n’avons pas un système de financement avec des règles fédérales qui permettraient aux États de prélever des impôts déterminés et d’en être coresponsables. Cette plurinationalité de l’État ne se voit pas non plus dans l’expression extérieure du pays. L’Espagne n’a pas voulu que les langues coofficielles le soient à l’échelle de l’Union européenne comme le sont d’autres pourtant moins parlées. Une majorité de Catalans appuieraient une réforme constitutionnelle pour bâtir une véritable architecture plurinationale

Que répondez-vous aux partis indépendantistes qui estiment que le système politique n’est pas réformable ?
Ernest Urtasun. C’est faux. Cette réflexion de l’indépendantisme catalan est méprisante. Tout pays est réformable. Je rappellerai également aux indépendantistes que les changements sont aussi difficiles en Catalogne : nous n’avons toujours pas rompu avec les quarante années de clientélisme de Convergencia i Unio, l’ancienne formation qui a dirigé la Catalogne.

Quel rôle devrait jouer l’Union européenne dans la crise catalane ?
Ernest Urtasun. On ne peut pas attendre de l’UE qu’elle résolve le problème catalan, mais, en revanche, elle doit y aider. La crise doit être résolue entre l’Espagne et la Catalogne. Mais, lors des charges policières à l’occasion du référendum du 1er octobre, l’UE a été très silencieuse. Elle s’est alignée sur les positions de Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol. On est en droit d’attendre plus d’activisme de la part de la Commission européenne non pour solutionner le problème, mais pour favoriser le dialogue. La construction européenne est fondamentalement une construction inter-États. La Commission européenne peut jouer un rôle dans la vie interne d’un de ses pays membres, comme ce fut le cas lors des pourparlers de paix en Irlande du Nord. Il ne s’agit pas de violer l’intégrité territoriale d’un de ses États membres mais d’aider au dialogue entre les deux parties. Il est indispensable d’avoir un débat institutionnel sur la crise catalane. L’UE doit le faciliter.

Journaliste à la rubrique Mond

 

 

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Ce qui doit fonder le combat de classes

Posté par jacques LAUPIES le 22 décembre 2017

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Ce qui est le plus important pour un individu est de pouvoir se nourrir et se loger. Suivent évidemment les questions de l’éducation, de la santé, de la justice, de la sécurité, de la culture et des loisirs. Le tout étant lié la notion de protection et de sécurité sociale. Bien évidemment le travail collectif nécessaire à la production de biens conditionne tout cela, ce qui implique le devoir de travailler.

On peut donc en conclure que le rapport entre travail et satisfaction des besoins essentiels est déterminant. Or il se trouve que non seulement un grand nombre de travailleurs sont écarté de la production mais que le contrôle et le produit de cette dernière leur échappe au point que ces travailleurs (fussent ils étudiants en devenir, en activité ou en retraite) doivent constamment lutter pour disposer de la part qui leur revient (salaires plus prestations sociales, construction et usage des services publics)

De quoi s’interroger sur l’ampleur, le niveau et le contenu à donner à la lutte des classes ?

 

Pétition. Plus de 150 000 signatures « Vive l’APL » déposées à l’Elysée

 

Jeudi, 21 Décembre, 2017
Humanite.fr
Ce qui doit fonder le combat de classes dans POLITIQUE
Les représentants des associations, syndicats et fédérations du logement social, du collectif Vive l’APL, ont remis ce jeudi 21 décembre 2017, à l’Élysée, les listes des noms et adresses de plus de 150 000 signataires de pétitions opposées à baisse des APL.
Ont été remises les pétitions des Robins des APL (76.413), des collectivités locales et OPH (39.448), de Vive l’APL (28.058), de la CNL (15.000) soit un total de 158.919 signatures.
 
Elles ont été présentées à l’Élysée le jour de l’adoption définitive à l’Assemblée de la loi de Finance qui contient ces mesures brutales et impopulaires, qui impactent les locataires modestes, les organismes HLM et leurs salariés, ainsi que les demandeurs de logement social.
 
Le collectif vive l’APL, inédit par sa composition, ne s’arrêtera pas à l’adoption de la loi de Finance et continuera son action pour le rétablissement intégral des APL, des aides à la pierre, de l’encadrement des loyers, et pour un logement stable, décent et accessible pour tous et toutes.  
 
Collectif « Vive l’APL »
Associations de locataires et mal logés : AFOC, AFVS, CGL, CLCV, CNAFAL, CNL, COPAF, CSF, DAL, FNASAT Gens du Voyage, HALEM, Indecosa-CGT, RESEL Ile-de-France – Associations régionales ou locales : ACDL, CAL, Col. Logement Paris 14, Col. SDF Alsace, Col. SDF de Lille, 
 
Associations de solidarité : ACSC, Bagagérue, Compagnons Bâtisseurs, Emmaüs France, Emmaüs Solidarité, FAPIL, Fédération des Acteurs de la Solidarité, Femmes Egalité, FEP, Fondation Abbé Pierre, Fondation Armée du Salut, Le Refuge, Petits Frères des Pauvres, Secours Catholique – Caritas France, UNAF, UNCLLAJ, UNIOPSS 
 
Associations de défense des droits : AC!, Advocacy France, AITEC, APF, APPUII, Association des marocains de France, ATDF, ATMF, ATTAC, Collectif Pas Touche aux APL, Coordination Nationale Pas Sans Nous, CRLDH, CSP75, FLC Adéic, FTCR, Ligue des Droits de l’Homme, MNCP, MRAP, Planning Familial, Robins des APL, UFAL, UTAC
 
Syndicats : CFDT, CFTC, CGT, Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires CGT, FAGE, FSU, Sud Santé Sociaux, Syndicat de la Magistrature, SNUP Habitat FSU, UNEF, Union syndicale Solidaires, USP 
 
Fédérations d’organismes de logement social : Coop’HLM, Fédération des ESH, Fédération nationale des Associations régionales HLM, Fédération Offices Publics de l’Habitat, Habitat et Humanisme, SNL, SoliHa, UNAFO, UNHAJ, USH

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