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Consommer sans discernement conduit à des formes de violence

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2017

 

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Je crois que c’est Bacchus (de dos)

Il faut bien se rendre à l’évidence : dans nos sociétés, où qu’elles se trouvent  sur la planète, dès lors qu’une paix relative et un progrès économique et social, tout aussi relatif, existent, les comportements des individus deviennent globalement animés et motivés par le besoin de consommer souvent sans discernement. Certes il y a des exceptions d’individus, voire de groupes ou de catégories qui échappent à ce besoin qui, au fond, est à inscrire dans la lutte pour la vie contre la nature.

Ces exceptions ne peuvent résulter que d’un cheminement intellectuel qui nous conduit à ne rechercher que le nécessaire que l’on ne peut définir autrement qu’en prenant appui sur le développement historique des forces productives, rattaché à un degré de civilisation et des rapports sociaux harmonieux de coopération entre les humains.

Dès lors que cela n’est pas atteint le conflit est latent. Ainsi nous ne pouvons échapper à l’individualisme et au repli sur soi, sauf à nous impliquer collectivement avec nos semblables dans le combat politique qui, seul, peut permettre de créer une société à la mesure de nos besoins naturels.

S’impose alors l’exigence de la révolution mais celle-ci ne peut aboutir sans le ralliement de tous ceux qui sont dans l’exception en premier lieu et hors de l’exception en second lieu…

Ainsi l’éducation, la réflexion philosophique deviennent une exigence pour tous. Si cet objectif n’est pas majoritairement atteint (voire quasi unanimement)  il restera toujours une place pour l’anarchie ou le totalitarisme, le désordre ou la violence, et la révolution échouera…

 

Extraits de la Lettre à Ménécée :

“Qu’on ne remette pas à plus tard, parce qu’on est jeune, la pratique de la philosophie et qu’on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n’est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, lorsqu’il s’agit de veiller à la santé de son âme. D’ailleurs, celui qui dit que le moment de philosopher n’est pas encore venu, ou que ce moment est passé, ressemble à celui qui dit, s’agissant du bonheur, que son moment n’est pas encore venu ou qu’il n’est plus. Aussi le jeune homme doit-il, comme le vieillard, philosopher : de la sorte, le second, tout en vieillissant, rajeunira grâce aux biens du passé, parce qu’il leur vouera de la gratitude, et le premier sera dans le même temps jeune et fort avancé en âge, parce qu’il ne craindra pas l’avenir. Il faut donc faire de ce qui produit le bonheur l’objet de ses soins, tant il est vrai que, lorsqu’il est présent, nous avons tout et que, quand il est absent, nous faisons tout pour l’avoir.”

http://la-philosophie.com/epicure-lettre-a-menecee

 

Vingt ans en Chine, l’âge des possibles ?

Asie.
Dominique Bari, Vadim Kamenka, Lina Sankari
Mardi, 21 Novembre, 2017
L’Humanité
Les migrants de l’intérieur tentent leur chance dans les villes. Photo : Stringer/Aly Song/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Les migrants de l’intérieur tentent leur chance dans les villes. Photo : Stringer/Aly Song/Reuters

Née après les réformes initiées par l’ex-président Deng Xiaoping, la nouvelle génération oscille entre tradition et modernité. Rapport à la politique, à l’argent, aux aînés, à l’Occident… ces enfants qui feront la Chine de demain livrent leurs aspirations.

Tout ce que la Chine compte de high-tech se trouve dans la rue Zhongguancun. La zone, jadis investie par les vendeurs de rue de composants électroniques, est aujourd’hui la place forte des petits génies de l’informatique et des géants du Web. Le quartier de Haidian compte à lui seul 12 000 entreprises. Ses cafés branchés et connectés sont le repère de Lin. Encore étudiant, il y donne rendez-vous sans consommer. Au premier abord, il a tout du jeune individualiste qui souhaite tracer son chemin sans se soucier du reste. Il fait partie de cette nouvelle classe intermédiaire qui représentera potentiellement 400 millions de personnes en 2020, soit près d’un tiers de la population qui gagnera 60 000 yuans (7 700 euros) par an. Étudiant en aéronautique à la faculté de Beihang (Pékin), le jeune homme de 23 ans n’a pas d’idée précise de son avenir. Exemple vivant d’un pays où les possibilités se multiplient. Originaire de Foshan (Guangdong), Lin aimerait « rester dans une grande ville pour gagner plus d’argent ». Canton, qui le rapprocherait de sa famille ? Shanghai, où sa petite amie aimerait déménager ? À l’étranger, malgré le désaccord de ses parents ? À l’instar de cette nouvelle génération née après les réformes initiées par Deng Xiaoping, Lin a des rêves de mouvement. Également parce que l’aéronautique est le symbole de cette Chine de l’innovation qui émerge. « Ce type d’étudiants ne souhaite pas revenir dans la région dont il est originaire. D’une manière générale, le retour est perçu comme une régression sociale. Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent », observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca.

Les mariages arrangés restent une tendance forte

Autre lieu, autre parole. À la gare centrale de Pékin, la plus vieille de la capitale, l’horloge qui égrène les heures au son de l’Orient est rouge. L’affluence est grande, on y croise les migrants, ceux qui arrivent, ceux qui partent. Jiao Tigang, 22 ans, est de ceux-là. Il ressemble à un gamin, pourtant il a débarqué à Pékin il y a cinq ans, pour tenter sa chance. Elle était mince, avec pour tout bagage une éducation en école primaire bâclée ; il n’a pu trouver qu’un emploi de garde de sécurité dans un immeuble de l’ouest de la grande cité. À 3 000 yuans (385 euros) par mois, nourriture et logement inclus. Sans le précieux hukou, le permis de résidence, il a été exclu de toute aide sociale. De Pékin, il n’a rien vu mais il s’en moque. Ce grand timide est aujourd’hui heureux. Il repart chez lui dans le Shandong, dans sa ville natale de Dezhou, il va retrouver sa famille qui lui a tellement manqué. Il n’est pas trop inquiet pour son avenir, il a trouvé une place en apprentissage pour devenir vendeur ambulant de crêpes chinoises, ces fameuses « bing » si savoureuses. Il s’établira à son compte par la suite.

On a souvent décrit le décalage entre la jeunesse actuelle et ses aînés qui ont connu les privations. Il existe. Mais le paradoxe de ce pays en mouvement est de veiller à ses traditions tout en poursuivant sa propre voie sans se caler sur l’Occident. Ces traditions, c’est curieusement Wang Quan, jeune ingénieur dans une entreprise d’État et membre du Parti communiste chinois (PCC), qui les défend le mieux. Il a confiance en son pays et vante les principes de Confucius qu’il « connaît mieux que la théorie marxiste ». Ses parents étaient de modestes ouvriers du pétrole. Lui a pu faire des études et souhaite transmettre cette même chance à son fils. Il n’envisage pas d’autre enfant. « La compétition est trop grande, il faut de l’argent non seulement pour élever les enfants mais pour les activités extrascolaires et les salaires sont insuffisants à Pékin. »Selon Jean-Louis Rocca, les mariages arrangés restent par ailleurs une tendance forte. « Les parents, marqués par d’anciennes pratiques, continuent d’exercer une pression sur les enfants pour qu’ils trouvent un partenaire avant 30 ans. Ce n’est pas le simple fait des campagnes. Dans des grandes villes comme Pékin ou Shanghai, on trouve encore des marieuses. En ce domaine, on ne fait pas confiance au hasard. Ce qui peut aboutir à des conflits même s’il est rare que les enfants rompent totalement les liens. » Les parents de Lin sont, à ses dires, des « Cantonnais traditionalistes ». Lui récuse toute idée de gouffre générationnel : « Nous avons la même culture. S’ils aiment le poulet bouilli et que je le préfère frit, nous aimons tous trois le poulet et donc on peut trouver un consensus », sourit le jeune homme.

« L’argent est perçu comme un espace de liberté potentiel »

Cette pression familiale ressort au fil des témoignages. « Il s’agit plutôt d’un décalage entre notre génération qui n’a jamais connu la famine et celle de nos parents », souligne Ma. Jovial, cet étudiant en français souhaite se faire embaucher deux ou trois ans par une entreprise chinoise au Tchad ou en Côte d’Ivoire. « Le salaire y est particulièrement élevé. 25 000 yuans par mois (près de 3 200 euros). Cela me permettrait de reprendre mes études au Canada, où j’ai étudié une année. Ainsi, je n’aurai pas besoin de dépendre de mes parents. » Il faut néanmoins relativiser ce « fantasme africain ». Beaucoup d’entreprises ont du mal à trouver des candidats au départ. La pression familiale pour dénicher un emploi stable et bien rémunéré reste forte. « À la différence de nos parents, nous avons la possibilité de faire un métier qui nous corresponde. Au Québec, les contraintes familiales et sociales sont moins fortes. »

Le rapport à l’argent de la Chine actuelle peut surprendre. Si son salaire le lui permet, Lin souhaite acquérir son futur appartement même si les prix dans les grandes villes ont crû sur une base annuelle de plus de 10 % jusqu’au début 2017. « Le logement est la première chose à acheter après ses études car la valeur ne diminue jamais, confirme Cuifen (1), une étudiante en linguistique, nos parents nous donnent une partie de l’argent et, pour le reste, tout le monde fait un emprunt. » « La jeunesse actuelle semble seulement attirée par l’argent. C’est certainement lié au souvenir de la souffrance de leurs parents durant les années 1950, la Révolution culturelle et les mouvements critiques des années 1980 qui ont mené à Tian’anmen. Elle n’est sans doute pas aussi dépolitisée qu’on le dit mais, pour elle, l’argent est perçu comme un espace de liberté potentiel », observe Lian (1), une traductrice pékinoise.

«	Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent	», observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca. Claro Cortes IV/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

 

« Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent », observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca. Claro Cortes IV/Reuters

Contrairement aux apparences, la politique est en fait très présente. Si les jeunes ne se reconnaissent pas dans les discours officiels, elle est à fleur de paroles comme pour Yu Yinqing, qui, derrière son comptoir, vend des jus de fruits dans un point de vente de la gare. Casquette et blouse jaunes, aux couleurs de l’enseigne, cette jeune fille de 22 ans, originaire du Jiangsu, travaille sept jours sur sept, de 9 à 10 heures par jour, pour 4 000 yuans (514 euros) par mois. « À part la présence requise, le boulot n’est pas dur », assure-t-elle, toute à sa joie de vivre dans la capitale. Elle a trouvé par des relations à se loger près de la place Tian’anmen, dans une petite chambre de 7 m2 pour 500 yuans (64 euros) par mois. Une vraie chance qui lui fait oublier son rêve : celui de rentrer dans l’armée. « Il me manque mon diplôme de fin d’études secondaires. Je n’avais pas l’argent nécessaire pour poursuivre mes études. » Sa vocation est venue en 2008 lorsqu’elle a vu comment les militaires se sont portés au secours des sinistrés du Sichuan, après le terrible tremblement de terre qui a dévasté la province. « C’est ce travail humanitaire qui m’a séduite. » Adhère-t-elle au grand « rêve chinois » promu par le président Xi Jinping ? Un temps de réflexion : « Je fais mon travail de mon mieux et faire son travail, c’est aussi contribuer au rêve chinois. »

À 23 ans, Lin a déjà voyagé en Europe, au Vietnam et en Thaïlande. Comme beaucoup de jeunes Chinois, il a l’image d’une Europe sur le déclin, instable politiquement et où l’insécurité règne : « Elle me donne une impression de chaos. » De leur point de vue, aux États-Unis, la technologie est aussi développée que la libre circulation des armes à feu et le racisme anti-asiatique. « Pour eux, l’Europe est un monde dangereux. Ils ont un rapport au métissage culturel assez problématique faute d’y avoir été habitués. Les Chinois, y compris ceux qui sont critiques vis-à-vis du gouvernement, sont également dubitatifs à l’égard de notre modèle politique, où le président change régulièrement et où la loi est contestée dans la rue », décrypte Jean-Louis Rocca. Reste que la nouvelle génération fait preuve d’optimisme. Du fait des succès du pays, les jeunes font globalement confiance au gouvernement et aux avancées scientifiques pour régler les problèmes. Depuis son café du quartier de Haidian, Lin rappelle que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, réseau bloqué en Chine depuis 2009, a appris le mandarin. Le retour de la Chine sur le devant de la scène mondiale après le « siècle d’humiliation » est sans conteste vécu comme une revanche.

(1) Le prénom a été changé.
Une société vieillissante

 

Une société vieillissante

 

Selon le président de l’Association de la Sécurité sociale de Chine, Zheng Gongcheng, la population âgée de 65 ans et plus gonfle chaque année d’environ 10 millions de personnes et devrait atteindre environ 400 millions d’individus fin 2035, soit 14 % de la population, le seuil à compter duquel la société est considérée comme vieillissante.

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Un révolutionnaire épris de progres social et de paix…

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2017

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Bonjour Jacques

A l’occasion du 20e anniversaire de la mort de Georges Marchais,
le PCF accueille 

GEORGES MARCHAIS L’EXPO

Du 28 novembre 2017 au 15 janvier 2018
Espace Niemeyer , 2 place du Colonel Fabien 75019 Paris

 

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Municipalités en danger !

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2017

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Touche pas à ma ville, nous nous en chargerons car elle en a besoin…

 

Depuis des décades les tenants du pouvoir central tentent de mettre à mal l’autonomie politique et économique des villes. Parfois même à l’encontre de leurs représentants politiques locaux. Ce qui d’emblée interroge sur les intentions de ceux qui se prévalent de LREM en Arles et Tarascon par exemple…

Nul doute que la suppression d’une taxe d’habitation – qui certes nécessité d’être réaménagée – va dans ce sens et si Macron entend la supprimer au prétexte de soulager les contributeurs que nous sommes c’est évidemment pour mieux contrôler le pouvoir des mairies, ainsi dotées, et s’octroyer à plus ou moins long terme la maitrise politique. La quelle est déjà fortement transférée  des villes aux communautés urbaine et autres grandes métropoles.

Mutualiser les ressources pour les villes me parait indispensable mais pas au prix du sacrifice du pouvoir des élus.

Dans un peu plus de deux ans vont avoir lier des élections municipales.  Par delà les clivages politiques il faut que les  citoyens imposent le respect de cette conquêtes séculaires qu’est la gestion de leur ville.

Nous invitons les citoyens de notre ville à se positionner dans ce sens avant d’exprimer ce qui en découle l’élaboration de projets audacieux pour sortir notre ville qui, comme tant d’autre, souffre de la démission face aux maitres du jeu : les puissances financières, industrielles ou commerciales.

Nous restons à leur disposition !

 

Collectivités. Et si l’alternative venait des communes ?

Pierre DUQUESNE
Mardi, 21 Novembre, 2017
L’Humanité

Démocratie, remunicipalisation, transitions énergétiques… de multiples innovations sociales naissent dans les communes qui résistent au libéralisme. Au point que certains évoquent aujourd’hui un renouveau du « municipalisme »

Les 15 000 édiles attendus pour le 100e congrès de l’Association des maires de France (AMF), qui débute aujourd’hui, s’attendent au pire. Emmanuel Macron, qui s’y rendra jeudi, leur a déjà annoncé qu’ils devront se passer de 13 milliards d’euros jusqu’en 2022. En supprimant la taxe d’habitation, remplacée par des dotations, l’État met les communes sous perfusion financière et anéantit leur libre administration. Ce n’est pas tout. Le gouvernement compte les placer littéralement sous tutelle, notamment en conditionnant les subventions de l’État à des politiques choisies par le pouvoir central, via une contractualisation qui ne profitera qu’à l’État. Les maires dénoncent un retour en arrière sans précédent sur les lois de décentralisation. C’est un « rêve » qui se réalise pour la technocratie, à savoir « se débarrasser des élus locaux », estime Patrice Bessac, président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr). Pourtant, partout dans le monde, les villes reviennent aux avant-postes des enjeux sociaux, économiques, culturels et écologiques du XXIe siècle. Leur génie créatif est tel qu’il pourrait offrir un contre-modèle à l’ultralibéralisme. Et ils sont nombreux à s’y employer. Petit tour de France des maires qui résistent, innovent et expérimentent des projets alternatifs.

Le futur semble niché à Puy-Saint-André, perché à 1 500 mètres d’altitude. Cette bourgade de 467 habitants, dominant Briançon (Hautes-Alpes), produit assez d’énergie pour alimenter 150 foyers grâce à 14 centrales photovoltaïques installées sur les bâtiments publics. Elle est pratiquement autosuffisante et produit une énergie 100 % renouvelable. L’Europe impose aux villes une baisse de leur consommation de 20 % d’ici 2020 ? Cette commune l’a réduite de 30 % en moins de dix-huit mois. Un bol d’air dans cette vallée des Alpes impactée par le réchauffement climatique et les nuisances liées aux sports d’hiver.

En quinze ans, 106 villes ont remunicipalisé le service de l’eau

EDF n’y est pour rien. L’État non plus. Tout est parti de la décision du maire, Pierre Leroy, de créer une société d’économie mixte locale pour permettre aux habitants de se réapproprier la production de l’énergie. Une action exemplaire qui a eu des effets jusque dans la vallée. La communauté de communes a ainsi décidé de se passer des multinationales pour le traitement des déchets, dorénavant confié à une régie publique. Résultat, la collecte a baissé de 12 000 à 8 000 tonnes, soit une baisse de 30 %.

Il y a des maires « qui changent tout », explique Mathieu Rivat dans un livre consacré au génie créatif des communes (1). Ils sont même de plus en plus nombreux à reprendre la main face aux multinationales, explique un rapport de l’Aitec, association d’urbanistes, d’économistes et d’experts qui vient en appui aux mouvements sociaux. Ce texte, dont nous avons pris connaissance, établit une liste, non exhaustive, d’expériences locales de collectivités qui tentent d’engager leur territoire dans la transition écologique, sociale et démocratique.

En quinze ans, près de 106 cas de remunicipalisation des services de l’eau ont été opérés par des collectivités françaises, selon un décompte effectué en juin par l’ONG TransNational Institute (1). Grenoble, Montpellier, Paris… même une ville de droite comme Nice a franchi le pas. Cette vague de municipalisations ne se limite plus au secteur de l’eau. En dix ans, une trentaine de collectivités « sont passées de la gestion privée à la gestion publique de leurs transports, et presque aucune n’a pris le chemin inverse », explique Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir Transports, cité par l’Observatoire des multinationales. À Champigny-sur-Marne, la ville communiste a repris en main le réseau de géothermie, système de chauffage écologique profitant à 20 000 habitants. Engie, qui gérait cette infrastructure en délégation de service public, a rendu les clés l’an dernier.

Mathieu Rivat cite aussi le dynamisme d’Ungersheim, en Alsace. Le maire, Jean-Claude Mensch, un ancien mineur passé par la JOC et la CGT, s’est engagé à fond dans le mouvement de villes en transition. Leur principe est simple : vivre comme si le baril de pétrole était à 200 dollars. Comment ? En recherchant l’autonomie énergétique et alimentaire, via la relocalisation de la production agricole, la structuration d’une filière bio et de circuit court pour la cantine de l’école. Cette commune a même été jusqu’à créer une conserverie et une régie agricole municipale. À Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), le maire EELV, Jean-François Caron, a fait de la transition écologique un atout pour développer cette ville minière jouxtant Lens, avec un postulat : les questions sociale et écologique sont les deux facettes d’un même combat. « À Loos, nous avons généralisé l’écoconstruction dans l’habitat des populations socialement très en difficulté, de sorte qu’elles paient aujourd’hui 150 euros de chauffage par an. C’est comme si elles avaient plus de 100 euros par mois d’augmentation de salaire », raconte l’édile.

Voir les maires transformés en « gestionnaires » n’est pas une menace à écarter

Pour certains, les communes seraient devenues de « véritables catalyseurs de la transition sociale, économique et écologique ». C’est ce que propose notamment le Québécois Jonathan Durand Folco, dans son traité de municipalisme (2). Une théorie qui puise autant dans la pensée du libertaire américain Murray Bookchin, théoricien de l’écologie sociale dans les années 1960, que dans l’analyse du géographe marxiste David Harvey, qui a consacré un livre aux « villes rebelles ». Selon ce dernier, les marxistes ont trop souvent mis l’accent sur la production de la valeur, et en particulier dans le monde du travail, « alors qu’il faudrait porter une attention particulière à la ville comme le lieu central d’accumulation, d’appropriation, de contradiction et de luttes sociales », comme le résume Jonathan Durand Folco. Dit autrement, les combats anticapitalistes, selon Harvey, doivent se concentrer et s’organiser explicitement sur le vaste terrain de la ville et de l’urbain.

Les villes espagnoles conquises par des mouvements sociaux en 2015 (Barcelone, La Corogne, Madrid…) s’inscrivent dans cette philosophie, au point de créer un réseau européen de « villes rebelles ». Le municipalisme espagnol et les villes françaises qui s’engagent dans des politiques alternatives ont un point commun : revendiquer une « radicalité démocratique, analyse Élisabeth Dau, de l’Institut de recherche et de débat sur la gouvernance. La transition démocratique est d’ailleurs la mère des transitions, sociales et écologiques ».

C’est « la question fondamentale et subversive », abonde Jo Spiegel, maire de Kingersheim (Haut-Rhin). Cet ancien membre du PS soumet toutes les décisions communales à un conseil participatif réunissant des élus, des citoyens et des experts. Une partie des habitants qui y siègent sont tirés au sort, pour assurer la participation de tous à cette « démocratie de la construction ». « Il faut abattre un mythe qui fait croire qu’une fois élus, on peut penser et agir à la place des gens pendant six ans. Ici, on considère que le rôle d’élu, c’est d’animer le processus de décision, fertiliser les points de vue différents, mettre sur la table des désaccords pour mieux construire un chemin commun. » Et Jo Spiegel d’ajouter : « Je crois qu’il y a une forme d’assistanat civique, qui est provoqué par les élites et qui laisse les gens soit dans l’abstention, soit dans la colère, mais jamais dans l’engagement. »

Ces révolutions citoyennes, sociales et écologiques peuvent-elles seulement se faire avec des dotations à l’os ? « Nous réfléchissons actuellement à un dispositif pour dissocier le terrain du bâti dans les projets d’accession sociale à la propriété, afin que le bien reste, en cas de vente en accession sociale. C’est une véritable innovation. Et cela ne coûte pas d’argent, explique Patrice Leclerc, maire PCF de Gennevilliers. Mais si le gouvernement nous retire toutes nos compétences pour les transférer aux métropoles, nous nous transformerons en un maillon de la politique gouvernementale. Sans compétence d’aménagement, il sera difficile d’intervenir en matière d’urbanisme. » Voir les maires transformés en « gestionnaires » n’est pas une menace à écarter, ajoute l’élu, puisque le gouvernement envisage de prendre en étau les communes en attaquant la libre administration des communes et en conditionnant les dotations versées aux politiques menées. Pour autant, « le municipalisme n’est pas un pis aller », plaide cet élu communiste, qui envisage d’adhérer au réseau des villes rebelles. « Ce mouvement a le mérite de porter et de promouvoir des expérimentations et des constructions politiques singulières quand le bipartisme a tendance, plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, à effacer le pluralisme politique. »

(1) Ces maires qui changent tout, le Génie créatif des communes, de Mathieu Rivat, Actes Sud. (2) à nous la ville !, Traité de municipalisme, de Jonathan Durand Folco, écosociété.
Journaliste

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Prévision car la guérison deviendra de plus en plus difficile

Posté par jacques LAUPIES le 20 novembre 2017

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L’amour et la paix d’un après-midi à Nîmes

Au moment ou surgissent toutes sortes d’affaires relevant du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles les maitres du jeu deviennent comme toujours, les journalistes en mal se sensationnel et bien souvent rendent  difficile l’action des juges. L’opinion quant à elle qu’elle soit indifférente, ce qui est rare, ou se transforme en groupes de censeurs et se départage en fonction des sensibilités philosophiques  ou religieuses, n’a pas vocation a s’ériger en tribunal. Avec des jugements hâtifs qui ne sont pas de son ressort dans la mesure où précisément elle est mal informée…et formée !

A l’heure ou tenants du système se réfugient dans de pseudos lois dans lesquelles  police et justice ne se retrouvent  pas,  ou notre société, l’une des plus riches et des plus évoluées du monde, est incapable de vrais solidarités pour ceux qui y ont une place et ceux qui aspirent à l’avoir, tous ces gigotements sont une véritable désolation et n’augurent pas d’un avenir serein !

 

Enfance. Éducation à la sexualité, et si on appliquait la loi ?

Alexandre Fache
Lundi, 20 Novembre, 2017
L’Humanité

À l’occasion de la Journée des droits de l’enfant, ce lundi, le Défenseur des droits pointe les insuffisances de ce qui est pourtant une obligation légale à l’école, depuis 2001.

Et si c’était le chaînon manquant à la prise de conscience massive née de l’affaire Weinstein ? Les témoignages des victimes de violences sexistes continuent de s’accumuler, jour après jour, le gouvernement promet une nouvelle loi au printemps sur le sujet, mais rares sont ceux qui pointent le rôle déterminant de prévention que devrait tenir l’éducation à la sexualité dans le cadre scolaire. À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le Défenseur des droits consacre une partie de son rapport annuel, publié ce lundi, à cette question. « L’obligation de conduire des actions d’éducation à la sexualité est très peu suivie et ne développe pas suffisamment une approche globale et respectueuse des sexualités, susceptible de contribuer à la lutte contre les préjugés et stéréotypes de sexe, d’identité, de genre et d’orientation sexuelle », regrette l’institution présidée par Jacques Toubon.

Beaucoup l’ignorent, mais « l’information et l’éducation à la sexualité » sont obligatoires en France depuis la loi du 4 juillet 2001 sur l’IVG et la contraception. Chaque année, « au moins trois séances » doivent être dispensées, du CP à la terminale, des interventions destinées à « contribuer à l’apprentissage du respect dû au corps humain », selon l’article L312-16 du Code de l’éducation. Une obligation que l’éducation nationale elle-même semble avoir largement mise de côté, si l’on en croit l’état des lieux plutôt alarmant, dressé en juin 2016, par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Celui-ci avait interrogé quelque 3 000 établissements scolaires pour vérifier comment était menée cette éducation à la sexualité. Résultat : 25 % des écoles, collèges et lycées avaient reconnu n’avoir mis en place aucune action de ce type, malgré l’obligation légale. Un chiffre probablement bien trop flatteur par rapport à la réalité.

« Même si la sexualité est omniprésente dans la publicité, au cinéma, à la télévision, il existe encore un énorme tabou autour de celle des jeunes », explique Margaux Collet, la co-rapporteure de l’étude du HCE. Intégrée à la loi de 2001 par le biais d’un simple amendement, cette obligation n’a jamais été considérée comme une priorité par l’État. « Personne n’est chargé du suivi de cette mesure, personne n’encourage les recteurs à l’appliquer, et tout dépend du bon vouloir des enseignants, qui font souvent ça sur leur temps libre, avec des associations », regrette Margaux Collet, qui pointe aussi « l’absence de financement dédié ».

Plaisir, consentement, virginité… les jeunes s’interrogent

Pourtant décisive dans la lutte contre les stéréotypes sexistes, l’éducation à la sexualité est ainsi menée de façon très inégale selon les territoires et les établissements, mais aussi de façon très insuffisante, en quantité et en qualité. « Lorsqu’elle est intégrée à des enseignements disciplinaires, elle est largement concentrée sur les sciences (reproduction) plutôt que d’être intégrée de manière transversale en lien avec la dimension citoyenne et l’égalité filles-garçons », constatent le HCE comme le Défenseur des droits, qui plaident pour une « approche globale de la sexualité, qui intègre ses aspects affectifs, psychologiques et sociaux en même temps que reproductifs ». Une demande qui semble être en phase avec les attentes des jeunes eux-mêmes. Professeure de lettres dans un établissement de banlieue parisienne, Aude Paul, 36 ans, fait partie d’un groupe d’enseignants qui a décidé de prendre à bras-le-corps cet enjeu. En commençant par interroger directement les élèves sur les thèmes qu’ils voulaient voir abordés. « Ils passaient assez vite sur les questions de santé, d’infections sexuellement transmissibles ou d’IVG, sur lesquelles ils s’estimaient assez bien informés, et on avait en revanche pas mal de questions sur le plaisir, le consentement, la virginité, la “première fois”…» relève l’enseignante.

Pour les filles, une double injonction : être désirables et respectables

De fait, il y a du boulot pour combler les lacunes. « Les jeunes, et en particulier les filles, méconnaissent leur corps, et le plaisir féminin reste tabou. 84 % des filles de 13 ans ne savent comment représenter leur sexe, alors qu’elles sont 53 % à savoir représenter le sexe masculin, et une fille de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris », rappelle le HCE, citant une enquête menée auprès de 316 élèves dans un collège du nord de Montpellier. Cette méconnaissance n’empêche pas les élèves de faire face à des injonctions très fortes dans leur cour de récré, ou sur les réseaux sociaux. Pour les garçons, il s’agira de répondre à une « norme de virilité » ; pour les filles, à la double injonction de se montrer « à la fois désirables et respectables », pointe le HCE. Le tout dans un contexte où l’accès à la pornographie sur Internet, par le biais des smartphones, est de plus en plus aisé. Selon un sondage de mars 2017, l’âge moyen de visionnage de la première vidéo porno serait de 14 ans en France. Dans ce contexte, les parents sont-ils demandeurs ou peuvent-ils constituer un frein à l’éducation à la sexualité de leurs chères têtes blondes ? « S’ils ont un rôle à jouer, ils ne sont pas toujours les mieux placés pour évoquer ces sujets avec leurs enfants, répond Margaux Collet. Soit parce qu’ils peuvent être en conflit aux eux – à l’adolescence, ça arrive –, soit parce qu’il y a un décalage entre les maturités réelle et perçue de leur enfant, ou, enfin, parce qu’ils peuvent être à l’origine de comportements jugeants, sur l’orientation sexuelle de leur enfant, par exemple. D’où la nécessité que l’école porte ce discours. » Dans le lycée d’Aude Paul, qui a mis en place depuis plus de treize ans ces séances d’éducation à la sexualité, les retours négatifs des parents sont quasi inexistants. « Il y en a eu une seule, il y a sept ans : un parent avait appelé pour nous dire que cela n’avait pas sa place à l’école. Mais, globalement, on a l’impression d’avoir leur confiance. »

Secrétaire d’État à l’Égalité, Marlène Schiappa a d’ores et déjà promis un audit sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. Dans son rapport, le Défenseur des droits recommande, comme le HCE avant lui, de renforcer la formation initiale et continue des personnels, de produire des outils pédagogiques plus adaptés, mais aussi d’élaborer une « charte » qui permette de choisir au mieux les associations appelées à intervenir devant les enfants. « Les choses bougent lentement », constate Margaux Collet.

rubrique société

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Misères du monde, causes et « remèdes »…

Posté par jacques LAUPIES le 19 novembre 2017

 

Lorsque l’on prend connaissance des faits relatés par ce jeune guinéen, on a beau être sans illusion sur les comportements des humains et considérer cependant que notre confiance en notre espèce doit demeurer, l’extrême dans l’inhumanité a toujours un aspect insupportable incompréhensible et révoltant.

Les médias, qui nous relatent les multiples ignominies dont sont capables ceux qu’il faut bien reconnaître comme nos semblables,  ont le mérite de nous alerter. Même si l’on sait que leur envahissement par des faits divers, vite généralisés et exploités pour alimenter nos peurs, a un effet négatif.  qui consiste à nous détourner des vraies causes.

Et là, nous en avons un exemple car tout de même, si existe cette « anarchie » en Libye  qui conduit des bandes organisées à exploiter la misère du monde pour l’aggraver au delà du supportable, nous avons notre part de responsabilité en ayant mis en place des chefs d’état qui ont foutu et foutent le bordel dans ces pays dont on veut exploiter les richesses et la force de travail humaine.

Outre que ces hommes politiques sont les représentants  d’une classe dominante qui les manipule où  les fabrique de toutes pièces à l’aune de ses besoins, certains d’entre eux mettent un zèle particulier, qu’ils soient réputés idiots ou intelligents, à passer les trois quarts de leur temps à faire les guignols. sur tous les écrans !

Mais il est vrai que l’on a les chefs (élus ou pas) que l’on mérite, que même les esprits les plus révolutionnaires qui n’en ont pas voulu, se trouvent finalement impuissants et paralysés. Chacun se réfugiant au mieux dans son petit monde politique sachant que toute initiative fort transformer la société nécessite des abandons et des louvoiements. 

Pourtant une idée, comme l’on dit, peut devenir force révolutionnaire lorsqu’elle est portée par un peuple.

Dans le cas qui nous préoccupe l’idée communiste par exemple n’a d’autre issue pour se concrétiser que de pénétrer le peuple qui connaît en premier lieu l’injustice sociale qui est une perte d’humanité. Encore faut-il que toutes les forces militant pour elle qui en perçoivent la portée, se rassemblent dans un parti. Se soumettant au débat démocratique, capables de mettre en œuvre une stratégie la plus actualisée possible et non décalée dans un futur où elle n’aurait peut être plus cours !

Cela vaut pour un Libyen, un guinéen et un français. 

 

 

Migrants / coopération UE-Libye « La France a devoir de réparer l’outrage fait aux migrant-e-s et à la conscience humaine »

 

C’est à un véritable réquisitoire que s’est livré le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l »homme, Zeid Ra’ad Al Hussein à l’encontre de l’UE et des conditions de détention des migrants en Libye. « La communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention. La politique de l’UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine ». Dans ce communiqué publié mardi 14 novembre le Haut commissaire souligne que « la souffrance des migrants est un outrage à la conscience de l’humanité ».

Se trouvent donc une fois encore confirmées les exactions menées contre les migrant-e-s depuis des années en Libye et dénoncées par de nombreux témoignages diplomatiques, d’observateurs et d’ONG. Cette réalité largement reconnue n’a pas empêché l’UE et plusieurs Etats en bordure de la Méditerranée, dont la France, d’adopter en juillet un accord avec des autorités libyennes.

 

Les observateurs de l’ONU présents en Libye du 1er au 6 novembre ont constaté une dégradation rapide de la situation. Des milliers – 20 000 recensés – de femmes, d’hommes et d’enfants émaciés et traumatisés par les violences subies, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars, subissant les violences des gardiens munis de bâtons électriques… Les femmes sont violées par les trafiquants mais aussi par les gardiens des centres officiels de détention.

 

Cet appel de l’ONU intervient au moment où le groupe de contact des 13 pays européens concernés, dont la France, et africains, dont la Libye, a décidé « d’améliorer les conditions de vie des migrants. » Cet engagement pris à plusieurs reprises n’a jamais été respecté.

 

L’Union européenne par sa politique migratoire d’externalisation confie ainsi à la Libye en plein chaos, après l’intervention militaire française, la responsabilité de bloquer à tout prix les migrant-e-s voulant fuir violence et pauvreté pour se retrouver en Libye dans un véritable enfer financé par l’UE et les Etats voisins.

 

C’est une  véritable honte pour tous ces pays et pour l’UE. Il faut mettre rapidement un terme à cette tragédie.

La solution est connue: c’est d’organiser l’ouverture de voies légales et sécurisées permettant aux migrant-e-s de rejoindre l’Europe pour faire valoir leurs droits à la protection et d’espérer se construire une vie meilleure .

 

Ces révélations parviennent au moment ou le gouvernement français annonce une série de nouvelles mesures répressives, sous forme de lois, pour réduire encore plus l’accueil de migrants en France, malgré le faible nombre déjà parvenus, et de multiplier les expulsions… Le gouvernement doit d’abord s’expliquer sur la situation en Libye étant données les responsabiltés qui sont les siennes dans ce drame, et dire quelles mesures il compte prendre pour y mettre un terme.

 

Pour sa part, le Parti communiste français poursuivra son combat, avec ses dirigeants, ses élus, ses militants pour faire respecter les droits des migrants et pour que la France et l’UE remplissent leurs devoirs d’accueil, de solidarité, d’hospitalité et de protection à leur égard

 

 

« En Libye, ils voulaient nous vendre comme esclaves »

Émilien Urbach et Laurent Mouloud
Vendredi, 17 Novembre, 2017
L’Humanité

Réfugié en France depuis huit mois, le jeune Moussa D., 17 ans, a couché sur le papier le récit de son exil depuis la Guinée. Coups, emprisonnement, viols… Ce témoignage met en lumière le sort inhumain réservé aux migrants lors de leur passage par Tripoli.

Cela ressemble à une simple rédaction, couchée avec application sur une copie d’écolier. Cependant, derrière l’écriture déliée et les quelques ratures, pas de récit de vacances enfantines. Mais celui, violent et bouleversant, du chemin d’exil de Moussa D. En quatre pages manuscrites, ce jeune mineur isolé de 17 ans, originaire de Guinée-Conakry et réfugié dans le sud de la France, décrit avec une précision glaçante les sévices subis lors de son périple. Et notamment ces quelques mois d’enfer vécus en Libye. Emprisonné, battu, violé… Des mots d’adolescent qui rejoignent ceux du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Mardi, celui-ci a, en marge des révélations sur l’existence de trafics d’esclaves dans ce pays, appelé la communauté internationale à ne plus « fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye ». Cette rédaction pourra peut-être y contribuer.

Ce témoignage, Moussa D. ne l’a pas livré tout de suite. Arrivé en mars dernier en France, il se confie quelques mois plus tard auprès d’un professeur, dans le foyer où il est hébergé. « Il est venu me parler de ses problèmes d’érection, explique l’enseignant, qui préfère conserver l’anonymat. Il était inquiet de ne plus en avoir. Et puis, peu à peu, il a raconté son parcours, la Libye, les coups et le viol… » Le prof lui conseille de coucher sur le papier son récit. « Afin d’en faire un exutoire. » La copie, que le jeune fera finalement parvenir à notre journal, se révèle bouleversante et tristement éclairante sur le sort terrible des migrants qui passent par la Libye.

Moussa entame son récit par la vie qu’il mène chez son père, Mamadou, dans la région de Mamou, en République de Guinée. Un quotidien de violence et d’humiliation. « Les autres femmes de mon père et aussi mes autres grands frères me maltraitaient, écrit l’adolescent. Ma mère, elle était traitée comme un animal. » Lorsque son père lui demande de ne plus aller à l’école pour faire le marché, Moussa préfère tenter sa chance à Bamako, au Mali, dans la famille d’un de ses amis. Il n’y restera qu’un mois avant de gagner l’Algérie, où il travaillera dans la maçonnerie. Il se blesse avec une tronçonneuse, perd son boulot et consomme ses maigres économies. Avec son ami de Bamako, ils décident alors de prendre la route pour Tripoli.

« Entassés dans un pick-up sans eau ni nourriture »

« Aucun des enfants qui m’ont raconté leur histoire n’avait conscience de ce qu’ils allaient trouver en Libye, explique le professeur de Moussa. Ils partent en espérant faire quelque chose de leur vie. Au final, ils vivent l’enfer de l’esclavage et des violences sexuelles. » L’homme avoue n’avoir pas pu retenir ses larmes la première fois qu’il a été confronté aux récits de ces jeunes. « Tous me parlent de la traversée du désert. Du pick-up qui les a transportés entassés, sans eau ni nourriture. De leurs amis tombés du camion, abandonnés à leur sort. Puis de l’esclavage et de la prison, arrivés en Libye. »

C’est le sort que connaîtra Moussa. À Tripoli, après avoir travaillé deux mois comme soudeur, il se rend au petit matin sur la place où les patrons viennent faire leur marché de travailleurs migrants. « C’est à ce moment-là que des gens sont arrivés. Ils m’ont attrapé avec d’autres et mis en prison », raconte l’adolescent. Il restera enfermé, sans nourriture, avec 450 autres exilés, dans un hangar à 200 km de la capitale. « Ils voulaient nous vendre dans un marché aux esclaves ! » lâche-t-il. Au bout d’une semaine, des bus arrivent pour les conduire dans une autre prison, où Moussa restera enfermé cinq mois. Cinq mois de calvaire.

Sabratha, l’étape ultime avant la traversée de la Méditerranée

À l’oral comme à l’écrit, l’adolescent évoque les coups au quotidien, la malnutrition, le travail forcé et les sévices sexuels. « Un jour, ils sont venus à quatre en nous disant qu’ils nous emmenaient travailler. Nous étions trois. Moi et deux Sénégalais, dont un qui avait le même âge que moi. Ils nous ont emmenés dans le désert. Ils nous ont tapés sous les pieds. Ils ont pris leur fusil, ont tiré en l’air et par terre. Puis ils nous ont déshabillés. Après, eux aussi se sont déshabillés et ils se sont jetés sur nous. » Le jeune Sénégalais de 15 ans a été violé à quatre reprises. Moussa et l’autre victime, deux fois.

En Libye, l’adolescent apprend également le décès de sa mère. Il n’a plus rien à perdre. Un soir, des compagnons de cellule rentrent du travail forcé. Ils ont réussi à voler des marteaux. Ils cassent les murs de la prison. Moussa en profite pour s’enfuir, rejoint la ville de Zinta puis les plages de Sabratha, étape ultime avant la traversée de la Méditerranée. « Tous les jeunes exilés que j’ai croisés me parlent du “Campo”, explique le professeur de Moussa. Ce moment d’attente avant d’être embarqué, assis sur la plage, un morceau de pain pour cinq personnes. Les pick-up des miliciens libyens enivrés qui viennent faire du rodéo, qui tirent dans tous les sens. Et l’enterrement dans le sable de celui qui s’est pris une balle perdue. »

À la mi-février 2017, Moussa monte dans un bateau pneumatique avec 137 compagnons d’infortune. Arrivés dans les eaux internationales, ils sont secourus par l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée, seule ONG à maintenir une présence en mer à cette période de l’année. À son arrivée en Italie, le jeune homme est hospitalisé pendant un mois à cause des séquelles des viols. « J’ai mal aux hanches, mais aussi (…) je crois que je ne suis plus un garçon, écrit-il. Normalement, le matin, un garçon quand il se réveille, il est dur. Moi non ! Je n’arrive plus à être dur. J’ai peur et je n’ai rien dit à personne. »

À sa sortie de l’hôpital, il rejoint Vintimille, au nord du pays, et traverse la frontière à pied. Depuis le mois de mars, Moussa est en France, où il continue d’être soigné. Arrêté, il a été confié aux services de la protection de l’enfance. Depuis, il a décroché un contrat d’apprentissage dans une boulangerie. Et, de temps en temps, il parle à sa sœur restée au pays. « Je ne lui ai pas raconté pour les viols », dit-il, encore traumatisé par son séjour en enfer.

Cinq morts lors d’un sauvetage au large de la Libye

Cinq personnes sont mortes, dont un bébé, et 50 autres ont été portées disparues, lundi 6 novembre, lors d’une opération de sauvetage qui a mal tourné au large de la Libye. Dans la matinée, le navire de l’ONG Sea-Watch se lance à la rescousse de 120 migrants entassés à bord d’un canot. Les gardes-côtes libyens arrivent sur la zone. Ils embarquent eux aussi des naufragés « en les battant et les menaçant », selon l’ONG, pour les ramener vers l’enfer d’où ils viennent. Plusieurs personnes sautent à la mer. Le navire libyen quitte la zone avec une quarantaine de personnes. Une soixantaine ont été secourues par Sea-Watch. En juillet dernier, l’Union européenne a adopté un programme de 46 millions d’euros pour « renforcer les capacités des autorités libyennes », en formant notamment de nouveaux gardes-côtes

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