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Mobilisation. Fonctionnaires : le public montre l’exemple de l’unité syndicale

Posté par jacques LAUPIES le 10 octobre 2017

 

Sébastien Crépel et Pierric Marissal
Mardi, 10 Octobre, 2017
L’Humanité
Les salaires, l’emploi et la disette imposée aux services publics sont au cSur du mal-être des fonctionnaires. Loïc Venance / AFP<br /><br /><br />
Les salaires, l’emploi et la disette imposée aux services publics sont au coeur du mal-être des fonctionnaires. Loïc Venance / AFP
 

Les neuf organisations de fonctionnaires font front commun aujourd’hui contre l’austérité XXL qui mine les salaires et les services publics. Alors que les convergences sociales se cherchent, d’autres secteurs se joignent aux agents publics.

La soi-disant augmentation du pouvoir d’achat des agents publics annoncée hier par le premier ministre correspond à « l’augmentation normale de la masse salariale » globale, compte tenu, entre autres, des recrutements d’agents effectués en 2017 qu’il faut bien rémunérer, et non de mesures de salaires pour 2018. « Le gouvernement se trompe en ne raisonnant qu’en moyenne et en masse salariale, contrairement à l’approche par niveau des fonctionnaires eux-mêmes qui intègrent leur situation individuelle », réplique d’ailleurs le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, cité par les Échos. Quant à la CSG, des annonces similaires ont déjà été faites précédemment, sans traduction dans les faits.

Cette tentative de ruser avec le mouvement déclenché par les neuf syndicats de fonctionnaires (CGT, FSU, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et Fédération autonome) en dit surtout long sur l’inquiétude du gouvernement, impuissant à déminer les colères sociales qui s’expriment les unes après les autres, et qui pourraient bien finir par s’agréger les unes aux autres.

À l’échelle de la fonction publique, c’est ce qui devrait se produire dès aujourd’hui, même en l’absence de consensus intersyndical contre la réforme du Code du travail. « Il se peut que dans les cortèges certains veuillent ajouter d’autres mots d’ordre, s’en prendre de manière plus générale aux ordonnances », concède ainsi Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa fonction publique, qui ne pousse pas pour sa part dans ce sens. Chaque profession fera surtout part de son malaise particulier, qui traduit le ras-le-bol commun d’années de politiques d’austérité que les premières mesures du quinquennat d’Emmanuel Macron n’ont fait qu’amplifier (voir les témoignages en pages 6 et 7). « Avant la grande manifestation parisienne, il est prévu des initiatives sectorisées, au moins en Île-de-France, témoigne Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT fonctionnaires. Ce sera vrai pour l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), la recherche publique, Pôle emploi ou encore le ministère de la Culture », avant que ces mobilisations convergent dans le même cortège contre le gel des rémunérations, la hausse de la CSG, la suppression prévue de 120 000 postes en cinq ans, le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie… « Je n’ai pas de souvenirs d’autant d’attaques en quelques mois », reprend Jean-Marc Canon. « Depuis l’arrivée de ce gouvernement, on parle de la fonction publique en termes de coûts et jamais comme un investissement », renchérit Bernadette Groison, son homologue de la FSU, particulièrement bien implantée chez les enseignants, qui s’annoncent très mobilisés aujourd’hui (lire ci-dessous).

Des convergences se cherchent entre colères sociales multiformes

Au cœur du mal-être des fonctionnaires, la question des salaires occupe une place de choix, encore renforcée par la hausse de la CSG de 1,7 point, qui va grignoter un peu plus leur pouvoir d’achat en berne depuis dix ans. « Dans les années 1980, un agent de catégorie A (cadre – NDLR) en début de carrière, comme un enseignant, touchait 2 fois le Smic. Aujourd’hui c’est 1,25 fois le Smic », constate Bernadette Groison, qui chiffre à « 20 % la baisse moyenne du pouvoir d’achat ces dix dernières années ». Quant aux agents du bas de l’échelle, ceux de la catégorie C, « il y a non seulement le risque qu’ils retombent sous le Smic, prévient Jean-Marc Canon, mais pire, si on n’augmente pas le point d’indice d’ici à 2022, la rémunération des agents de la catégorie B tombera également sous le Smic. On parle quand même de cadres intermédiaires de niveau bac+3 ! »

Au-delà, l’appel des cheminots à la mobilisation (CGT et Unsa), voire à la grève (Solidaires et CFDT), aujourd’hui, celui des routiers (CGT), en dépit de l’accord arraché au gouvernement la semaine dernière sur leurs rémunérations menacées par les ordonnances, ou encore le mouvement intersyndical de grève lancé lui aussi aujourd’hui chez Pôle emploi, dont les agents sont majoritairement des contractuels, montrent que des convergences se cherchent entre des colères sociales multiformes. C’était d’ailleurs l’objet de la réunion organisée hier soir à l’invitation de la CGT, et à laquelle devaient participer FO, la CFE-CGC, la CFTC, la FSU, Solidaires, l’Unsa et même la CFDT, dont la direction est, tout comme FO, sous la pression d’une partie de ses militants qui contestent les ordonnances Macron. Si toutes les confédérations n’étaient pas sur la même longueur d’onde avant cette réunion, Laurent Berger évoquant pour la CFDT sa volonté de « peser ensemble sur la réforme de l’assurance-chômage, sur la réforme de la formation professionnelle », Philippe Martinez, pour la CGT, appuyait quant à lui « l’objectif » d’une « grande journée unitaire » pour « fédérer » et « faire converger tous les mécontentements » sociaux. La contestation des ordonnances en formerait alors le cœur, celle-ci étant désormais le fait de deux Français sur trois, selon un sondage Harris Interactive pour LCP (lire ci-contre), 57 % déclarant soutenir les grèves et manifestations organisées contre ces mêmes ordonnances.

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Une espagne unie pour de nouveaux droits…

Posté par laupiesjacques le 9 octobre 2017

Je l’ai déjà dit ici : quelles que soient les attitudes agressives du gouvernement Rajoy,  le peuple doit éviter de tomber dans le panneau des bourgeoisies qui tentent de l’utiliser  en prenant appui sur des courants indépendantistes qui. en Espagne comme dans bien s’autres pays européens’ ont des intérêts de classe à défendre.

 

 

 

Les Espagnols dans la rue pour l’unité du pays

Dimanche, 8 Octobre, 2017
Humanite.fr
Une espagne unie pour de nouveaux droits... dans POLITIQUE
AFP
Alors que Mariano Rajoy n’écarte pas une suspension de l’autonomie de la Catalogne, les anti-indépendantistes descendent dans la rue, dimanche à Barcelone, pour réclamer l’unité de l’Espagne.

Une grande manifestation des anti-indépendantiste sest attendue à Barcelone, dimanche 8 octobre, avec pour mot d’ordre : « Ça suffit ! Retrouvons la sagesse. » Des milliers de manifestants ont déjà battu le pavé samedi en réclamant pour certains « l’unité », pour d’autres « le dialogue ». De son côté, le chef du gouvernement Mariano Rajoy reste ferme.

Le rassemblement de dimanche est soutenu par plusieurs partis politiques anti-indépendance et plusieurs personnalités, comme l’écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, de nationalité péruvienne et espagnole, qui a qualifié l’indépendantisme catalan de « maladie ».
 
Samedi, à l’appel de l’initiative citoyenne « Parlem ? Hablemos ? » (« On se parle ? », en catalan et en espagnol), des dizaines de milliers de personnes, vêtues de blanc, s’étaient rassemblées dans plusieurs villes pour réclamer un « dialogue » entre les Catalans et le reste du pays afin de sortir de la pire crise politique qu’ait connue le pays depuis le retour à la démocratie, en 1977, après la dictature franquiste.
 
Un dialogue que Mariano Rajoy n’envisage pas tant que les dirigeants séparatistes de cette puissante région autonome n’auront pas fait machine arrière dans leur volonté de déclarer l’indépendance.
 
« Ce que je souhaite, c’est que la menace de déclaration d’indépendance soit retirée le plus rapidement possible » car « on ne peut rien construire si la menace contre l’unité nationale ne disparaît pas », a déclaré le chef du gouvernement conservateur au quotidien El Pais.
Et il brandit lui la menace d’une suspension de l’autonomie de la région, une mesure jamais appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée, qui pourrait aussi provoquer des troubles en Catalogne :  »Je n’écarte rien », dit-il au journal qui l’interroge sur l’application de l’article 155 de la Constitution permettant cette suspension.
 
Il lance au passage un appel aux nationalistes catalans les plus modérés, pour qu’ils s’éloignent des « radicaux » de la CUP (Candidature d’unité populaire, extrême gauche) avec lesquels ils se sont alliés pour disposer d’une majorité au parlement catalan.
 
L’impasse qui inquiète l’Europe semble toutefois difficile à surmonter, les dirigeants indépendantistes exigeant eux de discuter du référendum.
La crise a polarisé les Catalans, la moitié des habitants de cette région n’étant pas pour l’indépendance, selon les sondages.
Après des années de discorde entre Madrid et la région, cette crise a éclaté il y a tout juste une semaine avec l’organisation par les dirigeants séparatistes de Catalogne de cette consultation interdite par la justice et par Madrid. Scrutin qui a été émaillé de violences policières dont les images ont fait le tour du monde.
Selon l’exécutif catalan, 2,2 millions de personnes ont voté « oui » à l’indépendance (90,18%), avec une participation de 43%. En vertu de ces résultats, invérifiables, en l’absence notamment de commission électorale, ils envisagent de faire sécession.
 
De timides gestes d’apaisement sont pourtant apparus en fin de semaine, du moins localement quand le préfet, principal représentant de l’Etat en Catalogne, a présenté des excuses au nom des forces de l’ordre vendredi pour les violences policières qui ont émaillé le référendum interdit de dimanche, faisant au moins 92 blessés et scandalisant l’opinion.
 
Le président régional Carles Puigdemont a lui annoncé qu’il repoussait son intervention devant le Parlement catalan, prévue lundi. Les séparatistes envisageaient d’y prononcer une déclaration d’indépendance unilatérale. Pour la nouvelle séance prévue mardi à 18h00 locales (16h00 GMT), l’ordre du jour porte simplement sur la « situation politique », laissant planer le doute.
 
Mais les parlementaires opposés à l’indépendance ont cependant dit se méfier des véritables intentions de M. Puigdemont. Le report de l’annonce pourrait servir à « gagner du temps », notait samedi le quotidien catalan La Vanguardia. Car les dirigeants catalans savent qu’une « République catalane » serait en effet automatiquement exclue de l’Union européenne.
 
 
Signe de l’inquiétude qui agite les milieux économiques, plusieurs très grandes entreprises, dont les banques centenaires CaixaBank et Banco de Sabadell, ont déjà décidé de transférer leurs sièges sociaux hors de Catalogne, qui compte 7,5 millions d’habitants et représente 19% du PIB espagnol.

 

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Les bourdes d’utilisation de vocabulaire inapproprié.

Posté par jacques LAUPIES le 8 octobre 2017

Sonia Nour ferait-elle partie de ces jeunes « politiques » qui, à l’image de l’un des plus célèbre d’entre eux, Président de la République, ne mesurent pas la portée de leurs petites phrases ? En ce cas les  amateurs de renouvellement des têtes qui croient que la jeunesse est porteuse d’idées nouvelles, originales et de qualité y seront pour leurs frais.

Tout simplement parce que sortent des mots inappropriés de la bouche de cette élite politique nouvelle, fut elle de gauche. Des mots qui parfois trahissent l’ambiguïté de leurs convictions !

En l’occurrence l’utilisation du mot « martyr » sans précaution, même pas celle des guillemets, pour qualifier des terroristes fait passer l’intention de défendre la cause féminine au second plan. Se trouve ainsi posée la question du statut de « combattant » du terroriste : assassin, criminel ou simplement soldat ?

On peut comprendre que la plupart des hommes ou femmes politiques concernés par l’engagement à leur côté de la « fautive » ait été saisis d’une réaction très critique  Il pourrait en effet paraître irresponsable, dès lors que la « bourde » a été commise, de se taire face à tous ceux qui s’en font des gorges chaudes.

Pour autant on n’a pas répondu à la manière dont on doit qualifier des personnages  qui au fond ne sont que des fanatiques mais surtout pas des martyrs.

Quant à Sonia Nour il conviendrait qu’elle reconnaisse que sa formulation  était hasardeuse et pour le moins une erreur !

Elle se différencierait de cette pléiade de personnage qui n’ont aucune raison de revenir sur des mots ou expressions dont on ne nous fera pas croire qu’ils ne les utilisent pas en connaissance de cause ! Vous voyez de qui je peux parler en ce temps ou on ne sait plus tourner sa langue sept fois dans sa bouche…

Ce qui est extrêmement grave quand on représente un courant de pensée et à fortiori l’état d’une nation !

 

 

Paru dans « Le Monde »

L’affaire Sonia Nour, révélatrice du malaise dans la gauche militante

C’est un message sur Facebook qui a tout déclenché. Lundi 2 octobre, au lendemain de l’attentat de la gare Saint-Charles, à Marseille, où Ahmed Hanachi a tué deux jeunes filles de 20 ans à coups de couteau, Sonia Nour, collaboratrice à la mairie (PCF) de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) a écrit : « Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation Bla Bla Bla… Par contre que le terrorisme patriarcal nous tue tous les deux jours on l’entend moins votre grande gueule. »

Très vite, Gilles Poux, le maire de la ville, a estimé que l’ancienne membre de la direction de l’UNEF – elle faisait partie du bureau national au début des années 2010 – avait dépassé la ligne rouge. Il a condamné le message et suspendu Mme Nour de ses fonctions. « Ces propos qui minimisent et banalisent des actes de terrorisme d’une sauvagerie inouïe ne méritent que la condamnation », a écrit l’édile. Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis, a aussi critiqué les propos de Sonia Nour dans un message publié sur Facebook, avant de le retirer.

« Sous la pression de la fachosphère »

Mme Nour a par la suite essayé de se justifier, en affirmant qu’elle voulait dénoncer les violences faites aux femmes. Sans vraiment convaincre : « En France, nous avons l’équivalent d’un Bataclan [89 morts sur les 130 victimes des attentats du 13 novembre 2015] chaque année pour les femmes. Meurtres de masse par étranglement, coups, coup de fusil, poignard… par des hommes. En quoi le crime dit “islamiste” serait plus atroce que le crime de femmes par leur conjoint ou ex… ? » Elle prend soin de préciser également que « le mot martyr ne veut pas dire “le juste” » et qu’elle l’emploie « dans le sens psychanalytique du terme ».

Lire aussi l’enquête :   Le lent délitement de la maison UNEF

Plusieurs personnes sont venues à la rescousse de Sonia Nour. Parmi elles, des anciens camarades de l’UNEF qui dénoncent une « cabale ». Ils rappellent l’engagement de Mme Nour contre « les systèmes de domination en faisant un lien utile et nécessaire entre classe, race et genre ».

 

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Bonaparte prépare-t-il Napoléon ?

Posté par jacques LAUPIES le 7 octobre 2017

La grande bourgeoisie ne peut jamais trop s’accommoder  des libertés. Il lui faut trouver les moyens de réduire la part des richesses consacrées au travail, qu’elle a souvent du se voir imposée sous l’effet des luttes sociales. Cela pour maintenir  et élever ses taux de profits qu’inexorablement le système tend à abaisser.

La mainmise sur l’appareil politique et médiatique connaît des limites pour appliquer l’austérité et survient la tentation de l’arbitraire.

Nous vivons cela ! Sous ses apparences bon enfant le dirigeant macroniste  cache (à peine) des intentions bonapartistes – le prestige du héros militaire en moins – et quelles que soient les intentions plus ou moins libérales qu’on puisse lui accorder (politiquement) la méfiance s’impose à cet égard.

Le projet de destruction du système de protection sociale, déjà fortement entamé, est là et ne sera  pas stoppé de si tôt. Les batailles électorales avec un système d’élection truqué à la base, mais établi constitutionnellement, risque bien de ne pas suffire à endiguer la vague antisociale d’autant que la bataille des idées met le peuple en situation de pot de terre et la classe dominante dans celle du pot de fer.

La jeunesse à qui l’on propose de s’enrichir devient de plus en plus pauvre, tarde à entrer dans la vie active et une fraction de plus en plus importante , si elle ne réagit pas, sera condamnée à la précarité à vie au risque de se voir traitée de fainéante.

D’autres survivront dans de douces illusions de s’en tirer un peu mieux pour finir avec des retraites de misère à un âge tardif. Comme ces grognards de l’empire pendant que l’empereur, les rois qu’il a fait, ou inversement, auront leur part de rente assurée ! Ouf je ne serai pas là pour voir les dégâts !

Quoique l’overdose me gagne !

 

Bonaparte prépare-t-il Napoléon ?  dans POLITIQUE 330px-Grognards_par_Raffet

« Ils grognaient, et le suivaient toujours »

 

République. Un président qui s’attaque aux piliers de la démocratie

 

Aurélien Soucheyre et Lionel Venturini
Vendredi, 6 Octobre, 2017
L’Humanité
. Thibault Camus<br /><br /><br /><br />

. Thibault Camus

Assemblée nationale bafouée et mise au pas, collectivités locales étranglées afin de ne plus leur laisser aucune marge de manœuvre politique, et entorses à la séparation des pouvoirs et au droit commun composent l’action antidémocratique du président.

Depuis son élection, le président de la République s’attaque avec ardeur à plusieurs piliers de la démocratie. Après avoir considéré que l’élection est « un processus d’un ancien temps », puis défendu que la démocratie « ne se suffit pas à elle-même » et qu’elle souffre de l’absence de « la figure du roi », Emmanuel Macron est passé à la vitesse supérieure. Son projet de réforme du Code du travail par ordonnances est sur le point de détruire nombre de conquis sociaux et démocratiques dans le monde du travail. Celui qui voulait choisir les journalistes chargés du suivi de l’Élysée, et dont le mouvement a sélectionné des candidats plus que dociles aux législatives, s’attaque aussi bien au premier échelon de notre démocratie, la commune, en asphyxiant les collectivités, qu’à la représentation nationale avec un projet à même de soumettre et de bâillonner le Parlement. La séparation des pouvoirs tout comme les libertés collectives ont aussi pris un coup sévère avec l’entrée de l’état d’urgence dans le droit commun.

1 Vers la fin de l’état  de droit et de la séparation des pouvoirs

Pour sortir de l’état d’urgence, il suffirait de faire passer son contenu exceptionnel dans le droit commun… Avec comme corollaire l’idée que les libertés publiques élémentaires sont un frein à la sécurité. C’est ce qu’à décidé Emmanuel Macron, en faisant voter une énième loi dédiée à la « sécurité » et à la « lutte contre le terrorisme ». « Un pas a été franchi », s’est indigné le Syndicat de la magistrature, puisque l’exécutif pourra mener des perquisitions, décider d’assignations à résidence, empêcher la sortie ou l’entrée d’un citoyen dans le pays, en outre, sans décision d’un juge et sur la base de simples présomptions. Cette attaque sans précédent contre la justice et contre la nécessaire séparation des pouvoirs, dans un pays dont l’arsenal pénal antiterroriste est pourtant l’un des plus développés d’Europe, fait entrer la France dans l’ère de l’arbitraire et du soupçon. L’ONU s’en est émue, dénonçant une « normalisation qui menace gravement l’intégrité de la protection des droits en France, dans la lutte antiterroriste et plus largement ». « Nous cédons du terrain aux terroristes, qui veulent justement que l’on renonce à notre État de droit. Ce glissement autoritaire nous fait entrer dans une “démocrature” », déplore le député FI Ugo Bernalicis.

2 Une représentation nationale muselée et aux ordres

Depuis la Révolution française, un bras de fer constant oppose pouvoirs exécutif et législatif. Qui doit prendre le pas sur l’autre ? Le Parlement doit-il être aux ordres du gouvernement, ou l’inverse ? Le pouvoir doit-il être exercé de façon collective, au sein d’une Assemblée souveraine dont les membres sont élus, ou bien doit-il être concentré dans quelques mains ? La Ve République permet déjà au gouvernement de caporaliser une Assemblée phagocytée par la présidentielle depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. Macron, en reprenant des arguments d’« efficacité », de « rapidité », en plus d’agiter une vision comptable des institutions, veut aller beaucoup plus loin : réduction du temps législatif à trois mois par an, suppression d’un tiers des parlementaires, et vote des lois en commission. « Il vide complètement de son sens le rôle du député, et lui retire tout pouvoir. En pleine dérive autoritaire de l’ultralibéralisme, il veut des députés qui lui obéissent et ne votent qu’un minimum de lois », dénonce le député PCF André Chassaigne.

3 Des collectivités et une démocratie locales asphyxiées

Macron avait promis un « pacte girondin » aux collectivités locales, censé accroître leur autonomie politique. Mais, en baissant de 13 milliards d’euros les dotations à des collectivités déjà exsangues, il se livre à une austérité toute « jacobine ». La suppression de la taxe d’habitation attaque de son côté directement « l’autonomie financière, et donc le principe de libre administration des communes », prévient l’Association des maires de France, très remontée face aux coups qui pleuvent depuis le début du quinquennat. C’est donc la cellule de base, le premier échelon de notre démocratie, qui est menacée. À force d’asphyxier les communes, le risque de les contraindre à toutes appliquer la même politique de la terre brûlée est réel. Nombre de maires contestent cette mise au pas, en fermant symboliquement mairies et services publics, comme c’était le cas mercredi dans l’Eure (voir notre édition du 5 octobre). Les élus locaux, pour beaucoup bénévoles dévoués à l’intérêt général, acteurs quotidiens au plus près du terrain, s’inquiètent aussi de la volonté de Macron de baisser leur nombre, en plus de renforcer – de façon très bonapartiste – les pouvoirs de contrôle des préfets à leur encontre, alors qu’ils sont sous tutelle du gouvernement et ne sont élus par personne.

4 L’État aux mains d’experts et de technocrates

Le macronisme est à deux faces. Pile, il entend présenter le visage du rajeunissement générationnel et de l’entrepreneuriat. C’est l’aspect volontiers mis en lumière par le président de la République. Face, il y a l’énarchie des plus classiques. Sept anciens collaborateurs de Macron à Bercy le secondent à l’Élysée. Dans les cabinets des ministres, le pouvoir de décision est resté aux mains de technocrates recyclés des précédentes majorités, quand ils ne sont pas issus d’entreprises du CAC 40 ou directement du Medef. C’est plus sûr pour Macron, assuré d’y trouver des relais fidèles. 26 % des directeurs de cabinet, selon le magazine Challenges, sont passés par le privé, contre 18 % sous Hollande. Le gouvernement Philippe consacre aussi le retour d’anciens des cabinets Chirac et Sarkozy, tels Benoît Ribadeau-Dumas, Franck Morel ou Thomas Fatome. Le rêve de Jean-Pierre Jouyet (l’ex-secrétaire général de l’Élysée, un des parrains politiques de Macron) d’un gouvernement d’experts et de technocrates, imaginé dès 2007 avec le think tank les Gracques, est en passe de se réaliser.

Une presse sous surveillance

Lors d’un déplacement dans une école pour la rentrée des classes, le chef de l’État a reproché aux journalistes de « s’intéresser trop à eux-mêmes et pas assez au pays ». Pourtant, lors de sa visite à Amiens, des journalistes voulaient s’intéresser aux manifestants de Picardie debout, le mouvement initié par le député François Ruffin, qui se mobilisaient à deux pas du président de la République. Interdit, a révélé l’envoyée spéciale de France Info, expliquant tout de go à l’antenne : « Impossible pour les journalistes d’approcher (les manifestants), au risque d’être exclus de la visite présidentielle… »

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Espagne…

Posté par laupiesjacques le 6 octobre 2017

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