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Une plaie du système de santé : la marchandisation des soins et des médicaments

Posté par jacques LAUPIES le 24 octobre 2017

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De quoi faire réfléchir…

 

Par touches plus ou moins grandes la mise en cause du système de santé se poursuit. Inéluctablement. De nos jours se faire soigner conformément aux évolutions de l’ensemble des techniques dans l’ensemble des disciplines médicales devient impossible pour les plus démunis.

De plus en plus de patients s’auto pénalisent dans le recours aux soins parce que ces derniers échappent à la prise en charge par la Sécu.  C’est le cas pour  des soins qui paraissent non essentiels mais qui ont un caractère préventif évident.

Inutile d’épiloguer sur ce sujet. De nombreux exemples pourraient être cités dans le dentaire notamment, pour de petits affections virales, dont on dénonce souvent le lien avec des pathologies plus graves. 

Et lorsque devant cette récession dans la couverture des soins on voit fleurir de multiples médications délivrées sans ordonnance, générant un véritable commerce. Pour le même effet les prix sont grotesquement différents.

Déjà présente s’installe une marchandisation honteuse de produits qui piègent nombre de consommateurs. Parfois même, on ne sait trop pourquoi, conseillés par des médecins…

 

Assurance-maladie. Les coupes folles de Macron dans la santé

Sébastien Crépel et Sylvie Ducatteau
Mardi, 24 Octobre, 2017
L’Humanité

Le budget de la Sécurité sociale qui arrive en débat devant les députés est marqué par la fuite en avant dans la restriction des dépenses de soins au nom de la priorité à l’élimination des déficits. Déjà au bord de la rupture, l’hôpital pourrait voir son démantèlement accéléré.

Dans le budget de la Sécurité sociale pour 2018, c’est principalement sur les dépenses d’assurance-maladie que l’ajustement va se faire à la baisse, les soins représentant la dernière branche déficitaire du régime général (– 4,1 milliards en 2017, – 0,8 milliard prévu en 2018) dont le retour à l’équilibre doit être élevé au rang de « priorité majeure », a réaffirmé récemment la Cour des comptes.

1 Un plan d’austérité de 4,2 milliards d’euros

Quel est l’ordre de grandeur des « efforts » réclamés ? Tout en assumant la « maîtrise de la dépense amplifiée » et le « désendettement social de grande ampleur » réaffirmés par son collègue aux Comptes publics, Gérald Darmanin, la ministre de la Santé prétend que la couverture maladie des assurés sociaux n’en pâtira pas, avec un objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam, le « plafond » annuel voté par le Parlement que l’assurance-maladie est censée ne pas dépasser) en progression de 2,3 %. « Ce taux, conforme à l’engagement du président de la République, est supérieur à celui des trois années précédentes. Il consacre 4,4 milliards d’euros supplémentaires à la couverture des soins », a fait valoir Agnès Buzyn en commission de l’Assemblée nationale. Ce que la ministre omet dans ce calcul, c’est que « l’augmentation tendancielle des dépenses est évaluée à 4,5 % par la commission des comptes de la Sécurité sociale », lui a rappelé le chef de file des députés communistes, André Chassaigne. Soit un manque de 4,2 milliards d’euros dans l’Ondam présenté par la ministre correspondant à ce qu’il serait nécessaire pour répondre à l’évolution des besoins de santé de la population.

Ces « efforts » seront réalisés principalement par des économies sur les médicaments et les dispositifs médicaux (1,4 milliard, dont une partie à la charge des entreprises du médicament, qui devront baisser leurs tarifs), sur la structuration de l’offre de soins (1,4 milliard, généré par le développement des soins ambulatoires comme alternative à l’hôpital) et sur la pertinence et la qualité des actes (335 millions, grâce à la réforme de la tarification à l’activité des hôpitaux, dite T2A, pour y intégrer une dose de « tarification au forfait » par pathologie soignée).

2Les hôpitaux, une cible au bord de l’explosion

Le secteur hospitalier supportera une large part de ce plan d’austérité, avec 1,6 milliard d’économies estimées. Agnès Buzyn a détaillé ses intentions : « À l’hôpital, nous allons favoriser l’ambulatoire, a-t-elle précisé. L’objectif est que, en 2022, sept patients sur dix qui entrent à l’hôpital le matin en sortent le soir, contre cinq aujourd’hui. » La ministre y voit une « révolution douce » mais qui conduit immanquablement à la poursuite de la suppression de lits. 16 000 l’ont déjà été ces deux dernières années. « Comment croire à la réussite d’un tel projet alors qu’il manque des médecins de ville, que des jeunes de 25 ans ne parviennent pas à trouver de médecins traitants car ces derniers sont surchargés ? Et que des malades soignés à domicile appellent le Samu parce qu’ils ne trouvent pas de médecins disponibles ? Supprimer des lits n’est plus possible », réagit Christophe Prudhomme, médecin urgentiste (CGT) et membre du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie. Lui considère qu’il faut cesser d’opposer ville et hôpital : « La médecine ambulatoire est la solution pour certains patients mais pas pour tous. Sa généralisation n’est pas sérieuse. La solution passe par le développement des services publics, des centres de santé notamment. » Le député PCF André Chassaigne ne croit pas non plus au « développement de la chirurgie ambulatoire sans l’assurance qu’il existe un véritable réseau entre l’hôpital et la médecine de proximité ».

D’autant que, derrière la suppression de lits, se profile celle de services, voire d’établissements entiers. « Notre système de soins est en train d’exploser. La population s’en rend compte, constate Hélène Derrien, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. On nous parle d’ambulatoire, du retour rapide au domicile, mais on voit fleurir des hôtels hospitaliers un peu partout. Privé, l’hébergement y est à la charge des patients. C’est l’accès aux soins qui est en cause. Des accidents ne vont pas manquer d’arriver. »

3une privatisation croissante des frais de santé

Le gouvernement compte aussi sur de nouvelles recettes pour boucler son plan d’économies. Celles-ci seront piochées dans les poches des assurés ou de leurs complémentaires – ce qui revient au même puisque ce sont au final leurs cotisations qui les financent. Le forfait hospitalier (le montant journalier que la Sécu ne rembourse pas au patient en cas de séjour à l’hôpital) augmentera ainsi de 2 euros, générant 200 millions d’euros pour les caisses des hôpitaux, que l’assurance-maladie n’aura pas à sortir. Une logique dangereuse, a rappelé récemment le professeur au CHU de la Pitié-Salpêtrière à Paris André Grimaldi : « Tout transfert des dépenses de la Sécurité sociale vers les assureurs complémentaires privés (mutualistes ou non) ne diminue pas les dépenses de santé du pays, elle ne fait que les privatiser, sapant très lentement mais très sûrement le consentement à la solidarité des classes moyennes supérieures “bien portantes”. »

Pour Christophe Prudhomme, de la CGT, il est urgent de mettre en place d’autres mesures, comme la suppression de la taxe sur les salaires payée par les hôpitaux, qui rapporte 4 milliards d’euros annuels à l’État. « Le gouvernement vient de supprimer l’impôt sur la fortune pour un même montant. Qu’il fasse de même avec cette taxe injuste. Cela permettrait de créer 80 000 emplois dans les hôpitaux publics », rappelle le syndicaliste.

La généralisation du tiers payant remise à plus tard

La généralisation du tiers payant, mesure du gouvernement de François Hollande, n’entrera pas en vigueur comme prévu le 30 novembre. « Nous ne sommes pas prêts techniquement à l’étendre mais nous tiendrons l’engagement du président de la République de rendre le tiers payant généralisable », a expliqué la ministre de la Santé, qui n’a donné aucune indication de date de mise en œuvre. Dans un communiqué, le principal syndicat des médecins libéraux, MG France, opposé à cette mesure, s’est « félicité que le tiers payant généralisé obligatoire n’aura pas lieu ». En réalité, 11 millions d’assurés sociaux bénéficient déjà du tiers payant.

Cet article a été publié le Mardi 24 octobre 2017 à 00:36 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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