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La vieille arlésienne

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2017

La vieille arlésienne dans POLITIQUE 1035663810_small

Le visage couvert de crème
Cachant l’automne de sa vie
Dans son regard glacé et blême
j’ai senti le temps qui finit
Je me suis approché quand même
De ce corps frêle dans l’extrême
Pensant qu’un partage de vie
Valait bien que l’on reste ami
 
Etrangère à mon émotion
Dans une  fausse dévotion
La puritaine de façade
Fit oublier ses incartades
Plus soucieuse de paraître
Oubliant le fond de son être
Refusant la simple accolade
Que l’on accorde au malade

Frappé  de l’étrange habitude
De l’oubli des sollicitudes
Les âmes aux obscures passions
N’ont pas la moindre compassion
Pour qui a donné libre cours
A ce qu’il convient tous les jours
De proposer à ses semblables
Le petit plus qui fait la table

Heureusement il y a qui pense
En nous voyant dans le malheur
Nous offre sa mansuétude
Et qui fuyant l’ingratitude
Par des gestes éblouissants
Savent nous rendre en pardonnant

illustration Elfica

publié en 2007

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Un scrutin qui fausse tout : des résultats désastreux qui frappent avant tout les électorats populaires (les catégories sociales frappées de revenus modestes et de pauvreté)

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2017

Si je précise dans le titre : « les catégories sociales frappées de revenus modestes et de pauvreté » à propos des « électorats populaires » c’est que selon moi l’on se complait, dans les analyses politiques, à employer à tort et à travers la notion de peuple. Comme  s’il existait un peuple homogène opposé à quelque chose de mal défini qui pour la plupart d’entre nous serait constituée par les détenteurs de l’essentiel de la richesse. Pour être plus précis on en vient à parler de 1 % de la population qui spolie les 99 % restant. Sans doute est ce une réalité dans notre monde moderne et il est parfaitement fondé de la mettre en évidence pour faire apparaître la contradiction essentielle qui est source des  malheurs que connaît l’évolution de l’humanité. Mais c’est déjà faire une entorse à la définition de peuple communément admise :

Mais voila cette réalité n’a pas dans la vie de traduction de traduction politique et aucun parti ne peut revendiquer son action, ses programmes, d’après cette vision théorique sans risquer d’être totalement incompris tout simplement parce que chacun des deux éléments  de cette contradiction comprend des catégories étant elle même en opposition entre elles.

Pour qui se prétend communiste et donc aspire à une société mettant fin à l’aliénation du travail qui ne peut disparaître qu’avec une répartition de la richesse produite revenant en totalité, sous des formes individuelles ou collectives  à chacun de nous (droit de satisfaire ses besoins : logement , nourriture, éducation, santé, protection sociale, culture, etc.) l’objectif est clair. Il est universel et concerne toutes les classes et catégories. Il est cependant utopique de considérer qu’il peut être atteint sans une stratégie affinée permettant une prise de conscience progressive des intérêts communs à ces différentes classes et catégories.

Mais  les formations politiques qui représentent chacune d’elles se situent en deux groupes essentiels : ceux qui acceptent les rapports d’exploitation et ceux qui veulent y mettre un terme. Les premiers laissant la maitrise du capital qui l’accompagne à une minorité qui en a la propriété, les seconds recherchant l’abolition ou le dépassement de ce système pour organiser la production dans l’intérêt général.

Le paradoxe est que la plupart des sociétés, des peuples les constituant, les possédants ultra minoritaires trouvent des formes de canalisation idéologique, politique, religieuses, qui leur permettent d’obtenir l’assentiment populaire.

Autre paradoxe, particulièrement fort  en France les porteurs de la défense des intérêts particuliers, contre l’intérêt général, ont réussi ce tour de force d’institutionnaliser leur domination. Avec, cerise sur le gâteau, la contribution de multiples partis qui, chacun pour ce qui les concerne, de droite ou de gauche, contribuent allègrement  à entretenir cette division.

Alors pourquoi vouloir obstinément leur offrir  par des compromis compromettants notre caution de communiste ! Efforçons nous d’abord de nous adresser aux catégories et classes les plus éprouvées avec des propositions « qui leur parleront » Tâche complexe et difficile mais nous n’avons pas le choix

 

 

 

Jean-Yves Camus : « Changer le nom du FN, une péripétie »

Entretien réalisé par Olfa Ayed
Vendredi, 21 Juillet, 2017
L’Humanité

Le « séminaire de refondation » du Front national se tient ce week-end. Pour le politologue Jean-Yves Camus, il aura une « fonction cathartique » après des résultats électoraux décevants qui ne mettent pas « pour autant le parti en danger ».

Le FN entame aujourd’hui son « séminaire de refondation ». Après une année électorale conclue par la défaite à la présidentielle et la déception des législatives, quels sont les objectifs des cadres du parti ?

Jean-Yves Camus Après les deux déconvenues électorales, ce séminaire a une fonction cathartique, pour permettre l’expression des mécontentements et de volontés d’évolution. Il faut garder en tête que les ténors ont l’objectif de prendre le pouvoir. Ils sont actuellement dans une position très frustrante : ils sont une des trois forces politiques majeures du pays mais ils n’ont pas de pouvoir effectif. Ce séminaire apportera des réponses sur des questions clefs qui seront soumises au vote des militants lors du congrès de janvier 2018, comme sur la sortie ou non de l’euro, la ligne politique ou le changement de nom du parti. Ce dernier point, toutefois, n’est à mes yeux qu’une simple péripétie, ce n’est pas cela qui changera grand-chose.

Alors que tous les scénarios préélectoraux en faisaient l’adversaire numéro un, le parti d’extrême droite est passé de 10,6 millions de voix à la présidentielle à moins de 3 millions aux législatives. Cela marque-t-il pour autant un coup d’arrêt à ses progrès électoraux ?

Jean-Yves Camus Le FN a toujours eu des résultats électoraux inégaux, sans pour autant mettre le parti en danger. Il y a eu de la lassitude dans l’électorat frontiste : certains étaient déçus de la défaite à la présidentielle et savaient que les législatives étaient jouées par avance à cause du mode de scrutin, non proportionnel. Enfin, le parti a lui aussi subi la forte abstention générale.

La fracture entre le FN du Nord, davantage tourné vers les questions sociales, et le FN du Sud, plus identitaire, continue-t-elle d’être opérante ou ce séminaire marque-t-il le début d’un changement ?

Jean-Yves Camus Il y a en effet un vrai conflit de ligne dans ce parti avec, d’un côté, les amis de Florian Philippot qui pensent que si on ne sort pas de l’Union européenne et de l’euro, on ne retrouvera pas notre souveraineté, ou qui soutiennent le « ni de droite ni de gauche ». D’un autre côté, il y a ceux qui considèrent que la sortie de l’euro est anxiogène et qu’il faut regarder du côté de l’union des droites. Cependant, la figure de Marion Maréchal-Le Pen, leader de cette ligne de pensée, s’est mise en retrait ; cette sensibilité n’a donc pas d’incarnation. Au milieu, il y a Marine Le Pen, qui navigue. Finalement, la fracture sera encore opérante avec les élections européennes de 2019.

Le paysage politique, bousculé par l’arrivée d’En marche !, laisse-t-il le champ ouvert à une recomposition liant le FN à des éléments de la droite dite républicaine ?

Jean-Yves Camus Le problème que rencontre le FN et qui explique ses échecs électoraux, c’est qu’il est seul. Ses prises de position ou son image le rendent insusceptible d’être un partenaire de coalition pour la droite. L’alliance avec Dupont-Aignan n’a pas fonctionné. Pour que le Front national trouve des alliés, il faudrait au préalable que la droite explose. Car, pour l’heure, on ne voit pas s’imposer une aile qui serait prête à se positionner suffisamment à droite pour inclure une alliance. Laurent Wauquiez fait partie de ce courant très à droite, mais il n’a pas répondu aux appels du pied de Marion Maréchal-Le Pen. Lors des législatives, tous les députés LR qui se situaient sur une ligne ultradroitière ont été éliminés et en sont sortis éreintés. Pour le moment, le FN attend de régler ses problèmes internes et, tant que l’avenir du parti « Les Républicains » n’est pas connu, il a intérêt à rester en position d’attente.

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Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d’Emmanuel Macron

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2017

Communiqué PCF

 

Démission du général de Villiers : Le Parlement dans le viseur d’Emmanuel Macron

En poussant à la démission le général Pierre de Villiers, le Président de la République s’en prend en réalité au Parlement et à ses prérogatives. Ce qui est en cause n’est ni le fond ni la forme des propos tenus par l’ancien chef d’état-major des armées lors de son audition à huis clos devant la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée mais le pouvoir des parlementaires de contrôler l’action de l’armée et le budget de la nation. Si la parole des militaires n’est plus totalement libre devant les représentants de la nation auxquels ils ont des comptes à rendre, cela signifie que notre pays, la République, est aux portes d’un changement de régime qui tourne le dos aux principes démocratiques qui sont les siens.

Le Parti communiste français considère que l’Assemblée nationale et le Sénat doivent jouer un rôle central dans la définition, la mise en œuvre et le contrôle de la politique de défense nationale et de sécurité collective de notre pays.
Ce domaine, comme celui de politique internationale et européenne, ne sont pas des domaines réservés dont le chef de l’État peut exclure les citoyens et leurs élus. La décision de nommer au gouvernement un ministre « des Armées » et non plus de la Défense nationale était déjà éloquent du virage pris par Emmanuel Macron.

Les conditions d’expression et d’intervention des militaires dans le débat public doivent – sauf nécessité du service, devoir de réserve et dans le respect des valeurs de la démocratie et de la Républiquetendre à rejoindre celles des autres agents de l’État qui sont des citoyens à part entière. Les restrictions doivent être limitées à ces principes et ne laisser en aucun cas place, de la part de la hiérarchie militaire ou du pouvoir exécutif, à des interprétations étendues ou partisanes.

La nomination, hier, du général François Lecointre en remplacement du général Pierre de Villiers par Emmanuel Macron soulève plusieurs inquiétudes légitimes sur les orientations que le président et son chef d’état-major impulseront en matière de défense nationale, de participation de la France à l’OTAN, au projet de « défense européenne » et d’opérations extérieures, ainsi queles missions exactes qui seront assignées à nos forces armées.
Le PCF entend faire preuve de la plus grande vigilance pour que le Parlement comme les citoyens exercent leur maîtrise des décisions à venir.

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Il faisait parti de ces acteurs dont le nom suffit à donner envie de voir un film dans lequel ils ont un rôle

Posté par jacques LAUPIES le 22 juillet 2017

 

 

Claude Rich est mort

Vendredi, 21 Juillet, 2017
Humanite.fr

Le comédien est décédé à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Il était devenu une star au cinéma dans le rôle Antoine Delafoy dans Les Tontons Flingueurs. Nous vous proposons de relire l’entretien qu’il avait accordé à l’Humanité en 1996 à l’occasion de la sortie du film Désiré ainsi qu’un portrait qu’en avait fait Vincent Ostria en 2004.

Portait de Claude Rich par Vinvent Ostria en 2004

Comédien en tous genres, Claude Rich passe avec une aisance confondante du tragique au comique, du cinéma d’auteur à la gaudriole.

Toujours actif à soixante-quinze ans (il ne les fait pas), ce grand échalas amusé dont l’oeil frise et pétille en permanence, ne semble jamais avoir tout à fait réussi à sortir de l’enfance malgré ses cheveux blancs. On attend toujours de lui quelque espièglerie. Cela n’empêche pas ce dandy d’être un bourreau de travail, qui a tourné une bonne centaine de films pour le cinéma et la télé, et figuré dans presque autant de pièces ; dont une partie écrites par ses soins (comme Un habit pour l’hiver).

Car cet ancien du conservatoire, collègue de Jean-Paul Belmondo, élevé au biberon de l’art dramatique par le grand Charles Dullin, est aussi auteur par-dessus le marché, le bougre. Mais cela ne se sait pas trop et il continue d’aligner les rôles avec une régularité imperturbable, alternant, avec une aisance qui force l’admiration, les films sérieux et comiques, le cinéma d’auteur et le grand public. Plutôt cantonné dans les seconds rôles, jouant souvent les faire-valoir, les dignes cocus, Claude Rich surprend régulièrement son monde en montrant que ses capacités sont immenses et qu’il peut tenir un film sur ses épaules sans difficultés. Comme Je t’aime, je t’aime, romance spatio-temporelle (1968) d’Alain Resnais, ou bien le Crabe-Tambour (1977), digne drame maritime tendu et viril de Schoendoerffer. Ce qui ne l’empêche pas de faire le Zouave – titre d’une de ses propres pièces – dans Oscar, les Tontons flingueurs ou même Astérix et Obélix, mission Cléopâtre (2002), où il est délicieux en druide Panoramix. Si sa prestance presque britannique peut le pousser à incarner des êtres guindés, elle est contrebalancée par une fantaisie extrême, une façon de ne jamais se prendre complètement au sérieux. Ce qui lui a un peu nui d’ailleurs, et l’a un peu privé de la carrière de premier plan à laquelle il aurait pu prétendre (quoique…). D’un autre côté, cela fait de lui une des figures les plus attachantes du paysage audiovisuel français. Le genre d’acteur qu’on ne remarque guère, certes, ou qu’on trouve tout naturel de voir régulièrement, mais dont on déplorera un jour amèrement la disparition.

Parfois futile, parfois presque sournois, voire sadique (dans la Guerre des polices, par exemple, où il joue le malsain commissaire Ballestrat), Rich est cependant un de nos plus attachants comédiens. En fait, tout lui est pardonné. Ses rôles dans des films de seconde zone (surtout dans les années soixante : Comment trouvez-vous ma sour ? les Fauves sont lâchés, Monsieur le président-directeur général, Un milliard dans un billard) sont rachetés par des prestations chez Renoir, Truffaut, Resnais ou René Clair. Parfois il cachetonne, parfois il casse la baraque avec un rôle qui fait l’unanimité : voir son interprétation de Talleyrand, dans l’adaptation du Souper de Brisville par son vieux complice Molinaro, qui lui valut un césar.

Les intrusions de Rich dans le cinéma assez franchouillard d’Audiard (Michel) et consorts (Lautner et Kaminka par exemple) semblent l’avoir mithridatisé contre la vulgarité et la connerie. Il peut tout faire. Il pourrait même jouer chez Godard et juste après avec Éric et Ramzy sans que personne ne trouve à y redire. Résultat des courses : il n’arrête pas. Après une piquante prestation (en juge Marquet) dans la dernière adaptation du Mystère de la chambre jaune, où il renvoyait prestement la balle au zébulonesque Denis Podalydès, le comédien a tourné cinq films dont le Cou de la girafe où il est en vedette avec la charmante Sandrine Bonnaire . Certains acteurs semblent inoxydables.

Vincent Ostria

Lire également :

Un entretien avec Claude Rich pour l’Humanité réalisé en 1996

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Quelle agriculture et pour qui ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 juillet 2017

Je ne connais pas grand chose de l’agriculture et des circuits  de distribution dont elle dépend. Tout ce que je sais je le tiens de mon quotidien.

A ceci près que vivant dans une région de production de fruit et de légumes je peux faire quelques constats dont le premier est que ces denrées sont relativement d’un cout élevé dans les étals des grandes surfaces er qu’à qualité égale les prix sont tout aussi élevés sur les marchés de la région.

Payer de trois à quatre euros un kilo de pêches, d’abricots alors que dans la campagne environnante les vergers sont frappés d’abondance et que les agriculteurs n’en « tirent » qu’un prix dérisoire pose toujours la question des marges prises par les transporteurs expéditeurs, grossistes  et ensuite les vendeurs.

Tout ce beau monde justifiera les écarts à l’exception du producteur et du consommateur qui tirent la langue quand ils taillent et cueillent leurs arbres ou font leurs emplettes. 

 

Des états généraux qui alimentent l’inquiétude

Alexandra Chaignon
Jeudi, 20 Juillet, 2017
L’Humanité
Les consommateurs et les agriculteurs font les frais de la guerre des prix menée par la grande distribution. Éric Gaillard/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

La grand-messe qui s’ouvre aujourd’hui pourrait passer à côté de l’essentiel en déconnectant le bien-manger des questions de production et de valeur ajoutée.

Les états généraux se dérouleront en deux temps. Fin septembre, un premier bilan devrait être tiré, dans l’espoir d’avoir trouvé des ­solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs, juste avant que ne s’ouvrent les négociations annuelles tarifaires entre les deux parties. Six autres ateliers sont ensuite programmés dans un deuxième temps, autour de la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre le gaspillage et l’insécurité alimentaire, la transition écologique et solidaire de l’agriculture… Enfin, un dernier atelier transversal devra déterminer les priorités (environnementales, sanitaires, sociales, économiques), avec en ligne de mire la répartition des 5 milliards d’euros du plan de modernisation de l’agriculture promis par Emmanuel Macron durant la campagne.

Si les enjeux listés – permettre aux agriculteurs de vivre dignement, freiner la guerre des prix dans la distribution, répondre aux nouvelles attentes des consommateurs à la recherche de qualité – sont essentiels, la feuille de route de ces états généraux pose cependant question. La séparation des thématiques en deux phases – le partage de la valeur dans le modèle agricole dans un premier temps, puis, dans un second temps, la réflexion sur une alimentation saine et durable – introduit une priorité qui en dit long sur les intentions du gouvernement.

Les citoyens ont aussi leur mot à dire

La crise que traverse le monde agricole est une réalité. En 2016, la moitié des agriculteurs ont gagné moins de 350 euros par mois, selon la Mutualité sociale agricole. Pour les syndicats agricoles, le vrai sujet, c’est la mainmise de l’industrie agroalimentaire sur la chaîne de valeurs, aux dépens des producteurs. Les agriculteurs sont donc les premiers concernés. Mais ils ne sont pas les seuls. Pesticides, ­circuits courts, agriculture biologique, qualité de l’eau… Les citoyens ont aussi leur mot à dire sur ces sujets qui doivent faire débat. Même si, de source ministérielle, on répète qu’il « ne faut pas opposer agriculture et environnement », dans les faits, tout semble indiquer le contraire. Jusqu’au fait que cette vaste opération soit pilotée par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, alors que l’idée initiale revient au ministre de la Transition écologique et des Solidarités. C’est d’ailleurs à Bercy qu’est organisée aujourd’hui la journée de lancement… « La création de la valeur fait le lien entre les deux chantiers », assure-t-on dans l’entourage du ministre de l’Agriculture, avouant qu’il « vaut mieux avoir à se partager un gros gâteau qu’un petit ». Le sous-entendu est clair : pour gagner plus, il faut produire plus. Exit la réflexion sur l’origine de la répartition de la richesse. En augmentant cette fameuse valeur, c’est une fuite en avant du modèle de l’agriculture conventionnelle et intensive qui est proposée. Et dans la continuité de la politique menée par Stéphane Le Foll, le précédent ministre de l’Agriculture du gouvernement Hollande, Macron tend lui aussi vers une alimentation à deux vitesses. À l’inverse du produire mieux pour manger mieux pour tous, pourtant au cœur des préoccupations des Français, en particulier l’impact qu’a l’alimentation sur la santé, la qualité de l’air, l’eau, etc. Nombreux sont ceux à penser que ces états généraux devraient être une opportunité à saisir pour repenser le modèle agricole et alimentaire (lire ci-contre) et lui donner les moyens de contribuer à l’atteinte des objectifs climat.

« L’État ne fera pas tout, tout seul »

« L’agriculture est en souffrance. Les acteurs ont conscience qu’on est au bout d’un modèle, qu’il faut faire évoluer les pratiques », reconnaît-on au ministère de l’Agriculture. Tout en prévenant que « l’État ne fera pas tout, tout seul. Il n’est pas un garant de la réussite de ces états généraux. Tout le monde est acteur ». Autant dire que le gouvernement n’entend pas forcément se mouiller, l’enjeu de ces états généraux étant de remettre de la fluidité dans les négociations entre ­distributeurs et agriculteurs. Sans remise en cause du modèle, qui aggrave la fracture alimentaire. L’inquiétude d’un certain nombre d’acteurs est d’autant plus grande que l’issue de ces débats reste floue. « Et après », interroge le Réseau Action Climat. Dans une lettre envoyée au président de la République, 41 ONG demandent « une phase de négociation politique » et non un simple catalogue de mesures. À la fin, « on fera une loi si c’est utile », indique-t-on de source ministérielle. Dans ce contexte, le président de la République, qui s’exprimera en clôture de cette journée de lancement, est attendu au tournant.

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