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Comment répondre aux aspirations populaires – Prendre en compte la diversité des classes et catégories sociales qui les composent (suite 4)

Posté par jacques LAUPIES le 28 juin 2017

Est-il nécessaire de revenir sur les transformations sociologiques qui marquent chacune de nos époques ? Nombre de militants et plus particulièrement les jeunes le font ils en ce début de XXIème siècle. Le Parti Communiste contribue-t-il à les former à cette  réalité  ? Et les plus anciens ? Hormis ceux qui exercent des responsabilités dans nos directions ou appartiennent à ces catégories d’intellectuels entendus ou non par ces Directions mais qui s’expriment souvent dans l’Humanité, voient ils l’impact que ces transformations peuvent avoir sur l’engagement politique ?

Parfois j’en doute ! En tout cas dès lors que nous nous adressons aux jeunes, bien que curieux de politique, ils se défilent souvent et ne font pas le lien entre la vision de la  politique et la condition sociale. Pourtant cette relation est fondamentale. Ne pas en avoir conscience conduit tout droit à la confusion, à l’idée que les politiques n’ont qu’une préoccupation : satisfaire un intérêt personnel et qu’en définitive ils sont tous les mêmes. Evidemment cette approche ne concerne pas que les jeunes.

Pourtant l’implication politique et citoyenne a considérablement à voir avec son appartenance de classe (ou de catégorie de classe) et la conscience que l’on en a. Banalité, c’est le b.a.-ba !  Je me souviens d’un temps où l’on discutait ferme sur l’importance qu’il y avait à cibler telle ou telle catégorie de la classe ouvrière, plutôt que telle autre pour plus d’efficacité dans la diffusion de nos idées, tant du point de vue électoral que dans les luttes revendicatives.

Je ne prétendrai pas que cette analyse ne se fait pas, d’autant qu’une analyse aussi bonne soit-elle suppose pour être vérifiée et pour atteindre des objectifs idéologiques et d’actions concrètes, par la lutte ou le vote, que l’on puisse se faire entendre. Donc de moyens dont l’essentiel (le nombre de militant, un accès et une utilisation judicieuse des médias) nous fait défaut ou n’est pas au niveau de nos besoins. C’est un autre sujet sur lequel il nous faudra revenir.

1 -  Comportement des classes sociales et catégories sociales tel que nous pouvons les ressentir

Comme il se doit la première interrogation porte sur l’échec relatif que les communistes subissent dans la mobilisation de la classe ouvrière. Sans entrer dans une vision théorique mais plutôt en partant de nos expériences quotidiennes nous pouvons faire quelques constats qui expliquent ces échecs. Des constats  non dénués certes d’une certaine subjectivité de notre part.

Il y a à nos échecs deux raisons essentielles : une insuffisance d’intérêt porté et à la reconnaissance du rôle de cette catégorie dont nombre d’anciens militants se plaignent en évoquant les abandons concernant l’organisation du parti à l’entreprise mais également l’absence d’une approche globale et plus fine de la conditions ouvrière (et salariale en général)

1-1 – L’insuffisance de prise en compte du rôle de la classe ouvrière est provoquée par divers éléments que nous ne contrôlons pas : l’adaptation de l’entreprise à des formes nouvelles d’organisations dictées par des nouvelles techniques de production (robotisation, numérique, etc.)  l’éloignement des centres de décision provoqués par la modification de l’apport des capitaux et l’origine de l’actionnariat diversifiée qui peuvent d’ailleurs expliquer certaines oppositions et contradictions qui ont des conséquences politiques non négligeables et trouvent des expressions politiques dans les comportements des partis libéraux (Social démocratie, social libéralisme, libéralisme sous ses formes classique modérées ou extrêmes et même d’une gauche radicale) 

D’autres facteurs plus maitrisables ne semblent pas être pris en compte ou par défaut de moyens et de volonté politique, abandonnés : l’action et la relation parti/syndicat ou pour le moins un rôle plus actif des communistes dans l’organisation syndicale en respectant la démocratie  et en s’efforçant de la faire vivre, qu’il s’agisse des niveaux professionnels. Ne pas s’interdire de donner notre avis sur les questions revendicatives, économiques.

1-2 – Pour une approche convenable de la « question ouvrière » nous devons nous pencher sur les transformations qu’a subi la classe ouvrière et, sans privilégier telle ou telle catégorie, bien discerner les différences qui les affectent tant sur l’origine et le niveau de leurs ressources que sur leurs conditions de travail ou encore sur les différences culturelles qui nécessairement interviennent dans leur conscience de classe. Les salariés dans de grandes entreprises ne peuvent réagir de la même manière entreprises à l’exploitation de leur force de travail que moyennes et petites, de même que ceux exposés à la précarité et ceux qui bénéficient d’un statut plus protecteur (grandes entreprises et secteur public ou nationalisé), de même que ceux qui doivent affronter des travaux pénibles ou domine la main d’œuvre immigrée, de même ceux qui relèvent du secteur industriel et ceux du secteur commercial, voire du secteur bancaire et des assurances,  etc.

Et les distinctions vont au delà des actifs et concernent les retraités dont bon nombre, sans pour autant être des privilégiés, comme le laissent supposer les propagandistes du pouvoir vivent plus aisément en disposant de retraites dont le montant est supérieur à la moyenne des salaires, en particulier des jeunes accédant à l’emploi sans omettre la multitude condamnés au chômage et à la précarité également. La pénétration de la « rente » dans certaines catégories aggrave, lorsque la culture politique n’y met un frein, le déplacement vers les populismes de droite.

1-3- Il est aisé de dire que nous enfonçons la une porte ouverte en rappelant succinctement  qu’un parti qui se dit révolutionnaire se doit d’avoir une action privilégiée en direction de toutes ces catégories ouvrières (ou en les qualifiant simplement de salariées) Encore faut-il que ce parti se donne une organisation adéquate avec des responsabilités  bien assumées et contrôlées (voir nos propositions plus loin) S’il est relativement juste de considérer que notre société compte 99 % de victimes de la domination du 1% qui les exploite, on ne peut balayer dans un parti qui veut transformer fondamentalement la société, la diversité et les différences qui les accompagne, de ces 99 %.

 

(à suivre)

 

 

 

Frédéric Boccara

Intervention au Conseil National du PCF – 23 juin 2017

 

Il s’agit avant tout de ne pas éviter le bilan. La tonalité qui se dégage du rapport et des interventions du groupe dirigeant est celle de dire « ok, nos résultats ne sont pas bons, et de ne parler que de transformations du PCF », sans parler de bilan des décisions prises, ni d’orientation politique, ni, encore moins, de la direction nationale. Au motif de ne pas « rejouer » les débats de l’automne, on ne peut pas éviter des débats clairs, ni les responsabilités qui ont été engagées, tout particulièrement par le groupe dirigeant qui s’est fortement impliqué, mais aussi au regard des décisions du congrès de juin 2016.

1.      Gravité de la situation

Avec E. Macron, le néo-libéralisme a remporté une victoire politique mais aussi idéologique. Il cristallise le consensus sur le libéralisme qui s’était constitué peu à peu entre la droite et une partie du PS. Il va chercher à consolider, structurer et faire agir ce consensus. Il est porté par la couche sociale de la techno-finance (technocrates + monde de la finance) et d’un certain patronat. Ces couches sociales supérieures sont emmenées vers le néo-libéralisme pour dominer les couches sociales moyennes, tandis que les couches sociales populaires, si elles ne sont pas séduites, le système tend à les dévier vers le FN où à stériliser leur protestation vers la FI.

2.      Notre situation

 

L’élection de 11 députés communistes est une bonne chose qui témoigne de certaines capacités de résistance et constitue un atout pour la suite. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt et notre score aux législatives est un échec, d’autant plus qu’avec une défaite du PS notre parti aurait dû voir son nombre de députés progresser considérablement.

Notre absence organisée à l’élection présidentielle a joué un rôle considérable dans ce résultat, car c’est bien cette campagne qui, avec en outre les passages télé, a construit l’identification des différentes forces politiques que l’on retrouve aux législatives. Ce n’est pas faute d’avoir alerté sur ce point. Il s’agissait de capter une colère pour en faire une force de transformation sociale dans le bon sens, mais pour cela notre repérabilité était nécessaire à la présidentielle. Pas d’organiser nous-mêmes notre absence des médias qui, déjà, ne nous font pas de cadeaux.

 

3.      Effacement et confusion

 

Face aux besoins de transformation profonde de la société – de révolution – avec les défis du capital financier et des révolutions technologique et sociétale d’une part, écologique de l’autre, l’effacement et la confusion ont dominé.

L’effacement, c’est notre absence à l’élection présidentielle alors que la télévision joue un rôle majeur. Un effacement que la décision prise en novembre a construit et dont il faut faire le bilan.

La confusion, c’est l’idée que Mélenchon et nous aurions le même programme à peu de choses près. Alors que nous avons des différences stratégiques fortes et des différences de programme. Pour Mélenchon, c’est l’Etat qui est mis en avant de façon très keynésienne, sans mettre en cause la responsabilité des entreprises, des banques et du grand capital. Plus précisément, sans insister sur le besoin que l’Etat agisse sur les entreprises. Un exemple typique en est la proposition faite pour l’emploi que l’Etat d’une part dépense quelques milliards d’investissements censés créer des emplois automatiquement et que d’autre part l’Etat embauche directement les chômeurs restants (« droit opposable à l’emploi »). Mais il y a aussi l’insistance sur la répartition, sans voir les enjeux de classe, avec le souhait que CSG remplace les cotisations sociales. Ou encore l’écologie opposée au social et coupée des entreprises, de leurs critères de gestion et de la production.

 

4.      Porter les idées communistes nouvelles dans les luttes d’idées et sociales

 

Les idées communistes nouvelles qui ont été développées dans nos rangs n’ont pas été portées politiquement de façon nationale et tenace. Que ce soit notre bataille sur le coût du capital, arrêtée si vite, alors qu’elle portait ; que ce soit la bataille pour une sécurité d’emploi et de formation, laissée à A. Chassaigne, à la commission économique et à des fédérations ou sections volontaires, mais dont l’Humanité aurait pu faire la pédagogie dans une mise en débat avec les travailleurs.ses, les intellectuels, les syndicalistes, les juristes, sociologues et économistes, chantier par chantier ; ou que ce soit la bataille sur l’Europe avec notre revendication totalement inconnue d’un Fonds européen pour les services publics, que la BCE devrait alimenter. Elles sont portées et adoptées dans nos textes de congrès, mais ensuite la Direction nationale fait fort peu de travail pour les populariser et pour organiser concrètement leur utilisation créative dans les luttes politiques idéologiques et sociales.

Il y a un vrai problème de Direction au niveau national : un congrès est fait auquel on tourne le dos le lendemain. A-t-on une direction « qui y croit » ? Après un aussi grave échec le CEN devrait remettre son mandat au CN durant toute la préparation du congrès.

 

5.      Sur les propositions de travail

 

a. Je suis d’accord avec la proposition de consultation des communistes depuis la base dans la perspective de faire tout remonter pour une conférence des animateurs de section à l’automne. Mais cela pose 2 questions

-        Cette consultation doit être libre et ne nécessite pas un balisage préalable. C’ets pourquoi je propose de retirer de la résolution l’énumération d’une liste de points à discuter, et de la remplacer par une référence au rapport et au compte-rendu de discussion du CN

-        Il y a un besoin de transparence et de circulation de l’information. Une commission de transparence doit être nommée pour assurer celles-ci, de façon démocratique, d’ici l’assemblée nationale des animateurs de section.

 

b. On doit discuter du fond, mais on ne doit pas non plus « noyer le poisson » dans un processus de type universitaire qui parfois évoque un peu trop le congrès de Martigues.

 

c. Ne faudrait-il pas plutôt, à partir de la riposte à Macron, prendre un fil systémique et le tirer, le dérouler, de façon à décliner à partir de lui et en ouvrant, un maximum de problématiques ? On entamerait une bataille sur les questions de droits et pouvoirs nouveau sur l’utilisation de l’argent des entreprises et des banques pour l’emploi, pour une véritable efficacité économique en cherchant à montrer l’intérêt d’une réponse de type SEF (sécurité d’emploi et de formation) alors que leurs marges n’ont jamais été aussi élevées, suite au CICE, et alors qu’elles versent des dividendes, spéculent et délocalisent comme jamais.

 

En ce sens, j’attire l’attention sur la table-ronde sur les ordonnances organisée par Economie & Politique avec des juristes et des économistes, à paraître en juillet.

 

d. Sur la proportionnelle, le piège est de la découpler de la présidentialisation ultra-renforcée qu’a créé l’inversion du calendrier et la réduction à 5 ans. Notre revendication doit être « vraie proportionnelle et découplage des présidentielles ».

 

Voilà au total, les orientations qu’il nous faudrait discuter, dans la clarté et en se dotant d’un outil démocratique de type « commission transparence ».

 

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