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Lettre de Pierre Laurent à Jean-Luc Mélenchon concernant les législatives

Posté par jacques LAUPIES le 6 mai 2017

Paris, le 3 mai 2017

 Cher Jean-Luc,

Cher(e)s camarades,

 Ce courrier fait suite à notre rencontre nationale qui s’est tenue hier. Je l’écris avec la préoccupation de trouver une issue positive à nos discussions, c’est-à-dire le chemin du rassemblement de nos forces dans les élections législatives : c’est ce que souhaitent nos électrices et électeurs qui ne veulent pas courir le risque de voir un député macroniste, de droite ou d’extrême droite élu dans leur circonscription à cause d’une division de nos forces. C’est le seul chemin qui peut permettre de concrétiser l’objectif que tu as énoncé dimanche et que je porte aussi au nom du PCF, d’une majorité législative prolongeant le score du 23 avril.

 Cet objectif prendra d’autant plus de force dimanche soir, après le résultat du second tour qui aura renforcé Emmanuel Macron et Marine Le Pen, rendant plus menaçant encore le poids du Front national. Nous aurons plus encore la responsabilité de prolonger la promesse du 23 avril.

 En métropole, ton résultat a été en tête de tous les autres dans 58 circonscriptions, il devance Macron dans 56 autres et il a dépassé sa moyenne nationale de 19,6 % dans 155 autres circonscriptions. C’est un potentiel de mobilisation à conforter ensemble.

 Pour parvenir à nous mettre d’accord, nous sommes dans l’urgence. Mais nous pensons que c’est possible d’ici dimanche.

 Hier, nous vous avons fait une proposition qui permettrait de rassembler nos forces dans le maximum de circonscriptions, sous la bannière commune « la force du peuple à l’Assemblée nationale ». Cette proposition respecte la place centrale tenue par notre candidat et peut être acceptée par tous.

 Vous avez contesté puis refusé cette proposition, objectant qu’elle risquait de « détricoter » ce que vous avez construit avec la France insoumise, confirmant que, pour vous, l’unique cadre national de rassemblement possible restait dès lors la France insoumise. Nous continuons de penser que seul un cadre acceptable par tous, donc respectueux de FI comme du PCF et des autres forces créera la dynamique la plus efficace.

Je vous renouvelle donc cette proposition, en apportant des précisions utiles à lever les objections que vous nous avez opposées.

En premier lieu, notre proposition permet bel et bien de résoudre la question du label commun, c’est-à-dire de l’unité nationale de campagne, qui vous préoccupe à juste titre.

Et nous sommes prêts, d’ici dimanche, à avancer avec vous sur la question de l’identification nationale de nos candidat-e-s, en nous mettant au travail dans les heures qui viennent.

 Deuxièmement, sur la question du programme, il va de soi pour nous qu’en cas de majorité parlementaire, l’Avenir en commun constituerait le socle de cette majorité et de l’action gouvernementale. Bien entendu, dans la mise en œuvre de l’action gouvernementale, toutes les forces qui auront contribué à ce succès feraient valoir leur apport et leurs propositions. Aucun d’entre nous ne veut des députés soumis à l’Exécutif national. Nos propositions, rassemblées dans « La France en commun », comme l’action de nos députés, seraient dès lors une contribution constructive à ce socle gouvernemental. Il n’y a donc aucun brouillage dans l’addition de nos idées mais, au contraire, les bases d’une majorité gouvernementale solide, riche de sa diversité et inventive.

 Je vous le redis : si vous étiez d’accord pour travailler dans ce sens, cela ouvrirait la possibilité de présenter ensemble un maximum de candidatures communes, en travaillant sur la base du principe « un pour un » que vous nous avez proposé, en recherchant la candidature maximale pour gagner dans chaque circonscription.

 Si vous persistez dans votre refus, nous le regretterions vivement car cela nous conduirait les uns et les autres à présenter des candidatures concurrentes, ce qui ferait trop souvent le jeu de nos adversaires politiques.

 Vous savez comme nous que cette situation serait contraire au souhait de nos électrices et électeurs et, surtout, mettrait en péril la possibilité de gagner de nombreux député-e-s, et donc la possibilité de constituer une majorité de gauche nouvelle.

 

Ne voulant toutefois fermer aucune porte, nous avons noté qu’en cas de refus d’un accord national sur ces bases, vous proposez un retrait réciproque de candidats dans un nombre limité de circonscriptions. Vous avez cité le chiffre de 30 circonscriptions pour chaque force.

 Bien que beaucoup trop limitée à nos yeux, nous vous proposons, si vous maintenez votre refus à la proposition qui a notre faveur, d’examiner dès demain dans le détail cette proposition de repli.

 Nous avons travaillé avec nos fédérations réunies ce matin une liste de 30 circonscriptions en ce sens, dans lesquelles le PCF propose le retrait de vos candidats, et bien que les fédérations du PCF sont disposées à aller beaucoup plus loin comme elles vous le font savoir localement. A vous évidemment de faire la proposition des 30 circonscriptions où vous souhaitez notre retrait.

 Notre liste a été arrêtée selon les principes suivants, que nous vous avons exposés en toute transparence :

 - elle ne contient pas les circonscriptions où le PCF dispose d’un -e député-e sortant-e : vous connaissez le travail qu’ils ont réalisé, leur implication contre la politique Hollande-Valls, leur proximité avec les habitant-e-s . Elles sont légitimes à se représenter ; nous en prenons la responsabilité, en souhaitant évidemment qu’elles ne soient pas concurrencées par un candidat FI. Ce choix vous appartient.

 - notre liste est bâtie à partir des territoires et des rapports de force locaux, notamment là où les candidatures proposées par le PCF apparaissent les mieux placées pour gagner.

 

Compte-tenu du nombre d’autres circonscriptions où les possibilités de victoires sont réelles, un accord équitable est tout à fait possible sur ces bases.

 Vous l’aurez compris, nous souhaitons une réunion demain, pour entendre votre réponse à notre première proposition précisée dans cette lettre et examiner, sinon, dans le détail, la proposition plus limitée. Si vous acceptez le principe de cette réunion, nous vous communiquerons avant celle-ci la liste de nos propositions. Vous pourriez en faire de même. Cela rendrait sûrement notre réunion plus efficace encore.

 Dans l’attente de votre réponse, recevez, Cher Jean-Luc, Cher(e)s camarades, mes salutations fraternelles.

  

Pierre Laurent

 

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Victor Lanoux est décédé : Il est déjà regretté !

Posté par jacques LAUPIES le 6 mai 2017

Je ne suis pas tellement amateur de séries mais par principe je les teste toute à leur sortie sur le petit écran.

En général je m’en lasse vite et quand elles retiennent mon attention très souvent je leur préfère d’autres émissions : des documentaires, des débats, sur fond d’histoire ou se sciences sociales en général ont ma préférence. Quoique parfois un bon (et aussi moins bon) western ou thriller me fait oublier de parfaire une curiosité que l’on peut qualifier de plus profitable intellectuellement.  Bof !

Les personnages incarnés par Victor Lanoux ont toujours retenu mon attention. Il fait selon moi partie de ces acteurs qui imposent un type de personnage à leur image. Il n’est pas le seul certes et comme Gabin et quelques  autres, pour peu que l’écriture soit complice, c’est eux que l’on aime regarder aussi différents soit le rôle interprété.

Les chaînes de télévision publiques aussi critiquables soient elles  dans leur manière de traiter l’information parce que dotées de journalistes rois ou simples bouffons, porteurs d’une pensée unique, offrent cependant des films et séries qui vont droit au cœur de « grand public » comme  on dit et nous ravissent parfois. En un temps ou pèsent la menace de tous ces faux culs de la tradition, de la pseudo défense de notre civilisation, du puritanisme affiché  d’individus en état de refoulements de toutes sortes, il est bon qu’il en soit ainsi, qu’apparaissent la diversité de nos tares mais aussi de nos qualités.

Victor Lanoux et tous ces acteurs qui nous les rappellent peuvent en être remercié.

Le voyage est terminé mais lorsqu’ils disparaissent ils laissent un peu de ces grains d’esprit que chacun de nous récolte et dont il se nourrit même lorsqu’il s’agit d’oeuvres sans prétention. Mais on sait où peut conduire la prétention…

 

 

Entretien réalisé par Caroline Constant
Jeudi, 4 Mai, 2017
Humanité Dimanche
L’acteur Victor Lanoux, 80 ans, célèbre pour son rôle de « Louis la brocante » à la télévision, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à Royan. Lire l’entretien qu’il avait accordé à l’Humanité Dimanche en avril 2012.
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A 76 ans, l’acteur à la moustache légendaire est l’un des chouchous du public. Malgré un accident qui l’a laissé hémiplégique en 2008, Victor Lanoux entame la 16e année de «Louis la brocante», garde la flamme et fait un retour remarqué sur le petit écran avec «la Femme cachée». Entretien. 
 
HD. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce personnage de policier à la retraite, un peu replié sur lui-même ?
Victor Lanoux. C’est un personnage qui a eu une vie importante, des responsabilités, qui a dû faire des choix à certains moments, et qui continue d’en faire. Il va se trouver fragilisé par l’intrusion dans sa vie d’une femme qu’il ne connaît pas. Il a aussi un problème, puisqu?il a un handicap physique: il a reçu une balle dans la hanche, il a donc du mal à se déplacer, ce qui veut dire par là qu’il est à la merci de certaines personnes qui viennent le voir ou éventuellement s’occuper de lui avec bonne volonté. Il est fragile, fragilisé.
 
HD. Ce qui l’ennuie d’ailleurs ?
V. L. Ah oui, il est fragile, mais ce n’est pas un personnage faible, au contraire! Il est très déterminé et, malgré ses difficultés quotidiennes, il démontre une force de caractère, une rapidité de réflexion, d’intervention. Il n’a rien perdu de ses moyens intellectuels. 
 
HD. Avec le commissaire Laviolette et Louis la Brocante, vous êtes devenu l’un des piliers de la fiction de France 3 ? 
V. L. Ça fait un moment que je suis un pilier de France 3! «La Brocante» entre dans sa seizième année. Les aventures du commissaire Laviolette sont à l’écran depuis quatre ou cinq ans, mais je n’en tourne qu’un épisode par an. J’en connais qui tournent plus que moi, mais moi, je tourne suffisamment.
 
HD. Comment analysez-vous ?ce succès de «Louis la Brocante» et, au-delà, de votre présence ?sur le petit écran ?
V. L. Je pense tout simplement que j’ai établi avec le public, depuis le temps qu’on se connaît, une sorte de contrat de confiance. J’ai toujours voulu proposer des téléfilms de qualité. Le public qui a suivi ma carrière n’a pas été déçu. Il n’y a donc aucune raison qu’il ne revienne pas nous voir. Même si ces téléfilms sont des comédies, même si elles vont dans le registre de la gentillesse.
 
HD. Dans vos personnages, il y a toujours un côté un peu bougon au grand coeur. C’est une volonté de votre part ou c’est parce qu’on vous écrit des rôles comme ça ? 
V. L. On m’écrit des rôles comme on me voit. Ça ne m’a jamais gêné que l’on m’écrive des rôles de personnages difficiles d’accès, bougons, parce que, quelque part, ça m’arrange. 
 
HD. Ça vous arrange parce que vous êtes bougon et rugueux ?
V. L. Non, ça m’arrange, parce que, comme ça, on m’emmerde moins (rires)?! Je suis moins sollicité, les gens me parlent avec respect, ils ne me tapent pas dans le dos comme ils le font avec tous les comiques troupiers qui passent à la télé quand ils les croisent. Il y a un certain respect installé, et c’est très bien. 
 
HD. Vous avez eu un accident de santé très grave en 2008, le public a été derrière vous ?
V. L. C’était une erreur opératoire, un mauvais coup de bistouri. Contrairement à ce que beaucoup ont dit, ce n’était pas un AVC. Je tiens à le préciser’! Le public a été très bien. Très curieux, d’abord, et j’ai reçu ensuite beaucoup de messages d’encouragement très gentils. 
 
HD. Le fait de tourner beaucoup après un accident de ce type, c’est quelque chose dont vous aviez besoin ?
V. L. Bien sûr que je me bats en permanence, parce que j’ai été pas mal détruit. Je dois beaucoup travailler, au quotidien, tant physiquement que moralement. Mais je ne crois pas que ce soit ça qui m?ait véritablement poussé à continuer’ J’aurais continué, quoi qu’il arrive. Tous les acteurs sont à peu près comme moi. Un acteur qui arrête de faire l’acteur, il est mort. Nous sommes des espèces de curieuses bêtes parasites et symbiotiques en même temps qui ne peuvent vivre que du sang des autres, des pensées des autres. Nous sommes fragilisés dès que nous sommes livrés à nous-mêmes, sans frontières. 
 
HD. Vous qui avez une longue carrière au cinéma comme à la télévision, quel regard portez-vous sur la fiction télévisée aujourd’hui ?
V. L. Ce n’est pas toujours parfait, mais il y a des efforts, quand même. Il y a de moins en moins de téléfilms unitaires, car on essaye de plus en plus de fidéliser les gens. Il y a donc beaucoup de miniséries ou de feuilletons de style «Un village français»? Mais je regarde plutôt tout ça avec bienveillance, parce que les chaînes n?ont pas beaucoup d’argent, qu’il faut se débrouiller avec ce qu’elles ont. C’est facile de faire des choses spectaculaires quand on a de l’argent. Et là, malgré ce handicap de l’argent, les metteurs en scène et les auteurs se débrouillent pas mal, d’excellents acteurs émergent. Malgré tout, il y a une écriture télévisuelle. Le cahier des charges et l’autocensure sont tels, du côté des chaînes comme des producteurs, ou du metteur en scène, qu’on finit par avoir des programmes assez délavés. C’est ça, l’écriture télévisuelle, c’est une écriture qui a des frontières. L’écriture cinématographique, c’est une écriture qui n’a pas de frontières. 
 
HD. Ces frontières, pour vous, se situent à quel niveau ? 
V. L. Ces frontières, elles se retrouvent dans la façon de peindre la société, comme dans les genres que la télévision ose, ou pas. Comme le film d’action, ou la comédie romantique. Je me souviens d’une époque, quand je tournais avec des jeunes premières et qu’on devait s’échanger des baisers à l’écran, où on s’embrassait vraiment. Ça ne tirait pas à conséquence. Au moins, ça avait l’air vrai?! Maintenant, les amoureux à l’écran, ils s’embrassent sur la joue ou sur le coin des lèvres, et ils trichent tellement mal qu’ils cachent vainement leur position avec leurs bras, c’est nul! Il n’y a pas de vérité, la vérité qu’on trouve au cinéma.
 

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Avoir voté pour pour Mélenchon hier et demain voter contre le Pen c’est déja formidable mais il faut encore aller plus loin et s’engager pour une candidature communiste aux législatives ce sera encore mieux !

Posté par jacques LAUPIES le 5 mai 2017

un minou pour la détente

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Le Front National est un danger qu’il faut éradiquer.

Il ne faut pas faire dans la dentelle pour l’affaiblir. Pour de nombreuses raisons que je donnerai ici.

Je n’ai pas jusqu’à présent fait la moindre concession  dans le combat idéologique, politique et s’il m’est arrivé de signaler par l’abstention dans des élections locales c’est parce que je tenais à ce qu’il ne soit pas spéculé, à gauche  comme à droite, sur un vote secret qui permet au premier imbécile venu de vos attribuer n’importe quel choix ! Et puis à l’occasion l’abstention permettait aussi de rappeler qu’il y a des « pompiers pyromanes » que l’on ne peut encenser impunément tant ils portent une lourde responsabilité dans la montée du FN.

Cela dans un contexte local ou le risque n’était pas grand de voir le FN accéder à des fonctions d’élu majoritaire,  où l’absence d’une liste de gauche (pour les élections municipales) certes non imputable au PCF, mais réalité impose, évitait de mettre en difficulté les opposants  de droite  en grande difficulté.

Un vote n’est jamais neutre, il exprime un choix qui doit traduire une réelle utilité politique. Et parfois cela implique la plus grande détermination pour prévenir un risque mortifère pour les libertés et la démocratie Cela n’exclut pas de conditionner  cette restriction essentielle par un rappel de nos objectifs.

Si le recherche de l’unité nationale à la libération a permis de garantir l’essentiel, cela n’a pas , bien au contraire, empêché de mettre en œuvre les revendications sociales exprimées par la CGT et le Parti Communiste pour de grandes conquêtes dont évidemment la Sécurité Sociale.

Mais ce que la population n’a pas encore assimilé suffisamment DE NOS JOURS c’est que cela implique un rapport de force nouveau précisément favorable aux forces de progrès dont évidemment en premier lieu celle du parti communiste. Nous venons avec le succès remporté par les propositions dont se prévalait Jean Luc Mélenchon de faire sérieusement progresser  ce rapport de force.

D’où la nécessité de garder leur cohésion et quoi de mieux pour le faire que de renforcer ce parti qui, personne ne le niera, a contribué dans notre cité à ce que JLM obtienne le doublement des voix par rapport à 2012 (sans doute la plus forte progression dans les villes de la circonscription Arles et Miramas comprises)

Alors aux trois jeunes et à tant d’autres qui me m’ont dit : « nous avons voté Mélenchon au premier tour et contre le FN en votant Macron au deuxième », c’est bien, à mon tour je leur dit  : « voter pour un candidat aux législatives qui peut être  en toute légitimité  communiste* devient et va être nécessaire pour constituer une opposition solide et pourquoi pas une majorité nouvelle ancrée à gauche face à des groupes  parlementaires hétéroclites ! »

 * nous rappelons que la Section de Tarascon propose des candidatures communistes marquantes choisies notamment parmi des élus locaux (Arles et Miramas) dont les liens avec les travailleurs, les entreprises et les milieux populaires sont bien établis et créent les conditions du meilleur barrage face aux  candidatures du FN et de la droite. Bien entendu les autres forces de la gauche anti austérité devraient pouvoir s’associer sous une forme appropriée et unitaire, conforme à l’état de force qu’elles représentent !

 

 

Pourquoi faire barrage à Marine Le Pen est une nécessité

L’enjeu du second tour.
Jeudi, 4 Mai, 2017
L’Humanité
Photo : Joël Saget/AFP
Avec les contributions de Vincent Bouget, secrétaire départemental du PCF du Gard, Caroline De Haas, militante féministe, candidate aux législatives dans la 18e circonscription de Paris, Rina Rajaonary, présidente de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et Pascal Debay, membre de la direction confédérale de la CGT.
Avoir voté pour pour Mélenchon hier et demain voter contre le Pen c'est déja formidable mais il faut encore aller plus loin et s'engager pour une candidature communiste aux législatives ce sera encore mieux !  dans POLITIQUE icon_guillemets_haut
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Rappel des faits. Le 7 mai, ils seront debout face à la férocité d’un programme antisocial, antisyndical, antiféministe et anti-jeunes bien dissimulé sous le voile d’un discours populaire.

 

  • Son discours de division facilite la régression sociale par Vincent Bouget, secrétaire départemental du PCF du Gard

Vincent BougetSecrétaire départemental du PCF du Gard

D’un côté, il y a le spectaculaire résultat de Jean-Luc Mélenchon montrant une gauche de transformation sociale conquérante, de l’autre, la terrible déception d’avoir un second tour dans lequel les intérêts populaires sont absents. Pour autant, il nous faut affronter cette situation paradoxale avec lucidité, en faisant barrage à Marine Le Pen avec le seul bulletin qui reste face à elle. Nous ne banaliserons jamais le FN, un parti d’extrême droite, qui a une histoire, des références, des valeurs, des soutiens, dont il ne faut jamais négliger la dangerosité pour la démocratie. Derrière une vitrine que certains tentent de nettoyer, le FN reste un parti autoritaire, raciste, xénophobe, homophobe et sexiste. Ne pas prendre une position ferme contre la candidate du FN, c’est prendre le risque de renforcer ses idées qui gangrènent la société et les discours politiques, fragilisant au quotidien toutes les victimes des discriminations dont les forces de progrès doivent être les premiers défenseurs.
Par notre vote, nous dénoncerons l’imposture de son programme économique et social. Le FN est le premier ennemi des ouvriers, employés, chômeurs, précaires, car il les divise, alors que nous voulons les unir dans un combat de classe. Cette division, qu’il entretient par ses discours et ses victoires locales, facilite la régression sociale que nous imposent les néolibéraux au pouvoir. Cette division est le premier obstacle pour tous ceux qui travaillent à l’émancipation. Si nous savons les difficultés que nous allons rencontrer sous la présidence d’Emmanuel Macron, il faut dire qu’un succès de Le Pen serait un coup encore plus rude porté à tous ceux qui souffrent, et chasser l’illusion qu’y résister serait plus facile.
Enfin, nous refuserons l’éventualité de voir Le Pen rejoindre les rangs des dirigeants de ce monde déjà meurtri par les conflits et les appétits des grandes puissances.
Bien sûr, nous savons comment le capitalisme favorise la progression de l’extrême droite. Nous savons comment le FN se développe sur la misère, la désespérance, les replis identitaires, la peur de l’avenir. Bien sûr, nous savons comment les tenants du pouvoir instrumentalisent ce danger. Mais, si nous voulons demain les combattre, il n’y a pas de raccourci possible. Et si nous combattons la politique de Macron, le 7 mai, seul le bulletin marqué de son nom constituera l’obstacle d’un jour à la toujours possible victoire de l’extrême droite. C’est le terrible jeu d’une Cinquième République dont nous vérifions chaque jour la nocivité. C’est un choix qui est posé à chacun de nous et que nous devons assumer collectivement, sans attendre de l’autre qu’il se salisse les mains à notre place.
L’enjeu est aussi de mettre Le Pen le plus bas possible, pour transformer ce second tour en référendum anti-FN, ce qu’évidemment Macron ne veut pas. Car, même si le FN est battu, un très bon score le placerait en position de force, le légitimant comme premier opposant, et donc nous affaiblissant. À court terme pour les prochaines législatives, renforçant l’appel à l’unité nationale dont ne manquera pas de se servir Macron une fois élu, et à long terme, en enracinant dans les scrutins à venir le réflexe de vote utile.
Le 7 mai, nous ne pouvons pas battre Macron, nous devons écraser Le Pen. C’est une des conditions pour les victoires futures d’un rassemblement de toutes les forces de gauche antilibérales, seule arme pour battre, dès juin, Macron, et pour éteindre la flamme de l’extrême droite durablement.
  • Danger pour nos libertés et les conditions de nos luttes ! par Caroline De Haas, militante féministe, candidate aux législatives dans la 18e circonscription de Paris

CarolineDe HaasMilitante féministe, candidate aux législatives dans la 18ecirconscription de ParisLe 23 avril au soir, j’ai observé, un peu sidérée, ma non-réaction aux résultats du premier tour. Alors qu’en 2002, étudiante, j’avais passé la soirée à pleurer et le lundi à organiser la mobilisation sur les facs, j’ai simplement dit « oh non », et suis allée au travail lundi, presque comme si de rien n’était. Qu’est-ce qu’il s’est passé en quinze ans pour que la présence du FN au second tour me laisse, nous laisse, quasiment de marbre ?

D’abord, l’entreprise de séduction de nos esprits par le Front national et la mise en scène de la figure de Marine Le Pen ont indéniablement marqué des points. Son visage ne crée pas la même peur chez moi que celle de son père, alors qu’ils portent le même projet politique. Ensuite, parce que, depuis un an, les sondages et les médias nous préparent à cet événement. Un an, c’est long, ça laisse le temps de s’habituer. Même à des événements durs.
Enfin, et c’est sans doute ce qui a le plus joué, nous le savions. Nous pressentions dimanche que le visage de Marine Le Pen allait apparaître sur nos écrans. Depuis longtemps. La première fois que j’ai dit qu’à ce rythme le FN serait au second tour, c’était en septembre 2012. François Hollande avait déjà renoncé à renégocier les traités et préparait le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice). Ces cinq années nous le rappellent une fois de plus : une gauche qui se fourvoie et trahit ne peut amener que la droite et l’extrême droite au pouvoir.
Que faire donc ? Dimanche soir, devant mon écran, ma première réaction fut la colère : « Qu’ils aillent tous au diable, je passe mon tour. » J’en ai assez de ces chantages répétés au FN quand nous ne sommes pas responsables de la situation dans laquelle se trouve notre pays. Je n’ai pas envie de voter pour maintenir sous perfusion un système politique qui marche sur la tête et nous amène dans le mur.Et puis, je me suis demandé : est-ce que l’élection du 7 mai m’est indifférente ? Est-ce que je réagirais de la même manière si c’est Marine Le Pen ou Emmanuel Macron qui apparaissait sur nos écrans le soir du second tour ? La réponse est : non. Pourquoi ? Parce que si j’ai peur des politiques économiques et sociales qui seront mises en œuvre si Emmanuel Macron est élu, je suis totalement terrifiée par l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir.
L’élection de Marine Le Pen changerait non seulement nos conditions de vie mais elle mettrait en danger les conditions mêmes de nos luttes. Et c’est cela qui m’a fait basculer vers le vote Macron.Je suis tellement en colère quant à ces cinq années, j’ai tellement le sentiment que François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron sont responsables de cette situation que l’argument « ils sont moins pires que le FN », argument juste par ailleurs, ne suffit plus à me donner envie de voter pour eux.
Ce qui me convainc, c’est d’obtenir le résultat qui me permettra demain de mener la bataille. Dans quelles conditions est-ce que je pourrais le mieux résister ? Dans quelles conditions les combats féministes, antiracistes, écologistes, syndicalistes seront-ils moins difficiles à mener ? Malgré l’immensité des désaccords que j’ai avec Emmanuel Macron, son accession à l’Élysée n’aura pas les mêmes conséquences sur les conditions des mobilisations que l’accession de Marine Le Pen. La victoire de Macron ne créera pas les mêmes conditions pour reconstruire un mouvement de gauche et écologiste majoritaire dans notre pays. Cela nous permettra de mener mieux et plus fortement la bataille. Nous allons la mener, dès le 8 mai, avec notre enthousiasme et notre détermination. Nous ne le lâcherons pas.
  • L’extrême droite, c’est plus de pouvoir au patronat par Pascal Debay, membre de la direction confédérale de la CGT.

Pascal DebayMembre de la direction confédérale de la CGTFaire barrage à Le Pen est une absolue nécessité dans la mesure où son accès au pouvoir serait lourd de conséquences pour notre vie quotidienne. Nos repères, basés sur la devise républicaine Liberté, égalité, fraternité, seraient relégués à un souvenir mélancolique devant la mise en œuvre du concept « on est chez nous ». Comment vivre tranquillement ensemble demain sous la pression d’une politique basée sur la préférence nationale, qui se traduirait de façon concrète par un racisme d’État, sans aucune mesure avec les discriminations certes déjà à l’œuvre aujourd’hui. Les dérives violentes de militants fascistes seraient sans limite à l’encontre de celles et ceux qui vivent en dehors des normes imposées par le retour de l’ordre moral et liberticide ! Pour les salariés de notre pays, rien à espérer : l’extrême droite au pouvoir, c’est un système économique donnant encore plus de pouvoir au patronat, requalifié de patriote à n’en pas douter ! Bref, comme à chaque fois avec ces gens-là, ce sera le retour de la répression au quotidien contre la réclamation ou la revendication taxée d’anti-France !

Ceci dans l’objectif de défendre le capital ! Adieu les libertés syndicales, certes souvent attaquées, mais là ce sera sans aucune retenue. Il faut dire que le syndicalisme de lutte de classe et de transformation sociale perturbe la bonne marche du FN dans son objectif de gagner dans son giron une large majorité des salariés. Le langage utilisé par la patronne du FN est dans la pure tradition nationaliste et autoritaire, la France est par ailleurs mise sur un piédestal, l’oligarchie dont ferait partie la CGT est taxée de tous les maux et la cheftaine du parti lui en promet…C’est parce que le mouvement syndical s’est toujours opposé à l’extrême droite que celle-ci a toujours tenté de le réduire au silence ! Le seul syndicalisme qu’elle tolère, c’est celui qu’elle contrôle. Le FN a tenté de créer ses propres syndicats (FN-police, FN-transports, FN-pénitentiaire) dans les années 1990, ils ont été interdits car un syndicat n’est pas un parti politique. Depuis, il a tenté l’entrisme avec des syndiqués candidats aux élections politiques et, ces dernières années, en créant son cercle de syndicalistes qui reste groupusculaire.
Bref, nos libertés seraient bafouées : organiser des manifestations serait une tout autre affaire qu’aujourd’hui ! Nous serons donc acteurs de cette séquence politique dans un environnement international où les idées brunes progressent, où la paix est très fragile. C’est aussi un élément central pour faire barrage au FN : le fascisme, c’est la guerre. L’histoire le démontre.
De mon point de vue, voter dimanche est un devoir, mettre la candidate FN le plus bas possible dans son duel une condition sine qua non pour affaiblir ce mouvement de la haine. Le doute distillé au sein des forces progressistes sur la valeur à attribuer au vote anti-Le Pen est une posture dangereuse, qui peut avoir des effets secondaires assez traumatisants pour la suite des événements.
Ne partons pas dans la prochaine séquence sociale en étant lesté du poids d’un FN si haut que cela le renforcerait dans sa posture de progression inéluctable vers la prise du pouvoir. Agissons déjà aujourd’hui avant de cauchemarder demain. Chaque citoyen aura le choix, pas le choix espéré, mais un choix à faire en toute lucidité, face à sa conscience, à sa propre histoire familiale et sociale, à sa conviction d’agir sur le réel ou laisser d’autres le faire ! Dimanche Le Pen doit perdre.

 

 

  • Nous ne nous laisserons pas voler notre espérance par Rina Rajaonary, présidente de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC)

Comme d’autres, la Jeunesse ouvrière chrétienne fait le constat que le contexte économique, social et politique actuel divise nos sociétés, et en France en particulier. Morcelés entre la précarité, le chômage de masse et toutes les mesures d’austérité qui nous demandent de faire toujours plus, beaucoup d’entre nous ne croient plus à la force du collectif. Pire, l’individualisme et le chacun pour soi sont les mots d’ordre pour s’en sortir. Si, dans nos quartiers populaires, le chômage atteint les 23 %, c’est presque un jeune sur deux qui y est privé d’emploi.

Chez nos familles, nos amis, la peur du lendemain s’installe : il n’est plus possible de se projeter, de mener un projet de vie. Marine Le Pen utilise cette peur de la misère et ce sentiment d’insécurité dans nos vies pour nous séduire et nous monter les uns contre les autres. La candidate du FN, malgré ses efforts de communication pour dédiaboliser son parti, porte un projet de société nationaliste, autoritaire, identitaire et xénophobe. Mais nous ne nous laisserons pas voler notre espérance. Non, le Front national n’est pas un parti comme les autres.
À la JOC, nous refusons une société basée sur le chacun pour soi au détriment d’un projet commun. La diversité dans nos lieux de vie, nos quartiers… est pour nous une richesse. Elle offre la possibilité à chacun de se révéler par ses talents, son histoire, ses compétences, pour construire et faire vivre le bien commun.
Les mesures de régression sociale proposées dans le programme du FN sont une atteinte à notre dignité. Nous nous battrons encore pour que les décisions qui impactent nos vies garantissent une vie digne à tous. Cela doit passer par la lutte contre toute forme de discrimination pour plus d’égalité. Nous refusons toute action visant à exclure l’autre en défendant la préférence nationale, à fermer les frontières au lieu de favoriser la rencontre, à considérer la différence comme un motif de rejet de l’autre pour se protéger soi. Le FN dénonce (avec raison) le capital et le système économique actuel mais pour faire progresser ses idées mortifères dans notre société. Sa politique d’enfermement et d’exclusion est dangereuse pour tous. Nous refusons la désignation de groupes boucs émissaires responsables des problèmes mondiaux dont nous subissons aussi les effets.
Sous couvert des principes de laïcité, des propos racistes et islamophobes se multiplient. Nous rappelons que la laïcité n’a jamais signifié l’éradication des religions ni la relégation de leurs expressions dans un espace « privé ». La laïcité garantit le droit des femmes et des hommes à conduire leur existence comme ils l’entendent, quelles que soient leurs situations ou leurs convictions. Nous continuerons alors à provoquer la rencontre pour permettre à tous de libérer la parole, de confronter ses idées auprès d’autres et de rappeler que l’avenir est à construire ensemble.
Nous voulons agir pour que chacun ait la possibilité d’exercer un emploi digne. En effet, selon notre enquête en 2016, c’est la première marche pour prendre son autonomie. Le travail digne nous permet de participer avec d’autres à la vie collective au travail et dans nos autres lieux de vie. Cela fait aussi partie de notre combat pour une meilleure répartition des richesses.
En tant que mouvement d’éducation populaire et en tant que mouvement chrétien, nous avons la responsabilité d’agir pour faire barrage au FN et à sa candidate. Avec d’autres organisations de jeunes (syndicats, politiques, associatifs) ou encore auprès de mouvements et groupes de chrétiens, la Jeunesse ouvrière chrétienne s’est mobilisée pour combattre la politique inégalitaire et autoritaire que propose le FN. Nous militerons toujours pour un projet de société qui replace la femme et l’homme au centre, dans toute sa dignité.

Vincent Bouget

Secrétaire départemental du PCF du Gard

Caroline De Haas

Militante féministe, candidate aux législatives dans la 18e circonscription de Paris

Pascal Debay

Membre de la direction confédérale de la CGT

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Conclusion après un débat merdique : rien de bon pour l’économique et le social, pour la paix !

Posté par jacques LAUPIES le 4 mai 2017

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Rendez – vous dimanche soir pour le dépouilllement

 

Si je n’avais ici même sur ce site confirmé que l’on ne peut en qui que ce soit faire la main à Marine le Pen en s’abstenant ou en votant blanc ou nul mais au contraire en votant Macron, je pourrais renvoyer dos à dos les deux personnages. Tout simplement parce que les grandes questions que posent les français n’ont pas trouvé  les réponses qui pourraient les satisfaire. Sur la sécu, sur la santé, sur les salaires et les pensions, sur l’âge de la retraite, sur la durée du travail, sur la politique internationale, etc.

Merdique, vraiment merdique ce débat de chiffonniers !

Mais que pouvait-on attendre d’autre ?

Alors oui il faut voter Macron pour réduire le plus possible le pourcentage de Le Pen !

Mais de grâce préparez vous aussi pour les élections législatives ! Les communistes pourront apporter leurs propositions avec leur candidat (que j’espère être communiste avec mes camarades de Tarascon) sur cette 16ème circonscription.

Et comme je le disais ce jour à trois jeunes tarasconnais rencontrés au hasard, à cette retraitée ancienne militante de la CGT, et à bien d’autres personnes dont une militante du PG hier, dont certaines ou certains veulent  s’orienter vers l’abstention : le vote de dimanche, s’il semble  rappeler l’époque du « Bonnet blanc et blanc bonnet » a une toute autre tournure  aujourd’hui où la candidate FN prône un nationalisme dangereusement extrême – droitier, excluant et mortifère, notamment avec la constitution dont nous disposons !

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Le FN et l’école, c’est grave !

Posté par jacques LAUPIES le 4 mai 2017

 

Au sortir d’un atelier législatif organisé autour des thématiques de l’Education à Champigny-sur-Marne, l’Humanité a donné la parole à Marie-Aude et Brigitte, toutes deux enseignantes et Denis Oztorun, candidat communiste de rassemblement de la gauche aux prochaines élections législatives. Le programme du FN c’est l’école publique gratuite interdite aux enfants de réfugiés, la cantine interdite aux enfants de demandeurs d’emploi, les enseignements tournés vers les perspectives utiles au patronat avant tout. Confrontés à ce projet, les réactions sont vives. Réalisation Laurence Mauriaucourt.

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