• Admin.du Site

  • Archives

Jean-Christophe Averty, le père du clip à la télé, s’est éteint

Posté par jacques LAUPIES le 4 mars 2017

Image de prévisualisation YouTube

 

Gérald Rossi
Samedi, 4 Mars, 2017
Humanite.fr

Inlassablement, Jean-Christophe Averty s’évertuait à révéler « l’insolite qui se cache derrière le banal ». L’homme de télévision et de radio est décédé à l’âge de 88 ans. 

Avec une passion indéfectible, Jean-Christophe Averty a marqué l’histoire de la télévision. Il s’est éteint ce samedi 4 mars, il avait 88 ans. Il y a quelques semaines, sur France 3  Mireille Dumas lui a consacré un hommage (« Les trésors cachés des variétés ») sans savoir que ce serait le dernier que la télévision, qui lui doit quelques dizaines d’année d’inventions électroniques aussi magiques que poétiques, ne lui en rendait plus d’autres de son vivant. 
Né à Paris le 6 aout 1928, il est entré à la télévisions dans les années 1950 après des études de cinéma, et jusqu’aux années 1980 il y exerça son talent de réalisateur mais aussi de créateur, alors que la télévision d’alors d’abord en noir et blanc en était aux balbutiements de l’électronique. 
C’est dans ce contexte de « bidouillages » qu’il produisit nombre d’émission de variété notamment, qui sont considérées comme des modèles par nombre de ses successeurs. 

Un homme d’images et de sons

Jean-Christophe Averty, qui aussi pendant plusieurs années a assuré la réalisation des retransmissions vidéo des spectacles de la grande scène de la fête de l’Humanité, était également un homme de radio. Sur France Culture puis sur France Inter, il a ainsi animé par moins de 1805 épisodes d’une émission consacrée au jazz et à la chanson , intitulée « Les cinglés du music hall ». Averty était un collectionneur qui se plaisait alors de faire découvrir aux auditeurs, de son inimitable voix hésitante, les merveilles qu’il découvrait sur des disques plus ou moins historiques…
Pour la télévision, on lui doit plus de 500 émissions musicales, de documentaires, etc. Incontestablement d’avant garde, admirateur notamment des surréalistes Alfred Jarry, Marcel Duchamp ou encore Salvador Dali, Jean-Christophe Averti a été un des grands inventeurs dans ses domaines de passions. 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Rencontre du jour

Posté par jacques LAUPIES le 4 mars 2017

Environ 7o ans cette ancienne électrice communiste m’interpelle car sur le coup je ne l’avais pas reconnue. Impardonnable car bien qu’au moins une dizaine d’année ne se soit écoulée depuis notre dernière rencontre sa silhouette demeure inchangée. Cela me rappelle que je devrais être plus attentif à toutes ces personnes que je rencontre et que je ne salue pas, par inadvertance  ou quelque défaut de mémoire.

Devenue veuve depuis elle est revenue dans sa ville après avoir émigré dans une ville plus grande, sans doute pour retrouver un entourage plus familier. Elle n’a rien perdu de son désir très apparent de communiquer et d’échanger. Cela fait plaisir à voir mais n’est pas aussi rare que l’on pourrait le croire par les temps qui courent. Et c’est heureux !

« Tu fais toujours de la politique ? » me dit-elle. J’aime bien ce genre de question car cela me donne l’occasion de témoigner d’une certaine continuité dans mon engagement et j’éprouve quelque vanité à répondre positivement. Avec ce risque de paraître figé sur le passé, rabâcheur et privé d’imagination. Ce que des amis autant que des adversaires ne se privent sûrement pas de penser.

Les mots prennent des significations différentes au fil du temps et celui de « communiste » n’échappe pas à cette évolution qui le détache de sa véritable origine. Mais il faut faire avec et se dire qu’il doit être réhabilité et prendre la place qui lui revient auprès de ces mots qui ponctuent la marche de l’humanité : liberté, démocratie !

Quel plaisir de voir de nouveaux adhérents qui nous rejoignent parfois avec un temps de réflexion assez long, dans un contexte de lutte idéologique difficile pour nous comme pour eux. Encore plus pour eux parce que, je vais être prétentieux, il n’y a pas cette capacité d’analyse que donne nos références philosophiques et historiques et politiques.

Cette personne que je viens de rencontrer, partant de ce que lui apportent les médias mais aussi de l’expérience que lui a procuré son âge, me dit être hésitante  mais tout de même intéressée pour un vote Hamon, m’indiquant au passage que dans son association de retraités émerge le votre Le Pen. Inutile de dire que je lui rappelle ma préférence et celle des communistes pour le vote Mélenchon.

Et me voila amené à disserter sur la tentative de récupération par les libéraux du PS du vote des électeurs socialistes à la primaire de ce parti. Que l’urgence était de trouver l’Union des gauches authentiques, que si cela ne se réalisait pas ce serait catastrophique et que dans ces conditions il fallait choisir celui qui affiche des objectifs semblables à ceux des communistes.

L’aurais-je convaincue ? Peu importe elle aura entendu une vision qui n’est pas développée, ou si peu, dans une célèbre emission qu’elle me dit regarder assidument.

 

Regard sur l’actualité

Lors de ce rendez-vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l’édition du vendredi 3 mars : le coût du capital, l’agriculture au cœur de nos vies, la justice dénigrée, la dette grecque et Maradona.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Macron et Fillon : les frères jumeaux du néolibéralisme (Olivier Dartigolles )

Posté par jacques LAUPIES le 3 mars 2017

 

Maintien de l’austérité budgétaire et de politiques néolibérales à l’échelle européenne, poursuite des exonérations de cotisations sociales patronales, baisse de l’imposition des hauts revenus et des revenus du capital à travers sa réforme de l’ISF, de l’impôt sur les sociétés et la flat tax à 30 %, baisse de 60 milliards d’euros des dépenses publiques, suppression de 120.000 fonctionnaires, casse des droits des chômeurs, suppression des régimes spéciaux de retraite… le programme d’Emmanuel Macron, entièrement soumis aux exigences du MEDEF, est une déclaration de guerre aux travailleurs du pays.

Loin d’apporter des réponses nouvelles, il fait la part belle à de vielles recettes inefficaces pour l’emploi et conduirait à la dégradation de services publics essentiels à la réponse aux besoins sociaux. Sa réforme de l’unedic fragiliserait considérablement l’indemnisation du chômage et la négociation collective dans son ensemble. La suppression des régimes spéciaux dégraderait le droit à la retraite pour des millions de français. Le droit à l’éducation serait quant à lui mis à mal par un projet qui casse le cadre national et créerait une École à plusieurs vitesses et le droit logement par l’absence totale de propositions en faveur du logement social.

Quant aux mesures soi-disant favorables aux catégories populaires et moyennes comme la suppression des cotisations salariales, la revalorisation d’allocations ou encore la suppression de la taxe d’habitation, force est de constater que l’augmentation du pouvoir d’achat promise serait annulée par la casse de la protection sociale et le recul des services publics, en particulier dans les communes, qui seraient pénalisées tant par la baisse de leurs ressources que par la réduction du nombre d’agents territoriaux.

François Fillon découvre aujourd’hui qu’il a un frère jumeau dont le programme partage exactement le même logiciel néolibéral.

 

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Va bien falloir choisir !

Posté par jacques LAUPIES le 3 mars 2017

DSC_0772-1

Quand ils s’unissent socialistes et communistes gagnent mais cela ne peut se faire que sur un projet qui se démarque du social libéralisme « austéritaire » qu’Hollande et Valls ont incarné et qui seul explique le retour tonitruant des droites.

 

Ce qui se passe au sein du PS n’est pas nouveau. L’affrontement « Droite » et « Gauche » du PS est une constante historique. Ce qui est nouveau c’est que les primaires nous révèlent une réaction en faveur de cette gauche qui résulte essentiellement de la gestion du courant droitier de ces cinq dernières années.

Mais la droite est soumise au même type d’affrontement comme l’a révélé la primaire et l’affaire Fillon, qui ne résulte pas seulement de la logique journalistique du « Canard Enchaîné », met en évidence des oppositions internes. Des oppositions qui ont un fondement que ne peuvent expliquer que des intérêts de classes dominantes  et de catégories de ces classes. Que la présidentialisation du système lui donne un air de querelles d’égo constitue un écran de fumée.

De plus en plus apparaissent l’émergence d’une droite « radicale » qui est prête à flirter avec le FN et d’une droite centriste que se partagerait elle aussi entre des appellations de droite et de gauche (Juppé et consort d’un côté, Macron et sociaux libéraux de l’autre)

Cette recomposition semi souterraine devrait éveiller la gauche authentique et la rassembler car elle est la seule force qui a capacité à permettre  que ne se reproduise  un nouveau quinquennat catastrophique pour les français. Même si contraint et forcé il faudra bien bloquer un FN qui ne sera plus tout à fait seul et deviendra extrêmement dangereux malgré ses compromis inévitables avec la droite dite « modérée ». L’arrivée d’un Macron, avec une bourgeoisie qui est loin d’être la plus bête du monde, nous conduira tôt ou tard au retour d’une nouvelle droite extrême !

Alors amis et camarades socialistes pour qui Jaurès, à la rigueur Blum (sous la pression populaire) et Mitterrand (plein d’ambiguïtés mais forcé de prendre en compte un PCF encore vigoureux) seraient les porteurs de ce socialisme démocratique duquel vous vous réclamez, et qui ne l’est pas plus que celui que nous communistes voulons, il va falloir choisir ! Un  accouchement de cette nature ne peut se faire sans douleur, n’en faites pas un avortement !

 

 

Benoît Hamon poussé par son camp à tendre la main droite

Audrey Loussouarn
Jeudi, 2 Mars, 2017
L’Humanité

Après l’accord entre le PS et Yannick Jadot, voté par les seuls écologistes, l’aile droite du PS redouble d’attaques à l’encontre du candidat, dont la ligne « gauchiste » pourrait, selon elle, souffler dans les voiles d’Emmanuel Macron.

Manuel Valls est sorti d’un silence qui durait depuis un mois. Par souci, comprenons-le bien, de venir en aide au soldat Hamon. Après les attaques à répétition à l’encontre du candidat PS désigné par la primaire fin janvier, l’ex-premier ministre a réuni ses troupes, à deux reprises, mardi. « Inquiet », il les aurait appelées à « rester ensemble » autour du candidat PS, à l’écart des sirènes macronistes. Moins diplomate en aparté, si l’on en croit le Canard enchaîné, le discours se rapproche de celui de ses comparses de l’aile droite. Il parie sur un score « en dessous des 10 % », évoque un candidat qui a « rompu avec la ligne réformiste du PS », et raille son « programme écolo-gauchiste » et sa « reprise des revendications de tous les zadistes du monde ».

Argument d’un second tour Macron-Le Pen à l’appui, son but est de faire pression sur le candidat pour qu’il penche à droite. Huit membres du « pôle des réformateurs », soit l’aile droite du PS, ont même demandé mardi à Jean-Christophe Cambadélis « une consultation urgente des militants et des instances » suite à l’accord passé avec EELV. C’est qu’ils s’inquiètent, disent-ils en chœur, des ralliements de socialistes à Macron. René Dosière, député PS de l’Aisne, disait hier ne pas vouloir voter pour Hamon, ayant « défendu les lois qu’il veut remettre en cause et qu’il a combattues ».

« On ne va pas faire une primaire tous les deux mois »

L’élu laisse entendre qu’il pourrait offrir son parrainage au candidat d’En marche ! « Il y en a qui sont tentés de rallier Macron tout de suite, d’autres plus tard… Pour ma part, j’attends la présentation du programme », prévue aujourd’hui, avançait, mardi, le député Gilles Savary, qui avait invoqué un « droit de retrait » fin janvier après la victoire d’Hamon, avec son comparse Christophe Caresche, qui, lui, a déjà franchi le pas. « Laisser partir des centaines de milliers de Français vers Macron est incompréhensible », lâche Philippe Doucet, proche de Valls, qui parle de la « logique sectaire » d’Hamon. La secrétaire d’État Juliette Méadel, elle aussi vallsiste, tire la sonnette d’alarme : « Il faut qu’on ait un candidat capable de rassembler la gauche réformiste. Il est urgent d’infléchir son programme. » Mais la charge la plus violente est venue, mardi, d’un autre membre du gouvernement, Jean-Marie Le Guen, qui évoque un accord EELV-PS « en rupture avec (la) famille politique » du PS. « C’est un programme de gauche radicalisée », a-t-il lâché sur RTL, refusant de donner, comme « des dizaines de parlementaires socialistes », son parrainage à un candidat pris dans une « impasse ».

L’« impasse » était prévisible à l’issue même du scrutin du 29 janvier. Benoît Hamon avait pour mission de rassembler son camp sans renier le rejet de la ligne sociale-libérale du quinquennat Hollande sur lequel il s’est basé pour être élu. Du côté de ses fidèles, réunis autour de lui mardi après-midi, l’offensive ouverte par les vallsistes provoque une défense qui l’est tout autant. Annick Lepetit, porte-parole des députés PS, raille ceux qui « reprochaient aux frondeurs d’être frondeurs » et qui « aujourd’hui ne veulent pas soutenir le candidat du PS ».

Aurélie Filippetti, désormais dans l’équipe d’Hamon, parle « des mauvais coucheurs qui ne digèrent pas la défaite à la primaire ». Le frondeur Pascal Cherki reproche, quant à lui, le procès en légitimité mené par le camp vaincu : « Benoît Hamon l’a emporté avec près de 60 % des voix. On ne va pas faire une primaire tous les deux mois. Il y a une seule chose qu’on ne peut pas nous demander, c’est de renoncer à notre orientation, parce que c’est un contrat moral et politique que nous avons pris devant les Français. » Et Alexis Bachelay, porte-parole de Benoît Hamon, d’ajouter que, « quand Le Guen tacle, ou même prend de haut notre candidat, c’est un manque de respect pour ceux qui ont voté », et même une « forme de trahison » de la part d’un membre du gouvernement qui, pour lui, « n’a plus sa place au PS ».

Jérôme Guedj, autre porte-parole du député des Yvelines, y va de son conseil personnel : que Le Guen ait « le courage de rejoindre directement Macron ».

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Le FN se combat par la réponse aux besoins des gens

Posté par jacques LAUPIES le 2 mars 2017

DSC_0090 (1)

 

 

Je reproduis un article paru ce jour  dans l’Humanité et qui traite de la situation à Beaucaire, ville dont le Maire est FN.

Si la plupart des critiques faites au Maire dans ce texte sont parfaitement justifiées il n’en demeure pas moins  que le FN s’est implanté dans cette ville et qu’il y développe son influence électorale. Comme au plan national sa tâche est facile dans la mesure où aucune réponse n’est donnée aux difficultés des gens d’un point de vue local et national. La question de la désertification du centre ville relève des politiques  qui consistent à déplacer les activités commerciales en périphérie et n’est d’ailleurs pas propre à Beaucaire.

Tarascon sa voisine et d’autres villes de cette importance subissent le même sort. De plus la politique du logement qui laisse à l’abandon nombre de maisons ou d’appartements parfois par quartiers entiers conduit à créer de véritables ghettos ou se logent les plus pauvres ce qui donne prétexte pour stigmatiser les populations issues de l’immigration (mais pas seulement elles) dont le niveau social contrarie l’assimilation.

Autant d’ingrédients qui donnent au FN la possibilités de développer un discours xénophobe repris par d’autres catégories de la population mais le FN et le maire de Beaucaire en premier ne manquent pas une occasion de le  faire. Comme nombre de dirigeants de ce parti  transpire en lui l’extrême droite dont il arrive à peine à dissimuler la profondeur ! Mais ce comportement qui intègre entre autre la haine de toute organisation qui ne convient et contrarie les objectif du FN le conduit à s’en prendre donc à certaines structures  associatives et syndicales !

Donc, s’il ne faut pas exclure d’être intransigeant à l’égard d’une formation politique qui prend appui sur des forces rétrogrades qui vont depuis l’extrémisme de droite jusqu’au rouge brun de certains de ces apologues, il faut aussi attirer l’attention de la population sur la nécessité de se battre et d’exiger la défense des droits acquis sur le plan social mais aussi de la démocratie et des libertés collectives et individuelles !

Cela veut dire un combat sans compromission avec les libéraux et les sociaux libéraux qu’incarnent Fillon (LR) et Macron (pseudo centriste et authentique représentant de la grande bourgeoisie) lesquels l’un clairement, l’autre dans la confusion mènent le combat contre tout progrès social véritable à coup de « je donne dans une main et je reprends dans l’autre » avec un solde toujours négatif pour le peuple !

Comme ils ne veulent pas se libérer des flottements politiques mortifères les Hamon et Jadot n’offrent pour l’instant aucune garantie et un porte à porte de ce matin m’a convaincu qu’il fallait en avertir les citoyens et les appeler à voter pour Mélenchon encore plus fortement et sans tarder !

Depuis la mère de famille qui anime une association pour venir en aide aux enfants rencontrant des difficultés de scolarisation jusqu’à cette vieille dame seule toute imprégnée de valeurs chrétiennes et qui prêche une naïve tolérance jusqu’à cette autre mère, seule, qui avec le RSA et les allocations familiales lutte pied à pied pour élever ses quatre enfants, il y a toute la force d’une population qui n’est absolument aussi passive qu’on pourrait le croire

Et cette autre retraitée, épouse d’un retraité ouvrier des cimenteries, marquée par les luttes sociales, mesure l’importance et l’utilité des combats de son compagnon prouve s’il en est besoin que la conscience de classe est bien, parfois au rendez-vous !

Très limitée par le temps et les effectifs nécessaires pour réaliser le porte à porte, force  est constater  qu’il faut renforcer notre action politique, trouver de nouveaux adhérents dans un contexte troublé par « des affaires » qui effacent par médias interposés, les vrais sujets qui préoccupent les citoyens.

Mais au delà il appartient aux forces de gauche qui se sont détachées de la désastreuse politique de Valls et Hollande de se rassembler et d’éviter le piège de la récupération, sous la forme « macroniste »

Un rendez-vous avec l’histoire qu’il ne faudrait pas manquer !

 

 

 

 

 

Front national. Management toxique à Beaucaire

Lina Sankari
Mercredi, 1 Mars, 2017
L’Humanité

Reportage. Vitrine politique des ambitions nationales du FN, la ville est en souffrance. Le maire, Julien Sanchez, y règne par la terreur et accélère la disparition de l’activité économique.

Beaucaire (Gard), envoyée spéciale.

Beaucaire est une illusion d’optique. Il y a d’abord le canal, fierté municipale, qui laisse à penser que tout est ici paisible. Les entrées de ville, agrémentées d’espaces minéraux, sont, elles aussi, particulièrement soignées. À quelques mètres de là, dans le centre ancien, les choses se corsent. Les maisons abandonnées le disputent aux poubelles éparses, aux vitrines cassées et aux boutiques obstinément fermées. Les services publics, quant à eux, demeurent aux abonnés absents. Les petites classes moyennes ont quitté le centre pour les zones pavillonnaires. Les enseignes en périphérie ont entraîné la mort du petit commerce: 60 % des magasins des rues principales ont ainsi disparu. Un environnement qui ferait fuir tout investisseur. Les plus pauvres, eux, n’ont eu d’autre choix que de rester. « Cet abandon du centre, d’abord par la droite puis par le Front national, leur est utile politiquement. Il sert à entretenir l’idée d’un endroit dangereux, carrefour de tous les trafics. Malgré les discours sur la revitalisation du centre, on garde un lieu qui fait peur afin d’en tirer les bénéfices électoraux », constate Jean-François Milesi, le secrétaire de la section locale du PCF.

l’illusion entretenue du dynamisme économique

Véritable vitrine politique destinée à servir le destin national du FN et faire oublier le bilan catastrophique légué dans les années 1990 à Toulon ou Marignane, la ville de Beaucaire se targue de 34 ouvertures de commerces. Essentiellement des changements de gérants. Mais le maire, omniprésent, ne rate aucune rénovation de devanture pour donner l’illusion du dynamisme économique. Malgré les nombreuses fermetures dans les trois à six mois. Le FN, qui aime à se présenter comme un défenseur des travailleurs, a par ailleurs voté l’ouverture des commerces douze dimanches par an et mis à leur disposition la navette municipale. Les grandes surfaces périphériques se frottent les mains mais les petits commerçants n’ont aucun moyen de faire face. « Un “manager” du centre-ville a été nommé afin de concrétiser la revitalisation mais le maire lui interdit de s’adresser directement aux commerçants », note Marie-Rose Cardona, seule élue de gauche au conseil municipal.

Dans les années 1980 et 1990, la fermeture des brasseries, des entreprises de la métallurgie et de Saint-Gobain a laissé la ville en souffrance. La population, l’une des plus pauvres du département, est essentiellement constituée d’ouvriers, d’employés et de main-d’œuvre saisonnière. Et le faible taux de syndicalisation, comme la peur des représailles politiques compliquent le travail des progressistes. De son côté, la mairie frontiste n’a pas levé le petit doigt lors de la fermeture de la centrale thermique voisine d’Aramon, en avril 2016, qui a sacrifié une centaine d’emplois. La défense des ouvriers et des salariés version frontiste passe surtout par une attaque en règle contre les 35 heures. En tant qu’employeur et acteur économique local, Julien Sanchez a ainsi fait passer la durée du travail hebdomadaire en mairie à 36 heures 36 minutes 36 secondes (sic) sans compenser par des jours de récupération du temps de travail. La municipalité viole ainsi allègrement la loi en imposant deux jours de travail gratuit. « Officiellement, les employés ont le droit de récupérer mais la mairie manque de personnel. Le maître mot est redéploiement. On met n’importe qui n’importe où pour prouver que les fonctionnaires travaillent mal », explique, sous couvert d’anonymat, un agent territorial. Selon lui, l’idée, à terme, est de sous-traiter certains pans de l’action municipale à des sociétés privées. Julien Sanchez a aussi décidé de sanctionner l’absentéisme en supprimant la prime de fin d’année au-delà de vingt jours d’absence. Efficace ? « Pas vraiment. Les gens sont mis sous pression en permanence, craquent, partent et ne sont pas remplacés, les arrêts maladie se multiplient », relate une syndicaliste qui préfère elle aussi que son nom ne soit pas cité. Des employés municipaux considérés comme hostiles aux idées du Front national ont été mis au placard. « Ces méthodes ont généré des dépressions d’autant que les agents ont beaucoup de mal à être reçus : il n’y a aucun adjoint au personnel ni aux finances. Julien Sanchez centralise tous les dossiers, il est débordé. Dans le même temps, le ralentissement de l’activité municipale permet de générer des économies », poursuit l’employée municipale. Pour « manager » le personnel municipal, le maire a un temps fait appel à un légionnaire russe qui n’hésitait pas à prendre lui-même les outils pour montrer à des agents d’une cinquantaine d’années ce que signifiait le travail bien fait. Résultat, des trous creusés sans autorisation, des tuyaux de gaz percés, des pièces détachées achetées à la casse au mépris de la sécurité et du droit… Autre innovation de la gestion frontiste : la pression exercée sur les employés municipaux afin qu’ils soient vus en train de prendre soin d’un rond-point à midi, à l’heure des sorties de bureaux et d’usines.

La reconquête idéologique sera longue

Au-delà de l’affichage, la peur s’est bel est bien installée. Si l’arrivée du Front national à la tête de la ville avait d’abord généré un élan vers les centrales syndicales, la solidarité s’est peu à peu délitée. « Chacun tente désormais de négocier pour sa pomme. Il y a peu de mouvements collectifs. Les gens ont été intimidés, ils ont compris qu’ils étaient surveillés sur les réseaux sociaux », explique cette employée municipale. Les réunions d’information organisées par la CGT et Force ouvrière se sont peu à peu vidées. Plus personne ne pose de questions de peur d’aller au casse-pipe dans des assemblées infiltrées. Même des policiers récemment recrutés ne restent pas et la mairie, qui a du mal à trouver des remplaçants, est obligée de démarcher dans d’autres villes. Selon cet employé municipal, « l’ambiance est délétère. Ils ont réussi à diviser les agents et c’est ce qui fait leur force ». Sur le terrain, les militants frontistes sont invisibles. Aucun travail particulier n’est fait en direction des usines ou sur le marché. Selon le communiste Jean-François Milesi, « la mairie compte sur ses sympathisants. Elle travaille également beaucoup à partir de la récupération des adresses électroniques pour sa communication. Pour nous, les sorties d’usines sont également compliquées par le fait que le travail est désormais précaire, morcelé et repose sur des intérimaires ». La reconquête idéologique sera longue. Avec la crise, les discussions politiques reviennent sans cesse à l’immigration et à l’insécurité. Selon une autre employée municipale, qui tient elle aussi à son anonymat par peur des représailles, « la parole raciste s’est libérée. On a le sentiment qu’aucun argument politique rationnel n’est efficace face à cette déferlante ». En manque d’outils pour lutter pied à pied contre l’extrême droite dans la ville et lever le voile sur son imposture sociale, certains agents entendent suivre une formation organisée par la CGT au niveau national. « Il est temps, poursuit un employé, car ce que l’on constate chaque jour c’est que le FN est docile face au patronat mais nuit aux intérêts des travailleurs. Ce parti est une mystification totale et Beaucaire en est la preuve ».

Des procès en cascade

L’action municipale de Julien Sanchez se poursuit souvent dans les palais de justice, qu’il y soit accusateur ou accusé. Sa décision, en 2015, d’imposer en centre-ville un couvre-feu aux « épiceries, primeurs et commerces de distribution » le premier jour du ramadan lui vaut par exemple des poursuites à l’initiative de six commerçants maghrébins pour « discrimination raciale » et « entrave à l’exercice d’activité économique par dépositaire de l’autorité publique en raison de l’origine, l’ethnie ou la nationalité ». Lui-même a attaqué pour « injures » et « diffamation » les associations qui l’accusent d’avoir débaptisé la rue du 19-Mars-1962. En tout, 26 procédures judiciaires étaient en cours fin 2016.

rubrique internationale

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1...56789
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...