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Et si nous étions candidat ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2016

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Aux puces on a encore plus le choix

 

La dernière trouvaille de la bourgeoisie, par médias interposés est de sortir du chapeau François Fillon. Quoique le mérite de ce dernier est d’y être resté en bonne posture  dans quelque manche de ce prestidigitateur  collectif que sont les chaînes télévisées

Si j’osais je dirai que c’est le fin du fin de l’art et la manière de nous prendre pour des imbéciles. En plus de ceux qui le sont déjà !

Sarko : on l’a vu venir pour se tirer de quelques mauvais pas dans les soupçons d’inextricables affaires que ces même médias véhiculent ici où là malgré ses dénégations pas toujours convaincantes

Juppé : un peu différent et (re) virginisé par son électorat bordelais a la casserole moins bruyante mai elle est là.

Dans un pays ou même avec un casier judiciaire vierge il faut si l’on n’est pas puissant subir le sort du misérable. Il est toujours étonnant de voir un prétendant à la fonction suprême assumer d’avoir eu  une interdiction d’éligibilité et quatorze mois de prison avec sursis. Une réputation que semblerait effacer ses succès électoraux ultérieurs. Le peuple a toujours raison. Bof…

Mais est-ce bien là le sujet qui doit préoccuper les électeurs ? Trop attaché au respect de l’individu qui dès lors qu’il a « payé » ses fautes, doit pouvoir être reconnu dans l’intégralité de ses droits et devoirs, ce qui importe est de le  juger sur ses intentions et la politique qu’il propose.

On a de ce point de vue une petite idée ce que nous promettent les différents candidats qui se sont prononcés comme tels.

Et les choses sont très claires à droite : austérité accrue, cadeaux aux entreprises, injustice fiscale accrue ‘avec notamment suppression de l’ISF et menace d’instauration d’un TVA sociale, âge de départ à la retraite retardé, les 35 heures remises en cause, les dépenses publiques réduites, etc.

Mais bien sur tout cela ne va pas de soi et même la base rechigne et les divisions s’accentuent dans l’électorat de droite pour une primaire qui commence à agacer l’opinion.

A gauche cela ne va pas mieux. Difficulté à faire émerger une candidature commune sur un programme commun qui donnerait aux partisans d’une alternative à la politique de Hollande, particulièrement discrédité ! Et Le camp majoritaire du PS voit fleurir les inquiétudes malgré la montée en ligne de quelques fidèles (espèce rare en politique)

Du coup on se demande si de nos jours chacun , un tantinet instruit en sciences sociales ne devrait pas construire un programme et le proposer.

Avec un bon expert en comptabilité publique, histoire de faire un budget équilibré et présentant l’essentiel des dépenses que représenterait les exigences légitimes des français, quelques experts en politique étrangère faciles à repérer, le premier couillon venu pourrait en une feuille avec ses deux pages dire ce que la France veut et peut.

Evidemment cela écourterait les interminables débats sur l’aptitude à gouverner de cette série d’hommes pseudos irremplaçables et laisserait un peu plus de place aux créations intellectuelles et artistiques. Et surtout à des confrontations de vrais philosophes, de sociologues, de psychologues, là pour corriger nos copies et dire si nous sommes vraiment des couillons !

 

 

 

 

Droite : beaucoup de tribunes médiatiques pour un programme commun

gérard le puil
Lundi, 14 Novembre, 2016
Humanite.fr

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D'après le sondage du Figaro, Alain Juppé recueillerait 36% des suffrages contre 26% à Nicolas Sarkozy et 20% à François Fillon.

D’après le sondage du Figaro, Alain Juppé recueillerait 36% des suffrages contre 26% à Nicolas Sarkozy et 20% à François Fillon.
Photo : AFP

A une semaine du premier tour, peu de choses différencient  les sept mercenaires de la droite en quête de revanche au profit des nantis. Un premier tour désignera le dimanche 20 novembre les deux finalistes. Selon les sondeurs, Juppé et Sarkozy font toujours la course en tête dans une campagne médiatisée où la réflexion prospective liée aux grands enjeux planétaires est totalement absente chez les candidats comme chez les journalistes qui les font parler.

A une semaine du premier tour de l’élection primaire pour désigner le candidat qui défendra les couleurs de la droite à la présidentielle de 2017, un sondage que publie le Figaro de ce lundi nous dit qu’Alain Juppé fait toujours la course en tête. Dans l’hypothèse d’une large participation en nombre de votants, il recueillerait 36% des suffrages contre 26% à Nicolas Sarkozy et 20% à François Fillon. Dans l’hypothèse d’une participation moyenne, il garderait ses 36%  mais Nicolas Sarkozy monterait à 30%. Enfin, dans l’hypothèse d’une participation restreinte Alain Juppé est encore à 35% de suffrages tandis que Nicolas Sarkozy arrive à 34%.

Seules 714 personnes sur 8 019 pensent aller voter

En réalité, la grande inconnue concerne le taux de participation à cette élection. Alors que l’étude réalisée par Kantar Sofres-OnePoint a interrogé un échantillon de 8 019 personnes représentatives de la population en âge de voter, seules 714 d’entre elles se disent certaines d’aller voter. Or, les trois hypothèses retenues par les sondeurs tablent sur 6,3 millions de votants en cas de participation large, sur 3,9 millions en cas de participation moyenne et sur 2,3 millions en cas de faible participation. Cela fait beaucoup de monde dans toutes les hypothèses. Mais, hormis la progression de François Fillon qui gagne entre 7 et 10 points en quelques semaines, le dernier sondage confirme la marginalité de Nathalie Kosciuscko-Morizet entre 5% et 2% , de Jean-François Copé entre 1% et 0,5% , de Jean-Frédéric Poisson entre 3% et 0,5%.

Bruno Le Maire comptait sur sa relative jeunesse pour devancer ses trois aînés que sont Juppé, Fillon et Sarkozy. Au lieu de progresser, il a reculé ces dernières semaines dans les intentions de vote pour plafonner à 9% dans les trois hypothèses de participation évoquées plus haut. Faut-il s’en étonner ? Comme eux, Le Maire veut faire payer le peuple pour améliorer la situation des nantis et des ménages les plus aisés en général. Comme eux, il veut une baisse des droits de succession, supprimer les charges patronales sur les emplois à domicile, fait reculer à 65 ans l’âge de la retraite dès 2014, supprimer les 35 heures, baisser de 30% les impôts sur les sociétés, transformer le CICE en baisse permanente des charges patronales.

Les idéées réactionnaires, résurgentes chez Bruno Le Maire

Hier soir, sur BFMTV, Le Maire s’est de nouveau prononcé pour que quiconque le souhaite puisse de présenter aux élections professionnelle dans son entreprise dès le premier tour. Il promet donc de modifier la législation actuelle qui réserve ce droit aux candidats présentés par des syndicats représentatifs. Ce serait, selon l’énarque qui veut aussi supprimer l’ENA, une avancée démocratique. Ce serait surtout le moyen pour le patronat de pousser des hommes et des femmes sur qui il aurait une véritable emprise à mettre en place un syndicalisme « maison». Avec ses hommes de main et autres nervis tels qu’ils existaient naguère chez Citroën et chez SIMCA. Comme renouveau,  on voit que les idées réactionnaires- fortement mises en cause par la grève de 1968 dans deux grandes marques de l’industrie automobile- sont résurgentes chez Bruno Le Maire.

La CGT dans le viseur de Copé

Mais il n’est pas seul. On sait que la CGT est dans le viseur de Jean-François Copé comme dans celui de Nicolas Sarkozy et de François Fillon. Quant à Alain Juppé, il a à plusieurs reprises défendu cette proposition figure dans son le livre Cinq ans pour l’emploi (1) : « Pour que les représentants des salariés ne perdent pas le contact avec leur métier d’origine, une limitation à deux mandats consécutifs sera instituée, et le temps consacré à l’exercice de leur mandat ne devra pas excéder  50% du temps de travail … ». Alain Juppé semble ignorer qu’un délégué du personnel est élu pour 12 mois. Le personnel vote ainsi tous les ans et chaque salarié peut approuver ou sanctionner un élu sortant selon l’appréciation qu’il porte sur la manière dont il a défendu ses collègues de travail. Quiconque  a exercé ce type de mandat sait cela et sait aussi que deux mandats d’un an sont un peu courts pour acquérir l’expérience dont est  porteur un élu, ou une élue, efficace. Ces choses là s’apprennent sur le terrain, pas à l’ENA. A 71 ans, l’énarque Juppé ne semble toujours pas savoir cela. Mais au fait, depuis combien d’années cumule-t-il les mandats politiques ?

(1) Aux éditions JC Lattès

Journaliste et auteur

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A propos d’une conférence

Posté par jacques LAUPIES le 14 novembre 2016

A propos d'une conférence dans POLITIQUE

Je reproduis ci dessous un texte qui invite à une conférence donnée par Maurice TURC à Noves ce vendredi 18 novembre.

Dans ma famille j’ai pu enfant découvrir quel fut le comportement  de certaines femmes : mère de résistants, parentes ou voisines de résistants ou encore résistantes elles-mêmes. Mais doit-on faire une différence entre celles et ceux qui portaient des armes et ceux qui se « contentaient » d’héberger de soutenir comme ils le pouvaient des résistants,  surtout des jeunes dont beaucoup fuyaient le STO. Du moins ce que j’ai pu connaître.

Evidemment la plupart issus de familles communistes, étaient menacés en cas de dénonciation d’internement et bien plus encore risquaient leur vie. Les mères en particulier avaient toutes les raisons de ne pas accepter la menace.

Des femmes résistantes il y en eut, issues de toutes les sensibilités politiques, et leur motivation n’a pas à voir qu’avec leur statut de femme. Une seule explication peut conforter leur volonté de résister, hier comme aujourd’hui, c’est cette double exploitation qui les frappe : la capitalisme et le patriarcat.

Mais chacun en conviendra le plus déterminant dans leur engagement et leur combat sera la conscience qu’elles auront de ces deux oppressions. Comme un ouvrier peut l’avoir et voter cependant pour un libéral, la femme peut accepter se rallier au statut de soumission que lui impose la tradition séculaire. Qui fort heureusement tend à disparaître.

Les femmes résistantes avaient toutes des attaches de classe (classe ouvrière, couches moyennes et bourgeoisie, ou encore pouvaient être issues d’une bourgeoisie intellectuelle) et la tendance que nous avons à vouloir donner à la femme des motivations et un comportement uniquement fondées sur leur sexe et la discrimination dont il est l’objet, mérite la plus grande prudence ! Car l’évacuation des notions de classe est malheureusement un peu trop à la mode dans les milieA Noves le 18 novembre à 18 h 00 au Cinéma Edenux médiatiques.

 

 A Noves le 18 novembre à 18 h 00 au Cinéma Eden

À la mémoire de Gaston Viens (né en 1924 à St Rémy-2015) et Edmonde Charles Roux (1920-2016)
tous deux grands résistants provençaux

<< L’espoir est fait pour les désespérés>> René CHAR : capitaine Alexandre de la Résistance à Céreste.
Hommage aux résistantes lors de la seconde guerre mondiale et plus spécialement les françaises et les habitantes de Saint Rémy de Provence

Il est plus que temps de rendre un nouvel hommage local à tous ceux et celles qui combattirent dans l’armée de l’ombre car les survivants deviennent de moins en moins nombreux.

D’autant que moins de un pour cent des français en firent partie. Nous nous attacherons plus particulièrement à celles qui furent les assistantes, les estafettes pour le courrier, les photographes, les infirmières et les
supports moraux et affectifs de tous ceux qui risquèrent leur vie pour que vive une certaine idée de
la France.
Les femmes gauloises nous disent les historiens étaient des êtres remarquables, indépendantes  financièrement, elles combattaient avec leurs époux et participaient aux assemblées politiques des  tribus. Diodore de Sicile nous dit qu’elles rivalisaient de courage avec les hommes. Elles avaient le  droit de demander le divorce.
Un peu plus tard ce caractère affirmé se concrétisa lors des périodes révolutionnaires. C’est ainsi qu’une forte manifestation de femmes obligea le Roi Louis XVI en 1790 (marche sur Versailles) à céder le pouvoir à l’assemblée élue. Elles se battirent pendant des années pour qu’on les nomme citoyennes. En 1793, le Club des citoyennes révolutionnaires n’obtint pas des Jacobins une salle pour se réunir. Une preuve que leur investissement dérangeait les hommes politiques.

Elles n’obtinrent pas le droit de vote, cependant Manon Roland et Olympe de Gouges toutes deux révolutionnaires engagées furent guillotinées en même temps que la Reine Marie Antoinette.
Pour la période contemporaine, il nous échoie de mettre en exergue le rôle des femmes dans
notre histoire nationale.
Nous pouvons désormais consulter le fonds de Max Juvenal – avocat aixois et chef de la résistance e la région) sous son égide des fiches individuelles ont été établies au nom du Mouvement de libération nationale (MLN ex mouvements unis de la Résistance). Notre ville comptait 55 résistants et parmi eux 21 femmes.
Avant de se pencher un peu plus sur les noms et les actions de chaque résistant de notre ville il me semble utile de brosser à grands traits ces années de fiel.Car on ne peut comprendre le sens de ces engagements sans les peser à l’aulne des risques courus.
Ces cinq années furent terribles : on comptabilise 55 000 abandons d’enfants à Paris entre 1940 et la Libération, 1,5 million d hommes Français sont en Allemagne soit déportés, prisonniers ou travailleur forcés, 76 000 juifs français furent déportés en Allemagne – dont 11 400 enfants.Mais c’est aussi 70 000 enfants juifs cachés et sauvés.
Tout ceci fut possible par l’effondrement  en 6 semaines de l’armée française mal préparée et mal commandée. L’armistice – votée par 569 voix contre 80 et 17 abstentions – ne fut jamais suivie d’une paix signée malgré les demandes réitérées de Pétain. C’est pour cela que les prisonniers ne furent jamais libérés. La France de Vichy fut le principal fournisseur de main d’œuvre, de matières premières, de produits manufacturés, d’argent pour la machine de guerre allemande.

La France offrait ainsi plus de la moitié de son budget annuel. Le pays fut divisé en deux parties, la zone sud
ne sera occupée qu’en 1942. Ce pays riche de 45 millions d’habitants ne pouvait pas être géré qu’avec 40 000 soldats trop âgés pour combattre, c’est donc une collaboration volontaire avec le vainqueur qui permit aux allemands de s’investir ailleurs. Paxton le grand historien américain affirme que Vichy a trahi les patriotes qui lui faisaient confiance. En 1942, Pétain le vainqueur de Verdun perd son soutien populaire. La plupart des français sont restés neutres et attentistes, rares sont les hommes et les femmes qui savent dire non à l’occupation. Cependant, il faut noter que 73 % des 200 000 juifs français furent sauvés. En zone sud, les juifs n’étaient pas obligés de porter l’étoile jaune contrairement à celle occupée et les enfants juifs allaient à l’école.
Les mouvements de la Résistance n’appelèrent pas à aider les juifs. Les premiers résistants sont souvent des militants politiques engagés et il faut reconnaître que malgré le pacte germano-soviétiques les communistes français furent dès 1939 le fer de lance de la résistance intellectuelle et surtout armée. Les plus motivés, les plus courageux furent ceux qui avaient déjà connus le fascisme en Espagne, Italie ou en Allemagne, ils formèrent les MOI (Main d’oeuvre immigrée) et donnèrent l’exemple.

Les mesures discriminatoires de Vichy, sa xénophobie contre les juifs, les musulmans, les roms les francs-maçons, sa volonté de révolution nationale en occultant les valeurs de la République, son nationalisme fermé, étroit et surtout cette main serrée d’Hitler firent basculer une partie de la population dans l’opposition. Les autres pays européens battus par les Nazis se contentèrent eux de gérer le pays. L’armistice n’était donc pas la seule solution.

Vichy a vendu l’âme de la France, et à vouloir sauver l’Etat elle a failli perdre la Nation et l’Etat. La grandeur de la Résistance s’est d’avoir sauvé l’honneur de la Nation en assumant une guerre civile. La grandeur de De Gaulle fut de se révolter – n’oublions pas qu’il fut déchut de la nationalité française et condamné à mort- et de fédérer les divers mouvements antagonistes de la Résistance grâce au sacrifice de Jean Moulin – notre Romanin de Saint Andiol.

 

 

 

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Pascal Posado nous a quitté.

Posté par jacques LAUPIES le 13 novembre 2016

Pascal Posado nous a quitté. dans POLITIQUE

 

Pascal Posado nous a quitté au bout d’une longue vie de combats, de passion et d’humanité. Son existence a été marquée par un engagement communiste toujours en mouvement.

Dès sa jeunesse, il s’est engagé dans la Résistance, avec la CGT, ce qui lui valut d’être le plus jeune conseiller municipal de France à la Libération, par dérogation.

Puis, il fut militant syndical et politique à la SNCASE notamment et dans les Quartiers Nord de Marseille, où il était élu. Brièvement, à la disparition de François Billoux, il devint député en 1978. Puis, en 1983, il fut élu maire des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille, au côté de Guy Hermier. Il s’appliquait à défendre Marseille populaire. Il refusait de voir sa ville coupée en deux, une Marseille «  à deux vitesses » marquée par de profondes inégalités, et se passionnait pour l’urbanisme. Ainsi, il fit franchir à ses quartiers des étapes décisives en termes d’assainissement comme d’équipements sportifs et culturels. Il aimait à rappeler combien rien de tout cela n’aurait été envisageable sans les habitants et la vitalité citoyenne.

Pascal était un homme vif et attachant, toujours à la recherche d’idées nouvelles pour développer notre territoire et répondre aux besoins des gens. Son action a marqué l’histoire de cette ville. Ces derniers temps, il s’était attaché à témoigner de cette histoire avec l’enthousiasme qu’on lui connaissait. Il en témoignait pour l’avenir.

A sa famille, je veux dire toute notre affection, notre peine et notre fierté devant ce qu’il a fait et celui qu’il a été.

 

Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF, membre du comité exécutif national du PCF

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« Un an après le 13 novembre, qui parle encore de fraternité ? »

Posté par jacques LAUPIES le 13 novembre 2016

 

Attentats de Paris
Pierre Duquesne et Aurélien Soucheyre
Jeudi, 10 Novembre, 2016
L’Humanité

Sur la terrasse du Carillon, à Paris, frappé par les attaques, les pots de bambous symbolisent aujourd’hui la résistance. habitants et habitués des lieux ont créé une amicale informelle pour insuffler de la vie dans le quartier.

Sur la terrasse du Carillon, à Paris, frappé par les attaques, les pots de bambous symbolisent aujourd’hui la résistance. habitants et habitués des lieux ont créé une amicale informelle pour insuffler de la vie dans le quartier.
Photo : Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

Rencontre avec ces rescapés, citoyens et élus qui résistent depuis un an à « la stratégie du choc », née du traumatisme des attentats, et opposent la fraternité à la division, la solidarité au repli sur soi.

Un immense pansement recouvre le mur de l’hôpital Saint-Louis. Ce graffiti est l’une des seules traces visibles depuis les terrasses du Carillon de la nuit du 13 novembre à Paris. Stéphane Dantier n’aime pas ces tristes cicatrices. Ce patron d’un bistrot de la rue Bichat redoute aussi l’installation d’une plaque commémorative par le président de la République, dimanche. « Au monument aux morts, j’aurais préféré un monument de vie. Un grand arbre, ou une belle sculpture. » Comme lui, de nombreux habitants se sont battus pour éviter que le quartier ne devienne un mausolée. Une mobilisation générale a même été lancée « pour inonder de couleurs et faire revivre » leurs rues. Des guirlandes chamarrées ont été pendues aux balcons, un mur végétal a été réalisé avec les enfants de l’école, en plus de fêtes et de bals pour éviter d’être écrasés par le poids des larmes, les tonnes de bougies et de fleurs mortes. Ensemble ils ont chanté une Marseillaise remaniée pour célébrer « la fraternité, l’égalité et la liberté. »

Agir, faire du collectif, aller vers les autres était devenu une nécessité pour tous ces habitants qui ont vécu des scènes de guerre sous leurs fenêtres. « Dans ce genre de situation, c’est l’engagement et le dépassement de soi qui protège, constate la psychanalyste Cynthia Fleury. Contre les pulsions mortifères, nombre de survivants opposent une pulsion de vie. »

Un débat public complètement faussé

On ne peut dire que tout est redevenu comme avant, prévient toutefois Stéphane. Des personnes âgées sont restées recluses chez elles. Les touristes ont déserté. Des habitants ont déménagé. « Les attentats de Nice, aussi, nous ont mis KO », confie le restaurateur. « On ne peut pas passer une journée dans le quartier sans que cela provoque quelque chose en nous », raconte Fatah, qui coordonne l’accueil de jour d’Emmaüs rue Bichat et s’inquiète de la direction que prend le pays. « Depuis un an, a-t-on vu un appel au sursaut citoyen et à la cohésion sociale ? A-t-on vraiment cherché à comprendre ce qu’il se passe ? On a eu plutôt droit, au lieu de cela, au burkini, aux appels à la haine, et à l’état d’urgence… »

Rescapé du Bataclan, Emmanuel Domenach mise sur la fraternité pour s’en sortir. En plus de s’investir dans l’association de victimes 13 Onze 15, dont il est vice-président, il a répondu à l’appel lancé par le philosophe Abdennour Bidar pour promouvoir cette « valeur oubliée de la devise républicaine ». « Pour répondre à un attentat terroriste dont le but est de diviser, il faut s’en sortir par le haut, en faisant la promotion de l’entraide, du respect de l’autre et de ce qui nous rassemble. Mais, aujourd’hui, le débat public ne parle que des places de prison, de l’avenir des fichés S, sans parler des appels à la haine après Nice. On fait complètement fausse route. »

A la MJC Mercœur, proche de la terrasse de la Belle Équipe, environ 8 500 jeunes des quartiers populaires viennent chaque année au point information jeunesse. « J’ai de plus en plus de difficultés à leur trouver un stage, un job d’été ou une formation, s’inquiète Noël Morel. Plutôt que de leur vendre de grands discours sur les valeurs républicaines, il faudrait d’abord leur permettre d’avoir une place dans notre société, et de véritables droits. » Dans ce quartier où demeurent des poches de pauvreté, « les jeunes ont eu peur d’être stigmatisés, rapporte Isabelle Charpentier, élue PCF de l’arrondissement. Ils n’ont pas eu tort. »

Entretenir le vivre-ensemble

Cette stigmatisation s’est traduite d’une manière encore plus violente du côté de Saint-Denis. Alors que le traumatisme de l’attaque pendant le match France-Allemagne est réel, il est très vite supplanté médiatiquement par un autre événement. « Cinq jours après les attentats au Stade de France, il y a eu l’assaut du Raid contre les terroristes cachés dans un immeuble du centre-ville, relève le maire adjoint Stéphane Peu (PCF). Saint-Denis passe alors du statut de victime à celui de ville qui abrite des terroristes. Cela a énormément affecté les habitants. »

Toute l’année qui suit sera marquée par ce décalage, par un traitement déformé de la réalité de cette commune souvent fantasmée. L’Élysée oubliera même de convier les victimes et les élus de Saint-Denis – qui décrochent le téléphone jusqu’à obtenir gain de cause – pour participer à la cérémonie du 27 novembre aux Invalides, aux côtés des Parisiens initialement conviés seuls. Dans la foulée, l’État oubliera longtemps de s’occuper des expulsés du 48, qui y vivaient sans aucun lien avec les terroristes, restés en tout et pour tout 5 h 30 dans l’immeuble. La ville et l’intercommunalité fourniront l’essentiel du soutien indispensable à la dignité et au respect des familles. « Un réseau de sympathie propre à Saint-Denis s’est très rapidement constitué, raconte Jean Bellanger, militant progressiste de longue date. Cela tient à la carrure, à la mentalité des Dionysiens, qui se côtoient et s’entraident ensemble contre les inégalités. »

Dès les premières minutes de l’attentat, une kyrielle d’actions ont été menées pour entretenir le vivre-ensemble aux quatre coins de la ville. « Nous avons 665 associations enregistrées, compte Dominique Brousse, de la Maison de la vie associative. Elles sont très implantées, dans les domaines de la solidarité, de la culture, de la justice sociale. » La liste serait trop longue à énumérer, de débats en concerts de soutien aux victimes et aux habitants du 48, en plus de tous les combats pour le respect des droits. Sur tout le territoire, nombre de collectifs ont aussi adhéré à l’Observatoire de la fraternité en Seine-Saint-Denis, lancé en avril. Les actions menées, des parents d’élèves au soutien aux réfugiés, vont bien au-delà de la question des attentats. Dans son manifeste, l’Observatoire appelle tous ceux qui, choqués par l’année 2015, « inquiets de la défiance, de l’angoisse et de la division qui gagnent les esprits », veulent œuvrer dans le dialogue à « la construction d’une société plus juste ».

Cet objectif, Rahim Rezigat le mène depuis des décennies au Franc-Moisin, quartier populaire souvent qualifié d’être « la banlieue de Saint-Denis ». Rahim en a vu d’autres, lui qui manifestait déjà au soir du 17 octobre 1961 à Paris, au péril de sa vie. De toutes les luttes, la montée du racisme l’inquiète de plus en plus. « Les musulmans sont doublement victimes des attentats : ils meurent comme les autres et sont ensuite pointés du doigt. Mais on sait refuser la division ici. On sort, on tisse des liens, on bouge. À Saint-Denis, il y a une vie culturelle importante. Il y a de l’écoute. » Et Rahim d’énumérer les initiatives : reportage sur la marche du 11 janvier 2015 diffusé dans les quartiers, spectacles de danse, réunion gastronomique, débat sur les religions et bientôt un salon de la calligraphie « sur le thème de la paix, de la liberté et de la tolérance, avec des artistes du monde entier »…

« Nous avons une ville populaire, engagée, qui s’est constituée tout au long d’un siècle d’immigration, qui sait faire corps et se rassembler. Saint-Denis est tout ce que détestent Daech et le Front national, résume Stéphane Peu. Tous ceux qui croient à la guerre des civilisations, au séparatisme ethnique, religieux et social et aux intolérances, ne peuvent que détester cette ville. Cela n’en fait pas un havre pour Bisounours pour autant. Les violences liées à la misère s’exacerbent ici. »

La misère, en plus de la crise idéologique. « Tout se mélange, s’agace Alain, qui vit juste à côté du Stade de France. J’ai moins peur des terroristes, même si c’est impressionnant, que de la réponse de la République face aux attentats. L’état d’urgence permanent, la déchéance de nationalité, vous trouvez que c’est une réponse adaptée au défi de cohésion et d’union que l’on doit relever ? Ce qui m’effraie aussi, c’est cet amalgame honteux entre musulmans et terrorisme qui se développe de façon décomplexée. »

« Ici, il y a plein d’origines, de nationalités, de religions »

Cette question agite dans les lycées. La une du Figaro Magazine a choqué. Saint-Denis y est qualifié de « Molenbeek-sur-Seine », qui vit « l’islamisme au quotidien », en plus d’accréditer avec sa photo la thèse d’extrême droite du « grand remplacement ». En rentrant du lycée Paul-Éluard, deux élèves en reparlent en tombant des nues. « Et Chevènement qui dit que la nationalité française a quasiment disparu à Saint-Denis, alors qu’on est 75 % de Français, tout ça parce qu’ici c’est métissé », s’énerve Sarah. « Les journalistes et les politiques, on peut se demander s’ils sont jamais allés à l’école. Ils confondent tout, renchérit Sid. Moi je suis français, je suis musulman, je ne suis pas un terroriste. Je n’aime pas avoir à dire ça. Avant je pensais que je devais l’affirmer seulement à Le Pen, puis Sarkozy. Mais aujourd’hui, même Valls et Hollande nous regardent mal, comme s’ils avaient un doute. Ça donne l’impression que c’est toute la France qui nous méprise, et que ça va durer. » « Ici, on se connaît. Il y a plein d’origines, de nationalités, de religions. On s’entend. On est compatibles avec la République, poursuit Sarah. Mais est-ce que la République veut de nous ? On se demande parfois. »

 

« Ce qui semble, à mes yeux, le plus à discuter est cette limite entre l’information et l’atteinte à la dignité humaine	», souligne françois jost. photo kenzo tribouillard/AFP<br /><br />

 
Photo : Nogues/JBV NEWS

En classe, le professeur d’histoire-géographie Jean-Pierre Aurières, dont certains anciens élèves sont allés manifester devant le siège du Figaro, dit ne pas baisser les bras. Mais il s’inquiète de la direction que prend le pays. « Un conseiller de François Hollande m’a demandé si j’avais des élèves susceptibles de partir en Syrie. Un chef d’entreprise m’a dit qu’il serait désormais plus difficile d’embaucher des gamins de Saint-Denis… On nage dans l’absurde. Les attentats de Saint-Denis auraient pu inscrire la ville encore plus dans la communauté nationale, mais sur certains, cela a eu l’effet inverse ! » La dérive gouvernementale le désespère lui aussi de plus en plus. « Refuser la division, j’y travaille depuis des années. Avec mes collègues, je cherche à éduquer, à éveiller, à élever vers la citoyenneté. Mais nos efforts sont soufflés quand un responsable politique dit qu’il y a un problème, un danger avec l’islam. Je ne sais pas si ces élus sont conscients du mal qu’ils peuvent faire juste avec des mots. »

« Tous fichés ! » Le projet gouvernemental qui facilite la vie… aux droites

Voilà une mesure qui faciliterait l’internement préventif des terroristes que veulent les droites : la fusion en une seule base de données, les « titres électroniques sécurisés », des passeports et cartes d’identité. François Hollande réunissait mercredi à l’Élysée le premier ministre, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve et la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, pour organiser le « débat » autour de la question, croit savoir cette dernière. En fait de débat, le décret instaurant ce fichier a été signé le 28 octobre sans que ni elle ni les députés n’aient eu voix au chapitre. Et ce malgré la sévère mise en garde de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, qui estime que ces enjeux « auraient mérité une véritable étude d’impact et l’organisation d’un débat parlementaire ».

De Saint-Denis à Paris, un dimanche de commémorations

Dans la matinée du dimanche 13 novembre, à Saint-Denis, puis à Paris, des plaques avec les noms des victimes seront apposées sur chaque site touché par les attaques, en présence de François Hollande et d’Anne Hidalgo. À partir de 12 h 30, un rassemblement public est organisé sur le parvis de la mairie du 11e arrondissement par l’association Life for Paris. Enfin, les Français sont appelés à mettre une bougie à leurs fenêtres dimanche soir à la mémoire des 130 victimes du 13 novembre 2015.

Chronologie
  • 13 novembre 2015. 130 morts et 350 blessés lors des attentats de Paris et Saint-Denis.
  • 16 novembre. François Hollande annonce au Congrès réuni à Versailles l’instauration de l’état d’urgence et veut inscrirela déchéance de nationalité dans la Constitution.
  • 18 novembre. Assaut de la police à Saint-Denis : Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d‘être l’organisateur des attentats, est tué.
  • 18 mars 2016. Salah Abdeslam, seul survivant des commandos terroristes, est arrêté à Molenbeek,
  • 22 mars. Attentats de Bruxelles : 32 morts et 340 blessés.
  • 30 mars. Devant le tollé, et en plein mouvement contre la loi travail, François Hollande renonce à demander la révision de la Constitution.
  • 27 avril. Salah Abdeslam, seul survivant de l’équipe de tueur du 13 novembre, est transféré en France.Il refuse de répondre aux juges depuis.
  • 13 juin. Un couple de policiers est assassiné à leur domicile de Magnanville (78).
  • 14 juillet. Attentat dela promenade des Anglais à Nice : 85 morts.
  • 26 juillet. Le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, est assassiné dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray (76).

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Le triste sort des travailleurs indépendants…

Posté par jacques LAUPIES le 12 novembre 2016

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Eclatant Palais de Justice de Marseille : un lieu ou échoue parfois la souffrance d’une population…

 

Salarié dans une entreprise nationale parce que dès mon plus jeune âge mes parents rêvaient pour moi d’une situation stable, de la garantie de l’emploi avec en perspective des possibilité de progression sociale et au final une retraite décente !

J’ai eu la chance de réussir un CONCOURS pour devenir apprenti de la SNCF et j’ai ainsi quitté le collège technique qui même à la veille des trente glorieuse (en 1951) n’offrait pas nécessairement les mêmes garanties d’emploi à l’issue de la formation. Ce qui cependant n’était pas aussi dramatique que cela l’est pour les jeunes d’aujourd’hui.

Cela m’a permis de cotiser à un régime social que l’on dit privilégié et que les hommes politiques de droite veulent réduire, comme certains à gauche, au prétexte d’une égalité entre tous les salariés. Se gardant bien de préconiser une uniformatisation par le haut pour atteindre cette égalité. Un peu comme lorsqu’il s’agit de traiter des systèmes de Sécurité sociale européens.

Les travailleurs indépendants, artisans et commerçants ont été et sont encore parfois tentés de rejoindre le patronat sur ces positions et il n’est pas rare de leur entendre dire qu’ils paient pour les autres (les salariés bien sur) Ce qui évidemment est archi faux car les travailleurs salariés du public et du privé ne font que recevoir des prestations en compensation de cotisations  qu’ils versent amputées  sur la plus value que produit leur travail.

Dès lors qu’un travailleur indépendant produit sa propre plus value il est évident qu’il doit assumer ses cotisations sociales. Cependant dans un contexte de économique où prévaut une concurrence entre leur catégorie, véritable classes moyennes au sens de leur position dans le processus de production, et la grande bourgeoisie industrielle, commerciale et financière, leur situation ne cesse de se dégrader.

A tel point que cette catégorie périclite et ne réussit même pas à intégrer tous les salariés, précaires ou chômeurs, qui tentent de la rejoindre. C’est en partie l’explication de ces rues désertifiées ou fleurissent de petits commerces ces adeptes de l’autoentreprise, sans avenir et quand c’est le cas cela leur accorde un statut d’auto exploiteur. Dans l’impossibilité d’assumer les charges fiscales et sociales qui leur incombent.

C’est l’échec garanti avec les conséquences sociologiques et politiques qui en découlent. Risque de pénétration dans un état de pauvreté et état de révolte qui crée la confusion entre le véritable responsable de leur situation, entre le capital et le travail. Le piège st là qui se referme au fil des mois et des années d’incertitude et d’inquiétude.

Il deviennent ainsi plus sensible aux discours xénophobes voir même racistes, aux propos antisyndicaux, opposés à la démarche fondée sur la répartition des richesses, la coopération, le partage, la défense de l’intérêt général. Ils crient « vive la République », chantent la Marseillaise et se laissent envouter par la tradition réactionnaire, le nationalisme étroit quand ce n’est pas le retour au bonapartisme ou au légitimisme de la royauté.

Ne riez surtout pas j’en vois tout près de moi, enfermés dans le passé avec un emballage de modernité.

 

 

 

Uber, un système fondé sur l’exploitation des hommes et la régression des droits sociaux

Secteur du transport public particulier de personnes -

Par / 2 novembre 2016

Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, comme les orateurs qui m’ont précédé, je tiens à indiquer que nous avons apprécié le travail très approfondi mené par notre rapporteur.

Depuis de nombreuses années, les manifestations de taxis font la une des journaux – c’est le cas aujourd’hui encore – en raison des embouteillages qu’elles provoquent dans les grandes villes de France.

Certains les présentent comme une opposition entre les taxis et les VTC, entre anciens et modernes dans un domaine d’une grande complexité. Ces conflits sont en réalité la manifestation des difficultés grandissantes rencontrées par les chauffeurs, quelle que soit leur situation professionnelle, face à une précarisation croissante due essentiellement au système Uber, un système perçu comme un progrès par les consommateurs en raison de la simplicité d’utilisation et de prix plus qu’attractifs, mais qui induit, en réalité, une paupérisation et une aggravation des conditions de travail des chauffeurs, une forme d’esclavage des temps modernes – je pèse mes mots.

À cet égard, la France n’est pas une exception, puisque l’on assiste à des mobilisations dans de nombreuses capitales européennes. Partout, les syndicats se mobilisent. D’ailleurs, très récemment, le vendredi 28 octobre, un tribunal du travail britannique a condamné le géant commercial Uber à reconnaître les chauffeurs comme des employés et non comme des autoentrepreneurs.

Dans ce système, les chauffeurs ne sont pas des salariés. Ils sont payés à la tâche, dans un « partenariat » avec la plateforme qui les rend dépendants du système sans leur assurer les protections inhérentes au salariat, à savoir un contrat de travail et des protections sociales. Un chauffeur devient un « client », une embauche est un « enrôlement » et le licenciement une « désactivation ». On dit aux personnes concernées qu’elles sont « désactivées » ! Mes chers collègues, les évolutions de vocabulaire sont toujours significatives : il faut y être attentif.

La difficulté à trouver des solutions réside dans la grande variété des situations, entre les chauffeurs locataires, salariés, artisans, ceux qui sont dans le métier depuis longtemps, qui n’ont plus de dettes, et ceux qui ont commencé il y a trois ou quatre ans, ceux qui sont VTC ou taxi, grande remise ou en coopérative. Cette diversité explique d’ailleurs que le législateur ait dû y revenir à nouveau et que les gens de la profession aient tant de difficultés à trouver un terrain d’entente.

Il faut dire que l’État a sa part de responsabilité, puisqu’il a abandonné progressivement l’idée que cette profession réglementée était d’abord un service public, pour considérer aujourd’hui qu’il s’agit d’un secteur marchand, dans lequel il faut introduire la concurrence.

Si l’ouverture à la concurrence et la déréglementation introduites dès 2009 ont paru constituer une aubaine aux personnes qui pouvaient trouver ainsi un emploi rapidement sans avoir d’autre qualification que le permis de conduire, ils ont très vite compris qu’Uber et d’autres les avaient attirés pour mieux les asservir.

Au fond, tous les chauffeurs ont pris conscience qu’ils étaient dans la même galère, et c’est la raison pour laquelle Laurent Grandguillaume a pu écrire cette proposition de loi qui, en dehors des plateformes, a fait l’unanimité dans la profession, même si bien sûr il reste toujours quelques points à améliorer. Les chauffeurs se sont rassemblés au-delà de leurs différences, avec une analyse lucide de la situation, pour défendre leur métier, leur dignité et leurs droits. Ils défendent aussi l’idée qu’il faut des règles communes à tous.

Disons-le, le système Uber est fondé sur l’exploitation des hommes (Mme Nicole Bricq proteste.), sur la régression des droits sociaux et des droits du travail, sur l’enrichissement de quelques-uns au détriment du plus grand nombre et sur la délocalisation des profits générés vers les paradis fiscaux, échappant ainsi à l’impôt.

Les plateformes de mise en relation des clients avec les chauffeurs représentent un progrès, nous ne le nions pas, mais leur fonctionnement doit être encadré. Aujourd’hui, elles perçoivent leur pourcentage, de l’ordre de 20 %, sans se préoccuper de la manière dont le service est rendu.

Aujourd’hui, il faut le dire, cette activité connaît parfois des dérives, comme la conduite sans permis ou même des trafics en tout genre. De plus, les pouvoirs publics ne disposent pas de données fiables sur ce secteur économique. Il devient vraiment nécessaire de simplifier les statuts, de clarifier l’offre et de permettre aux chauffeurs de travailler avec plusieurs plateformes.

Enfin, la mise en place d’un tronc commun de formation et d’examens, demande largement partagée par tous les acteurs, permettrait une qualité de service et une égalité de traitement.

Notre rapporteur nous dit qu’il soutient ce travail, mais qu’une réécriture du texte était nécessaire pour que ce dispositif soit juridiquement solide. Pourquoi n’a-t-il pas alors vraiment trouvé de terrain d’entente avec l’auteur de la proposition de loi ?

Pour nous, la responsabilité des centrales de réservation doit être affirmée clairement, et il faut nous efforcer de mieux connaître ce secteur. Pourquoi alors supprimer l’article 2 ?

J’ajoute les questions du temps de travail et du fonds de garantie. J’espère que les débats pourront éclairer la position de chacun.

Légiférer est une nécessité pour dire le droit. Nous devons lutter contre l’idée que l’économie, c’est la loi de la jungle, et que tout est permis. Derrière cette économie-là, c’est-à-dire une économie sans usines ni salariés, il y a la volonté de ne voir en l’homme qu’un consommateur qui produit des données, lesquelles sont collectées par des plateformes et permettent de mieux connaître lesdits consommateurs pour qu’ils achètent encore et encore. La machine tourne !

Derrière l’ « ubérisation » de l’économie, il y a le contrôle de l’économie par la data et le remplacement progressif des États par les GAFA. De ce monde-là, nous, nous ne voulons pas !

Évoluer, progresser, bien sûr ; inventer, évidemment, mais toujours en gardant à l’esprit que l’homme doit rester au cœur de notre aventure et de nos préoccupations.

Monsieur le secrétaire d’État, vous parlez régularisation, responsabilisation, simplification. Nous sommes d’accord, mais vous oubliez le mot « contrôle », qui va avec le mot « sanction ». Or, à nos yeux, ces termes doivent apparaître dans la loi, car l’autocontrôle n’est pas de mise.

Monsieur le rapporteur, vous avez raison d’évoquer la sécurisation juridique. Il faut, évidemment, plus de « boers », et, très certainement, un fonds de garantie effectif. Nous verrons donc ce qui ressortira de nos débats.

Pour conclure provisoirement, je dirai que nous sommes favorables à la loi Grandguillaume, mais que nous sommes très réservés sur la version issue des travaux de la commission du développement durable du Sénat.

 

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