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L’argent, les partis, les élections…

Posté par jacques LAUPIES le 16 octobre 2016

DSC_0934 Après les orages…

 

Demain les français vont devoir choisir un Président et des Députés.

Pour ceux qui écoutent, regardent ou lisent les principaux médias de l’audio visuel et de la presse écrite la mise en  condition pour ne pas percevoir les origines de leurs difficultés : la mauvaise répartition des richesses et le mauvais usage qu’en font ceux a qui échoit le rôle de les utiliser, ne sont que rarement évoqués.

Les actionnaires des entreprise, les banques et pour une bonne part l’état et les collectivités locales qui perçoivent l’impôt sont donc concernés et coupables si les résultats ne sont pas bons.

Mais de cela ce sont bien en premier lieu les élus politiques qui sont responsables car dans une république digne de ce nom ils sont la pour gouverner et légiférer. Et si rien de va il faut choisir des femmes ou des hommes capables de changer un état de chose qui dure depuis des décades dans notre pays.

Si les citoyens  ne sont pas en mesure de trouver les élus susceptibles d’en finir avec un système qui ne répond pas à leurs aspirations alors ils ont eux aussi leur part de responsabilité et il est particulièrement inconséquent pour eux de s’abriter derrière le « ce sont tous les mêmes » quand ce n’est pas « le tous pourris » qui prend le dessus.

On a beau être conscient que l’opinion est fabriquée, que la manipulation règne, cela n’excuse pas les amalgames ou les oublis concernant l’action des partis politiques. A moins de considérer que ces partis politiques – ce qui est la cas pour certains – sont artificiellement créés à grands coups médiatiques et n’ont d’expression que celle de leur leaders il n’y aurait plus de moyens d’intervenir.

Que des forces occultes fassent d’un parti un outil de plus pour détourner l’opinion (opération Macron qui n’a d’explication que par l’intervention de la finance et du patronat) n’exclut pas fort heureusement des partis où l’on élabore où, pour le moins, on discute au plus près de ce que pensent les citoyens. Se pose alors le problème de l’adhésion et de l’engagement du plus grand nombre et ce en évitant les pièges du clientélisme, du suivisme et parfois de l’ambition à des fins personnelles.

Dès lors qu’un individu est animé du désir de liberté, de justice, que généralement détermine sa position sociale mais aussi son regard sur ce qui l’entoure, hors parfois même son propre confort, rien de ce qui touche à sa vie n’est étranger à la nécessité de l’engagement politique.

Si l’on est convaincu de cela rester en dehors est une souffrance plus grande que s’impliquer ! Car lorsque l’on s’implique la première conséquence est la rencontre, le débat qui place le militant non pas en situation de supériorité mais en capacité de ne pas rester figé dans ses convictions et de progresser comme il se doit en prenant en compte la réalité dans son mouvement. Et peut-être d’échapper aux pièges que constituent les idées dominantes…

Définir des programmes,  une stratégie et la mettre en œuvre ne peut être l’apanage de quelques uns qui se donnent le temps de la réflexion, débattent  et d’autres qui ponctuellement se transforment en exécutants de cette réflexion. Le parti politique s’il fonctionne comme il se doit permet de palier à ce qui tue actuellement la vie politique : la représentation établie pour un temps déterminé, sans implication et participation permanente !

Des aspects qu’il ne faudrait pas oublier dès lors qu’il faut choisir des candidats.

 

Banques et biens communs !

Patrick Le Hyaric
Jeudi, 13 Octobre, 2016
Humanité Dimanche

L'argent, les partis, les élections... dans POLITIQUE

Il faut reprendre le pouvoir sur l’argent par des réappropriations sociales et citoyennes des banques comme des assurances et la création d’un pole financier national.

Il y a quelque chose d’indécent à voir les banques ponctionner de plus en plus d’argent sur nos comptes au prétexte de frais liés à leur tenue ou à des retraits en dehors de leur réseau d’établissements. Ceci s’apparente à un pillage en silence alors que boucler la fin du mois devient toujours plus difficile pour des millions de nos concitoyens. Leur salaire mensuel ou leur retraite déposé automatiquement à la banque permet à cette dernière de dégager des profits grâce au placement au jour le jour sur les marchés financiers. Cet argent « gagné en dormant » est parfois déposé dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt. Aujourd’hui, les banques en sont au point de privatiser une part de plus en plus importante de notre propre argent. La justification de ce vol et des scandaleuses 20 000 suppressions d’emplois annoncées la semaine dernière dans ce secteur d’activité serait la baisse des taux d’intérêt, qui fait diminuer leur taux de profit. Or, pour une part essentielle, les établissements financiers se nourrissent chaque mois des 80 milliards d’euros que leur fournit la Banque centrale européenne, à taux nul voire parfois négatif, pour être ensuite prêtés à des particuliers ou à des entreprises à des taux évidemment positifs. Si de ce côté le bénéfice n’est pas assez juteux, les prêts de la BCE sont remis dans le circuit des marchés financiers. Et vogue la galère !

Or, dès lors qu’une bonne partie de ces sommes ne sert pas à l’économie réelle, à l’investissement dans le développement humain, dans l’indispensable mutation environnementale de l’économie, se crée une nouvelle bulle financière grosse de dangers. On parle de plus en plus d’une possible nouvelle déflagration financière et bancaire, plus violente encore que celle de 2008.

Le combat unitaire pour que cette création monétaire serve d’abord l’emploi, le développement des services publics, des projets structurants de la transition écologique est un enjeu d’intérêt public. Au lieu de cela, les taux d’intérêt historiquement bas sont le prétexte pour faire la poche des déposants avec l’augmentation considérable des frais bancaires.

Ces tumultes sont des signes avant-coureurs extrêmement inquiétants. Ils indiquent l’urgence à combattre la financiarisation des économies par la maîtrise publique du crédit, par l’appropriation démocratique et sociale d’une partie du système bancaire et des compagnies d’assurances, autant d’éléments qui devraient être considérés comme des biens communs et non comme des outils au service d’une caste. Leur utilisation mène à la catastrophe. Les secousses se ressentent avec vigueur sur le continent européen. En Italie, 360 milliards d’euros de créances douteuses, c’est-à-dire non remboursées ou remboursables, traînent dans les coffres de quelques-unes des plus importantes banques du pays. La situation est tout aussi alarmante au Portugal ou en Irlande.

En Allemagne, pourtant gouvernée par les apôtres de l’orthodoxie budgétaire, la Deutsche Bank, principale banque du pays et l’une des plus importantes au monde, est à deux doigts de la faillite. Quelques jours après l’amende infligée à Apple par la Commission européenne et l’arrêt impulsé par l’Allemagne des négociations sur le traité transatlantique, la justice états-unienne a – comme par hasard – requis une amende record de 12,5 milliards d’euros à la Deutsche Bank pour la punir du rôle joué dans le krach de 2008. Cette somme correspond à plus du double des provisions inscrites pour faire face à cette sanction. Si la banque allemande venait à tomber, l’effet domino serait dévastateur pour tous les peuples européens et sans doute au-delà du continent.

Certes, cette banque est un parangon de voracité financière et son rôle dans le krach de 2008, comme celui de bien d’autres banques européennes, doit être fermement condamné. Mais cette affaire a également tout du règlement de comptes géopolitique, avec pour décor la féroce guerre économique intracapitaliste qui se déploie sur la planète, pour maintenir des positions hégémoniques. Les requins s’entre-dévorent dans le marigot financier et il est sûr qu’une fois encore les peuples en feront douloureusement les frais.

Considérer l’argent comme un outil d’échanges, une valeur d’usage pour le bien commun humain et environnemental et non plus comme une valeur marchande, devient une question d’ordre civilisationnel. Ceci implique de reprendre le pouvoir sur l’argent et passe par des réappropriations sociales et citoyennes des banques, et des assurances, le développement du mutualisme, la création d’un bras financier national autour de la Caisse des dépôts et de la Banque publique d’investissement fédérant les banques publiques et coopératives pour des projets nouveaux combinant réindustrialisations, transition environnementale, développement numérique, revitalisation des campagnes avec une agriculture à base paysanne soucieuse de la qualité alimentaire et de l’environnement ; un combat à l’échelle européenne pour sortir de la domination financière sur l’économie avec un changement des statuts et missions de la Banque centrale européenne.

Un fonds consacré au développement humain, social et environnemental devrait être créé, accompagné d’une lutte conséquente contre l’évasion fiscale. Une conférence européenne pour annuler des dettes illégitimes, des lois pour que les salariés acquièrent des pouvoirs nouveaux dans les banques et les entreprises viendraient compléter un processus pour mettre la finance au service des activités humaines et de la préservation de la planète.

Autant d’enjeux qui devraient être placés au cœur des débats et des combats pour une alternative progressiste et humaniste.

 

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