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Au hasard du web

Posté par jacques LAUPIES le 6 septembre 2016

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Les communistes de Tarascon au coeur de la valorisation d’une vraie laïcité !

Posté par jacques LAUPIES le 5 septembre 2016

Attachés à l’action de Jean Jaurès les communistes ont toujours défendu l’esprit de la loi de 1905, séparant les églises de l’état. Cela les a conduit à être des anticléricaux rejoignant ainsi les courants philosophiques et politiques qui ont contesté les ingérences de la religion dans l’exercice du pouvoir de l’état. Mais être anti clérical ne signifie nullement que l’on conteste le droit des religions d’exercer en toute liberté la pratique de leur culte. Mais souvent on assimile anticléricalisme et anti religieux.

La laïcité ne peut être signe d’interdiction des religions et de leur pratique sous la condition que cela ne porte atteinte à la nécessaire neutralité de l’exercice des prérogatives de l’état donc du service public. Ce dernier ne pouvant de ce fait ni se livrer à la stigmatisation, ni au prosélytisme de telle ou telle religion.

Les liens entre l’état et la religion, en l’occurrence la religion chrétienne ne datent évidemment pas d’aujourd’hui mais au moins du IVème siècle qui vit Constantin en faire une religion d’état Les évolutions qui ont suivi, y compris dans les liens entre les différents pouvoirs qui se sont succédés  : pouvoir féodal et monarchique, pouvoir bourgeois d’essence républicaine, n’ont pas été exempts de crise et d’opposition entre l’institution religieuse et les régimes reflets des dominations des classes possédantes.

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Victor Hugo

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Léo Ferré

 Si les courants politiques anarchistes, socialistes et communistes se sont illustrés dans la défense d’une laïcité soumise à des interprétations différentes, ils ont été rejoints en cela par des religieux qui de part leur position minoritaires (protestants notamment) ayant souffert d’un catholicisme dominant et parfois oppressif ont retrouvé dans la laïcité une reconnaissance. Bien évidemment l’église catholique en un siècle de séparation a fortement évolué et reconnu les valeurs laïques.

Mais chacun pour ce qui le concerne ne renonce pas à tenter d’affirmer ses propres valeurs, souvent en prenant appui sur des courants politiques qui mettent en avant des principes de solidarité, de  fraternité, de liberté.

L’apparition de l’islam, en extension dans notre pays, dont les évolutions et les multiples expressions surmédiatisées interrogent, est évidemment une donnée nouvelle.

Dans un contexte international favorable aux conflits de type néo colonial, d’affrontements internes avec des  nationalismes, soumis à des conflits de classe à l’interne et à l’externe, la présence de l’islam a des répercussions dans une France largement impliquée dans le recours à une main d’œuvre immigrée.

De ce fait on voit des extrêmes  tenter d’instrumentaliser les courants religieux. Les uns de l’extérieur pour affaiblir une nation jugée agressive contre leurs intérêts. Une nation qu’il faut affaiblir et diviser. Les autres entrant dans ce jeu qui préconisent la stigmatisation de la communauté musulmane jugée responsable complice d’une volonté djihadiste. 

Situation extrêmement dangereuse que nous dénonçons en préconisant le rassemblement, le dialogue, l’action pour réduire les inégalités sociales, la défense de l’emploi et plus largement l’action pour défendre la paix.

 

L’association OLPRA  (Observatoire de la laïcité se Provence Rhône Pays d’Arles) au sein de laquelle je suis impliqué à titre personnel a pris l’initiative d’organiser le 20 septembre à 18 h 30  salle Richelieu à Tarascon une Conférence présentée par Pierre Dharréville, écrivain et journaliste, dirigeant du PCF? avec pour thème la présentation de son livre : « La laïcité n’est pas ce que vous croyez »

Pierre Dharréville : multiplions les initiatives pour construire une politique de gauche

Une initiative qui selon Frédéric Amblard, le Président prétend ouvrir ainsi une série d’autres actions visant à promouvoir et défendre la laïcité notamment par la rencontre et le débat.

Mr Amblard, Président

Mr Amblard, Président

 

La Laïcité usurpée !

 

patrick le hyaric, laicité, loi de 1905
Jeudi, 1 Septembre, 2016
Humanité Dimanche

L’éditorial de Patrick le Hyaric : « On veut ‘nettoyer ‘ l’espace public civil de tout signe religieux de nos concitoyens musulmans et leur faire porter l’odieux stigmate du terrorisme fanatique »

L’invocation de la laïcité à tout propos, dans certains cercles, semble servir à inoculer un poison pour asphyxier l’une des lois fondatrices de la République. Dite de « séparation des Églises et de l’État », elle est une loi de liberté. La puissance publique est en effet tenue au respect de toutes les consciences et garantit la liberté d’exercice de chacune d’entre elles. C’est la raison pour laquelle la séparation doit être stricte entre la puissance publique et les cultes quels qu’ils soient. Cette neutralité est autant la condition de l’exercice des cultes dans le respect et la sérénité que celle de la liberté de ne pas croire.

Le Conseil d’État, en suspendant les arrêtés anti-burkini pris par quelques municipalités mêlant troubles à l’ordre public et laïcité, dit le droit et donc oppose la liberté, qu’il incarne et défend, aux interdits municipaux. Il inflige du même coup un camouflet à ceux qui pensaient pouvoir semer une coupable confusion à des fins politiciennes. Le premier ministre et l’ancien président de la République n’en ont cure et entendent poursuivre leur odieux parallèle entre une « mode », dont chacun pense ce qu’il veut, et les attentats du mois de juillet. Ils en prennent la responsabilité alors que le dangereux feu de la polémique autour des arrêtés anti-burkini a créé infiniment plus de troubles à l’ordre public que le vêtement incriminé, souvent absent des lieux où on prétendait l’interdire. Ils n’hésitent pas à contester la décision d’une cour suprême de justice et à planter des couteaux dans le cœur de la République, alors que leurs responsabilités commanderaient qu’ils l’incarnent. Ils préfèrent convoquer la laïcité pour camoufler un enjeu de basse politique. Grand tort aurait celui qui minorerait ceci. Ce n’est qu’en brouillant, en triturant, en salissant le concept de laïcité qu’on dépêche des policiers municipaux chargés de surveiller la manière dont les femmes sont habillées ou non sur la plage, faisant de la France la risée du monde ! En procédant ainsi, on ouvre la voie au rejet du principe de laïcité ! C’est d’ailleurs le but. Ce dévoiement participe d’une ambition qui vise à faire de cet instrument de paix civile qu’est la loi de 1905 un moyen de division.

La droite, au diapason de l’extrême droite, souhaite désormais légiférer pour contrer les principes du droit républicain ! C’est extrêmement grave. Pour ce faire, il faudrait changer la Constitution. Autrement dit, faire mourir le principe lui-même.

Il serait naïf de ne pas voir dans cette funeste entreprise un projet politique profondément réactionnaire pour empêcher une solidarisation populaire, par-delà les différentes confessions, croyances et cultures, sur les enjeux fondamentaux pour redresser et transformer ce monde vacillant.

La laïcité a partie liée avec le progressisme. Et le combat progressiste a besoin du principe de laïcité ! En dénaturant la laïcité, en larguant les amarres avec ses fondements progressistes, les réactionnaires de tout poil cherchent à gommer l’opposition entre le travail et le capital, à dédouaner les responsables de la crise en semant la division, en rendant irréversibles les fractures sociétales et communautaires contre lesquelles se sont patiemment construites des barrières au cœur de la société française. La responsabilité de la gauche et, très au-delà, celle de tous les républicains est engagée.

Bien loin de la lettre comme de l’esprit de la loi de 1905, des fractions importantes de la droite, avec l’extrême droite et le concours de M. Valls, veulent, au nom du principe de laïcité, « nettoyer » l’espace public civil de tout signe religieux de nos concitoyens de confession musulmane, afin que chacun d’entre eux porte l’odieux stigmate du terrorisme fanatique et soit soumis à l’opprobre de l’opinion publique. La même infamie a été appliquée aux juifs en des temps sombres et pas si lointains. Annonciateur d’affrontements au goût de guerre civile, ce projet rejoint l’objectif fondamental de Daech. Les uns et les autres se dressent contre l’émergence d’une véritable alternative progressiste.

Il convient donc le plus rapidement possible de remettre au centre du débat politique la situation et les attentes des classes populaires, du monde du travail et de la création. Rien ne nous apparaît plus important que de les rassembler, de les fédérer pour ensemble construire la République sociale démocratique et écologique, dans une perspective progressiste et humaniste. Raison de plus pour s’attacher, sans relâche, à rechercher toutes les conditions de l’unité de toutes celles et ceux qui ont intérêt à la victoire d’une gauche alternative aux prochaines élections présidentielle et législatives afin de ne pas laisser la droite extrémisée et l’extrême droite prendre les rênes de la France. Nous connaissons la difficulté de la tâche tant est grande la division des forces de progrès mais avons-nous le choix ? La question sera largement en débat dans quelques jours à la Fête de l’Humanité. En toute liberté, chacune, chacun est invité à s’y exprimer avec son expérience, ses convictions et ses espoirs.

Que toutes celles et ceux qui ont à cœur de s’atteler à bâtir ce nouveau projet y participent avec leurs proches. Cela peut compter !

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A propos du FN…

Posté par jacques LAUPIES le 4 septembre 2016

L’interview qui suit donne des éléments d’analyse concernant l’évolution et la composition de l’électorat FN.

Par delà la démarche idéologique de ceux qui se rallient électoralement ce parti, tout autant que celle de ceux qui y adhérent il ne faut pas oublier qu’il y a des motivations d’intérêt de classe à la base. Même si la bonne réponse à ceux-ci n’est pas perçue et radicalement contraire ,à la démarche de fond de ce parti qui se donne une allure antilibérale (attaque des multinationales, de la mondialisation capitaliste, etc.)

Du petit commerçant ou artisan imprégné d’un poujadisme qui traditionnellement  le conduit vers les « fondamentaux » de l’extrême droite jusqu’au chômeur ou au précaire sans qualification, en passant par le salarié plus ou moins stabilisé dans son emploi mais souffrant cependant de revenus jugés insuffisants, il y a bien ce dénominateur commun qui est la recherche du bouc émissaire. Un bouc émissaire « naturel » qu’en tout temps on va chercher d’abord chez l’immigré donc l’étranger mais aussi chez le voisin de travail ou le voisin tout court qui à un meilleur statut, une meilleure protection sociale.

D’ailleurs la démarche est coutumière à la droite qui ne cesse plus ou moins sournoisement de stigmatiser les chômeurs et les jeunes qualifiés de paresseux, les retraités et les salariés du secteur public de privilégiés. Diviser au lieu de rassembler. A l’évidence c’est plus facile et ça marche.

Après cela bien sur on peut disserter et se perdre dans l’analyse des phénomènes générationnels, les spéculations médiatiques, des conflits d’origine culturels  ou religieux, de la perte des repaires politiques, des mutations  sociétales. Tous constituent un ensemble déstructurant et s’ ils ne peuvent être niés, le déclic se fera par l’acquisition d’une véritable conscience de classe facteur de naissance d’un processus de transformations révolutionnaires (indispensables) de la société . Ce déclic repose avant tout sur la valorisation du travail (meilleure rémunération des salaires mais aussi des droits sociaux) sur sa répartition et son partage.

Le FN le sait mais il n’est pas dans sa démarche de l’entreprendre. D’où une constante démagogie qui lui permet de prospérer face à de pseudos adversaires se disant les plus résolus et qui lui font la part belle en ne réglant  pas la question des revenus et du chômage. Et en ne solutionnant pas la situation internationale qui peut également être un prétexte pour la droite et l’extrême droite roues de secours d’une grande bourgeoisie prête à tout.

Nicolas Lebourg : « Quand on le plagie, le FN radicalise son discours pour conserver sa plus-value »

grand entretien
Entretien réalisé par Grégory Marin
Vendredi, 2 Septembre, 2016
L’Humanité

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Nicolas Lebourg

Nicolas Lebourg
Photo : Manuel Braun

S’adresser directement à des électeurs imaginaires du Front national pour finalement s’éloigner des stéréotypes, c’est le pari fait par l’historien de l’extrême droite Nicolas Lebourg, dans ses Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême droite remettraient la France debout.

Votre livre (1) ne s’adresse pas vraiment à un électorat Front national uniforme tel qu’on le voit à la télé, inculte et braillard, mais à ce « conglomérat électoral » tel qu’une partie des chercheurs le définissent désormais. Dans quel but avoir choisi cette forme ?

NICOLAS LEBOURG Plutôt que de pointer le lumpenprolétariat FN, je préfère noter qu’il n’y a pas d’ouvrier parmi nos députés. Si l’électorat frontiste avait connu une nette prolétarisation en 1995, entraînant le passage de l’autoqualification de « vraie droite » à celle de « ni droite, ni gauche », les choses ont changé. Le FN aujourd’hui a considérablement approfondi l’interclassisme de son électorat. La mise en avant perpétuelle des ouvriers FN est aussi une manière de mettre sous le tapis la droitisation d’une partie des classes bourgeoises, qui peuvent ainsi se targuer de partager les soucis du peuple. Actuellement, 19 % des électeurs vivant dans des foyers ayant plus de 6 000 euros mensuels pensent voter pour Marine Le Pen, contre 36 % pour les moins de 1 250 euros. Le livre parle à des personnes saisies par l’inquiétude du déclassement. Le but est de les rendre tangibles, avec une épaisseur humaine : bien souvent, à gauche, on applique à l’électorat FN la formule de Manuel Valls : « Comprendre, c’est excuser. »

Il y a tout de même peu de chances que ces électeurs le lisent…

NICOLAS LEBOURG Je ne sais si les pro-FN le liront, mais je serais ravi s’il leur était passé par leurs proches anti-FN et que ça puisse servir de passerelle de discussion.

Pour dégager des profils d’électeurs, vous reprenez la citation de Robert Bresson : « Je vous invente comme vous êtes. » Comment les avez-vous imaginés ?

NICOLAS LEBOURG On a une dérive de l’usage des enquêtes d’opinion, avec l’idée qu’il y a le vote des ouvriers, des catholiques, des jeunes, etc. Or un être humain ne correspond pas à un seul segment : il peut être, comme dans l’un des chapitres : une femme, en temps partiel, en famille monoparentale, dans un quartier à forte présence de personnes originaires des mondes arabo-musulmans, etc. J’ai pris les traits de sociologie du vote FN et je les ai combinés pour faire des personnes humaines, afin de faire comprendre leur vote. Les villes sont choisies pour leur structure sociale et pour moitié parce que j’y ai vécu : ces gens sont peut-être des amis perdus de vue qui ont suivi leur chemin, donc je ne vais pas les vilipender mais discuter avec eux. Je montre aussi quelle est la problématique ethno-culturelle par laquelle ils expliquent leur penchant FN et quelles sont en fait les structures sociales qui éclairent la production de ce choix.

Vous faites le portrait de catégories qui auraient ou vont « basculer » vers le vote Front national, notamment des fonctionnaires en voie de précarisation. Où mord cet électorat, à qui manquera-t-il, droite, gauche, abstentionnistes ?

NICOLAS LEBOURG La petite fonction publique offre un grand espace au FN, et son précariat – pensez à tous ces profs non titulaires que l’on paye dans certaines académies sans respecter la grille salariale fixée par le ministère, que l’on envoie en première ligne d’une société en crise en les traitant de parasites… Ces gens croyaient en l’État providence, mais tous les gouvernements ont attaqué ce dernier, faisant ainsi passer l’idée de déclin dans ces catégories, ce qui a droitisé leurs représentations sociales. Il n’y a plus que 15 % des fonctionnaires qui estiment que les politiques publiques sont au service de l’intérêt général, et 77 % des enseignants rejettent la politique éducative en place. Pour la gauche qui croyait ces catégories acquises il y a là une alarme évidente. Globalement, chez les précaires, il existe un survote FN, quel que soit leur âge, sexe, religion, etc. Ils ont une demande d’inclusion sociale, on leur répond par l’atomisation du travail.

Vous plaidez pour un retour au politique sur des bases plus clivées, qui peuvent apparaître « vieille France » comme vous dites. Une droite autoritaire avec des valeurs républicaines, une gauche qui assume pleinement son ambition sociale… Cela suffira-t-il à couper l’afflux d’électeurs vers le FN ? Ce parti capitalise aussi sur les manques des autres, notamment sur des questions non traitées (comme les intellectuels précaires que vous évoquez dans la « Lettre à un étudiant gay néoparisien »), alors même que ce parti produit peu de réponses à ces questions.

NICOLAS LEBOURG Il y a ce que je nomme la « règle de l’autonomie de l’offre politique » : depuis les années 1960, dans tous les pays de l’Union européenne, les tentatives de décalque des thèmes nationaux-populistes se payent par un transfert des votes à leur avantage. François Duprat, numéro deux du FN jusqu’à son assassinat en 1978, exposait que le thème de la corrélation entre chômage et immigration devait permettre de capter des voix populaires, d’être plagié par les partis de droite et, de là, faire que le FN soit dédiabolisé. La droite avait capté en 2007 les commerçants et artisans avec son discours sur « la France qui se lève tôt », elle les a rendus au FN avec sa dérive identitaire. Il faut que la droite arrive à réarticuler son discours pour le libéralisme et contre la société d’individus autonomes, sans être la gauche, sans plagier l’extrême droite – là dessus Alain Juppé est efficace. Quand on regarde les élections (départementales et régionales – NDLR) de 2015, on voit qu’une raison structurante du vote FN, c’est le déséquilibre de l’aménagement du territoire. Or on n’y change rien, préférant aujourd’hui parler du burkini… On a une économie qui a muté vers les services, 38 % des jeunes sont diplômés du supérieur, et résultat : on a une explosion de la précarité des jeunes formés, cultivés, qui ont le sentiment qu’aucune place n’est disponible pour eux. Mais on les « invisibilise » en les nommant « bobos ». De son côté, le FN ne propose pas une réponse structurelle mais une vision du monde cohérente : la globalisation serait en fait une orientalisation, et pour s’en sauver il faudrait un retour à l’autorité et à la souveraineté. On ne change pas la vie, mais on l’interprète : la chemise chinoise, le kebab qui remplace le bar-tabac, tout ça est mis ensemble pour dire que le déclassement des personnes est lié à celui de la nation, fruit de son orientalisation.

Ses électeurs se divisent en ceux qui ont une conscience de classe et voteraient FN pour être protégés (« Lettre à un plombier juif de Vénissieux ») et ceux qui n’en ont pas mais ont une conscience ethno-raciale (« Lettre à une caissière de Perpignan »). En filigrane, c’est ce thème de l’immigration qui revient. Si on creuse n’importe quel sujet développé au FN, on en arrive toujours là. Peut-on dire qu’il a changé ou adapté son discours ?

NICOLAS LEBOURG L’immigration est la première motivation des électeurs Front national. Et sur ce sujet les tentatives de récupération de gauche et de droite sont toujours vouées à l’échec car depuis trente ans le FN applique la même tactique : quand on le plagie, il radicalise d’un cran son discours pour conserver sa plus-value. L’idée que la fermeture des frontières permettrait de financer l’État social sans nouvelle pression fiscale est très forte, et permet de rallier aussi bien des CSP+ libérales que des classes moyennes paupérisées plus interventionnistes. Il y a profondément l’idée d’une hiérarchie sociale qui doit être légitime avec la désignation des « profiteurs », qui, ethnicisation des représentations sociales oblige, seraient les « assistés » issus de l’immigration. Concernant cette question, je crois qu’il faut arriver à l’intégrer à nos programmes scolaires et de là à notre récit commun : ça fera hurler Zemmour, mais il faut faire comprendre à nos concitoyens qu’elle est un phénomène structurellement lié à la globalisation depuis le XIXe siècle. Que lui et ses admirateurs en pensent ce qu’ils veulent, mais sur des bases rationnelles.

Dans la période particulière que nous traversons, je pense au risque d’attentats, vous dites que « la demande autoritaire a atteint l’hégémonie culturelle ». Le FN, à force d’imposer ses thèmes de prédilection, laïcité et islam, et par extension (puisqu’il fait le lien) immigration, délinquance et terrorisme, peut-il réussir à traduire cette angoisse dans les urnes ?

NICOLAS LEBOURG Plus de 80 % des sondés exigent de l’autorité supplémentaire, des majorités de sondés estiment judicieuse l’idée de l’internement de suspects, et même une revalorisation de l’idée de l’usage de la torture, etc. Bref, on assiste à un retour en force de l’idée que l’État a une fonction biologique de contrainte des corps. Or, depuis des années, il n’y avait eu que le Front national à ainsi assumer cette notion biopolitique dans son offre. Il a un temps d’avance et peut dire que, face au terrorisme transnational, la solution souverainiste autoritaire est en fait la plus crédible.

À plusieurs reprises vous évoquez « l’esprit du 11 janvier » ou ce qu’il en reste. Nous devons « être rassemblés avant qu’il ne soit trop tard ». Rassembler qui et sur quelles bases ?

NICOLAS LEBOURG Il y a une demande unitaire, qui correspond historiquement à notre culture politique. Insatisfaite, elle construit la demande autoritaire, et pour certains le « nous » se fait sur la haine de l’autre. D’autres font des appels à la République qui se soldent par un conservatisme interclassiste anti-société multiculturelle. Pour la gauche il me semble que son principe premier, c’est l’émancipation, celle des personnes et celle du collectif. Tant qu’elle n’aura pas un contre-projet assurant cette émancipation à double niveau, elle ne pourra que faire le lit de l’extrême droite. En outre, il faudrait sortir de ces débats puérils sur la société multiculturelle : en France il n’y a que des marges à vouloir une société multicommunautaire, ce qui existe, c’est une société multi-ethnique et multicultuelle, et, à moins que l’on ne veuille expulser de force des milliers de Français, ça ne changera pas. La question est derrière nous mais ce n’est pas clairement dit.

Ce livre tranche avec le travail usuel d’un politologue ou historien de l’extrême droite. Vous dites vouloir « assumer (vos) positions ». De quoi est-ce l’expression ?

NICOLAS LEBOURG Sincèrement ? De la lassitude. Je suis fatigué d’un débat public résumé à des cris de haine arrogante. Dans mes livres, je n’avais jamais donné mon avis sur les extrêmes droites. J’ai voulu discuter courtoisement, en ayant donc l’obligation éthique de dire pourquoi je n’y crois pas. J’ai voulu aussi expliquer comment les autres partis dysfonctionnaient à ce sujet. Je tente ça humblement, et donc j’utilise un procédé narratif très inclusif pour le lecteur. Mais, à côté des travaux académiques classiques, j’ai toujours eu des démarches d’éducation populaire.

Par ailleurs, vous écrivez « du FN on en entend, on en regarde, on en lit à flux constant ». Est-ce un problème de complaisance des médias, de facilité ?

NICOLAS LEBOURG La fausse analyse du vote FN est devenu un genre en soi pour vendre ses idées préétablies : l’islamophobe vous dit que c’est à cause de la société multiculturelle, le gauchiste à cause de la souffrance sociale, etc. Résultat, on ne traite pas les questions structurelles et à la fin, comme France Inter cet été, on invite Philippot pour parler du Front populaire. Quand, comme moi, ça fait vingt ans que vous suivez l’extrême droite, il y a de quoi se lasser, non ?

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L’Afrique du néocolonialisme

Posté par jacques LAUPIES le 3 septembre 2016

 

Si la France ne veut pas perdre son influence considérable sur ce continent, elle a intérêt à changer de stratégie et d’enclencher de vraies coopérations en respectant les volontés populaires.
Quels que soient les vainqueurs de l’élection se pose la nécessité d’appliquer des échanges équitables dans l’intérêt des peuples et non des multinationales tout autant d’ailleurs que des capitalistes en général.
Le capital est le produit du surtravail, il doit donc être contrôlé par ceux qui en sont les acteurs, que ce soit sur le territoire national ou à l’extérieur.

Gabon : les soubresauts d’un régime né de la Françafrique

rosa Moussaoui
Vendredi, 2 Septembre, 2016
L’Humanité

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L'Afrique du néocolonialisme  dans POLITIQUE

AFP

La proclamation contestée de la réélection d’Ali Bongo Ondimba embrase un pas hanté par son histoire.

Le Gabon est situé sur l’Équateur. Sur la carte diplomatique, il est aussi un élément central de la Françafrique quand Omar Bongo était au pouvoir jusqu’en 2009, puis depuis que son fils, Ali, lui a succédé au poste de chef de l’État. Le scrutin présidentiel du 27 août, au cours duquel ce dernier a affronté un ancien cacique du régime de son père, Jean Ping, fait branler l’édifice. Si Ali Bongo a recueilli, selon la commission électorale qui a rendu publics les résultats lundi, 49,85 % des voix, la faiblesse de l’écart, 5 594 voix, a mis le feu aux poudres. Dans la nuit de lundi à mardi, la capitale, Libreville, a connu des émeutes, avec un Parlement en flammes. Quant au siège du parti de l’opposant Jean Ping, il était attaqué. Les faits de ces deux derniers jours sont à l’image d’un régime longtemps soutenu par Paris : violent. Une violence au service du rapt des richesses par une caste, au détriment de la subsistance et des besoins élémentaires de la population.

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Les politiciens : quand parler du délit d’argent les dérange, ils ont recours au délit sexuel ! (ou bien des deux à la fois)

Posté par jacques LAUPIES le 2 septembre 2016

 

Lorsque dans le système où nous évoluons l’on veut abattre un adversaire (politique ou d’un autre domaine) il est de bon ton de dénoncer ses attaches avec l’argent. L’éventail des possibilités est grand, depuis celui qui fraude avec ses notes de frais jusqu’à celui (ou celle) qui détourne des millions et parfois des milliards d’un usage public pour les affecter à des intérêts privés. Selon le principe « qui vole un œuf, vole un bœuf », même le plus imbécile et modeste fraudeur (et il y en a plus qu’on ne le pense) peut se voir infliger une punition aussi grande que la plus vile des crapules en col blanc, responsable de guerre et de misère !

Autre possibilité qui est une flèche empoisonnée pour ses adversaires, le recours à la révélation de ses  transgressions sexuelles qui n’a pas la même signification dans toutes les sociétés mais constitue depuis la nuit des temps, un prétexte à exclusion. Les psychanalystes et autres anthropologues n’ont pas manqué de souligner que les groupes, les clans l’utilisent pour stigmatiser les pouvoirs qu’ils subissent et dont ils veulent se débarrasser !

A défaut des sorciers, des inquisiteurs et autres personnages chargés de mettre en accusation, notre société moderne se dote de tribunaux et de lois pour accomplir le travail d’accusation puis de condamnation.

Mais les juges auront beau constater que le délit n’était que  bénin (parfois même, inexistant) ou sujet à des circonstances atténuantes, très en dessous du répréhensible, le présumé coupable le restera définitivement entrainant la suspicion autour de sa personne et parfois au delà pour ses proches.

Cela suffira pour mettre quasi définitivement à l’écart d’une intégration sociale « normale » le suspecté qui devra faire preuve d’une réelle solidité mentale pour ne pas succomber sous les effets de la révélation de sa vie privée étalée au grand jour, fut elle exempte de transgression et marquée seulement par une différence minoritaire.

L’un des meilleurs moyens pour combattre cela n’est il pas de faire en sorte que les arroseurs soient arrosés ?

 

 

 

Relevé sur le site MSN

 

L’équipe d’Hillary Clinton touchée par un énorme scandale sexuel

 

En 2011, il avait déjà ruiné sa carrière et ses chances de concou­rir à la mairie de New York. Anthony Weiner s’est asséné un coup de grâce cette semaine : l’époux de la conseillère d’Hillary Clin­ton Huma Abedin a fait appa­raître son fils dans des photos à carac­tère sexuel.

  • Hillary Clinton
  • Hillary Clinton
  • Hillary Clinton

Voilà une polémique qui tombe mal pour Hillary Clinton et son équipe. Déjà connu pour ses pratiques tendancieuses, l’homme politique Anthony Weiner a récidivé. L’ex député avait déjà publié des photos de lui en boxer moulant, le sexe en érection, il y a 5 ans. Photos qui étaient destinées à une de ses étudiantes qui auraient dû rester privées. Toujours aussi accro au sexting avec des inconnues, le mari de l’une des plus proches conseillères d’Hillary Clinton ne maîtrise toujours pas bien les réseaux sociaux. Il a en effet encore publié par inadvertance des photos qu’il aurait voulu envoyer à une de ses conquêtes. Parmi la douzaine de clichés, une photo dévoilée par le New York Post est particulièrement choquante. Son jeune fils de 4 ans apparaît en effet à ses côtés sur son lit, alors que l’homme politique est vêtu d’un simple caleçon lors d’une séance de sexting. L’administration of children’s services (équivalent du Service de protection de l’enfance) a, du coup, lancé une enquête à son encontre.

L’épouse d’Anthony Weiner Huma Abedin s’est empressée de réagir : 24 heures plus tard, la femme politique a annoncé son divorce au pays. “Après une longue et douloureuse réflexion et un travail sur mon mariage, j’ai décidé de me séparer de mon mari”, a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Publiées dimanche soir, les photos ont provoqué un tollé dans le monde politique. Donald Trump et son équipe se sont emparés de l’affaire pour tenter de discréditer Hillary Clinton. “Je crains pour ce pays qu’Hillary Clinton ait été imprudente et négligente en laissant Weiner avoir une telle proximité avec des informations hautement confidentielles», a-t-il notamment lancé comme le rapporte 20 minutes. Hillary Clinton a connu plus d’un scandale sexuel dans sa carrière et saura sans aucun doute rebondir à nouveau.

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