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Panier ALTEO : Roger Meï interpelle Ségolène Royal

Posté par jacques LAUPIES le 13 septembre 2016

Roger Meï, Maire de Gardanne, vient de réagir à la nouvelle intervention au sujet de l’usine « Alteo » de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, lors de l’émission « Thalassa » consacrée à la Méditerranée le 2 septembre 2016, laisse croire que, sur le terrain, la situation n’a pas bougé. Il n’en est rien du côté du Maire de Gardanne, même si tout est loin d’être réglé. Par un courrier en date    Panier ALTEO : Roger Meï interpelle Ségolène Royal dans POLITIQUE arrow-10x10 du 5 septembre, il invite Madame la Ministre à la prochaine réunion du Comité de suivi du site, présidé par le Préfet des Bouches du Rhône, qui aura lieu le 26 septembre.

« L’usine a reçu une autorisation de poursuivre son activitéarrow-10x10 dans POLITIQUE pendant six ans », précise-t-il. « Cette dérogation est assujettie de conditions. Depuis décembre 2015, le site ne rejette plus de boues rouges en Méditerranée mais des effluents liquides dès à présent libérés de 99,95 % de leur toxicité. L’industriel devra encore améliorer son empreinte écologique. Avec des premiers résultats concluants. L’entreprise d’alumine de spécialités ne s’arrêtera pas là puisqu’elle a l’intention de tester deux autres procédés dès ce mois de septembre. Ces résultats représentent des avancées certaines que nous devons saluer ». 

« Quant aux boues rouges stockées sur le site de Mange-Garri, Alteo mène des recherches pour les recycler en un produit commercial et leur trouver des débouchés », reprend le maire. « Alteo va devoir tenir ses engagements. Un Comité de Suivi du Site, dont j’ai été l’un des instigateurs et auquel je participearrow-10x10, est présidé par le Préfet. Il se réunit régulièrement. Je vous invite à venir à notre prochaine rencontrearrow-10x10 prévue le 26 septembre. Ce comité a pour mission de suivre les avancées d’Alteo autant que de lui rappeler ses obligations ». 

« L’usine Alteo fait partie de l’avenir de Gardanne. Il est ainsi important pour nous de concilier protection de l’environnement et développement économique. Plus de 700 emplois sont en jeu, nous en tenons compte. Ça vaut la peine ! Certain que vous comprenez nos enjeux et en renouvelant mon invitation à participer au Comité de Suivi de Site concernant l’usine Alteo », conclut Roger Meï. 

alteo_gardanne

Il est grand temps de mettre fin à ces postures faciles qui veulent faire de l’économie et de l’emploi des ennemis de l’écologie. La ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer pointait, une nouvelle fois, « le rejet des boues rouges » par l’usine d’alumines de spécialités Alteo de Gardanne au large de Cassis (Bouches-du-Rhône), dans le Parc national des Calanques. Elle rappelait son opposition à la position du Premier ministre, Manuel Valls, et à l’autorisation, accordée en décembre 2015 par le préfet des Bouches-du-Rhône, de poursuivre pour six ans le rejet d’effluents liquides, chargés en métaux.

La ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer parle sans connaître le dossier, en oubliant de dire que la décision découlait de trois années de travailarrow-10x10, plus de 18 mois d’expertise, des investissements lourds engagés par l’entreprise, l’implication du Maire de Gardanne et de l’autorisation donnée pour 30 ans par le conseil d’administration du Parc national des Calanques. La polémique laisse supposer que rien n’a changé depuis décembre 2015 et l’autorisation accordée à Alteo. Or, plusieurs avancées sont intervenues.

D’abord, les rejets de résidus de bauxite, les fameuses « boues rouges » évacuées en mer pendant cinquante ans, ont été, selon l’industriel et les pouvoirs publics, effectivement stoppés. Alteo s’est doté de procédés et d’équipements (filtres presses) qui ont permis de les éliminer, conformément à ce que lui imposaient les arrêtés préfectoraux du 28 décembre 2015. Cependant, les rejets liquides se poursuivent jusqu’à une date limite fixée à 2021. La préfecture a fixé des seuils pour les substances qu’ils sont susceptibles de contenir : mercure, zinc, fer, aluminium, arsenic… et accordé des dérogations.

Alteo qui a mis en place un dispositif d’auto surveillance admet avoir dépassé parfois certains de ces seuils, ce qui lui a valu le 21 juin 2016 une mise en demeure du préfet de les respecter, mais assurearrow-10x10 que « malgré des difficultés ponctuelles, le niveau des rejets continuearrow-10x10 de diminuer ». Fin juillet 2016, Alteo indiquait réaliser « un premier pilote industriel qui consiste à injecter avec une technologie innovante du dioxyde de carbone dans l’effluent. Ce traitement permet de neutraliser la soude et de précipiter les métaux dissous pour être capable de les séparer ». Alteo reconnaissait devoir faire face à « de nombreuses difficultés opérationnelles ».

Six mois après la nouvelle autorisation d’exploiter, Alteo annonçait qu’ils étaient déjà en mesure de tester une solution complémentaire de traitement. Cela traduit une capacité à avancer rapidement pour améliorer durablement la qualité des eaux. Des solutions complémentaires sont étudiées avec d’autres partenaires, annonçant un second essai à l’échelle industrielle pour cette rentrée de septembre avec la société Extracthive et d’autres d’ici la fin de l’année.

Alteo a par ailleurs lancé ces jours-ci une campagne de suivi des rejets en mer pour mesurer l’impact écologique et sanitaire de ses rejets liquides et accumuler de nouvelles connaissances sur les sédiments déposés. L’objectif est d’établir un « état de référence du milieu marin pour les futuresarrow-10x10 campagnes de suivi ». La préfecture des Bouches-du-Rhône, la Mairie de Gardanne, le Parc national des Calanques et le Comité de surveillance et d’information sur les rejets en mer (CSIRM), créé au printemps dernier, et plusieurs experts scientifiques sont associés à cette étude à laquelle Alteo dit consacrer 1,5 million d’euros.

De son côté, l’Etat s’attache à prouver qu’il garde l’industriel à l’œil. Le 24 juin s’est tenue la deuxième réunion de la Commission de suivi de site (CSS) ciblée sur les impacts de l’usine d’alumine de Gardanne mais aussi de sa décharge industrielle de « Mange-Garri » située sur la commune voisine de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône). Cette commission réunit des services de l’Etat et des collectivités territoriales, riverains, exploitants, salariés, experts de différents domaines liés aux problématiques étudiées… Elle confirmait les améliorations évoquées par l’industriel mais aussi les mises en conformité encore nécessaires pour se plier aux contraintes des arrêtés préfectoraux. Pour le site de stockage de Mange-Garri où Alteo entrepose des tonnes de « Bauxaline », le coproduit issu de ses filtres presses pour lequel il s’emploie à trouver d’autres pistes de valorisation, la commission réclamait des mesures pour réduire l’envol de poussières dans l’environnement.

La troisième réunion du Comité de suivi du site doit se dérouler le 26 septembre. A cette occasion, Alteo devra présenter une feuille de route centrée sur les solutions complémentaires envisagées pour traiter ses rejets aqueux et atteindre les objectifs de « 0 rejet » à l’horizon 2021. Il devra aussi détailler les investissements nécessaires à sa mise en œuvre. Même si la ministre de l’Environnement, Europe Ecologie-Les Verts et de nombreuses associations évoquent un « chantage à l’emploi » de l’industriel, les pouvoirs publics s’efforcent de procéder par étapes pour ne pas mettre en péril les 430 emplois directs et les quelque 300 sous-traitants du site. Sans pour autant alléger leur vigilance sur le respect des engagements d’Alteo. Les uns et les autres savent de toute manière qu’ils auront des comptesarrow-10x10 à rendre.

 

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