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La liste des point de ventes de fruit et légumes : de la qualité pour des prix raisonnables

Posté par jacques LAUPIES le 18 août 2016

POUR MES LECTEURS D’ILE DE FRANCE
Gérard Le Puill
Mercredi, 17 Août, 2016
Humanite.fr
Ce jeudi, quelques 55 tonnes de fruits et légumes produits en France sont vendus aux consommateurs franciliens à Paris et dans plus de 40 villes de la petite couronne à l’initiative du syndicat paysan MODEF et de nombreuses organisations du PCF. Tomates, melons, nectarines, prunes et poires aux qualités gustatives et sanitaires irréprochables sont sur des étals improvisés le temps d’une journée.
C’est une opération dont le succès va croissant d’année en année. Demain, dès l’aube place de la Bastille et à différents horaires de la journée dans beaucoup de villes de la banlieue parisienne, on pourra, à des prix très raisonnables, faire son marché au cul des camions affrétés par le MODEF (Mouvement de défense des exploitations familiales ) pour y vendre directement 55 tonnes de tomates, melons, prunes, nectarines, pommes de terre, haricots verts et salades. Ces ventes directes que certains consommateurs souhaiteraient voir s’organiser à longueur d’année – mais qui sont difficiles à mettre en place de manière permanente pour des problèmes de logistiques – sont co-organisées depuis des années avec les organisations locales du PCF des départements d’Île-de-France. Outre Paris, il y aura 40 points de vente dans 17 villes du Val-de-Marne à différentes heures de la journée, 28 dans quinze villes de Seine-Saint-Denis, 8 dans trois villes des Hauts de Seine dont cinq à Gennevilliers, quatre dans le Val d’Oise et un en Seine-et-Marne à Mitry-Mory.
 
Cette année, le MODEF met l’accent sur un phénomène peu connu des consommateurs. Il a pourtant le double inconvénient de mettre en cause notre santé et de pénaliser les producteurs français de fruits et légumes. Il faut ici savoir que la production française ne couvre que 60% de la consommation et qu’elle a tendance à reculer du fait des exigences de prix bas de la grande distribution qui importe autant qu’elle veut pour faire chuter les prix qu’elle paie aux producteurs français. Mais ce grande distribution se garde souvent d’informer les consommateurs sur l’origine exacte des ses produits importés et, plus encore, sur l’utilisation dans de nombreux pays membres de l’Union européenne, comme dans les pays tiers, de molécules chimiques interdites en France pour le traitement des plantes contre les maladies.
 
Dans une récente déclaration, Raymond Girardi, vice président du MODEF et coordinateur de cette opération de vente directe, indiquait que « les molécules interdites en France telles que diméthoate, gaucho, DDT, parathion méthy, lindane, aldrine sont toujours utilisées dans de nombreux pays, notamment dans certains qui exportent des fruits et légumes en France. La clarté doit être faite sur cette question d’où l’importance d’une enquête internationale sur l’utilisation des produits phytosanitaires ».
 
Avec souhait de voir cette démarché se concrétiser, Raymond Girardi s’est adressé au Premier ministre dans une lettre ouverte en date du 1er août . Le vice président du MODEF précise sa démarche en ces termes : « Ce que demande le MODEF par cette lettre à votre attention, monsieur le Premier ministre, c’est que vous interveniez pour rétablir une situation équitable pour nos agriculteurs et garantir aux consommateurs français la même protection sanitaire que lorsqu’ils consomment des fruits et légumes cultivés en France. Pour cela il faut arrêter les importations dont nous avons la certitude qu’elles sont concernées par les molécules chimiques interdites en France ; la réglementation internationale nous autorise à le faire » ajoute Raymond Girardi.
 
Sauf que la France ne le fait pas. Qu’il s’agisse de Stéphane Le Foll à l’Agriculture ou de Ségolène Royal à l’Environnement, on assiste dans ces deux ministères une attitude doublement contradictoire. D’un côté on transpose rigoureusement les directives européennes visant à protéger l’environnement, de l’autre on de se préoccupe guère des avantages de compétitivité que cette transposition beaucoup plus lâche donne aux concurrent européens de la France, sans même parler des pays tiers.
Mais le MODEF, contrairement à certaines associations spécialisées de la FNSEA, ne demande pas que l’on réduite la protection des consommateurs en autorisant chez nous des molécules utilisées en Italie, en Espagne, en Pologne, voire aux Pays Bas. D’où cette proposition faite au Premier ministre : «Pour régler le problème nous vous demandons de faire procéder à une enquête internationale qui définira, pays par pays, les molécules utilisées et le mode de contrôle mis en place dans ces pays pour respecter les préconisations du fabricant. Le devoir de transparence est pour nos concitoyens une valeur essentielle afin que chacun puisse acheter des fruits et légumes en toute sécurité(…) Si les consommateurs ont l’information par un affichage à l’étalage, ils pourront choisir en toute connaissance de cause. La santé publique, la garantie sanitaire et une concurrence loyale pour les agriculteurs français méritent de prendre rapidement en compte les propositions du MODEF qui répondent tout simplement à un besoin majeur», dit encore le vice président du syndicat paysan.
 
Au-delà de la santé des consommateurs qu’il faut impérativement préserver, ajoutons que Premier ministre, le ministre de l’Agriculture et la ministre en charge de l’Environnement gagneraient en cohérence s’ils faisaient le choix, via cette protection de consommateurs, de favoriser les productions de proximité à faible bilan carbone, ce qui n’est jamais le cas pour celles qui voyagent en camions sur des milliers de kilomètres. Tandis que les pics de chaleur, les incendies et les inondations se multiplient un peut partout dans le monde depuis la conférence de Paris en décembre 2015, l’évolution du climat nous dit aussi qu’on ne peut plus continuer de produire comme ces trente dernières années.
 
VENTE DIRECTE DE FRUITS ET LEGUMES
LE 18 AOUT 2016 à partir de 7h30 PLACE DE  LA BASTILLE
SEINE ET MARNE

MITRY MORY
8h30 : place de la République
8h30 : Mairie Annexe

HAUTS DE SEINE

GENNEVILLIERS
9h30 – 10h30 : quartier des Agnettes parking Victor Hugo
10h45 – 11h30 : Place du marché du Luth
12h – 13h : Ferme de l’horloge au Village
14h45 – 15h45 : Grésillons face à l’Espace 16h – 17h30 : parvis de la mairie

NANTERRE
9h : quartier du Petit Nanterre (5 allée des Iris) 11h : Quartier Parc Nord (Esplanade Charles de Gaulle)

BAGNEUX
10h – 11h30 : cité de la Pierre plate (devant le Centre social et culturel Prévert)

SEINE SAINT DENIS

AUBERVILLIERS
17h30 quartier de la Maladrerie 156 rue Danielle Casanova (angle allée
Georges Le-blanc)

BAGNOLET
10h30  quartier Malassis place 17 octobre 1961
10h30  Centre Sud  et couture devant 78, rue Robespierre
12 h avenue Gambetta, dos Mairie

BOBIGNY
10h Espace citoyen  160, avenue  Jean Jaurès

BONDY
9h-13h 93 avenue de la République

DRANCY
17h30  Cité Roger Salengro

LA COURNEUVE
12h poste du centre ville – avenue Gabriel Peri
18h  devant le Famprix Centre – tramway hôtel de ville

LE BLANC MESNIL
17h30 au 8 bis rue Claude Terrasse

MONTREUIL
17h Quartier de la Noue- barrière de l’AFUL
17h place Le Morillon
17h  au 10 rue Victor Hugo
17h Quartier Bel Air/Grands Pêchers au château d’eau

NOISY LE SEC
17h30 au local du PCF, 27 rue Henri Barbusse

PANTIN
17h30  devant Ciné 104 avenue Jean Lolive
17h30 gare RER E

PIERREFITTE
13h30 quartier des poètes
15h cité Fontaine rosée – centre ville
17h quartier sud Lavoisier

SAINT-DENIS
18h30  Place du 8 mai 1945, en face arrêt T5
18h30  Floréal promenade de la basilique
18h30 quartier Franc-Moisin devant la poste

SAINT-OUEN
17h  Vieux Saint-Ouen devant la Boulangerie du haut
18h30  place de la mairie
18h30  Rosiers les puces boutes en train
18h30 Les Docks, angle rue clé des champs et bateliers
19h Payret/Zola Angle rue Palouzié

TREMBLAY EN FRANCE
15h – 17h  65 rue Ronsard

VILLEPINTE
16h quartier Pasteur devant espace Jacques Prévert

VAL DE MARNE

ALFORTVILLE
10h Local PCF, 1 Square Veron

BOISSY ST LEGER
10h30 Quartier de la Haie Griselle, Face au centre social Michel Catonné

BONNEUIL
10h : Quartier des Libertés, place des Libertés
10h : Av Colonel Fabien devant la Pharmacie
10h : Av de la République
10h : Laboratoire d’analyse de Bonneuil, Av de Verdun
12h : Mairie de Bonneuil, rue Estienne d’Orves

CHAMPIGNY SUR MARNE
10h : Bois l’Abbé, Place Rodin
10h : Mordacs, Maison pour tous
12h : Mairie
14 h30 : Plateau – Sur le parking,  Avenue de Coeuilly
17h Quartier du Maroc, Parking Théâtre Jean Villar
17 h : gare de Boullereaux

CHEVILLY- LARUE
18h30 : à la « Maison pour tous » 23, rue du Béarn.
19h15 : Quartier Anatole France (Angle rue Edison et rue Arthur Rimbaud)

CHOISY
18h : Esplanade Jean Jaurès

CRETEIL
10h – Marché du Mont Mesly

FONTENAY SOUS BOIS
10h30 : Dalle Romain Rolland, Quartier La Redoute
18h : Dalle Maximilien Robespierre –Quartier Bois Cadet
18 h : Quartier des Larris – place des Larris
18h : Quartier Jean Zay, Place du Bi-Centenaire

GENTILLY
17h30 Devant la Mairie (Henry Barbusse)

IVRY
7h : esplanade de la Mairie
18h : Maison de quartier Monmousseau
18h : Place Parmentier

LE KREMLIN BICETRE
17h30 : devant la Piscine du Kremlin Bicêtre 48 av Charles Gide

ORLY
Section d’Orly Aéroport, 2 rue Georges Baudelaire

VALENTON
18h – Place du Marché

VILLEJUIF
10h30 : Esplanade Pierre Yves Cosnier
17h : Place Auguste Delaune

VILLENEUVE LE ROI
18h : cité Raguet Lépine

VILLENEUVE SAINT GEORGES
16h : devant la mairie
17h30 : cité Sellier
18h30 : devant la Maison Pour Tous, Bois Matar

VITRY
12h : Mairie de Vitry
14h : Place de l’Eglise
10h : Maison de quartier Colonel Fabien
18h : Place du 8 Mai 1945
18h30 Cité Balzac
17h Stalingrad

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NO : film qui fait réfléchir et espérer…

Posté par jacques LAUPIES le 18 août 2016

Cet excellent film sur la campagne du référendum organisé par le pouvoir de Pinochet projeté hier soir sur ARTE a retenu mon attention au point  de me sentir incapable du moindre commentaire.

De quoi nous faire réfléchir sur nos « produits » médiatiques en campagne électorale. Bien sur la question du rôle  des communicants est abordée mais ce film nous fait réfléchir sur notre capacité ou non, dans un contexte certes très différent, de mobiliser une majorité sous l’emprise de ceux qui conduisent la nation dans un impasse de conservatismes.

 

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Trop de « textile » chez les « textiles »*

Posté par jacques LAUPIES le 17 août 2016

 

La droite se perd en imbécillité : voila que maintenant on n’a aucun problème si on montre ses nichons sur une plage, si on se met un petit short qui parfois laisse deviner ces choses que nous aimons tous, assez avertis cependant pour les plus coquins  de ne pas dévoiler nos émotions.

Ce qui évidemment n’est pas toujours le cas des adeptes de la main baladeuse qu’ils soient d’éminents personnages ou quelque anonyme pressés dans une foule de rame de métro. Mais bon de mon temps comme disait ma grand mère on n’en faisait pas un fromage !

Au risque de les choquer j’ai répondu à deux personnages estimables, ce mardi sur le marché, distribuant un tract consacré au terrorisme, que le burkini était le dernier de mes soucis mais que je ne voyais pas de raison d’interdire sur une plage, ou la transpiration et le pipi font moins de dégâts que dans une piscine ou est exigé le maillot de bain pour une simple question d’hygiène, on interdise à des personnes, sans doute un peu provocatrice, de se baigner avec cette tenue. On n’est ni à l’école ni dans un quelconque lieu sacré de la République laïque !

Personnellement adepte de naturisme, je pense qu’elles se privent d’un réel plaisir pour le corps, mais la comme en politique on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Bien entendu il ne me viendrait pas à l’idée de me baigner à poil sur une plage « textile ». Mais un jour viendra…

Donc des maires décrètent tout simplement par esprit politicien : ca crève les yeux.

Pas étonnant que les français soient un peu plus dégoutés de la politique !

 

*Les naturistes ont pour habitude d’appeler « textiles » ceux qui ne sont pas naturistes !

 

 

 RELE VE SUR MSN.COM

REVUE DE PRESSE – « Provocation inutile » pour les uns, polémique stérile pour les autres, le débat sur le burkini a dépassé les frontières hexagonales et suscite beaucoup d’incompréhension à l’étranger, en particulier dans les pays anglo-saxons.figarofr: «Est-ce qu'un maillot de bain intégral est plus offensant que la raie des fesses d'une dame âgée?» se demande dans le quotidien britannique The Guardian, la journaliste - musulmane et voilée - Remona Aly.© HANDOUT/sAFP
«Est-ce qu’un maillot de bain intégral est plus offensant que la raie des fesses d’une dame âgée?» se demande dans le quotidien britannique The Guardian, la journaliste – musulmane et…La polémique sur le «burkini» qui agite certaines plages françaises a dépassé les frontières de l’hexagone. Le sujet est évoqué dans plusieurs médias étrangers. Dans les pays anglo-saxons, marqués par le multiculturalisme, c’est l’incompréhension qui demeure vis-à-vis d’une tradition française invoquée pour interdire ce vêtement islamique. «Est-ce qu’un maillot de bain intégral est plus offensant que la raie des fesses d’une dame âgée?» se demande dans le quotidien britannique The Guardian, la journaliste musulmane et voilée Remona Aly. Dans un article intitulé «Cinq raisons de porter un burkini – et pas seulement pour embêter les Français», elle s’en prend violemment aux «politiciens parlent sans cesse d’intégration et d’inclusion, mais chassent aux marges de la société les femmes qu’ils déclarent pourtant être oppressées et exclues de la société». Parmi les raisons invoquées pour porter le burkini, Remona Aly évoque «une économie de crème solaire et de cire dépilatoire» ainsi qu’une «célébration de la liberté «et une «diversification du mouvement de libération des femmes».Pour le New York Times, ce débat est «le dernier exemple des interminables tensions entre l’engagement déterminé certains diront inconsistant de la France sur la laïcité et le désir de beaucoup de musulmans d’exprimer des valeurs traditionnelles comme la modestie de leur tenue.» «La France a trouvé la dernière menace à la sécurité: le burkini», titrait ironiquement en Une la version internationale du journal, samedi 13 août. 

Une interdiction «contre-productive» et «fanatique»

 

«Les hommes blancs d’âge mûr comme moi n’ont pas le droit de dire aux femmes de ne pas porter le burkini», écrit Sean O’Grady dans le quotidien britannique The Independent, évoquant, une décision «mauvaise et contre-productive». «La tradition française est difficile à comprendre. Leur mot péjoratif pour désigner ce qu’ils craignent, le «communautarisme» n’est pas traduisible en anglais, mais c’est l’équivalent de la promotion de cultures séparées. Les Britanniques appellent cela le multiculturalisme, et le célèbrent. C’est la toute la différence», note O’Grady.

La presse britannique est particulièrement virulente contre ces interdictions. Pour Juliet Samuel, autre éditorialiste du quotidien britannique The Telegraph, l’interdiction des burkinis est carrément «un stupide acte de fanatisme». «Il est compréhensible que la France soit nerveuse, surtout dans le sud où une attaque terroriste a coûté la vie à 85 personnes à Nice», écrit-elle. «Mais il n’y a aucune preuve que les femmes qui portent des burkinis soient liées de quelconque manière au terrorisme, et il n’y a aucune raison de croire que les bannir aidera à lutter contre les islamistes. Au contraire, cela risque d’aliéner et de mettre en colère les musulmans modérés.»

«Quant à l’hygiène, que dire de tous ces vacanciers, surtout ceux venant du Nord, qui se baignent en t-shirt pour se protéger du soleil? Pour démonter le lien entre burkini et djihadistes, il suffit de se rappeler la photo d’Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher, flanquée de sa petite amie vêtue d’un bikini» estime pour sa part Alessandra Muglia dans le journal italien Corriere della Sera.

Un article du site Algérie Focus, traduit par Courrier International, publié le 8 août dernier, prend le contre-pied de ces indignations. Les auteurs dénoncent une «provocation inutile» dans le port du burkini en France. «Nous ne pouvons nous abstenir de faire grief à ceux des musulmans qui persistent à se singulariser de la sorte, sachant bien que la société occidentale est arrivée à un tel niveau de crispation à l’égard des musulmans, compte tenu de l’actualité, que la moindre anicroche sera déformée dans le sens d’une plus grande marginalisation des musulmans.» «Persister à défier les règles les plus élémentaires pour garantir la sécurité sur les lieux publics en France, en portant niqab, burka et autre accoutrement qui ne sont en rien garants d’une proximité particulière avec Dieu ni d’une dévotion plus authentique, traduit au mieux une méconnaissance de l’islam et au pire un endoctrinement lamentable et d’autant plus pitoyable que nous en connaissons les officines et le degré zéro d’évolution de leurs mandants», écrivent encore les auteurs.

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Pour mémoire…

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2016

Disparition de Georges Seguy

« Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager. »

Ces mots de Georges Seguy, prononcés en 2013 dans sa ville de Toulouse devant les congressistes de la CGT résume pour moi qui était Georges et que fut sa vie. Aujourd’hui, les communistes perdent un camarade, un dirigeant qui aura marqué son temps, un homme rempli d’humanité, de dignité, un combattant du genre humain.

Ceux qui l ont côtoyé de près perdent un ami d une grande fraternité. J ai eu cette chance de partager avec lui des moments qui restent à jamais gravés dans ma mémoire. Georges aimait la vie des gens humbles.

Jeune communiste avant guerre,  il adhère au Parti communiste français en 1942 à l’annonce de la mort de Pierre Sémard et rejoint avec son cercle de la JC, la résistance active au sein des  Francs-Tireurs et Partisans français.  Il est arrêté deux ans plus tard par la Gestapo en imprimant le journal clandestin de la JC, « l’Avant Garde ». Il est déporté au camp de concentration de Mauthausen. Il est le  plus jeune déporté résistant de France, selon les historiens. L’horreur n’a pas de mots et pourtant Georges va s’évertuer en toute occasion à transmettre aux jeunes générations ce qu’il a vécu et ce que furent ses combats.
A la libération du camp, et son retour en France,  il entre à la S.N.C.F. Il y prend des responsabilités  au syndicat cheminot de la CGT et est élu secrétaire général  de la fédération en 1961 . Parallèlement, il est élu au comité central du PCF en 1954 et devient membre  du bureau politique à partir de 1956. Pour lui, ces deux engagements étaient une nécessité pour marcher sur ses deux jambes : défendre les droits des travailleurs et changer la société.

Il veilla toujours à l’autonomie des deux structures auxquelles il était tout autant attaché.

En 1967, il succède à Benoît Frachon, comme secrétaire général de la C.G.T.  Il  est un des acteurs connu et reconnu des grèves de mai 1968. Il est aussi à l aise parmi les travailleurs en lutte, comme lors du grand meeting  devant Renault Billancourt que respecté pour négocier et signer les accords de Grenelle. Après 1968 il joue un rôle actif dans les évolutions politiques du PCF dont il restera un acteur vigilant.

Depuis sa retraite en 1982, il poursuivait ses activités militantes. Au sein de la Cgt , il animait l’Institut d’Histoire Sociale. Au sein de son Parti, fidèle à ses idéaux de jeunesse, il donnait son avis, aidait par des conseils précieux. Il travaillait sans relâche à chercher des perspectives de rassemblement des forces transformatrices à gauche. Georges a toujours été un acteur des combats de son temps : pour le droit des salariés (y compris dernièrement contre la loi El Khomri)- pour la paix (en Algérie, au Vietnam- en Irak- en Palestine…), pour le désarmement nucléaire au nom duquel il anima l Appel des Cent, contre le racisme, le fascisme, l’apartheid,  pour la dignité humaine,  pour l’égalité femme-homme, contre le capitalisme, pour une société du
commun, du partage des richesses et des savoirs. Georges a toujours été bienveillant avec les femmes et les hommes qui luttent. Quant  Il donnait son avis,  il le faisait toujours dans le respect et l’attention  à l’autre.

A Michel son fils, à sa famille et proches, aux membres de la CGT, je présente toutes mes condoléances et celles des communistes. Nous pleurons avec toi, avec vous, un ami, un camarade, un être cher dont la vie restera pour nous un message plein d avenir.

Pierre Laurent, Secrétaire national PCF

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Un homme qui a compté parmi ceux qui ont éterminé mon action syndicale et les choix politiques qui ont suivi.

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2016

 

Je me souviens de ce Congrès fédéral où il fut élu Secrétaire Général de la Fédération CGT cheminots en 1961. Adhérent de la CGT depuis peu. Les neuf ans qui me séparaient de sa génération de résistants m’avaient permis de me déterminer précisément par l’exemple qu’il donnait  à la mienne.

Comment ne pas être attristé par la disparition de celui qui dirigeait la CGT en 1968 alors que notre pays connaissait l’une des plus grandes luttes ouvrières de ce dernier siècle.

 

 

Georges Séguy : une vie de combat pour le progrès social

Dimanche, 14 Août, 2016
Humanite.fr
Né le 16 mars 1927, à Toulouse, typographe, résistant communiste puis ouvrier du Service électrique de la SNCF à son retour de déportation, il s’engage dans le syndicalisme et devient secrétaire général de la CGT (1967-1982) puis président de l’Institut CGT d’histoire sociale à sa retraite en 1982. Retour sur une vie de combat pour le progrès social.

 

Un jeune ouvrier engagé précipité en déportation

 
Les années de jeunesse et de formation de Georges Séguy furent fortement marquées par l’empreinte de son père, André Séguy, ouvrier agriculteur, puis viticulteur et enfin cheminot gréviste en 1920 ; socialiste depuis 1919, il fut communiste dès le congrès de Tours et devait devenir par la suite, aux côtés de Pierre Semard, un des dirigeants de la Fédération CGT des cheminots. La mère de Georges Séguy, très croyante, n’appartenait pas au PC et se serait opposée à son mari en voulant faire inscrire le jeune enfant au catéchisme mais, selon Georges Séguy, ce fut rapidement l’opinion du père qui prévalut. Sa sœur qui sera connue sous le nom de Denise Foucard reçut elle une éducation religieuse.
Georges Séguy obtint le Certificat d’études primaires en 1939 et poursuivit ses études pendant trois ans, sans grande conviction. Il choisit d’entrer dans la vie professionnelle chez un imprimeur toulousain comme apprenti en 1942. Il adhéra au PC clandestin au cours de l’hiver 1942. Georges Séguy souligna ultérieurement combien son engagement fut influencé par Pierre Semard, un ami proche qui rendait visite à la famille à chaque passage à Toulouse, et combien il fut frappé en apprenant son exécution. Adolescent courageux, il accomplit à partir de la même année des actes de résistance : il semble qu’il appartenait déjà depuis quelque temps aux Jeunesses communistes clandestines. Il devint conducteur typographe apprenti à l’imprimerie dirigée par Henri Lion à Toulouse qui, tout en ayant une activité au grand jour, travaillait également pour la Résistance. Celle-ci tirait plusieurs titres : Combat, Franc-Tireur, Libération, l’Avant-garde et même La Tribune des cheminots, édition de la région toulousaine de la Fédération CGT des cheminots illégale. Mais la grande spécialité de l’imprimerie était la confection de faux papiers : cartes d’identités, certificats de travail, cartes de représentant, livrets de famille à l’intention des militants clandestins et pour aider les juifs à échapper aux persécutions de la police de Vichy. Georges Séguy a témoigné sur ce qui suivit auprès du Parti communiste : « Le patron de cette imprimerie (Henri Lion) consentait aux organisations de résistance l’édition de matériel illégal, tracts, cartes d’identité, d’alimentation etc… seul le parti n’utilisait pas cette imprimerie. Du jour où je travaillais, mon père ayant une responsabilité dans le mouvement syndical de Toulouse, me demanda l’édition de ce matériel illégal. Puis ce furent les FTPF, France URSS, le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et le parti communiste. À cette époque sans être réellement membre du parti je travaillais en liaison avec des responsables du parti de la région de Toulouse, notamment avec Mercier (alias Maurice) et Gaston Plissonnier (alias Duchenne). À part le patron de l’imprimerie personne ne savait que c’était par mon intermédiaire que le parti et les autres organisations utilisaient l’imprimerie. Le peu de sérieux du travail des organisations telles l’AS, l’IS, Libération et d’autres encore qui utilisaient cette imprimerie, nous conduisit à notre arrestation sur dénonciation d’un agent double le 4 février 1944. Tout le personnel de l’imprimerie, le patron y compris furent arrêtés, avec nous de nombreux militants des organisations gaullistes et socialistes. J’étais le seul dans l’arrestation à représenter le parti communiste ».
Georges Séguy s’exprima aussi de façon publique sur son engagement dans la Résistance : « J’étais chargé de mission par l’état-major des FTPF et j’effectuais aussi la liaison entre la direction de l’imprimerie et les organisations illégales de la CGT, du Front national et du PCF dont les responsables jugeaient prudent, non sans raison, de ne pas trop s’aventurer dans notre entreprise » (lettre reproduite dans Henri Noguères, Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France, tome 4, Éditions Robert Laffont, p. 379). Il fut arrêté le 4 février 1944 et emmené avec l’ensemble du personnel de l’imprimerie qui était en train d’imprimer une brochure d’André Wurmser, Ce qu’il faut savoir de l’URSS. Henri Lion devait mourir en déportation. Georges Séguy fut menacé, interné mais non torturé. Il fut conduit à la prison Saint-Michel à Toulouse du 4 au 22 février 1944, puis au camp de Royallieu à Compiègne jusqu’au 21 mars 1944, avant d’être déporté au camp de Mauthausen en Autriche. Ayant tout juste dix-sept ans, il fut pris en charge par l’organisation illégale du camp, protégé au maximum, notamment lorsque, victime d’une pleurésie, il fut employé clandestinement à l’hôpital pour y être soigné en cachette ; il évita ainsi l’hospitalisation avec le risque de finir au four crématoire.
Il fut libéré le 28 avril 1945 par la Croix rouge internationale, en passant par la Suisse, avec d’autres militants communistes tels que Rabaté, Lampe, Ricol, Bontemps, Lamazere etc. Il arriva à Toulouse le 5 mai 1945 « bien mal en point », comme devait l’écrire son père et se mit à la disposition du PC, le jour même. Georges Séguy, qui ne fit pas de service militaire en raison de sa déportation, fut FFI aspirant homologué. Ultérieurement, il devait appartenir à des organisations de déportés.
Les séquelles de sa pleurésie lui interdirent un retour dans l’imprimerie à cause des émanations de vapeur de plomb. Il travailla quelque temps comme responsable aux abonnements dans le journal régional de la Résistance, Le Patriote de Toulouse, que dirigeait André Wurmser.
 

Après la guerre, devenu cheminot, il prend des responsabilités synciales à la CGT et entre au bureau politique du PCF

Entré à la SNCF en avril 1946, sur les conseils et avec l’aide de Marcel Bergé, il fut affecté au service Équipe de lignes sous/station du Service Matériel et Traction de l’ex-réseau Midi. Sportif, il pratiquait le football. Sa carrière professionnelle n’évolua guère et il devait évoquer dans un entretien dans La Vie du rail (n° 2558, 21 août 1996) qu’il fut pendant longtemps « le plus ancien dans le grade le moins élevé ». Il eut la chance de faire équipe avec Marcel Bergé qui lui apprit, en même temps, la maîtrise du métier et la pratique de l’action militante. Il participa aux grèves de 1947 et devait se souvenir de celle de novembre-décembre où il se laissa gagner par l’ambiance ; il fut d’ailleurs arrêté alors pendant une journée.
Il avait adhéré à la CGT en octobre 1945 et était très vite devenu responsable du syndicat CGT des cheminots de Toulouse. De 1947 à 1949, il fut membre de la commission administrative de l’Union départementale CGT de la Haute-Garonne. Le 10 octobre 1949, il « monta » à Paris où il commença à travailler avec les cheminots de Tolbiac et surtout il devint un des secrétaires de la Fédération CGT des cheminots. Au congrès de la Fédération des cheminots de juin 1949, deux dirigeants historiques, Lucien Midol et Marc Dupuy s’en étaient allés. Pour les remplacer au secrétariat fédéral, avait été jouée la carte de la jeunesse : elle favorisa Raymond Chauve, qui avait vingt-huit ans, et surtout Georges Séguy, qui n’en avait que vingt-deux. Très vite, le jeune dirigeant allait s’affirmer. En 1951, il fit partie de la délégation de la CGT qui alla en URSS pour le 1er mai ; à l’aller et au retour, il s’arrêta à Prague. Au congrès de décembre 1953, Robert Hernio présenta ainsi sa candidature : « Il a tout l’avenir devant lui et, compte tenu de ses compétences et de son intelligence, nous pouvons avoir de grands espoirs en lui. » Lors du congrès suivant, (janvier 1956), il devint secrétaire général adjoint en charge des actifs, puis accéda à la fonction de secrétaire général au congrès de mai 1961, remplaçant alors Robert Hernio, en instance de départ au secrétariat de la Fédération syndicale mondiale (FSM). Élu à la Commission administrative de la CGT en 1961, il devint secrétaire confédéral au congrès de mai 1965, laissant la charge de secrétaire général en novembre 1965 à Charles Massabieaux.
Il s’élevait également avec rapidité dans la hiérarchie du Parti communiste. Membre du bureau de section centre gare à Toulouse en 1948, il fut membre du Comité fédéral de Haute-Garonne de février 1946 à octobre 1949, il suivit l’École centrale du PC, du 7 mai au 13 juillet 1950. Lors du XIIIe congrès du PC (juin 1954), il fut élu suppléant au Comité central ; titularisé à cette instance lors du congrès suivant (juillet 1956), il devint immédiatement suppléant au Bureau politique. En mai 1964, il accéda au Bureau politique du PC, lors de son XVIIe congrès ; il en était le membre le plus jeune. L’année suivante, il entra au Bureau confédéral de la CGT et en 1967, il accéda à sa responsabilité majeure.
 

Sécrétaire général de la CGT, en première ligne en mai 68

Tout alla pour lui désormais très vite car se posa peu après le problème de la succession de Benoît Frachon*. Georges Séguy fut élu secrétaire général de la CGT lors de son XXXVIe congrès (11-16 juin 1967), alors que Benoît Frachon en devenait le président. Souffrant de soucis de santé depuis 1966, Benoît Frachon aurait évoqué « une fois, très vaguement sa succession au secrétariat général lançant deux prénoms Henri (Krasucki) ou Georges (Séguy) » 
Benoît Frachon devenu président de la CGT, tout comme Maurice Thorez l’avait été quelques années plus tôt du PC, n’envisageait pas sa mise à la retraite. On s’en rendit compte quelques mois plus tard, durant Mai 68, où Benoît Frachon fut aux côtés de Georges Séguy durant toute la durée des évènements. Il participa à la délégation de la CGT qui, composée de lui-même, Georges Séguy, André Berteloot, René Buhl, Henri Krasucki et Jean-Louis Moynot, s’assit à la table des négociations au ministère du Travail, rue de Grenelle le 25 mai ; Benoît Frachon tint d’ailleurs à déclarer, en préambule, sa fierté à être le seul syndicaliste à avoir participé à la rencontre de Matignon en 1936. Selon le témoignage de Georges Séguy, ce fut lui-même qui détermina les grandes lignes de l’ordre du jour sur les négociations de Grenelle. Elles s’organisèrent sur les quatre points suivants : les salaires et leurs conséquences sur les retraites ; les conditions de travail et notamment la réduction de la durée du travail ; les Ordonnances Jeannenney qui, prises en août 1967, bouleversaient l’organisation de la Sécurité sociale et sa gestion, en particulier au détriment de la CGT. La question des droits syndicaux, des libertés syndicales constituait le quatrième point de l’ordre du jour.
La négociation dura jusqu’au 27 mai en s’accélérant dans les dernières heures puis Georges Séguy et Benoît Frachon se rendirent aux usines Renault à Billancourt (Seine) pour rendre compte des résultats des négociations. Cet épisode suscita sur le moment et ensuite de nombreuses polémiques : les deux dirigeants syndicaux qui auraient essayé de faire accepter par les ouvriers de Billancourt les résultats obtenus à Grenelle se seraient vu essuyer un refus de la « base », désireuse de poursuivre la lutte. Cette vision des choses a été remise en cause par Antoine Prost (op. cit.) pour qui des militants aussi chevronnés que Georges Séguy et Benoît Frachon ne pouvaient à ce point ignorer les réactions de leur base : jamais ils ne se seraient ainsi exposés à des critiques émanant d’elle. Georges Séguy avait toujours dit que les résultats seraient soumis à la base, ce qui ne signifiait nullement qu’il pensait que les ouvriers de Renault allaient reprendre le travail. Enfin, la CGT avait appelé le matin même à la poursuite de la grève. Quoi qu’il en soit, ce meeting de Renault marqua un tournant dans les grèves de 1968 ; il fut perçu dans l’opinion comme un échec gouvernemental sur le constat de Grenelle. Dès lors, les grèves continuèrent et les négociations se poursuivirent durant plusieurs jours. On ne reviendra pas ici sur les résultats obtenus durant ces semaines cruciales, toutefois de l’aveu même de Georges Séguy, les grèves ne purent faire revenir le gouvernement sur les Ordonnances Jeannenney : cet élément, trop souvent occulté, constitua pour le secrétaire général de la CGT « un des mauvais souvenirs de la négociation de Grenelle ».
A l’issue de Mai 1968 et jusqu’en 1972, la CGT bénéficia de 300 000 adhésions nouvelles. L’arrivée de cette génération militante contribua au rajeunissement des cadres et au remplacement progressif des responsables issus de 1936. De ce point de vue, l’accession à la direction de la CGT de Georges Séguy, dont l’autorité sortit renforcée de Mai 1968, symbolisa bien ce changement même si, formellement, il s’était produit un an plus tôt.
Un rapport de Gaston Plissonnier non daté, mais rédigé au moment de l’« Affaire Marchais » en 1978, apporte des précisions sur les positions prises par Georges Séguy quand se posa, à la tête du Parti communiste en 1970, la question de la succession de Waldeck Rochet. Ce dernier, on le sait, était malade. « Lors de conversations privées à son domicile, Waldeck évoquait ce souci de la succession, d’autant qu’il se sentait faiblir. Commentant les diverses éventualités, il aboutissait toujours à l’idée que Georges Marchais pourrait être élu Secrétaire général adjoint lors du XIXe congrès.. .Évidemment, il était difficile à Georges de se proposer lui-même. C’est alors que j’ai eu des conversations personnelles avec la plupart des membres du Bureau politique de l’époque, en exposant aux camarades l’opinion de Waldeck Rochet concernant sa succession. Jacques Duclos et Benoît Frachon avec lesquels j’ai parlé en premier – ils y avaient réfléchi étaient favorables à l’élection de Georges, de même de François Billoux, Raymond Guyot, Étienne Fajon, Georges Frischmann, Gustave Ansart, Paul Laurent. André Vieuguet et Georges Séguy ont hésité un peu, mais ont finalement admis que c’était une bonne solution. Par la suite, en cours de discussion au Bureau politique, Benoît a proposé qu’Étienne Fajon, directeur de l’Humanité, encore relativement jeune, soit élu au secrétariat où il apporterait les acquis de son expérience et de celle du Parti. » Le peu d’enthousiasme de Georges Séguy et André Vieuguet mentionné dans ce rapport ne manqua pas de laisser des traces au sein de la direction communiste.
Durant les années qui suivirent Georges Séguy défendit l’orientation du Programme commun de gouvernement, signé en juin 1972 entre le PC, le PS et les Radicaux de gauche, jusqu’à ce que sa rupture, survenue en septembre 1977, n’ouvre, pour lui comme pour la CGT, une nouvelle période. La Confédération défendit le Programme commun dans les termes suivants : « Il offre l’issue démocratique qui a tant fait défaut dans le passé et ouvre la perspective du changement réel pour les travailleurs… La CGT (qui) a contribué à son élaboration, fera tout ce qui dépend d’elle pour que se constitue le front syndical commun … et souhaite que l’ensemble des organisations syndicales s’entendent pour soutenir le programme de la gauche sur la base de leurs préoccupations syndicales communes ». Si l’unité d’action signée entre la CGT et la CFDT en 1966 avait été quelque peu malmenée durant Mai 1968 et ensuite, en particulier en raison des divergences des deux confédérations à l’égard de l’extrême gauche, l’orientation découlant du Programme commun donnait un nouvel élan à l’unité avec la CFDT et le syndicalisme enseignant. Cette orientation fut effectivement suivie par la CGT de Georges Séguy durant les années qui suivirent. Ce contexte unitaire eut des effets limités sur les adhésions puisque de 1972 à 1975 ou 1976, la CGT n’aurait recruté que 70 000 adhérents supplémentaires ; toutefois les perspectives politiques ouvertes par le Programme commun auxquelles adhérait pleinement la CGT semblaient prometteuses à court terme.
 

Le programme commun de la gauche, source de discordes

En septembre 1977, la rupture des négociations relatives à la réactualisation du Programme commun prit complètement la CGT à contre-pied. Si la CGT défendit alors des positions analogues à celles du PC sur le nombre d’entreprises à nationaliser, plusieurs responsables socialistes de la CGT se distancièrent de l’orientation confédérale. Par ailleurs, les convergences entre les positions communistes et cégétistes ne se résumèrent pas en des relations marquées en seuls termes d’alignement. Plusieurs mois après septembre 1977, le secrétaire général de la CGT fit tous ses efforts pour maintenir l’unité avec la CFDT afin de parer, sur le plan syndical, au contexte général provoqué par la rupture de l’Union de la gauche. Mais le recentrage opéré par la CFDT à partir de janvier 1978 – la CFDT se démarqua alors de tout ce qui pouvait apparaître comme un soutien au PC, tout en prenant également ses distances à l’égard de la CGT – mit cette orientation en échec. Le 7 février 1978 Georges Séguy, membre du bureau politique, était tenu au vote communiste aux élections législatives, ce qui provoqua diverses contestations au sein de la CGT : cette dernière ne pouvait, en tant que telle, avoir la même position. La défaite de la gauche à ces élections, le recentrage opéré par la CFDT placèrent la CGT en position difficile. Georges Séguy se fit alors l’artisan d’une volonté d’ouverture de la Confédération et rechercha une plus grande autonomie vis-à-vis du Parti communiste et de la Fédération syndicale mondiale. La CGT multiplia les critiques à l’égard de cette dernière, dénonça son volontarisme et se retira de son secrétariat. 
Ces problèmes – démocratie, autonomie et dynamisation de l’action – furent au cœur des débats du XLe congrès de la CGT qui se tint du 25 novembre au 1er décembre 1978 à Grenoble. Dans le but de renforcer la Confédération et de lutter contre l’isolement qui la menaçait, un recrutement plus large fut fait en direction des chrétiens et des socialistes à qui furent confiés davantage de responsabilités : leur nombre passa de trois à sept au sein de la Commission exécutive. La discussion fut également ouverte sur la question, fort ancienne, de l’indépendance syndicale. Georges Séguy fit alors ce qui pouvait apparaître comme une autocritique : « Le fait que nous ayons nous-même, dans cette période, fait de plus en plus référence au Programme commun et de moins en moins à celui de la CGT a pu contribuer, même si ce fut à notre corps défendant, à entretenir la confusion (entre le PC et la CGT). Que cela ait eu des conséquences négatives au niveau de l’action revendicative, c’est incontestable… (Les luttes) qui se rattachaient à la perspective du changement (…) ont pu donner l’impression d’une action revendicative très globalisée et politisée, s’éloignant des préoccupations quotidiennes et immédiates des travailleurs qui relèvent de la responsabilité première du syndicat. Nos réactions à cette propension n’ont pas réussi à la rectifier complètement ».
Au sein de la CGT se produisit un clivage entre les responsables qui, comme Georges Séguy, étaient partisans d’une plus grande ouverture et ceux qui, comme Henri Krasucki, campaient sur une « ligne de forteresse » ; selon le témoignage ultérieur d’Étienne Deiss, non communiste et trésorier de la CGT de 1977 à 1985, Georges Séguy avait alors espéré que le congrès de la CGT contribuerait à modifier l’orientation du PC. Le témoignage ultérieur de Georges Séguy confirme cette version des choses : il s’efforça alors de « soustraire » la CGT à l’influence du Parti communiste ou du moins des aspects de son orientation les plus outranciers. Rappelons que le PC recueillait alors autour de 20 % des voix aux élections : tout ceci se passait avant son décrochement qui, survenu à partir de mai 1981, ne cessa de s’aggraver durant les deux décennies qui suivirent.
Cette tentative d’influer sur l’orientation du PC par le biais syndical et d’ouvrir plus largement la Confédération fut un échec et ce fut l’inverse qui se produisit : le poids du PC se fit sentir encore davantage au sein de la Confédération. En dépit d’un nouvel accord signé entre la CGT et la CFDT le 17 septembre 1979, l’unité d’action piétina puis régressa. Les tentatives d’autonomisation de la CGT à l’égard du PC furent peu à peu reléguées à l’arrière-plan, en particulier à partir de la fin 1979 : l’URSS qui avait alors envahi l’Afghanistan fut soutenue en ce sens par Georges Marchais, secrétaire du PC, dans une intervention, retentissante faite à Moscou le 11 janvier 1980. Au sein de la CGT, cette déclaration suscita l’opposition des dirigeants socialistes ainsi que de certains responsables communistes, parmi lesquels Jean-Louis Moynot et Christiane Gilles, soit la moitié du bureau confédéral. Georges Séguy proposa que le bureau confédéral s’abstienne de prendre position et la décision fut finalement prise d’envoyer une délégation en Afghanistan pour information. Cette position fut sévèrement condamnée par la CFDT ; dès lors, tout ce qui pouvait encore rapprocher les deux confédérations tendit à disparaître.
Cette accumulation de problèmes rendit particulièrement difficile la position de Georges Séguy et l’amena à annoncer son départ en octobre 1981. Il aura engagé la Confédération dans une profonde démocratisation interne, qui permet entre autres l’émergence de nouveaux moyens d’expression directe des travailleurs. L’exemple le plus significatif de cette évolution est le soutien apporté par la CGT à la radio libre (donc illégale) « Lorraine Cœur d’acier » pendant et après la lutte des sidérurgistes de Longwy (première émission le 17 mars 1979, dernière émission le 5 juillet 1980). Confronté à l’opposition du groupe refusant cette démocratisation du syndicat, il doit se retirer en juin 1982 et laisser la place à Henri Krasucki, après quinze ans à la direction de la principale confédération syndicale française.

 

Une « retraite » précoce mais un homme engagé jusqu’à la dernière seconde 

Faut-il voir dans la tradition du départ en retraite des cheminots à cinquante-cinq ans la vraie raison du départ de Georges Séguy ? Sa fatigue fut également évoquée. Toutefois, si les orientations approuvées lors du congrès de Grenoble s’étaient concrétisées, la concordance entre ses idées et les possibilités d’agir aurait sans doute été la plus forte. Dans quelle mesure Georges Séguy ne paya-t-il pas les conséquences de ses efforts et d’abord de son échec à mettre en œuvre la politique d’ouverture qu’il défendait depuis trois ans ? Lors du Comité confédéral national tenu en octobre 1981, il affirma son parfait accord avec l’orientation confédérale. Ultérieurement, Étienne Deiss contesta cette affirmation : le secrétaire général s’était efforcé d’infléchir la politique sectaire menée par le PC depuis septembre 1977 mais « le Parti n’a pas changé sa ligne. Et quand Séguy a vu qu’il était battu, il en a tiré les conséquences ». Son départ s’accompagna d’une marginalisation systématique, au sein de la CGT, de « tous ceux qui étaient sur une ligne d’ouverture ». Il semble bien que l’arrivée aux commandes d’Henri Krasucki s’explique par la volonté d’une reprise en main de la CGT par le Parti communiste même si cette hypothèse reste à confirmer ; le successeur de Georges Séguy se refusa toujours de témoigner sur cet épisode.
Après son départ du secrétariat général de la CGT, Georges Séguy continua de militer : il resta à la Commission exécutive de la CGT de 1982 à 1992 et fut le principal animateur de l’Appel des Cent pour la paix et le désarmement, rassemblement de personnalités issues de divers horizons. Par ailleurs, il s’impliqua profondément dans la démarche qu’entreprit alors la CGT pour rechercher son histoire. Ce fut en effet en 1982 que la CGT constitua un Service confédéral d’archives : une première tentative de ce type, qui avait eu lieu en 1937, cassée nette par la Seconde Guerre mondiale, était restée sans lendemain. C’est également en 1982 que fut mis sur pied l’Institut CGT d’histoire sociale, sous la présidence de Georges Séguy, ainsi que plusieurs Instituts régionaux : toutes ces structures organisèrent et impulsèrent de nombreuses recherches sur l’histoire de la Confédération. Georges Séguy participa activement à cette démarche et contribua à ce que la CGT prenne en charge son histoire. 
 
En juin 2016, georges Séguy est arborait dans sa maison de retraite un T-shirt Info’Com-CGT sur lequel figurait un dessin de Babouse et ce slogan :  »Pas de retrait, pas de trêve ! » en soutien aux manifestants qui exigeaient le retrait de la ‪Loi El Khomri « … on imagine alors ce qu’il aurait pensé du tweet de Manuel Valls qui déplore cyniquement « la disparition d’une grande figure du syndicalisme et des luttes sociales dans notre pays »
 
Georges Séguy s’était marié le 30 avril 1949 avec Cécile Sedeillan ; ils eurent trois enfants. Sa fille Danielle travaille dans l’encadrement d’art, ses fils Claude et Michel sont respectivement photograveur et ingénieur EDF. 

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