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L’état d’urgence, on arrête quand d’y croire ? (titre l’Humanité)

Posté par jacques LAUPIES le 20 juillet 2016

Commentaire : L’urgence est de trouver une solution qui au problème qui nous conduit à intervenir hors de nos frontières pour éteindre des incendies qu’ont provoqué les politiques occidentales sous la pression des oligarchies financières et industrielles, nationales et internationale qui veulent, d’une manière ou d’une autre (avec des régimes à leur botte) maitriser richesse et influences géopolitiques, pour garantir leurs profits

 

Mehdi Fikri
Mardi, 19 Juillet, 2016
L’Humanité

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L’état d’urgence, on arrête quand d’y croire ? (titre l'Humanité) dans POLITIQUE

Photo : AFP

François Hollande veut encore le prolonger, en dépit d’un bilan quasi nul en matière de lutte contre le terrorisme.

L’état d’urgence, vous en voulez encore ? Pour la quatrième fois depuis novembre 2015 et cinq jours après l’attentat de Nice, l’Assemblée nationale est appelée à voter aujourd’hui une prolongation de l’état d’urgence, jusqu’au 26 octobre. Une décision, avant tout symbolique, qui devrait susciter un débat houleux tant ce régime d’exception a surtout fait la preuve de son inutilité en matière de lutte contre le terrorisme. « L’état d’urgence ne règle rien. ça rassure, c’est tout », reconnaît même le député (LR) et ancien magistrat Georges Fenech.

L’état d’urgence permet, entre autres, d’assigner à résidence toute personne « pour laquelle il existe des raisons sérieuses de penser qu’il constitue une menace pour l’ordre public », d’ordonner « des perquisitions à domicile de jour comme de nuit », ou encore d’interdire des rassemblements publics. Tout ça sans contrôle ou presque de l’autorité judiciaire. Un dispositif qui place la France dans le peloton de tête des démocraties occidentales les plus policières. Selon l’exécutif, il devait faciliter, « par effet de surprise », le démantèlement de réseaux djihadistes. Dans les faits, ce ne fut pas le cas.

Sylvain (1), policier à la Direction générale de la sécurité intérieure, nous expliquait en mars qu’« on ne l’utilise quasiment pas, alors que la DGSI est le premier service concerné ». Sur le terrain, affirme-t-il, la DGSI évite les perquisitions administratives car « ce serait le meilleur moyen de dire à nos cibles qu’on s’intéresse à elles ». Quand aux assignations à résidence : « Cela ne fait que rajouter du boulot inutile. » Il y a deux semaines, le député (PS) Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, en remettait une couche. « L’état d’urgence n’a eu qu’une portée limitée. Je m’interroge sur sa valeur ajoutée réelle », assurait-il tout à fait officiellement.

Les chiffres dévoilés, en mars, par la commission de suivi de l’état d’urgence parlent d’eux-mêmes. Les mesures dérogatoires n’ont qu’une incidence modeste sur le plan judiciaire. Seules 17 % des perquisitions menées dans ce cadre ont débouché sur des actions judiciaires, principalement pour infraction à la législation sur les armes ou celle sur les stupéfiants… Sur les quelque 3 340 perquisitions menées dans ce cadre, seules 28 ont donné lieu à une procédure pour « terrorisme », dont 24 pour simple « apologie ».

Surtout, à l’époque, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a reconnu et condamné lui-même des « dérives » dans les assignations et perquisitions… Ajoutant que l’état d’urgence n’avait pas vocation à durer. C’est d’ailleurs dans cette optique que le gouvernement a engagé, au printemps, une réforme musclée de la procédure pénale. Ce texte, promulgué en juin, était censé prendre le relais de cet état d’urgence, en étendant notamment les possibilités de contrôle et d’usage des armes par les forces de l’ordre. François Hollande, dans sa volonté d’affichage sécuritaire, a dû l’oublier…

 

Une « gesticulation », dénonce La LDH 

De nombreuses associations s’élèvent d’ores et déjà contre une quatrième prolongation de l’état d’urgence. « C’est une gesticulation et non une gestion raisonnée et démocratique de la situation », a estimé hier la Ligue des droits de l’homme. « Tous les parlementaires, y compris celles et ceux qui prétendent le contraire, le gouvernement lui-même, savent que cette prorogation est inutile », estime la LDH. L’association pointe la volonté de l’exécutif de conjuguer l’état d’urgence et les textes répressifs votés récemment, soi-disant pour le remplacer. « Les pouvoirs publics ont fait voter des dispositions extrêmement graves pour les libertés. Une telle attitude ne permet nullement de lutter efficacement contre les actes de terrorisme mais porte atteinte à tous les ressorts de la vie démocratique », poursuit la LDH.

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Déces de Raymonde Tillon : « symbole de tout un pan de l’histoire populaire de notre pays

Posté par jacques LAUPIES le 20 juillet 2016

 

 Il fut un temps où il n’était pas bon d’avoir une opinion divergente de celle de la Direction du PCF. Comme cela se produisait souvent en pareil cas, on mettait « la base » en condition pour qu’elle souscrive à des exclusions.

La méthode n’était évidemment pas spécifique au PCF. De nos jours elle n’a pas disparu des pratiques de certaines organisations. Cela tient au fait que l’esprit critique n’est sans doute pas assez développé et que la tare du « suivisme » fait encore des ravages. Le  Parti Communiste a mis un terme à ce type de sanction ultime, pour divergence politique, qui non seulement frappe celui ou celle qui en est victime mais peut restreindre l’expression d’un plus grand nombre.

Germaine Tillon est donc à la fois le témoignage et c’est le plus important d’une vie de résistante et d’une communiste qui, avant d’autres sans doute, s’est opposée aux pratiques staliniennes.

Des pratiques amplement condamnées et dont certains voudraient nous affubler ou plus hypocritement nous en faire supporter l’existence passée. Ainsi ce journaliste de France 2 qui fait l’étonné de voir le PCF (enfin le journal l’Humanité) émettre des réserves sur l’utilité et l’efficacité de prolonger l’état d’urgence alors qu’il y a bientôt trente ans un chef d’état polonais communiste (Jaruzelski) le préconisait en Pologne face à la contestation populaire. N’importe quoi ! Mais cela fait toujours un peu mal pour une jeunesse qui n’a pas nécessairement perçu le chemin poursuivi par les communistes depuis ces temps.

Ce journaliste, pour qui j’ai d’ailleurs j’ai un certain respect parce qu’il n’omet pas de citer l’Humanité dans sa revue de presse, contrairement à nombre de ses confrères. Veut il ainsi rassurer son Directeur de Chaîne ? On peut aussi voir les choses de cette façon et en ce cas il est bien à plaindre !

 

Décès de Raymonde Tillon : « symbole de tout un pan de l’histoire populaire de notre pays » (Pierre Laurent)

C’est avec émotion que j’ai appris le décès de Raymonde Tillon. Résistante communiste, députée de Marseille, elle était l’une des premières femmes élues en 1945.

Épouse de Charles Nédélec dirigeant historique du Front populaire, elle vint s’établir avec lui à Marseille où elle participa aux diverses actions menées par le PCF. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, elle fut déportée en 1944 de Sarrebrück, puis à celui de Ravensbrück dont elle s’évada avant l’arrivée des alliés.

Raymonde se fit élire députée de la 1ere circonscription des Bouches-du-Rhône, ce qui fit d’elle une des premières femmes élues à l’Assemblée nationale dès 1945.

En 1951, après avoir épousé Charles Tillon, elle le soutint dans l’épreuve, quand il fut accusé avec André Marty, d’activité fractionnelle. Son exclusion du parti en 1970 pour protestation contre l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie, fut déclarée conne nulle et non avenue en 1997 par nos instances, quand le PCF décide de mettre un terme à cette pratique de l’exclusion politique.

Avec elle, disparaît la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée Constituante de la 4e République. Raymonde Tillon symbolise tout un pan de l’histoire populaire de notre pays, mais aussi de l’histoire des droits des femmes, de la démocratie.

Au nom de mes camarades, je m’incline devant la mémoire de Raymonde Tillon, son parcours, son engagement militant.

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Turquie

Posté par jacques LAUPIES le 19 juillet 2016

Devant le déferlement d’évènements politiques dramatiques, devant la violence qui frappe ici ou là, les peuples sont prêts à soutenir et s’engager dans des régimes autoritaires  disposant de l’appui de tout ce que peut générer une société de classe : parti politiques manipulés, religions instrumentalisées, par les plus puissants sur le plan économique, etc. Les valeurs progressistes sont parfois même mise en avant pour tromper et règne la démagogie, l’abus de confiance…

La médiatisation à outrance exhibe, les problèmes, change à tous moments les sujets. C’est une course qui laisse peu de place à la réflexion et mise sur l’émotion. Un vrai danger pour notre avenir…

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Turquie : « La France doit cesser son soutien au régime sanguinaire d’Erdogan » (PCF)

La tentative de putsch militaire en Turquie, dans la nuit du 15 au 16 juillet, organisée par quelques divisions de l’armée turque insurgées contre le président Erdogan s’est soldée par près de 300 morts à Istanbul et Ankara, plus d’un millier de blessés, et a entraîné en moins de 24 heures 6 000 arrestations. À l’appel du pouvoir, des lynchages de putschistes ont eu lieu et l’éventualité d’un rétablissement de la peine de mort ressurgit. La politique de polarisation extrême, orchestrée par l’AKP, a attisé des fractures au sein de l’armée.

 

Le Parti communiste français tient à exprimer sa solidarité avec les peuples de Turquie, les démocrates et progressistes qui sont pris en étau entre la violence d’Etat, la mobilisation de l’extrême droite et des ultra-religieux, et la rébellion militaire. Or, comme le souligne le Parti démocratique des peuples (HDP), il ne peut y avoir d’autres solutions qu’une démocratisation de la Turquie et l’établissement d’une paix durable dans tout le pays, et particulièrement dans les villes kurdes assiégées depuis près d’un an par les forces de l’ordre et armées.

 

Les événements des 15 et 16 juillet montrent que la politique de R.T. Erdogan conduit au chaos. La France et l’Union européenne doivent la condamner et cesser de la soutenir. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, en affirmant ce matin la volonté de la France de voir « l’Etat de droit fonctionner pleinement en Turquie » et refuser tout « chèque en blanc à Monsieur Erdogan », engage une inflexion du discours de la France qui devra être suivie d’effets. Car, après l’échec de la tentative de coup d’État, le pire est déjà en marche.

 

R.T. Erdogan amplifie la purge de ses opposants dans l’appareil d’État, notamment dans la magistrature et l’armée, en violation totale de l’Etat de droit. Des milliers de juges ont été destitués et arrêtés dont des membres du Conseil d’État et de la Cour constitutionnelle. Cette purge devrait s’élargir à toute la haute administration.

 Tout en se présentant désormais comme le « défenseur de la démocratie », R.T. Erdogan poursuit l’établissement de sa dictature après avoir écrasé les libertés, muselé les médias, réduit les pouvoirs de l’opposition, levé l’immunité parlementaire des députés du HDP afin de les jeter en prison, et déclenché une guerre meurtrière contre les populations kurdes du pays.

 Au moment où les forces conservatrices et nationalistes font bloc autour du pouvoir, il faut certainement s’attendre à l’annonce d’un référendum sur la réforme constitutionnelle afin d’établir le régime ultra-présidentiel sans contre-pouvoir auquel aspire Erdogan.

 R.T. Erdogan croit pouvoir capitaliser sur les événements de ces derniers jours pour restaurer son image, et celle de la Turquie jusqu’alors isolée sur le plan diplomatique en raison de son soutien apporté aux différentes organisations djihadistes Daesh et Al Nosra. Si J.-M. Ayrault doute de la fiabilité du régime turc en la matière, le PCF tient à lui rappeler que les preuves de cette duplicité sont connues et qu’elles ont valu à des journalistes, comme Can Dündar, des poursuites judiciaires et une tentative de meurtre.

 Aujourd’hui, Erdogan se considère autorisé aux brutalités de masse les plus sanglantes. Il est de la responsabilité de la France et des pays membres de l’UE de cesser leurs soutiens à ce régime qui représente pour la Turquie et sa région un obstacle de plus à la paix et à la sécurité collective.

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Dans l’horreur, raison garder et exercer

Posté par jacques LAUPIES le 18 juillet 2016

 

andré Tosel, philosophe
Lundi, 18 Juillet, 2016
L’Humanité

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Dans l’horreur, raison garder et exercer dans POLITIQUE

Albert Facelly pour l’Humanite Dimanche

Quatre jours après l’attentat qui a plongé sa ville natale « dans le chaos de la violence mondiale », le philosophe André Tosel analyse la situation politique actuelle pour mieux sortir de cette spirale meurtrière.

L’histoire bégaye. Par trois fois, la France a été frappée d’attentats innommables qui massacrent des victimes innocentes de tout âge et de toute condition. La compassion et l’indignation ne peuvent être que nos premières réactions. Il nous faut d’abord respecter le temps du deuil et non pas engager des polémiques obscènes comme celles des élus de la droite hégémonique dans les Alpes-Maritimes alors que les dépouilles des victimes ne sont pas inhumées. Ainsi, Christian Estrosi fait sans vergogne son marché électoral en déplorant l’insuffisance des services de sécurité surpris par une forme d’attaque inédite, et Éric Ciotti, sans davantage de pudeur, reprend son antienne de défenseur de la civilisation chrétienne libérale contre la barbarie (effective, bien sûr) de l’acte meurtrier. Tous deux oublient que leur mentor Nicolas Sarkozy a supprimé des milliers de postes de policiers pour des raisons d’économie et a laissé se dégrader la situation des populations les plus démunies, notamment les plus jeunes qui sont les plus tentés par la rage et la radicalisation. La promesse de passer au karcher les délinquants n’a rien de républicain ni de social.

Une des pires conséquences de ce crime pourrait être de réduire au silence la raison sous l’injonction d’unité obéissante émanée du pouvoir politique et d’empêcher la compréhension de ce qui peut paraître incompréhensible. Un Tunisien vivant et travaillant à Nice depuis des années, affecté de troubles de caractère, s’est, en effet, transformé en quelques mois de petit délinquant en islamiste, présenté par Daech comme un soldat de l’islamisme le plus radical, capable de mourir pour la cause du califat universel dans la lutte contre l’Occident mécréant et impérialiste. Il faut comprendre que l’émergence de l’« État islamique » relève d’une stratégie réfléchie au contenu volontairement effrayant, exposée dans un ouvrage de 2004, signé d’Abu Bakr Naji, traduit sous le titre Gestion de la barbarie en 2007 (Éditions de Paris, Versailles). La traduction anglaise rend plus visible la modernité de l’intention en évoquant le « Management of Savagery » qui est défini comme l’étape la plus critique que doit traverser la réalisation de l’oumma, c’est-à-dire de la communauté universelle de l’islam mondialisé. Cette entité politique n’a rien d’archaïque en ce qu’elle se veut une alternative à la mondialisation identifiée à la domination de l’Occident colonisateur, corrompu, antimusulman et impie. Elle fait de ses adversaires musulmans, sunnites ou autres, des hérétiques à éliminer ou soumettre comme les mécréants. Daech n’est pas anticapitaliste de principe ; il se veut protecteur social de ses membres obéissants ; il sait gérer les compromis avec les forces locales, user de l’arme du pétrole et amasser un capital prédateur. La violence, la cruauté, la terreur, le massacre sont des moyens nécessaires qui, relayés par la mise en spectacle assurée par les médias contemporains, imposeront au monde l’ordre du jour de Daech.

Ainsi une stratégie de guerre anti-occidentale se fait explicitement stratégie d’hyperviolence et d’horreur volontaires exigées par la foi. Comment expliquer le succès de cette stratégie dans des franges déterminées de la jeunesse française qui n’est pas nécessairement musulmane pratiquante ? On doit se contenter d’énoncer en gros les causes complexes qu’il faudrait analyser finement.

 

nice dans POLITIQUE

Dessin d’Edmond Baudouin
 

Tout d’abord, Daech profite du vide laissé par la disparition de cette alternative de dimension mondiale que fut le communisme abhorré des intégristes. Il en abandonne l’anticapitalisme internationaliste et la dimension éthico-politique du commun. Il en est la caricature, mais il sait capitaliser la rage des populations stigmatisées comme ethnies inassimilables, vouées à subir les inégalités de leur condition subalterne et les discriminations imposées par les dirigeants occidentaux. Il est invincible à toute revendication de laïcité si celle-ci dégénère en laïcité punitive, réduite au rang de pièce du patrimoine national exclusif et est sacralisée comme partie de l’héritage chrétien.

Dans le cadre d’une concurrence impitoyable émergent les stratégies impériales rivales des quelques grands États-nations pour l’hégémonie et l’appropriation des ressources conduisant à des états de guerres multiples. S’ensuivent l’affaiblissement de certains États, voire leur disparition, et celle de leur fonction relativement protectrice, la production d’un chaos ouvrant des brèches pour le surgissement d’entités politiques radicales compensatoires fondées sur le ressentiment et la haine de l’autre et légitimée, sur des bases confessionnelles (sunnites versus chiites au Moyen-Orient musulman).

Dans le cadre de l’Union européenne se généralisent l’imposition de politiques néolibérales organisant le chômage, l’exploitation de la force de travail internationale, la pénalisation des États endettés et la réduction de leur souveraineté à peu de choses (voir la Grèce), la destruction par la mise en concurrence des solidarités ouvrières, la racisation des conflits sociaux en conflits identitaires, la fragmentation du monde du travail sous le joug d’un capital de plus en plus autonome.

Dans le cadre de la France s’aggrave le maltraitement général de la jeunesse populaire des villes : absence d’avenir et de sens, stigmatisation des populations musulmanes françaises « de papier », montée des racismes opposant la population majoritaire française, dite de souche, apeurée par la menace de l’invasion étrangère qu’accrédite le terrorisme, et les populations musulmanes minoritaires de plus en plus insécurisées. Tout se passe comme si Daech visait l’émergence de réactions violentes des populations majoritaires blanches afin de créer un état permanent de quasi-guerre civile qui justifierait son anti-occidentalisme et sa cruauté comme contre-violence.

Le renforcement nécessaire des mesures de sécurité ne suffira pas à changer la situation. Les grandes puissances ne créent pas les conditions de l’affaiblissement durable de la victoire militaire sur Daech car la politique néolibérale n’attaque pas les causes de la fascination vénéneuse que peut exercer le radicalisme islamique sur leur territoire. Elle est en réalité la cause majeure d’un effet qui est son double sanglant. La politique de compétitivité et de restriction économique suivie par la droite et le PS n’a rien pour apaiser la rage et le dégoût qu’éprouve une partie de la jeunesse, entrée en émeutes réelles ou virtuelles depuis les émeutes de 2005. Elle est impuissante à dissiper le scepticisme légitime de cette jeunesse quant aux capacités sociales et culturelles des politiques suivies par le parti unique de la droite – incluant le PS – et ses factions rivales.

Nice n’a pas été choisie, hélas, au hasard par la criminelle stratégie de Daech. Elle a été frappée comme un symbole de ce que hait le radicalisme islamiste : capitale nationale et internationale de cette grande entreprise hyperrentable qu’est le tourisme. Sous l’action de forces économiques et politiques dominantes néolibérales subtilement racistes, Nice est devenue une capitale du tourisme national et international, une ville de consommation de loisirs de masse et de spéculation immobilière, plus intéressée par le football et son super-stade que par le devenir de ses populations laborieuses, surtout de celles de confession musulmane. Faut-il rappeler que la mairie de Nice a refusé d’autoriser la construction d’une mosquée (400 places) et que seule la rigueur républicaine du préfet a permis son ouverture et le respect de la loi de laïcité ? Faut-il souligner que les responsables politiques de l’hyper-droite hégémonique ont refusé l’extension de la ligne n° 1 de tram au quartier populaire de l’Ariane, jugé racialement dangereux, en stigmatisant et pénalisant ainsi les habitants de ce quartier et en faisant apparaître que les citoyens français musulmans ne sont pas des citoyens comme les autres ? Comment accepter qu’à Nice parade en toute impunité une extrême droite identitaire qui se flatte d’organiser des soupes au porc pour les pauvres afin que les musulmans refusent de les consommer ?

Tout ceci n’ôte rien évidemment au refus radical de la violence terroriste. Tout ceci plaide pour que naisse à Nice et en France et ailleurs une radicalité sociale et culturelle, politique et économique, qui puisse créer un espace commun interculturel de réflexion et de proposition, une dynamique de lutte réunissant Niçois et non-Niçois, Français musulmans ou non, résidents de toute couleur et confession. Il y a urgence avant que ne se franchisse à Nice même un autre pas vers l’abîme de la haine. Il faut penser les raisons de cette haine de l’Occident et les conjurer. L’Occident a beaucoup à faire de son côté pour changer radicalement la politique aveugle qui le conduit dans le mur et qui fait de ses dirigeants des somnambules cyniques. N’oublions pas, en effet, que l’Occident attire autant qu’il repousse, comme nous le rappelle sur la Côte d’Azur même l’exode massif des réfugiés qui fuient la guerre et la misère pour venir s’échouer sur nos rivages au péril de leur vie. Pendant que nous pleurons comme il se doit nos morts et rendons le dernier hommage dû aux vies sacrifiées dans ce carnage abject, aujourd’hui, entre Menton et Vintimille, à la frontière franco-italienne, s’entassent un millier de réfugiés privés de tout et secourus par les organisations humanitaires. Cela se passe dans l’indifférence générale. Les autorités françaises locales et nationales sont avant tout soucieuses de refouler ces indésirables, et l’Union européenne a pour souci de les marginaliser et achève ainsi discréditer un peu plus l’humanisme dont elle se prévaut hypocritement. Il ne s’agit pas d’opposer ces deux situations inverses l’une de l’autre, il s’agit de prendre la mesure d’une conjoncture d’ensemble caractérisée par l’excès de ce qu’on pourrait nommer l’inhumain dans l’humain et d’y porter remède. Il s’agit d’inventer une politique de la solidarité contre l’hypercapitalisme et les terrorismes, contre les barbaries de l’un et des autres et de produire du commun.

Nice a un grand effort à accomplir pour apprendre la solidarité citoyenne et la fraternité active. La tragédie vécue, la plus grande de son histoire, devrait l’inviter à se reconnaître dans les héros de la radicalité solidaire qu’ont été Blanqui et Garibaldi, non dans les chefs populistes des clientèles affairistes et racistes qui scandent une histoire trop souvent dépourvue de dignité éthique et politique.

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Y en a qui auraient toutes les raisons de la boucler…

Posté par jacques LAUPIES le 18 juillet 2016

Avant même que ne soit pris le temps du recueillement la polémique s’enclenche sur les responsabilités d’un manque de vigilance pour prévenir l’attentat de  Nice. En tête de la contestation les candidats à la primaire de droite qui prennent le relais de Estrosi élu de la Mairie de Nice qui, sans doute pour prévenir les propres insuffisances dans la prise de mesures de sécurité de la municipalité, s’en prend à l’état.

Quant aux autres de Sarkozy à Juppé en passant par Guainot, comme le souligne l’article ci dessous paru dans l’Humanité, ils feraient bien de la boucler car tous ont trempé dans la réduction des effectifs de police quand la droite était au gouvernement, sans compter l’essentiel de ce que nous vivons une politique catastrophique au Moyen Orient avec déclenchement  de l’intervention en Lybie. Et nous ne parlerons pas de ce qui s’est passé depuis l’engagement militaire de la France en Afghanistan, plus récemment en Syrie en Irak, qui ont contribué de faire de notre pays une cible des terroristes.

Le FN bien évidemment se met à hurler avec les loups à sa façon.

Comme nous l’avons dit ici même: si hélas le terrorisme menace depuis l’EI lequel trouve des soutiens intérieurs (ce qui nous rappelle à la question sociale) nous devons rester unis  mais aussi avoir une politique extérieure pour trouver une solution politique.

Cela est compliqué et difficile mais ne saurait se faire sans l’appui populaire et une prise de conscience des réalités avec un débat contradictoire qui exclut, on le voit bien, un rassemblement hétéroclites de politicards opportunistes

 

Attentat de Nice : une parole politique dévaluée?

Lionel Venturini
Vendredi, 15 Juillet, 2016

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Y en a qui auraient toutes les raisons de la boucler... dans POLITIQUE

Reuters

Plusieurs responsables de la droite profitent du carnage de la promenade des Anglais pour réclamer un nouveau virage sécuritaire, quand celui amorcé par François Hollande n’a déjà pas démontré d’efficacité.

Tandis qu’un pays se tient dignement face à l’attentat de Nice qui vient après les précédents de Charlie et du Bataclan, comme en témoigne l‘afflux à Nice pour le don de sang, peut-on en dire autant d’une partie du personnel politique qui pense qu’il n’y a pas plus urgent que d’espérer un bénéfice politique sur des cadavres tièdes ? C’est à droite qu’on trouve les plus va-t-en-guerre, avec sur la plus haute marche du podium le député (Les Républicains) Henri Guaino, convaincu que le carnage à Nice aurait pu être évité, car « il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion », a-t-il préconisé sur RTL. Frédéric Lefebvre, du même parti, est lui favorable à l’instauration de l’état de siège, déclenché pour la dernière fois en France en 1939. Député (LR) des Yvelines, Jacques Myard a quant à lui prôné, parmi huit propositions, « d’expulser tous les binationaux en voie de radicalisation » et « d’appliquer partout sur le territoire national l’interdiction du voile ». Pro-Bachar el Assad, il prône également de « renouer des relations diplomatiques » avec le régime sanguinaire de Damas, pour « obtenir des renseignements » dans la lutte contre l’organisation Etat islamique. De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France (DLF), a jugé l’état d’urgence « nécessaire » mais estime qu’il ne « suffit plus ». L’avocat Arno Klarsfeld croit pouvoir affirmer « qu’une partie de la gauche critiquait Estrosi pour vouloir installer des cameras dans les rues de Nice » : ont-elles empêché quoi que ce soit ?  On oublie volontiers à droite que la réforme du renseignement voulue par Nicolas Sarkozy sur fond de baisse des moyens a désorganisé celui-ci, en trouvant de dramatiques illustrations, comme l’affaire Merah.

Alain Juppé, candidat partant favori à la primaire de la droite, y va également de son couplet sécuritaire, « si tous les moyens avaient été pris », l’attentat de Nice « n’aurait pas eu lieu », a-t-il jugé. Alors qu’on sait déjà que l’auteur du carnage de Nice n’était fiché nulle part. « Il est quasiment impossible d’appréhender avant son passage un individu qui prend un camion et qui fonce sur une foule », a observé le rapporteur de la commission d’enquête sur le Bataclan, le député socialiste Sébastien Pietrasanta. La prolongation de l’état d’urgence et le maintien de l’opération militaire Sentinelle, annoncés vendredi par le président François Hollande après l’attaque de Nice, démontrent « l’impuissance » de l’exécutif face à la menace jihadiste, a critiqué le président de cette commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, le député LR Georges Fenech.

L’état d’urgence n’a pas tari le vivier des jihadistes

L’efficacité même de l’état d’urgence en vigueur depuis le mois de novembre, est pourtant fortement mise en cause comme unique, ou peu s’en faut, réponse politique à la menace terroriste. Quelques heures après avoir confirmé la levée à la fin du mois du dispositif, qui facilite les perquisitions administratives et assignations à résidence, lors de son intervention du 14 juillet, le chef de l’Etat a dû faire marche arrière dès l’annonce du carnage survenu sur la promenade des Anglais. La prolongation du dispositif sera examinée la semaine prochaine en conseil des ministres puis au Parlement. La loi sur la procédure pénale promulguée en juin doit prendre à terme le relais de l’état d’urgence, en étendant notamment les possibilités de contrôle et d’assignation à résidence des individus soupçonnés de terrorisme. « Hélas, on constate que l’état d’urgence ne permet pas d’empêcher le drame qu’on a vécu hier », fait valoir le secrétaire national d’EELV, David Cormand. Sur la même ligne, la Ligue des droits de l’Homme dénonce un « effet de communication »: « L’état d’urgence, c’est vraiment fait pour gérer l’urgence (…) ce n’est pas un régime fait pour s’installer sur du moyen terme ». Selon les chiffres de l’Intérieur, entre novembre 2015 et avril 2016, quelque 3500 perquisitions ont été menées dans le cadre de l’état d’urgence, débouchant sur 400 interpellations, dont il est difficile de distinguer ce qui relève du terrorisme et de la délinquance. Mais selon le député PS Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d’enquête, si les perquisitions administratives et assignations à résidence ont eu un effet dans un premier temps, cet effet « semble s’être rapidement amenuisé ». L’état d’urgence n’a pas tari le vivier des jihadistes.

Pour l’heure, la réponse de l’exécutif est purement institutionnelle, François Hollande a décrété un deuil national de trois jours jusqu’à lundi, à l’issue d’un conseil de défense restreint, après avoir annoncé  dans la nuit de jeudi à vendredi, « l’intensification des frappes aériennes en Irak et en Syrie » contre Daesh. Manuel Valls, qui fait de la réponse autoritaire son fonds de commerce politique, pousse son avantage et a souligné combien « le terrorisme, et nous le disons depuis longtemps, est une menace qui pèse lourdement sur la France, et qui pèsera encore longtemps ». Ou comment acter d’une situation ainsi résumée par ce que disait au moment des attentats de Bruxelles l’historien du Moyen-Orient Pierre-Jean Luizard d’un « déficit identitaire dans beaucoup de banlieues, notamment en France et en Belgique » tel que « beaucoup de jeunes, ni d’ici ni d’ailleurs, trouvent un remède à leur souffrance de perte d’identité dans un engagement suicidaire au service de l’État islamique ».  Pour un autre spécialiste, Gilles Kepel, « le logiciel de ce terrorisme-là n’a toujours pas été compris par le pouvoir politique, quel qu’il soit (…) il ne s’agit pas de dire qu’on va faire appel à la réserve, tout le monde sait que les forces de l’armée et de la police sont épuisées. Et c’est du reste l’objectif des textes mis en ligne depuis 2005 par ce djihadisme de troisième génération : il faut épuiser les forces de l’ordre et il faut faire en sorte que la société, qui est totalement déboussolée, se prépare à une logique de guerre civile entre enclaves de confessions différentes ». Voir une société basculer dans une méfiance généralisée, confinant à la guerre civile : tout ce que veulent les terroristes islamistes.

 

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