On a déjà vu ça : un « socialiste » contre les grévistes. Cela ne vous rappelle rien ?
Posté par jacques LAUPIES le 16 juin 2016
Je devais avoir dix ans, je me souviens des affrontements entre mineurs en grève face à un Jules Moch, Ministre de gouvernement socialiste et, combien de fois l’ai je ici répété, mon grand père communiste qui me disait parlant de ses adversaires politiques : « les pires de tous sont les socialistes car on les croit avec nous et ils sont contre »
Paroles excessives et sans nuance qui bien entendu ne concernaient qu’une poignée de dirigeants soumis et cédant aux intérêts du grand patronat et de sa bourgeoisie.
Ce serait ignorer qu’il ne faut pas tous les confondre – les socialistes - et ignorer aussi que les électeurs, les citoyens qui par tradition familiale ou corporative soutiennent ce parti, éclaté en tendances et à la merci des manipulations de la classe dominante, ne le suivent plus lorsqu’il a des égarements semblables à celui d’un Président de la République issu de ses rangs.
C’est exactement ce qui se passe actuellement avec ce gouvernement que j’aurais presqu’envie de traiter de « gamins » si je ne savais qu’ils mettent tout leur savoir et leur intelligence à servir en définitive une bourgeoisie qui les a formés, voire formatés à cet effet. Si tant est que l’on puisse parler d’intelligence. Ils ne sont pas dans l’erreur mais bien dans leur rôle !
Car la ficelle est bien grosse quand on laisse des casseurs venir, bien organisés perturber des manifestations qui tôt ou tard feront tomber ce gouvernement lequel selon ses propres soutiens aurait les mains dans le cambouis et que nous communistes préfèrerions ne pas nous salir. L’histoire ne tardera pas à nous dire qui manipule ces individus qui en toute impunité tentent de briser les manifestations !
Mais ce n’est plus dans le cambouis que nos gouvernants ont les mains, c’est dans la merde car quant on les voit des heures entière à la télé jouer avec l’émotion des français et aller entonner des Marseillaises et des minutes de silence, en veux tu en voilà, je le dis c’est une sorte d’indécence et presque une insulte à ceux qui souffrent et pleurent leurs morts et aux morts eux même.
Des victimes qui, quelles que soient leurs convictions (peut-être radicalement opposées aux miennes) ont donné leur vie pour défendre une République en laquelle ils croyaient probablement plus que ces forces impérialistes qui tentent d’en détruire les valeurs les plus grandes. Et les responsables sont les valets de ces oligarchies qui ont déclenché les haines que nous subissons tout autant que les peurs qui en résultent. De l’Afghanistan à la Syrie en passant par l’Irak et la Lybie dont le Mali subira les effets les conditions ont été créées pour que naisse un fascisme islamiste dont, comme à l’habitude est victime le peuple.
Et de tout cela comme toujours résulte une situation trouble, exploitée, un procès fait à ceux qui luttent pour défendre un siècle d’acquis sociaux et sur qui l’on fait peser une menace sur les seules armes dont ils disposent : le droit de manifester quand on ne menace pas, par la réquisition, leur droit de grève.
Au coin de la rue droite et extrême droite attendent leur heure. L’histoire ne se répète pas mais si je vous parlais de 38 vous me diriez qu’il y a des ressemblances ! N’est ce pas ?
Eliane Assassi : Hollande porte atteinte « au droit constitutionnel de manifester »
Pour la présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) au Sénat, le chef de l’État « porte atteinte au droit constitutionnel de manifester » quand il annonce qu’il n’y aura plus d’autorisation de manifester si les « biens et des personnes » sont menacés. La CGT estime de son côté que « menacer d’interdire les manifestations était le signe d’un gouvernement aux abois ».
« François Hollande a dépassé un point très grave et porte atteinte au droit constitutionnel de manifester dans notre pays », a déclaré Elianne Assassi, au lendemain d’une nouvelle journée d’action contre le projet de loi sur le travail actuellement en discussion au Sénat, émaillée de violences. « Nous pensons que cette journée fut une démonstration de force de l’intersyndicale, et non un baroud d’honneur », a souligné la sénatrice de Seine-Saint-Denis, affirmant que « cette réalité a échappé au gouvernement ». Pour elle, « la réponse du pouvoir à l’exigence populaire de retrait du texte est terrible ». « Quand Manuel Valls dit qu’il ne veut pas rediscuter de l’article 2, il fait le choix de l’affrontement ». Et « s’il fait le choix de rester droit dans ses bottes, nous serons droits dans nos bottes », a-t-elle prévenu. « J’envisage de demander une commission d’enquête sur les faits qui se passent en marge de la manifestation », a-t-elle aussi annoncé.
« La petite musique où on essaie d’amalgamer la CGT, Daech, le terrorisme est scandaleuse », a jugé de son côté Jean-Pierre Bosino. Le sénateur CRC de l’Oise a souligné que les auteurs des troubles étaient au début de la manifestation « encadrés par deux rangées de policiers et à la fin il y a eu des incidents. On peut s’étonner ».
François Hollande a annoncé ce mercredi en Conseil des ministres qu’il n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation des « biens et des personnes » ne pouvait être « garantie ». De son côté, Manuel Valls a déclaré, ce matin sur France Inter que « le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d’un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois ».
« C’est aux pouvoirs publics d’assurer la sécurité dans les manifestations ». La CGT a estimé mercredi que « menacer d’interdire les manifestations était le signe d’un gouvernement aux abois », en dénonçant les accusations « inacceptables » du Premier ministre Manuel Valls qui a évoqué une attitude « ambiguë » du syndicat à l’égard des casseurs. La CGT a souligné qu’il incombait « aux pouvoirs publics » dont Manuel Valls « a la première responsabilité, d’assurer la sécurité et le maintien de l’ordre », au lendemain de violences intervenues lors d’une manifestation nationale. La CGT « tient à rappeler au Premier Ministre que, comme il n’est pas de la responsabilité des supporters d’assurer la sécurité dans et autour des stades de l’euro de football, de la même façon il n’est pas de la responsabilité des manifestants d’assurer la sécurité dans et autour d’une manifestation autorisée par la Préfecture de police ». Elle assure avoir pris « les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive ». « Plutôt que de faire l’inventaire tendancieux d’éléments à charge contre la CGT, Manuel Valls ferait bien mieux d’entendre la majorité des salariés, des jeunes et plus largement des citoyens qui rejettent ce projet de dumping social et de destruction de notre modèle de société » conclut la CGT, en référence à la loi travail.
COMMUNIQUE DE PRESSE
Interdiction des manifestations : François Hollande et le gouvernement perdent leur sang froid (Pierre Laurent)
Hier, un magnifique et puissant défilé des salariés et de la jeunesse a montré l’isolement du gouvernement sur la loi El Khomri. Son acharnement à imposer cette loi sans la rediscuter et sans majorité législative pose un grave problème démocratique.
En marge de cette manifestation, des bandes de casseurs ont de nouveau pu semer la violence en s’attaquant, notamment, à l’hôpital Necker. Le gouvernement utilise ces faits condamnables et que nous condamnons pour tenter de discréditer les manifestants et les syndicats organisateurs.
Avec les parlementaires communistes, présents sur le point fixe du PCF situé boulevard de Port-Royal, j’ai pu constater, une nouvelle fois, que ces bandes de casseurs agissaient à l’écart de la manifestation.
Alors qu’ils sont parfaitement identifiés, pourquoi ne sont-ils pas interpellés et comment peuvent-ils continuer à agir à chaque manifestation ? Alors que les pouvoirs publics savent interdire aux hooligans d’accéder aux enceintes sportives, pourquoi ces bandes de casseurs peuvent, en toute impunité, venir semer le désordre et le chaos ?
La menace d’une interdiction de manifester, exprimée ce jour par le chef de l’État et le premier ministre, est un signe extrêmement préoccupant de fébrilité dans un moment où, tout au contraire, notre démocratie et notre République doivent affirmer avec force leurs principes et leurs valeurs essentielles.
Nous appelons donc le pouvoir à ne pas perdre son sang froid, à reprendre la négociation et à agir pour assurer la sécurité des biens et des personnes et celle du droit de manifester. Le gouvernement ne peut se soustraire à ses responsabilités en s’attaquant à une liberté constitutionnelle qui permet de faire entendre dans l’unité et sans violence le rejet de la loi El Khomri.
Pierre Laurent
Secrétaire national du PCFParis, le 15 juin 2016
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