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Ah ce fric !

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2016

Je n’ai pas le moyen de vérifier les dire des uns et des autres mais les victimes ne sont plus là pour donner leur point de vue. Il n’y a en fait que des « héritiers » individuels ou collectifs. Que les familles ne soient pas abandonnées à leur « douleur » parait légitime mais le collectif (je journal) est aussi un héritier suite à ce drame. Il en est résulté une situation dans laquelle personne ne devrait, en sa qualité d’individu, vouloir partager un geste de solidarité (dons ou ventes) d’un public qui risque bien de trouver ce conflit naissant plutôt nauséabond !

 

RELEVE SUR LA PAGE MSN

 

Gala Renaud reproche à l’hebdomadaire d’avoir conservé les millions d’euros amassés lors de la vente du « numéro des survivants ».

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Elle accuse Charlie Hebdo d’avoir détourné à son profit des fonds promis aux familles des victimes. La veuve du journaliste Michel Renaud, mort dans l’attentat du 7 janvier 2015, a décidé d’attaquer l’hebdomadaire en justice, rapporte La Montagne samedi 18 juin.

Gala Renaud et son avocat, Me Portejoie, contestent l’affectation des millions d’euros amassés par Charlie Hebdo après la tuerie. Ils soulignent que l’ex-directeur, Philippe Val, s’était engagé à reverser l’intégralité des recettes du numéro dit « des survivants » aux familles des victimes, alors qu’un appel à la générosité était parallèlement lancé pour assurer l’avenir du journal.

D’après les chiffres avancés dans la plainte adressée au procureur de la République de Paris, les ventes du numéro portant en une le titre « Tout est pardonné » ont rapporté 12 millions d’euros, contre 4,3 millions provenant des dons. Or, la nouvelle direction de Charlie Hebdo a, selon la plaignante, opéré une volte-face en décidant de conserver le bénéfice de ces ventes exceptionnelles.

« Une intention de détourner les fonds promis aux familles »

Selon Gala Renaud, « les acheteurs du journal comme les victimes de l’attentat et leurs ayants droit ont été dupés par la direction (…), qui est délibérément et unilatéralement revenue sur ses engagements (…). Ce revirement démontre en réalité une intention de détourner les fonds promis initialement aux familles ».

« Nous sommes étonnés et choqués, a réagi le directeur du journal, Eric Portheault, cité par La Montagne. Nous avons toujours déclaré que le produit de la vente du journal serait consacré à assurer sa pérennité. Ce choix légitime ne saurait être remis en cause par cette initiative sans aucun fondement juridique ou moral. Nous ne comprenons pas la démarche de la plaignante (…) et en déplorons le caractère inutile et déplacé. »

De son côté, Gala Renaud, assure ne pas agir « pour l’argent », mais pour « la mémoire » de son mari. « Avant la tuerie, Charlie était dans une situation financière catastrophique. C’est désormais le journal le plus riche de France. Je ressens ce déséquilibre comme une injustice profonde. Michel n’est pas mort pour ça. »

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Vous bafouez notre république sociale

Posté par jacques LAUPIES le 18 juin 2016

Loi Travail (exception d’irrecevabilité) -

Par / 13 juin 2016

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, rarement débat sur un projet de loi aura commencé dans un tel climat de tension : un mouvement d’une longévité exceptionnelle – plus de trois mois –, d’une diversité et d’une force impressionnantes exprime le refus de ce texte par la très grande majorité de la population.

MM. Hollande et Valls et vous-même, madame la ministre, semblez surpris, incrédules, face à une contestation que vous ne comprenez pas et jugez illégitime, au point de critiquer le droit de manifester et l’exercice du droit de grève.

Cette incrédulité devant le rejet massif dont l’actuel pouvoir fait l’objet provient d’une profonde incompréhension de l’attachement de notre peuple à son modèle social, un attachement que ni M. Sarkozy ni l’actuel Président de la République ne sont parvenus à éradiquer.

Le code du travail, l’un des forts symboles d’une conception sociale de la République, a été constitué lutte après lutte, décennie après décennie depuis le début de la révolution industrielle. Oui, ne vous en déplaise, il est avant tout un outil de protection des salariés face à la domination patronale. Ne l’oublions pas, c’est la volonté de protéger la santé des travailleurs, enfants, jeunes et vieux, mourant en masse à la tâche qui a suscité les premières luttes, débouchant sur les premières lois sociales puis le code du travail, né en tant que tel au début du XXe siècle.

Oui, la particularité française, que la gauche tout entière a longtemps défendue, c’est la primauté de la loi pour définir le droit du travail. Loin de l’arbitraire du droit anglo-saxon en la matière, c’est la loi, expression du peuple souverain, qui a longtemps garanti les droits fondamentaux des salariés.

Ainsi, l’article 1er de la Constitution dispose que « la France est une république […] laïque, démocratique et sociale ». Son article 34 décline cette idée en ces termes : « La loi détermine les principes fondamentaux […] du droit du travail » et « du droit syndical ».

Cette République sociale, attaquée depuis le début de la crise économique sous la pression du marché et des exigences de Bruxelles, est symbolisée par ces mots du Préambule de la Constitution de 1946, issu du programme « Les jours heureux » du Conseil national de la Résistance : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. » Le Préambule reconnaît ensuite le droit de grève, le droit à l’action syndicale, le droit à la retraite, le droit à la sécurité sociale et – j’y reviendrai – le droit au repos.

La gauche, celle qui croit en elle-même et se respecte, a toujours eu comme objectif de réaliser ces principes, de les mettre en action.

Madame la ministre, cette aspiration à la justice sociale est profondément ancrée dans l’esprit et dans le cœur de nos concitoyens ; elle ne pourra être éteinte par le passage en force que le Gouvernement tente aujourd’hui, avec la complicité maladroite ou gênée d’un patronat et d’une droite réduits au rôle de faire-valoir.

Ce passage en force est flagrant : de l’absence de réelles concertations, pourtant exigées par l’article L. 1 du code du travail, dont l’esprit, selon MM. les rapporteurs eux-mêmes, n’a pas été respecté, à la mise en œuvre honteuse du 49.3 à l’Assemblée nationale dès la discussion de l’article 1er du projet de loi, l’autoritarisme du pouvoir brutalise la population, les salariés ! (Mme Nicole Bricq s’exclame.)

Madame la ministre, on ne réforme pas en profondeur le code du travail sans majorité à l’Assemblée nationale ! Sur l’article 2 du projet de loi, relatif à l’inversion de la hiérarchie des normes, la seule majorité qui vous soutient, c’est celle du Sénat… Pouvez-vous en être fière ?

M. Roger Karoutchi. Mais oui ! (Sourires sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Éliane Assassi. Messieurs les rapporteurs, permettez-moi de vous citer : « Nous constatons avec satisfaction que le projet de loi s’inscrit dans la continuité des réformes menées par les précédentes majorités. »

Bien sûr, la droite a besoin d’exister, d’autant que ses primaires approchent ; de sa part, la surenchère est donc de bonne guerre, ce qui explique l’ajout dans le projet de loi de propositions ultralibérales et ultraprovocatrices, comme le retour aux 39 heures. Cela étant, bien souvent, madame la ministre, la majorité sénatoriale se contente de revenir à votre texte d’origine, comme pour le plafonnement des indemnités de licenciement.

Que personne ne s’inquiète : nous saurons dénoncer les dispositions rétrogrades promues par les rapporteurs !

L’utilisation du 49.3 à l’Assemblée nationale et la discussion au Sénat non du texte du Gouvernement, mais de celui de la commission ont une lourde conséquence démocratique : le texte du Gouvernement, dans sa cohérence propre, ne sera jamais débattu, ni à l’Assemblée nationale ni au Sénat.

M. Roger Karoutchi. Ni même au sein du Gouvernement !

Mme Éliane Assassi. En réalité, l’attitude de la majorité sénatoriale de droite sert le Gouvernement. Est-ce voulu ou non ? On peut s’interroger sur ce point.

Quelle sera la véritable constitutionnalité d’une loi qui, en définitive, n’aura pu être débattue telle quelle par l’ensemble des parlementaires ?

Mme Catherine Procaccia. Comme la loi Macron !

Mme Éliane Assassi. La conjonction du recours au 49.3 à l’Assemblée nationale et de la réécriture du texte par le Sénat pose indéniablement problème.

Je concentrerai ma défense de la motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité sur l’inversion de la hiérarchie des normes, colonne vertébrale du projet de loi.

Comme je l’ai rappelé, la Constitution fonde le droit du travail sur la loi. Le Conseil constitutionnel lui-même valide régulièrement ce principe en acceptant, par exception, le transfert de compétences aux accords d’entreprise. Je considère, avec mon groupe, que la généralisation de la primauté donnée à ces accords, susceptibles d’être défavorables aux salariés, rompt l’équilibre instauré par la Constitution et la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

La dénonciation d’un code du travail entravant la liberté d’entreprise est récurrente depuis plus de trente ans. La gauche tout entière a longtemps résisté à cette pression libérale, avec plus au moins d’ardeur.

Ainsi, en 2008, M. Vidalies défendait une motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité au projet de loi de M. Xavier Bertrand instaurant la primauté des accords d’entreprise pour la gestion des heures supplémentaires. Écoutez bien, mes chers collègues, ce que disait alors l’actuel secrétaire d’État chargé des transports :

« Vous avez fait le choix, monsieur le ministre, d’une déréglementation sans précédent des conditions de travail et de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. […] Ceux qui, pendant la campagne présidentielle, n’hésitaient pas à invoquer Blum ou Jaurès se présentent aujourd’hui comme des vieux adeptes d’Adam Smith. […] La droite française est encore dans les vieilles lunes libérales de la déréglementation et de l’individualisation des relations sociales. »

Et M. Vidalies de hausser le ton :

« Outre la déréglementation à tout-va, le fil rouge de votre réforme est la priorité donnée à l’accord d’entreprise. […] Or vous êtes parfaitement conscient de la conséquence immédiate de ce bouleversement, à savoir l’émiettement, l’atomisation des règles d’organisation du temps du travail. »

Et M. Vidalies de poursuivre :

« Que pourront faire les salariés d’une entreprise soumis au chantage d’un alignement par le bas sur un accord accepté dans une entreprise voisine ? Il n’y aura alors guère de négociation possible, puisque c’est leur emploi qui sera en cause. »

Et M. Vidalies de conclure en ces termes, qui pourraient aussi bien s’appliquer à votre projet de loi, madame la ministre :

« Avec votre projet, le dumping social sera au rendez-vous et la négociation collective s’effectuera toujours sous la contrainte des accords socialement les plus défavorables. On peut facilement imaginer comment vont se dérouler de telles négociations. »

Mme Marie-Noëlle Lienemann. Bravo, monsieur Vidalies ! (M. Roger Karoutchi rit.)

Mme Éliane Assassi. Ce discours de M. Vidalies, qui m’a moi-même étonnée, tant il étale au grand jour le renoncement d’un membre du Gouvernement qui vitupère chaque jour contre les grévistes,…

Mme Nicole Bricq. Heureusement qu’il était là pour la SNCF !

Mme Éliane Assassi. … pourrait prêter à sourire s’il n’était pas symbolique de la raison profonde de votre échec, madame la ministre, et de celui de MM. Hollande et Valls.

Notre peuple n’en peut plus de ces gens qui se font élire et oublient le lendemain leurs promesses et leurs discours.

M. Philippe Dallier. Et voilà !

Mme Éliane Assassi. M. Hollande n’a pas été élu pour renverser la hiérarchie des normes et donner les clés du droit de travail au MEDEF ! En 2008, il avait signé, ainsi que M. Valls, la saisine du Conseil constitutionnel consécutive à l’intervention de M. Vidalies…

À propos de l’inversion de la hiérarchie des normes en matière de repos compensateur, voici ce que faisaient valoir les auteurs de cette saisine : « L’atomisation des règles du droit du travail qui en résulte tourne le dos à la conception sociale de notre République. La fragmentation des règles protectrices du droit du travail tourne le dos à l’ordre public social. » Que de chemin parcouru en quelques années…

Madame la ministre, l’article 2 de votre projet de loi, retouché par la droite ou non, est profondément anticonstitutionnel, comme vos amis le démontraient en 2008, en ce qu’il brise la hiérarchie des normes fondée par les principes républicains les plus forts. La jurisprudence du Conseil constitutionnel établie en 2004 et en 2008 est claire : tout renvoi non encadré à un accord d’entreprise de dispositions relevant de la Constitution, comme le droit au repos, doit être censuré.

Malgré vos précautions, votre projet de loi est truffé de mesures de ce type. Je pense par exemple à la possibilité de fixer par accord d’entreprise les jours fériés chômés en dehors du 1er Mai : cette disposition offense brutalement, frontalement le principe constitutionnel du droit au repos.

Nous ne pourrons saisir seuls le Conseil constitutionnel, mais peut-être ceux qui l’ont fait en 2008, et qui sont encore nombreux dans notre assemblée, se ressaisiront-ils et nous rejoindront… (M. Roger Karoutchi rit.)

Oui, la Constitution est profondément bafouée ; mais, au-delà, c’est à la République sociale que l’on porte atteinte, celle des canuts et de la Commune, de 1936 et du Conseil national de la Résistance, des accords de Grenelle de 1968 et des avancées de 1981.

Mme Nicole Bricq. Ce n’est pas vrai !

Mme Éliane Assassi. C’est cette histoire que vous foulez aux pieds, madame la ministre, en entonnant la vieille rengaine patronale de la compétitivité, de la rentabilité et du nécessaire profit !

Du reste, le peuple l’a bien compris, comme il l’avait compris en 2005 en découvrant la réalité du traité constitutionnel européen, malgré une campagne travestissant en vecteur de progrès social un texte porteur d’une terrible régression sociale.

Madame la ministre, le peuple refuse votre projet de loi, et il le criera encore très fortement, demain, dans les rues de la capitale : vous devez le retirer !

Pour l’heure, après la gifle infligée au Parlement avec le recours au 49.3, le Sénat s’honorerait en rappelant le Gouvernement à ses obligations constitutionnelles et au devoir de respecter l’histoire sociale de notre pays. Pour cela, mes chers collègues, je vous invite à opposer l’exception d’irrecevabilité au présent projet de loi !

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Pour essayer de comprendre ce qui se passe en Espagne !

Posté par jacques LAUPIES le 17 juin 2016

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Ouisa Kies : « Il ne s’agit pas de monstres, mais d’individus en rupture »

Posté par jacques LAUPIES le 17 juin 2016

Ce qui est écrit ci dessous est juste mais la meilleure des préventions est de dénoncer ce qui sert de prétexte aux djihadiste les agressions occidentales successives au Moyen Orient et les soutiens que nous leur apportons.
 
Que quelques illuminés, se croyant dans la défense d’une cause juste, souvent au bout d’un processus de règlement de compte dans une société qui souvent les  a projeté dans la délinquance en arrivent à passer à l’acte, relève finalement d’une lutte de classes à dimension mondiale qui génère les pires extrémismes qui ne peuvent disparaître qu’avec les causes qui les provoquent.
 
Ce qui importe le plus aujourd’hui est que la France se retire  de ces conflits bourbiers qui gangrènent une parti de la jeunesse perdant tous les repaires et les enseignements reçus tant familiaux que solaires.
Mercredi, 15 Juin, 2016
L’Humanité
Entretien réalisé par Pierre Duquesne

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Ouisa Kies est sociologue à l’EHESS

Ouisa Kies est sociologue à l’EHESS
Photo : DR

Entretien. Sociologue et spécialiste de la radicalisation, Ouisa Kies déplore l’absence de politique de prévention de l’État sur le long terme.

Larossi Abballa avait déjà été condamné à trois ans de prison en 2013 parce qu’il appartenait à une filière de recrutement afghano-pakistanaise. S’agit-il d’une défaillance ?

Ouisa Kies Les services de renseignement surveillent les personnes déjà condamnées pour terrorisme. Celles-ci sont automatiquement une fiche S. La DCRI sait aussi que ceux qui passent à l’acte ne sont pas ceux qui ont tenu les premiers rôles dans d’autres affaires, et qu’il s’agit surtout des jeunes qui ont un passé de délinquants de droit commun. De personnes victimes de violences, au départ, avant de la retourner vers d’autres, et qui mettent un jour cette violence au service du sacré, de leur point de vue. S’agit-il d’une défaillance ? Les personnes condamnées ou suspectées de terrorisme ne sont pas des benêts. Ils savent pour la plupart qu’ils sont sur écoute, qu’ils sont surveillés et sont donc très discrets. L’introspection est la règle. Ils sont en avance sur les moyens techniques employés ; ils s’adaptent. Larossi Abballa a agi de façon isolée. Cela complexifie encore le travail des renseignements qui ne peuvent détecter la moindre préparation. Et comme l’on ne peut pas mettre un policier pour surveiller tout le monde, il faut donc miser sur la prévention. Il ne faut plus attendre que ces individus passent à l’acte. Il faut intervenir avant, en renforçant la prévention.

Comment ?

OUISA KIES Il faut d’abord comprendre pourquoi ils sont en rupture, en situation de violence vis-à-vis de leur propre société, dans laquelle ils ont grandi. Nous avons tendance à les voir comme des monstres. Ils sont dangereux, parce qu’ils passent à l’acte, mais ils ne sont pas fous. Les djihadistes ont des convictions politiques ou religieuses. On doit entendre ces convictions, ne serait-ce que pour être en capacité de les contrer. Certains djihadistes sont de vrais idéologues, avec une théorie rationnelle de leur combat, à l’image des militants d’extrême gauche des années 1970. Mais il y a aussi beaucoup de jeunes paumés, fragiles, qui trouvent à travers ce combat une manière de se projeter, de se réaliser, d’être quelqu’un. Ce n’est un hasard s’ils ont toujours le même profil depuis l’affaire Merah. Ils sont jeunes, entre adolescence et premières années d’adultes. Ils ont derrière eux des années de violences subies, sociales ou familiales, avant d’être eux-mêmes auteurs de violence, et de tomber dans la délinquance. Il ne faut pas non plus minorer l’effet de la surmédiatisation. Quand on filme en direct l’assaut contre Merah ou de l’Hyper Cacher, cela suscite aussi des vocations et renforce le passage à l’acte. Le terroriste devient un héros, qui est allé au bout des frustrations ressenties par de nombreux jeunes. Attaquer des policiers n’est pas non plus innocent : c’est un moyen d’envoyer un message à tous ces jeunes, et ils sont nombreux, qui ont la haine des policiers, de la justice, et de les faire tomber dans le camp de Daech…

Des centres de déradicalisation sont pourtant financés…

OUISA KIES La radicalisation, il faut arrêter de considérer qu’il s’agit d’un processus exceptionnel, avec la nécessité d’experts pour y remédier. Selon moi, c’est un phénomène classique de rupture avec la société. Ceux qui passent à l’acte présentent des parcours classiques d’entrée dans la délinquance, ou d’absence de communication dans la famille. Mais depuis 20 ans, les gouvernements successifs n’agissent pas. Un comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation existe. Mais le gouvernement ne joue pas son rôle de coordination. Or il s’agit d’une question politique fondamentale : offrir une perspective aux jeunes des quartiers populaires. Ceux qui ont les moyens envoient leurs enfants dans les écoles privées, transformant les écoles publiques en ghettos alors qu’elles devraient faire de la prévention et développer l’esprit critique. Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, je croise beaucoup d’individus radicalisés en prison. Beaucoup assistent pour la première fois à une confrontation d’idées. C’est extrêmement choquant. Des profs me contactent aujourd’hui parce qu’ils sont démunis. Des élèves font du copier-coller de la revue de Daech dans leur copie de philo. L’État annonce des sommes énormes à dépenser dans des temps courts pour faire de la lutte contre la radicalisation, et pendant ce temps-là, on supprime des subventions aux structures qui faisaient de la prévention de puis des années et pour celles qui faisaient le suivi des sortants de prisons. Dans certaines villes, on a supprimé à tour de bras des postes d’éducateurs de rue. Qui faisaient du travail de liens. Or, c’est de cela dont on a besoin ces jeunes : du lien, de l’estime de soi, d’aider à se projeter

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1 300 000 et une marée humaine à Paris contre la loi Travail

Posté par jacques LAUPIES le 16 juin 2016

 

► La loi Travail qu’aucune promesse électorale n’avait annoncée, est antisociale. Depuis deux mois le peuple de France, dans la rue, sur les places,par pétition ou dans les sondages réclame son retrait. Même à l’Assemblée nationale, il n’y a pas de majorité pour la voter. Seuls, le Medef, le PS et la CFDT la soutiennent. Elle doit être retirée.

►Loin de s’essouffler, la mobilisation du 14 juin a été énorme. De toutes les régions, de toutes les professions, des dockers aux hospitaliers en passant par les artistes et les chauffeurs de taxi, plus d’un million sont venus manifester le 14 juin à Paris. Ils doivent être entendus.

 

Le bon sens doit l’emporter

La force des manifestations du 14 juin a montré le caractère déraisonnable des calculs politiciens qui parient sur « l’essoufflement » du mouvement social contre la loi El Khomri. Plus d’un million de manifestants encore ce 14 juin, une mobilisation multiforme, de nouvelles journées prévues les 23 et 28 juin, assurément la manifestation nationale n’avait rien d’une tournée d’adieu.

Un conflit social majeur

C’est un conflit social qui porte loin. Plusieurs dimensions en attestent. Une dimension européenne car les dispositions les plus nocives du projet de loi sont directement encouragées par des orientations de la Commission Européenne pour plus de précarité sur tous les marchés du travail européens. La présence de plusieurs délégations syndicales européennes à la manifestation du 14 le montre. C’est aussi un conflit à la dimension professionnelle et interprofessionnelle. A la différence des mouvements contre les réformes des retraites, ce mouvement social du printemps 2016 comporte à la fois la dimension interprofessionnelle de contestation de la loi El Khomri mais fait également des revendications de professions confrontées à des blocages de salaires, des diminutions d’effectifs, ou des fragilisations de statut. (conducteurs routiers, cheminots, artistes et techniciens du spectacle, contrôleurs aériens, …) sans entamer la détermination du mouvement global, comme l’espérait le gouvernement.

La lutte fait converger la remise en cause des politiques d’austérité. Elle a replacé la question sociale au cœur de l’actualité et oblige au débat sur une alternative de rupture avec les politiques d’austérité. Il se poursuivra sous des formes évolutives, même si le gouvernement allait au bout de son passage en force.

L’impasse politique

Ce projet de loi est aussi un révélateur de la crise politique profonde. Non seulement les dispositions du gouvernement sont minoritaires dans l’opinion et celui-ci n’a pas, non plus, de majorité pour le faire valider à l’Assemblée Nationale, mais le projet de loi illustre une rupture accrue entre le pouvoir socialiste et son assise populaire. Jusqu’au ministre Le Guen qui s’égare, à la façon d’un (mauvais) chroniqueur du Figaro, en ne voyant dans le mouvement social que « les convulsions d’une gauche radicale qui n’a jamais digéré l’échec du communisme ». Ou le ministre Le Foll, désavoué chez lui dans la Sarthe, par l’échec des candidats socialistes face au tandem FDG-Eelv, bien qu’ayant courtisé les électeurs de droite en vantant une « gauche raisonnable » face aux « blocages » de la rue.

#LeSénatEstAvous!
Les sénateurs et sénatrices communistes mobilisé-es

L’examen de la loi El-Khomri commence lundi 13 juin au Sénat. Les sénateurs et sénatrices communistes veulent jourer leur rôle de relai des mobilisations pour le retrait de cette loi des patrons et l’écriture d’une vraie loi Travail qui rendrait le travail plus humain à partir de vos expériences et vos exigences.

« Adressez-nous ces nouveaux cahiers de doléances, ces cahiers d’exigences.

ENSEMBLE, tous ensemble, nous obtiendrons le retrait de cette loi du passé »

L’appel du groupe Communiste, Républicain et Citoyen

La discussion parlementaire au Sénat ne montre nullement que cette loi est une « loi de gauche » comme tente de le faire valoir la ministre El Khomri face aux amendements de la droite sénatoriale. Au Sénat, la droite montre surtout qu’elle n’a que ses pas à mettre dans les pas de la « philosophie » du projet de loi, pour le porter plus loin dans le même sens vers l’ultralibéralisme. Dans une interview, Philippe Martinez a pointé les articles du texte au cœur de  l’inacceptable du projet : celui sur la hiérarchie des normes, les plans de sauvegarde de l’emploi, le référendum d’entreprise et la médecine du travail.

Le bon sens doit l’emporter, même s’il semble que Manuel Valls n’en prenne pas le chemin en parlant d’interdire les prochaines manifestations. On ne soigne pas la fièvre en cassant le thermomètre. La démocratie et l’intérêt général invitent à tourner la page de l’obstination antisociale du pouvoir.

Notre dossier sur la loi Travail

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