Répondez à la grande consultation citoyenne du PCF ce mardi sur le marché

Posté par jacques LAUPIES le 16 mai 2016

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Répondez à la grande consultation citoyenne du PCF

     

Que demande le Peuple?
 
La grande consultation citoyenne
 
Vous voulez être entendus
 
Comme nous, vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie.
Le Parti communiste lance une grande consultation citoyenne dans le pays pour débloquer la situation. Pour avoir un grand débat public, faire émerger les exigences populaires, ouvrir des solutions face à la crise. Un grand débat pour donner votre avis sur la France, l’Europe, le monde.
 
Nous avons tous un bout de la solution
 
Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire à rendre incontournable. Donc, à vous d’écrire la politique, à vous la parole!
 
Prenez la parole!
 
Le questionnaire, proposé à 500 000 personnes dans le pays est un point de départ. Vos réponses seront synthétisées au niveau national et rendues publiques.
 
Vous pouvez télécharger le questionnaire ci-contre pour le remplir ou le faire remplir avant de nous le retourner (par la poste à l’adresse indiquée ou scané par mail à pcf@pcf.fr)
 
Vous pouvez aussi remplir le questionaire directement par internet sur le site www.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

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Le marché aux fleurs

Posté par jacques LAUPIES le 15 mai 2016

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Un peu d’animation en centre ville ne fait pas de mal. Je dirai même que cela fait du bien, surtout quand c’est fleuri ! On y fait parfois des rencontres entre roses, géranium, hortensia. Le fanatique de la politique que je suis, comme toujours se trouve confronté à quelque ami ou adversaire (mais parfois ami aussi) avec lequel s’échangent des avis sur les évènements dont nous abreuvent généreusement les médias.

A tel point d’ailleurs que l’on voudrait parler que du temps, des fleurs, ou de la santé de la communauté des octogénaires, on s’en trouve empêché par une espèce de chape de plomb de la morosité qui nous confinerait, si l’on n’y prenait garde, dans la dépression. Pour preuve : première rencontre avec un électeur socialiste qui m’a averti depuis quelques semaines qu’il ne voterait plus après la déception que lui cause les initiatives  »Vallso-Hollandaises ». Il semble tellement préoccupé par des douleurs aux genoux que je n’ose lui rappeler que 56 députés ont presque atteint le quota nécessaire pour présenter une motion de censure et qu’il devrait être plus attentif à ce frémissement à gauche. Nous en reparlerons me dis-je toujours un peu exaspéré qu’il ne vienne pas dialoguer avec nous les communistes ! Hors des marchés aux fleurs !

Le suivant, genre radical de gauche (c’est si rare d’en rencontrer) mais cependant affirmant avoir un grand respect pour le communistes, amateur de laïcité, ne semble, ni ravi de son chiffre d’affaire de petit commerçant oublié du centre ville. ni ravi de ce qui se passe dans ce milieu hétéroclite des défenseurs de l’école publique, un peu pollué par des républicains de tous poils. Un déçu de plus qui ne sait trop à quel saint se vouer. Façon de parler au sujet de quelqu’un qui me parait solidement imbibé d’un vrai républicanisme lequel mériterait d’être mis en exergue.

Le troisième, aux racines gaulliste de gauche, à qui je confirme, ce qu’il n’avait pas cru possible, que le Député sortant Ex-Président de Région avait déclaré ne pas se représenter aux prochaines législatives, s’inquiète du danger de la poussée dû FN. Il me confirme cependant vouloir aider les communistes. Du coup il faudrait que nous puissions débattre, ce que nous ne manquerons pas de faire à l’occasion de l’opération « que demande le peuple »

Le quatrième « gaulliste de droite » toujours un peu stratège en matière d’alliances à géométrie variable mais obstinément sur de ses analyses, voudrait me convaincre de ne pas trop dire du mal de Juppé, garantie de modération et d’orthodoxie en souvenir du Général, face à un Macron dont la promotion médiatique par le camp d’une certaine finance qu’il représente l’inquiète. Mon interlocuteur juge imperturbablement fautive des maux de la nation cette caste combattue quasi viscéralement par l’extrême droite d’hier et d’aujourd’hui.

Je lui ai évidemment indiqué qu’un communiste raisonne en terme de classe et que les obédiences en matière de banques n’étaient pas pour eux un critère déterminant d’autant que l’ordre du jour n’est pas à épargner – si tant est que cela possible – un candidat de droite quel qu’il fut. D’autant que nous préparons un Congrès qui devra déterminer notre stratégie pour  dégager une force populaire capable de revenir à des valeurs que la gauche doit mettre en avant.

Me voila donc au bout du marché aux fleurs. Je croyais en avoir fini de discuter quand ouvrant mon ordi je lis un message d’un correspondant d’un pays d’Afrique m’écrire : « je trouve la situation politique en France confuse ». Je n’invente rien…Vu de l’équateur africain on peut comprendre !

La promesse d’Alain Juppé à la France ? La purge sociale

primaire à droite
Lionel Venturini
Jeudi, 12 Mai, 2016
L’Humanité

 

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Le marché aux fleurs dans POLITIQUE

Alain Juppé assure que tout ce que la droite n’a pu faire en trente ans, lui va le faire en un mandat de cinq ans, mais sans surprise, sur le dos des salariés.
Photo : Hamilton/Réa

Favori des sondages à droite, le maire de Bordeaux entre dans le dur de la primaire pour la présidentielle. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac, puis ministre de Nicolas Sarkozy, développe un programme économique oscillant entre austérité et cadeaux aux patrons.

C’est le retour de la revanche. Ce que propose Alain Juppé s’il est désigné candidat de la droite à l’élection présidentielle de l’an prochain ressemble furieusement à un remake. Car tout ce que la droite n’a pu faire en trente ans, il promet de le faire en un mandat unique de cinq ans. Après l’éducation et la sécurité, Alain Juppé consacre donc son troisième livre-­programme à l’économie.

Dans Cinq ans pour l’emploi, il y a les mesures classiques que la droite et lui-même portent de longue date : la suppression de l’impôt sur la fortune, celle des 35 heures, le recul progressif de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, la baisse des cotisations des entreprises – plus aucune cotisation ­patronale sur le Smic –, la dénonciation des minima sociaux qui ­seraient encore trop généreux pour inciter à chercher un travail… La fiscalité du capital est évidemment trop lourde pour l’ancien premier ministre, la taxation des revenus du capital étant selon lui « absurde et nocive ». Devant ses soutiens parlementaires et quelques personnalités du milieu économique, comme Alain Minc ou Jean-François Cirelli, ancien PDG de Gaz de France, Juppé affirme vouloir aussi augmenter d’un point la TVA pour financer une partie de la réduction de 10 milliards d’euros des cotisations famille des entreprises. La mesure résume à elle seule la philosophie de l’ensemble.

Le Code du travail sera « plus simple pour les entreprises »

Et puis il y a du nouveau, puisé aux sources du Medef. Alain Juppé s’inscrit dans l’inversion de la hiérarchie des normes en germe déjà dans la loi El Khomri. Les négociations sont renvoyées aux entreprises et non plus aux branches, y compris pour le temps de travail, avec une durée légale hebdomadaire ramenée à 39 heures. Évidemment, « les accords d’entreprise s’imposeront aux accords de branche » s’agissant donc de la durée du travail, mais aussi de son organisation, de l’emploi et du fonctionnement des instances du personnel, écrit le candidat à la primaire de la droite et du centre. En parallèle, on s’en serait douté, le Code du travail sera « plus simple pour les entreprises ». « Sortir le dialogue social des postures, c’est faire en sorte que les salariés aient le dernier mot à la fin », assure-t-il.

Pour « sécuriser le CDI », Alain Juppé ­préconise de porter sur le contrat de travail « des motifs prédéterminés de rupture ». Le salarié connaîtra ainsi « les motifs de licenciement possibles », mais surtout « le chef d’entreprise saura dès la conclusion du contrat que, si certains aléas économiques ­venaient à se réaliser, il pourra l’interrompre ». Un juge, s’il est saisi par un salarié, ne pourra pas contrôler « la ­validité du motif dès lors que le contrat aura été homologué par l’administration, mais seulement la matérialité des circonstances invoquées » pour licencier. Sans s’attaquer de front à l’inspection du travail, le candidat Juppé entend susciter « des organismes privés agréés qui pourront réaliser des audits en matière de droit du travail, de santé et de sécurité », lesquels seront « opposables à l’inspection du travail ». Fini les empêcheurs de licencier en rond…

Ponctionner la dépense publique de 85 à 100 milliards

À coups d’ordonnances, sans attendre une majorité issue des législatives qui suivront la présidentielle, et sans considération pour le cas où il aurait été élu face au Front national, le président Juppé engagerait l’essentiel des réformes, dont les 85 à 100 milliards d’économies dans la dépense publique qu’il promet, en phase ici avec la plupart de ses rivaux à droite, à commencer par Nicolas Sarkozy. Pas de sanctuarisation de l’éducation ou de la justice, l’effort demandé aux ministères sera, dixit Juppé, « à proportion de sa part dans le total des dépenses ». Les 250 000 postes de fonctionnaires supprimés représentent « 4,6 % des effectifs sur cinq ans », annonce-t-il pour en minorer la portée.

Il se dit certain de pouvoir imposer ce ­programme parce que « nous ne connaîtrons plus les Trente Glorieuses », estimant que l’élection équivaut à un référendum sur son programme. Juppé veut « renforcer une orientation sélective à l’entrée de l’enseignement supérieur ». La mesure n’est pas sans rappeler le projet de loi Devaquet en 1986, d’un gouvernement dont le porte-parole s’appelait… Alain Juppé, et qui jeta une génération dans la rue, bien avant 1995.

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Même dans la confusion la relève du pouvoir des intérêts de la grande bourgeoisie se prépare

Posté par jacques LAUPIES le 14 mai 2016

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Même potiches les bourgeois ne mettent jamais les œufs  dans la même assiette

 

Bien entendu il fallait s’y attendre les médias,  ne se préoccupant habituellement guère des initiatives du groupe « Front de Gauche », essentiellement constitué de communistes, les évènements les forçant  se livrent à l’amalgame imitant donc les partis du PS à l’extrême droite en passant par LR, l’UDI et autres déclarant que nous deviendrions des alliés objectifs des groupes parlementaires de droite. La ficelle de ce propos est tellement grosse que certains se voient contraints de la mincir. Histoire de ne pas trop passer pour des imbéciles certains autres ont tout de même reconnu que pratiquer l’amalgame n’était pas sérieux !

André Chassaigne (article ci dessous) en la circonstance, prudent,  précise que son seul objectif est le retrait du texte de loi. A vrai dire, si la censure avait été votée les conséquences auraient été plus importantes et si les 56 députés qui ont tenté de présenter une motion de gauche avaient voté celle de la droite, c’était la crise politique assurée et l’on aurait pu juger des vrais intentions de notre Président (inversion de sa politique et recherche d’un gouvernement pour l’appliquer ou dissolution) Choix plus qu’inconfortable pour lui.

Mais avec des « si » on peut toujours spéculer. Ma conviction (excusez la première personne car le commentaire risque d’être un tantinet polémique et n’engage que moi) ma conviction donc est que la bourgeoisie de ce pays, qui n’est pas sans subir des contradictions internes , se fout complètement que Valls tombe dans la mesure où elle est prête pour trouver un relève fidèle et acceptable pour améliorer ses privilèges déjà exorbitants (vous voyez de qui je parle) De même d’ailleurs si Hollande disparaît du paysage étatique en 2017. On va bien en trouver un qui fera l’affaire pour cinq ans. S’appellerait-il Juppé ou Tartempion ! Après on verra…

Sauf qu’à ce jeu là, la même bourgeoisie, ou du moins la fraction qui pense un peu, avec ses intellectuels de parade, mais intellectuels tout de même, qui vendent bien leur prose sur les plateaux de télé - même si parfois on en trouve qui peuvent nous paraître sincères – ces croupies de la pensée unique risquent bien de se retrouver sur le cul. Soit qu’ils seront dépassés par quelque soubresauts populaire et prendront leur retraite ou menacés de liquidation par les nationalismes renaissants que les plus cinglés ne manqueront pas d’accompagner.

Il peut même y en avoir de brillants qui, comme Céline ou Brasillach autrefois l’ont fait, sauront diffuser des discours de haine, se dissimulant pour l’heure dans de mielleuses allusions xénophobes, osant même « s’encombrer » de républicanisme, de laïcité.

Brave gens ne vous inquiétez pas la relève politique du pouvoir des dominants sur le plan économique est là. A moins que vous n’interveniez.

 

 

André Chassaigne. « Le retrait du texte est le seul objectif que nous nous fixons »

Assemblée Nationale
André Chassaigne
Vendredi, 13 Mai, 2016
L’Humanité

 

André Chassaigne (PCF) a expliqué, jeudi, dans l’Hémicycle, le vote de la censure du gouvernement par les dix députés Front de gauche. Extraits.

«Ainsi, le gouvernement ne veut pas débattre de l’un des textes phares de son quinquennat. Malgré l’absence de majorité parlementaire et de soutien populaire, le gouvernement opte pour le passage en force, alors que la sagesse politique aurait dû le conduire à retirer un texte rejeté de toutes parts. (…) L’usage du 49-3 est un triple coup de force. Un coup de force contre le monde du travail et le droit du travail. Un coup de force, également, contre nos concitoyens qui, à 75 %, se prononcent contre le recours à l’article le plus rétrograde de notre Constitution. Coup de force, enfin, contre la représentation nationale qui s’apprêtait à voter majoritairement contre ce texte. (…) L’humiliation, le choc dans vos propres rangs ont été tels que nous avons été à deux doigts, à deux voix près, de pouvoir déposer une motion de censure réunissant des députés de toutes les formations de gauche de cet hémicycle. 56 signataires sur les 58 requis. (…) C’est une première victoire, une belle victoire, pour tous les opposants à ce texte qui en souhaitent le retrait. (…) Face à ce funeste projet de loi, nous aurions aimé porter ici des alternatives progressistes : la réduction du temps de travail, la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle, la promotion de la démocratie dans l’entreprise, l’encadrement des rémunérations des dirigeants d’entreprise, la protection des salariés contre l’ubérisation… Toutes ces propositions démontrent qu’un Code du travail plus simple et plus protecteur est possible. (…)

Le retrait de ce texte est désormais le seul objectif que nous nous fixons (…). C’est pourquoi les députés Front de gauche vont aujourd’hui censurer le gouvernement en conscience et en responsabilité. Ils vont se saisir de l’unique moyen encore à leur disposition pour rejeter ce texte. Ils s’en saisissent pour simplement respecter les valeurs qu’ils portent et leurs engagements vis-à-vis de celles et ceux qui les ont élus en 2012. Notre censure (…) n’a évidemment rien à voir avec les motivations de la droite. Comme chacun le sait ici, nos collègues de droite auraient souhaité l’adoption de ce texte. (…) Du reste, nous ne sommes pas dupes du programme destructeur qui est celui de la droite et qui enfoncerait encore un peu plus notre pays dans la crise. (…)

Mais c’est précisément parce qu’il faut mettre un terme à toutes ces hypocrisies politiciennes que nous assumons le fait de condamner la politique du gouvernement. Notre censure vise au rejet du projet de loi et à mettre un terme au fourvoiement d’un gouvernement dans les méandres du libéralisme économique prôné par la droite. La motion de censure que nous aurions souhaité déposer avec 46 de nos collègues progressistes visait au rejet de ce texte. Avec eux, nous ne perdons pas de vue cet objectif. La mobilisation de l’opposition progressiste et citoyenne peut avoir raison de votre déraison. Tâchons de vous en faire la démonstration ! »

André Chassaigne

Chef de file des députés Front de gauche

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Philippe Martinez: «Passons à la vitesse supérieure» contre la loi travail

Posté par jacques LAUPIES le 13 mai 2016

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu

Jeudi, 12 Mai, 2016

 

Philippe Martinez: «Passons à la vitesse supérieure» contre la loi travail dans POLITIQUE

Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dont le syndicat appelle à la grève aujourd’hui, mais aussi les 17 et 19 mai, le 49-3 témoigne de la « faiblesse du gouvernement ». Il appelle les salariés à « passer à la vitesse supérieure » pour forcer l’exécutif à retirer son texte.

Aujourd’hui, mardi 17 et jeudi 19 mai seront trois nouvelles journées d’action, ont annoncé mardi les syndicats de salariés et associations de jeunes opposés à la loi travail et au coup de force de l’exécutif. Pour le secrétaire général de la CGT, dans l’entretien qu’il a accordé hier à l’Humanité, le temps est moins que jamais à céder à l’intimidation. Après la décision du gouvernement de passer en force, vous avez appelé à trois jours de grève nationale.

La mobilisation est-elle encore d’actualité ?

PHILIPPE MARTINEZ J’entends cette petite musique qui consiste à dire que si le 49-3 passe, le texte est adopté. Faux. La procédure continue. La mobilisation est plus que jamais indispensable. C’est pour cette raison que, pour la première fois, nous appelons à trois dates de grève, dans une échéance très resserrée. Ce qui off re la possibilité aux salariés en grève mardi de continuer leur action jusqu’au jeudi. Le gouvernement va certainement marteler que, quelle que soit l’ampleur de la mobilisation, sa détermiation à faire passer cette loi restera. Mais je rappelle qu’il y a un texte, qui s’appelait le contrat première embauche (CPE), qui avait été adopté avec le 49-3. La loi avait même été promulguée. Mais le gouvernement de Jacques Chirac, compte tenu de la mobilisation, avait été contraint de retirer son projet. Lire la suite

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Députés de gauche : donner un sens politique au vote parlementaire.

Posté par jacques LAUPIES le 12 mai 2016

En votant la censure, il ne s’agit pas de se rallier à la droite mais de mettre hors jeu une loi qui porte atteinte aux droits des salariés.

Le gouvernement risque de tomber. Et alors ? Il sera de la responsabilité du Président de la république d’en appeler un autre qui répondra aux aspirations populaires et mettra un terme à une politique libérale. Voter la censure c’est précisément voter contre la droite qui vise à accentuer cette politique.

Finalement c’est mettre dans l’embarras tous les libéraux qui soutiennent bec et ongle le patronat.

Ne pas la voter c’est préparer le chaos pour les futures présidentielles et donner de nouveaux atouts à la droite et à l’extrême droite.

Il faut savoir donner un sens à un vote sur le plan politique dès lors qu’il s’agit de l’intérêt des travailleurs.

Frondeur ou pas telle est la responsabilité de ceux qui ont eu un mandat pour une politique qui n’est pas appliquée.

L’histoire jugera plus tard des conséquences de leur hésitations et tergiversations !

 

Loi travail: les frondeurs seraient-ils des lâcheurs ?

Gérard Le Puill
Jeudi, 12 Mai, 2016
Humanite.fr

 

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Députés de gauche : donner un sens politique au vote parlementaire. dans POLITIQUE

Photo : AFP

Tandis que des manifestations ont  lieu ce jeudi contre la loi de précarisation du travail portant le nom de la ministre El Khomri, une offensive se développe en Europe de l’Est pour accroître le dumping social en Europe de l’Ouest. Neuf de ces pays s’opposent à l’amélioration du statut des travailleurs détachés, selon le quotidien Les Echos. Qu’en disent les députés frondeurs du groupe socialiste ?

Il a manqué hier deux voix pour qu’une motion de censure de gauche puisse être déposée afin d’empêcher l’adoption de la loi El Khomri en première lecture à l’Assemblée nationale  et faire  tomber le gouvernement. Il y aura aujourd’hui une séance de rattrapage. Cela consisterait à voter, sans en approuver la teneur, la motion de censure des députés de droite. Eux trouvent que le texte du gouvernement ne va pas assez loin dans la démolition du code de travail. Plusieurs députés socialistes qui se définissent comme des « frondeurs » on annoncé qu’ils ne voteraient pas ce texte. Ce qui revient à permettre au gouvernement de faire passer le sien à ce stade du débat. Du côté des salariés qui seront les futures victimes de cette loi, on a organisé ce jeudi matin des barrages de voies rapides dans la périphérie de Nantes, Rennes et Lorient tandis que des normands bloquaient le pont de Tancarville.

Pour tenter de passer en force, l’argumentaire du gouvernement et de la majorité des députés socialistes est le suivant: assouplir le Code du travail pour favoriser l’embauche. A leurs yeux, favoriser l’embauche impliquerait de précariser l’emploi, de moins payer les salariés, de licencier plus facilement, de recourir davantage au temps partiel en fonction des choix que feront les patrons pour maximiser la rentabilité des entreprises dans cette loi de la jungle qu’est la mondialisation capitaliste. Ce qui se traduit toujours par du gaspillage de capital productif et par un recul  du pouvoir d’achat de ceux et celles qui n’ont que leur salaire pour vivre.

D’ailleurs, pour pointer en peu de temps les contradictions de ce système dans lequel le salarié sert de variable d’ajustement pour des multinationales patrons en quête de profits , il convient de lire cinq  articles dans Les  Echos de ce jeudi 12 mai. En page 2 de ce journal,  Cécile  Cornudet affirme que « trente députés socialistes avaient des pudeurs de jeune fille au début du quinquennat lorsqu’on les appelait « frondeurs ». Ils ont pourtant réussi à saboter le mandat de François Hollande, et pas seulement médiatiquement, presque de bout en bout ». Ce commentaire suggère en creux que Hollande  tient tous ses engagements de candidat pris en 2012.

Interrogé  dans cette même page sur la tentative avortée d’une motion de censure par les  « frondeurs », le politologue Gérard Grunberg y va de ce commentaire : « Le problème est que cette situation contribue à détruire peu à peu la culture de gouvernement que le PS avait, depuis le congrès d’Epinay en 1971, lentement et difficilement acquise ». En creux , Grunberg suggère que la culture  de gouvernement en ce début de XXIème siècle passe par la précarisation à outrance et par le recul permanent des acquis sociaux pour aboutir à un recul de civilisation peu compatible avec l’état actuel des savoirs en tous genres pour peu qu’on les mette au service des humains et non du seul profit pour quelques uns.

En page 3 de ce même journal, Pierre Pringuet, président de l’Association française des entreprises privées, répète que son association « était favorable à la version initiale du texte » comme l’étaient les parlementaires de droite. Il regrette que le gouvernementy ait apporté des modifications demandées par certains syndicats et se demande « pourquoi dégainer le 49-3 pour renoncer aux mesures les plus fortes du texte ? ».

Passons maintenant à la page 8 des Echos. Un article nous apprend que onze pays européens dont la Bulgarie, la République tchèque, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Croatie, la Lettonie, la Hongrie, la Slovaquie et l’Estonie, viennent, dans le cadre d’un procédure baptisée « carton jaune», d’obtenir de la Commission européenne qu’elle retarde pour le moins ses timides promesses de modification du statut des travailleurs détachés. «  De nombreux pays d’Europe de l’Ouest- la France en tête – poussent pour obtenir cette réforme présentée en mars. Elle promet de lutter contre le dumping social en alignant la rémunération du travailleur détaché non sur les seules règles relatives au salaire minimum, mais aussi sur les conventions collectives, bonus et avantages divers appliqués dans le pays d’accueil», analyse Renaud Honoré du bureau de ce journal à Bruxelles.

Pourquoi ces pays engagent-ils une démarche commune pour retarder ou empêcher une avancée sociale en faveur de leurs ressortissants qui deviennent des travailleurs détachés  dans les pays d’Europe de l’Ouest ? Pour gagner du temps suggère l’article des Echos. Sans doute, mais pas seulement. Les travailleurs détachés sont de plus en plus nombreux  dans de nombreux pays de l’Ouest européen à commencer par ceux qui sont limitrophes des pays de l’Est entrés dans l’Union en 2004 et 2007. C’est le cas en Allemagne mais aussi dans beaucoup d’autres pays dont les Pays-Bas où les salariés des serres à tomates, concombres, fleurs et autres produits d’exportation sont presque tous de nationalité polonaise désormais, selon les serristes français.

En réalité, les dirigeants de ces  pays ont peur  que l’amélioration   du statut de travailleur détaché accordé à  leurs ressortissants  débouche sur une moindre demande de main d’œuvre  immigrée et détachée dans les pays qui font appel à ces travailleurs aujourd’hui.  Quel  rapport avec la Loi Travail que le gouvernement français veut faire passer  avec le 49-3 ? Sur la longue route de  la précarisation en Europe,  cette loi précarise notre droit du travail pour le rapprocher des standards de la sous rémunération et du recul des droits sociaux que permettent, par exemple, les faibles cotisations sociales du pays d’origine versées aux travailleurs détachés.

Dans la même page 8 des Echos, on apprend que de nombreux députés européens, de droite comme de gauche, sont opposés à l’octroi du statut « d’économie de marché » à la Chine dans les prochains mois sur  proposition de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il faut savoir que ce statut réduirait sensiblement les tarifs douaniers actuels  accordés à de nombreux produits chinois entrant en Europe. Ces  députés affirment  que  ce pays pratique des prix bas à l’exportation qui ne sont pas « clairement » déterminés par l’offre et la demande , selon Les Echos . Même le commissaire en charge de  la santé et la sécurité alimentaire  estime qu’accorder ce statut à la Chine  « impliquerait un coût énorme en termes de perte d’emplois dans l’Union européenne ».

Résumons : des pays d’Europe de l’Est préfèrent  que les droits sociaux de  leurs ressortissants travaillant dans d’autres pays de l’Union européenne  ne progressent pas. Car ils ont peur  que ce progrès social  réduise les départs  de travailleurs détachés  vers les pays d’Europe de l’Ouest tandis qu’ils refusent aussi d’accueillir chez eux  des réfugiés de pays ravagés par la guerre. Des députés européens, de   droite comme de gauche,  craignent  que les baisses de tarifs douaniers  accordés à la Chine  débouchent sur d’importantes pertes d’emplois en Europe en raison du dumping social chinois. Pendant ce temps, François Hollande  et Manuel Valls  proposent  l’adoption sans vote d’une loi  destinée à précariser l’emploi  et de réduire le revenu du travail dans notre pays. Frondeur ou pas,  socialiste ou pas, voilà qui devrait poser  un problème de conscience à chaque député  élu par le peuple  pour voter les lois de ce pays. Un frondeur qui devient un lâcheur  n’est plus que l’ombre d’un frondeur.

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