Chassaigne Président du groupe communiste à l’assemblée nationale
Posté par jacques LAUPIES le 19 mai 2016
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Posté par jacques LAUPIES le 19 mai 2016
ARTICLE A LIRE DANS L’HUMANITE DE CE JOUR

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement joue la carte du pourrissement et de l’affrontement avec les opposants à la loi El Khomri. Une stratégie qui surfe sur le mal-être des policiers et gendarmes tout en étouffant le débat démocratique.
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Posté par jacques LAUPIES le 18 mai 2016
À seize jours de l’ouverture du congrès du PCF, son secrétaire national, Pierre Laurent, estime que les communistes ont la « responsabilité » de faire converger les forces de gauche qui refusent la politique actuelle afin d’aboutir à un socle politique et des candidats communs en 2017.
Avec l’épisode de la motion de censure de gauche qui a réuni 56 députés socialistes, communistes, Front de gauche, écologistes et divers gauche sur les 58 signatures requises pour la déposer, une étape a-t-elle été franchie en vue du rassemblement de la gauche pour une autre voie en 2017 ?
Pierre Laurent C’est un événement très important. C’est un des résultats de la mobilisation sociale. Pour la première fois à ce niveau, des députés de toutes les familles de la gauche ont pris ensemble la résolution de ne pas laisser le gouvernement continuer à agir impunément. Cet événement doit connaître des suites, puisque l’exécutif n’aura pas davantage de majorité en deuxième lecture après le retour du Sénat du projet de loi El Khomri. Le retrait de la loi est plus que jamais notre objectif. Mobilisation sociale et unité politique sont les deux clés de la victoire. Au-delà, nous devons amplifier le travail de construction d’un nouveau socle politique pour une nouvelle majorité en 2017.
Y a-t-il encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à ce socle commun ?
Pierre Laurent Oui, beaucoup de travail, mais la convergence pour le dépôt de la motion de censure montre que c’est possible. Cela fait des mois que je dis que les forces existent pour faire émerger ce projet. Je le dis en m’exposant aux critiques, aux doutes, voire aux sarcasmes de certains. La preuve est faite que cette voie peut être féconde. Maintenant, il faut passer d’un socle critique à un socle de propositions comme la réduction du temps de travail, la sécurisation de l’emploi, le conditionnement des aides aux entreprises, la maîtrise publique des banques ou la lutte contre l’évasion fiscale. Nous pouvons aussi converger sur des propositions de refondation démocratique et solidaire de l’Europe et sur des mesures d’urgence démocratique comme la suppression de l’article 49-3 de la Constitution, l’introduction de la proportionnelle aux élections, l’inversion du calendrier électoral pour redonner la primauté au Parlement…
Chez les frondeurs du PS, on évoque désormais ouvertement la nécessité d’écarter une nouvelle candidature de François Hollande à la présidentielle. Est-ce une bonne nouvelle ?
Pierre Laurent Évidemment, mais je le répète, pour réussir à bâtir la convergence nécessaire de forces très diverses à gauche, un nouveau projet et une majorité politique pour le porter, les enjeux des élections de 2017 doivent devenir des questions populaires. Le projet d’une motion de censure de gauche n’aurait jamais été possible sans la mobilisation sociale et la pression populaire, ce sera la même chose pour dégager une solution politique. La parole citoyenne qui s’exprime dans les grèves et les manifestations, dans des pétitions massives sur Internet ou sur les places de Nuit debout, doit faire irruption sur le terrain politique.
Dans son discours du 3 mai, au Théâtre du Rond-Point, François Hollande a théorisé l’idée, reprise en boucle par Manuel Valls et ses amis, qu’il y aurait une gauche qui assume le pouvoir et une autre qui le refuse, faute de politique crédible à proposer. Que leur répondez-vous ?
Pierre Laurent Où est la gauche dans la politique de François Hollande et Manuel Valls ? Ce gouvernement s’est battu bec et ongles pour imposer la déchéance de nationalité aux binationaux ; c’est un gouvernement dans lequel siège Emmanuel Macron, qui veut rompre avec tous les fondamentaux de la gauche. Tout cela est une imposture. En vérité, leur discours sur les deux gauches vise à la briser définitivement pour tourner la page d’une alternative de transformation sociale. Aujourd’hui, la gauche ne peut être fidèle à ses valeurs qu’en rompant avec le libéralisme. Hollande et Valls font le lit du Medef et de la droite. Au contraire, un grand projet de gauche qui proposerait la maîtrise publique de l’argent, un changement radical d’orientation de l’Union européenne, une nouvelle République et la relance de la production et des services publics sur la base d’un nouveau modèle économique est capable de redresser la France et d’unir les Français.
Le 49-3 n’a pas stoppé le mouvement contre la loi travail, mais celui-ci peine à retrouver l’élan du début. N’existe-t-il pas un risque de radicalisation des modes d’action au détriment de l’élargissement du mouvement ?
Pierre Laurent C’est ce que veut faire croire le gouvernement qui utilise la tension pour dénaturer le mouvement, mais toutes les enquêtes d’opinion montrent que l’opposition à la loi travail reste archimajoritaire. Le mouvement engagé doit donc en même temps afficher sa détermination et élargir ses formes d’action pour permettre à un nombre toujours plus grand de citoyens d’exprimer leur exigence du retrait de la loi. C’est ce que viennent de décider les organisations de jeunesse en lançant des votations citoyennes. En appui du travail syndical, les militants et les élus communistes peuvent aussi multiplier les formes d’expression populaire sur les lieux de travail, dans les communes, dans des réunions de quartier, pour arracher le retrait de la loi. Cet objectif est à notre portée car rien n’est fini.
Êtes-vous préoccupé par les violences qui ont fait une dizaine de victimes dans le service d’ordre de la CGT, jeudi dernier ?
Pierre Laurent Il est capital que les manifestations se déroulent sans violence, car c’est une des conditions de leur élargissement populaire. À ceux qui veulent nous entraîner sur ce terrain, nous devons opposer notre détermination à permettre l’exercice du droit de manifester. De petits groupes ultraminoritaires et violents salissent l’image du mouvement, et l’attitude des forces de police attise la tension avec un usage disproportionné de la force dans les cortèges. J’ai interpellé le gouvernement pour qu’il mette fin à cette spirale extrêmement dangereuse.
Cinq mois après les élections régionales, la question sociale a pris le dessus sur les thématiques identitaires et xénophobes. Mais l’intensité de la confrontation à gauche sur cette question ne peut-elle pas conduire à sous-estimer la permanence du danger de la montée de la droite et de l’extrême droite ?
Pierre Laurent C’est un risque, en effet. L’acharnement du gouvernement provoque une très grande colère et un désarroi démocratique parce que la parole politique est bafouée. Cette colère conduit à un niveau inégalé de désaveu du pouvoir actuel. Cette situation peut effectivement conduire à oublier ou à relativiser le très grave danger qu’il y aurait à laisser basculer le pays dans les mains de la droite flanquée d’une extrême droite à un très haut niveau. Le seul moyen de faire barrage à cela est de reconstruire un véritable espoir de changement à gauche. La détermination des communistes à y parvenir exige que nous y consacrions toutes nos forces dans les mois à venir, quelles que soient les difficultés.
Si l’orientation que vous soutenez en vue du congrès du PCF du 2 au 5 juin à Aubervilliers a été adoptée par 51,2 % des voix, jamais autant de communistes n’ont voté pour des orientations alternatives. Est-ce l’idée d’une primaire, au moment où les désaccords à gauche sont si nombreux, qui explique ce résultat ?
Pierre Laurent Oui, c’est en effet l’un des facteurs qui a compté dans le vote. Les communistes ont voulu clairement signifier leur refus d’une primaire qui risquait, à leurs yeux, de nous placer dans le sillage de François Hollande ou de tout autre candidat équivalent. Nous avons clarifié totalement cette question, en écartant cette possibilité. Quand nous avons décidé de laisser la porte ouverte à une primaire, c’était d’ailleurs avec l’objectif d’ouvrir un chemin de rassemblement aux forces qui ne veulent justement pas se retrouver derrière une candidature de François Hollande. Mais si le chemin n’est pas celui-là, la convergence de toutes ces forces reste une nécessité. D’ici à la fin de l’année, la montée en puissance de la primaire de la droite et de la campagne du FN, et le discrédit grandissant de François Hollande vont rendre cette convergence plus nécessaire aux yeux de millions de gens. Le congrès du PCF doit répondre à ce défi politique en proposant, sur la base d’une offre politique clarifiée par nos débats, une nouvelle vague d’initiatives et un calendrier pour que, d’ici à l’automne, nous débouchions sur une étape de convergence nationale. La grande consultation citoyenne que nous avons lancée est un outil de cette construction. Les élections législatives doivent aussi en être un objectif central. La construction d’une candidature présidentielle la plus rassembleuse possible doit rester l’objectif.
Y a-t-il des points à éclaircir ou à modifier dans la base commune de discussion au congrès pour rassembler les communistes sur une même orientation ?
Pierre Laurent Les communistes ont exprimé des votes divers, mais ils sont décidés à converger. Il y a une demande de clarté dans le processus et le calendrier, le congrès devra dire jusqu’à quelle échéance nous proposons de poursuivre nos efforts de rassemblement des forces à gauche et fixer la date de notre conférence nationale prévue par les statuts. Il y a d’autres sujets dans le débat des communistes : le souci d’une impulsion nouvelle pour notre parti qui doit déboucher sur un relevé de décisions engageant des transformations concrètes du Parti communiste, comme la demande d’une meilleure lisibilité de notre projet politique, « le Temps du commun ». Les congrès locaux et départementaux et la commission qui travaillent sur nos textes sont engagés dans un travail de réécriture pour permettre un congrès de clarté et d’unité des communistes.
Actuellement, le candidat qui apparaît le plus sérieux et le plus crédible au vu des sondages pour porter un autre projet de gauche en 2017 est Jean-Luc Mélenchon. Qu’est-ce qui empêche les communistes de le soutenir comme en 2012 ?
Pierre Laurent La candidature de Jean-Luc Mélenchon a été annoncée dans des conditions qui ne conviennent à aucune des autres formations du Front de gauche. Nous voulons l’unité mais sa candidature ne suffit pas à répondre en l’état à l’ampleur du défi politique qui est devant nous. Si nous laissons faire les choses, il y aura d’autres candidats dans l’arc de forces que nous souhaitons rassembler. La division se paierait cher. Leur multiplication est un risque très réel. Je sais qu’il existe la peur du vide, une sorte d’appel par défaut à résoudre immédiatement le problème parce que le scénario paraît ainsi plus rassurant, mais je constate pour le moment qu’aucune hypothèse, pas plus la candidature de Jean-Luc Mélenchon qu’une autre, n’empêche le scénario d’un duel droite-extrême droite au second tour de l’élection présidentielle et, dans ces conditions, un risque de désastre aux législatives. Consacrer l’année 2016 à résoudre ce problème, ce n’est pas perdre du temps. J’ajoute que ce qui se joue n’est pas seulement la bataille de 2017, c’est la reconstruction durable d’une gauche capable de maintenir en France un projet majoritaire de transformation sociale. La France est l’un des pays d’Europe où ce scénario demeure possible, et nous devons prendre en charge la construction de cette alternative majoritaire à gauche. En Espagne, la force des événements vient de rendre possible un accord d’unité populaire pour les législatives entre Podemos et Izquierda Unida, que Podemos refusait jusque-là. L’unité s’est imposée comme la seule manière de faire face aux responsabilités.
Les communistes ne sont-ils pas les derniers à croire en la possibilité d’aboutir à une candidature commune de la gauche de transformation sociale en 2017, quand certains ont fait une croix sur la primaire ou que d’autres s’ingénient à la repousser ?
Pierre Laurent Il y a deux obstacles : ceux qui ne souhaitent pas cette convergence, peut-être en pensant qu’ils seront assez forts tout seuls, et puis il y a ceux qui n’y croient pas et qui, d’une certaine manière, ont tiré un trait sur 2017, en pensant que le temps de la reconstruction viendra après. Réfléchir ainsi est dangereux car c’est sous-estimer, devant le discrédit du gouvernement, la vague de droite et d’extrême droite qui risque de tout submerger. Je préfère miser sur les nouveaux espoirs qui émergent : le réveil de la mobilisation du peuple de gauche contre la loi El Khomri, l’irruption de la jeunesse dans le champ politique, la recherche de nouvelles issues par des intellectuels… Ces nombreux signes d’espoir butent encore, c’est vrai, sur la difficulté à converger politiquement. Mais raison de plus pour que les communistes prennent leurs responsabilités. Des trois partis qui ont structuré la gauche ces dernières décennies (le PS, le PCF et les Verts – NDLR), le Parti communiste est le seul qui tient la gauche debout. C’est son devoir d’enclencher le débat nécessaire entre toutes les forces susceptibles de converger. Des communistes peuvent être saisis par le doute devant la difficulté, mais le congrès, par la force de notre débat collectif, doit au contraire nous convaincre que cet effort est notre raison d’être dans ce moment historique pour la France et pour la gauche.
Le 5 juin, un pique-nique en hommage au Front populaire. À la fin de leur congrès, le dimanche 5 juin, les communistes invitent les forces de progrès à un pique-nique citoyen pour célébrer les quatre-vingts ans du Front populaire, devant la station de métro du même nom, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Le secrétaire national du PCF élu y prononcera le discours de clôture du congrès. « Venez avec vos paniers », invite le PCF, qui s’occupe de dresser les tables et promet un dimanche « en chansons et en luttes ». Pour Pierre Laurent, « ce sera une belle manière de tracer un trait d’union entre cette page d’histoire et les responsabilités qui sont les nôtres aujourd’hui, celles de constituer durablement un nouveau Front populaire et citoyen ».
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Posté par jacques LAUPIES le 18 mai 2016
En tout cas il n’y a rien à redire sur l’analyse que nous propose le Secrétaire National concernant la situation politique et général et surtout celle dans la quelle se trouve la gauche. Reste effectivement pour les militants à aller à la rencontre des gens avec des propositions concrètes. D’abord les nôtres qui résulteront d’un Congrès qui doit les déterminer avec exprimée notre volonté de rassembler mais aussi en expliquant bien que nous entendons occuper toute notre place au sein de ce rassemblement nécessaire et dont la réussite dépendra pour une bonne part de notre capacité d’organisation militante !
L’heure n’est pas à jouer à cache-cache avec les électeurs et les travailleurs en lutte !

À seize jours de l’ouverture du congrès du PCF, son secrétaire national, Pierre Laurent, estime que les communistes ont la « responsabilité » de faire converger les forces de gauche qui refusent la politique actuelle afin d’aboutir à un socle politique et des candidats communs en 2017.
Le présent a à voir avec l’histoire : toujours !

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Posté par jacques LAUPIES le 17 mai 2016
Les rues de Tarascon peuplées d’évocations de la cour du roi René…On fait ce qu’on peut, mais c’est mignon et au moins remplit de monde une rue et une avenue qui en ont bien besoin pour le commerce local.
Les fins de WE sont généralement riches en évènements politiques. Riche c’est beaucoup dire quand les médias sont conduits à capter des évènements généralement orchestrés en fonction des besoins de la pensée dominante plutôt pauvre. Dans ces cas là on a plus tendance à un spectacle d’informations politiques, de prestations personnelles du ou des derniers disant dans la farandole exhibitionniste des deux ou trois derniers jours. Après Hollande et Valls omni présents, on a vu Lemaire, Macron et d’autres.
Ce dernier lundi nous avons droit à la mise en émergence de Arnaud Montebourg, plutôt flatteuse pour l’ancien ministre qui se positionnerait au sein d’ une gauche rebelle et opposée aux sociaux libéraux, avec le soutien plus ou moins explicite des « frondeurs ».
Juppé par contre a droit à des commentaires pas très à son avantage au point que l’on se dit que l’équipe de communication de Hollande doit y être pour quelque chose. L’attaque repose sur des fautes de gestion imputables au Maire de Bordeaux.
Je ne parlerai pas des « misères » à l’encontre des « Nuits Debout » et des organisations syndicales sans compter que l’état d’urgence semble déborder dans la répression des manifestations
Si cette comédie dure jusqu’en 2017 les français pourront comme commencent à le dire haut et fort certains qui ne s’embarrassent pas de formes atténuées : « on nous prend pour des cons »
Sans compter qu’on nous bassine avec le harcèlement sexuel dont sont victimes les femmes et la « tolérance » papale à l’encontre d’un Cardinal lyonnais, histoire de faire lourdement diversion sur des sujets traités à coup de hache par la gent politique et médiatique ! Car si l’on se met à juger, ou seulement délibérer, sur des harcèlements sexuels effectués de plus par leurs auteurs avec usage de menaces contre celles (où ceux) qui les subissent : aie, aie, y en a pour un bon bout de temps. Tout autant que s’il faut trancher sur la pertinence du respect du secret du confessionnal ou du simple domaine du secret professionnel. Gageons que les prisons déjà bien remplies vont littéralement déborder. Mais bon si la solution est là…
Je doute que ceux qui bavassent sur ces questions parfois avec un peu de légèreté et se dressent en justiciers, avant la justice, oublient de nous rappeler qu’il existe des gens qui se battent pour obtenir de véritables droits dans le travail (notamment le salaire égal pour les femme) le contrôle de gestion des entreprises par leurs salariés, des augmentations de salaires et de pensions, des citoyens qui ne veulent pas comme les trois quart des français de la fameuse loi Travail, que les 32 heures doivent devenir une priorité et que les jeunes ont droit à l’autonomie économique et a une formation dès lors qu’ils sont déscolarisés. Que tout cela est possible comme il est possible de le financer par une grande réforme fiscale et qu’il est donc difficile d’ignorer les luttes sociales actuelles.
Gérard Filoche, un socialiste qui ne manque pas d’esprit de classe (chose rare en ces temps Hollandiens) nous rappelle ci dessous les arnaque de l’ubérisation.
Chronique de Gérard Filoche. Dans la dernière version, la pire, de la loi El Khomri à l’Assemblée nationale, a été réintroduite la légalisation de la pieuvre multimilliardaire, amie de Macron, Uber. Un coup tordu qui vient de loin : il s’agit d’habiller ces salariés en « indépendants », sans possibilité pour eux de faire « requalifier » leur contrat.
À l’origine, il y eut, le 11 février 1994, la « loi Madelin » instaurant la « présomption de non-salariat » pour les inscrits au registre du commerce, au répertoire des métiers ou même à l’URSSAF. Nous avions obtenu l’abrogation de cette présomption de non-salariat dans la loi du 19 janvier 2000 (dite Aubry 2). Fillon avait rétabli le dispositif Madelin dans sa loi du 1er août 2003 à laquelle les socialistes, comme toute la gauche, s’étaient vivement opposés. Michel de Virville, DRH chez Renault, vedette du MEDEF, dans son rapport de janvier 2004, proposa alors que chacun ait le « libre choix » de son statut, salarié ou indépendant.
Et nous y voilà, sous couvert de (prétendue) nouveauté. Il s’agit de pousser des millions de travailleurs dans des activités non salariées, au bon gré de contrats commerciaux. Comme les VTC, ils pourront travailler 20 heures par jour, 120 heures par semaine, sans cotisations sociales, ni contrat de travail.
Deux députés, Christophe Caresche et Catherine Troallic, ont déposé 3 amendements identiques qui ont formé, dans la version 4 de la loi El Khomri, le nouvel article 27 bis. Celui-ci appelle les VTC d’Uber des « travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique », et il est précisé que le Code du travail ne leur est pas applicable. Le 27 bis rajoute que, si le travailleur cotise de lui-même pour les accidents du travail, Uber doit prendre en charge cette cotisation-là, et que se syndiquer et faire grève ne sont pas un motif de rupture, mais ce frêle habillage ne masque pas qu’ils n’ont ni horaires légaux ou maximaux, ni salaire minimum, ni droit contractuel du travail, ni cotisations sociales, ni médecine du travail, ni élus du personnel, etc.
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