« Les petits soins » à votre bon coeur
Posté par jacques LAUPIES le 21 mai 2016
S’il est un domaine où apparaît la décadence de notre système de santé c’est bien celui des soins dentaires (voir ci dessous). J’en sais quelque chose puisque me voici sans dents avec un appareil dentaire que je ne supporte guère. Il m’en a cependant couté une somme que bien des retraités et autres assurés sociaux ne peuvent pas débourser. Pour un résultat bien insatisfaisant au regard des possibilités offertes par les nouvelles techniques, notamment celle des implants.
Une technique quasiment inabordable sur le plan financier.
Je n’incriminerai ni les dentistes ni les praticiens et s’il y a ici ou là, de scandaleuses pratiques médiatisées et donc révélatrices, elles ne font que mettre en opposition, comme cela existe dans d’autres domaines de la santé une profession et des usagers (devenus de véritables clients prisonniers de la concurrence par la force des choses) Que le corps médical soit perturbé dans sa mission, au point de mettre en cause une déontologie qui en a toujours globalement fait sa réputation, est une évidence. Ce n’est pas nouveau mais cela prend des proportions inquiétantes.
Certains craignent la médecine à deux vitesses ? Mais nous y sommes et si le pire est parfois évité cela repose sur une bienveillance dont se réclament un peu trop souvent des praticiens qui croient préférable, en cas de pauvreté extrême, utile de pratiquer des actes gratuits par charité plutôt que d’être soumis à des règles strictes de droit, tel que le tiers payant.
Mais encore une fois ce n’est pas eux qu’il faut incriminer mais bien ceux qui de plus en plus maitrisent les offres de soins et les politiques qui les soutiennent. La préférence des investissements, donnée à la pratique des interventions les plus couteuses, est signe de la pénétration de la finance dans l’hospitalisation privée qui place les professionnels sous tutelle. Ces derniers trop souvent se pliant aux exigences de banques.
La pratique des dépassements d’honoraires, autant que le privilège accordé par des consultations plus rapides en hôpital public, si elles relèvent du secteur libéral, est également une démonstration d’inégalité frappant les plus en difficultés. Ce système trouve dans la population des patients une quantité suffisante d’entre eux piégés dans un rapport de force contraignant , où la rapidité des interventions pèse lourdement, s’ils veulent une meilleure garantie de consultation et de soins.
Combien d’entre eux vont subir pour une simple biopsie* de la prostate, une opération de la cataracte ou des soins dentaires, ces dépassements d’honoraires, véritable ponction dans les catégories dites abusivement « moyennes » quand ce ne sont pas les plus pauvres que l’on plume impitoyablement ! Que ces populations ne résistent pas à de telles pratiques, voire en soient des incitateurs en leur qualité de consommateurs conditionnés, comme c’est le cas dans les offres de prothèses diverses en optique, en orthophonie, en dentaire, est une réalité qui ressemble à celle de la vente des frusques en boutique.
Le domaine de l’offre des »petits soins » souvent déterminants pour prévenir la maladie plus grave sont abandonnés à une commercialisation insidieuse et échappent à une prise en charge par les caisses maladies. Les officines pharmaceutiques consacrent une bonne par de leur activité à la vente de produits, cependant efficaces et irremplaçables pour des soins, totalement à charge de celui qui veut se prémunir et se protéger de certaines pathologies.
Les assurances et les mutuelles se disputent un marché qui se tarit avec la baisse des prestations maladie du régime général et l’appauvrissement général des assurés. Inutile de recourir à des statistiques élaborées pour mesurer l’impact de ces désengagements de la sécurité sociale en matière de santé, pour affirmer que cela s’est traduit par une baisse considérable du pouvoir d’achat des français ces dernières années.
Est ce à dire que la France est la plus mal lotie en la matière ? Bien sur que non ! Dans le monde il y a des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et même d’Europe avec leurs misères. Il y a aussi les pays dits riches qui ont leurs milliardaires et leurs pauvres assistés. Tout cela n’est pas particulièrement exemplaire et peut contenir nos exigences au prétexte qu’il y a plus malheureux que nous. Des enfants y sont exploités pas éduqués pas soignés au sein de populations qui souffrent du manque d’écoles, d’hôpitaux, de logement, de travail, ne disposant d’aucune protection sociale.
C’est précisément pour cette raison que nos réalisations sociales ont valeur d’exemple pour eux et que nous devons inscrire dans notre combat, non seulement une meilleure et juste répartition des richesses pour nous. mais tout faire pour que progressivement ils accèdent aux mêmes droits sociaux que nous.
Dans ces conditions les français ont intérêt à se ressaisir sur le plan politique et surveiller de très près les propositions qui seront faites par les candidats futurs à la présidentielle et à devenir plus acteurs de leur devenir car la droite et la social démocratie brandissant la menace du FN entendent bien continuer à grignoter la protection sociale.
Mais il y a une autre voie qui devrait intéresser les trois quart de français qui s’éloignent du débat politique…Tout simplement celle que proposent les communistes…
Soins dentaires en France et à l’étranger, les remboursements
Se faire soigner les dents en France, ce n’est pas donné et peu ou pas remboursé. Le point sur la prise en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles.
L’affaire « Dentexia » dont vous pouvez prendre connaissance ici http://www.humanite.fr alerte sur le coût exorbitant des consultations, soins et prothèses dentaires par rapport à leur prise en charge par la sécurité sociale et les mutuelles.
Elle révèle aussi que de plus en plus de patients se déplacent à l’étranger pour se faire soigner les dents et faire des implants à moindre coût. On peut avoir une idée de l’ampleur du tourisme dentaire ici http://www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr (source Centre national des soins à l’étranger – CNSE).
Pour comprendre ce besoin de soins dentaires « low coast », voici les montants des remboursements par l’assurance maladie et les mutuelles ainsi que les règles relatives au dépassement d’honoraires. Ainsi quand on ajoute honoraire + soins + prothèses dentaires ça donne une note salée et peu remboursée surtout que les tarifs des prothèses sont libres.
Le remboursement des consultations
Les consultations chez un chirurgien-dentiste y compris spécialisé en ODF (orthopédie dento-faciale) sont remboursées par l’assurance maladie 70% de 23 euros = 16,10 euros.
Le remboursement des soins dentaires
Les soins dentaires sont remboursés par l’assurance maladie (pour les personnes de + de 13 ans) :
- 70% de 28,92 euros = 20,24 euros pour un détartrage,
- 70% de 16,87 euros = 11,80 euros pour une carie une face,
- 70% de 28,92 euros = 20,24 euros pour une carie deux faces,
- 70% de 40,97 euros = 28,67 euros pour une carie trois face set plus,
- 70% de 33,74 euros = 23,61 euros pour une dévitalisation d’une incisive ou une canine,
- 70% de 48,20 euros = 33,74 euros pour une dévitalisation d’une prémolaire,
- 70% de 81,94 euros = 57,35 euros pour une dévitalisation d’une molaire,
- 70% de 16,72 euros = 11,70 euros pour l’arrachage d’une dente de lait,
- 70% de 33,44 euros = 23,40 pour l’arrachage d’une dent permanente.
Le remboursement des prothèses dentaires
Contrairement aux consultations et aux soins dentaires dont les tarifs sont conventionnés (sauf dépassement autorisé pour les consultations), les tarifs des prothèses dentaires sont libres et remboursés (quel que soit le prix proposé par le dentiste) par l’assurance maladie :
- 70 % de 107,50 euros = 75,25 euros pour une couronne,
- 70% de 122,55 euros = 85,78 euros pour un Inlay-core (Pièce en métal coulé, scellée dans la racine d’une dent excessivement délabrée servant de support à la future prothèse),
- 70% de 144,05 euros = 100,83 euros pour un Inlay-core à clavette,
- 70% de 64,50 euros = 45,15 euros pour un appareil dentaire (1 à 3 dents),
- 70% de 182,50 euros = 127,75 euros pour un appareil dentaire complet (14 dents),
- 70% de 279,50 euros = 195,65 euros pour un bridge de trois éléments.
Les tarifs des prothèses dentaires étant libres, le dentiste doit établir un devis préalable et détaillé.
Pour le remboursement de l’orthodontie cliquez sur http://www.ameli.fr
Les dépassements d’honoraires
Ils sont autorisés pour les honoraires et les soins dentaires en cas d’exigence particulière du patient, chez les dentistes qui disposent d’un droit permanent de dépassement (DP) et bien évidemment chez ceux qui pratiquent les honoraires libres (médecins stomatologistes du secteur 2).
Les dépassements d’honoraires n’étant pas pris en charge par la sécurité sociale, vous serez remboursé aux tarifs indiqués ci-dessus quel que soit le montant de l’honoraire ou des soins ou des prothèses.
Ils peuvent être pris en charge en tout ou partie par la mutuelle ou la complémentaire santé de votre entreprise.
Rappelons que depuis le 1er janvier 2016 (article 1 de la loi du 14 juin 2013 de sécurisation de l’emploi) les garanties proposées par les mutuelles d’entreprise doivent prévoir un remboursement des frais dentaires (prothèses et orthodontie comprises) d’au moins 125% du tarif de base de l’assurance maladie.
La convention que les dentistes ont signé avec l’assurance maladie précise bien que les dentistes et médecins stomatologistes doivent informer le patient au préalable du dépassement d’honoraires qu’ils doivent fixer avec « TACT et MESURE ». Ne pas hésitez à le leur rappeler.
Le remboursement des implants dentaires
L’assurance maladie ne rembourse pas la pose d’implants dentaires parce qu’ils sont considérés comme « hors nomenclature ». De ce fait leurs prix sont libres.
Par contre l’assurance maladie rembourse 70% de 107,50 euros = 75,25 euros chaque couronne fixée sur chacun des implants.
Les mutuelles peuvent prévoir un montant forfaitaire de remboursement des implants y compris pour ceux posés à l’étranger (voir avec elles).
Le remboursement des soins à l’étranger
En 2014, le CNSE (Centre national des soins à l’étranger) a recensé plus de 24 500 demandes de remboursement de soins dentaires réalisés à l’étranger. Cela donne une idée du nombre de « touristes dentaires » qui se fait à 92% en Europe, le Portugal et l’Espagne ayant détrônés la Hongrie de la première destination (voir tableau au début de cet article).
Venons-en au remboursement des soins effectués à l’étranger (Union européenne, espace économique européen + Suisse). Pour bénéficier de la prise en charge par l’assurance maladie, il n’est pas nécessaire d’avoir une autorisation préalable de votre caisse d’assurance maladie (CPAM) pour les soins buco-faciaux.
Il est conseillé d’avoir une carte européenne d’assurance maladie (CEAM) que l’on peut se procurer ici http://www.ameli.fr
Les soins dentaires sont remboursés aux mêmes tarifs qu’en France (lire ci-avant) à condition d’en faire la demande un imprimé spécial disponible ici http://www.ameli.fr/formulaires
Il faut joindre au formulaire :
- la radio panoramique dentaire avant les soins,
- la radio panoramique dentaire après les soins,
- la facture
- les cotations Sécurité sociale française (à demander à la CPAM ou au Centre national des soins à l’étranger (CNSE) qui siège à la CPAM du Morbihan en appelant le 3646 puis choisir le 56 (département du Morbihan) puis demander le CNSE.
Envoyez le tout (formulaire rempli, daté et signé et les documents) à votre CPAM qui les transmettra au CNSE. Faites-en une photocopie en réserve.
Ne pas oublier de se renseigner auprès de sa mutuelle pour les prises en charge notamment d’implants dentaires et de greffes osseuses qui eux ne sont pas remboursés par l’assurance maladie (hors nomenclature).
Infos +
- démarches pour se faire rembourser les soins effectués à l’étranger en vidéo http://www.66millionsdimpatients.org
- le site du Centre national des soins à l’étranger http://www.fiv.fr/centre-national-des-soins-etranger-cnse
- la carte européenne d’assurance maladie http://www.leciss.org
- les soins des Français à l’étranger http://www.securite-sociale.fr/Les-soins-des-francais-a-l-etranger


